
Youssra
D’abord les immeubles criaient au loin stoïques, solides mais scintillants de lumière.
Ensuite les jardins, tout aussi figés que les monstres de béton.
Enfin moi : Dans cette cabane en bois.
Seules instabilités, les fenêtres, les nuages de moucherons et mon regard.
Il met du temps à savoir quoi percevoir.
Après une petite demi-heure (estimée) je me sens bien.
Mes mains se mettent à danser.
Elles se frottent.
Je me balance lentement de gauche à droite.
Je fais souvent ça, sans m’en rendre compte ...
Peut-être pour m’ancrer ?
Ma présence a attiré la curiosité d’un groupe, plusieurs jeunes filles parlent de moi.
Cela me destabilise.
Je n’aime pas être vue.
Lorsque le temps m’a paru trop long j’ai ouvert la porte. Il était 21h52.