Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Stéphanie

jeudi 29 mai 2025 à 20 h 46

Il faut d’abord arrê­­ter de penser. Ce n’est pas chose facile. Oublier la jour­­née qui vient de s’ache­­ver, se défaire de l’angoisse quo­­ti­­dienne, de la colère, de la tris­­tesse. Cela fait déjà une demi-heure de veille. Le soleil a éclairé le parc pen­­dant de lon­gues minu­­tes, et com­­mence à se cou­­cher. Ce n’est pas le soleil qui se couche d’ailleurs, c’est nous qui lui tour­­nons le dos, pen­­dant que quel­­que part, quelqu’un lui fait de nou­­veau face. Il est assez médi­­ta­­tif de penser que je suis la seule à faire ce que je fais, à l’ins­­tant où je le fais, à l’endroit où je le fais. C’est le cas tous les jours, toutes les heures. Mais on ne prend pas le temps d’y penser cons­­tam­­ment. Faut-il une bonne raison pour par­­ti­­ci­­per à ce projet ? Pourquoi le fait-on ? Et pour­­quoi pas ? Est-ce plus absurde que n’importe quelle autre action ? L’arai­­gnée qui est née dans cette boite et qui y finira pro­­ba­­ble­­ment ses jours mène-t-elle une exis­­tence absurde ?

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