
Stéphanie
Il faut d’abord arrêter de penser. Ce n’est pas chose facile. Oublier la journée qui vient de s’achever, se défaire de l’angoisse quotidienne, de la colère, de la tristesse. Cela fait déjà une demi-heure de veille. Le soleil a éclairé le parc pendant de longues minutes, et commence à se coucher. Ce n’est pas le soleil qui se couche d’ailleurs, c’est nous qui lui tournons le dos, pendant que quelque part, quelqu’un lui fait de nouveau face. Il est assez méditatif de penser que je suis la seule à faire ce que je fais, à l’instant où je le fais, à l’endroit où je le fais. C’est le cas tous les jours, toutes les heures. Mais on ne prend pas le temps d’y penser constamment. Faut-il une bonne raison pour participer à ce projet ? Pourquoi le fait-on ? Et pourquoi pas ? Est-ce plus absurde que n’importe quelle autre action ? L’araignée qui est née dans cette boite et qui y finira probablement ses jours mène-t-elle une existence absurde ?