
Sophie
Alors voilà, je suis entrée dans la boîte qui veille, bien chaude. D’une chaleur enveloppante qui donne envie de se bercer dans un hamac.
Mais il n’y en a pas. Je veille.
La skyline, ligne d’horizon, me fait des clins de vitres très dorés.
Les oiseaux fusent, deux mouettes se croisent au-dessus, loin. C’est l’heure où le monde se teinte d’or. Quand la demi-lune se tient en équilibre au-dessus de la cheminée de l’incinérateur, Saint-Ouen se stabilise. C’est le moment parfait. Un ragondin vient faire des emplettes de plantes fraiches juste devant moi. Au sud, 6 femmes discutent sur un banc, puis 5, puis 4, puis 2. Le soleil est parti bricoler derrière l’horizon. J’ai envie d’écarter les immeubles lisses, bien posés devant moi pour fendre vers l’ailleurs…