
Simon
La ville est comme un labyrinthe. Il est étrange et merveilleux de pouvoir observer sous un autre angle ce gigantesque dédale. Les rues qui la parcourent sont comme de longs corridors ; les bâtiments, comme des murs irréguliers. D’un regard, j’embrasse tous les mouvements qui servent de points de repère pour m’y retrouver dans cette grande cité.
Aux premiers abords, la ville est froide. Des bâtisses et des blocs de béton à perte de vue. Sa beauté et sa personnalité se cachent dans ses détails. Ce sont les volets orange vif d’un immeuble qui sort du lot. La table du jardin posée sur une terrasse, attendant qu’on vienne y prendre l’apéro. C’est la gigantesque fresque colorée qui détonne dans la monotonie du gris à l’horizon. C’est cette fenêtre, illuminée mais solitaire, dans la dernière heure de la nuit. C’est cette personne et sa cigarette, dans la première heure du jour.
Nos histoires sont écrites dans la ville. Elle paraît impersonnelle, mais nous y laissons tous une marque. Alors qu’on essaye d’y trouver notre place d’y faire notre nid, nous la façonnons à notre image. Je ne suis qu’un petit individu, et l’impact que je peux avoir sur la ville et sur le monde paraît parfois tout aussi minuscule. Mais alors que je regarde les toits et leurs histoires être nimbés d’une aura dorée, je ne pense qu’à une chose. Je veux protéger tout ça. Je veux nous protéger, nous. Nous affrontons des épreuves hors du commun. Seul, je me sens perdu.
Mais peut-être qu’ensemble, si l’on se cherche, se trouve, et qu’on écoute les belles histoires écrites dans les pierres de la ville… Alors peut être que nous pourrons protéger tout ça.