
Pauline
L’abri se ferme, je suis seule face au Grand Parc, qui a paré les arbres de mille fleurs. Les lumières de la ville s’éteignent aussitôt. Suit un vol d’outardes qui font un petit tour avant de regagner le sol. Les oiseaux posent devant la vitre, un peu comme des augures antiques qui annoncent les bonnes et les mauvaises nouvelles. Ici, pas de prêtre pour interpréter les signes. Juste moi, engoncée dans une doudoune pour ne pas m’engourdir. Le silence du parc, livré aux oiseaux, contraste avec les bruits de la ville. Seul le gardien trouble le calme des allées lors de sa ronde. Le soleil monte, éclairant les immeubles qui ressemblent à des calendriers de l’Avent, une fenêtre s’ouvre de temps à autre, histoire de humer le temps qu’il fait dehors. Un homme circule au loin avec deux immenses arrosoirs. L’heure du jardinage a sonné. Un autre retourne la terre de sa parcelle tandis qu’un voisin le rejoint. Les rituels et ritournelles du matin ne sont pas réservés aux oiseaux. Le soleil chatouille enfin le dessus des arbres. Les fleurs éclatent de lumière. La Défense au loin a déjà perdu sa flamboyance du matin pour redevenir gris-bleu.
Je suis apaisée. Il faut cultiver notre jardin.
C’est le printemps et j’ai un an de plus aujourd’hui .