
Nelly
Lorsque je sors de la boite, je suis saisie, se peut-il que le monde soit si beau, des larmes me montent aux yeux, cœur authentique de tristesse.
Ouverture, beauté, trace, chemin dans le tunnel de la présence.
Ouverture progressive et puissante : passer de la pensée, je veux voir le soleil se lever, à reconnaître que je suis simplement là dans cette structure, enfermée volontaire et pourtant pleinement en contact avec le monde environnant.
Je suis d’abord frappée par ce jardin comme enfermé entre les immeubles qui sont comme des bornes massives et mortes. Je me demande si la mort n’est pas cette coupure entre la nature et ce qui l’entoure.
Beauté, vol incessant et subtil des oiseaux (pigeons, pies, corbeaux) qui dansent dans le ciel et y dessinent des figures de l’instant ... de derrière les immeubles jusqu’au loin dans les arbres.
Obligée d’être avec, de m’accompagner dans ce tunnel, le devant et le derrière, le sombre et le clair, la lumière symbolise ce passage de l’un à l’autre.
L’homme au T-shirt rouge, il est comme un repère du temps qui s’écoule. Il passe et parfois me regarde, puis s’en va et revient.
Jeu de regards.
Puis me vient l’idée de déambuler, de chanter et ma voix résonne, puissante. Elle doit s’entendre du dehors puisque j’entends le pas délicat et rythmé de la pie sur les graviers du dehors.
Parfois je guette mon "passeur" de veille, lasse de l’instant, puis je reviens au centre dans l’entre-deux sur la lumière, encadrée par elle, impermanence de l’instant, vide et plein du bruit des arbres, d’un coureur qui passe, d’une pie qui crie.
Je suis affectée, inséparabilité.
Ici maintenant, la trace de cela, de m’être accordée un moment au plus près du jour qui se lève, animé de temps, de tant de possibles.
Merci les oiseaux, le soleil rouge… Les oiseaux se posent sur les branches comme du sel tombant sur du persil !
Merci