Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Nelly

samedi 16 août 2025 à 06 h 43

Lorsque je sors de la boite, je suis saisie, se peut-il que le monde soit si beau, des larmes me mon­tent aux yeux, cœur authen­ti­que de tris­tesse.
Ouverture, beauté, trace, chemin dans le tunnel de la pré­sence.
Ouverture pro­gres­sive et puis­sante : passer de la pensée, je veux voir le soleil se lever, à reconnaî­tre que je suis sim­ple­ment là dans cette struc­ture, enfer­mée volon­taire et pour­tant plei­ne­ment en contact avec le monde envi­ron­nant.
Je suis d’abord frap­pée par ce jardin comme enfermé entre les immeu­bles qui sont comme des bornes mas­si­ves et mortes. Je me demande si la mort n’est pas cette cou­pure entre la nature et ce qui l’entoure.
Beauté, vol inces­sant et subtil des oiseaux (pigeons, pies, cor­beaux) qui dan­sent dans le ciel et y des­si­nent des figu­res de l’ins­tant ... de der­rière les immeu­bles jusqu’au loin dans les arbres.
Obligée d’être avec, de m’accom­pa­gner dans ce tunnel, le devant et le der­rière, le sombre et le clair, la lumière sym­bo­lise ce pas­sage de l’un à l’autre.
L’homme au T-shirt rouge, il est comme un repère du temps qui s’écoule. Il passe et par­fois me regarde, puis s’en va et revient.
Jeu de regards.
Puis me vient l’idée de déam­bu­ler, de chan­ter et ma voix résonne, puis­sante. Elle doit s’enten­dre du dehors puis­que j’entends le pas déli­cat et rythmé de la pie sur les gra­viers du dehors.
Parfois je guette mon "pas­seur" de veille, lasse de l’ins­tant, puis je reviens au centre dans l’entre-deux sur la lumière, enca­drée par elle, imper­ma­nence de l’ins­tant, vide et plein du bruit des arbres, d’un cou­reur qui passe, d’une pie qui crie.
Je suis affec­tée, insé­pa­ra­bi­lité.
Ici main­te­nant, la trace de cela, de m’être accor­dée un moment au plus près du jour qui se lève, animé de temps, de tant de pos­si­bles.
Merci les oiseaux, le soleil rouge… Les oiseaux se posent sur les bran­ches comme du sel tom­bant sur du persil !
Merci

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