Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Nadège

samedi 22 novembre 2025 à 16 h 03

Dès l’entrée dans l’abri, la lumière chaude de cette fin d’après-midi m’enva­hit. Je me poste devant la vitre, telle une sen­­ti­­nelle, je com­­mence à obser­­ver la nature devant moi, les jar­­dins par­­ta­­gés, ces arbres, les jeunes qui jouent au basket. Au loin, deux sil­­houet­­tes s’avan­­cent... au ralenti. Le temps ne s’écoule pas de la même façon dans l’objet abri. La vitesse, l’espace, ne sont pas perçus comme dans notre vie quo­­ti­­dienne. Prendre une heure pour veiller sur la ville, c’est faire l’éloge de la len­­teur. Arrêter sa vie à quel­­ques ins­­tants pour com­­mu­­nier avec l’exté­­rieur. La fumée des usines sur­­plombe le parc, les nuages défi­­lent, ça donne un côté cha­­leu­­reux et poé­­ti­­que. Les immeu­­bles ont une belle archi­­tec­­ture, les oiseaux vien­­nent habi­­ter les peti­­tes caba­­nes en bois des jar­­dins, par­­tout il y a la vie.
Même en hiver, à 0 degré, ce lieu fait chaud au cœur, on se sent incroya­­ble­­ment vivant ici. Le cadre lumi­­neux se reflète à l’infini sur les vitres. D’où qu’on regarde, on se voit "au centre" de la ville, dans ce cadre, comme si on fai­­sait partie d’un ensem­­ble, qu’on était reliés à l’huma­­nité. Je guette d’un bout à l’autre de l’abri, tou­­jours entou­rée de ces "halos" lumi­­neux, entou­­rée d’un côté de la rue bruyante et de l’autre de l’aire du parc pai­­si­­ble. Le yin et le yang. De temps en temps des gens appro­­chent, curieux, l’œuvre inter­­roge. Peut-être de futurs veilleurs ! Je suis seule dans ma bulle, et pour­­tant je me sens infi­­ni­­ment reliée, plus besoin de réflé­­chir, de cher­­cher un sens. Juste d’être et de se sentir exis­­ter.

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