Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Maxence

jeudi 10 avril 2025 à 07 h 09

Je m’enferme dans cette struc­­ture à 7h du matin en pleine semaine.
Première réac­­tion, je ris ! Je ris d’exci­­ta­­tion, de là où je suis, de l’expé­­rience, de plai­­sir. Je suis comme un enfant tout joyeux d’une nou­­velle expé­­rience.
Après avoir décou­­vert la struc­­ture de l’inté­­rieur, je me mets au défi de devi­­ner le temps passé, comme pour en garder la trace et le contrôle.
Je vois les pre­­miers rayons sur les immeu­­bles, le jardin, les oiseaux mais je ne les regarde pas. Finalement après avoir tapé du pied, je me fais une cho­­rale. Ça doit faire dix minu­­tes.
Puis je chante en fai­­sant de la bat­­te­­rie avec mon pied ; du AC/DC, du Black Sabbah, "Culte of per­­son­­na­­lity", "How deep is your love". Je tape sur les murs, un vrai concert ! J’ai passé vingt minu­­tes pour le moment en tant que veilleur.
Je me suis demandé si je ne fuyais pas le silence. Alors j’ai arrêté. J’ai vu le pay­­sage, puis je l’ai vrai­­ment regardé. Un volet d’une tour s’ouvrait, puis un autre. J’ai observé méti­­cu­­leu­­se­­ment les bâti­­ments, les gens qui se réveillent. Puis les rayons du soleil sur les bâti­­ments, j’arrive à les voir se dépla­­cer, je voyais le temps, ça devait faire qua­­rante minu­­tes. Un bâti­­ment m’a intri­­gué tout du long, ses volets d’un étage "dan­­saient" toutes les cinq minu­­tes. C’était le mou­­ve­­ment tou­­jours en péri­­phé­­rie de ma vision. Je regar­­dais com­­ment les oiseaux volaient, com­­ment ils bat­­taient des ailes, com­­ment ils pla­naient. C’est eux qui déta­­chaient mes yeux des bâti­­ments. Le parc n’a pas attiré mon atten­­tion. Je n’ai pas été sen­­si­­ble à lui. J’ai ter­­miné mon obser­­va­­tion par le ciel, bleu, pur, avec si peu de nuages, il m’a apaisé, ça devait faire cin­­quante minu­­tes. Enfin j’ai regardé la struc­­ture, les traces de pas témoins des autres veilleurs.
J’ai pensé à mon temps futur, à moi. Et l’expé­­rience s’est ter­­mi­­née. Je fus assez fier d’avoir réussi à suivre le temps. Une expé­­rience fan­­tas­­ti­­que qui m’a appris à regar­­der !

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