
Maxence
Je m’enferme dans cette structure à 7h du matin en pleine semaine.
Première réaction, je ris ! Je ris d’excitation, de là où je suis, de l’expérience, de plaisir. Je suis comme un enfant tout joyeux d’une nouvelle expérience.
Après avoir découvert la structure de l’intérieur, je me mets au défi de deviner le temps passé, comme pour en garder la trace et le contrôle.
Je vois les premiers rayons sur les immeubles, le jardin, les oiseaux mais je ne les regarde pas. Finalement après avoir tapé du pied, je me fais une chorale. Ça doit faire dix minutes.
Puis je chante en faisant de la batterie avec mon pied ; du AC/DC, du Black Sabbah, "Culte of personnality", "How deep is your love". Je tape sur les murs, un vrai concert ! J’ai passé vingt minutes pour le moment en tant que veilleur.
Je me suis demandé si je ne fuyais pas le silence. Alors j’ai arrêté. J’ai vu le paysage, puis je l’ai vraiment regardé. Un volet d’une tour s’ouvrait, puis un autre. J’ai observé méticuleusement les bâtiments, les gens qui se réveillent. Puis les rayons du soleil sur les bâtiments, j’arrive à les voir se déplacer, je voyais le temps, ça devait faire quarante minutes. Un bâtiment m’a intrigué tout du long, ses volets d’un étage "dansaient" toutes les cinq minutes. C’était le mouvement toujours en périphérie de ma vision. Je regardais comment les oiseaux volaient, comment ils battaient des ailes, comment ils planaient. C’est eux qui détachaient mes yeux des bâtiments. Le parc n’a pas attiré mon attention. Je n’ai pas été sensible à lui. J’ai terminé mon observation par le ciel, bleu, pur, avec si peu de nuages, il m’a apaisé, ça devait faire cinquante minutes. Enfin j’ai regardé la structure, les traces de pas témoins des autres veilleurs.
J’ai pensé à mon temps futur, à moi. Et l’expérience s’est terminée. Je fus assez fier d’avoir réussi à suivre le temps. Une expérience fantastique qui m’a appris à regarder !