
Matthias
Il y a ces deux femmes qui discutent sur un banc. Il y a ces enfants qui font de la trottinette. Il y a ces 14 petits moulins à hélices répartis dans le parc qui tournoient au rythme du vent. Il y a Agnes, petite fille trop curieuse qui s’est frayé un chemin jusqu’à la vitre de l’abri pour y coller son nez et m’observer l’observer. Il y a ce couple qui se dispute en hors-champ que je ne fais qu’entendre, les cris de l’homme qui insulte la femme résonnent dans l’habitacle.
J’ai peur qu’il devienne violent et de devenir l’observateur impuissant d’une agression. Est-ce que finalement, si je voulais vraiment veiller sur la ville, le mieux ne serait pas de sortir ? d’intervenir ?
Les cris cessent.
Il y a cet homme qui jette son mégot de cigarette par terre. Je me promet d’aller le ramasser quand ce sera fini. Il y a ces ados sur le terrain de basket. Lui essaie d’impressionner elle en frimant mais il rate chacun des paniers qu’il tente.
Il y a le soleil que l’on ne voit désormais plus, caché derrière un immeuble. Et puis il y a le banc désormais vide, les femmes en sont parties. J’espère avoir été un bien veillant.