
Marie
J’accroche mon regard aux battements d’ailes des oiseaux, aux roues des petits moulins, aux froissements des feuilles d’arbre sous le vent.
Longtemps, éblouie par la diversité de jardins partagés, j’oublie la course folle pour arriver dans le parc, les corps enchevêtrés des passants de la ligne 13, leurs oreilles-casque vissées, le regards baissé. Le bruit des conversations s’évanouit dans les chants d’oiseaux .
Au loin, les immeubles ferment l’horizon. Pas de fleurs apparentes sur les balcons.
Chacun dans son alvéole ou son tiroir, impossible de communiquer avec le voisin ! Et pourquoi tout de couleurs sinistres : beige, blanc, gris ? À ras-de-sol, sous le ciel nuageux, l’espace me semble bien géométrique.
Il faut se rapprocher très près pour apercevoir le coucher du soleil qui colore profondément de rose, d’orange, les formes alentours.
Malgré la nuit qui approche, il me manque le silence qui rassure...
Je me demande qui a veillé : les immeubles vides, les oiseaux, les arbres torturés par le vent ou moi ?