Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Marie

mercredi 4 juin 2025 à 20 h 48

J’accro­­che mon regard aux bat­­te­­ments d’ailes des oiseaux, aux roues des petits mou­­lins, aux frois­­se­­ments des feuilles d’arbre sous le vent.
Longtemps, éblouie par la diver­­sité de jar­­dins par­­ta­­gés, j’oublie la course folle pour arri­­ver dans le parc, les corps enche­­vê­­trés des pas­­sants de la ligne 13, leurs oreilles-casque vis­­sées, le regard baissé. Le bruit des conver­­sa­­tions s’évanouit dans les chants d’oiseaux.
Au loin, les immeu­­bles fer­­ment l’hori­­zon. Pas de fleurs appa­­ren­­tes sur les bal­­cons.
Chacun dans son alvéole ou son tiroir, impos­­si­­ble de com­­mu­­ni­­quer avec le voisin ! Et pour­­quoi tout de cou­­leurs sinis­­tres : beige, blanc, gris ? À ras-de-sol, sous le ciel nua­­geux, l’espace me semble bien géo­­mé­­tri­­que.
Il faut se rap­­pro­­cher très près pour aper­­ce­­voir le cou­­cher du soleil qui colore pro­­fon­­dé­­ment de rose, d’orange, les formes alen­tour.
Malgré la nuit qui appro­­che, il me manque le silence qui ras­­sure...
Je me demande qui a veillé : les immeu­­bles vides, les oiseaux, les arbres tor­­tu­­rés par le vent ou moi ?

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