
Marie
Je quitte ma Serre pour venir veiller mes jardins. Les jardins ne me remarquent pas pendant un long moment, je les observe, et je sens entrer la veille en moi. Une forme de protection dans l’observation. Ils relèvent alors la tête et m’aperçoivent, leurs gestes de reconnaissance me touchent. Je leur souris et fais le geste de Bouddha, un doigt sur la bouche puis la main en visière. Ils comprennent et s’éloignent, confiants.
La lumière du jour décline, les jardins entrent en sommeil hivernal, doux et froid, lentement.
Les premières étoiles s’accrochent aux fenêtres.
Tout ce temps de veille me faisait peur, mais quelques mouvements d’étirements et une attention accrue par la solennité de l’objet-abri m’ont fait passer l’heure en un éclair.