Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Margaux

dimanche 13 avril 2025 à 19 h 39

Entrer dans ce rec­­tan­­gle tout de bois vêtu.
D’abord, lais­­ser le rythme du cœur des­­cen­­dre len­­te­­ment, celui de la jour­­née.
Très rapi­­de­­ment, se sentir un peu gênée par le rec­­tan­­gle lumi­­neux fait de LED.
Intérieurement, je me ques­­tionne :
Pourquoi dou­­bler cette fenê­­tre ver­­ti­­cale sur le pay­­sage par une seconde lumi­­neuse, électrique.
Je me sur­­prends ainsi à voir que mon inten­­tion se pose sur ce détail, et que cela n’a pour­­tant aucune impor­­tance si je par­­viens à en faire abs­­trac­­tion.
Alors je veux tout regar­­der, tout voir.
D’abord je balaye len­­te­­ment la por­­tion de ter­­ri­­toire devant moi ;
Elle est faite de ce qu’il y a de plus urbain, mais aussi de tous les arté­­facts de la nature.
Skyline, vrom­­bis­­se­­ment per­­ma­­nent des voi­­tu­­res, grue de chan­­tier au loin.
Merles, pigeons, tour­­te­­rel­­les à col­­lier, rouge-gorge, cor­­beaux, ils décou­­pent en lignes obli­­ques le ciel gris et bleu. Tiens, cette femme, pres­­que aussi immo­­bile que moi, que fait-elle ici ?
Cet homme droit comme un piquet, est-ce qu’il me regarde ? Cette petite fille a le cri le plus stri­­dent qui soit. Je ferme les yeux pour veiller cette fois par l’ouïe. Mes oreilles se rem­­plis­­sent de ce que j’ai vu. La femme se lève, ajuste son man­­teau, referme cons­­cien­­cieu­­se­­ment la petite bar­­rière de bois. S’en va. Je m’assois. Comme l’on sent son corps quand il est immo­­bile. Je vois toute cette nature. Et cette canette de coca, juste sous mes yeux, brin­­gue­­ba­­lée par le vent. Et tout au long de cette heure qui n’en était pas une, c’est la voix de Shou Hui que j’ai enten­­due se mêler aux bruits de la ville.
Merci pour cette expé­­rience néces­­saire.

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