
Margaux
Entrer dans ce rectangle tout de bois vêtu.
D’abord, laisser le rythme du cœur descendre lentement, celui de la journée.
Très rapidement, se sentir un peu gênée par le rectangle lumineux fait de LED.
Intérieurement, je me questionne :
Pourquoi doubler cette fenêtre verticale sur le paysage par une seconde lumineuse, électrique.
Je me surprends ainsi à voir que mon intention se pose sur ce détail, et que cela n’a pourtant aucune importance si je parviens à en faire abstraction.
Alors je veux tout regarder, tout voir.
D’abord je balaye lentement la portion de territoire devant moi ;
Elle est faite de ce qu’il y a de plus urbain, mais aussi de tous les artéfacts de la nature.
Skyline, vrombissement permanent des voitures, grue de chantier au loin.
Merles, pigeons, tourterelles à collier, rouge-gorge, corbeaux, ils découpent en lignes obliques le ciel gris et bleu. Tiens, cette femme, presque aussi immobile que moi, que fait-elle ici ?
Cet homme droit comme un piquet, est-ce qu’il me regarde ? Cette petite fille a le cri le plus strident qui soit. Je ferme les yeux pour veiller cette fois par l’ouïe. Mes oreilles se remplissent de ce que j’ai vu. La femme se lève, ajuste son manteau, referme consciencieusement la petite barrière de bois. S’en va. Je m’assois. Comme l’on sent son corps quand il est immobile. Je vois toute cette nature. Et cette canette de coca, juste sous mes yeux, bringuebalée par le vent. Et tout au long de cette heure qui n’en était pas une, c’est la voix de Shou Hui que j’ai entendue se mêler aux bruits de la ville.
Merci pour cette expérience nécessaire.