
Manon
Ce matin, j’ai été émue par le soleil. D’assister, silencieuse et impatiente, à son lever, de le voir progressivement baigner de lumière dorée ce paysage, mon paysage. Combien de temps cette fenêtre résistera-t-elle ?
J’ai été amusée par le ballet incessant d’oiseaux. Ce figuier, au centre de mon champ de vision, qui fait l’objet de toutes les convoitises, sans que je n’en comprenne vraiment la raison, je ne vois pas de figues. Mais les pies, perruches, pigeons, moineaux ne s’y trompent pas, c’est ici qu’il faut être.
J’ai été attendrie par cet arbre qui, une fois baigné de lumière, me révèle un pelage d’un rouge très profond. Quel contraste avec son voisin des feuilles orange presque flashy.
Enfin, ce matin, j’ai été rassurée. Difficile d’avoir des certitudes en ce moment, mais je savais, irrévocablement, que le soleil finirait par se lever.