
Manon
Je ne sais plus quel peintre de la Renaissance avait dit : "La peinture est une fenêtre ouverte sur le monde". Rentrer dans cet abri, à l’aube, c’est remarquer directement le cadre lumineux qui se reflète dans ses vitres et transforme ce paysage en tableau, tantôt mobile, tantôt figé, parfois doux et parfois assourdissant. Le cadre bougeait avec moi quand je me déplaçais, quand je m’appuyais contre le mur, quand je m’approchais ou reculais de la vitre. Mon ombre s’y reflétait un peu, presque évanescente. Je me suis sentie un peu actrice de ce tableau que mes yeux guidaient. Mais c’est un tout nouveau rôle que j’ai endossé ce matin, celui de contemplatrice. J’ai pu découvrir une ville dans laquelle j’ai récemment emménagé sans objectif, sans exploration, sans personne. Une expérience du sensible qu’il m’est rare d’éprouver et que j’espère avoir le courage de reproduire (peut-être de moi-même ?) dans ces temps où ne rien faire peut être angoissant. Au final, il y a tellement de nuances de blanc dans un ciel voilé, et je l’ai découvert ce matin dans ce doux tableau de paysage.