
Louis
Qui regarde qui ? Qui veille sur qui ? D’un côté du module, passent les jaugeurs, les promeneurs, les nounous et le monsieur qui change les poubelles. Avec eux, un regard est possible, et les automobilistes sur l’arrière aperçoivent sans doute aussi une silhouette dans l’architecture - objet, éclairée. De l’autre côté, le veilleur semble veiller sur des arbres et sur le ciel dont le gris s’éclaircit avec le jour qui se lève. Bref, il ne veille (pourtant un long moment au moins) sur personne, mais constitue sans doute pour les habitantes et les habitants des immeubles de l’autre côté du parc un spectacle discret mais quotidien : en été, le module est allumé alors qu’ils ne sont peut-être pas encore levés, en hiver, la veille commencera alors que les enfants seront déjà en route pour l’école. Les immeubles de bureaux sur la gauche ont eux aussi des boîtes lumineuses, mais à 8h elles sont encore boîtes vides, aussi "sténographiques" que notre module de verre et de bois. Bientôt arrivant des retraités avec des outils de jardin et des bottes de caoutchouc : eux aussi prennent soin de quelque chose, au mois d’octobre il y a encore des légumes et la température est clémente. Dans les arbres tout autour, quelques perruches étonnantes grapillent des fruits (ou peut-être prennent-elles quelques insectes). Comment sont-elles arrivées ici, et comment y survivent-elles ? Au premier plan de ce paysage, une mésange s’affaire entre les montants du grillage qui entoure notre abri. Pour un instant, elle devient le sujet principal de la scène, mais n’a pas besoin que l’on veille sur elle.
Merci !