
Lionel
De la lumière du jour vers la fin du jour.
Le silence, presque silence, les bruits de la ville, ponctués par les bruits des chants des oiseaux. Je choisis de regarder le paysage, de regarder les masses de plantes définies par des couleurs d’hiver, des roux, des bruns, quelques couches de vert. Les barrières des jardins, les abris des jardiniers. Des haies censées accueillir la biodiversité, je ne vois qu’une forme qui passe très rapidement et que je n’ai pas le temps d’identifier, un oiseau ? Un rongeur ?
Respiration, apaisement, le froid est une sensation pas si désagréable que cela, je retire même mon manteau pour sentir cette fraicheur. Je respire lentement et j’essaye de me concentrer sur cette respiration, je balance mon corps d’un pied à l’autre, entre ses pieds ancrés, son dos et sa nuque et sa tête qui s’élance, se ressentir dans le laps de temps, s’apaiser, ne pas être pressé d’écourter ce temps imparfait, mais tâcher d’en savourer les secondes et les minutes. Ne pas chercher à mesurer le temps. Pourtant, lorsque je serai "délivré", je l’aurai bien estimé.
L’odeur de la cabane m’enveloppe. J’aurais aimé sentir l’odeur des plantes, de la terre, du jardin, pourtant ce sera l’odeur du bois qui m’enveloppera, et mon propre parfum.
Doucement la lumière décroît, lentement. Cette lenteur si précieuse s’égare, ce temps immobile est rare, si précieux.