Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Gala

mercredi 26 mars 2025 à 06 h 40

Je suis arri­vée d’Ivry un petit peu en retard. Mon GPS et les lam­pa­dai­res avaient changé d’éclairage et je me suis dit que j’avais loupé la vraie tran­si­tion du soleil.
Elise m’accueille et je décou­vre l’objet abri. Je ne pense même pas à me mettre debout, il est trop tôt, il fait trop froid et je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire de mon corps (j’avais déjà quitté l’ate­lier pré­pa­ra­toire car j’ai été sur­prise de devoir le mettre en mou­ve­ment).
Je suis assise bien droite, roulée en boule, bras croi­sés, serrés. Le pay­sage me déçoit un peu : il y a une tache sur la vitre et un sac noir en plas­ti­que vole au vent. Le ciel me déçoit aussi : il est blanc et le devient de plus en plus. Je me dis que c’est une méta­phore, que les choses ne sont pas vouées à chan­ger, s’éclaircir, s’illu­mi­ner d’un seul coup. Je suis super triste (je suis sous anti­dé­pres­seurs). Je pleure un tout petit peu, j’essaye de m’accro­cher aux "belles choses" : les oiseaux qui pas­sent, l’énergie qui cir­cule dans les arbres, dans leurs ailes, les bran­ches qui strient le ciel blanc,...mais je suis rat­tra­pée très vite par des détails que je trouve laids, et l’ocy­to­cine ne monte pas. Je me suis mise contre le mur, puis je finis même par m’allon­ger sur le côté, les yeux tou­jours devant la vitre, pour "tenir ma mis­sion". Quand Elise ouvre, je suis dans un demi som­meil. Je ne sais plus à quoi je pen­sais, j’ai l’impres­sion d’avoir failli à ma tâche...

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