
Gala
Je suis arrivée d’Ivry un petit peu en retard. Mon GPS et les lampadaires avaient changé d’éclairage et je me suis dit que j’avais loupé la vraie transition du soleil.
Elise m’accueille et je découvre l’objet abri. Je ne pense même pas à me mettre debout, il est trop tôt, il fait trop froid et je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire de mon corps (j’avais déjà quitté l’atelier préparatoire car j’ai été surprise de devoir le mettre en mouvement).
Je suis assise bien droite, roulée en boule, bras croisés, serrés. Le paysage me déçoit un peu : il y a une tache sur la vitre et un sac noir en plastique vole au vent. Le ciel me déçoit aussi : il est blanc et le devient de plus en plus. Je me dis que c’est une métaphore, que les choses ne sont pas vouées à changer, s’éclaircir, s’illuminer d’un seul coup. Je suis super triste (je suis sous antidépresseurs). Je pleure un tout petit peu, j’essaye de m’accrocher aux "belles choses" : les oiseaux qui passent, l’énergie qui circule dans les arbres, dans leurs ailes, les branches qui strient le ciel blanc,...mais je suis rattrapée très vite par des détails que je trouve laids, et l’ocytocine ne monte pas. Je me suis mise contre le mur, puis je finis même par m’allonger sur le côté, les yeux toujours devant la vitre, pour "tenir ma mission". Quand Elise ouvre, je suis dans un demi sommeil. Je ne sais plus à quoi je pensais, j’ai l’impression d’avoir failli à ma tâche...