Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Evelyne

vendredi 12 décembre 2025 à 15 h 54

Rester une heure à ne rien faire, à obser­­ver. À obser­­ver quoi ? Ce que je connais déjà ? Je ne com­­prends pas l’inté­­rêt de la situa­­tion. Donc, pour connaî­tre, il me faut y aller.
J’ai choisi la veille de mon anni­­ver­­saire, donc, de ma nais­­sance. Comment était la lumière, la veille de ce 13 décem­­bre ? Aujourd’hui le ciel est nua­­geux, des camaïeux de gris. Mais clair à mon arri­­vée, plus sombre à mon départ. Sans doute la même chose qu’en 1947 ? Me voici dans la cage ! Joli, ce ruban de lumière, mais bien­­tôt je vais le trou­­ver gênant. Il cadre mon champ visuel. Je veux m’en déga­­ger, puis je vais m’y adap­­ter.
Face au parc, je regarde une nature en som­­meil. Quelques rares pro­­me­­neurs, et quel­­ques rares pas­­sants. Les cor­­neilles et les pigeons ne sont pas effrayés par les mou­­lins à vent. Finalement pas grand-chose à voir, ce qui m’encou­­rage à un retour dans le passé. Les jar­­dins de l’Alstom où ma mère a tra­vaillé au secré­­ta­­riat rue des Bateliers, la crèche, dont j’ai été le pre­­mier bébé, les jar­­dins ouvriers où l’on allait aux beaux jours cueillir oseille et salade... Le ter­­rain de sport où des décen­­nies plus tard je pou­­vais faire courir mon chien.
Plus rien de tout cela, mais quand même mineur.
Côté rue, l’immeu­­ble où j’ai eu mon pre­­mier enfant, un beau loge­­ment, lumi­­neux, trop enso­­leillé !
J’ai tou­­jours regretté la jolie place ombra­­gée qui se trou­­vait à cet endroit, rasée vers 1970. Le parc s’est modi­­fié au fil des années. Vers 1960, à la fin du bail emphy­­téo­­ti­­que de l’Alstom, la ville a récu­­péré cet espace ver­­doyant et l’a ouvert au public avant tra­­vaux. Une jolie friche, des arbres, des buis­­sons sau­­va­­ges. En famille on s’est assis dans l’herbe ! Événement excep­­tion­­nel dans ce ter­­ri­­toire urbain si dense et indus­­triel ! L’heure se ter­­mine, les fenê­­tres autour s’éclairent. Un tout petit bébé dans sa pous­­sette passe avec sa maman.

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