
Emmanuel
Aujourd’hui j’ai eu de la chance.
La personne que je devais accompagner a dû annuler et n’a pu être remplacée, j’ai donc pris sa place et eu le privilège de vivre un nouveau moment suspendu en veillant sur ma ville.
Mes sens en éveil, stimulés de plusieurs façons : l’odeur du bois est-elle différente, plus présente que lors de ma première veille, il y a 5 mois ? J’ai encore pu suivre des yeux le souffle du vent, écouter le bruit des feuilles qui bougent au loin, oublier celui des voitures derrière moi. Quelques changements, quelques nouveautés bienvenues, tout de même. En juin, j’avais le parc pour moi tout seul, de 5h à 6h du matin. J’étais venu en short et en marcel. Il faisait un temps magnifique depuis plusieurs semaines. J’avais beaucoup pensé au temps qui passe, m’étais souvent demandé depuis combien de temps je veillais, combien de temps restait-il. Aujourd’hui il fait froid à l’extieur du lieu abri. Quelques gouttes de pluie sont venues se poser sur la votre devant mes yeux. Le ciel était nuageux, jusqu’à un cadeau inattendu, quand ils s’écartèrent pour faire apparaître les reflets orangés et dorés du soleil couchant. De la chance effectivement.