Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Elise

jeudi 12 juin 2025 à 05 h 46

Quand je suis arri­­vée tout à l’heure devant l’abri, avant le lever du soleil, deux per­­son­­nes for­­maient au sol, sur la pas­­se­­relle en bois menant à l’abri. J’ai été gênée de devoir les réveiller pour par­­ti­­ci­­per à ce projet artis­­ti­­que. Le som­­meil est pré­­cieux. Je me suis dit que c’était eux les vrais veilleurs, ceux qui res­­tent debout toute la nuit. Je me suis sentie un peu inu­­tile. Première intros­­pec­­tion.
Puis, je suis entrée dans l’abri, j’ai senti le bois, observé la dif­­fé­­rence acous­­ti­­que avec l’exté­­rieur. Les sons des oiseaux étaient tou­­jours pré­­sents bien que atté­­nués.
J’ai observé deux pies voler avec une cor­­neille, trois per­­ru­­ches, une coc­­ci­­nelle qui est restée tout le temps de la veille sur la vitre, en regar­­dant dans le jardin.
J’ai entendu un pouillot véloce, quel­­ques cou­­reurs, un à plu­­sieurs camions pou­­bel­­les ; et je me suis sentie, à nou­­veau, bien inu­­tile.
Merci pour cette expé­­rience qui inter­­roge sur le sens de la vie. Je me demande : "à quoi bon ?". Mais que ce n’est pas la bonne ques­­tion. Cet abri m’a permis d’expé­­ri­­men­­ter et d’appri­­voi­­ser ce sen­­ti­­ment d’inu­­ti­­lité, et peut-être de l’appré­­cier, un peu, car ce vide permet en fait de décou­­vrir l’invi­­si­­ble, ce et sur­­tout ceux que l’on ne voit pas. Les veilleurs, ceux qui veillent sur nos villes car ils n’ont pas d’autre choix.

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