Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Dimitri

vendredi 17 octobre 2025 à 17 h 56

Pas facile de cou­­cher par écrit une heure de pen­­sées. Quel luxe quand même que d’avoir une heure à soi sans per­tur­ba­tion et sans inter­­fé­­rence. C’est un luxe économique déjà. Cette heure-là, je n’en ai pas besoin pour sur­­vi­­vre à mes besoins et à ceux de mes pro­­ches. C’est également un luxe - en quel­que sorte – de se défaire de son temps et de ses écrans, à l’heure de l’hyper­­­connexion et c’est peut-être un sen­­ti­­ment plus per­­son­­nel, de l’impres­­sion immi­­nente de voir le temps qui fuit, qui manque.
Un peu de struc­­ture et de prag­­ma­­tisme puis cette intro­­duc­­tion. Mon expé­­rience a été celle des échelles depuis le micro vers le nano.
Depuis cette punaise pri­­son­­nière de l’objet-abri et qui a veillé, en quel­­que sorte, avec moi jusqu’au soleil, autour duquel tourne notre pla­­nète et qui a fait un très beau spec­­ta­­cle dans des "petits" cou­­chers.
Depuis ce quar­­tier et ses nom­­breux (trop nom­­breux) immeu­­bles rési­­den­­tiels et ses bureaux, dont j’ai renoncé à comp­­ter les fenê­­tres avant même d’avoir com­­mencé, vers cette métro­­pole où nous sommes 12 mil­­lions et dont le cœur ne s’arrête jamais de battre avec ses flux, se comp­­tent par cen­­tai­­nes de mil­­liers. Et enfin, moi. Au-delà du carac­­tère très égocentré de ce para­gra­phe, je dois plai­­der cou­­pa­­ble de ma dif­­fi­­culté à tenir la posi­­tion neutre tel un garde à Buckingham. Mes pen­­sées "voguan­­tes" n’ont peur de ne pas voir le temps passer. Là aussi ges­­tion d’échelle : du très concret au début (mes lunet­­tes, qu’est-ce que je vais écrire dans une heure ?). Un cres­­cendo ensuite dans son fort inté­­rieur (une faille, mon couple, mes choix de vie). Je parle de ça dans cette expé­­rience, je ne suis seul. Ensemble, sans être phy­­si­­que­­ment dans le même temps et dans l’espace. Cette expé­­rience avec la per­­sonne que j’aime de tout mon coeur : Manon.

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