
Dimitri
Pas facile de coucher par écrit une heure de pensées. Quel luxe quand même que d’avoir une heure à soi sans perturbation et sans interférence. C’est un luxe économique déjà. Cette heure-là, je n’en ai pas besoin pour survivre à mes besoins et à ceux de mes proches. C’est également un luxe - en quelque sorte – de se défaire de son temps et de ses écrans, à l’heure de l’hyperconnexion et c’est peut-être un sentiment plus personnel, de l’impression imminente de voir le temps qui fuit, qui manque.
Un peu de structure et de pragmatisme puis cette introduction. Mon expérience a été celle des échelles depuis le micro vers le nano.
Depuis cette punaise prisonnière de l’objet-abri et qui a veillé, en quelque sorte, avec moi jusqu’au soleil, autour duquel tourne notre planète et qui a fait un très beau spectacle dans des "petits" couchers.
Depuis ce quartier et ses nombreux (trop nombreux) immeubles résidentiels et ses bureaux, dont j’ai renoncé à compter les fenêtres avant même d’avoir commencé, vers cette métropole où nous sommes 12 millions et dont le cœur ne s’arrête jamais de battre avec ses flux, se comptent par centaines de milliers. Et enfin, moi. Au-delà du caractère très égocentré de ce paragraphe, je dois plaider coupable de ma difficulté à tenir la position neutre tel un garde à Buckingham. Mes pensées "voguantes" n’ont peur de ne pas voir le temps passer. Là aussi gestion d’échelle : du très concret au début (mes lunettes, qu’est-ce que je vais écrire dans une heure ?). Un crescendo ensuite dans son fort intérieur (une faille, mon couple, mes choix de vie). Je parle de ça dans cette expérience, je ne suis seul. Ensemble, sans être physiquement dans le même temps et dans l’espace. Cette expérience avec la personne que j’aime de tout mon coeur : Manon.