
Damien
Rapidement une première vision, celle du reflet de la lumière dans la vitre, qui semble créer le contour d’une porte posée dans le vide, ouverte sur l’horizon. Puis la géométrie de la ville, les immeubles qui s’élèvent, et surtout ces deux tours, hautes, enfumées de ces vapeurs d’eau continues. A droite, la pleine lune est encore bien belle, avant de disparaître sous quelques nuages. La lumière peu à peu est plus vive, le jour apparaît, la ville s’éveille, sa nature, ses gens. Des oiseaux virevoltent, et on entend le cri des oies sauvages. Un individu , sur le terrain de basket, lance quelques paniers. Deux autres, mieux vêtus (le tee-shirt sans manche du joueur m’a donné froid). J’entends parfois des semelles appuyer lourdement sur le sable mouillé du parc, comme les pas d’un film d’espionnage. Au loin, au plus loin, des lumières violettes, puis bleues, puis multicolores, font songer à une rencontre d’un troisième type. Et continuellement, s’entend la circulation qui semble sans fin, comme un perpétuel mouvement qui tranche avec l’éveil de cette nouvelle journée. Une légère brise s’élève, fait virvolter, tournoyer les branches dénudées, les plastiques des potagers. Le vent se lève, il faut tenter de vivre, optimiste mélancolie. L’heure passe, sans que je m’en rende compte, la ville est maintenant bien vivante.