Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Cécile

jeudi 14 août 2025 à 06 h 52

C’est une veille mati­nale après une nuit hachée, tout ce vert me pique les yeux. Le jour est déjà clair, une demi-lune est visi­ble, demi-cercle dans les lignes droi­tes des longs-cour­riers.
Je suis atti­rée par l’autre vitre, celle de l’autre côté de cette fron­tière lumi­neuse qui sépare l’inté­rieur de "l’objet-cabane" entre le concret - la porte, l’extinc­teur CO2 et l’extinc­teur à eau, le radia­teur, et le concept - partie que seul le veilleur et ses pen­sées occu­pent face au pay­sage imposé. Mais cette ouver­ture, sur laquelle un film pres­que opaque dis­si­mule (beau­coup) le veilleur et (un peu) le pay­sage, est-elle auto­ri­sée pour la veille ?
La quié­tude me gagne, les yeux fermés pour quel­ques ins­tants, je deviens la veilleuse sonore de l’éveil de la ville : gron­de­ments filants des véhi­cu­les, rou­cou­le­ment d’une tour­te­relle, pas légers sur le gra­vier d’un jogger mati­nal, trilles d’oiseaux inconnus, cra­que­ments du bois qui se réchauffe.
Mes yeux, repo­sés, s’ouvrent de nou­veau sur le parc et les faça­des qu’illu­mi­nent les pre­miers rayons du soleil. La jour­née va com­men­cer, cette veille hors du temps touche à sa fin.

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