
Cécile
C’est une veille matinale après une nuit hachée, tout ce vert me pique les yeux. Le jour est déjà clair, une demi-lune est visible, demi-cercle dans les lignes droites des longs-courriers.
Je suis attirée par l’autre vitre, celle de l’autre côté de cette frontière lumineuse qui sépare l’intérieur de "l’objet-cabane" entre le concret - la porte, l’extincteur CO2 et l’extincteur à eau, le radiateur, et le concept - partie que seul le veilleur et ses pensées occupent face au paysage imposé. Mais cette ouverture, sur laquelle un film presque opaque dissimule (beaucoup) le veilleur et (un peu) le paysage, est-elle autorisée pour la veille ?
La quiétude me gagne, les yeux fermés pour quelques instants, je deviens la veilleuse sonore de l’éveil de la ville : grondements filants des véhicules, roucoulement d’une tourterelle, pas légers sur le gravier d’un jogger matinal, trilles d’oiseaux inconnus, craquements du bois qui se réchauffe.
Mes yeux, reposés, s’ouvrent de nouveau sur le parc et les façades qu’illuminent les premiers rayons du soleil. La journée va commencer, cette veille hors du temps touche à sa fin.