Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Cécile

vendredi 7 mars 2025 à 07 h 20

Avant de ren­­trer dans l’abri, j’étais un peu angois­­sée à l’idée de ce que je pour­­rais res­­sen­­tir de cette expé­­rience. Au début, j’étais pres­­que inti­­mi­­dée et avec une impres­­sion d’être mal à l’aise : mal à l’aise de bouger mon corps, mal à l’aise de mar­­cher seule dans cet abri, d’enten­­dre le bruit de mes pas. J’ai tenté d’enten­­dre ma voix, mais j’étais gênée. J’ai donc beau­­coup observé le pay­­sage des jar­­dins (beau­­coup moins le côté du parvis et de la rue), regardé la lumière chan­­geante du ciel (le temps était par­­ti­­cu­­liè­­re­­ment dégagé et magni­­fi­­que), regardé les immeu­­bles, leurs détails (comp­­tant quasi le nombre de fenê­­tres mais à force mes pen­­sées diva­­guaient et je per­­dais le compte). Puis, je me suis déten­­due et comme natu­­rel­­le­­ment mon corps bou­­geait : mes bras, ma tête, mon bassin...je me suis mise à mar­­cher, à faire des ’pas de danse", des mou­­ve­­ments tout en écoutant les bruits autour : fina­­le­­ment j’enten­­dais davan­­tage les oiseaux que les bruits cita­­dins qui pour­­tant s’ampli­­fiaient.
Curieusement, je pen­­sais que mon esprit allait s’occu­­per à des choses concrè­­tes pour "faire passer le temps : liste de cour­­ses, quoi faire ce wee­­kend, quels plats faire... Et fina­­le­­ment, je me posais des ques­­tions "méta­­phy­­si­­ques" : peut-on penser à rien ? Pourquoi je perds la notion du temps ? La vie com­­mence avec le soleil qui se lève ! (oui je suis allée un peu loin...).
Le temps ne m’a pas du tout paru long, à part au début. Quand Elise est venue me cher­­cher, je ne m’y atten­­dais pas. Je suis res­­sor­­tie ravie (non pas d’être libé­­rée !) d’avoir vécu ce moment avec moi-même, tout en obser­­vant la nature, en l’écoutant et en réa­­li­­sant qu’on peut faire abs­­trac­­tion de la vie quo­­ti­­dienne, des actua­­li­­tés et des éléments concrets.

Partager sur :