
Cécile
Avant de rentrer dans l’abri, j’étais un peu angoissée à l’idée de ce que je pourrais ressentir de cette expérience. Au début, j’étais presque intimidée et avec une impression d’être mal à l’aise : mal à l’aise de bouger mon corps, mal à l’aise de marcher seule dans cet abri, d’entendre le bruit de mes pas. J’ai tenté d’entendre ma voix, mais j’étais gênée. J’ai donc beaucoup observé le paysage des jardins (beaucoup moins le côté du parvis et de la rue), regardé la lumière changeante du ciel (le temps était particulièrement dégagé et magnifique), regardé les immeubles, leurs détails (comptant quasi le nombre de fenêtres mais à force mes pensées divaguaient et je perdais le compte). Puis, je me suis détendue et comme naturellement mon corps bougeait : mes bras, ma tête, mon bassin...je me suis mise à marcher, à faire des ’pas de danse", des mouvements tout en écoutant les bruits autour : finalement j’entendais davantage les oiseaux que les bruits citadins qui pourtant s’amplifiaient.
Curieusement, je pensais que mon esprit allait s’occuper à des choses concrètes pour "faire passer le temps : liste de courses, quoi faire ce weekend, quels plats faire... Et finalement, je me posais des questions "métaphysiques" : peut-on penser à rien ? Pourquoi je perds la notion du temps ? La vie commence avec le soleil qui se lève ! (oui je suis allée un peu loin...).
Le temps ne m’a pas du tout paru long, à part au début. Quand Elise est venue me chercher, je ne m’y attendais pas. Je suis ressortie ravie (non pas d’être libérée !) d’avoir vécu ce moment avec moi-même, tout en observant la nature, en l’écoutant et en réalisant qu’on peut faire abstraction de la vie quotidienne, des actualités et des éléments concrets.