
Cécile
Je m’installe dans l’abri, Pascal ferme la porte, je m’approche de la vitre. Mon regard est frappé par l’extérieur, la nature endormie de l’hiver, le ciel couvert mais lumineux. Camaïeu de gris et de vert. Vue dégagée malgré les immeubles. Ils sont l’horizon mais mon regard se faufile au-delà, et même au-dessus d’eux. La vue est silencieuse et immobile. Je sens l’abri autour de moi, comme un cocon. À l’extérieur, et derrière moi, j’entends en fond le bruit des voitures, comme les vagues de l’océan ; les passants qui parlent, les enfants qui jouent, les oiseaux qui chantent.
Je ne prête pas attention à leurs paroles, en revanche cet univers sonore m’enveloppe d’une douceur infime. Mes oreilles et mon dos sont en éveil, c’est par eux que la vie extérieure entre en moi, contraste avec mes yeux qui sont fixés sur l’extérieur immobile.
J’ai l’impression de percevoir à 360 degrés, d’avoir des yeux dans le dos. C’est très agréable, je me sens légère. Un ou deux promeneurs s’égare(nt) dans le jardin devant moi. Leur mouvement est dense et silencieux. J’aperçois des oiseaux voler, mais je ne ressens pas la légèreté de leur vol. Je préfère écouter les oiseaux qui se parlent autour de l’abri. Leur chant me fait voyager. Ce sera la connexion avec la nature pendant toute cette veille. Le chant des oiseaux et leurs conversations et au soir ils avaient beaucoup de choses à dire. Et puis ce cadeau, la petite éolienne colorée posée dans le jardin devant soi n’avait pas envie de bouger, et d’un coup ça y est, je la vois tourner. Légère, j’ai brisé l’immobilité silencieuse du paysage.
Cadeau ?
Merci pour cette proposition, pour ce moment, ces observations. Je repars légère, avec mon éolienne et le chant des oiseaux.