Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Cécile

mercredi 5 février 2025 à 16 h 55

Je m’ins­­talle dans l’abri, Pascal ferme la porte, je m’appro­­che de la vitre. Mon regard est frappé par l’exté­­rieur, la nature endor­­mie de l’hiver, le ciel cou­­vert mais lumi­­neux. Camaïeu de gris et de vert. Vue déga­­gée malgré les immeu­­bles. Ils sont l’hori­­zon mais mon regard se fau­­file au-delà, et même au-dessus d’eux. La vue est silen­­cieuse et immo­bile. Je sens l’abri autour de moi, comme un cocon. À l’exté­­rieur, et der­­rière moi, j’entends en fond le bruit des voi­­tu­­res, comme les vagues de l’océan ; les pas­­sants qui par­­lent, les enfants qui jouent, les oiseaux qui chan­­tent.
Je ne prête pas atten­­tion à leurs paro­­les, en revan­­che cet uni­­vers sonore m’enve­­loppe d’une dou­­ceur infime. Mes oreilles et mon dos sont en éveil, c’est par eux que la vie exté­­rieure entre en moi, contraste avec mes yeux qui sont fixés sur l’exté­­rieur immo­­bile.
J’ai l’impres­­sion de per­­ce­­voir à 360 degrés, d’avoir des yeux dans le dos. C’est très agréa­­ble, je me sens légère. Un ou deux pro­­me­­neurs s’égare(nt) dans le jardin devant moi. Leur mou­­ve­­ment est dense et silen­cieux. J’aper­­çois des oiseaux voler, mais je ne res­­sens pas la légè­­reté de leur vol. Je pré­­fère écouter les oiseaux qui se par­­lent autour de l’abri. Leur chant me fait voya­­ger. Ce sera la connexion avec la nature pen­­dant toute cette veille. Le chant des oiseaux et leurs conver­­sa­­tions et au soir ils avaient beau­­coup de choses à dire. Et puis ce cadeau, la petite éolienne colo­­rée posée dans le jardin devant soi n’avait pas envie de bouger, et d’un coup ça y est, je la vois tour­­ner. Légère, j’ai brisé l’immo­­bi­­lité silen­­cieuse du pay­­sage.
Cadeau ?
Merci pour cette pro­­po­­si­­tion, pour ce moment, ces obser­­va­­tions. Je repars légère, avec mon éolienne et le chant des oiseaux.

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