
Benjamin
Je suis sorti de mon abri après l’avoir habité une heure, lui qui m’habite depuis bientôt quinze années.
J’ai regardé pendant une heure le parc borné d’immeubles. Je n’ai pas vu un seul être humain malgré son omniprésence dans ce parc, nature de culture, dans ces habitations révélées par le soleil très tardivement, dans cette rumeur incessante : voitures, dans quelques pas et quelques voix derrière moi, dans cette grande ombre projetée par la ville. J’ai été veillé par un pigeon posé tranquillement sur une marche, il semblait bien, tranquille ; comme moi. Nous étions tranquilles tous les deux, apaisés.
Aujourd’hui je prends un an de plus, je débute une nouvelle année, heureux qu’elle ait commencé aux aurores dans "mon" petit abri.
Merci Joanne