
Anne-Louise
Il faut savoir apprécier cette ville, la solitude, la compagnie du vent et celle, inaccessible, des mouettes et des corbeaux.
En ce jour, premier de ma 39ème année – oui, je viens fêter mon anniversaire dans une cabane perchée – je devais vérifier, surveiller que le jour se lève. J’ai d’abord vu Paris se faire engloutir par un épais nuage. Il a envahi la ville depuis l’ouest, écrasant ses toits et ses monuments. Paris a disparu sous mes yeux. Les gouttes de pluie qui dévalent les vitres de la cabane. Le vent qui fait vibrer. Le vide qui appelle mon regard.
Je pensais que cette tempête matinale serait le sort de ma veille.
Ça me plaisait, c’était beau.
Puis finalement, le jour s’est levé.
D’abord une fine ligne de lumière, toujours à l’ouest. Elle a grandi, s’est mise à baigner la ville. Et le soleil, de l’autre côté, timide mais oui, c’était vraiment lui.
C’est bon, le jour s’est bien levé, en ce jeudi 4 juillet 2024, je confie au veilleur de ce soir d’assurer qu’il se couche.