
Agnes
J’ai traversé Paris dans la nuit pour venir depuis Montreuil à vélo, en arrivant j’ai été un peu déstabilisée par le néon, je crois que j’avais hâte de voir le soleil. Je n’ai fait que le deviner au loin sur les vitres de La Défense à à peu près la moitié de la veille, et apparaître sur les murs des immeubles en face. Mais le ciel était bleu. Pendant une heure, j’ai observé des oiseaux voler, quelqu’un arriver au dernier étage des bureaux à gauche, quelques personnes sur les passerelles du parc, deux gamins traverser le stade. J’ai entendu le souffle et les pas des coureurs et coureuses derrière moi. Et encore derrière j’ai deviné une file continue de voitures, de motos, de cyclistes, de piétons de la ville qui s’active. Je me suis demandée, en regardant les feuilles jaunes et rouges d’un arbre en contrebas, ce qu’ont vu les veilleurs et veilleuses des autres saisons. Je me suis demandée si les gens des immeubles en face regardaient eux aussi chaque matin la silhouette dans la cabane au bout du parc. Je me suis demandée combien de temps on met d’ici pour rejoindre La Défense à vélo. Je me suis demandée, ce qu’était cette cheminée là-bas. Je me suis demandée plein de choses, mais c’était peut-être pas plus mal de pas avoir la réponse accessible via une recherche sur mon téléphone.
Merci