La Performance

Veiller. Expérimenter. Garder ses sens en éveil.

(Re)découvrir un paysage à l’aube ou au crépuscule.

Prendre de la hauteur sur la ville, prendre part à la vie de la ville. C’est ce que la performance le Cycle des Veilleurs propose.

Au cours d’une année, 730 personnes contribueront à la veillée collective - un spectacle silencieux et paisible de 365 jours - pour veiller sur la ville.

Venez participer à une expérience individuelle et collective inoubliable !

Une création monumentale ouverte à toutes et tous

Le Cycle des Veilleurs, créée par Joanne Leighton, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre. Avec cette performance participative créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’artiste propose aux habitants de « veiller » leur ville et leur région, chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant.

Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne, installée en Île-de-France, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive. Sa démarche explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de territoires, d’identités, d’espaces interdépendants.

Cette performance unique, montée dans une version inédite dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sur le territoire francilien, fait référence à la nature cyclique des Veilleurs et aux cinq anneaux entrelacés des JOP, symbole de l’universalité de l’esprit olympique, représentante de l’union et de la rencontre des athlètes et des spectateurs du monde entier pendant ce grand évènement.
Joanne Leighton

La qualité d’une présence

Être présent dans un site spécifique, acteur·rice - observateur·rice, questionner l’espace et comment on le perçoit et le reçoit avec ses sens en éveil, ouvrir son regard à perte de vue et éprouver la rencontre entre notre corps et ce paysage que l’on découvre ou redécouvre… Voilà le sens de cette performance pendant laquelle chaque participant fera l’expérience d’une notion fondamentale dans la pratique chorégraphique : la qualité d’une présence.

Saison 21/22 à la Maison du Parc, entre Montreuil et Bagnolet

La saison 21/22 du Cycle des Veilleurs créée par Joanne Leighton se tiendra du samedi 02.10.2021 au dimanche 02.10.2022 sur le toit de la Maison du Parc Départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, territoires des futurs Jeux de Paris 2024. Cette première édition pilotée par la Maison populaire de Montreuil et ses partenaires incarne cette volonté de développer des projets hors les murs afin de mettre en récit le territoire, de solliciter les habitant·es pour qu’ils deviennent acteurs et actrices des projets culturels de leur ville. Un objet-abri unique est créé spécialement pour cette édition, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, sur un point culminant, dominant un paysage urbain en pleine mutation. Cette première année est amenée à être prolongée dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

365 jours, deux fois par jour

Chaque matin et chaque soir, une personne veillera la ville et sa région, une heure au lever et au coucher du soleil pendant 365 jours. 730 participants sont donc attendus lors de cette saison 21/22.

Être Veilleur

Au jour et à l’heure choisie, le Veilleur rejoint l’objet-abri installé sur le toit de la Maison du Parc, et veille la ville pendant une heure.

Depuis ce refuge, le Veilleur veille les villes de Montreuil, Bagnolet et Paris, fait une pause dans l’agitation quotidienne. Ce moment en-dehors des contingences du quotidien est un temps privilégié que chaque Veilleur se donne à lui-même. À la fois acteur et observateur, il ou elle participe à une expérience singulière, ouvre son regard à perte de vue et éprouve la rencontre entre son corps et ce paysage qui l’entoure… Voilà le sens de cette performance pendant laquelle chaque participant·e fera l’expérience d’une notion fondamentale dans la pratique chorégraphique : la qualité d’une présence.

Après la veille, le Veilleur témoigne de ses impressions, pensées et sentiments dans un journal de bord qui constituera le Livre des Veilleurs à la fin du projet.

Être Veilleur, c’est aussi participer à un atelier préparatoire en amont de la veille et être invité à des temps forts, comme les rencontres trimestrielles pour partager son expérience avec d’autres veilleurs, rencontrer la chorégraphe Joanne Leighton, les danseur·euses de la compagnie WLDN ou encore prendre part à la cérémonie de clôture à la fin du projet.

S’inscrire

Tout le monde peut devenir Veilleur. Si vous souhaitez vous inscrire pour la saison 21/22, vous pouvez le faire depuis notre site internet, à partir du jeudi 2 septembre 2021, date d’ouverture des inscriptions.

Si vous voulez être l’un des premiers Veilleurs et que vous avez envie de vous engager, de vous impliquer plus profondément dans le projet, en y consacrant une partie de votre temps, vous pouvez devenir accompagnateur bénévole. Pour en savoir plus sur les modalités et ce que chaque rôle implique, regardez notre page Participer. Si vous avez d’autres questions sur le projet, visitez notre page FAQ.

Participer

Les inscriptions pour la saison 21/22 du Cycle des Veilleurs sont fermées.
Les inscriptions sur la liste d’attente sont également fermées.
Merci pour votre enthousiasme pour ce projet, nous annoncerons bientôt la suite du Cycle.

Comment devenir Veilleur ?

Toute personne âgée de plus de 16 ans est invitée à participer au Cycle des Veilleurs : il suffit de choisir une date via le calendrier sur ce site, en précisant ses coordonnées. L’inscription est gratuite. Avant de vous inscrire, merci de lire attentivement cette page.

Chaque Veilleur peut choisir sa date et son heure de veille (lever ou coucher du soleil). Il est possible de donner un sens personnel à sa participation en choisissant un jour spécifique. Une seule date peut être réservée par personne. Si d’autres créneaux deviennent disponibles au cours de l’année, ils seront remis à jour et l’info sera publiée sur les réseaux sociaux. Chaque veilleur ne peut participer qu’une seule fois.

Les heures du calendrier sont les heures du lever et du coucher du soleil. Le matin, la veille commence exactement au lever du soleil, le soir exactement une heure avant le coucher du soleil. En tant que Veilleur, vous serez invité à rejoindre votre accompagnateur 30 minutes avant le début de la veille, à l’adresse de la performance, à la Maison du parc Jean-Moulin Les Guilands. L’accompagnateur vous accueillera et vous orientera jusqu’à l’objet-abri. Après votre veillée, comptez 30 minutes supplémentaires, le temps de vous faire prendre en photo sur le toit de la Maison du parc et de pouvoir écrire vos impressions dans le livre des Veilleurs. Votre participation vous engage à passer l’heure de votre veille seul dans l’objet-abri, sans aucun moyen de communication (pas de téléphone portable ou d’appareil-photo), sans montre. Vous acceptez que votre photo ainsi que votre nom et vos souvenirs soient publiés dans la rubrique Témoignages de ce site et dans d’autres médias, ainsi que dans le Livre des Veilleurs.



Une fois inscrit, vous recevrez une confirmation par e-mail avec votre date et toutes les informations importantes concernant votre participation et les événements auxquels vous êtes convié.

À quels événements en dehors de sa veille le Veilleur participe ?

Les ateliers préparatoires :
En amont de la performance, chaque personne prenant part au projet sera invitée à assister à un atelier préparatoire d’une durée d’1 h 15 environ à la Maison du Parc. Ces ateliers de pratique artistique regroupent tous les 15 jours, environ 30 futurs participants aux veilles. Lors de cet atelier, un artiste formé par Joanne Leighton vous présentera le concept de la performance et vous montrera des exercices pour vous mettre en situation de veille. Ces exercices sont conçus pour vous préparer à rester concentré pendant une heure en un seul endroit – l’objet-abri - et à percevoir consciemment votre propre corps, vos pensées et vos sentiments ainsi que votre environnement. Les questions d’organisation seront également clarifiées dans cet atelier, auquel vous devez assister pour participer à la veille.

Les rendez-trimestriels et la grande fête de clôture :
Tous les 3 mois, des soirées de partage sont organisées pour les Veilleurs et les accompagnateurs des 3 mois précédents. Ces rencontres permettent de lire des textes des Veilleurs et de montrer des images de la vie de la performance. Ces temps d’échange sont aussi l’occasion de rencontrer la chorégraphe Joanne Leighton et les artistes, danseurs et danseuses associés au projet.

À la fin de la saison 21/22, une parade prévue le 2 octobre 2022 réunira les 730 Veilleurs et accompagnateurs, pour fêter cette veille monumentale et passer le relais à un autre lieu de veille, pour la saison 22/23 du Cycle des Veilleurs. Le projet vit aussi de l’échange d’expériences des participants - ne manquez pas ces rendez-vous !

Prolonger l’expérience et devenir accompagnateur

Une fois que vous avez participé au Cycle des Veilleurs en tant que Veilleur, vous pouvez, si vous le souhaitez, devenir accompagnateur. L’accompagnateur est la personne qui veille sur le Veilleur. Il s’agit d’accompagner bénévolement sur une certaine période, sur les veilles du matin ou du soir par exemple, un Veilleur. L’accompagnateur est l’interlocuteur sur place à la Maison du parc qui accueille le Veilleur et reste présent pendant toute la durée de la veille et juste après. Il prend en photo le Veilleur, recueille ses impressions de veille. Pendant la veille, il est installé dans une pièce annexe située à côté de l’objet-abri.

Qui peut participer en tant qu’accompagnateur ?

  • Vous devez être âgé d’au moins 18 ans, et ne pas être sujet au vertige
  • Vous devez avoir déjà participé à une veille de votre choix.
  • Vous participerez à une réunion qui vous préparera à votre rôle et vous fournira des informations plus approfondies sur le projet.
  • Vous acceptez d’accompagner un Veilleur au lever et/ou au coucher du soleil pendant au moins une semaine au cours de l’année de veille.
  • Chaque veille nécessitera environ deux heures de votre temps.
  • Si vous souhaitez être accompagnateur, vous pouvez nous contacter.

Lexique de la performance

La performance Le Cycle des Veilleurs, dont le montage suit un protocole bien précis, dispose de son propre champ lexical. Pour mieux appréhender le projet, voici les principaux éléments de langage.

La Veille : On entend par veille, le temps durant lequel le veilleur est seul dans l’objet-abri, aux horaires exacts indiqués. Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil. Le soir, la veille débute une heure avant le coucher du soleil, et se termine donc à l’heure du coucher du soleil. La veille est, autant que possible, silencieuse, debout et immobile.

Le Veilleur : chaque Veilleur choisit sa date de participation au projet et ne peut veiller qu’une seule fois. Le projet est ouvert à tous (à partir de 16 ans), sans sélection aucune, selon l’ordre des demandes, selon les disponibilités dans le planning. Le veilleur veille systématiquement seul. Il doit être coupé de toute contingence matérielle (pas de montre, de téléphone portable… etc.).

L’Objet-abri : l’Objet-abri est le décor architectural dans lequel le veilleur se situe durant son heure de veille. Il est implanté, si possible, sur une situation relativement haute de la ville, comme sur un bâtiment existant. Le veilleur doit pouvoir voir et être vu. Cet objet-abri est éclairé (intérieur et extérieur) durant l’heure de veille. Réalisé par le scénographe Benjamin Tovo, ce décor est créé de toute pièce pour chaque site.

L’atelier préparatoire : Le veilleur est invité à suivre un atelier préparatoire en amont de sa veille. Cet atelier d’une heure est obligatoire.

L’Annexe : l’Annexe est un espace, à proximité de l’objet-abri. Elle permet au veilleur et à l’accompagnateur d’attendre l’heure exacte du début de veille. Après la veille, c’est dans cet espace que le veilleur écrit ses impressions.

L’Accompagnateur : l’accompagnateur bénévole est une personne responsable qui s’engage à accompagner des veilleurs sur une période ponctuelle ou régulière. Il a lui-même été veilleur au préalable.

Les Traces : le travail de récupération des traces (photos, écrits…) constitue une partie intégrante du Cycle. Des Veilleurs. L’accompagnateur prend une photo du paysage environnant de son choix pendant la veille et une photo du veilleur à l’issue de sa veille. Le veilleur est invité à écrire dans le Livre du Cycle des Veilleurs. Ces traces sont publiées régulièrement sur le site web du projet et se retrouvent dans la publication éditée à la fin de la performance.

Les rencontres trimestrielles : Chaque trimestre, les veilleurs qui ont déjà veillé sont invités à une soirée composée de lectures, de danses et d’échanges, en présence de Joanne Leighton et des partenaires du projet. Ces rencontres constituent un espace de réflexion convivial et un moment de partage important.

Saison 21-22

Le Lieu

La Maison du Parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands

La Maison du parc

La Maison du Parc est située au sein du Parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands (26 hectares), né de l’union du parc communal des Guilands à Montreuil et du parc départemental Jean-Moulin à Bagnolet. Ce parc est devenu au fil des années un centre d’intérêt territorial de par sa qualité paysagère variée mêlant lieux intimistes et perspectives sur Paris et Montreuil.

Situé au sommet de la Maison du Parc, l’objet- abri a été imaginé par le designer Benjamin Tovo. C’est depuis cet abri que se déroule la veille.

Territoire au coeur des olympiades de 2024, le Département de la Seine-Saint-Denis veut faire de cet événement et de son Olympiade culturelle un événement festif, populaire et inclusif. C’est pour cela que le Département a souhaité s’impliquer dans Le Cycle des Veilleurs. Le projet place en son coeur les habitant·es du territoire, et crée une communauté riche de sa diversité, à laquelle il est proposé de partager et d’exprimer un rapport différent à la ville, aux paysages, au temps. Cet engagement reflète la volonté du Département d’accompagner des projets ambitieux, singuliers et inclusifs, au travers desquels la création contemporaine permet de faire évoluer le regard sur le territoire ou apporter un souffle nouveau en cette période de crise.


L’objet-abri

Objet-Abri

Cette structure unique sera visible depuis de nombreux points de vue de la ville et du parc. Debout seul, le veilleur entrera à l’intérieur de la structure en bois et en verre, sans téléphone ni autre distraction, pour veiller la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil. Illuminé à l’heure de chaque veillée, l’abri est entièrement accessible. Des instructions supplémentaires seront données aux participants sur les points de rendez-vous entre le Veilleur et l’accompagnateur, et comment accéder au bâtiment.

Le projet de WLDN/Joanne Leighton, avec Benjamin Tovo en tant que scénographe, s’inscrit dans un dialogue avec un lieu précis. C’est à travers l’objet-abri créé que le veilleur observe la cité, la région. Cette structure manifeste la présence d’un regard tourné vers la ville. La fenêtre qui accueille le veilleur prend la forme d’un couloir vitré à ses deux extrémités, un sas au bout duquel se trouve la ville. De part et d’autre du volume se détache un viseur qui plonge sur la ville tout en la cadrant. Un contraste se créé alors pour le veilleur entre les dimensions restreintes du sas et l’immensité d’un paysage, d’une ville, qui se déploie sous ses yeux. Le corps est contraint tandis que le regard peut s’échapper.


Benjamin Tovo – designer

Benjamin Tovo s’est formé à l’ENSAAMA Olivier de Serres et l’ENSCI - Les Ateliers. À la recherche d’expressions simples, percutantes et enveloppantes il accorde autant d’attention à la circulation et à la praticité du lieu qu’à la précision de ses lignes, textures, couleurs et reflets.

Benjamin Tovo rencontre Joanne Leighton en 2010 à l’occasion de leur première collaboration sur le projet Les Veilleurs de Belfort. À l’époque, accompagné de Nounja Jamil, ils conçoivent ensemble l’objet-abri, micro-architecture destinée à accueillir dans la ville la performance de cette pièce. Benjamin et Nounja proposent plusieurs relectures de cet objet pour les villes de Rennes, Laval, Haguenau, Freiburg et Évreux, puis Benjamin prend seul le relai pour les éditions suivantes à Dordrecht, Graz, Munich et Hull.

www.benjamintovo.com

La FAQ

Si vous avez une question, nous avons probablement la réponse !

Quel âge dois-je avoir pour participer ?

La performance est ouverte à toutes les personnes de 16 ans et plus. De 16 à 18 ans, une autorisation parentale est nécessaire pour participer. Les participants peuvent choisir leur propre date et heure dans le calendrier en fonction des disponibilités.

La participation est-elle gratuite ?

Oui, la performance est un événement gratuit pour les Veilleurs ou les Accompagnateurs, il n’y a pas de frais de participation.

La saison 21/22 du Cycle des Veilleurs est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Oui, un ascenseur est disponible à la Maison du Parc pour les personnes à mobilité réduite. Sinon, l’accès s’organise par les escaliers menant au toit. Nous ne recommandons pas aux personnes ayant le vertige de participer à cette performance.

Puis-je réserver une place pour quelqu’un d’autre ?

Oui, vous pouvez réserver une date de veille pour quelqu’un d’autre si cette personne n’est pas en mesure de le faire elle-même. Veuillez d’abord vérifier que cette personne est vraiment engagée et intéressée par le projet et disponible pour la veille. Les dates de l’atelier préparatoire seront communiquées après l’inscription.

Comment se rendre à la Maison du Parc départemental Jean Moulin Les Guilands ?

Vous devez vous rendre à la Maison du Parc par vos propres moyens. L’adresse est au 11 rue de l’Épine, 93170 Bagnolet. Si vous venez en métro, l’arrêt le plus proche est Gallieni (ligne 3). Prévoir 12 minutes de marche. Si vous venez en voiture, un parking est disponible sur place pour chaque Veilleur.

Vais-je recevoir une formation ?

Oui, afin de participer à la performance, chaque Veilleur doit participer à un atelier préparatoire obligatoire qui vous donnera toutes les clés et la compréhension de ce projet artistique. Les dates des ateliers seront annoncées lors de votre inscription.

Combien de temps dure chaque veille ?

La veille dure une heure. Le matin, la veille commence exactement au lever du soleil et dure une heure. Le soir, la veille commence précisément une heure avant le coucher du soleil et se termine au coucher du soleil.

Où va se dérouler la veille ?

Vous passerez votre heure de veille dans un Objet-abri - une pièce en bois avec deux grandes fenêtres -, qui sera situé sur le toit de la Maison du Parc. Ses fenêtres d’observation donnent sur les villes de Bagnolet, Montreuil et Paris. L’abri est une construction temporaire résistante aux intempéries, ventilée et chauffée.

Que va-t-il se passer pendant la veille ?

Une demi-heure avant le début de votre veille, vous rencontrerez votre Accompagnateur à un point de rendez-vous dans le Parc. Celui-ci vous conduira près de l’Objet-abri, vous fera visiter, s’occupera de vos affaires et s’assurera que vous vous sentez à l’aise et que tout se passe comme prévu. Il est votre interlocuteur sur place - avant, pendant et après votre veille.

Dois-je rester debout toute l’heure ou puis-je m’asseoir ?

Vous passez la veille debout. Vous serez préparé à cette situation lors de l’atelier préparatoire. Pour toute personne incapable de se tenir debout pendant cette période, un siège est disponible.

Puis-je prendre des photos dans l’Objet-abri ?

Non, vous ne pouvez pas prendre de photos pendant votre veille. C’est l’Accompagnateur qui prendra une photo de vous.

Comment savoir que l’heure de veille est écoulée ?

Votre Accompagnateur viendra vous chercher à la fin de l’heure de veille. Il veillera à ce que vous puissiez vous concentrer pleinement lors de la veille.

Que se passe-t-il après ma veille ?

Après votre veille, votre Accompagnateur prendra une photo de vous. Vous serez ensuite conduit dans une pièce, l’Annexe, située juste à côté de l’Objet-abri, où vous pourrez écrire vos impressions dans le Livre des Veilleurs. Une boisson et une collation vous seront proposées. Votre veille sera suivie d’un événement de partage à une date ultérieure, où vous rencontrerez les autres participants ainsi que Joanne Leighton et les danseur·euses de la compagnie WLDN. Vous êtes également invité à la parade-cérémonie de clôture du 2 octobre 2022 qui conclut le projet. C’est là que tous les participants peuvent se rencontrer.

Puis-je manger ou boire pendant ma veille ?

Non. Vous pouvez le faire avant la veille ou bien après, lors du temps de recueil des impressions.

Puis-je emmener mon chien ?

Non. Les animaux domestiques ne sont pas autorisés dans l’Objet-abri, à l’exception des chiens-guides, à condition que le propriétaire et l’animal puissent l’atteindre en toute sécurité.

L’abri est-il climatisé ?

Non. Cependant, un système de ventilation garantit un climat ambiant agréable.

Serai-je enfermé dans l’Objet-abri ?

Non, la porte sera fermée mais restera déverrouillée.

Puis-je fumer dans l’Objet-abri ?

Non, il est absolument interdit de fumer dans toute la Maison du Parc.

La veille a-t-elle également lieu par mauvaise visibilité ou par mauvais temps ?

Même si la visibilité est mauvaise, votre veille se déroulera dans l’abri, car vous pourrez toujours vivre un moment spécial au lever ou au coucher du soleil. En cas d’intempéries (vents violents), l’Accompagnateur garantit la sécurité et une solution sur place est trouvée.

Dois-je porter quelque chose de spécifique ?

Vous pouvez vous habiller en fonction de la météo. Bien que l’abri soit vitré et chauffé par temps froid, il ne s’agit que d’une structure temporaire. Portez également des chaussures robustes sans talons hauts. Pensez à amener des lunettes de soleil car les rayons du soleil peuvent être puissants.

Puis-je emporter mon téléphone, ma montre avec moi ?

Non, le Veilleur est seul et sans accès à son téléphone portable, sa montre ou son appareil photo. L’Accompagnateur surveille vos objets personnels pendant votre veille.

Et si je suis en retard ?

Il est extrêmement important que vous arriviez à l’heure, si quelque chose vous retarde de manière inattendue, veuillez contacter votre Accompagnateur.

Combien de fois puis-je participer ?

Chaque Veilleur ne participe qu’une seule fois. Une fois que vous avez participé à la veille, vous pouvez si vous le souhaitez devenir Accompagnateur.

Et si je ne peux pas participer, puis-je changer ma date ?

Les dates sont attribuées sur la base du premier arrivé, premier servi, donc si vous n’êtes plus disponible, nous ne pouvons pas garantir une date ultérieure. Nous ferons de notre mieux pour vous proposer une autre date ou vous ajouter à la liste d’attente.

Comment annuler ou modifier ma réservation ?

Contacter infos chez lecycledesveilleurs.fr ou 06 15 76 68 31 pour modifier ou annuler votre réservation. Attention, si vous souhaitez modifier votre date, nous ne pouvons pas vous garantir une autre date. Nous ferons de notre mieux pour vous proposer une autre date ou vous ajouter à la liste d’attente.

Je ne veux pas que mon prénom et ma photo soient publiés. Puis-je participer en tant que Veilleur ?

Malheureusement non. Votre photo et votre prénom sont une partie importante du projet. Des droits d’autorisation à l’image sont signés lors de l’atelier préparatoire.

Le Projet

Une création monumentale ouverte à toutes et tous

Le Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre.

Avec cette performance participative créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la chorégraphe propose aux habitants de « veiller » chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant. Piloté par la Maison populaire, Le Cycle des Veilleurs se déroule du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022 à la Maison du Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet. Un objet-abri unique est créé spécialement, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, sur le toit de la Maison du Parc.

Une création de Joanne Leighton. Performance portée collectivement par WLDN / Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/ Centre de Développement Chorégraphique National, le Département de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Paris.
Avec le soutien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/CDCN, L’étoile du nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, de la Région Ile-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit blanche Métropolitaine. (…). Lire la suite

Inscription des Veilleurs

Les inscriptions sont ouvertes depuis le jeudi 2 septembre 2021 à 14 h. Vous pouvez vous inscrire en ligne sur notre site.

Si vous souhaitez participer en tant que Veilleur à la performance Le Cycle des Veilleurs saison 21/22, vous pouvez vous inscrire en ligne, sur ce site. Il suffit de cliquer sur l’onglet « calendrier » puis de choisir « Je m’inscris à une veille ».
Vous serez recontacté·e par notre chargé de mission qui répondra à toutes vos questions et vous proposera les dates de l’atelier préparatoire.

Partenaires

Saison 2021/2022

Calendrier de la Saison 21/22

02/10/2021 au 02/10/2022

Les heures affichées dans le calendrier correspondent aux heures du lever et du coucher du soleil.
Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)
Le soir, la veille débute 1 heure avant le coucher du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)


Vous pouvez vous inscrire sur cette page, le calendrier ci-dessus affichera les prénoms des veilleurs après la validation des inscriptions.


Vue sur Montreuil, Bagnolet et Paris

De l’objet-abri situé sur le toit de la Maison du parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands, vous pourrez observer les villes de Montreuil, Bagnolet ou Paris.
Deux larges ouvertures au sein de l’objet-abri permettent de choisir son point de vue, ou même d’alterner de point de vue lors de la veille.

Matin ou soir ?

Êtes-vous du matin ou du soir ?
Vous souhaitez arriver à l’objet-abri très tôt le matin, de nuit, et repartir le jour levé ?
Vous préférez rejoindre l’objet-abri de journée, et le quitter une fois la nuit tombée ?

Selon vos envies et votre « chronotype », vous pouvez choisir de veiller le matin ou le soir. À vous de le déterminer lors de votre inscription.

Sarah

samedi 2 octobre 2021 à 18 h 27

La première veille du Cycle des Veilleurs s’est déroulée ce samedi 2 octobre 2021 de 18 h 27 à 19 h 27, avec la présence exceptionnelle de Sarah Ourahmoune en tant que première « veilleuse ».

« Chers tous,

je sors de ma veillée. La première. Cette expérience unique a été déroutante. Elle m’a imposé un stop dans une vie où je cours. Une vie où je ne vois plus la pluie glisser le long des vitres ; les arbres se secouer, les gens marcher.

Elle m’a rappelé que je ne savais plus écouter le vent et apprécier la ville. Merci pour cette formidable incroyable aventure.

Je prendrais le temps, désormais, d’observer, d’écouter et d’apprécier la vie ! »

Sarah Ourahmoune

Sarah Ourahmoune est la boxeuse française la plus médaillée : vice-championne Olympique aux Jeux de Rio 2016, championne du monde en 2008, triple championne de l’Union européenne et dix fois championne de France.
Elle est actuellement Vice-Présidente du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), Vice-Présidente de la Fédération Française de Boxe, membre du CA du COJO Paris 2024, conférencière, et Directrice Générale de Boxer Inside.

Yosra

« Malgré la pluie torrentielle et un ciel nuageux, le jour s’est levé. On arrive à voir de plus en plus loin, de plus en plus net, les traits d’une ville qui se dessine et d’un jour qui prend vie.
Un instant magique, comme un rêve éveillé.
Une impression de renaissance.

Merci »

Yosra

Jorge

« Comment veiller ? Sur qui ? Sur quoi ? Pourquoi ? Quelles relations de pouvoirs ?

Au début j’ai mis un moment pour trouver une sorte d’équilibre physique et mental. Après avoir choisi le côté de l’abri depuis lequel j’allais veiller, beaucoup de pensées défilaient dans ma tête. (...) J’ai d’abord pensé à moi-même, mon reflet sur la vitre me renvoyait à moi, une veille sur moi.

(...) Puis j’ai fermé les yeux, j’ai senti le soleil sur ma peau et ma respiration. J’ai fait un "zoom out" géographique, j’ai voyagé jusqu’à la Colombie et j’ai pensé à chaque membre de ma famille". Mon coeur et mon esprit étaient prêts pour veiller sur les autres.

(...) le soleil se couche et c’est la fin... mais je veux continuer. »

Jorge

Camille

« é-VEILLE des sens

Merci pour ce moment suspendu »

Camille

Les ateliers préparatoires

25 ateliers sur l’année

Voici les dates des ateliers préparatoires proposés en amont des veilles, animés par la chorégraphe Joanne Leighton ou par les danseuses et danseurs Flore Khoury, Camille Cauwet, Cécile Theil-Mourad, Gerry Quevreux.
Ces ateliers se déroulent de 18 h 30 à 19 h 30 à la Maison du parc départemental Jean Moulin - Les Guilands.

Les prochaines dates sont :

  • jeudi 21 octobre 2021
  • mardi 9 novembre 2021
  • mardi 23 novembre 2021
  • mardi 7 décembre 2021
  • jeudi 16 décembre 2021
  • mardi 4 janvier 2022
  • mardi 18 janvier 2022
  • mardi 1 février 2022
  • mardi 15 février 2022
  • mardi 8 mars 2022
  • mardi 22 mars 2022
  • mardi 5 avril 2022
  • mardi 19 avril 2022
  • mardi 10 mai 2022
  • mardi 24 mai 2022
  • mardi 7 juin 2022
  • mardi 21 juin 2022
  • mardi 5 juillet 2022
  • mardi 12 juillet 2022
  • jeudi 25 août 2022
  • mardi 13 septembre 2022

Les veilleurs et veilleuses du mois d’août seront contacter par Lisa Johnsen pour organiser une formation à distance.

En amont de la per­for­mance, chaque Veilleur est invi­té à assis­ter à un ate­lier pré­pa­ra­toire. Ces ate­liers de pra­ti­que artis­ti­que regrou­pent tous les 15 jours, envi­ron 30 futurs par­ti­ci­pants aux veilles.

Lors de cet ate­lier, un·e artiste formé par Joanne Leighton présente le concept de la per­for­mance et vous mon­tre des exer­ci­ces pour vous mettre en situa­tion de veille. Ces exer­ci­ces sont conçus pour vous pré­pa­rer à rester concen­tré pen­dant une heure en un seul endroit – l’objet-abri - et à per­ce­voir cons­ciem­ment votre propre corps, vos pen­sées et vos sen­ti­ments ainsi que votre envi­ron­ne­ment. Les ques­tions d’orga­ni­sa­tion seront également cla­ri­fiées dans cet ate­lier, auquel vous devez assis­ter pour par­ti­ci­per à la veille.

Aurélie

« À la fois long et court, un temps hors du temps
Ne rien faire qu’attendre et à la fois observer, veiller sur la ville mais dans une bulle en retrait
Sentir les vibrations du vent sur les parois, un peu de vertige parfois, se sentir soi
Être attentive aux sensations intérieures, engourdissement, raideur, fatigue… mais envie de rester là.
Sensation de lâcher prise, apprécier ne rien faire et ne pas savoir l’heure, scruter la disparition du soleil
Envie de rester là… Merci ! »

Aurélie

Devenir accompagnateur bénévole

Une fois que vous avez par­ti­cipé au Cycle des Veilleurs en tant que Veilleur, vous pouvez, si vous le sou­hai­tez, deve­nir accom­pa­gna­teur. L’accom­pa­gna­teur est la per­sonne qui veille sur le Veilleur. Il s’agit d’accom­pa­gner béné­vo­le­ment sur une cer­taine période, sur les veilles du matin ou du soir par exem­ple, un Veilleur. L’accom­pa­gna­teur est l’inter­lo­cu­teur sur place à la Maison du parc qui accueille le Veilleur et reste pré­sent pen­dant toute la durée de la veille et juste après. Il prend en photo le Veilleur, recueille ses impres­sions de veille. Pendant la veille, il est ins­tallé dans une pièce annexe située à côté de l’objet-abri.

Qui peut par­ti­ci­per en tant qu’accom­pa­gna­teur ?

  • Vous devez être âgé d’au moins 18 ans, et ne pas être sujet au vertige
  • Vous devez avoir déjà participé à une veille de votre choix.
  • Vous participerez à une réunion qui vous préparera à votre rôle et vous fournira des informations plus approfondies sur le projet.
  • Vous acceptez d’accompagner un Veilleur au lever et/ou au coucher du soleil plusieurs jours de suite au cours de l’année de veille.

Chaque veille nécessitera environ deux heures de votre temps.
Si vous souhaitez être accompagnateur, vous pouvez nous contacter à :
infos [arobase] lecycledesveilleurs.fr ou 06 15 76 68 31

Pour plus d’informations, téléchargez le PDF ci-dessous.

Maryse

« Je participe pour la première fois à un projet artistique. La raison : j’ai du temps et j’étais curieuse de découvrir le projet. J’ai réussi à rester concentrée sur la veille, sans penser à mon quotidien, ce qui est rare (j’ai fait du yoga et je ne réussissais pas).
Pourquoi se lève-t-on le matin ?
(...)
Quel sens donner à nos actes ?
Quel conditionnement forge notre vie ?
Où est le plaisir ?
Qu’est ce qui est joli ? Une ville peut être laide à 8 h et superbe à 9 h avec un éclairage différent. Ainsi en va-t-il des regards que l’on pose sur les choses. En fonction du jour, de l’humeur, tout change à nos yeux. C’est à la fois rassurant et effrayant.
(...)
Comment créer une ville qui satisferait chacun ? Tout est tellement subjectif. L’homme fait des merveilles et tellement de laideur. La nature nous rassure, nous rappelle que le temps passe (les saisons), nous ressource. Le bruit de fond des voitures : pourquoi doit-on subir cela ? Le choix de vie et le choix du lieu de vie sont de grands luxes.
(...)
Merci ! »

Maryse

Bruno

A la mémoire de Poupou
Le temps s’écoute bien plus vite qu’on ne pense !
C’est heureux de ressentir la Terre en train de tourner en plongeant en avant, quand on voit le soleil surgir et monter vers le haut.
La grande ville semble alors un immense lichen vert et gris collé sur le rocher terrestre.

Bruno

Vincent

« Je suis venu, j’ai vu et ai été vaincu par la beauté froide de ces deux villes, oscillant entre ombres et lumières »

Vincent

Romain

« Saisir le temps présent pour s’abandonner un instant. Captivant, déroutant, émouvant. Comment exprimer le flot de pensées, voir le temps filer, se figer, perdurer, s’estomper.

Une expérience qui est en réalité des expériences. »

Romain

Ricardo

« Au départ j’observe les gens, puis j’essaye de trouver sur le paysage les endroits à Paris et à Montreuil que je connais.
Le temps passe, ni vite, ni long. Mais je me rends compte de la transition visuelle et de lumière qui s’est créée dans l’espace. À la fin c’est assez plastique et spectaculaire quand le soleil se couche dans le cadre lumineux. »

Ricardo

Sylvie

« Quel beau projet, je confirme.
Ravie d’avoir été une partie de ce tout.
Mon Dieu ! Comme le soleil se lève vite ! vite...
Se réchauffer à sa chaleur une fois qu’il est plus haut ; prendre son énergie et aller admirer l’effet de ses rayons de l’autre côté, sur les tours, sur les différentes strates d’architecture.
(...)
Lumière forte, lumière planante, lumière cachée, lumière douce. »

Sylvie

Pierre

« En trente ans de vie parisienne, il me semble, et j’en suis même certain, n’avoir jamais assisté au coucher du soleil à l’horiz...en. Oui c’était zen ! Merci pour le spectacle. Bonne veille. »

Pierre

Pascale

« Déstabilisant.
Rien à quoi je n’aurais su m’attendre malgré la « connaissance » que j’en pensais au préalable du principe.
D’abord quelque chose qui te tient eu respect, t’empêche de bouger, de trouver une posture (un maintien du corps) « digne » du moment.
Ensuite quelque chose de presque angoissant – cette immensité devant laquelle on se sent tout petit. Négligeable. Et paradoxalement une espèce de peine devant le privilège qui nous est octroyé : embrasser du regard un espace qui ne nous « voit » pas. Devenir presque un voyeur, davantage qu’un veilleur.
Alors j’ai fini par m’asseoir, pour redevenir « modeste », et j’ai laissé le paysage urbain me regarder à mon tour – en fermant très longtemps les yeux.
Le coucher du soleil sur l’océan, c’est presque un cliché. Là (le reflet du rectangle lumineux au mi-temps de la cabane, rejeté sur la vitre, renforce cet effet) : l’image devient pleinement picturale. Une création littéralement poétique qui reconstruit le monde connu.
Notre reflet s’y trouve aussi, et c’est trop. Je m’y suis sentie de trop. »

Pascale

Juliette

« Une chambre sur le monde, voilà ce qu’il m’en reste. La possibilité d’avoir le temps de s’éveiller avec la ville, de voir la ville, d’observer les gens, les animaux, d’écouter les bruits, les silences. Merci pour cette veille, merci de m’avoir donné le temps. Bonne veille ! »

Juliette

Roxane

« Un nouveau jour. Un jour nouveau. Suspendre le temps. Prendre de la hauteur. Être au bord du vide. Clair-obscur. Ombre et lumière. Inspirer. Respirer. Observer. Partir.
Et recommencer. »

Roxane

Bernard

« Expérience intéressante avec le rapport au temps.
On y trouve et on y gagne une espèce de sérénité que je n’ai pourtant cherché. J’ai beaucoup pensé à ma fille. J’ai préféré la vue sur Montreuil et je plains un peu les Bagnoletais en favorisant leur souhaiter moins de béton et plus de verdure.
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont organisé ce moment particulier que l’on peut vivre et apprécier. »

Bernard

Brice Manuel

« C’est à la fois beau et effrayant. Beau, car impressionnant, immense, dégagé, coloré et familier.
Effrayant, car étouffant, oppressant, menaçant et toxique.
Comment douter de la pollution atmosphérique causée par les activités humaines en la voyant se former sous nos yeux pendant la veille ? La Tour Eiffel a progressivement disparu derrière ce nuage de pollution…
Comment penser que l’expansion effrénée de la ville va n’arrêter, en voyant les dizaines de grues et de chantiers à l’œuvre… ?
Comment penser que l’on peut vivre en bonne santé physique et mentale, en constatant à quelle point la nature est absente de ce paysage urbain à perte de vue… ?
Cette veille est un voyage entre optimisme ténu et pessimisme grandissant.
Fascinant. »

Brice-Manuel

Mourad

« Magnifique, un temps suspendu, sans téléphone et notion du temps. Un temps pour soi-même. Une opération à renouveler. Merci pour le projet. »

Mourad

Mathilde

« Je pense avoir vraiment compris ce qu’implique la relation veilleur/veilleuse en étant dans l’objet-abri. Il m’a fallu quelques minutes, mais dès que j’ai vu le soleil se lever et je l’ai senti me veiller. Au fur et à mesure qu’il montait dans le ciel, il a fait disparaître la buée des vitres de l’objet, il a illuminé la ville, il a réchauffé mon corps. J’ai vu des oiseaux, des guêpes également qui sont restés quelques minutes avec moi, pour me veiller, pour me protéger peut-être. Ça m’a fait penser à tous mes proches, qui dorment surement encore, qui sont loin pour certains, mais que je pouvais veiller d’ici. J’ai pu prendre un temps pour penser à eux, pour veiller également sur la ville qui se réveille doucement.
Je me suis sentie protégée par le soleil et la nature qui se réveillait, tout en me sentant protectrice des autres, seulement par la pensée. Je sors apaisée de cette expérience et prête à tourner une page, et à en commencer une autre. »

Mathilde

Cyrielle

« 200 vis plus tard je me rends que les couleurs du ciel ont changé. Les bruits extérieurs me font penser que je suis isolée du monde, je suis confinée. Puis soudain je vois des montagnes au loin et confond les perspectives. Le ciel devient océan. La Tour Eiffel devient petit à petit banale. Mais que suis-je réellement ? J’ose à peine m’approcher du " bord ". »

Cyrielle

Léa

« Plus haut que la cime des arbres, j’ai commencé à imaginer ma ville comme un gigantesque organisme vivant. Le parc des Guilands, celui des Beaumonts, plus loin et le Bois de Vincennes sur la droite comme des poumons verts, tous ces arbres aux couleurs presque oranges comme de petites alvéoles. Et il y a le stade tel un tube digestif. Dans l’abri on se sent comme dans un organe, bien au chaud, enveloppée, à observer la vie, les humains, oiseaux, poissons, insectes, végétaux, comme autant de cellules reliées et autonomes. Je me suis demandée dans quel organe j’étais, pas le cœur car sinon je serais au centre de la circulation, au milieu des rues et boulevards. J’étais peut-être l’estomac, le foie ou le rein, pour digérer, filtrer, transformer la ville et veiller au grain. »

Léa

Françoise

« Défier le vertige qui me saisit dès l’entrée. Je me calme et prend conscience de l’espace, des couleurs, du temps qui passe.
Moment agréable d’observation du ciel, (nuages jaunes, verts) de la pollution, des promeneurs qui utilisent l’espace pour jouer avec leur chien.
Bonne suite… »

Françoise

Joanne

« Standing in the shelter, in the Parc des Guilands
Montreuil/Bagnolet, holding a presence, I’m yet again startled by the immensity of the city before me. The detail and precision is astounding…
We’re not standing there for glory, or to be seen, we’re there to be present, in this time, right now.
Thank you to everyone who made this moment possible… and to all in the chain of Le Cycle des Veilleurs ! »

Joanne Leighton

Joanne Leighton est une cho­ré­gra­phe et péda­go­gue belge, d’ori­gine aus­tra­lienne ins­tal­lée en Île-de-France, dont le par­cours est étroitement lié à une vision de la danse ori­gi­nale et évolutive.

En 2011, Joanne Leighton crée Les Veilleurs pour 732 par­ti­ci­pants à Belfort : une per­sonne chaque matin et une chaque soir veillent sur la ville et sa région pen­dant une heure, au lever et au cou­cher du soleil, et ainsi de suite pen­dant 365 jours. Sur ces mêmes prin­ci­pes, depuis 2011, Joanne Leighton remonte cette œuvre cho­ré­gra­phi­que pour les villes de Laval, Rennes, Haguenau, Freiburg (Allemagne), Évreux, Dordrecht (Pays-Bas), Graz (Autriche), Munich (Allemagne) et Hull (Angleterre).

Delphine

« Perdre le sens du temps, tout est pareil et tout change à la fois.
Une raie Manta, des montagnes à l’envers et à la toute fin, une lumière rouge ardente qui est restée collée à ma rétine. »

Delphine

Revue de presse

J’ai testé “Le Cycle des veilleurs” du Grand Paris, et c’était beau

Télérama du 11 octobre 2021

Un article de Pierre Pinelli

« La performance participative, imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, permet aux habitants du Grand Paris de veiller sur la ville du toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin Les Guilands, à cheval sur Montreuil et Bagnolet.

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de contempler le coucher du soleil sur notre horizon urbain. Ce mercredi 6 octobre 2021 n’est donc pas tout à fait comme les autres. Nous sommes ici pour veiller. De 18h19 à 19h19 tapantes. Une heure, pas moins, pas plus. L’expérience, baptisée « Le Cycle des veilleurs », s’inscrit dans le cadre d’une performance participative et immersive, imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, et pilotée par la Maison populaire de Montreuil, dans la perspective de l’Olympiade culturelle des Jeux de Paris 2024.

Chaque jour, sur un an, à compter du 2 octobre, au coucher et au lever du soleil, un habitant du Grand Paris vient veiller sur la ville depuis un point culminant de celle-ci. En l’occurrence du toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin Les Guilands, 26 hectares de verdure haut perchés, à cheval sur Montreuil et Bagnolet ; toit sur lequel à été aménagé un « objet-abri » en bois, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo. » (...)

Lire l’article de Télérama

Revue de presse

Et si vous méditiez seul sur les hauteurs de Bagnolet pour une œuvre d’art collective ?

Le Parisien du 2 octobre 2021

Un article d’Anthony Lieures

« C’est un spectacle qui se jouera en silence, au-dessus de vos têtes, chaque matin au lever du soleil et chaque soir à son coucher pendant un an. Jusqu’au 1er octobre 2022, il réunira 730 personnes associées dans cette « chorégraphie participative » qui aura lieu sur le toit de la Maison du parc Jean-Moulin - Les Guilands à Bagnolet, avec une vue panoramique sur Paris et sa banlieue.
Le Cycle des veilleurs, cette idée imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, sera lancé ce samedi en fin de journée à l’occasion de la Nuit Blanche. « L’idée, c’est de créer une œuvre chorégraphique à la taille de la ville et pas d’un plateau de danse, explique Joanne Leighton, danseuse et chorégraphe d’origine australienne, qui a imaginé ce projet depuis une dizaine d’années. C’est aussi d’ouvrir le projet à tous, de faire accéder cet art au plus grand nombre. » (...)

Lire l’article du Parisien

Revue de presse

Entrez dans la peau d’un gardien de phare urbain à Bagnolet

Enlarge Your Paris le 14 octobre 2021

Un article de Joséphine Lebard

« Veiller sur le Grand Paris tel un gardien de phare, au lever et au coucher du soleil, c’est le rôle que vous invite à jouer la chorégraphe Johanne Leighton à Bagnolet dans le cadre de son projet « le Cycle des Veilleurs », du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022.

Imaginez : vous êtes seul, au sommet de la Maison du parc – située dans le parc Jean-Moulin-Les Guilands, à cheval sur Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) – avec une vue imprenable sur Paris et le Grand Paris. Vous êtes installé dans un objet-abri conçu par le designer Benjamin Tovo. Vous avez laissé chez vous votre téléphone, votre montre. Rien ne peut vous distraire. Vous avez une mission : observer le lever ou le coucher du soleil sur le Grand Paris. »

Lire l’article du blog Enlarge Your Paris

Revue de presse

En Seine-Saint-Denis, des Veilleurs de ville se relaient dans un abri architectural

Culture matin du 30 septembre 2021

Un article de Thomas Corlin

« Pour la Nuit Blanche du 2 octobre 2021, Joanne Leighton lance son projet de Cycles de Veilleurs dans le Parc Jean Moulin à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où des particuliers se succèderont pendant un an sur deux veilles quotidiennes de la ville. Le dispositif, simple et participatif, est une des rares pièces qui a pu se maintenir à travers la crise, d’après la chorégraphe australienne Joanne Leighton.

Chaque jour, au lever et au coucher du soleil, pendant une heure, une personne observe la ville, debout, depuis un objet architectural conçu comme un abri pour l’occasion et installé sur un panorama. Cette fois-ci, cette boîte est posée sur le toit de la maison du parc Jean Moulin, entre Bagnolet et Montreuil. L’expérience se mène seul, sans téléphone portable, en position debout. Un accompagnateur présente les lieux au veilleur 30 minutes avant chaque veille. La performance a lieu tous les jours sur un cycle d’un an. » (...)

Lire l’article sur le site Culture matin

Revue de presse

Voulez-vous veiller sur NOUS ?

Seine-Saint-Denis le magazine du 6 octobre 2021

Un article de Isabelle Lopez

« L’artiste australienne Joanne Leighton et sa compagnie WLDN s’installent pour un an dans le parc Jean-Moulin à Montreuil avec la performance Le Cycle des Veilleurs ! Interview.

Au moins 730 personnes sont attendues à la performance Le Cycle des Veilleurs. Si vous avez plus de 16 ans, réservez votre place. Une expérience unique qui a démarré le 2 octobre avec la boxeuse Sarah Ourahmoune ! » (...)

Sarah Ourahmoune, Vice-championne olympique de boxe anglaise aux JOP de Rio en 2016 :

« C’est une expérience assez déroutante. Moi qui n’ai pas le temps de m’arrêter, qui ai l’habitude de courir après le temps, après les projets, j’ai pensé que ça allait être très compliqué de rester une heure dans une cabine seule face à moi-même. C’était presque un défi pour moi. Est-ce que je vais être capable de le faire ? Les cinq premières minutes m’ont paru assez longues. Mais très vite, j’étais pleine de sensations, pleine de pensées. Je me suis dit quand Romain est venu me chercher : « déjà ! » Ce fut presque une introspection pour moi. Je me suis rendue compte que cela faisait des années que je n’avais pas regardé la pluie couler sur une vitre, les nuages passer. Je me suis rappeler que lorsque j’étais en CP, CE1 je jouais à tracer avec mon doigt des dessins sur les vitres. J’ai eu beaucoup de chance qu’il fasse mauvais temps. Il y avait l’odeur du bois, le vent qui frappait. Des choses simples. Petit à petit l’obscurité s’est installée. Les éclairages sont arrivés avant l’obscurité. Je me suis mis à imaginer ce qui se passe. C’était un bon moment. Ça m’a permis d’apprécier la ville, la vie. Merci pour cette expérience. »

Lire l’article de Seine-Saint-Denis le magazine

Mary

« Quelle heure !
Ce qui m’a le plus frappé au début c’était de voir mon reflet dans la vitre. J’observais mon corps qui observait d’autres corps dans la ville, des corps invisibles, grouillants. Et puis ça passe et tout devient événement : un moucheron qui se colle à la paroi de la vitre, un éternuement, des baskets qui crissent sur le sol de l’abri…
D’aucun ne dirait que j’ai perdu une heure mais moi je crois bien au contraire que celle-ci, je l’ai gagnée. »

Mary

Amélie

« Après avoir passé des mois et même quasi 2 ans à préparer ce projet, à mon tour de veiller !
Je ne savais pas quoi attendre ni ce qui allait se passer, ce que je savais c’était le temps, 1 heure. J’avais envie de voir le soleil se lever et d’assister à ce ballet de couleurs et d’ombres. Ce qui est frappant, c’est qu’il fait déjà jour à l’arrivée dans l’objet-abri. Quelques minutes plus tard, le soleil fait son apparition derrière les immeubles. C’est puissant et aveuglant cette lumière - c’est chaud en même temps. Ce qui me perturbe, c’est le bruit, un bruit de fond lointain, mais incessant. La ville s’éveille et le calme du paysage est vite rattrapé par la réalité de la vie et des activités humaines. Sirènes, tracteur du jardinier, motos, et même les cloches de l’église me rappellent à la vie urbaine. Quelques oiseaux gagnent du terrain.
Au loin, j’aperçois la montgolfière dans le ciel de Paris, mini-soleil ou mini-lune qui est le miroir du soleil levant. J’attends. »

Amélie

Lucas

« Le soleil est effectivement un très bon indicateur du temps qui passe.
La Tour Eiffel est petite. Les corbeaux ont leur heure.
Les moments ont un sens, puis plus du tout. Il y a toujours quelque chose de nouveau.
Les moustiques repèrent très bien le CO2. Les enfants et les chiens sont heureux.
Les adultes sont préoccupés. Je ne connaissais pas si bien le parc.
Un petit goût de traversée d’Atlantique. De Guillaume le Conquérant à Belain d’Esnambuc. Bonne veille aux autres. »

Lucas

Cyril

« Ce décor qui se transforme sans qu’on s’en aperçoive, si lent et si rapide.
Merci, quel bonheur pendant ce moment de réaliser sa singularité d’humain, capable de contempler et de s’émerveiller durant la danse du soleil. »

Cyril

Gerry

« Veilleur surveillé
Bourdon, drone et caméra pour saisir l’instant. Un veilleur en représentation, un veilleur qui veille, montre qu’il est présent. Veilleur photographié d’en bas. Plusieurs fois !
Entre ces yeux d’acteurs, mon attention voyage.
(...)
Et cette ville. Sans le soleil et la pollution.
Venue secouer ma relation à la ville. Trouver les gens beaux sous mes pieds, mais cette urbanité triste et morne. Alors mes yeux accrochent le vivant, ce qui bouge !
Soleil, incandescence noyée par morceaux, persistance rétinienne et Lune du soir ! »

Gerry

Aude

« Un cadre lumineux qui pose un repère, mes pensées vagabondent : mémoire qui se tournent, moment privilégié, instant tantôt long, tantôt éphémère. Envie de siffler, un monde sans musique ? Pas possible. Comme c’est Ricardo qui m’a accueilli ce sont des airs brésiliens qui me viennent, puis la vue de ses immeubles qui ont perdu ces beaux reflets oranges du soleil levant -> ce moment spécial qui pose une couleur chaude et généreuse sur des buildings froids.
Merci pour cette expérience ! »

Aude

Fanny

« Au commencement je ne voulais pas rester. Il faisait chaud et j’appréhendais ce moment seule avec moi-même et mes pensées. Je ne voulais pas rester 1 heure, cela me paraissait trop long. J’ai commencé par regarder partout et nulle part à la fois, je n’arrivais pas à me concentrer sur un endroit, un bâtiment ou des personnes. Puis j’ai aperçu une boule, une sphère plutôt qui semblait monter et descendre au loin, à gauche de la tour Eiffel. Cela m’intriguait et m’a aidé à me concentrer et à prendre le temps d’observer et d’accepter de ne rien faire : que c’était okay de ne pas courir partout, de penser et d’observer. Être seule avec soi-même n’est pas facile sans les distractions habituelles ou le fait d’être plongée dans son travail. Alors j’ai pleuré. Contradictions des émotions : ressentir la paix, la tristesse et à la fois la joie quand un enfant m’a vue d’en bas et m’a saluée. Après cette étape d’acceptation de mes émotions, j’ai pu regarder plus attentivement et reconnaitre les changements. Les lumières qui commencent à s’allumer, les gens qui partent du parc, les fumées au-dessus des autres, les grues qui s’illuminent, les avions aussi. Ne pas savoir l’heure était obsédant au début puis observer la course du soleil me rappelait qui oui, les minutes s’enchainaient. Voir la lune et le soleil en se mettant au " bon endroit " de l’abri était beau.
A la fin je ne voulais plus sortir. Cette pause, cette parenthèse était incroyable. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Trop d’émotions, toujours. Merci. »

Fanny

Lina Paola

« Être présent dans le présent c’est une chose difficile, il y a toujours des pensées ou des idées qui viennent sans demander la permission. Ils arrivent seulement, mais ce moment de tranquillité dans la cabane, accompagner par la lumière du soleil, les changements des nuages, les oiseaux qui volent et chantent c’était un temps de silence intérieur que moi seul peux comprendre, il n’y a pas des mots pour expliquer. Je n’ai pas vécu, respiré, apprécié et compris ce silence qu’à l’aide de la lumière et de la chaleur du soleil. »

Lina Paola

Véronique

« J’avais pensé m’inscrire pour vivre cette expérience au matin. On m’appelle car il manque quelqu’un pour le dimanche soir. Pourquoi pas ?! J’aime cette idée de ne pas décider, de laisser le contrôle m’échapper, je m’engage, je suis là !!! Mon accompagnateur est chaleureux, simple, il va à l’essentiel. Boire ? Pipi ? Mal au dos ? On regarde l’heure, et c’est parti. Il m’emmène dans la cabane. L’objet me surprend, j’avais imaginé une immense baie vitrée, non un parallélépipède qui sent bon, le bois frais, à chaque extrémité une ouverture vitrée : l’est, l’ouest je suis face à elle le soleil encore haut dans le ciel. Il fait doux, trop chaud je retire la doudoune, le pull, je regarde la ville s’étend loin légèrement à droite la Tour Eiffel… mille pensées.
Puis j’ai envie de voir s’éloigner… apaiser l’esprit m’imprégner de la contemplation. Sans moi, la pelouse, les enfants qui jouent, les promeneurs et leurs chiens. Je veille dans le temps. Je retire mes chaussures, envie de sentir le bois depuis mes pieds. Le soleil suinte doucement dans les nuages au ciel de Turner, je me dis… je monte les bras au ciel, posture. La veille me prend je me sens investie d’une mission.
(…) »

Véronique

Lena

« La ville une intersection de vies,
inlassablement,
Solitude. »

Lena

Martine

« Jolie contraste entre le staticité de la ville et l’animation du parc et peu à peu l’éveil lumineux des habitations environnantes, et l’abri sent bon le bois qui me rappelle l’odeur de mon sauna. »

Martine

Julie

« A hauteur d’oiseaux, veiller sur soi et sur le monde. Suivre la courbe d’un envol, et sortir de ses préoccupations, des agitations vaines.
Laisser l’attention se poser, ça ou là.
Rêver d’un monde où chacun·e aurait le loisir de veiller chaque jour. Pour rester éveillé·e à l’essentiel, à la lumière vitale, à la nuit aussi, l’obscurité hantée. »

Julie

Marie

« Que le temps est passé vite !
Je pensais m’ennuyer, partir dans mes pensées et pourtant l’idée de veille prend tout son sens. La ville s’adoucit sous nos yeux, on se laisse envelopper avec elle par ce voile rassurant et brumeux. Le paysage de la ville laisse place au ciel qui ouvre d’autres horizons pour la nuit à venir. »

Marie

Julie

« L’objet abri porte bien son nom, je me sens protégée dans cette boîte. Cette boîte installée dans un parc, avec ses arbres aux couleurs automnales. Protégée face à cette ville de béton, remplie de grues et de tours. Au début, j’ai entendu le vent, puis les voitures se multiplier, les perceuses des travaux… mais le tout atténué par cette boîte de bois, dans ce parc, avec ces oiseaux, avec ces chiens qui sont promenés par leurs maîtres et leur échappent. Le maître court après pour essayer de l’attraper. Je ris. Je me demande : et si je revenais demain, est-ce que cette dame courait après son chien encore une fois ? Mais je ne pourrai pas. Il y a cette ville et ce béton, mais il y a aussi la brume qui, on dirait, avance sur la ville depuis l’horizon, elle prend de plus en plus de place, comme si elle l’enveloppait. Et si je me retourne, je vois le soleil, tel un œil qui observe à travers les nuages, infiniment plus grand que la ville, le béton et les voitures.
Puis la pluie arrive. Et je vois les ados courir sur le terrain d’athlétisme, et ça me rappelle mes propres cours de sport au lycée, tout détestés à l’époque. Puis à la fin, mon esprit s’échappe, je finis par compter les tours. Je ne sais pas pourquoi, j’aime bien compter.
Dur de ne pas chercher un indice qui pourrait nous donner l’heure ; un enfant qui part à l’école, le Tour Eiffel, va-t-elle s’allumer à 9h comme elle le fait le soir ? Mais non. Je vais reprendre le quotidien de ma vie après cette parenthèse, et je finirai en ayant une pensée pour mon père, comme d’habitude vous me direz.
Sur ce, belle journée ! »

Julie

Florence

« Tous les éléments étaient avec moi.
Les nuages qui se déplaçaient vers moi avec des formes d’animaux, de portraits, de personnages, pour au final découvrir le soleil orangé.
Le vent qui faisait bruisser les feuilles des arbres, par rafales vigoureuses mais douces.
D’autres couches de nuages plus clairs qui avaient décidé d’aller dans une autre direction.
La ville, les villes, immobiles, qui s’éclairent au fur et à mesure du spectacle.
On se sent petit par rapport au ciel et aux nuages.
On se sent grand par rapport aux personnes, aux arbres, aux feuilles sur la pelouse, aux poissons dans le bassin, aux chiens qui jouent.
Beaucoup de chiens qui jouent, jouent et jouent seuls, ou avec les compagnons humains.
Les humains qui trottent, marchent, trottinent, roulent, s’arrêtent et font parfois coucou s’ils lèvent les yeux…
Le vide et l’espace…
L’odeur du pin
Les bruits de l’extérieur et de l’intérieur.
Et le spectacle prend fin avec la boule orangée qui disparait ne laissant que des traces oranges dans le ciel et en reflet sur les bâtiments. »

Florence

Éric

« Difficile de tirer un écrit clair et direct de cette expérience puissante mais aussi très complexe. Je suis passé par mille états. Mais pour schématiser, disons que j’ai eu le sentiment d’être projeté par un élastique entre deux états très opposés. Le premier était presque psychédélique avec un sentiment de déréalisation et des quasi visions (un ovni, une femme qui lévite un quart de seconde). Le second était au contraire une forme aigüe d’hyper présence, j’étais LE veilleur, investi d’une mission puissante et donc d’un pouvoir puissant : celui d’embraser d’un seul regard toute la ville à la fois dans son écrasant gigantisme et dans sa parfaite humanité. »

Éric

Coline

« Sentir l’écriture d’un autre en caressant la page.
Ne pas avoir envie de mettre des mots.
Le plaisir de ne pas savoir ce qui restera, reviendra, regardera, se transformera, rencontrera, diffusera, etc…
Une heure seulement et tout de mouvements, intérieurs, extérieurs, sans bouger pourtant.
A un moment une goutte d’eau glisse sur la vitre. Mon regard l’attaque. Il glisse à son tour de côté et rencontre une larme de bois. Mon doigt va à la rencontre de la sève. Je tapote, je sens, je fais danser mes doigts.
Merci. »

Coline

Elsa

« Entre soleil et pleine lune…
Une expérience éminemment collective…
A l’aube redécouvrir l’autre, et soi-même essayer d’être meilleur que la veille. »

Elsa

Sarah

« Un petit goût de chocolat en bouche et un " bon voyage " pour commencer… Et quel voyage ! Six perruches, plus de six chiens, beaucoup d’humains… Petites histoires de vie rapprochées qui s’opposent aux bâtiments figés derrière la tranchée d’arbres. Seules quelques lumières comme témoins. Et la tour Eiffel, of course, pas encore illuminée.
Les gouttes d’eau se déposent une à une, le ciel s’éclaircit et le rouge orangé s’intensifie.
Cet homme qui reste à côté de l’arbre depuis (trop ?) longtemps. Ce chien fugueur. Ce bonnet jaune qui passe et repasse. Seuls les enfants lèvent la tête ; un coucou.
Je lève la tête ; seuls les nuages qui, tout doucement, voyagent. »

Sarah

Ricardo

« Ce matin pas de "veilleuse ou veilleur" ; c’est moi-même qui veille pour la 2e fois… Cette fois je profite pour fermer les yeux, méditer et écouter le périphérique ! »

Ricardo

Caroline

« Ballons, 1, 2, 3, 4, boules, balles, 5, 6, 7, 8, 9, corbeaux, 10, 11, 12, 13, 14, nuages, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, joggeurs, 24, 25, 26, 27, balles volantes, genoux, pieds, doudoune verte, 28, 29, 30, chute, mouchoir, terre, chiens, 24, 25, 26, euh… de l’autre côté, 50, 58, 1 min ? Lunette de soleil ? Le soleil tombe, moustiques, 1, 2, 3, 5, 6. Avions, 7, 8, 9, 10, 11. Toc, toc, toc.
PS : J’ai pensé aussi, est-ce qu’en 2031, par exemple, " veilleur " pourrait devenir un nouveau métier ? Un peu d’improductivité rémunérée pour préserver le monde ? »

Caroline

Sylvie

« Aujourd’hui magnifique lever de soleil orange qui a éclairé toute la ville. On ressent une grande quiétude dans cet espace, à l’écoute des bruits, du réveil et la ville. De ce poste d’observation on aurait envie de s’envoler et survoler la ville. »

Sylvie

Yann

« Un temps offert, contemplatif et doux. Face au brouhaha de la ville. La possibilité d’un regard vers le ciel.
Merci. »

Yann

Carmen

« Soleil, soleil, tu te lèves, tu m’élèves, tu colores tout, tu colores tout, autour de la Terre, tu te lèves, soleil, tu colores tout, de bleu, de rose, de jaune, de roux, tu colores tout, soleil qui se lèves, tu m’élèves, soleil qui se lève… la ville qui s’éveille, tu colores tout, la ville qui s’éveille, tu colores tout. »

Carmen

Gérard

« Ce qui m’a surtout marqué c’est le fait d’avoir une attitude active devant le coucher de soleil. Rester debout une heure n’est pas évident. C’est pourquoi j’ai fait mes respirations profondes pour que mon corps ne soit pas passif et qu’ainsi je puisse communier à cet immense univers où la lumière va laisser place à la nuit. Je suis heureux d’avoir eu ce moment où je suis seul dans un certain silence. »

Gérard

Diego

« Le brouillard et la condensation de l’eau sur la vitre sont venus m’accompagner ce matin. Ce sont les personnes qui courent, et celles qui se baladent avec leurs chiens qui apparaissent en premier, en bas. Un instant Blow Up d’Antonioni fait surface entre mes pensées. Brouillard et condensation sont les filtres qui tournent image en matière. Est-ce que le soleil s’est bien levé ? »

Diego

Malika

« Merci Joanne pour cette très belle expérience très forte en émotions, vivre ce moment précieux, autour de ce paysage, les bruits, la lumière magnifique.
Plein d’amour et de joie en sont ressorties. »

Malika

Adrien

« Quel parcours ! En une heure, le soleil, la terre, la ville a parcouru un long chemin. Plus le soleil se levait, plus la ville s’assombrissait, disparaissant derrière un épais brouillard. Sur quoi, sur qui ai-je veillé ? Surveillance, vigie, célébration, commémoration ? La réflexion se poursuit !
Un grand merci. »

Adrien

Adnan

« Il m’a fallu un peu de temps pour rassembler mon attention. J’en avais dispensé des fragments un peu partout avant cette veille. J’en avais un sur la montre, un sur mon futur ou encore un sur mon téléphone. Sans aucune de ces distractions j’ai donc commencé à voir de plus en plus clairement ce que j’avais autour de moi. J’ai compté les étages des bâtiments, regardé cet enfant jouer à cache-cache, suivi l’avancé du footing de ce coureur. J’ai veillé sur ce monde, et tout ce monde qui le compose. Et pendant ce temps le soleil suivait son inlassable tour, et arrivé à sa fin je m’étais oublié. Je n’étais plus la silhouette qui se reflétait dans la vitre, mais tout ce qu’il y avait par-delà. J’étais cette couleur orange qui se mêlait au bleu, j’étais ce ballon qui passait de l’un à l’autre, j’étais le bruit de ce vent dans la cime des arbres. Je veillais sur ce monde à m’en oublier. »

Adnan

Suzanne

« J’ai juste eu l’impression de me sentir bien vivante en observant, respirant, et ça a été une expérience assez formidable, et simple. D’abord le lever du soleil à l’horizon auquel j’avais oublié de m’attendre et tous les petits détails qui évoluent autour de nous, en nous aussi. J’ai pensé à une phrase qu’un artiste écrit sur les murs et autres parois à Montreuil (et peut-être ailleurs) : "Tu renaîtras à l’horizon". Voilà, je peux dire qu’on trouve espoirs et forces où on peut et que le Cycle des Veilleurs participe à une belle dynamique au-delà qui donc se nourrit de calme, paix et bienveillance, comme on dit. »

Suzanne

Anne

« L’impression d’être sur la proue d’un bateau. L’immensité de la ville comme océan. La rumeur de celle-ci comme bruit des vagues, du vent.
Un léger roulé. L’odeur du bois. Cap à l’ouest !
Nous étions trois pour ce beau voyage vers l’horizon aujourd’hui sans vagues - une coccinelle (qui se promenait sur la paroi), un être en devenir (dans mon ventre) et moi.
Merci. »

Anne

Suzy

« Beaucoup d’émotions, de sensations. Impression de suspension. Être "suspendue" dans cette tour et que le temps était suspendu. Pourtant ce soleil qui s’élevait marquait le temps mais ce n’est pas le même.
Plongée dans la lumière, la couleur. Cet orange sublime quand le soleil est encore très bas puis ce blanc, ce doré. Ce noir par contraste. Senti la chaleur du soleil sur mon visage, sur le corps. La voir sur le bois, la ressenti profondément. Expérience unique. De calme, sérénité.
Merci à tous ceux qui ont permis à quelques-uns de la vivre. »

Suzy

Elie

« Mouvement figé, éphémère et pérenne à la fois. Mélange d’apocalypse et d’espoir mélancolique. Un grand moment de lumière, un grand moment de vent. »

Elie

Françoise

« Mille pensées qui clignotent, le vent se charge d’en pousser les mauvaises. Comme chantait Barbara, "Le jour se lève encore". »

Françoise

Nicolas

« Finalement ça passe vite une heure. C’est tout juste assez pour faire un tour dans mes pensées, pour regarder un peu en arrière. Pour faire des plans sur la comète. Pour essayer de faire rentrer mon reflet dans celui du rectangle lumineux, aussi. Et puis pour tester la réverbération de l’abri en chantant fort. Le soleil a fini de glisser derrière les nuages. Sylvie toque à la porte. Merci pour ce moment. »

Nicolas

Luciana

« Du bonheur, c’est le premier mot qui me vient après ce moment de veille. La beauté du paysage et le temps qui passe étaient beaux. Les sensations et le bruit du vent, des oiseaux… puis cette éclaircie, un rayon de soleil d’une magnifique couleur orange vif m’a frappé. La relation au temps a été complètement différente et je dirais même assez bouleversante. En écrivant ces lignes, j’ai encore des frissons et je me sens émerveillée par les images que j’ai en tête. »

Luciana

Anaïs

« Je suis arrivée avec la pluie et une pointe d’angoisse. Je passe la porte et en ricochet le cadrant de la lumière artificielle, puis celui de la vitre et enfin celui du reflet de la lumière. A l’intérieur de celui-ci, l’horizon lisse laisse apparaître son double, un double de lumière qui se distingue malgré la pluie. Les gouttes ruissellent sur la vitre. Et sans vraiment ne comprendre comment ni pourquoi, je commence à avoir chaud. Je pose mes chaussures, puis mon écharpe et enfin mon pull. Je comprends alors que le soleil commence à prendre de plus en plus de place malgré la pluie et je commence à me sentir de plus en plus chez moi à poser mes affaires. La pluie cesse, le ciel se dégage. Je me laisse infuser par la lumière, la lumière entre moi et m’envahie. Je deviens la lumière. De l’autre côté le ciel bleu marine accueille un arc-en-ciel et rend grâce au vert fluorescent des perruches qui passent. Je me retourne à nouveau, le soleil prend toujours plus de place. Il s’infuse dans les nuages aussi. Deux nuages sont parallèles au-dessus de lui et moi je suis parallèle à lui jusqu’à ce qu’il disparaisse enfin sous la ligne d’horizon. La veille est finie. »

Anaïs

Hedia

« Extra…
Il est arrivé, tranquille, sûr de lui, magnifique
Pas un nuage pour lui faire de l’ombre.
Le ciel : BLEU…
Beau soleil, belle première… »

Hedia

Philippe

« J’ai rejoint l’objet-abri accompagné de Sylvie, sous une pluie fine et face à un soleil déjà à l’agonie. Quelques instants (secondes, minutes ?) plus tard, le temps que le ciel Montreuillois m’offre un magnifique arc en ciel, la tendance s’inversait et le spectacle commençait. Le soleil décroissant, la lumière habillait les immeubles parisiens tour à tour. Et moi, perdu dans mes pensées, je savourais le moment présent. Une chose rare. »

Philippe

Cécile

« Merci Joanne de m’avoir permis de vivre cette expérience unique où se sont mêlées à la fois des questions intimes et collectives. C’était magique d’observer le quotidien et cela me charge d’énergie positive de savoir que nous faisons tous et toutes parties de ce ballet collectif. Ce moment hors du temps je le garde précieusement et j’espère pouvoir y penser quand ce quotidien devient trop pesant. Merci le soleil qui nous permet de nous sentir tous et toutes à notre place au cœur du cycle de nos vies.
A Éden mon soleil et Izumi ma magique, et Matthieu ma source d’énergie. »

Cécile

Jehane

« J’y serais bien restée un peu plus longtemps dans cette boîte, ce rectangle. J’ai adoré voir bouger le monde, en bas dans l’herbe, le garçon apparait d’un coup. Puis la danse des nuages, des feuilles. Petit à petit les lumières de la ville qui apparaissent. Être spectateur de cette agitation de loin, de très loin. Personne ne sait que je suis là-haut dans mon perchoir et j’y suis bien. Le sens que d’autres avant moi ont habité ce lieu. Je me demande ce qu’ils ont vécu ici dans ce lieu avant moi.
Merci. »

Jehane

Eric

« Artisan du temps, celui qui le modèle, sans jamais l’attendre.
Artisan du temps, pour se perdre puis se retrouver ? Non sans idée de se retrouver sans intérêt.
Juste à modeler le temps. Dans son regard une matière à modeler. Sans attendre, ni patienter, sans prévision ni souvenir. Une matière à pétrir sans idée de la consommer.
Lui en face, m’en a parlé, sur son pin. Perché comme moi. Mais lui, sans être artisan, ni acteur. Lui il est lui. Avec ses ailes, son bec.
Alors artisan du temps, je l’intègre à mon métier ? Pour le regard, sans être moi, ni lui. Simplement là. A modeler le temps. »

Eric

Emmanuel

« Je me sens grand et insignifiant à regarder le béton. L’être humain a mangé la nature. À regarder les chiens courir, la tête entre leurs jambes et leur maîtres sérieux. Et pour le moment, notre étoile m’envoie de la chaleur et des vitamines B. Puis encadre l’horizon. Pour aller dormir. Regarder la lueur au loin et se dire que nous n’avons rien à envier aux fourmis et 1h ça passe vite dans un lieu où j’ai joué enfant, même fait du motocross. Tout a changé et loin très loin derrière. »

Emmanuel

Fanny

« S’arrêter un instant,
Pour respirer doucement.
Se parvenir de l’importance
De veiller sur les autres. »

Fanny

Paola

« Encore là et j’adore rester ici, c’est un endroit magnifique ! Chaque expérience, chaque couleur et la respiration sont une vraie équipe. »

Paola

Mark

« Turning, turning, turning. Maybe we should call it the hour of "turning away." We build the city, dense, too dense, not dense enough, and put a little band of nature around the edges of the city. I wonder how it would be to weave "ribbons" of nature through the city instead of on the borders. Was I the only one in Montreuil, or in Paris, who stood still for an hour watching the turning ? I wondered if I would see the " green flash " at the final moment of the sun’s disappearance, as I once did in Hawaii. Facing west, I thought about turning "backwards," away from the sun, while Maryland is experiencing the "middle" of the day. What if our rotation was 12 hours, or 48 hours, what would our life be like ? The clouds seemed to hold still, to turn with the earth. I was glad for the clouds, it would have been difficult to look towards the sun directly. I am pleased to have spent an hour this way. »

Mark

Daniele

« Le ronronnement du périph’ était assourdissant. Soudain le soleil levait, un petit bout, me prenant par surprise. Le ciel est balafré d’avions. Et là je pense à toi, mon amour à Beyrouth. De l’autre côté, Paris prend peu à peu la lumière. Les grues et les immeubles se mettent à dorer. Le soleil se détecte peu à peu. Montreuil devient un immense champ de feux de camp - les immeubles fument. Le Parc ressemble à un hippodrome à son tournant - des promeneurs se retrouvent, sympathisent avec leurs chiens. Des gens courent dans le stade. Soudain, l’impression de veiller sur la ville, mais aussi sur les gens. D’être un ange gardien. Je reviendrai pour le coucher de soleil, un jour, plutôt un soir. Ce sera une autre histoire… »

Daniele

Antoine

« Un moment hors du temps ! Une impression de retour en enfance lorsque je veillais dans les cabanes en bois que nous construisions avec mes amis. Une heure à observer le monde tourner et les gens vivre. À prendre soin des autres.
Merci ! »

Antoine

Pandora

« Ce matin, pas de couleurs chatoyantes dans le ciel. La pluie a doucement effacé la ville, bande d’immeubles par bande d’immeubles, enfouissant la tour Eiffel et gommant l’horizon. Il n’est resté qu’une bande d’arbres aux couleurs contrastées au bout de la longue pelouse. C’est là que les mouettes sont arrivées. Après tout, un peu plus loin à l’Ouest il y a l’océan. L’abri volant devient bateau flottant.
Et puis, doucement, la ville s’est reconstruite, à même que la marée nuageuse se retirait.
(...)
Il y a dans l’abri la même odeur du bois que dans la chambre à la montagne.
La vue est magnifique, l’automne aussi, merci pour ce moment. »

Pandora

Rebecca

« "Up on the melancholy hill
There’s a plastic tree
Are you here with me ?"

Des perruches, des pies, des moineaux, des insectes sur la paroi en verre de mon abri, des chiens de toutes les couleurs, noirs, marrons, blancs, des carpes.
Des enfants dans des poussettes, sur des vélos, dans des porte-bébés.
Des enfants qui lancent des frisbees à des chiens, des enfants qui jettent des brins d’herbe aux poissons.
Des copines discutent en marchant, des copains en courant.
Des footballeurs dans des tenues oranges, rouges, bleues tapent dans des ballons blancs, oranges, violets.
Mon accompagnatrice Caroline boit une tisane, un monsieur urine sous ma fenêtre.
Des promeneurs lèvent la tête, enfin.
Le soleil.

"Up on the melancholy hill
There’s a plastic tree
They are here with me !" »

Rebecca

Elisabeth

« Chouette expérience !
Plus le sentiment d’avoir contemplé que veillé.
J’aurais aimé que l’un de tous ces marcheurs, coureurs, promeneurs de chien lève les yeux vers moi et m’envoie un baiser en un coucou, mais non, toute transparente en haut de ma tour.
Le soleil s’est levé, grand et froid du matin. Vraiment une belle expérience. »

Elisabeth

Brigitte

« La seule chose que j’ai appréciée est de voir le parc, mon quartier et au-delà de si haut. Quant au soleil, il se lève et se couche sur cette planète tous les jours avec ou sans moi, et j’espère qu’il en sera ainsi le plus longtemps possible ! »

Brigitte

Malika

« J’ai eu la chance ce mois de Novembre d’avoir un magnifique lever du soleil, chant d’oiseaux sur Montreuil, une très belle expérience… »

Malika

Anne-Laure

« Lorsque je suis rentrée dans la pièce, l’accompagnatrice m’a souhaité " bon voyage ". Et c’est bien de cela dont il s’agit : un voyage. À la fois intérieur et extérieur. De notre tour, on se sent connecté au monde, à cette ville mégapole. J’ai essayé de reconnaître mes lieux familiers : la mairie de Montreuil, les tours, mon quartier. Et puis, plus loin, cette Tour Eiffel et Paris qui s’étend comme un océan… Il y a le chant des sirènes, permanent, et, avec un peu d’imagination, le roulis du périph, sur lesquels se pose des gazouillis d’oiseaux… Il y a, dans les tours de La Noue, des vies qui se trament et j’ai essayé de les deviner derrière les vitres.
(...)
Il y a toujours quelque chose de magique dans les couchers de soleil : comme le sentiment d’une journée accomplie et une révérence du monde. Et puis il y a ces trainés d’avion qui strient le ciel et s’intercroisent : où vont-ils ?
J’ai regardé les arbres respirer, et la lumière changer. J’adore quand la lumière éclaire ma peau, me chauffe les joues et fait comme des étoiles derrière mes yeux. Quand, grâce au soleil, le monde, notre onde se pare d’orange… j’ai ressenti beaucoup de grâce et de plénitude, j’ai fait les 100 pas, je me suis mise en statue de méditation… et j’ai respiré.
Et voilà ce que nous manque : des pauses, des respirations, des observations avisées du monde toujours changeant, pour regarder de plus près à l’intérieur et à l’extérieur de soi, et écouter le bruit du monde. Je me sens pleine de poésie, de morceaux de soleil, aussi.
Merci. »

Anne-Laure

Céline

« Un moment de méditation paisible qui m’a semblé trop court. Les pensées fusent mais le soleil reste. Merci pour ce beau moment plein de sérénité, et de douceur.
(...)
Une pensée particulière pour toutes les personnes présentes sur le stade qui s’entrainent au petit matin, je vous ai accompagné comme je l’ai pu. Une pensée pour tous les veilleurs. Merci pour ce beau moment de quiétude et pour ce si beau projet. »

Céline

Charlotte

« Spontanément je regarde au loin à la recherche de lieux que je connais, j’ai même cherché un temps mon immeuble mais les parois en bois de l’installation limitent la vue dans deux directions et ce n’est pas vers chez moi.

Mais qu’est-ce que la ville de jour semble endormie quand on la regarde de loin ! A part la fumée qui sort des cheminées rien ne bouge. Je me dis que la veille va être longue… et puis je rapproche mon regard juste en dessous de moi. Aujourd’hui c’est mercredi, il fait beau, il y a du monde au parc et tant de choses à veiller. J’ai assisté à un combat sur table entre deux jeunes. Au début j’ai pensé qu’ils se battaient mais non juste un jeu, celui qui arrive à faire tomber l’autre de la table gagne. Enfin c’est ce que je comprends de loin. Victoire 3 à 1 pour le blouson bleu.

Des enfants, des jeunes, des vieux, des ballons, des chiens, l’automne qui s’installe… la vie c’est au plus près qu’on l’observe et en prenant son temps. »

Charlotte

Marie

« Bonheur de sortir de l’ordinaire pour traverser la ville endormie un jour férié. Le brouillard entoure encore les tours, les pavillons et les arbres du parc. Découverte de cet espace suspendu. Je suis seule sans ma montre, sans repère. Les vitres sont encore embuées et je suis face à moi-même. Je n’ai pas d’idées sur ce que je vais vivre mais n’éprouve pas d’appréhension. Mon corps s’adapte et mes pensées sont calmes. Je contemple sans attente le jour qui va se lever. Le brouillard est très dense et l’activité se devine plus que ce qu’elle ne se laisse voir.
Je suis présente à moi-même, calme et le temps défile sans que l’ennui se manifeste. Je ne savais pas que je saurai rester ainsi.
Merci. »

Marie

Catherine

« Émotions et gratitude. Devant la ville que je sais être Paris mais qui pourrait être n’importe quelle autre ville. Seule la silhouette, frêle silhouette de la Tour Eiffel donne une indication. L’espace sent bon le bois, il y fait chaud et derrière mes lunettes de soleil j’ai évité la chaleur et la clarté des rayons.
Ouverture sur la ville et ouverture sur le monde. Ici la paix et la sérénité.
Ailleurs… ? J’ai beaucoup pensé à tous qui ont vu aujourd’hui le soleil se coucher. Moi j’ai trouvé celui-ci aussi beau voire plus beau que ceux que je connais si bien sur l’Océan Atlantique.
Sentiment très fort d’universalité avec les cris des enfants qui jouent en contrebas… et le soleil qui tombe derrière les collines de brume, d’immeubles… Dans un lavis de gris, ourlé de rose orangé. Moment inoubliable. Merci infiniment. »

Catherine

Roméo

« Je ne pensais pas que cela allait me plaire autant, à la base je ne voulais le faire que pour voir la ville se lever (et un peu pour rater l’école) mais en le faisant je me suis rendu compte que c’était plus que cela. J’ai aussi compté les passants et les chiens (et 2 personnes sur 10 avaient un chien). La pièce était magnifique et simple à la fois. Je pensais aussi que rester debout allait être plus compliqué. »

Roméo

Patrick

« L’odeur du bois me pénètre, cette cabane faite des arbres à mes pieds, ce tronc de bouleau couleur neige et puis plus loin, noyer dans la brume et les particules un lit de béton. Et du coup ma pensée, baignée par la lumière du soleil couchant, s’éloigne et va vers Grenade, Cordoue, puis par le désert saharien se retrouve à Chinguetti, cette ancienne perle du désert, aux livres ancestraux. La nuit tombe et le ciel s’illumine d’une multitude d’étoiles. Je suis vraiment dans le désert au milieu de l’univers. »

Patrick

Clarisse

« 29 joggeurs, 36 marcheurs, 2 chiens, 3 vélos, 6 footballeurs, 19 automobiles, 6 enfants. Je n’étais pas seule dans la maison. Avec moi un moustique vraisemblablement fatigué et une petite araignée. Elle a grimpé le long de la vitre et s’est arrêtée un long instant à la hauteur de mes yeux avant de reprendre son ascension. Pendant cet instant, c’est fou, elle et moi avons regardé la même chose. Mais elle, qu’a-t-elle vu ? Moi dans l’obscurité qui disparait j’ai vu des fenêtres faiblement éclairées de lumignons, comme autant de sites à histoires empilés les unes sur les autres et qui ne demandent qu’à être ouvertes. »

Clarisse

Lisa

« Je me suis sentie seule dans l’abri, mais je ne l’étais pas. J’ai eu des spectateurs : des personnes, des chiens, des oiseaux, qui m’ont accompagnés pendant la veille. À la fin de l’heure je me suis sentie comme faisant partie de l’architecture de la Maison du parc. »

Lisa

Myrto

« Une heure à moi dans une pièce à soi… Un moment hors du temps à ne rien faire d’autre que regarder les oiseaux entrer et sortir du reflet du cadre lumineux. Seule sans sollicitations, un vrai luxe. »

Myrto

Florence

« Un moment à soi, une heure à soi sans notion du temps, sans musique, sans téléphone… juste la vie qui nous entoure. Percevoir le vent dans les feuilles, le vent qui souffle, les cris des enfants qui jouent dans le parc… le soleil qui se couche peu à peu. Un moment qui a mis à vide épreuve mon impatience qui a suspendu le temps d’une heure la course effrénée de la vie. Une expérience intéressante, à revivre… »

Florence

Amina

« Merci pour cette opportunité. C’est un haut lieu d’observation, de méditation, et de représentation. On m’a dit de donner mes impressions à chaud, mais j’ai passé l’heure précédente à réagir sur ce que je pouvais voir. Ce fut une heure passée très rapidement, plus rapidement que je ne pensais, plus mélancoliquement aussi, aidée par les couleurs, le brouillard de l’automne probablement. »

Amina

Marie-Eve

« Merci pour cette expérience où le temps était à l’arrêt. Brouillard. Plus ou moins épais. Lumières scintillantes. L’heure du chocolat chaud. Bouché. Froid. Épais. »

Marie-Eve

Marie

« 6 h, réveil. Je me prépare, à pas de loup, dans le silence d’une maison où les enfants dorment. C’est le clame, le silence des rêves.
6 h 45, j’enfourche mon vélo, lampe frontale allumée, du reggae dans les oreilles. Et je pédale dans la nuit, la brume. Je monte, je pédale, je monte et me rapproche.
7 h 31, j’y suis, au pied de cet abri. Il est éclairé. Lumière au milieu de cette ville encore endormie. Je rencontre Céline, mon accompagnatrice, mon guide.
8 h 01, je rejoins ce lieu pour me fondre, autant que je peux, dans le ciel gris. Ici aussi, c’est le calme, le silence des rêves. »

Marie

Aimée

« J’ai cherché le connu dans l’inconnu. J’ai trouvé sans trouver. J’ai eu l’impression d’attendre comme on attend Godot. Puis j’ai pensé à toutes celles et ceux qui attendent, vraiment. »

Aimée

Hugo

« Matin brumeux. L’entrée dans l’abri dévoile une constellation de lumières qui percent la grisaille. Les grues sont comme des guirlandes qui décorent l’horizon. Les oiseaux cherchent à couvrir le bruit incessant du périphérique, ou l’inverse peut être. Je m’intéresse d’abord à ce qui se passe au loin. Puis petit à petit je suis revenu autour de moi. Plein de vie, de couleurs, de rythmes et de bruits. Des mouettes, un nid de pie, des chiens, des enfants en pleine course d’orientation, des poissons, et ce bruit incessant des voitures, des souffleurs de feuilles, du sifflet qui remonte du stade, des klaxons. Presque comme si deux mondes entraient en collision. Je n’entends pas vraiment ce qui je vois mais j’entends ce que je ne vois pas. »

Hugo

Pauline

« La vieille joue avec son mini chien. Le grand gaillard avec son gros chien, les gamins qui cassent des trucs. La vieille dame qui réprimande. Les nuages et le ciel de Mickaël Ange. Les poissons rouges, la dalle de la Noue, les habitants de la Noue. Le monsieur qui me regarde et ses bulldogs. Les acouphènes. Les cris des enfants. Les matchs de foot. L’équilibre dans le corps. Le patin que je suis, un filme tient. Les fumées d’Ivry. Notre belle dame de fer. Les rayons du soleil dans les nuages, dans les tours, sur mon visage. Le papa et sa petite fille qui jouent. Mon Gustave à la maison. (...) Mon amoureux qui s’occupe de lui. Le lâcher prise doucement dans chaque partie du corps. Le bassin qui se redécouvre. Les hanches qui craquent. Les genoux qui vacillent. Le dos qui fatigue. Le poids du corps si lourd. Les arbres jaunes. Les arbres verts. Les arbres à demi-nus. Mon corps/ ma fatigue. L’idée obsédante, inintéressante. La perte du temps. Le laisser aller. La rejeter, l’éjecter, la laisser tomber. Créer de la place pour l’avenir. Faire place au futur. Être le futur, se retrouver, créer, peindre, danser. Les larmes. La morve et le manque de mouchoir. Avancer, se détendre, se nourrir du soleil. Le soleil danse et chancelle. Revenir à soi.
Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer.
Le soleil disparaît – disparition – extinction – Je suis extenuée. »

Pauline

Maïa

« Les premières minutes ont été vaguement décevantes en constatant que mon côté préféré était entièrement flouté par la buée…
Le temps de trouver la bonne place et la bonne posture et que le regard s’installe enfin par la lumière du soleil longtemps caché par une longue grise de nuage. La lumière passe de doré à l’argenté, dès que l’on tourne le regard cela change, elle devient rose puis bleue ou l’inverse je ne sais plus. Cela change continuellement de façon très douce presque imperceptible. A force de fixer la lumière, on ne sait plus si ce sont nos yeux qui créent cette image d’un disque blanc qui rayonne ou si c’est la réalité – nécessité de fermer les yeux aussi parfois mais chaque fois on y revient on est capté jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de regarder le soleil en face et alors on découvre toute la vie sous nos pieds ; les classes qui arrivent au stade, les promeneurs de chiens, les personnes qui se croisent. Et de l’autre côté l’image fantôme se libère enfin. »

Maïa

Gilles

« J’ai veillé. »

Gilles

Annabelle

« Au début, on cherche ce qui bouge, ce qui pourrait attirer notre attention : les pies sur le gazon, les joggeurs qui courent sur le stade… La ville à regarder comme ça et avec tous ses bâtiments parait si ennuyante. Comme si personne l’habitait, comme s’il ne s’y passait rien. Et puis le temps passe et on ne cherche plus que l’immobilité. On s’étonne à ne s’arrêter que sur l’inerte et à ne plus bouger. Puis on ferme les yeux pour avoir encore plus de calme. »

Annabelle

Leila

« Petite angoisse à l’entrée où je me suis sentie enfermée dans cet espace restreint et je m’y suis adaptée très vite avec un sentiment d’agoraphobie au lieu, à l’espace et là, j’ai découvert le temps à l’intérieur du lieu qui a toqué à mon intérieur. Mon espace ultime avec la rencontre de l’abstrait que j’attendais avec impatience. L’univers du temps de l’instant, de la seconde, de la minute puis de l’heure pour enfin écouter les battements de mon cœur, un cœur à l’instant épanoui. »

Leila

Vincent

Dans la brume matinale, une femme relativement âgée, cheveux gris, ramasse des feuilles mortes. Elle les choisit soigneusement, en fonction de leur couleur semble-t-il (les plus jaunes) et de leur taille. Puis elle les dispose sur l’herbe verte. Elle dessine un cœur jaune dont elle garnira le centre de petites feuilles marrons. Elle prend soin de le photographier plusieurs fois, selon plusieurs angles. Puis elle écrit un (ou des ?) mot(s) en feuilles, à côté du cœur. La distance et l’angle de vue ne me permettent pas de lire ce mot (un nom ?). Quelques photos plus tard, elle balaye le mot, ramasse les grandes feuilles pour s’en faire un bouquet, détruisant ce qu’elle avait construit minutieusement, et s’éloigne vers Bagnolet. Je la vois finalement passer sous mon promontoire et se diriger vers l’est. Il était 8h50 à vue de nez. La brume ne se dissipe finalement pas et les tours du XIIIème resteront laiteuses.

Marianne

« N’étant pas spécialement patiente, contemplative, ni rêveuse, j’avoue avoir eu quelques appréhensions. Aussi je suis légèrement claustrophobe et il m’arrive d’avoir le vertige. Pour autant, cette expérience ne s’est pas révélée négative. J’ai eu l’occasion de suivre – ce que je ne fais jamais – un merveilleux match de foot anarchique de 4 préadolescents. Aussi, j’ai été amusée de voir que ces jeunes n’ont absolument pas fait attention à moi, alors que tous les adultes qui sont passés par là m’ont observée, l’air intrigué. Au départ, je fuyais leurs regards, mal à l’aise. Finalement, j’ai brisé la glace par moment en les saluant de la main (ce à quoi on m’a toujours répondu). J’ai commencé à être assez à l’aise pour observer les gens qui pouvaient – sans pour autant leur prêter une réelle attention, lorsque je me suis mise à chanter. L’acoustique de ce petit phare était très agréable et m’a aidé à me libérer du regard d’autrui, qui a généralement tendance à m’oppresser. Aussi, elle m’a fait oublier le temps qui passe. »

Marianne

Édith

« Bon jour !
Prendre de la distance, et de la hauteur ;
Regarder le monde, l’écouter, le sentir vibrer…
Se reconnecter avec soi-même et en même temps aux autres, les imaginer, avoir une pensée pour eux…
Sentir qu’on fait partie d’un tout,
Espérer,
Construire un monde meilleur avec plus d’écoute et de respect ;
Merci à Sylvie pour son accueil
Merci pour ce dispositif
On aimerait pouvoir revenir plus souvent
À très vite ! »

Édith

Beth

« Floating high above
In a white rectangle
Foreshortened people below with
Running legs, dogs, balls, children

Above,
Brushing clouds
Blue grey, white grey, grey grey, gold grey
Me,
Floating,
In a white rectangle
Dé-ma-térialisation. »

Beth

Benoit

« Lors de ce moment hors du temps,
J’ai pensé à mes ancêtres,
Surtout à mon grand-père maternel. »

Benoit

Lydie

« C’est le soleil qui veille sur nous ! »

Lydie

Claire

« Je ne sais pas trop quoi écrire, même si au final j’y ai pensé pendant une heure. J’ai plus pensé au soleil et à la lune. »

Claire

Barbara

« Un ciel bleu éclatant, un soleil flamboyant, des images magnifiques, la frustration de ne pouvoir les immortaliser avec un appareil et finalement ouvrir encore plus grands les yeux pour les imprimer en soi. C’était beau. »

Barbara

Céline

« Brouillard sur la ville, buée sur la vitre.
Guetter le lever du soleil à travers les gouttes d’eau.
1heure qui en a paru moins.
Un agréable moment à veiller sur ville ce matin de novembre. »

Céline

Corinne

« Une longue pause méditative basée sur l’observation de la vie et rythmée pour la trajectoire du soleil. La vie s’éteint peu à peu et les lumières s’allument. »

Corinne

José

« Accueilli par la lune et Céline, veilleuse d’hier. Je me suis donc retrouvé dans cette cabine aux senteurs de bois à baies ouvertes d’est au ouest.
Première vision une corneille volant devant la Tour de la Noue puis des mouettes, des pigeons… La vue dégagée le soleil est sorti de derrière le nuage d’horizon que vers 8h30 certainement.
(...)
Quelques allers-retours permettent de penser à tous ceux qui me sont chers, des parents disparus bien entendu Myriam, la fille courageuse et son vécu à Montpellier ses joies et ses difficultés. Puis tous les membres de la famille sont successivement dans mes pensées.
Le soleil devient difficile à fixer, l’horizon change. Des sportifs évoluent sur le stade, des chiens jouent. Un petit garçon et son papa sur la pelouse ouest me voient veiller et me saluent… Les seuls humains à communiquer de cette heure de veille… Mes compagnons de lutte contre le chômage et de développement local viennent à leur tour dans mes pensées puis mes amis randonneurs ou de chorale… Je me sens bien – quelques allers-retours dans un premier temps … un peu plus nombreux vers la fin… une heure passant vite… mais un peu moins vite le dernier quart d’heure… et enfin l’ouverture de la porte par Céline. Photo. Café. La veille est faite… la veille est fête… vive la veille, vive la fête. »

José

Bruno

« Cette heure est passé vite. L’observation mène à l’imagination. Mon œil est attiré par le mouvement, je fixe un endroit mais dès qu’il y a du mouvement je regarde. Je regarde la ville mais surtout les hommes, les gens. Ceux qui courent autour du stade, côté Bagnolet, 3 personnes font leur footing, 2 qui ont l’habitude, une autre, qui par sa gestuelle et son rythme est plus dans la souffrance. Et c’est cette personne qui retient mon attention, je me demande pourquoi elle court ? Quand est-ce qu’elle a commencé, combien de temps elle va tenir. En même temps un fils joue au foot avec son père. Le fils célèbre son but comme s’il avait gagné, avec les enfants tout est une aventure. Je me demande si c’est le père qui a voulu venir là avec son fils ou l’inverse. Peu importe en fait. Je retourne du côté Paris. Un type promène deux chiens, des bouledogues français. Un gris et un noir, et le type a un manteau noir et un pantalon gris. Je me demande qui est assortit à qui ? Est-ce que chez lui tout est noir et gris ?
C’est marrant quand on est du côté Paris, on est tout proche du vide et pourtant aucun vertige, aucune sensation de là je peux tomber. Je retourne du côté Bagnolet et la personne court toujours, on sent qu’elle galère et qu’elle tient. Pourquoi c’est elle spécialement qui retient mon attention ? Est-ce que je me projette en elle ? Du côté Paris, les premières lumières se sont allumées, est-ce qu’elles l’étaient déjà, avant que je ne prenne place ? Je ne crois pas, je ne sais pas. Enfin bref, beaucoup de questions, beaucoup de projections et on raconte que l’observateur et l’observé ne font qu’un. J’aime observer car on se sent détaché mais en fait on fait partie de.
Cette heure est passée vite. »

Bruno

Pascale

« Je suis Pascale et j’ai veillé sur vous ce vendredi matin, 26 novembre.
L’heure durant, vous avez tourné sur la piste d’athlétisme sans vous douter du miracle qui se produisait…
L’heure durant, chiens et maîtres se sont rencontrés sans se douter de ce même miracle…
Mouettes pies perruches moineaux savaient… que le soleil se levait, s’arrachait de l’horizon, rouge orangé jaune, puis d’un blanc aveuglant une heure plus tard.
Entre temps je jouais à inscrire mon corps, sa silhouette, dans le cadre lumineux qui flottait sur la ville, s’effilochant à mesure qui se levait le soleil.
Je jouais, je vous écrivais, je marchais, je veillais sur vous. »

Pascale

Mariane

« Je suis là, heureuse de participer sans rien avoir à faire, juste être là.
Ravie de savoir qu’on peut compter sur moi.
J’ai veillé et je suis fière. »

Mariane

Delphine

« Le nez collé au carreau, je laisse mes cheveux dévorer la carte postale de néon. Je passe au panoramique. Les bruits de la ville sont présents mais je choisi ceux des oiseaux, des gouttes d’eau sur la vitre qui se courent après. Une pie. Malgré l’étendue de civilisation mon regard revient toujours sur les arbres. On dirait qu’ils veillent avec moi à ce que la ville ne déborde pas. Une bande de mouettes…
Deux promeneurs lèvent le regard. Je ne résiste pas, les salue. J’ai cru voir une perruche ?!! 2, 3 ! Petits traits de stabilo fluo dans les couleurs d’automne. Mon perchoir craque. La brume monte et descend des tours. Il faudrait quand même aller voir de l’autre côté ? La pluie se change en neige fondue. Une idée me vient : si Lisa m’oublie, je resterais bien jusqu’à midi ! Deux corneilles, tous ces oiseaux, tous DES oiseaux comme dit Wajdi. C’est déjà terminé. Je reviendrai en pensée, à cette balade en forêt, veiller sur le béton… »

Delphine

Xavier

« Belle expérience, j’ai chanté dans la chaleur des bois, face à la ville et au ciel venu de l’ouest.
Un cheveu frisé de la veilleuse du matin m’a intrigué.
Et j’ai écouté l’autoroute, les enfants dans le parc, la musique en fond, et les lumières de la ville s’allumer.
C’était bien.
Merci pour cette expérience ! »

Xavier

Gisèle

« Prendre de la hauteur et s’approprier la ville, prendre le temps. L’anneau rose sur fond vert, des humains qui courent… Et puis le bruit des voitures incessant, très présent, lancinant, entêtant. Marches, quelques pas, sortir du cadre, puis à nouveau rentrer dans le cadre ? Contempler le ciel qui avance, les nuages chargés de pluie, et tout ce dégradé de gris, de bleu gris ou de gris bleu, la lumière qui tente une percée. Et toujours le bruit des voitures, là, le vent qui s’engouffre et qui n’arrive pas à le chasser. Be strong ! Quelques oiseaux qui passent et le vent qui siffle une chanson. Se réapproprier la ville, une évidence. »

Gisèle

Charlotte

« J’ai essayé de « bien » veiller sur la ville… Mais j’étais très attirée par le soleil qui se couchait ! Un agréable moment… j’ai tenté de me concentrer sur les bruits (les enfants et joueurs de foot du parc !), l’odeur (le bois de la cabane) et la magnifique vue sur Paris et cie. J’étais forcément rattrapée par mes pensées… Une grande chance d’avoir pu profiter d’une météo arrangeante, après une après-midi pluvieuse et couverte. »

Charlotte

Anaïs

« La traversée du parc, avant d’arriver, un voyage avant la veille.
Puis la veille.
Le ciel comme la surface de l’eau, la mer. La veille comme les fonds marins. Les nuages dansent dans le ciel. Quelques joggeurs s’exercent, des chiens courent sur l’herbe fraiche. L’immensité et le reste. Tous ces habitant·e·s. Toutes ces vies. Le bruit des ambulances. Une machine à côté de l’abri. Du côté de la banlieue, le soleil vient me tenir compagnie en montrant son visage.
Les petites fumées des habitations deviennent argentées, grises, blanches. On dirait des fils qui se laissent emporter par le vent, morceaux d’écume ou petites méduses qui se réveillent.
Plusieurs fois, très souvent, j’ai pensé à eux. Où sont-ils ?
J’espère qu’ils m’ont sentie. Je les aime tant.
Un temps suspendu, en compagnie du ciel, traversé par un cadre lumineux. Une veille. »

Anaïs

Marie Ange

« Seule au bord de la falaise de gypse nuisible, recouverte par l’herbe. Devant la ville c’est d’abord l’aveuglement et la rassurante odeur de bois frais de la tour de garde. Ce lundi 29 novembre, il fait froid mais le soleil tape, cogne. Son disque est encore haut dans le ciel. En bas la bille à contre-jour est un peu confuse, ponctuée par le fin stylet de la Tour Eiffel et les autres tours plus récentes, plus mastocs.
(...)
Quand le disque du soleil disparait et se fond dans le ciel embrasé, l’aveuglement disparait. Tout devient un instant clair et doux. La ville se dessine plus finement, des lumières apparaissent ça et là. Les nuages sont partis, je suis au bord de la ville-mer apaisée. Il est temps de partir éveillée. »

Marie Ange

Anne-Lise

« Une sensation à la fois de pesanteur et de légèreté. De fragilité – la bienveillance prévoit un sens dans le fait d’éprouver de (bien) veiller sur les autres, le monde, les endormis, les réveillés, les joggeurs, les chiens, les corneilles, les perruches, les mouettes… Dans la ville se trouve aussi une sorte de avec, d’être là, de prendre dans les bras, de toucher, du care et d’une vulnérabilité partagée. Le temps a figé ou s’est arrêté. J’ai aimé avoir un temps pour penser, penser. Je me suis sentie chez moi. Merci. »

Anne-Lise

Antoinette

« La nuit n’est pas encore là. Les lumières de la ville s’allument un peu et je me demande si quelqu’un, quelqu’une regarde aussi depuis ses fenêtres qui me dominent. C’est tout tranquille. La vue est contrainte par un faisceau lumineux qui dessine un cadre dans le cadre. Au fait, j’ai eu envie de chanter, et le temps est passé comme une lettre à la poste, pas le temps d’y penser vraiment et c’est fini. »

Antoinette

Camille

« J’ai vu tous ceux qui n’étaient pas là jusqu’à ce que scintille un chalumeau au loin sur un immeuble en chantier et puis alors ont surgi tous ces humains, animaux de cette autre jungle. Et même pas peur ?! »

Camille

Caroline

« Un halo de lumière plonge la ville dans la douceur du soir, pour venir bercer ceux qui le voudraient ? Mais les habitants de la ville le savent-ils ? Connaissent-ils le ballet des nuages, de la pluie et du soleil – qui dansent, vont et viennent pour endormir les habitants de la ville ? »

Caroline

Alice

« Des foulées sur le sol encore trempé, des oiseaux voleter entre les âmes et les fumées. J’ai vu un dégradé d’ocre à l’horizon. Des bruits de grues, de pies et des marteaux-piqueurs, j’entends la ville s’élever. Je vois le soleil se lever, je me sens bien, comme une statue centrale et invisible, seule et avec tout le monde. »

Alice

Danielle

« Le paysage se divisait en deux. D’un côté, Paris faisait son spectacle avec le soleil en mode féerie des lumières. Des décors à couper le souffle.
De l’autre, le stade, les gens à l’effort. Des gradins en pierres anguleuses. Un spectacle réaliste en noir et blanc. Et puis, le ciel s’est embrasé. Déjà, des petites lumières apparaissent et donnaient un aspect de douceur. Bientôt, les deux paysages se ressemblent et se rassemblent. »

Danielle

Christophe

« J’ai toujours aimé l’aube. D’aussi loin que je me souvienne, ce moment particulier me touche, me « transporte ».
L’aube est une frontière que nous traversons chaque jour – à moins que ce ne soit elle qui nous traverse ? C’est le moment du présent, qui est lui aussi une frontière entre le passé et ses abimes insondables et le futur infini, hypothétique, potentiel. L’aube « est ».
Comme une invitation à être dans le présent, dans l’instant présent, l’aube nous accueille autant que nous l’accueillons. Moment de transition, où les corneilles crient et s’agitent, où ce sont les chiens qui promènent leur maître encore somnolent, où s’anime lentement très lentement, la ville et son brouhaha lointain.
Je déteste dormir dans une pièce obscure. Ces chambres d’hôtels et leurs doubles rideaux épais sont un cauchemar que je chasse tout de suite en poussant la lourde toile sur le côté. Sentir la nuit, c’est pouvoir avoir la chance de sentir l’aube à son réveil. Quoi de plus beau pour se réveiller le matin ?
Merci pour ce beau moment. »

Christophe

Alexandre

« Une heure déjà ?! Au bout de quelques minutes, je me suis dit : « ça va être interminable, 1 heure debout, avec aucune autre interaction que sensitive ». Et voilà la porte qui s’ouvre, toc-toc – c’est fini. Je perçois comme un luxe l’idée de ne pas être accroché au temps, de perdre tout repère temporel, même pendant une simple heure. Pourquoi un luxe ? Car ce n’est plus la mécanique mathématique qui habille l’instant mais bien la rythmique sensitive, sans emprise. Parfois c’est l’esprit qui se balade et le regard se fige, se fixe sur un point. Parfois c’est l’inverse. La respiration se marie au contraire avec le bruit environnant. Étrangement, dans cette petite boite en bois, on se sent libre. Un esprit qui flotte, passif, mais qui reçoit tellement.
Je n’ai pas vu de coucher de soleil. Le temps était très gris mais pour autant je ne changerais rien à ce moment. L’arrivée progressive des lumières de la ville, le bruit du vent, le calme qui ne dort jamais.
Merci beaucoup ! »

Alexandre

Emeline

« Le samedi 4 décembre 2021, début d’un nouveau cycle, d’une nouvelle page et peut être la fin d’un autre. C’est demain comme je l’imaginais en montant ici, par cette pause d’une heure, hors du temps mais dans la ville, dans la vie. C’est en réalité une belle continuité, la vie qui va, le jour qui se lève, la journée qui vient, et ces êtres qui arrivent et se relaient. Ce cycle qui se poursuit, à l’image des veilleurs qui se succèdent. Prends ton temps, savoure, jouis, souris, apprécie, vis, voilà ce que j’ai envie de transmettre à mes enfants, à mes amours, aux personnes que j’aime. Voilà ce que j’ai envie de partager avec eux : du temps, des rires et des émotions, des émerveillements et des interrogations ; des étonnements et des envies ; des projets et de l’énergie.
Merci à toutes celles et ceux qui m’ont permis d’être là, d’être si présente à la vie, ce matin. Une multitude de visages défilent. L’une de ces personnes m’a un jour mise au monde. Quel magnifique cadeau que de donner la vie, quelle chance inouïe qu’est celle d’être en vie, et de pouvoir poursuivre, continuer, prolonger ce cycle à l’infini.
Le bonheur, la joie d’avoir été là, d’être là, et de transmettre. »

Emeline

Élodie

« Un cadre. Un horizon, une ligne de feuille traversant comme un méridien. L’horizon autour de moi – tout autour, même dans mon dos. À portée de main. D’un coup, tout le ciel m’apparaît et au-delà de lui, l’univers. Grande masse, petit point. Le ciel jaune comme un décor mais aussi comme un infini dans lequel nous sommes. Les oiseaux ont leurs vols propres, les corbeaux par deux, des perruches volent par plus grands groupes, des petits oiseaux volent isolés. Eux ne sont pas contraints comme nous à la surface. Je regarde vers le bas et croise le regard d’une famille. Nous nous sourions, nous faisons l’humanité.
L’horizon s’offre à portée de nous, c’est bien un signe malgré les quelques espèces que l’on perçoit au loin. Une ligne autour de moi. Retrouver cette dimension-là est précieux. Le soleil a disparu derrière la masse des nuages et je fais des hypothèses sur sa position. Je caresse les indices colorés dans le ciel.
J’embrasse la ville, je pose sur elle un regard bienveillant et maternel. C’est possible. Et la ville en moi, comme la forêt en moi change. Elle devient mienne sans possession. Elle est portée dans un regard et existe dans mon regard. Elle-même pose des hypothèses sur la quantité de lumière restante. Elle aussi, non plus, ne veut pas que le soleil se couche mais s’allume, s’éclaire, essaie des tentatives lumineuses. Le passage. La ville, l’horizon, l’axe qui me traverse et l’horizon qui m’entoure. Le ciel au-dessus qui s’offre à moi. Demain je le regarderai d’en bas. »

Élodie

Amandine

« Les sens sont en éveil. La découverte du lieu, l’odeur du bois. Le bruit environnant, mes pas, la pluie qui tombe, le ? qui passe sous nos pieds. Le calme, le silence intérieur et en même temps les questions qui s’agitent dans ma tête. La surprise de ne voir un panorama. Je m’adapte à ce changement de perspective. (...) Plus je suis proche de cette vitre, moins je vois. Je m’éloigne pour que l’horizon s’ouvre enfin. Je suis tellement omnibulée par ces changements d’optique que j’en oublie presque le lever du soleil. Je le vois finalement au loin de l’autre côté. Le soleil embrumé veille sur ces joueurs de foot. Cette lumière orangée forme une ligne, en fond de ces ombres de buildings. Je pense à la nature, à l’homme et que nous sommes bien peu de choses face à tous ces éléments qui s’agitent autour de moi. J’entends quelques oiseaux, vois des corbeaux noirs fondre dans cette pelouse vert foncé, humide. J’observe le monde au travers des minuscules gouttes d’eau qui se collent sur cette vitre. J’accole mon front et j’ai envie de pousser ces murs de bois pour créer une ouverture. Ces gouttes d’eau qui pleurent et qui s’effacent. Cette buée que je crée disparait en un instant.
Les bâillements commencent à arriver et je me sens dans cet abri comme dans un refuge. Le ciel se dégage et continue d’être en mouvement. Moi, j’observe le passage.
À la sortie de cette veille, bien qu’au contact des éléments, je me sens soudainement réveillée, comme si je venais de sortir d’un long sommeil. Je sors du cadre. L’infini horizon, le bruit m’assourdi, le vent violent me secoue. Je suis dans l’immensément grand. Je suis chanceuse. »

Amandine

Amélie

« Veille imprévue, veille pluvieuse, veille avec un soleil couchant, veille nuageuse, veille paradoxale… »

Amélie

Sari

« Quand je suis partie de chez moi, il faisait nuit encore, j’ai traversé le Parc des Guilands et je suis montée en haut de la maison du Parc – et il faisait jour déjà ! Mais le soleil n’était pas encore levé… Le ciel était très nuageux et sombre dans les nuances de mauve. Une étroite fente laissait apparaître la couleur orange du soleil en train de se lever. La partie orange devenait de plus en plus lumineuse – et les nuages autour de plus en plus sombres. Tout d’un coup, une pointe brûlant de lumière apparaissait dans la fente. Des nuages en haut encore très sombres devenaient jaune-orange-doré. La fente se fermait petit à petit, en même temps de plus en plus de nuages devenaient jaune clairs. Le gris sombre devenait gris saturé et froid. La lumière du soleil doré-orangé s’est blanchie petit à petit… Les écoliers couraient autour du stade, les jardiniers du parc commençaient leur travail, j’ai vu des poissons rouges dans le bassin en bas et des pies et des corbeaux dans les arbres. Une trentaine de cheminées avec la fumée blanche vers Montreuil et Vincennes – les chantiers ont travaillé toute la nuit. »

Sari

Corinne

« Attendre. Attendre que la nuit tombe. J’ai eu la chance d’avoir la pluie à travers la vitre. J’avais dans les yeux des tableaux différents dans un cadre illuminé, et les gouttes de pluie faisaient danser les tours, les arbres, les grues et les lumières. Les lumières s’allumaient les unes après les autres, et les étages entiers étaient tous allumés. C’est Noël ! Une petite fille accompagnée de son papa a levé la tête et m’a fait coucou après un temps d’arrêt. Elle m’a fixé sans bouger alors qu’il pleuvait. Le temps s’est amélioré et vite elle s’est mise à courir comme cet oiseau noir, certainement un corbeau qui s’est posé sur la cime de l’arbre et a fait comme moi. A regardé, et hop il est parti et tout était noir. Seules les lumières scintillaient. Belle expérience. »

Corinne

Cécile

« À mesure que le jour se lève, la vision s’amoindrie… Brouillard… Je mesure la vitesse des pas, mon regard plonge vers le sol, ce qui est visible, perceptible… un ballon s’échappe, une mouette glisse, une femme s’arrête… rythme matinal. Le son du vent qui se lève, tout, sifflant, mes mains qui dansent… Ne suis-je que regard ? Se laisser transpercer par les perceptions infirmes et multiples, ne pas choisir, les laisser toutes advenir. »

Cécile

Geneviève

« Carré de lumière, cadre appliqué à l’horizon, bruit du vent, des gens courent, gants rouges, chaussures vertes, chiens, oiseaux qui s’élancent, la grue tourne, les lumières s’allument, tours banales et acrobatiques, ciel d’un gris total, nuages plus sombres, cris des enfant qui sortent de l’école, du vent, des branches qui s’agitent, retour au cadre, oiseaux noirs et bleus, la lumière baisse et les lumières s’allument. »

Geneviève

Pauline

« Ce matin j’avais le sentiment d’avoir un rendez-vous important. Du genre, immanquable. Le soleil dessine la ville, vient blanchir les bâtiments, étouffe les reliefs. La lumière baigne puis inonde la pièce. Les formes urbaines ne sont plus qu’une superposition de papier calque délicatement découpé. Toutes ses dimensions en sont gommées. Je pense à cette date du 8 décembre. C’est un jour particulier. À Lyon, c’est la fête des lumières. La ville se pare de lumières, ses constructions deviennent supports avec d’enchanteresses projections. Une fête païenne pour moi. C’est le moment où j’ai envie de faire découvrir cette ville à tout le monde, montrer ce que l’humanité a fait au fil des siècles. Aujourd’hui, je suis entourée d’adolescents. Elles et ils font une course d’orientation, jouent au frisbee avec les plots fluos qui délimitent leur terrain de jeu. Je regarde la ville reprendre ses couleurs, scintiller par ses tracés faits des fumées blanches qui la strient. Je tourne mon regard vers l’extérieur et je me vois, bien présente, ici. Je n’ai aucune envie d’être ailleurs. »

Pauline

Jeanne Marie

« Veille du soir… luxe absolu du temps. Être hors du temps et à la fois dans le temps, observer la lumière, les contrastes, les couleurs… regarder le vent se lever dans les branches, les nuages, la lumière qui les transpercent, entendre les rires des enfants, voir la tour Eiffel presque disparaître dans la lumière dorée, regarder les fenêtres s’allumer petit à petit… Un temps merveilleusement suspendu, un temps d’apaisement, de sérénité… Regarder, observer, scruter encore et encore les nuages, les nuances, passer de grands contrastes à la douceur enveloppante du soir… Quelle chance d’être ici ce soir ! »

Jeanne Marie

Paul

« Aussi simple que grandiose ! »

Paul

Julie

« J’attendais ce moment avec impatience, étant bretonne les phares ont toujours fait partie du paysage. Et ils m’ont toujours fasciné, je rêve de dormir dedans.
Cet objet abri, ce phare urbain a été une bulle, je me suis reconnectée avec moi-même face à l’immensité de la ville, en même temps je me sentais petite et à la fois grande face au soleil et responsable en tant que veilleur également. Pratiquant le yoga Kundalini je suis une habitué des retraites.
Mon autre retraite urbaine était tout aussi entrainante, être là le moment présent. J’ai beaucoup aimé mettre la tête en bas en regardant vers Paris, c’était agréable. (...) Je suis ravie d’y avoir participé. »

Julie

Romain

« Nouvelle veille, nouveau spectacle. Du brouillard à la pluie ruisselante le long de la vitre. L’espace d’un moment tout était bleu et en harmonie. »

Romain

Louise

« Comme un miroir dans le noir
T’es grand, t’as 30 ans, pas le temps de faire semblant
Calme, mais animé
Tranquille, mais excité
Ton, mais conscient
Adulte, mais enfant
T’es grand, t’as 30 ans, pas le temps de faire semblant
Attise cette audace
Qui comme une flamme que rien ne terrasse
Au fond de ton âme est bien vivace
Comme un miroir dans le noir
On saisit l’espace
On saisit l’instant
On saisit les gens
Comme un miroir dans le noir
On a le temps, sans l’avoir
On partage, sans devoir
On aime, à n’en plus pouvoir »

Louise

Lucie

« Comme une impression au soleil levant. Regarder l’infini et le fini, l’horizon et le sol, les tuiles des toits, les perruches vertes et les pigeons. Passer d’est en ouest comme un ballet incessant.
Regarder à l’est, le soleil devenir d’un trait, une demi-sphère, puis une sphère et enfin un halo qui envahit la ville jusqu’à faire disparaitre ses rues et ses bâtiments. Regarder à l’ouest, le tour Eiffel, les tours jumelles de Nouvel être mises en valeur par cette lumière de l’est. Est-ce que l’est sert toujours l’ouest ?
Qu’est-ce que cette observatrice pour veiller sur la ville nous dit de nos rapports à l’est et à l’ouest ?
À l’ouest une vue cadrée, composée, perceptible de face. À l’est un premier plan très présent qui pour voir loin oblige nos corps à se pencher. On y voit à l’est la banlieue parisienne composite, palimpseste d’une ville servante. Mais à mesure que le soleil se lève la lumière s’harmonise d’est en ouest et c’est une ville toute entière qui s’éveille et s’unit par les mouvements, les trajets du quotidien de ses habitants. Nous sommes un tout. La ville veille sur nous. »

Lucie

Nacera

« Une retraite d’une heure qui aide à faire le vide en soi : ne plus réfléchir et apporter un temps de sérénité dans mon corps, dans son être. »

Nacera

Sarah

« The feeling of being suspended in space and time.
I heard the church bellls, and I prepared myself for another half hour. Turns out, it was the end.
A gradual lightening, an increased clarity of vision.
Birds chirping all around me, sirens, church bells, traffic.
La tour Eiffel, hidden by fog.
The warmth of the heater on my left leg, then my right leg when I turned around to face the banlieue.
Apartness, breath.
Gratitude. »

Sarah

Isabelle

« Personne ne m’a remarquée, n’a vu que je veillais sur la ville. Sauf une petite fille qui m’a aperçu au moment où elle lançait son ballon. Elle m’a fait un geste de la main. Je lui ai souri. Pendant ce temps la brume descendait sur Paris, enveloppant le haut des tours, et les lumières du périphérique, blanches et violettes, s’allumaient. Le temps m’a paru très court. »

Isabelle

Revue de presse

Le Cycle des Veilleurs

Mouvement le 9 décembre 2021

Un article de Léa Poiré

« Il est sept heures du matin, les yeux collés par la fatigue, il nous faut grimper péniblement la colline du parc Jean-Moulins les Guillands qui surplombe les villes encore endormies de Montreuil et Bagnolet en périphérie de Paris. Du haut de la Maison du Parc, grande bâtisse colorée fraîchement construite, une silhouette nous fait signe de grimper les escaliers en ferraille. Entre un café et des bavardages, notre accompagnatrice jette un œil à sa montre : il est temps. Sur le toit du bâtiment, une petite passerelle nous conduit à une cabane en bois clair. « Bonne veille » lance-t-elle avant de refermer la porte.

Imaginé par la chorégraphe belgo-australienne Joanne Leighton, Le Cycle des Veilleurs reproduit tous les jours ce drôle de rituel. Chaque matin pour le lever du jour, et chaque soir au coucher du soleil, quelqu’un se tient immobile, ou presque, dans l’architecture de bois construite par le designer et scénographe Benjamin Tovo. Ce silencieux relais de personnes, 730 au total, toutes volontaires pour veiller sur la ville, se dépliera pendant un an. »

Lire la suite.

Revue de presse

Veiller sur le grand Paris depuis la structure perchée de Benjamin Tovo

AMC le 22 octobre 2021

Un article d’Alice Dubet

« Johanne Leighton, chorégraphe et pédagogue belge installée en Ile-de-France a créé « Le cycle des veilleurs » il y a dix ans. En France, elle a déjà eu lieu à Rennes, Laval, Belfort, Haguenau et Évreux. À l’échelle internationale, cette édition francilienne pilotée par la Maison populaire de Montreuil, en lien avec la maison du parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands. est la onzième à voir le jour. Exceptionnellement, elle est amenée à se prolonger dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

À l’heure du lever ou du coucher du soleil, pendant précisément une heure, sans montre ni téléphone, le veilleur est seul dans l’objet-abri conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, face au paysage du Grand Paris. La structure en bois réalisée par l’entreprise montreuilloise Copeaux Cavaliers a été préfabriqué en atelier, assemblée au pied de la maison du parc, puis montée en trois fois sur son toit à l’aide d’une grue. »

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Revue de presse

Veiller en Seine-Saint-Denis

Le magazine de Seine-Saint-Denis le 22 octobre 2021

Un article d’Isabelle Lopez

« Le cycle des Veilleurs, c’est une œuvre d’art sous forme de performance qui va durer une année et où 730 personnes sont attendues. Si vous avez plus de 16 ans, réservez votre place le jour qui vous convient sur lecycledesveilleurs.fr. Le projet est piloté par la Maison populaire de Montreuil et orchestré par Joanne Leighton, chorégraphe et performeuse. Interview :

Le cycle des Veilleurs a commencé le 2 octobre. De quoi s’agit-il ?
JL : Les Veilleurs est une performance, une chorégraphie ouverte à un très grand nombre où je demande à chaque personne de s’installer dans un abri en hauteur pour veiller, au lever ou au coucher du soleil pendant une heure. Je demande de se tenir debout, de tenir une présence, d’imprimer le corps dans la ville.

Où va-t-on Veiller ?
JL : L’abri se trouve sur le toit de la maison du parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands à la lisière de Montreuil et Bagnolet. C’est un site magnifique pour le projet. Le veilleur sera dans un abri, comme dans un cocon, en sécurité, face à une fenêtre qui est toute ouverte à l’immensité de la ville. »

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Rencontre des veilleurs

4 février 2022

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es d’octobre à décembre 2021 se déroulera le vendredi 4 février à la Maison pop, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la cie WLDN.

Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des premier·es participant·es.

Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Romain Hatton.

Revue de presse

« Le Cycle des veilleurs » : au parc, vaille que veille

Libération le 28 décembre 2021

Un article d’Annabelle Martella

« On vient de s’enfermer (de notre plein gré) dans une cabane, qui culmine au-dessus du parc Jean-Moulin-Les Guilands, 26 hectares entre Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) bien connus de ses habitants. Les profanes n’imaginent pas qu’à 500 mètres d’ici, là où les trottoirs joignent les grands ensembles aux entreprises de carrelage et de boxs à louer, s’étend un étang entouré de roseaux bordéliques, des pelouses où des initiés pique-niquent en admirant l’une des plus belles vues sur Paris. Comme beaucoup de parcs, celui des Guilands est l’un des cœurs battants de ces banlieues : lieu où se donnent rendez-vous les amoureux (comme dans le Parc de Damien Manivel), les sportifs, ou les noctambules qui connaissent une ouverture secrète mais interdite. »

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Laure

« Au réveil ou à l’éveil, il y a cette chose innée chez l’humain de savoir le temps et l’espace qu’il occupe, de tenir autour de lui et de manière instantanée, le point du jour et les distances, pour s’approprier les éléments.
La veille, c’est à la fois son contraire et la chose qui complète cette expérience anodine que l’on éprouve par les effets de perspective, les reflets, le champs visuel concentré, on échappe à toutes idées géographiques, comme s’il fallait accepter de « hautes solitudes ». Le temps me semble être une finitude ou même une fuite. Il se fait à la fois lent, quand on se prend à observer avec pudeur l’activité humaine isolée, mais il existe une impression que des entoures d’actions se sont succédées, superposées.
Le mouvement était bien présent, à la fois dense et étiré.
Dans cette parcelle d’espace et ces quelques minutes, dans l’imprécis et certainement la confusion, on a pu osciller entre le relatif et l’absurde. »

Laure

Journée captation

Le samedi 15 janvier 2022 de 11 h à 16 h, nous invitons les veilleuses et les veilleurs à La Maison Populaire pour lire certains témoignages de votre choix. Ces lectures seront enregistrées et serviront de paysage sonore pour une performance inédite rien que pour vous le 4 février au soir.

Lieu : la Maison populaire, 9bis rue Dombasle 93100 Montreuil
Horaires : 11h - 16h
Renseignements : Romain Hatton, infos chez lecycledesveilleurs.fr, 06 15 76 68 31

Myriam

« Merci pour ce superbe moment d’introspection. J’aime particulièrement les couchers de soleil et vous m’avez offert la chance d’avoir pu admirer la nuit tomber sur Paris. J’en n’ai fait qu’un avec Paris, j’aime profondément cette ville. Nous nous sommes rapprochées ce soir. Les vols d’oiseaux étaient majestueux, la ville semblait si calme et si paisible… Un moment de paix profonde ! »

Myriam

Nicolas

« D’abord l’odeur du bois de la cabine. Le néon qui se reflète sur la vitre et sur la ville embrumée. Ensuite, le paysage qui se dessine dans la brume hivernale, plein ouest.
Des pies, des corbeaux et une bande de mouettes !
Le sentiment de parcourir Paris, de planer au-dessus de la ville. Peu à peu, je me repère : les Tours Duo, la canopée du Bois de Vincennes, le Rocher du Zoo, des cloches d’église, la BNF… et la Tour Eiffel dont le sommet se dérobe. Une petite me fait coucou d’en bas. Son père aussi. Une vieille dame intriguée. Des joggeurs peu à peu s’approprient les pelouses et le stade.
La ville s’est réveillée.
J’ai déambulé dans la ville. Pourtant je n’y ai pas marché. »

Nicolas

Sophie

« Cette veille a été envahie par la brume blanche. Une impression de ville verticale écrasée par cette blancheur qui masque la perspective. On ne sait plus où la ville s’arrête et on aperçoit quelques signaux d’horizontalité avec les lumières des grues et celles des immeubles qui s’éclairent au fur et à mesure de l’heure de veille qui s’écoule lentement.
Progressivement malgré l’heure tardive, la ville s’éveille. Le bruit des voitures s’intensifie, les lumières finissent par envahir le paysage. Nous sommes finalement sur un lieu de transit, le périphérique, l’échangeur, les rues périphériques. Le parc finit par s’effacer devant notre manque de modestie et notre capacité à occuper tout l’espace, visuel, sonore, horizontal et vertical. Le manque de de végétalisation finit par devenir l’élément obsédant. On souhaiterait plus de verdure à accrocher à notre regard.
Quelques passants, des enfants, des sportifs donnent vie au parc.
Une belle expérience, importante pour ressentir et réfléchir.
Merci. »

Sophie

Elisa

« En arrivant, je suis contente que le Tour Eiffel soit un fantôme au loin. Je recense : les tours, l’hôtel Campanile, la grue illuminée, la Porte de Montreuil et l’hôtel Ibis, le quartier chinois du 13e arrondissement, le rocher en toc du zoo de Vincennes. Je reconnais. Je trace un plan à l’intérieur. Vue de proximité sur quelques insectes, moucherons, qui viennent se coller à la vitre si propre. Au bout de plusieurs minutes j’y vois la trace laissée par une tête posée contre, le gras des cheveux, l’empreinte papillaire d’un·e veilleur·euse avant moi. Je prends toute la ville dans ma poitrine et j’en ai la nausée. Le ciel comme souvent enfume le paysage en masse grise. La ville dessous. À mes pieds, promeneur·euses, joggeur·euses, chiens et chiennes et leurs humain·es. Personne ne me voit veiller et je ne sais plus si je veille sur le dehors, ou le dedans, l’odeur du bois, la température confortable, mes pieds froids, la nausée, moi. A un moment, deux adolescents me voient, une salue, je leur réponds, je me demande ce qu’elles se disent, je souris, je ne suis plus seule. Brouhaha incessant du réveil de la ville et du parc, corneilles, mouettes, ados qui crient, chiens qui aboient, joggeurs bavards, périphérique à quelques centaines de mètres. Dehors, dedans. Il ne neige pas, il ne pleut pas, je regarde le ciel, j’ai l’impression qu’il va faire beau. »

Elisa

Axel

« Ça sent le bois, je n’ose pas m’approcher trop près. Je vois la Tour Eiffel, mais je n’ai pas de repères. Pas encore. Où est ma maison ? Face à moi des tours, des grands immeubles. Comme là où j’ai grandi. On était au 8ème et de ma fenêtre je voyais d’autres immeubles, d’autres maisons et la colline du Gardon. C’est du côté de Marseille. Celui ou celle qui est dans un immeuble me regarde-t-il ? On me voit ? Les gens en bas sont comme les écrans des téléphones portables dans les salles de spectacle : ils bougent et le regard est attiré. Un garçon au pull bleu joue avec un ballon bleu. Très peu de personnes lèvent les yeux. Je les observe mais je suis invisible. Un moucheron sur la vitre. Les lumières des grues étaient-elles déjà allumées ? Le paysage parait écrasé. Je reconnais cette tour du 13e arrondissement. J’ai des repères, ça y est. Quand je marche, je suis inspirée, j’ai plein d’idées. Immobile, je passe du coq à l’âne. Je me dis que rien ne change. Mais si, c’est imperceptible. Je sens des petites gênes au niveau du dos. Je me déplace pour baisser le thermostat du radiateur. Plus la lumière du jours baisse, plus je me vois. Je veux dire, je vois le reflet de mon corps, son contour, sur la vitre. Mes yeux font le point. Premier plan, arrière-plan. Je ne regarde plus face à moi, mais sur les côtés, pour ne plus me gêner. Quelle heure est-il ? C’est long, mais c’est pas long. Il n’y a plus personne en bas. Les nuages bougent. C’est l’heure. Je n’ai pas parlé, ne je n’ai pas fait les 100 pas. Seulement entendu mon ventre gargouiller. Il n’est pas tard, mais c’est fini. »

Axel

Dorothy

« Des femmes en bottes, le fracas de la ville me rappelle qu’il me faut partir vers cet ailleurs calme et silencieux où les bottes ne sont pas incongrues. »

Dorothy

Daniela

« Contemplation plutôt que méditation. Quel moment de beauté de se sentir veilleuse de toutes ces habitations, de tout ce territoire.
Je suis revenue aux origines, Zurich -> Paris ou Londres. En voyant le Tour Eiffel, j’ai réalisé que j’avais eu raison de choisir Paris.
Cette douceur en moi et ces minutes qui s’écoulent ; comme lorsque l’on veille sur son enfant… d’ailleurs un petit enfant m’a vue et m’a fait signe de la main… je suis sortie de la vue contemplative et lui ai répondu par un signe de la main.
Veilleuse de Montreuil. Je ne sens pas d’où me venait ce sentiment identique à celui qui me « prend » lorsque je regarde le paysage au loin sur les collines de Transylvanie. Beauté qui se couche, lumière qui s’adoucit sur la ville où vit mon fils. »

Daniela

Stanislas

« Non pas lever de soleil mais éveil de la ville. Uniformité horizontale et gradient vertical. Du blanc-gris du ciel, au blanc émaillé de taches de la ville, couleur rougeâtre des toits, marron des arbres, vert de la pelouse. Ceci pour le gradient. Étalement, encadrement tentaculaire de la ville. Continuité et discontinuité. Continuité des immeubles, du bruit de fond du périph’, de la longue et pelouse verte du parc, des tours de stade, de la farandole des promeneurs de chiens. Continuité de la vie. Et moi, en suspens, discontinu, à l’arrêt, hors de la ville. Hors de cette ville que je n’habite plus encore, qui ne m’attend pas. Je ne suis pas dans une boîte ; la ville est dans un cache, de lumière. Je m’y plonge et m’empare de celle-ci ; la rejoins. Non plus un balcon en forêt, mais surplombant la faune d’une ville. Je veille du haut et du bas. Du haut de la colline et du bas du lingot supérieur. La ville et la tour. De même, les tours duo s’opposant aux tours du bas, cheminées d’Ivry tramées par leur panache. Plus de temps ; seulement de la durée. Subjective, compressible et dilatable. Tentative de retrouver l’horloge dans les tours de piste. Impatience, parfois. (...)
Je donne à la ville ; elle me rend. Discontinuité aussi des taches de verdures au milieu d’une mer de béton. La ville rêvée disparaît dans la brume avec la Dame de Fer fantasmatique. Reste la ville, la vie, la vraie. Impressions de v(e)ille. »

Stanislas

Florent

« Se tenir au milieu de cet abri de luxe, sur le cadre de LED et devant soi, voir, observer et veiller sur ce cadre de nature et de ville. D’abord une pelouse si verte, traversée parfois par un chien qui devance toujours le promeneur de plusieurs dizaines de mètres. Puis quelques arbres, une vingtaine dont 4 bouleaux, si beaux et si blancs sous leurs feuilles. Les pavillons bagnoletais ensuite, des immeubles et 3 tours derrière les grues. Paris derrière en différente couche de couleurs bleues, sa tour Eiffel et puis sur le dernier tiers, le ciel, pies, moineaux, pigeons. Hormis le mouvement brut du disque sobre, une chance de l’observer ici si sereinement, il m’a fallu du temps pour percevoir enfin que dans ce cadre tout n’était pas figé. Peu de vent, mais assez pour finalement percevoir de très légers mouvements les cimes des arbres. Comme elle m’a semblé paisible cette ville, comme elle a été sage, en paix, sans véhicule visible et sans agressivité. Quelle magie cet abri de bois, a-t-il donc exercé pour que haut soit si tranquille ? Au cinquième tour du parc, le joggeur en blanc a enfin levé les yeux et m’a vu. Savait-il seulement que je veillais bien sur la sérénité de sa séance de sport ? »

Florent

Sylvie

« Un plaisir renouvelé. Une nouvelle expérience. La buée, ou plutôt la rosée collée aux vitres. Est, ouest, le flou. La pensée, elle est claire : « quand le soleil sera-t-il assez haut et chaud pour éliminer cet écran entre mon regard et les villes, les gens, les oiseaux ? »
Il est apparu rouge, intense, il est monté très vite le soleil. Toujours prisonnier du caléidoscope des gouttelettes d’eau de la rosée.
Impossible de distinguer le paysage à l’ouest. Impossible de voir coureurs, chiens, oiseaux. Juste la lumière rougeoyante du soleil qui monte vite, vite, très vite.
Enfin une trouée, le ciel très bleu, magnifique.
Le soleil devient blanc, il chauffe, l’eau s’évapore, apparait les être énergiques qui courent, jouent, marchent.
Je suis frappée par deux points :
-  Le nombre impressionnant d’avions qui traversent le ciel si bleu en faisant une double empreinte de traine blanche. Ces avions se croisent et s’entrecroisent.
-  Le bruit, le ronflement des voitures, constant. Quand on ne peut pas véritablement voir, regarder ; on entend.
Je dédie cette heure à ma belle-mère Paulette qui souffrait d’une très forte myopie et qui ne pouvait avoir une vision alentour qu’à travers le prisme de la rosée du matin sur les vitres. »

Sylvie

Paola

« J’ai décidé de participer au Cycle des Veilleurs car l’idée de regarder le coucher de soleil me semblait beau. Être dans le moment présent (pas de téléphone ou montre) m’a également attiré.
Au contraire de ce que j’ai pensé, le début ne m’a pas été facile. Me retrouver seule pour contempler la ville et sans distractions a été une porte ouverte pour que toutes mes angoisses sortent. J’ai senti l’envie de pleurer.
Après, j’ai mis mon attention sur le paysage, les couleurs qui changeaient. Tout est devenu beau et je me suis senti plus tranquille, j’avais envie de faire partie de cette vie. »

Paola

Carine

« Merci pour cette expérience unique au cœur du quotidien. C’était fabuleux de pouvoir prendre un peu de hauteur sur la ville et sur notre condition humaine, de prendre le temps de voir passer oiseaux, joggeurs et promeneurs mais aussi toutes les pensées inédites qui arrivent. Concentrée sur la bonne position à choisir par mes pieds, mes cours de danse pendant l’enfance me sont revenus en tête : « première », « deuxième », « troisième ». Un souvenir agréable que je n’avais pas eu jusque-là !
Merci aux artistes de nous donner l’occasion de prendre le temps de regarder notre humanité. »

Carine

Jane

« Mon apparente immobilité se confronte au vertige de l’immensité. Danse des fluides, des pensées, idées, sensations, émotions imprévisibles. Danse des corps flottants dans mon œil droit sur un ciel gris-bleuté qui s’assombrit peu à peu pour laisser la place à une multitude de scintillements. Duo improvisé avec Luciana qui m’accueille par deux fois, avant-après. Merci à toi. Qualité des partages, perspectives infinies, lieu entre la Terre et le Ciel. Conversation avec l’insecte délicat qui partage le côté stade, plus dense. Multitude de vivacités de part et d’autre, de détails émouvants, de sons évocateurs. Les souvenirs affluent par moments, ma vision du monde se transforme au gré du souffle. Je repars sereine et reliée à vous, avant-après, quelque part au détour de notre histoire commune. Le 19.12 ; douze ans plus tard, le cœur bat encore. »

Jane

Julia

« Les premières minutes ont été un peu décevantes quand j’ai découvert que la vue sur la banlieue, le 93, était quelque peu bouchée par un bâtiment. Cette première impression s’estompe rapidement pour se concentrer sur ce qui est, ici et là, au présent. Les pieds ancrés dans le sol. S’avancer et éprouver un léger vertige. Découvrir petit à petit des bâtiments imperceptibles au début de l’expérience. Prêter attention aux lumières qui scintillent. Se poser beaucoup de questions sur des détails du quotidien. Chercher le connu, faire des hypothèses et fondre dans l’inconnu.
Les souvenirs affleurent. Un souvenir revient plusieurs fois et me fait esquisser de nombreux sourires. Je me replonge dans les dix dernières années de ma vie parisienne ; un délice et pense au futur, à l’horizon. Le temps se dilate. Le jour est bel et bien levé. Malgré tout, la tour Eiffel reste dans sa brume depuis une heure comme si elle était bien incapable de se libérer de cette auréole matinale. Une folle envie de crier « merci » des deux côtés et l’aventure ne fait que commencer. »

Julia

Emmanuel

« Le soleil s’est couché, les bruits de la ville demeurent.
Tout est changé, tout continue, comme un nouveau monde qui sans cesse revient. »

Emmanuel

Geoffrey

« Ai-je pris le temps, ou est-ce que le temps m’a pris ? Le temps et l’espace ont absorbé mon esprit. On réfléchit. Et on ne ressent plus. On construit. On cloisonne. On déboise. Le moment est venu de laisser vivre. La floue. La faune. Les humains. Et surtout les interactions entre les trois. Retrouvons ce monde commun. »

Geoffrey

Lisa

« J’ai beaucoup regardé les couleurs du ciel. Je suis toujours impressionnée par les couleurs qu’on observe lors du lever ou coucher du soleil, qui ne sont pas du tout les mêmes si on regarde une photo. Le fait de regarder en personne ajoute quelque chose qu’on ne peut pas voir autrement. »

Lisa

Garance

« Aujourd’hui comme d’autres jours je pense, il y avait du brouillard. Je n’ai pas pu voir le fond du paysage qui se présentait à moi. Mais j’ai pu voir de l’herbe gelée qui m’a tout de suite attrapé l’œil.
J’ai passé une heure dans une boite en bois à regarder ce que je pouvais. J’ai pensé, parlé, compté mon temps et chanté. »

Garance

Elsa

« 

  1. Être saisi : froid aux mains (tu te dis que ça va être long !), vertige (de courte durée) en s’approchant de la vitre.
  2. Prendre ses marques : les points de repère (immeubles, Tour Eiffel, portes du périphérique, les masses boisées (Père Lachaise, Beaumont, Vincennes).
  3. Regarder ce qui bouge : les gens qui passent, les fumées des cheminées, les voitures, les corbeaux, et ce qui ressemble à un pic s’acharnant sur un bouleau.
  4. Varier les points de vue : à l’ouest, à l’est ; aussi près que possible de la vitre ; depuis le milieu de la cabane ; de face, de profil, de trois quarts, de dos.
  5. Essayer de retrouver la notion du temps : compter les secondes, comme quand tu t’ennuyais petite.
  6. Avoir un peu mal au dos, sentir que c’est bientôt la fin, profiter du temps qui reste et essayer de se rappeler ce qu’on veut en retenir.

Miscellanées :

  • Du jaune fluo (bonnet de coureur, laisse de chiens)
  • Une adolescente qui mange des chips en traversant le parc, et qui te fait coucou
  • Un père qui emprunte le vélo de son fils de 5 ans pour dévaler une pente
  • Le seul mot que tu peux lire dans le paysage urbain, c’est « Campanile » sur l’hôtel de la porte de Bagnolet
  • Un petit garçon à bonnet vert et moufles qui pendent aux poignets ; être scotché en te voyant ; cette fois, c’est toi qui lui fais coucou. »

Elsa

Emmanuelle

« Avez-vous vu Nation ? Non.
Perruche sur stade = vert
Quelle est cette langue d’autres ? Chuchu.
Panaches de fumée, mouffles sans les bonnets.
Ce fut finalement court. »

Emmanuelle

Guylaine

« Veiller le crépuscule… expérience étonnante…
Pourquoi pas se perdre temporellement dans cet objet abri, observer, méditer, penser… vivre pleinement. Cette heure méditative, qui, au final, aura défilé, tout autant qu’une autre heure ! Se faire surprendre par les marcheurs, les surprendre à mon tour. Un ciel changé, nuageux, quelques petits aperçus bleutés, rosés… Une nuit qui tombe lentement sur la ville et moi, là-haut, pour l’accompagner tranquillement, sereinement. »

Guylaine

Thomas

« Un temps hors du temps, qui, long au début, finalement s’accélère et voit venir trop vite sa fin, comme interrompu dans un cycle, un mouvement inachevé. Ce mouvement d’une immobilité physique, mais d’une mobilité mentale, alternance de stop and go, l’esprit par alternance focalisé sur du concret et puis plus rien, tout à la fois une liste de choses à faire et l’errance du rien. Le rien, aussi, d’une perception lointaine d’absence d’activité et de mouvement au dehors, quelques passants, rien de spectaculaire, la vie calme.
Veilleur, guetteur, sentinelle, un poste d’observation sans action possible, pas même de donner l’alerte s’il avait fallu, dans un autre monde, un autre chaos, plus concret et moins virtuel. Acte gratuit sans incidence, invisible, mais avec le sentiment diffus d’avoir aussi été un relai. »

Thomas

Laïla

« Une heure de veille n’aura suffi à capturer l’intensité du lever à Montreuil. Danses d’humains, de chiens, de poissons, d’oiseaux, de lumières. Tant de mouvements, de musiques et couleurs. Merci à la blanche tourterelle, aux couples de pies et à cette belle jeune femme pour leur salut.
J’ai cherché le traineau du Père Noël dans le ciel en vain. Mais j’ai fini par entendre les cloches. Merci pour cette veille magique. »

Laïla

Françoise

« Solitude, silence, instants de sérénité, l’esprit vagabonde devant la ville qui s’éveille lentement. Merci pour ce moment hors du temps, suspendu. »

Laïla

Hang

« Une heure n’est pas longue. En plus, on a une vue devant. Sans la tour Eiffel ni l’architecture de Jean Nouvel. On ne dirait pas que c’était Paris. L’importance d’avoir des repères. Des chiens, des oiseaux, des gens. 2 passagers m’ont vu et ont salué. La plupart du temps, je suis invisible. Le soleil est invisible aussi. On voit le changement de la couleur du ciel, doucement, comme une peinture d’encre de Chine. »

Hang

Solrun

« Au début, je ne voyais presque rien, la brume couvrait presque tout le paysage. Mais c’était beau, doux, très flou. Je n’ai jamais vu loin, et en fait je n’ai pas beaucoup regardé le ciel, contrairement à ce que je pensais avant de venir. J’ai surtout regardé les gens passer, les chiens jouer et les oiseaux voler, planer, presque danser autour de l’abri. J’avais peur de m’ennuyer, mais j’étais presque étonnée quand on a toqué à la porte. Je pense que ça m’a apaisée de voir, de regarder, de penser et sans repère pour voir le temps passer. »

Solrun

Axelle

« Paris vue d’en haut ressemble à un champ de lego. Qui se cache dans ses interstices à la nuit tombée ? A la recherche d’un abri, les invisibles se déplacent. En cette merveilleuse ville qui est une , « Et si on célébrait ceux qui ne célèbrent pas, pour une fois, j’aimerais lever mon verre à ceux qui n’en ont pas, à ceux qui n’en ont pas ! » - Santé de Stromae
Merci de m’avoir permis de veiller sur eux un petit peu. »

Axelle

Ève

« Plusieurs sensations : l’entrée, j’ai cru à un sas ! Du coup j’ai eu envie d’enlever mes chaussures et mes chaussettes pour explorer ce bel objet à l’aise… Première réaction : où est l’interrupteur ? Que je puisse éteindre la lumière. Pour très vite, évident, m’apercevoir de l’effet cadre. Vraiment sympa même si j’ai été, dans un premier temps, déçue car je l’ai cru entièrement vitré sur son dernier tiers côté ouest, je me suis même cognée à la vitre !
J’ai retrouvé la sensation du camping sauvage ! Seule dans une tente à écouter la pluie et les bruits.
Le silence, la pluie qui, peu à peu s’arrête, le vent qui se lève puis le premier joggeur, puis un marcheur, un promeneur de chien mais quasi personne pendant une heure. Très calme, quelques oiseaux, un beau moment de silence. L’envie de se lever tôt, moi qui ne suis pas du matin, pour retrouver cette sensation.
Au final, cela m’a amusé de me voir flotter dans le cadre au-dessus de la ville, et je n’ai pas vu le temps passer, magique.
Chouette, la pluie s’est arrêtée, et elle venait de l’est, par preuve la vitre côté banlieue toute mouillée : c’est bien la première fois que je remarque ce genre de détail. Un beau moment, merci aux artistes. »

Ève

Gilles

« Le monde s’agite.
Le soleil s’en fout.
Le veilleur veille. »

Gilles

Yuna

« J’attendais cette veille. Au départ je me suis mise à chanter mais très vite mon attention a été détournée pour regarder les chiens qui jouaient. Il y en a beaucoup et les chiens, moi, ça me procure du bonheur. Puis la pluie et le brouillard sont revenus. Je ne voyais plus les deux lumières qui clignotent et les chiens étaient partis. Et ce moment-là a été très long car j’étais très triste. Je me suis perdue dans mes pensées et puis un chien est réapparu. La pluie et le brouillard sont restés mais le chien s’amusait, doux parallèle entre joie et mélancolie. »

Yuna

Sylvie

« Quelle sensation différente que celle de fin d’après-midi ! Le tumulte de la journée active (les enfants, les sportifs, les gens qui rentrent du travail, les promeneurs de chien…) et le vent fort qui souffle, qui gronde, qui fait vibrer le bois de la structure, qui souffle dans l’interstice de la porte. Sensation de vrombissement.
Dans le même temps, ciel bleu, quelques nuages bleuets, très bleuets, qui donnent au ciel des nuances de bleu ; parfois presque parure. Le soleil calme qui se pose et se repose. Il passe d’un jaune blanc vif et lumineux à un oranger. Il se reflète sur les quelques nuages cotonneux qui ne sont là que pour le soutenir, l’entourer de tendresse… Sensation de sérénité.
Quelques gouttes de pluie. Juste éparses et passagères. Histoire de dire, pour que je parle d’elles. Instant ou instants suspendu(s). Tellement plaisant(s). »

Sylvie

Julie

« Un moment suspendu, merci ! Le temps est passé vite… »

Julie

Romain

« Une troisième veille et toujours du brouillard et toujours un temps gris mais je le prends avec humour et la méditation n’est que meilleure. »

Romain

Elizabeth

« Calme, sérénité et perspective sur la ville, la vie. Présence, ancrage et regard sur la ville, la vie. Un moment pour soi parmi les autres en hauteur. Un abri, une suspension dans le temps et l’espace ! Merci ! »

Elizabeth

Bernard

« Au crépuscule, deuxième veille, pas question de comparer les deux veilles. La première l’était au mois d’octobre et avait joué les prolongations. Là, le soleil était présent mais mettait en exergue la noirceur de l’hiver et l’hibernation de la végétation avec des arbres transformés en squelettes. La ville apparait très morne dans son ensemble. J’ai pu penser à mes trois enfants. Et tout cela sur ce cataclysme sanitaire. Que 2022 doit être beau : on n’a pas le choix. »

Bernard

Frédéric

« Le soleil va se lever
Le soleil se lève
Le soleil est levé

Marcher de long en long devant les sportifs qui tournent en rond
Tous dans les lumières puisons dans l’ombre
Oiseaux qui nichent, oiseaux qui volent, avions qui s’envolent
Une heure en dehors du monde, mais une heure en prise avec le monde
Dernier jour de l’année
J’étais le veilleur suivant, je suis devenu le veilleur précédent
Aux suivants »

Frédéric

Maya

« J’ai pensé à une heure d’angoisse
Une heure d’ennui
Une heure de vide
Une heure de fuite
Une heure de trop…

J’ai trouvé une heure de calme,
Une heure de paix,
Une heure de jeu,
Une heure de beau

Une heure à soi, une heure qu’il faut »

Maya

Paule-Elise

« J’arrive dans une brume épaisse, mais dès que le soleil se lève, en quelques minutes, la brume se dissipe – alors j’en fais un mantra un peu new age que j’adresse aux joggeurs et aux promeneurs en contrebas : bonne année, je leur dis, la brume se dissipera !
Dans l’abri, je repense au film « les Ailes du désir », avec les anges qui entendent les pensées des passants. J’aimerais savoir ce que pensent les passants du 1er janvier, j’aimerais entendre leurs résolutions pour la nouvelle année. J’aime veiller sur eux et elles et j’aime l’idée que, pendant ces prochains mois, il y aura quelqu’un ici, matin, et soir, qui veillera aussi sur moi.
À la fin de la veille, c’est la Tour Eiffel qui émerge doucement de la brume, un peu fantasmatique. Allez, on y croit, la brume se dissipera ! »

Paule-Elise

Guillaume

Gaëlle

« On essaye d’imaginer ce qu’on va ressentir, et on se plante royalement. Une heure d’observation. Pendant 19 ans j’ai vu mon chat passer des heures à la fenêtre regarder l’extérieur. J’ai compris. On est hypnotisé. On voit les oiseaux, les lumières, les avions. Les chiens jouer. Et les humains, plein d’habitude. Les joggeurs qui font inlassablement le même trajet. Les vélos qui passent tous au même endroit. Sans s’être consultés.
Les sons, les voix, les aboiements. Les cloches d’une église. Je me suis oubliée une heure alors que je m’attendais à une introspection. Merci. »

Gaëlle

Laura

« Contemplations -> bilan – projections
-> encabaner le temps la cause du soleil
-> les yeux comme des sarbacanes à l’horizon
-> se sentir ancrée en apesanteur
-> voir Paris s’allumer

Merci pour cette merveilleuse parenthèse suspendue à soi connectée aux autres. »

Laura

Rose

Alain

« Nuageuse… buée… VB à côté du connecteur électrique…
Une heure de méditation
Pelouse verte au loin la ville, devant les autres
L’ouest sans soleil n’est-il pas l’ouest ??
Moi seul toujours seul avec les gouttes qui tombent
Qui suis-je dans ce désert abscons ?
Un être qui cherche – un autre qui se trouve. »

Alain

Marie

« Prendre le temps et ralentir.
Apprécier et contempler chaque instant.
Prendre le temps d’apprécier cette vie.
Merci pour ce moment, la tête perchée dans les nuages parisiens. »

Marie

Patricia

« Impression particulière d’être ancrée en hauteur !
L’œil scrutateur, curieux, attentif aux envols, aux éclats de lumière, aux mouvements de la ville.
Circonvolutions, volutes, échauffées aériennes.
Doucement la ville s’active.
Telle une veilleuse sacrée, je souffle à la ville que « la Paix est là ! »

Merci à Marianne ! »

Armelle

« D’abord la bataille des couleurs
Bleus-gris contre jaunes-oranges
Les nuages en arbitres

Et puis la zone critique
La sensation de sentir la terre tourner
Et ce soleil qui trône au milieu du ciel
Attendant qu’elle lui prête les flancs

Les petites fumées qui s’échappent des toits
Le brouhaha du trafic qui les rejoint

On voudrait faire ça tous les jours
Merci ! »

Armelle

Eliane

« À mesure que le rond du soleil tombe au loin, les sons s’émoussent, le sens de l’observation s’aiguise, 19 respirations qui ont rythmé la disparition du disque du soleil, suivi d’un vol d’étourneaux qui ont filé de l’est vers l’ouest.
Le temps parait long, puis rien, puis trop court lorsque la porte se ré-ouvre, finalement il ne signifie plus grande chose.
Merci pour cette expérience intimement personnelle. »

Eliane

Maud

« Que d’émotions ! Et de philosophie ! Philosophiquement émotionnel et, ou, je ne sais, émotionnellement philosophique. Merci pour cette opportunité de vie. J’ai passé ma veille debout, essentiellement du côté du soleil. J’ai ressenti spontanément un flot d’émotions avec de l’émerveillement, de la joie, de la tristesse, de l’étonnement ; tout cela avec des ressentis et des pensées reliées à notre condition humaine.
Comment ce soleil nous structure grâce à la continuité de sa présence et peut être nous montre-t-il la voie de la vie par ce qu’il me semble illustrer : la spontanéité d’expression ?
J’avais envie de danser un peu plus dans ma vie. J’ai un peu chanté, pleuré, été rassurée, j’ai eu peur aussi. Je me suis sentie conteuse et protégée par ce soleil qui veille sur nous. »

Maud

Wendy

« ÉPHÉMÈRE,
Le scintillement des lumières sur les toits,
Cet homme qui passe en courant,
Une fois, trois fois, six fois,
Ces deux femmes qui font jouer leurs chiens,
Cette femme et sa petite fille qui gravent les arbres,
Le soleil qui descend en nous qui tournons,
Le dégradé du ciel : orange, rose, violet,
Les appartements éclairés,
Sept, huit, neuf, dix
La Tour Eiffel, étincelante,
Ces soirées que j’ai faites, septième étage de ce bâtiment
Les travaux, les grues,
L’oiseau dans le reflet de la vitre,
Les voitures, les bus, cachés par ma vision limitée par les parois de cette boîte,
À Montreuil, j’ai aimé, détesté, appris
À découvrir qui je suis, comment évoluent et changent mes émotions et mes envies.
J’ai été là où je devais être pendant une heure. »

Wendy

Laure

« Expérience qui pousse à l’introspection, à l’observation. La ville est moche, triste, il pleut, quelques courageux font du sport malgré tout, sortent leur chien. Je me demande pourquoi l’abri ne permet pas de voir devant, je suis frustrée. Cela me force à regarder soit à droite, soit à gauche. Pas en face, par permis. La Tour Eiffel se dévoile peu à peu. Je me demande pourquoi je vis par ici. Ville bétonnée, dans laquelle on tente d’introduire de la nature (parcs), de la gaité. Mais on est entassés. Ces bâtiments avec des balcons chargés de choses que l’on ne peut plus stocker à l’intérieur.
(...)
La pluie ne s’arrête pas. Elle pouvait gêner mais non, elle berce. Cette structure éphémère dans cette ville, ce quartier défavorisé me rappelle à quel monde j’appartiens. Le monde de privilégiés. Ceux qui ont le confort maternel. Cela ne fait pas tout mais c’est important et je ne suis pas sûre que les gens de ce quartier l’aient. Un monde à part au milieu du monde réel. Une bulle, une salle faite de beaux matériaux, posée dans ce parc, au milieu des cités. Quelle chance j’ai d’avoir la vie que j’ai. Tout est posé, et je regarde. »

Laure

Madeleine

« Entourée de la ville, mais seule – c’est magnifique ! »

Madeleine

Hélène

« Au début je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire ici pendant une heure. La brume, le gris. Et puis « ça » m’a enrobée. Ma vision s’est faite plus précise. Consciente mais planante. J’ai vu la ville, je ne me suis pas sentie vue, mais ça m’allait très bien. J’ai vu les mouettes voler à ma hauteur, comme si je flottais dans l’air aussi. Je les ai observées. Tout comme les enfants venant au foot, le mouvement de leurs petites jambes, de haut c’était touchant. Et puis à un moment une idée se faufile. J’ai regardé le chemin que j’ai pris pour venir ici. Et je me suis dit qu’en hauteur on change de taille. On devient plus grand, géant. La ville, immense, n’est plus impressionnante. Elle était très grise ce matin, avec des clartés blanches, c’était beau. Apaisant. Merci. »

Hélène

Marion

« Aujourd’hui, il fait froid et humide. Le parc est vidé de ses humains. Seuls quelques valeureux sont venus promener leurs chiens. La pluie et le vent fouettent l’abri et ma vision est fouettée par les zébrures laissées par l’eau.
Zoom sur la vitre, j’observe les gouttes perler et se laisser glisser le long de la paroi vitrée. Je regarde avec attention leur course gravitationnelle. Je prends les paris. Celle-ci descendra plus bas que sa voisine. Pour gagner, il faut en avaler d’autres sur son trajet. Dégradé sur le ciel. Les nuages, comme une horde de chevaux fous, sont pris dans une course effrénée. Je me pose la question de leur destination. Je me demande comment, quand et où ils vont se dissiper.
Je ne vois pas le ciel s’obscurcir, je vois le brouillard s’épaissir et engloutir la ville. La Tour Eiffel a disparu, puis c’est au tour des immeubles de la porte de Choisy, des entreprises de béton de la porte de Bercy.
Ma veille est terminée, j’en garderai la trace. Comme une ressource, re-convoquer son souvenir me rappellera ma connexion au vivant quand je m’en sentirai coupée. »

Marion

Caroline

« Le veilleur est absent, je le remplace.
Dimanche matin sous la pluie. Sentiment de réconfort à « l’abri ».
Rêve d’enfance, de cabane qui nous protège du monde.
Arrivée sous la pluie battante puis repartie avec des percées de ciel bleu et un peu de soleil. »

Caroline

Caroline

« C’est encore moi, je remplace à nouveau une personne qui a annulé à cause du COVID. Ambiance plus triste ce soir, suite d’une journée sans lumière et la nuit tombe très vite. Moins de patience pour le soir, plus de doutes sur la beauté du paysage. »

Caroline

Mickaël

« Ce matin, je suis observateur, j’oblige la ville à sortir de son nuage de probabilité. Elle induit son changement d’état petit à petit sous mon regard. Encore une fois elle a choisi l’état réel. Tout est en ordre. »

Mickaël

Wilson

« J’ai souvent assisté à des couchers de soleil, à la vue, à la montagne, et j’ai eu la chance d’habiter au dernier étage d’un immeuble qui donnait sur la Bastille. J’ai souvent vu des ciels orangés, rouge, rosé, une boule de lumière disparaitre derrière l’horizon. Ce soir pas de soleil. Je n’ai pas vu le coucher – le brouillard gris efface toute trace du ciel. Seules quelques lumières allumées à l’intérieur des appartements indiquent la fin de journée. Mais personne à ces fenêtres. Aucun autre veilleur à l’horizon. Seul face à la ville. Ma silhouette finit par se refléter dans la vitre face à moi et je ne vois plus que le paysage qui se dessine à l’intérieur de mon corps. Je suis la ville. »

Wilson

Sylvain

« J’ai veillé au-dessus de la brume. Je ne me suis pas ennuyé, j’ai même plutôt la sensation d’avoir le plein d’énergie. Merci. Puisse ce moment m’inspirer pour la suite. »

Sylvain

Violaine

« Le paysage semble immobile mais mon regard et mon attention sont captées, sans cesse : une grue qui tourne, les yeux de ces immeubles robots observant le soleil qui clignotent, des oiseaux qui s’envolent, quelqu’un joue avec un chien, un homme me salue et à l’air heureux de me voir, deux personnes et un bébé feront de même un peu plus tard. Je réalise alors que c’est le vivant, la vie qui me capte. Mise en perspective, en relief avec ce cadre de lumière qui se reflète comme un instantané ou l’envie de figer le temps. Le soleil était lumineux et le ciel clair pour un jour d’hiver, cela me fait imaginer toutes les personnes en train d’observer, comme moi, ce même soleil et cela m’inspire une idée : pendant l’année à chaque lever ou coucher de soleil auxquels j’aurai la chance d’assister, je pourrai me connecter au veilleur ou à la veilleuse qui observe. Je ne serai pas seule. »

Violaine

Bernard

« Ce matin, atmosphère triste, lugubre, morne, inquiétante, presque oppressante : tous les ingrédients pour nous plomber le moral ! Il y a toujours un peu de frustration quand le soleil tant espéré n’est pas au rendez-vous. Il faut bien cohabiter avec ce voile de coton pour autant, puisque je suis à ma troisième session de veille, il y a une chose d’intangible, c’est ce retour sur soi-même et sur sa famille. J’ai toujours eu, par cette performance, vécu intensément un moment privilégié pour la pensée avec ma fille chérie.
Avant de rentrer chez moi, un footing dans ce parc drapé de son manteau blafard sera le bienvenu. »

Bernard

Lisa

« Le brouillard rend le paysage tellement plat, j’ai l’impression de regarder une photo, peinture ou dessin. On dirait un faux paysage, une ville en carton. »

Lisa

Nathalie

« Aujourd’hui 13 janvier, le soleil s’est levé sur Montreuil à 8 h 39. J’ai assisté au spectacle toujours émouvant du paysage des ténèbres vers la lumière. Mais la boule de feu du soleil, je ne l’ai pas vue, il y avait beaucoup de nuages et de brouillard ce jour-là. Est-ce que je le regrette ? Oui, dans un sens, j’aurais aimé que mon expérience soit plus intense, qu’il m’eut été donné d’admirer toute la splendeur du lever de soleil. Cependant, d’un autre côté, ce petit tour que m’a joué le soleil (auquel j’étais préparée période hivernale oblige…) m’a fait réfléchir à mon existence, dans le sens où j’ai le sentiment que je cours après une certaine forme de spiritualité, de transcendance, que j’arrive parfois à entrevoir, mais qui se dérobe aussitôt sous le poids des contingences au quotidien = travail, tâches ménagères et occupations diverses. S’en suit une certaine frustration, comme ce matin où il ne m’a pas été donné à voir le soleil dans toute sa majesté, mais où, malgré tout j’ai assisté à la victoire de la lumière sur les ténèbres. Comme si, dans la vie, en tout cas dans ma vie, ma quête métaphysique trouvait quelques éléments de réponse mais pas LA réponse. Comme si quelque chose de transcendant se dévoilait mais pas complètement…
Et j’ai compris ce matin, grâce au soleil facétieux, que si cette vérité à laquelle j’aspire joue à cache-cache avec moi, c’est peut-être que mon chemin de vie à moi, c’est celui qui assiste à participer pleinement à la communauté des êtres humains. Car, je dois bien l’admettre, si j’ai regardé le ciel ce matin, mon regard a surtout été attiré par les personnes, les ouvriers qui réalisaient les travaux, les joggeurs, les promeneurs de chien… Alors, merci au soleil de m’avoir montré que ma façon d’être au monde, c’est d’être surtout aux côtés des êtres humains, de mes semblables. »

Nathalie

Roberta

« Un vrai voyage à travers les couleurs, les gens, les avions, les fumées des établissements, les chiens et leur maîtres·ses… Un voyage aussi dans les pensées et les émotions. Inévitablement le coucher du soleil rappelle l’existence et sa fugacité. Les derniers instants sont les plus puissants et passent très vite. Le cœur reconnait la fin, et se met à battre plus intensément. J’ai pensé aux soleils de notre vie, qui se présentent à illuminer notre chemin et après « partent » ailleurs. On est tous/toutes des soleils pour les autres, des gens de passage qui illuminent (qui plus qui moins) des lieux, des gens…
Au bout d’un moment, j’ai regardé le ciel mieux et j’ai compté les avions. 9, après 10, après 12… ils étaient comme des petites sardines dans la mer. J’ai surtout regardé le côté qui donne sur Paris car la journée était magnifique et je ne voulais pas perdre cette lumière.
Bizarre, car je n’avais pas capté la luminosité de la journée, ce matin. Ce lieu est alors un moyen d’apercevoir mieux ce qui est déjà là. C’est étrange comment observer soit une activité peu pratiquée sinon par des raisons spécifiques (le docteur, les artistes, les photographes). Toujours une « raison » nécessaire pour le faire. Alors que cela est une voie d’activité en soi, sans raison / utilité « pratique ».
Dernier point que m’a touché c’est le jeu entre le soleil et la lune. Ce matin je regardais une interview à un astronaute qui disait que la lune, même en satellite de la terre, est magnétiquement plus attirée par le soleil. Mais reste à côté de notre planète. Et dans ce jeu de relais je trouvais beau de penser la lune comme une vraie alliée de la terre. Bon bref, un vrai voyage poétique, existentiel, silencieux, une chance à vivre et laisser aussi dispo pour après ? Merci. »

Roberta

Cendrine

« Découverte de la « pièce » - déambulation, à droite, à gauche. Puis, mon regard s’ouvre sur l’extérieur. Une coupole rouge feu est là ! Je ne l’ai pas vu venir. Je regarde surgir le soleil. On n’y pense pas en général, pourtant il gouverne nos vies ! Il rythme nos journées, nos nuits. Il règle le cycle de la végétation, des animaux du petit au plus grand. Des traces d’avion dans le ciel, qui s’effacent peu à peu et dessinent comme des gènes, tels qu’on les dessinait à l’école. Cette boule rouge est là toute entière maintenant. Le soleil efface les saisons dessous lui, je ne vois plus que la fumée des cheminées, dorée à l’or fin. J’imagine de l’eau à la place des habitations… des bateaux qui fument… manif de péniches  ? Plus bas, à mes pieds, un enfant joue avec son chien. Ombres gigantesques. L’odeur du bois dont est fait l’abri. Des hommes arrivent, gilet, pince et sac poubelle à la main. Ils partent à la recherche du moindre bout de papier. Sentiment d’être là, à observer, comme hors du monde. Côté opposé au lever du soleil, les maisons sont encore dans l’ombre. Paris, au loin, semble plus sombre. Le veilleur de Berlin doit voir aussi le soleil maintenant. J’entends des pas… c’est fini… c’était bien ! »

Cendrine

Franck

« Les premières minutes semblent longues. Que faire pendant toute une heure ? Regarder la ville, tenter de retrouver ses repères. La Tour Eiffel, les tours Jean Nouvel. Mais dans quel sens le prendre ? Où sont les monuments de Paris ? Pourtant c’est bien de ce côté Paris, sous le soleil ! De l’autre côté, sous la lune, entourée d’un ciel bleu à faire pâlir celui de l’été sur la côte d’azur, des tours aussi mais moins connues. Et puis, un court instant, l’esprit s’évade, on regarde les chiens s’amuser sur le gazon en bas, les sportifs s’entrainent, les passants passer.
Et quand on reprend ses esprits après cet instant qui a paru si bref, le soleil commence sérieusement à décliner et à se rapprocher de la ligne d’horizon. On le voit alors s’enfoncer au-delà de ce que nos yeux nous permettent de voir mais avec une certitude absolue : demain, il réapparaîtra.
Un dernier regard à la Tour Eiffel et aux tours Jean Nouvel qui ne sont plus sous le soleil ; un dernier regard vers les tours opposées qui, quoique moins célèbres, sont toujours sous la lune et le ciel (un peu moins) bleu et une dernière pensée : comme ils ont de la chance ceux qui vivent ici d’assister tous les soirs à un spectacle aussi grandiose ! »

Gilles

Diem

« Je suis une personne ultra connectée ! Travail, famille. Je savais que j’avais besoin de cette heure. Sans mon petit Ponyo, sans ma femme, sans mon iPhone, sans mail à checker, sans ma famille. Cette heure m’a fait du bien. Je n’ai rien fait et cela sans culpabilité ! Merci. »

Diem

Valérie

« Envie de prolonger le silence, la contemplation. Une heure magnifique, intense. Merci. »

Valérie

Liliane

« "Ô temps, suspends ton vol,
Un vol de mouettes, vues du dessus, belles !
Désir de réconciliation."

Sensation d’être forte et fragile à la fois ! J’aime cette cabine en bois, finalement spacieuse. J’ai appréhendé de m’approcher au début, puis rassurée, je m’y suis presque collée. J’aime ce parc… cette hauteur m’a permis de l’apprécier davantage. Des souvenirs aussi… avoir couru sur la piste d’athlétisme quand j’étais inscrit au club athlétique de Montreuil. Celui plus récent de la pratique du yoga l’été… heureuse initiative et de pouvoir pratiquer cette discipline en plein air. C’est si bon ! Et puis les multiples promenades, quel que soit la saison, même un pique-nique dans la neige avec Frédéric. Merci Joanne pour ce beau projet et cette belle source d’inspiration et de méditation, ce bon et doux moment de recueillement aussi. »

Liliane

Coralie

« Bonne expérience, enrichissante, retour avec nous-même. Une heure un peu longue quand même. 30 minutes suffiraient. »

Coralie

Sylvie

« Magnifique ce soleil qui se lève. Il apparait tout orangé, étincelant et intense. Il sort vite de ses draps de nuage. Il nous montre au final sa bouille toute ronde. Il nous immonde de son intensité orange. Et redisparaît dans les nuages qui, de ci-delà, se teinte de nuances rose ou jaune, selon.
Un oiseau traverse sans effort le ciel. Il trace une ligne bleu droite, décidé de son objectif. Une pie vient, elle aussi, se montrer. Elle est élégante avec son habit noir et blanc, sa queue est longue, sa posture droite.
Un homme déboulonne les rampes d’escaliers ! Pourquoi ? Les sportifs font leurs tours du stade. Chacun son allure. Et c’est ainsi, chacun son allure.
Et à l’ouest ? La rosée brouille l’image. Rien à voir. Rien à dire. Chacun sa vision, chacun son allure. »

Sylvie

Olivier

« Ce soir, j’étais le veilleur. Quand la ville-machine fonctionne à plein régime, j’étais celui qui veille. J’étais indispensable. Il faut que l’un d’entre nous veille. Qu’au moins l’un de nous veille sur les autres. Le cycle de doit pas s’arrêter. »

Olivier

Alexandre

« Super expérience. Sous le soleil on est passé d’une couleur miel à un banc de sable et une mer turquoise. On se rend compte que l’on vit dans un champ de bâtiment tout de même. Le bruit de fond ressemble à un cyclone, un tsunami ou d’énormes vaques très lentes au loin. Cela se dissipe avec le temps malheureusement, l’abstrait disparait avec les sirènes. Le côté banlieue est magnifique. J’ai eu le temps de penser à tout et à rien et de ne pas me soucier du temps. »

Alexandre

Marie

« Je suis toute engourdie. J’ai scruté les fractales artificielles avec un certain mécontentement, nous avons érigé un monde de lignes inébranlables sans cœur. Je m’accrochais aux nuages, me reposais sur les arbres et l’horizon réconfortant. J’ai veillé, une responsabilité au ventre et puis je suis là, cela suffit. Événement quand j’ai croisé un premier regard, tard, déjà inconsciemment certain d’être seule. »

Marie

Claire

« Perspectives, temps gris, brouillard. Le paysage était surtout un support à mes pensées, qui étaient surtout introspectives. On voit les gens, les destins qui se croisent sans forcément s’entrechoquer, les couleurs et les lumières qui clignotent, scintillent au gré des heures. Toutes ces vies qui coexistent géographiquement. Début de journée pour certain·e·s, fin pour d’autres. Des oiseaux qui passent au-dessus de tout ça.

L’urbanisation, aussi. Beaucoup (trop) de béton, comme si la Nature faisait peur. Beauté architecturale et laideur industrielle, le tout dans une aquarelle hivernale et douce. Merci. »

Claire

Grégoire

« Je suis venu voir le soleil se coucher. Je n’ai eu droit qu’à l’horizon bouché. L’histoire de ma vie…

Veni, vici, veillé. »

Grégoire

Antoine

« Enfermé dehors, le veilleur veille. Le soleil s’élève et ses rayons réveillent les couleurs et couche la nuit. La lune cède, Paris se découvre. »

Antoine

Dominique

« Vigie. Perchée dans le nid-de-pie, je veille. Je scrute l’horizon des toits de ma ville, à l’affût. Là-bas à l’ouest, le soleil ne se laisse deviner que par ses rayons qui strient les rideaux de pluie. Une mouette passe, d’où vient-elle ? La masse sombre tombe sur l’horizon, ne laissant qu’une tache orange encore vive. La tache se referme, là-bas le soleil est tombé dans la mer. La brume cache la tour de fer mais bientôt elle se révèle à nouveau. Le phare s’allume, chaque 20 secondes son éclat balaye mon abri. La ville est bien gardée. »

Dominique

Installation de l’objet-abri à la Maison du parc

Une vidéo réalisée par Simon Paugoy (drone) et Mathieu Besson lors de l’installation de l’objet-abri le 28 septembre 2021.

Vidéo d’installation de l’objet-abri

Depuis le 2 octobre dernier et pendant toute une année, la chorégraphe Joanne Leighton et la Maison populaire de Montreuil proposent de participer au projet Le Cycle des Veilleurs. Depuis le toit de la Maison du Parc départemental Jean Moulin – Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet, 730 personnes veillent la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil dans l’objet-abri conçu par le scénographe Benjamin Tovo.

Une création de Joanne Leighton.
Performance portée collectivement par WLDN/Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/Centre de développement chorégraphique national, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Ville de Paris. Avec le soutien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/ CDCN, L’Étoile du Nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit Blanche Métropolitaine.

Revue de presse

Reportage télévision Le Cycle des Veilleurs

France 3

Un reportage d’Isabelle Dupont et Mathilde Laban

Une création monumentale ouverte à toutes et tous
https://www.lecycledesveilleurs.fr/

Le Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre.

Avec cette performance participative créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la chorégraphe propose aux habitants de « veiller » chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant. Piloté par la Maison populaire, Le Cycle des Veilleurs se déroule du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022 à la Maison du Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet. Un objet-abri unique est créé spécialement, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, sur le toit de la Maison du Parc.

Pierre

« Un temps suspendu sur la ville et mon quotidien qui grouille à mes pieds. Désagréable sensation d’être en boîte. C’est parti pour une nouvelle journée. »

Pierre

Clara

« C’est avec beaucoup de tranquillité que j’écris ce petit témoignage. Après avoir porté mon regard sur les tours et les habitations grand-parisiennes, sur les promeneur·euses du vendredi soir et sur les sportif·ves du terrain d’à côté. Après avoir regardé et observé d’en haut la ville que d’habitude je vois d’en bas.
Je repars avec une curiosité pour les endroits de la ville que j’ai entre-aperçus, la musique que j’ai entendue de loin et les passant·es dont j’ai croisé le regard.
Merci. »

Clara

Margaux

« Le soleil n’était pas au rendez-vous, j’espère que Paris ne m’en voudra pas ! Temps d’introspection agréable en visu de beaux oiseaux blancs.
Merci. »

Margaux

Vincent

« Une heure c’est quoi ? Pas de repère-temps, plus de montre, de téléphone. Déroutant.
Des vues si proches et si lointaines. Une concentration urbaine qui crève les yeux. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et puis sur l’herbe un couple de mariés qui se fait photographier.
Des phrases que l’on pensait écrire et qui changent au fil des 60 minutes.
Merci à mon accompagnatrice, merci aux auteurs du projet pour ce moment étonnant, surprenant. »

Vincent

Anna

« Aujourd’hui j’ai veillé sur les sportifs, les oiseaux, les amoureux et les petits chiens. »

Anna

Gabriel

« Qui veille sur qui ? La ville veille-t-elle sur le veilleur ou le veilleur veille-t-il sur la ville ? Ou les deux ?
Par quoi définit-on la veille ? La ville est-elle ce tas de pierre entrelacées les unes aux autres de manière artificielle ? Ce tas de pierre inerte, triste et maussade semble n’être là que pour son utilité première de loger ses habitants.
La ville est-elle composée de l’ensemble de toute cette vie humaine, animale et végétale ? Quelques certains humains me regardaient d’en bas, interloqués. Certains enfants me montraient à leurs parents comme s’ils avaient fait une découverte extraordinaire. Mais la plupart des humains vaquaient à leurs occupations, toute leur attention était donnée à la tâche accomplie. Néanmoins, peut être qu’une partie de leur conscience inconsciente me surveillait.
Parmi tous ces éléments, c’est la vie végétale qui m’a semblé le plus être au courant de ma présence. Des arbres au tout petit brin d’herbe, ce sont ces êtres qui m’ont paru être mes gardiens, comme s’ils en savaient plus sur moi que moi sur eux…
Alors oui, j’ai veillé sur la ville, mais la vie qui compose cette ville a elle aussi veillé sur moi. »

Gabriel

Fabienne

« 24 janvier
L’hiver a mis à nu la plupart des arbres
Leurs squelettes émaciés s’exposent
Frêle rempart entre nous et la concrète jungle
Les contours de la jungle de béton apaisés d’un jet de couleurs guimauve.

24 janvier
J’aurais parcouru un chemin
Long, pour faire partie de ceux qui auront veillé
J’ai veillé sur eux tous
J’ai veillé sur elle
Consciente de la fragilité de l’être »

Fabienne

Laurence

« Je rentre dans la boîte excitée de commencer cette expérience. Je m’avance vers le soleil et la vitre, j’ai peur, comme si j’allais tomber et qu’au fond c’était le vide. Je marche doucement et je découvre ce paysage. Je veux prendre mon temps, je me glisse sur le côté, près du mur en bois. Je veux sentir les matériaux. Je touche le bois d’abord, puis la vitre. Je me sens plus connecté à mes sens ; la chaleur du bois, la fraicheur du verre. Je commence à parcourir des yeux lentement la vue à droite, je ne veux rien perdre de vue, chaque détail. Je prends mon temps, d’ailleurs le temps s’est ralenti. Je m’écrase contre la vitre. Mon corps semble lourd. Puis je regarde chaque profondeur du décor comme celui d’un théâtre avec de multiples couches et couleurs. Puis mon regard va au centre et c’est tout mon corps qui le suit jusqu’à la gauche. Je perçois les bruits, le brouhaha des voitures, les cris des enfants, les aboiements des chiens qui m’énervent. Les couleurs changent. Le cadre blanc lumineux encadre ce décor végétal et urbain. Je me fonds dedans. »

Laurence

Marie

« Un épais brouillard recouvre le parc ce matin. Je connais bien le parc et son paysage, alors j’essaie d’imaginer les arbres et les habitations qui s’y cachent derrière.
Il y a déjà quelques personnes venues courir dans la fraicheur de ce matin d’hiver. Ils sont seuls. Certains parcourent le même chemin, d’autres ne pensent qu’une fois devant moi. Il y a aussi ceux qui promènent leurs chiens.
Je sens la lenteur dans l’air. Le bonheur de voir le temps passer, juste à la vitesse qu’il faut. Ni trop vite, ni trop lentement. L’euphorie de l’instant présent, qu’il est si rare d’apprécier dans sa vie de tous les jours.
Je ferme les yeux. Je respire. Je scanne mon corps. À certains endroits, des douleurs. D’autres où je m’y sens plus confortable. Je sens l’heure passer, je me sens bien et ancrée. Apaisée. Pleinement dans mon rôle de veilleuse. Chanceuse d’être là, avec moi-même, au-dessus du parc, des gens et de la ville. Je ne peux pas être plus moi-même qu’à cet instant présent. Quelle joie d’en faire l’expérience. »

Marie

Claudine

« D’abord il y a l’odeur du bois en entrant dans l’abri. Il faut traverser son reflet pour voir la ville. De coucher de soleil, il n’y en aura pas vraiment. Le ciel est bas, un couvercle tendu sur l’immensité de la ville.
Brouillard.
Couleurs estompées. Nuances infinies de gris, vaporeuses au loin. Les tours du lointain sont à peine visibles. Comme des mirages.
Le bruit de la grande ville. Circulation automobile dense. Des sirènes (police, ambulance) crient quelques malheurs, leurs gyrophares demeurent invisibles. Piétons emmitouflés. Un homme court, l’allure féline, dans le parc. Certains promènent leur chien. Des chiens promènent leur maître. Ça se voit. Un chien tient un morceau de bois dans la gueule et son maître tient son téléphone portable. Chacun son doudou !
Doucement la faible lumière du jour s’estompe. Les contours fondent. Des lumières s’allument dans les tours. Là, il y a de la vie. Certains tours restent les yeux fermés. Inhospitalières.
Deux personnes m’ont fait signe. Petite connivence d’un instant bref. Oui, j’étais bien là, ici et maintenant.
Toc toc toc, la porte de l’abri s’ouvre, c’est déjà fini. Je vais repartir en Essonne. »

Claudine

Maryse

« Temps gris comme un matin d’hiver. Merci l’odeur du bois. Merci le tapis de verdure longiligne à mes pieds. Côté est : une classe de collège qui participe péniblement à un cours de sport. Côté ouest : peu de chiens qui promènent leur maître mais un ballet de mouettes qui se posent en rond sur la pelouse. Le soleil doit éclairer d’autres contrées. Il reviendra ! »

Maryse

Régine

« Le ciel est blanc, nuageux, je ne verrai pas le beau coucher de soleil qui est sur la carte postale, dommage… Peut-être pas. Que vais-je voir aller à cette heure ? En entrant je suis d’abord surprise de voir ce cadre blanc dans lequel je vois une partie de mon ombre. Dehors il y a des pétards j’ai l’impression de jouer dans un film. J’avance doucement et je suis face à mon double. Je suis venue pour veiller, mais je suis impuissante, je me sens impuissante, suis-je imposteur !
Très vite j’ai le sentiment que la vie continue sans moi, comme lorsque j’ai passé un mois à l’hôpital, comme mon amie Michèle qui rentre demain en soins palliatif et va laisser la vie continuer sans elle. J’observe le stade, j’ai l’impression de me trouver devant un tableau de Brueghel avec tous ces petits personnages dans le vert. Mais quel est mon rôle, le sens de ma présence ? J’observe, je m’observe entre mon reflet qui me fait face devant et derrière moi. »

Régine

Sophie

« Bruissement incessant de la ville
On devine la cité peu à peu
Tour Eiffel une ombre chinoise
Le parc s’anime et les jeunes
S’essoufflent dans le stade
Le moment est suspendu
Et le temps prend son temps
La brume se dissipera-t-elle ?
Demain sans doute. »

Sophie

Coline

« Cabine étroite qui à mesure que la nuit tombe semble s’allonger, devenir longueur…
Une chape de brume tombe sur la ville lumière qui le mois ½ durant a accueilli ma douleur. La Tour Eiffel toujours visible, jusqu’au gong annonçant la fin de ma veille, me rappelle de sa lumière incessante, m’oblige à ne pas l’oublier, elle qui fait maintenant partie intégrante du paysage. Elle s’estompera mais jamais ne s’effacera complètement. Une belle expérience en ce jour symbolique. »

Coline

Patrick

« Il y a la boite qui cadre le paysage
Le rectangle de LED qui se réfléchit
Dans la vitre et flotte à l’horizon
L’odeur du bois aussi
Le paysage est presque abstrait
Il prend vie doucement
Tout est encore un peu blanc
Dans la brume
Et puis tout s’accélère
La lumière, l’architecture, la ville
Le jour se lève »

Patrick

Maud

« Je pensais observer le soleil se coucher aujourd’hui. Finalement j’ai observé des chiens, beaucoup de chiens, des gens courir, se retourner, j’ai compté des grues, treize pour être exacte. Je pensais me concentrer sur l’horizon ; il était bien là, distant, abstrait et rassurant, mais je ne m’y suis guère attardée. Mon attention est toujours revenue sur le premier plan, l’immédiat, le proche, les chiens et les gens qui courent. Et une sensation de pause dans le temps, sensation qui donne un peu le vertige, comme quand le bout de mes pieds a touché la grande vitre en arrivant dans cet observatoire : une sensation de vide et d’éternité.
Je n’oublie pas mon ami Grégoire qui m’a parlé du Cycle des Veilleurs. Je n’oublie pas tous les gens qui y participent et avec qui nous formons une drôle de chaîne. Merci pour l’expérience ! »

Maud

Hugo

« Veiller pour de bon. Attendre ce moment dans la cabane là-haut. C’était imprévu mais à la fois au moment juste. S’être assoupli puis réveillé en sursaut maintes fois, avec la crainte que ce soit déjà fini. Éternel recommencement. Cycle de veille qui aurait pu s’éterniser. Mais il est temps d’aller dormir. Il est tard ce matin. »

Hugo

Anissa

« Ce serait mentir que dire que je n’ai pas regretté tous les choix de vie passée m’ayant amenée à m’engager à cette veille, en faisant mes premiers pas dans ce cabanon. Cette pensée est revenue régulièrement surtout vers la fin de cette expérience. Il ne faisait pas particulièrement beau (bien que les dégradés de gris des nuages aient leurs charmes) mais l’abondance de chien à laisse fluo dans le parc m’a bien distraite. Je ne pense pas retenter des expériences de la sorte à l’avenir mais j’ai trouvé intéressant d’observer que l’on cherche à observer, comment nos pensées vadrouillent pour s’occuper, les moments de vides… »

Anissa

Paul

« Le luxe de cette heure est justement de ne pas avoir de mots à mettre sur ce que l’on ressent, vit, traverse, endure, ce qui nous envahit, nous transperce, nous glace, nous réjouit, nous fait vibrer, espérer, regretter, vibrer, s’émouvoir, pleurer, avoir confiance, ce qui nous émerveille, nous surprend, nous rassure, nous effraie, nous détend, nous fait décoller, sentir, ressentir, songer, rêver, flotter, se répandre, se projeter, s’émanciper.
Une heure unique non pas pour faire le vide mais pour faire le plein, non pas hors du temps mais en plein dans le temps, non pas pour s’élever mais pour s’ancrer, non pas pour s’extraire mais pour s’immerger.
Sinon, mais ça doit rester un secret de veilleurs, aujourd’hui pendant une minute, las de l’humanité, le soleil n’a pas voulu se lever, comme ça, pour voir si les hommes le remarqueraient, en guise d’avertissement, pour que l’on prenne conscience que c’est un privilège de le voir se lever chaque matin.
Cette fois je l’ai convaincu de se lever par pitié, mais qu’en sera-t-il de la prochaine fois ? »

Paul

Jeanne

« Privilège de reine en son royaume. Tu aurais tant aimé l’expérience. J’aurais tant aimé la partager avec toi. Tu étais là en un sens. »

Jeanne

Cécile

« Changer de point de vue. Prendre de la hauteur ? Avoir l’impression, par mon regard, de rendre quelque chose à cet espace qui m’a si souvent accueillie. Quelques instants après le début de la veille, des élèves se regroupent sur le stade. Souvenirs d’enfance et d’adolescence, le froid, la fatigue et le corps qui se met en mouvement malgré tout. Le lever du soleil accompagne leur course d’abord rapide puis distendue. De l’autre côté, une lumière persistante au sommet de la Tour Eiffel semble tenter de rivaliser avec les premiers rayons. Le vent souffle mais je me sens en sécurité, chez moi. Plus tard, mille petites choses quotidiennes se produisent, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Impression de ne jamais pouvoir s’en lasser. »

Cécile

Nathalie

« J’avais choisi cette date, le 31 janvier, car je me suis dit qu’il y aurait peut-être de la neige… Eh bien, il a fait beau. Le ciel était dégagé, bleu. Au fond quelques gros nuages, c’est tout. Il est agréable d’entendre le vent dans cet abri. D’aller de l’un à l’autre des points de vue. D’observer les promeneurs et promeneuses, les joggeuses et joggeurs, et celles et ceux qui font du sport au stade. De regarder les chiens trotter. Je me suis dit que les parce pourraient rester ouverts la nuit.
La ville est calme vue de là. On ne voit personne. On n’entend quasiment rien. Je n’ai vu que celles et ceux qui passaient tout près.
Les oiseaux étaient l’une de mes premières motivations pour faire cette veille. J’en ai vu pas mal. Trop peu toutefois. Je pense avoir vu une perruche, cet oiseau qui en particulier aiguise la curiosité. Je crois que j’aimerais bien recommencer… Merci. »

Nathalie

Ronald

« Belle expérience contemplative, on porte un regard sur la ville, sur le monde et face à soi-même. Je ne pense pas avoir eu le meilleur des climats, temps grisâtre, petite pluie fine, mais cela m’a permis de me concentrer sur les sens, le bruit, l’eau qui coule, l’odeur du pin, et les mouettes qui faisaient un ballet par leurs allées et venues.
Il y a eu le temps de la respiration, et de la méditation, qui nous ramène vers une forme d’introspection narrative. Je recommande cette expérience urbaine à toutes personnes de la ville, c’est une manière de se réapproprier cet espace-temps si fugace.
Merci. »

Ronald

Michèle

« Nouvel an chinois – année du tigre.
Le vent souffle à l’extérieur, les arbres secouent les feuilles absentes. La couleur grise domine. C’est triste ! Je regarde la ville avec étonnement, surprise de ces carrés au rectangles dénudés de tout sens esthétique. Les cubes semblent sans vie – vides. Je regarde cette ville, j’ai du mal à imaginer que des millions de personnes habitent ici.
Le ciel tourmenté se calme. Enfin, les lumières éclairent ces petits carrés. La vie semble exister, reprendre. Je regarde la ville, je reste sans voix pour exprimer. Le sentiment qui m’habite. Le vent s’est calmé, il reste au loin le bruit du périphérique. »

Michèle

Thierry

« Une heure pour soi, entre terre et ciel. La ville se lève, les lumières s’allument puis s’éteignent. Les envols d’oiseaux m’ont accompagné. Merci pour ce moment, inutile mais indispensable, tout n’a pas une utilité. »

Thierry

Audrey

« J’ai pu expérimenter un espace-temps suspendu face à la ville, à l’abri comme dans un corps. Avec les odeurs du bois, la couleur douce et lumineuse du pin. Les parois proches et invitantes pour se poser, reposer, rebondir en mouvement. Il y a donc mon corps dans ce corps, j’y étais immobile et mobile, silencieuse et sonore. Et puis, je me suis amusée avec mon reflet sur la paroi vitrée et ceux (les deux) du carré de lumière au milieu de l’abri. Une perspective intime sur différents partis de soi tout en restant en lien avec le dehors, en bas, les promeneurs, au loin de la ville, ses lumières qui arrivent peu à peu.
Ce fut un bel instant de calme et de conscience. Je reprendrai le souvenir de cette expérience pour le revivre autrement, ailleurs. Merci pour l’aubaine et pour ce projet ! »

Audrey

Céline

« Pour mon anniversaire, je me suis offert une heure de solitude. Comme un précieux cadeau. Pourquoi la solitude est-elle synonyme de tristesse ? Moi j’étais heureuse là-haut, à veiller sur la ville qui s’éveille.
Fermer les yeux… l’odeur du bois, le ronron des voitures, le son des mouettes.
Ouvrir les yeux… une grue qui prend vie, les joggeurs qui transpirent, les chiens qui se défoulent.
Le temps est suspendu, comme moi, au milieu des nuages de ce 3 février. La ville s’éveille, tout est à sa place, tout va bien. »

Céline

Joachim

« Au début du tour de veille, le ciel était fendu. Des rais de lumière passaient à travers les nuages. Cela donnait de bonnes indications pour savoir où regarder. Puis le ciel est redevenu plus homogène, tout en gardant sa belle lumière d’hiver (lumière révélée par les fumées des usines, en contre-jour). Après, l’attention s’est plus portée sur l’activité à ras du sol : les entrainements dans le stade, les chiens gambadant dans le parc. L’abri s’était à la fois un cocon et une cocotte-minute. C’est un endroit relaxant, un lieu de méditation, mais qui favorise aussi, paradoxalement, « la tempête sous un crâne ». Mais bon, tout dépend de l’état où l’on a laissé ses soucis.
À refaire le matin pour voir comment se comporte la lumière à l’est. »

Joachim

Camille

« Je voulais regarder Montreuil dans les yeux avant de la quitter, et la remercier pour ces 10 dernières années. Heureux de savoir que le Cycle veille sur elle, comme elle le mérite.
Le brouillard s’est dissipé en même temps que la fatigue et les pensées du quotidien, je sors de cette expérience avec les idées claires, et l’impression d’avoir eu droit à un tête à tête avec cette ville que j’ai mis du temps à comprendre, mais que j’ai tant aimé. Merci pour tout ça. »

Camille

Benoit

« Le soleil est apparu dans l’encadrement projeté devant moi, une fenêtre sur le ciel. Témoin et observateur de la flotte de nuages en nombre vers l’est, beaux, majestueux, lumineux.
Une frontière avec la ville dessous, je la décris comme un amoncellement de formes désorganisées, enchevêtrées, compactées. Je relève les yeux vers le ciel et ses nuages ensoleillés.
Je suis tout petit, dans la boîte, à être témoin du soleil qui disparait à l’horizon. Quelle puissance, éternelle ? Que sommes-nous dans cet univers ? Humilité. »

Benoit

Clémence

« Les alentours et moi avons échangé l’électricité que nous devions expulser. »

Clémence

Christine

« Un peu de Pierre Garnier, dans le ciel, ces tribus d’oiseaux volant en groupe vers le couchant. Du François Bayle dans la tête, « Toupie dans le ciel », ma marotte du moment, adaptée aux grandes étendues célestes. Je ne veille pas seule.
Qui veille sur qui ? Ces enfants qui me regardent, joli trio avec balle. Je tente de veiller, sans sur-veiller. Sans veiller avec trop de pugnacité. Laisser faire la veille. Osciller entre ancrage, prise et abandon. Pourquoi ne pas fixer les yeux sur le béton ? Quelques lampidés, peu de lueurs, à part sur les toits. Vibrations cuivrées. Je n’en crois pas mes yeux. Veiller sur, avec, contre. Contre soi, le cœur contre le monde. Cette fois-ci, et toujours ? Me lover contre lui. »

Christine

Matthieu

« Un tapis de nuages au-dessus de la tête des gris qui s’assombrissent en volant au-dessus de l’abri. Le vent qui fait vibrer l’objet, quand la pluie vient brouiller l’image, tels des pleurs incessants. Paris s’endort ! »

Matthieu

Claude

« Il est 8 h 11, il fait très beau, le ciel est profondément bleu et le disque solaire qui émerge est parfaitement éclatant. Cette beauté brute coule dedans mes yeux, se répand sous ma peau, inonde toutes mes humaines molécules. Je suis là, dans cette prière sauvage qui me lie à toutes les ancêtres qui ont célébré le jour neuf depuis l’aube de l’humanité, à tous les frères humains qui seront, après moi, enlacés par cette par cette danse de lumière.
Je suis là, témoin de cette beauté pour tous mes frères humains qui avec moi vivent. Ils sont invisibles, ensevelis sous la gangue de béton de la mégapole, noyés dans le clapotis mécanique. Seule une jeune femme enchaine les tours de pistes comme la Terre tourne, avec sa queue de cheval. Seule une petite fille qui traverse la pelouse dans sa peau de panthère me voit. Nous échangeons un salut. Les mouettes viennent de me toucher, perdues entre ciel et terre. Le jour neuf est là. Nous sommes là. »

Claude

Meïssa

« Le 7 février, le jour d’anniversaire de ma maman. Après des jours et des nuits de stress à cause des études, une pause délicate sur ma vie m’a fait du bien. J’ai pu libérer des pensées anciennes à travers le soleil qui se couchait. La Tour Eiffel, devant mes yeux, mes propres yeux devant plus de 20 minutes, accompagnée de couleurs chaudes d’hiver de février. Je n’étais pas toute seule, tu étais là, maman, à travers ces couleurs. C’était un moment magique et mémorable qui n’a duré que quelques minutes mais qui restera gravé à jamais : le 7 février 2022 à Paris. »

Meïssa

Lisa

« Une grande réunion de chiens avec leurs humains dans le parc ce matin. J’aurais bien aimé y assister. »

Lisa

Rodolphe

« Un ciel gris et dans le fond noir de mes yeux, un soleil levant. Il me semble qu’il ne s’est jamais couché. En phrase finale je me dis que je ne dois pas hésiter à appeler les gens que je veux garder dans ma vie. C’est passé vite. J’ai attendu le noir complet et le jour m’a surpris. C’était agréable de visualiser ses craintes et ses envies comme des bouquets de flammes qui s’en vont en fumée. »

Rodolphe

Sandra

« Venir dans la nuit noire, braver mon humeur de « non-matinale », rouler doucement dans la vie encore, encore. Monter les escaliers, découvrir l’Aurore, avoir envie de rester là dehors… L’heure de la veille. Les vitres côté soleil nettoyées et côté ombre complètement embuées… Le trait rouge du soleil qui se lève, incandescent, est initialement là. Il fait grand bleu avec quelques traces d’avion blancs. La météo à la radio s’est trompée. Lever du soleil = la joie ! C’est la joie qui est toujours immédiatement en moi. Puis le temps s’étire. Aller-retour entre le paysage et la vitre embuée… Je regarde comme à travers un trou de serrure sur le côté.
J’ai chanté aussi.
À un moment, l’impatience de m’élancer dans le nid, de sortir de la contemplation.
À un moment aussi, les douleurs d’être debout, les souvenirs. Mon ombre/mon reflet dans la vitre du soleil… danse.
À un moment, chanter un peu, ce qui vient, puis une chanson d’enfant qui parle d’espoir.
À un moment la forte présence de la ville qui s’impose, et la réflexion de notre impact sur le monde, la planète. Sortir de trouver normal ce qui est normal. Ce petit point de vue que je suis, bribe parmi les bribes…
Et aussi les oiseaux, et les gens qui vivent dans les tours, et la lumière dorée du soleil sur les choses. Tout ça. Un frémissement. Un instant et l’éternité. Merci pour ça. »

Sandra

Marie-Elise

« Je pensais regarder beaucoup plus l’horizon et mon attention a été captée par les aller-venues des gens, des enfants, des chiens. Nous sommes un mercredi. Il fait beau. Il y avait beaucoup de monde. Tous m’ont paru bien occupés. Ils jouent, promènent leur chien. Il y avait même un goûter d’anniversaire. Peu semblent se promener sans but.
Une coccinelle jaune est venue me rendre visite puis s’est envolée. A la tombée de la nuit, tout de suite après que le disque rouge du soleil ait disparu, des corneilles sont venues sur la pelouse. C’est leurs cris qui m’ont appelée.
Au début de la veille, j’étais éblouie par le soleil. Plein ouest. Et un peu déstabilisée par cette position en aplomb, ce point de vue qui fait si peu partie de la vie ordinairement.
Maintenant, tout est rose. Et les premiers réverbères à s’être allumés sont ceux des stades. »

Marie-Elise

Garance

J’ai pensé au début pourvoir mieux appréhender le passage du temps, pouvoir en être témoin, voir véritablement le changement de lumière. En réalité celui-ci est beaucoup trop imperceptible, il m’aurait fallu comparer ce que je voyais à ce que j’avais vu dix minutes plus tôt. Je me suis donc amusée à passer de l’ouest et à l’est et vice-versa pendant l’heure, et j’ai pu remarquer qu’il me semblait qu’il fasse à chaque un peu plus jour de l’autre côté, comme si cette interruption de quelques secondes le temps de travers le couloir me permettait un regard nouveau sur ce que j’avais pu voir quelques minutes plus tôt.
Mon expérience du regard pendant cette heure m’a vraiment questionnée : qui regarde qui ? Alors que je pensais regarder les gens et la vie qui se déroulait sous moi, j’ai eu l’impression au bout d’un certain temps que c’était plutôt l’inverse, c’était peut-être moi finalement qui était vue et observée. Isolée dans une boîte, exposée au milieu du parc, sous les multiples regards en provenance des tours, exclue momentanément de cette vie quotidienne. Je me suis sentie soudainement vulnérable et observée. Cette hauteur prise et cette exclusion (spatiale, mais aussi temporelle) me permettait à la fois un sentiment de puissance, de pouvoir voir ce que les autres ne voient pas mais aussi le sentiment d’être minuscule, perdue au milieu d’un monde qui me dépasse. À un moment, comme par magie, en observant une personne et son chien, celle-ci s’est retournée et a levé les yeux vers moi un instant. Comment avait-elle deviné ma présence ? Est-ce qu’elle a senti mon regard ? Son regard m’a en tout cas fait passer d’une position d’observeuse à observée à mon tour.

Simon

« Au moment où j’ai vu passer ce que je crois être un héron, j’étais persuadé que c’était le signal de quelque chose, un changement, un événement… Mais non, rien. C’était simplement un parmi les milliers d’autres cœurs battants sur lesquels j’ai veillé, tendrement, et avec presque toute mon attention. »

Simon

Adrien

« Urbano-cosmique, le spectacle de la contemplation. Le lever de soleil supersonique m’a grillé la rétine. Tout le monde semblait aller bien. Merci pour le café. »

Adrien

Salomé

« Redécouvrir sa capacité de s’émer(veiller) ! Contempler l’horizon dans un cocon.
Bois – matière
Vitre – lumière
Fenêtre sur le vivant. »

Salomé

Gautier

« Se lever tôt un samedi matin pour assister à un lever de soleil dans un abri en bois m’a paru être une drôle d’idée. Au final le temps passe vite si l’on observe attentivement ce qui nous entoure. Deux chiens qui se disputent un gros morceau de bois, un défilé de joggeurs, un ballon orange, une balle jaune… Tout le monde s’est bien amusé ce matin et j’étais là pour le voir. »

Gautier

Bernard

« Ce matin j’accompagnais un veilleur pour lui apporter toute ma sympathie et ma bienveillance pour qu’il puisse apprécier de façon optimale ce moment si particulier. Ce soir je remplaçais au pied levé une veilleuse qui a annulé à regret sa veille à cause d’une fracture… au pied.
Sylvie m’accompagnant pour cette session qui s’ajoutait à mes trois performances précédentes.
Dès le début de la ville, je me suis senti enveloppé par une douce chaleur réconfortante, bienfaisante, apaisante et sécurisante amplifiée par ces arômes de bois. Cela a duré longtemps et a occulté pour l’espace d’un moment l’hiver et le froid.
En m’habituant à cette situation revigorante, j’ai observé enfin l’évolution du soleil et ce fut cependant une belle expérience vécue aujourd’hui. »

Bernard

Anne

Voir le lever du soleil, la magie de l’étincelle rouge entre deux buildings. Elle enfle cette étincelle, très vite, ne pas en perdre une miette. Elle devient disque orange flamboyant ne pas la quitter des yeux – impossible – l’œil ne s’en remettrait pas. Alors pendant que ce soleil monte, car c’est bien de lui qu’il s’agit, regarder autour, observer la ville qui comme chaque jour renait. Au premier plan le parc où les coureurs du dimanche commencent à affluer, la ville sur ce côté Est est à contre- jour, on ne discerne pas complètement les immeubles, on voit par contre beaucoup de fumerolles, fumées d’usine, d’immeuble ? Au loin plus loin, se dessine l’horizon.
Et plus haut le ciel est strié des avions qui atterrissent ou décollent d’Orly. Les oiseaux passent et repassent devant moi. Un pigeon m’observe sur le toit d’en face. Le soleil de plus en plus fort ne peut plus être regardé en face. Je me tourne vers l’ouest. Ouest… vers Paris donc. La ville est éclairée. J’avais des repères. J’observe, je veille et je cherche mes marques. La Tour Eiffel, les tours Jean Nouvel, celles du 13e, le cimetière de Père Lachaise, plus près des immeubles rouges des années 30, 50, sur les extérieurs. On ne voit pas la Seine, pas Montmartre, pas la Défense. J’observe, je veille sur la ville. Le temps passe. Un souvenir de tout… au loin les hauteurs mais comment le situer ? Peut-être les hauts de Meudon ? ou ceux de Vitry ? Ah cet immeuble, peut-être l’hôpital Gustave Roussy à Villejuif ? Je reviens vers le soleil et quitte ce qu’il éclaire. Il est déjà très haut, les coureurs sont de plus en plus nombreux, les promeneurs de chien aussi. Et moi je suis là-haut seule et bien pour la première heure de mon anniversaire. La veille se termine, une heure sans repère c’est court. Quelle belle initiative ! Merci pour cette expérience.

Anne

Estelle

« Un poil claustrophobe et me sujette au vertige, le défi s’annonçait difficile. Mais mon accompagnateur Grégoire (Merci !) a su me mettre à l’aise et susciter ma curiosité quant à l’expérience.
Une fois à l’intérieur, prendre possession du lieu. Plutôt facile. Faire fi du vertige, également.
Le premier élément qui me frappe : le bruit. Vais-je réussir à en faire abstraction ? Il faudra bien. Le deuxième élément : les visiteurs du parc. Plutôt rassurant. Aussi je ne serai pas complètement seule durant cette heure qui sera sans doute une éternité. Repéré par une maman et son fils, nous nous saluons. Plutôt sympa. Mais plus qu’une vigie, je me sens l’âme d’un voyeur. Dérangeant. Puis je m’habitue peu à peu et commence enfin à appréhender l’environnement, le paysage et l’horizon je suis quand même peut être venue un peu pour ça. Le caisson devient alors mon cabanon, mon refuge. Qui l’aurait cru ? Pas moi. C’est pourtant la réalité – un tel point que à l’aise dans mes chaussettes, solide sur mes guiboles, le regard fixe sur ce foutu soleil qui se couche, je suis dérangée par de nouveaux visiteurs du parc. Si la première fois fut agréable, cette fois-ci ça ne l’est pas. Qu’on veuille bien me laisser tranquille, merci. Au final l’expérience fut plus qu’agréable, plaisante voire un chouille onirique, et sensorielle. À reproduire et revivre si l’on m’en donne l’occasion. »

Estelle

Sylvie

« À l’est, le soleil blanc et chaud dans un ciel bleu. À l’ouest, une longue bande gris-vert nuageuse, intense et polluée. Elle coiffe la ville et la sépare d’un ciel bleu pâle, très pâle. Oui, dans l’abri, je sens le vent qui fait vibrer les parois de bois de l’abri. Ainsi, en un instant, je pars dans mes souvenirs d’enfant de 5 sans, près de la mer, en Normandie, à Petit Fort Philippe dans ce meublé aux fenêtres non étanches qui laissaient passer le froid et chanter le souffle du vent.
C’était aussi un moment à moi, gravé dans mes sensations. »

Sylvie

Laurent

« J’avais bien connaissance qu’en Île-de-France le vent venait de l’Ouest, ce qui expliquait que les « beaux quartiers » et la banlieue aisée se situaient à l’Ouest et les usines et les banlieues ouvrières à l’Est. Pour être sûr que les odeurs d’usine partent vers l’Est.
Durant cette veille, parce que le coucher du soleil, parce que la lumière, c’est l’horizon ouest qui s’ouvrait le plus facilement à ma perception. Et c’est là que j’ai vu l’averse inévitable tranquillement arriver. Elle a tout recouvert, elle a tout obscuré, jusqu’à ce que les gouttes viennent frapper la vitre et rendre tout flou.
Puis vers le tard, une légère ligne rouge s’est finalement levée, comme si la « veille » de ce soir devenait un matin. Et mon paysage intérieur s’est brouillé : la notion d’horizon qui a plutôt été pour moi un point à atteindre (un horizon d’attente) apparaissait soudain comme une anticipation. Le Futur et le Passé réunis.
Merci pour l’expérience spatio-temporelle veiller à… »

Laurent

Isabelle

« Ciel incroyablement clair. Le ligné lumineux se découpe et n’a pas l’air d’être un début de soleil. Il faut du temps pour le reconnaître. Je découvre un espace et un paysage totalement inconnus. C’est une autre ville, un autre espace que les questions familières où j’ai vécu, travaillé, circulé pendant tant d’années. Très étranges – les souvenirs reculent, s’éloignent, j’imagine les vies invisibles dans les carrés minuscules des tours. Les intimités, les familiarités que des milliers d’humains se fabriquent à l’intérieur de ce paysage.
Un vol de mouettes se pose sur l’herbe. Un chien brun, un chien noir, un chien blanc, parc plein de chiens. Leurs maîtres posés verticaux et parallèles. Un seul enfant en une heure, anorak rose, bottes maladroites.
Le béton angulaire, le métal rouillé, les cubes de ciment qui ont l’air de ne rien savoir de l’ovale du stade juste voisin. Les marcheurs ont un espace immense, la lumière et l’air frais se posent sur leurs visages mais aucun ne lève les yeux, tous ont l’air d’ignorer que le soleil se lève.
Le soleil, lui, est attentif, il veille à de la douceur sans rupture au-dessus du chaos des villes en désordre. Nappes de brume et de couleurs horizontales. Beaucoup d’amitié pour les vies qui se fabriquent, ne font pas attention à lui mais savent qu’elles peuvent compter sur lui. La lumière semble résister à toutes les catastrophes, elle reste là. »

Isabelle

Marion

« Un moment suspendu, dans le temps et dans l’espace. Au début, le regard a du mal à se fixer, on ne sait pas où poser le regard : les arbres, les passants ; les oiseaux, les lumières, les bâtiments… Puis on se familiarise avec son environnement et l’on peut percevoir tous les contrastes que ce paysage nous offre ! Merci pour cette belle expérience, surprenante et enrichissante. »

Marion

Cécile

« D’abord observer.
Essayer de retrouver, à partir des toits de maisons, les chemins que l’on a l’habitude d’emprunter. Regarder les pies, les corneilles et les mouettes voler à quelques mètres de l’abri. Écouter le périphérique, les sirènes des ambulances, les oiseaux toujours. Saluer de la main la femme qui promène son chien. Puis se rappeler qu’on est là pour veiller. La ville, le paysage, le lever du jour. Alors se mettre en position pour avoir un regard plus panoramique. Se rappeler quelques conseils dédiés à la méditation de pleine conscience. Essayer d’être ici et maintenant. Mais rapidement se faire frapper par ses petites voix intérieures. La liste des tâches à accomplir, les petites choses qui tournent en boucle. Se rendre compte qu’on a oublié de veiller plusieurs minutes.
Observer à nouveau. Une corneille qui a choisi de se percher au sommet de l’arbre le plus haut. Quasiment à notre hauteur. Et alors être rassurée : quand le Cycle des Veilleurs prendra fin, elle sera toujours là, à veiller la ville et le lever du jour (mais qui sait quelles sont ses petites voix intérieures ?). »

Cécile

Amy

« C’est l’heure de ma veille
C’est l’heure de moi, l’heure de la veille de moi qui veille
L’heure d’une fine pluie ou une pluie fine qui veille
L’heure des gouttelettes sur la vitre, glissant à peine, en veille
L’heure des toits en tuiles rouges qui veillent
L’heure d’une bâche bleue sur des tuiles rouges qui veille
L’heure de l’herbe verte en bas qui veille
L’heure des arbres sans feuille et leurs branches toutes maigres qui veillent
L’heure des sapins et des thuyas toujours vertes et touffues qui veillent
L’heure des enfants qui jouent au foot en veillant
L’heure des enfants qui ne jouent pas au foot en veillant
L’heure d’un couple qui se promène, la femme avec foulard, l’homme une casquette qui veille
L’heure des chiens en laisse qui courent et se coursent en veille
L’heure de ceux qui promènent leurs chiens qui veillent
L’heure de ceux qui ne promènent pas leurs chiens qui veillent
L’heure des immeubles haut et des immeubles bas qui veillent
L’heure de l’immeuble jaune qui veille
L’heure de la tour de la mairie et la Tour Altaïs et le rocher du Zoo de Vincennes qui veillent
L’heure de la Tour Eiffel qui va et vient avec la brume qui veille
L’heure des planches sous mes pieds qui veillent
L’heure de mes pieds qui veillent
L’heure du jour, du mercredi gris qui veille
L’heure de nuit, du mercredi gris qui veille
L’heure de l’entre-jour-et-nuit qui veille
L’heure des cris des enfants qui tapent un ballon qui veillent
L’heure des lampadaires qui veillent en s’allumant à l’heure de la veille
L’heure des nuages qui fuient en veillant
L’heure des nuages qui veillent l’heure qui fuit
L’heure qui fuit en veillant les nuages qui ne fuient pas
L’heure d’une pie en haut d’un bouleau sans feuilles qui veille
L’heure des pigeons qui marchent sur le chemin sans les arbres qui veillent
L’heure des Montreuillois et ceux de Bagnolet qui veillent
L’heure de ceux qui rentrent du travail à l’heure de veille
L’heure de ceux qui n’ont pas de travail à l’heure de veille
L’heure de rester debout pendant la veille
L’heure de s’asseoir après la veille
L’heure de veiller
L’heure d’être veillée
L’heure de moi, l’heure de toi qui veillent
L’heure de celui qui veille
L’heure de… tu es cela »

Amy

Arnaud

« La création divine reste sans commune mesure avec la création humaine… Surtout dans le 93 – mais ce devient aussi vrai à Versailles. Chercher Notre-Dame, pas vue… »

Arnaud

Kristin

« C’est une épreuve pour moi de rester sans « rien faire ». Je suis plutôt de nature à toujours être en train de faire des choses et même quand je me pose, j’ai tendance à écrire des listes « to do ». J’en ai fait dans ma tête ce matin, mais, miracle ! Je ne me souviens de rien. Les symboles du temps sont forts quand on passe cette heure dans la cabane. Les immeubles symboles d’époques différentes, la Tour Eiffel, les gens qui font du sport pour combattre le temps, le changement de lumière bien sûr, les klaxons de voitures indiquant le retard… J’ai beaucoup aimé malgré ce ciel bien couvert.
Merci. »

Kristin

Delphine

« Ça bruit là-dessous, ça rugit. Ma coquille tient bon solide et fragile. Ça rougeoie derrière mes paupières. Points, lignes, deux yeux me regardent à travers les nuages.
Ma grand-mère savait dire l’heure en regardant le soleil. Mon grand-père je ne sais pas. Ma grand-mère savait siffler en maintenant un brin d’herbe entre ses pouces et ses paumes. Mais comment font les oiseaux pour voler en pleine bourrasque ?
Soleil je te salue et boirai à ta santé une bonne bière bien fraîche. »

Delphine

Jessica

« De près, de loin, à gauche, à droite, de haut, plus bas, en panoramique et en mode portrait… Merci la ville de t’ouvrir à moi, aux feuilles d’arbres de se donner en spectacle, aux coureurs de répéter leur tour, aux chiens de gambader, du soleil de se lever, à cette promeneuse de me saluer. Je ne prends rien de tout cela pour acquis. Je dis simplement merci. »

Jessica

Gwladys

« Je suis arrivée dans cette cabane avec joie. Enfin. J’allais prendre une heure pour moi et moi seule. Je me suis assise, quelques larmes étaient sur le point de tomber. La joie de de ne rien faire, enfin ! Peu à peu mon regard a pris des risques… les premières minutes se sont penchées sur le sol, puis le regard a pris le risque de contempler les immeubles, puis plus loin en se dévoilant ce qu’il avait au loin, pour enfin regarder le ciel et replonger dans un jeu d’enfance : s’imaginer quel animal représentait les nuages qui passent. Le corps s’envolait au fil du temps, les yeux se ferment. Seuls les cris, le sifflet de l’arbitre, les aboiements des chiens composent le paysage. Les vibrations ont fait vibrer la cabane. Je suis seule avec un corps qui s’enfonce et un esprit qui se repose. Je suis bien. Merci à chaque personne qui ont fait et font vivre ce projet. »

Gwladys

Aurélia

« Le temps guérira tout…
Pas de silence sans tempête
Les rafales caressent la maison de bois
Le gris a enseveli tout horizon
Il assombrit ma vision
Comme il est beau ce faux accord
Face aux immeubles bétonnés et à la dame de fer,
J’ai vu une femme au bonnet
Vert sapin faire voler un cerf-volant
de couleurs. Elles se sont retournées.
J’ai vu des corgis sacrés, des maîtres,
des chiens. Ils ont des laisses autour des mains.
Courreurs, courrez ! Ici je vois danser
les oiseaux. Ils valsent à tour de rôle,
à chaque bourrasque de vent.
Certains luttent mais un corbeau demeure.
Le gris devient bleu nostalgie.
Comme il est triste ce bel accord.
Le temps guérira tout. »

Aurélia

Pierre

« Vent fort, course de nuages, soleil timide puis roi soleil
Une corneille, une hirondelle, deux pigeons et quelques mouettes
Les ombres courent, les joggeurs s’étirent, les chiens s’affolent
Et les voitures, sans s’arrêter ronronnent
Je n’ai pas vu le temps passé, mais il est passé un peu vite
Merci à l’équipe, bisous la Maison Pop. »

Pierre

Miguel Angel

« Étrange expérience que de surveiller la ville. Étrange sensation quand les lumières s’allument petit à petit que celle d’entrer chez les gens par leur fenêtre, un peu voyeur.
Bouleversant se sentir seul face au vent, à la ville immense, aux gens qui passent et ne nous voient pas. Statue qui veille, qui surveille, qui émerveille.
Merci. »

Miguel Angel

Julien

« D’abord, ne pas penser. Ne pas penser à sa journée de travail à venir, à sa liste de courses à faire, aux soucis du quotidien. Ne pas penser. Puis penser. Penser à faire entendre sa respiration entre les parois de bois. Penser à toucher le bois. Penser aux poches, à l’amour, ses amours. Laisser sa pensée s’échapper, avec le vol des oiseaux. Se sentir interrompu dans sa pensée, lorsque les passants, joggeurs et baladeurs de chiens en contrebas vous aperçoivent… Se demander ce qu’eux, ils peuvent bien penser de moi, de ma position. Et penser qu’il reste encore un quart d’heure, alors que c’est déjà fini…
Merci. »

Julien

Laurine

« D’abord l’odeur, celle du bois. Et le son sourd du vent et des voitures au loin. L’air chaud au centre et une brise d’air côté Montreuil.
Mes pensées naviguent, voyagent, restent étrangement dans un mouvement permanent. Je raconte, me raconte, décrit, pense…
Un homme s’accroche à un arbre puis trottine à reculons.
Côté Montreuil, le stade ne désemplit pas. Un homme reste assis durant presque toute une veille. Je suis côté Paris lorsqu’il s’éclipse enfin.
C’est accroché à ces presque rien que je me suis laissée porter et voyager au long des chemins, de l’infiniment proche au lointain.
Merci. »

Laurine

Le Cycle des Veilleurs dédié aux enfants et aux adolescents

Mercredi 1er juin de 8 h à 20 h

Montreuil & Bagnolet

Le principe
Vous aussi vous souhaitez veiller votre ville et sa région dans un objet-abri en bois sur le toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin – Les Guilands ? Vous avez entre 7 et 16 ans ?
On vous propose une journée spécialement dédiée aux jeunes veilleurs et veilleuses, avec la possibilité pour vous de participer au projet Le Cycle des veilleurs de la chorégraphe Joanne Leighton.

Le temps de veille est de trente minutes, quinze minutes pour les plus petits.

Inscriptions
Gratuit sur inscription : https://bit.ly/Cycle_Veilleurs_enfants (lien actif à partir du 11 mai à 11 h)
Ouverture des inscriptions le mercredi 11 mai 2022 à 11 h, nombre de places limitées. Les jeunes participant·es se relaient sur la journée de 8 h à 20 h.

Préparation
Une fois votre inscription effectuée, vous serez contacter pour confirmer votre participation.

Lieu de veille
La Maison du parc départemental Jean Moulin - Les Guilands, 11 rue de l’épine 93170 Bagnolet

Une création monumentale ouverte à toutes et tous
Le Cycle des Veilleurs, créée par Joanne Leighton, est une œuvre cho­ré­gra­phi­que, fédé­ra­trice, tis­sant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre. Avec cette per­for­mance par­ti­ci­pa­tive créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’artiste pro­pose aux habi­tants de « veiller » leur ville et leur région depuis un point culmi­nant.

Joanne Leighton est une cho­ré­gra­phe et péda­go­gue belge, d’ori­gine aus­tra­lienne, ins­tal­lée en Île-de-France, dont le par­cours est étroitement lié à une vision de la danse ori­gi­nale et évolutive. Sa démar­che explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de ter­ri­toi­res, d’iden­ti­tés, d’espa­ces inter­dé­pen­dants.

La qualité d’une présence
Être pré­sent dans un site spé­ci­fi­que, acteur·­rice - obser­va­teur·­rice, ques­tion­ner l’espace et com­ment on le per­çoit et le reçoit avec ses sens en éveil, ouvrir son regard à perte de vue et éprouver la ren­contre entre notre corps et ce pay­sage que l’on décou­vre ou redé­cou­vre… Voilà le sens de cette per­for­mance pen­dant laquelle chaque par­ti­ci­pant fera l’expé­rience d’une notion fon­da­men­tale dans la pra­ti­que cho­ré­gra­phi­que : la qua­lité d’une pré­sence.

Être Veilleur
À l’heure choi­sie, le Veilleur rejoint l’objet-abri ins­tallé sur le toit de la Maison du Parc, et veille la ville.

Depuis ce refuge, le Veilleur veille les villes de Montreuil, Bagnolet et Paris, fait une pause dans l’agi­ta­tion quo­ti­dienne. Ce moment en-dehors des contin­gen­ces du quo­ti­dien est un temps pri­vi­lé­gié que chaque Veilleur se donne à lui-même. À la fois acteur et obser­va­teur, il ou elle par­ti­cipe à une expé­rience sin­gu­lière, ouvre son regard à perte de vue et éprouve la ren­contre entre son corps et ce pay­sage qui l’entoure… Voilà le sens de cette per­for­mance pen­dant laquelle chaque par­ti­ci­pant·e fera l’expé­rience d’une notion fon­da­men­tale dans la pra­ti­que cho­ré­gra­phi­que : la qua­lité d’une pré­sence.

Après la veille, le Veilleur témoi­gne de ses impres­sions, pen­sées et sen­ti­ments dans un jour­nal de bord qui cons­ti­tuera le Livre des Veilleurs à la fin du projet.

Une créa­tion de Joanne Leighton. Performance portée col­lec­ti­ve­ment par WLDN/Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/Centre de déve­lop­pe­ment cho­ré­gra­phi­que natio­nal, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Ville de Paris. Avec le sou­tien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/ CDCN, L’Étoile du Nord-scène conven­tion­née d’inté­rêt natio­nal art et créa­tion pour la danse, Micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction géné­rale de la créa­tion artis­ti­que – Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit Blanche Métropolitaine.

Ruth

« It’s a clear morning. The sky is limpid, glowing, getting brighter rapidly. To start, both windows are foggy, I touch my hand against the glass hoping to rub a clear patch, but the condensation is on the outside. I feel slightly frustrated as the exterior humidity is lost, I am in a fuzzy space.
Then the sun starts to rise. An orange curve pushing up behind a building. Sharply, despite the fuzzy window. It is held behind the basket-like structures of the floodlights, a basket of fire, like an Olympic torch. The condensation disappears as the sun’s rays touch the glass. The view crystallizes. Silhouettes of buildings, plumes of smoke rising vertically, dozens, even hundreds. The city breathes, exhales. The sun goes from orange, to yellow, to pale yellow. I could only look straight at it for a few moments, when it appeared as an orange disc.
Facing west.
It is still foggy, but the sun’s rays have transformed the previously grey city and park. The colors have become rich and deep, greens, reds, silver, gold, chestnut, brick, black, charcoal. I watch two magpies sitting high in the branches of a tree. So high that the branches are more like twigs. The grass of the park below has a tufty texture that is imperceptible at ground level, as if one can see the thousands of feet that pass across it, shaping it. The silver birch trees glow, bunches of silver ropes and threads. How nice to be here at the end of winter, before the leaves are out.
I watch a woman play with her dog. Throwing a tennis ball. The dog bounds with joy. She teases him, pretending to throw in one direction, then suddenly changing her mind. They seem complicit, utterly happy in each other’s company.
What a magical privilege to have had this moment up here, on this beautiful morning. »

Ruth

Lisa

« Merci pour ce moment, l’écoute et l’observation… J’ai pris le temps ici de contempler la ville. J’y ai vu comme un corps, avec ses bâtiments comme des danseurs, ces zones lointaines et ces gens qui passent. C’était un peu comme voir de manière plus attentive à la fois la ville et ce qui circule en moi, tout de suite, maintenant.
Encore merci pour cette expérience et ces rencontres ! C’est un moment à la fois interne et externe qui m’a fait prendre de la hauteur ! À refaire, et curieuse. Les expériences multiples. Merci à la Maison Pop, merci à Joanne Leighton.
À une prochaine, peut-être ! »

Lisa

Marie

« Un beau moment d’observation et aussi d’introspection. Le va-et-vient du glissement entre deux états et deux paysages. Subrepticement la nature qui s’éveille et nous sort de nous-mêmes, des tentatives de reconnaitre les bâtiments qui nous entourent et des paris contre soi-même pour estimer la position du soleil à la fin de la veille.
Merci pour ce projet, aux artistes et organisateurs.
Merci à Romain pour son accueil. »

Marie

Chloé

« L’horizon au deuxième étage. L’accueil par l’arc-en-ciel. L’impatience, le désir, l’excitation qui s’apaise comme le soleil. Oui, il s’est bien couché ; oui, nous avons tourné.
L’horizon doré, belle image. La chaleur du bois, le reflet dans ce marbre. Choisir son cache, sa position, son angle. Comme elle, comme lui, comme iel, agité, fougueuse, m’apaise quelques soubresauts, puis la ligne, le calme, sérénité, salut.
Saisi du froid, sortir du cocon les larmes qui foulent les joues jusqu’à la dernière étincelle. »

Chloé

Claude

« C’est ma deuxième veille, je remplace Sophie qui n’a pas pu venir. Je ne me sens plus comme un veilleur du premier jour, plutôt quelque chose comme un gardien de phare.
Ce paysage, les levers du jour commencent à devenir familiers, à faire habitude.
Ce perchoir commence à faire partie de moi.
Putain, je commence à me prendre pour Batman !
La puissante douche de lumière baigne mon corps, et puis comme une révélation, plutôt comme une intense et douce étreinte que mon corps appelle, souhaite, désir… Ça me nettoie instantanément de toutes mes adhérences, mes préoccupations domestiques… L’énergie nucléaire du jour qui monte irradie un organe secret en moi.
Ça fait pulser la vie, c’est sûr ! »

Claude

Marietou

« J’ai été chanceuse de faire ma veille lors d’un jour aussi ensoleillé que celui-ci. Le bruit du vent sur l’abri, les oiseaux et leur chant ; le bruit des conversations dans le parc : ce fut un moment agréable où j’ai mobilisé mes sens.
Mon moment préféré a été le coucher du soleil en lui-même. J’ai observé le soleil disparaître à l’horizon en une fraction de secondes (ou en quelques minutes) et c’était magique ! »

Marietou

Paul

« Dans l’intimité du réveil
Au lever du jour, ce matin
Lentement, le temps passe vite
Entre la ville qui dort, immobile
Et la ville qui vibre, vivante

À hauteur d’oiseau

Dans la couleur du réveil
La douceur et l’empathie
On voit près, de loin
Je pense à eux là-bas
Il n’y a pas de distance, la lumière nous unit

« Quand je serai grand, je serai un oiseau »

Dans la chaleur de l’hiver
Le bois et le verre, le béton et le vert
Des bourgeons et des chiens
Là-haut, celui qui veille
Et dans avec le monde

Qui tourne. »

Paul

Revue de presse

On a testé pour vous "Le Cycle des Veilleurs"

Le Montreuillois le 14 avril 2022

Un article de Maguelone Bonnaud

Jusqu’au 1er octobre, 730 se relaient au lever et au coucher de soleil pour "veiller" au-dessus du parc des Guilands. Une expérience intime et métaphysique proposée par la Maison populaire et vécue par notre reporter.

Céline

« Ce matin, j’ai donc eu la chance de pouvoir observer le soleil sortir de derrière la tour. Impressionnée de voir la rapidité du mouvement. De pouvoir suivre le mouvement des ombres sur les bâtiments. J’ai passé un moment certain à apprécier le vol des oiseaux dans ma bulle, à les voir démarrer leurs activités, à les écouter. L’odorat est venu me rattraper sur la fin de l’expérience, l’odeur de bois de ma bulle ajoutait à cette impression de cocon, d’être en suspens.
Merci pour cette entame de journée toute en douceur et en beauté. »

Céline

Rosanna

« Le beau coucher du soleil ma transporté jusqu’à mon cher pays « le Pérou » et la Tour Eiffel m‘a ramené… magnifique ! »

Rosanna

Céline

« Ciel ouvert, spectroscopie qui s’étale sur la ligne d’horizon. La lune attend que le soleil se lève pour coucher son délicat croissant. Il surgit comme la formule de Ponge, une perle dans mes mains – huitres. Buée, contact, œil qui me regarde. L’œil de l’univers peut être l’œil. L’œil ? Un regard qui réchauffe, qui éclaire tout en plongeant dans l’ombre. Contrastes, contre-jour. Tourner le dos, pas pour tourner le dos, pour se laisse soutenir et réchauffer. Et regarder les couleurs éclairées. Sentir la chaleur, derrière. Bienveillante, agréable, traverser. Me traverser. Et puis jouer. Entendre, écouter, bercer, regarder, fermer les paupières et voir encore de l’intérieur. Avec la peau, les oreilles et le nez jouer, avec les pieds avec les jambes avec les bras. Je suis comme un soleil à la fois immobile et en mouvement. Lent. Étiré comme le rayon qui part de cette pupille blanche, éclaire la ville, les gens, fait chanter puis voler les oiseaux se décompose aux couleurs de l’arc en ciel dans une buée sur la vitre froide et réchauffe mon corps qui s’expose.
Merci pour ce trop court moment d’intimité avec le temps qui court ! »

Céline

Sarah

« Une pause dans le temps, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi détendue. Ma participation à ce projet vient du hasard, je m’attendais à quelque chose d’apaisant et de beau. Le soleil était avec moi aujourd’hui et c’est ce qui a rendu cette expérience aussi belle. On ne mesure pas l’importance de prendre le temps de regarder ce qui nous entoure. Je garderai ce souvenir en tête, les personnes qui ont pu me voir et ce coucher de soleil. »

Sarah

Pierre

« Merci d’avoir enchanté ma journée. »

Pierre

Clément

« On se perd dans les saisons. Je m’attendais au gris-bleu du Paris de l’hiver. Voilà que le soleil rouge me transperce. Il me force à retirer mon pull. Les enfants jouent, les parents veillent. L’ambiance est printanière en bas.
J’ai tourné le dos. Le soleil trop chaud m’éblouit. Il me transperce et je ne tiens pas ; Je regarde alors tous les pigeons voisins que les humains en bas. On repense à ce qui forme le quotidien. Soudain les couleurs changent, un bleu froid se laisser apercevoir.
Je me retourne de nouveau. Le soleil est redevenu amical. On peut fermer les yeux, le laisser nous transpercer. On peut aussi regarder à ses alentours. Le rose surgit traçant une ligne d’horizon au-delà de la pollution et la Tour Eiffel. C’est beau. Paris redevient petit. Et c’est quand on peut regarder le soleil en face qu’il passe derrière un nuage. L’horizon n’a pas basculé qu’il nous manque déjà. »

Clément

Guy

« Merci à mon amie qui m’a parlé des Veilleurs au cours d’un dîner. Je l’écoutais attentivement et j’essayais aussi de manifester un peu d’enthousiasme lorsqu’elle m’explique de quoi il s’agit. Et évidemment, spontanément, je lui ai déclaré que je voulais faire partie de cette sorte de chaîne de solidarité.

L’idée de veiller sur la ville m’a plu, me plaît, m’a plu. Je n’ai pas de porte-voix pour clamer « dormez braves gens, tout va bien ». Personne en bas ne m’a « calculé », comme on dit aujourd’hui. Mais je suis joyeux de participer à un projet à la fois individuel et collectif, je suis ragaillardi à l’idée que ce que je fais n’a pas de véritable impact sur la marche de la société. Je ne m’attendais pas à être touché par la grâce. Rien ne devait se passer et rien ne se passa, à part les chiens qui s’amusent tout en bas. La vue ? Le spectacle s’est assombri. Quelques lumières se sont allumées. L’ouïe ? Des voix entendues ici et là et le vague murmure du trafic. L’odorat ? Odeur du bois. Rien d’autre. Pas grande chose donc au niveau des sens. Et la pensée, alors ? Je ne voulais pas penser, à part peut-être rester un peu concentré sur ma tâche, veiller. J’ai essayé de ne pas penser à « Môa » et de ne pas penser aux humains. Juste laisser le temps s’écouler et le sentir passer. Oui, on le « sent passer », presque comme une sanction quand on a atteint un certain âge. J’aurais aimé sortir et dire tout de suite à Romain : « putain, qu’est-ce que je me suis fait « chier » ! » Mais non. Au fait, il est sympa, Romain. Cette veille, elle sert beaucoup à cela : à travers un projet basé sur la solitude, rencontrer des gens… Je m’arrête là. Il fait nuit maintenant. Je suis content, j’ai accompli ma mission, une mission humble, sans importance. C’est cool. Merci à tous. »

Guy

Rencontre des Veilleurs

1er juillet 2022

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es d’avril à juin 2022 se déroulera le vendredi 1er juillet à la Maison pop, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.

Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleurs.

Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Lisa Johnsen.

Michaella

« Accueillie avec bienveillance, je rentre dans l’abri perché. Je regarde le ciel, entrevoit une ligne orangée. Le soleil se lève mais je ne le vois pas. Je sais qu’il est là. Le nouveau jour, cette énergie renouvelée. Je suis comme une gamine, comme une princesse, au dessus de tout. Je prends de la hauteur, je vois les cimes et les oiseaux qui s’y posent. J’aperçois des mini-silhouettes et je me sens toute petite aussi. Face à ce monde qui s’éveille. Avec ou sans moi, le soleil se lève et se lèvera toujours. Je me sens à l’abri, haut perchée. Et je pense aux abris souterrains, dans lesquels des femmes et des enfants se cachent, parce que la guerre les y oblige. Et me sens chanceuse. La joie arrive et mon corps se détend. Je baille car un nœud se dénoue et une porte s’ouvre en moi. Je me sens en paix et je la souhaite du fond de mon cœur pour les miens, les autres et notre humanité bien déshumanisée. Nous devrions saluer le soleil tous les matins.
Merci. Pour la lumière, et le temps suspendu. C’est un cadeau. »

Michaella

Florent

« La ville n’a pas bougé, les gens un peu. Ça se déroule tout seul, pas besoin de veiller sur eux, ou le déroulement. La vie ne s’arrête pas au soleil. La ville non plus. Ça ne bouge pas. »

Florent

Rahima

« Waouh ! Merci de m’avoir permis d’expérimenter cette drôle de chose. Disposer d’une heure, une seule, isolée dans une boîte suspendue entre terre et ciel. La première partie a été formidable. Ce temps si précieux dont je pensais ne pas en avoir suffisamment. Comme je l’apprécie ce matin pour « ma veille » une heure.
Tu observes, regardes ce qui t’environnes, t’émerveilles de toutes petites choses, voir passer les oiseaux, s’allumer les lumières, courir les gens, tout un monde. Puis je me recentre sur moi, mes sensations, mes projets pour tout à l’heure et pour les mois qui viennent. Oui essayer à l’avenir de s’octroyer quelques minutes à soi, rien qu’à soi et se donner le luxe de ne rien faire. Mais pourquoi, à quoi ça sert. J’aimer accomplir mes tâches quotidiennes qui m’enchante et me désespère en même temps… Le temps est élastique. Comment font ceux qui se retirent volontairement du monde. Je pense aux religieux, aux mystiques et également à ceux qui sont enfermés en prison. Deux temporalités différentes, deux mondes.
Puis j’ai la volonté de sortir, c’est bon, j’en ai assez ! Je ne sais pas, plus combien de temps il reste. Contrainte qui vers la fin me deviens de plus en plus pesante. Ne pas savoir, ne plus être maître du temps, le sommes-nous un jour ? Quelle trace laisser ?
On dit que la contrainte libère, oui ce matin cela l’a été pour moi. »

Rahima

Liliane

« Liberté, insouciance, domination de soi, et de son temps. Ce moment qui au final était plutôt « court » dans la capsule m’inspire ces mots. Une expérience exceptionnelle qui m’a permis d’avoir l’impression que le temps s’arrêtait et que je pouvais contrôler ce qui se passait. Je regardais et observais les enfants jouer au ballon, les parents jouer avec les chiens, cet homme qui dansait tout le long avec acharnement dans le perfectionnement de ses mouvements. J’étais venue participer de cette expérience en me disant que cela me permettrait de me poser des questions et peut-être trouver des réponses, faire le vide aussi dans mon esprit. C’est réussi pour le 2e objectif. Ce temps avec moi-même, à observer la vie autour et à veiller sur tout ce qui se passe autour m’a rappelé ce qui était important. Le partage, l’amour, le bonheur, les rires, la liberté (de choix ?). Je repars de cette expérience avec autant de souvenirs de mon enfance, insouciante de « l’après ».
Merci. »

Liliane

Inès

« J’observe la ville se réveillant petit à petit. Quelques fenêtres sont éclairées, des voitures au loin. Des promeneurs arrivent peu à peu, des rencontres entre chiens et leur maîtres. Je me pose alors la question de la sédentarité. Ayant changé de domicile, que ce soit de ville ou d’appartement, à de nombreuses reprises ces dernières années, je m’interroge sur ce que cela doit faire d’être tous les jours dans le même environnement, que cela soit de découvrir de nouvelles ruelles, commerçants, prendre conscience des petits détails tels les végétaux reprenant place au milieu du goudron, j’apprécie peu à peu me forger quelques habitudes. En revanche, qu’en sera-t-il d’élire pour de bon domicile pour une durée supérieur à 2-3-4-5 ans ? La question du temps. En commençant un nouveau chemin, nous ne savons jamais, du moins d’une certaine mesure, et même en cherchant à anticiper la moindre action, de quoi il pouvait être fait. Et c’est exactement ce que j’adore dans la vie : entreprendre un bout de vie, ne pas savoir exactement ce qui pouvait en découler et se laisser surprendre par le lendemain et cette somme d’expériences. »

Inès

Camille

« Je regarde le temps qui passe sans moi.
Et pourtant je suis là !
Voir, sans être vu, quand tout le monde devrait te voir,
La Tour Eiffel s’efface.
Même les corneilles m’ignorent.
Chemise bleue passe et repasse.
À quelle distance faut-il être pour voir la vie ?
Je souris sans que personne ne sache.
Je pense à P. Il n’aurait pas compris.
Et soudain une fleur !
Et soudain c’est fini. Il ne fait même pas nuit.
J’aurais aimé à bientôt. »

Camille

Geoffrey

« D’abord la couleur du ciel puis le soleil pointe le bout de son nez pour se recacher derrière un building puis deuxième lever du soleil. Puis on commence à percevoir et ressentir la chaleur à travers la vitre à mesure qu’il devient de plus en plus éblouissant !
Merci pour cette expérience, cette invitation à arrêter de courir après le temps. C’est également la première fois que j’ai le sentiment de percevoir le mouvement de la terre, étonné du coin de soleil se déplacer si vite, enfin la terre bouger autour du soleil plutôt… mais on pourrait s’y tromper !
P.S. mention spécial pour cette cabane absolument magnifique… j’y passerais bien une nuit ! »

Geoffrey

Cécile

« Quel beau moment, poétique, hors du temps, suspendu ! J’avais hâte de vivre cette expérience et je ne suis pas déçue. Ce petit pont pour accéder à la cabine, on sent le bois et la chaleur du soleil qui a cogné toute la journée. J’ai tout de suite enlevé mes chaussures et chaussettes pour sentir le sol. Quelques étirements, pas de danse pour se sentir bien dans son corps et ça y est on part dans ses pensées. Je pense au temps qui passe et j’ai envie de profiter à fond de cette heure. A quoi ou à qui pensent tous les veilleurs ?
J’ai pris avec moi la bague de ma grand-mère que m’avait donné mon père pour mon mariage. Elle qui n’a jamais voyagé, j’avais envie qu’elle m’accompagne dans cette découverte. Merci à l’artiste pour ce magnifique projet collectif. On se sent spécial et j’ai hâte de pouvoir rencontrer les autres veilleurs pour connecter leur ressenti. La nuit tombe, je retourne à ma vie, mes filles, mon mari.
Merci à Sylvie pour m’avoir accompagnée ce soir. Ça nous fait un beau souvenir. Et bravo à la Maison Pop de porter ce projet !
À bientôt. »

Cécile

Vincent

« Plus que de la veille, c’est pas moi qui vais empêcher le soleil de monter, ni les pompiers de jouer. Merci à la petite dame qui aura fait ces dix tours de 400 mètres.
Bonne veille à tous »

Vincent

Bernard

« En me substituant à la veilleuse empêchée pour ce soir, et ayant veillé déjà par quatre fois, l’impression de découverte avait bien sur perdu un peu de sa primauté. Néanmoins en rentrant dans l’abri dans cet atmosphère tiède de bois, une douce impression de confort et de sécurité m’enveloppait. Le soleil a fait de la résistance face à la brume parisienne. J’ai pensé de nouveau très fort à ma fille Ophélie qui guerroie avec acharnement contre un cancer du sein. Hauts les cœurs ma petite fille, tu luttes et tu en sortiras vainqueur. »

Bernard

Miguel-Angel

« Un retour inespéré, une exception à la règle, un sauvetage de dernière minute mais peut-être pas celui auquel on pense. Le soleil levant, la renaissance de la lumière ; le recommencement. C’est peut-être ça que j’ai vu et en même temps sans être honteux d’hier ou regretter. Chaque jour est nouveau, à moi de le construire avec mon bagage. Se sentir exceptionnel ne veut pas toujours dire quelque chose de positif. Et pourtant, cette fois-ci, l’exception a peut-être permis que je puisse aussi être exceptionnel dans un sens positif.
Il restera toujours des traces d’hier mais aujourd’hui est déjà un nouveau début. Merci. »

Miguel-Angel

Sandrine

« J’ai vécu beaucoup, je me suis reposée, ennuyée, émerveillée, tendue, détendue, énervée, désespérée, amusée...
C’est fou ce que l’on peut s’oublier parfois, je me suis un peu retrouvée. J’ai vu beaucoup, des oiseaux, des enfants, des chiens, des joggeurs, des arbres, de la brume et ce soleil se coucher et sortir du cadre blanc.
Et cette sensation d’être au-dessus de tout est très spéciale. Merci. »

Sandrine

Nathalie

« Ce soir j’ai veillé sur vous… Désarmée par tant de modernité que ne bousculaient que quelques trouées de nature je ne trouvais pas comment vous dire et vous transmettre mes mots. Puis, enrôlée par le vent, dans de grands pas de danse imaginaires, je suis venue, virevoltante, souffler aux creux de vos oreilles tout l’amour du monde…
Au coucher du soleil rouge, que j’aurais voulu retenir, je suis partie, en paix. »

Nathalie

Sébastien

« Merci pour ce temps suspendu. Moment que l’on a envie de prolonger et de renouveler. »

Sébastien

Cédric

Sans trop me préparer à cette veille du matin, j’avais tout de même lu la présentation de cette performance et ce qui m’avais attiré, décidé à m’inscrire était une intuition. Je sentais qu’il y avait bien plus à découvrir qu’une veille ; qu’un éveil ou un réveil sur soi-même.
Je suis photographe et cette expérience a été pour moi la confirmation du pourquoi j’ai été attiré par la fabrication d’images. À l’âge de douze ans, j’étais timide, solitaire et triste. C’est un « pocket de kodak » qui m’a sauvé la mise : caché derrière mon appareil photo, c’était moi qui regardais et qui questionnais avec la distance nécessaire pour regarder.

J’ai retrouvé ce sentiment ce matin dans cette « cabane » et bien plus :
- cette performance est construite et résonne comme l’acte de photographier : qu’est-ce que regarder ? Questionner un paysage comme un regard, observer, garder ou retrouver l’esprit curieux, les yeux brillants

- Le lever du soleil : les buildings ne sont plus des structures construites pour loger, devenus des ombres ils se fondent dans le paysage et apporte de nouveaux matériaux pour construire un paysage. De l’autre côté, j’ai eu la chance ce matin de découvrir mille variations et possibilités de voir des paysages dont je me souvenais grâce au ciel variant selon les nuages qui formaient des bandes sombres, puis plus claires en levant les yeux. Je n’avais aucun effort à fournir, mon imagination puisait dans les archives-photos de ma mémoire. J’étais à Tirana, en Albanie avec ses buildings et les montagnes au fond, à Bombay le long de Neapen-Sea-Road, ses buildings et cette fois c’était la mer, sombre et compact un matin de mousson !

- Pour finir, l’idée si belle, si géniale de cette minuscule « cabane » (j’aime à penser que c’est une cabane) isolée de l’extérieur mais sans jamais nous en priver, nous sentir isolé assez claire pour être baigné par la même lumière qu’au dehors et surtout, pour moi le plus essentiel : cette bande lumineuse au milieu qui se reflète de chaque côté ou les vitres surtout du côté du paysage éclairé : c’est la reconstitution du regard photographique le plus simple et le plus complet, = la visée télémétrique d’un Leica M ! On est avec et dans le paysage, les deux yeux ouverts, on ne se dérobe pas mais on garde cette distance nécessaire au vrai regard du monde, (comme pour écrire). Avec toutes mes excuses à ceux qui me relisent pour ce brouillon non relu.

Cédric

Florence

« Dès que je suis entrée dans la boîte un sourire m’a envahie et je me suis sentie bien. Le soleil brillait encore fort et m’éblouissait. Dans le parc, des joggeurs, des passants. Dans le ciel des nuages, des traces d’avions… Cette sensation d’être dans une bulle, loin du vacarme de la ville et regarder le soleil descendre et s’effacer doucement m’a énormément plu. Regarder, sentir son corps, voir le paysage changer à chaque seconde. Et puis les lumières de la ville s’allumer et la lune en-haut qui est apparue.
Merci beaucoup pour cette expérience magnifique et unique. C’était hier mon anniversaire et j’ai regardé ainsi se finir le deuxième jour de ma 56e année. »

Florence

Marine

« Quelle expérience en entrant dans l’abri j’ai tout de suite été happé par ce ciel rose et peu à peu il sort de la ville ce soleil incandescent. Je me dis que je n’ai jamais regardé un lever de soleil sur une ville. La ville est si paisible. On ne croirait pas que des milliers de personnes sont en train de sortir de leur lit, de préparer leur café. J’ai une pensée pour toi veilleur anglais, je me demande ce que tu observes au même moment.
Le soleil me brûle les yeux et la ville disparait alors je me tourne vers l’ouest. Là aussi tout est incroyablement calme. Ce calme me gagne aussi, je contemple, je rêve… Je perds la notion du temps. »

Marine

Marc

« Dans le lointain
Paris s’éteint
Déjà à Montreuil
C’est couleur de deuil »

Marc

Maïa

« Montparnasse – Gallieni. Traverser la nuit.
7 h 11. Tout en verticalité. Comme ces immeubles, ces arbres, mon reflet dans les vitres de cette cabane.
7 h 11. Il n’y a pas d’heure. Pour courir dans un stade, pour promener son chien, pour parler de la théorie de la complexité.
J’observe, je m’absente et puis je reviens.
IMMOBILE. (IM) MOBILE. I’M MOBILE. JE SUIS MOBILE. »

Maïa

Elise

« À l’abri de la tempête.
L’horizon où je ne dis pas son nom,
L’éclair,
Si.

À l’abri du vent,
Le silence,
Avec un grand A. »

Elise

Joyce

« On toque à la porte, elle s’ouvre, ça fait déjà une heure.
Une heure seule avec moi-même, suspendue dans l’espace et le temps. C’est comme un instant qui s’égrène dans l’univers. C’est comme l’éternité qui s’installe dans mon esprit. Une heure à observer dedans, dehors les moindres changements.
Le soleil qui suit sa cause derrière les nuages quoiqu’il en soit le jour fait son œuvre et dans ma tête l’horizon fourmille d’activité au rythme de mes pensées.
Certains sont dans des bunkers, d’autres sont coincés dans leur esprit, il y a ceux qui sont enfermés entre quatre murs et moi j’ai fait le choix d’être là jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur le reste. »

Joyce

Sandrine

« Une heure pleine, pleine du cri des enfants, pleine de la musique poussée dans les haut-parleurs de la fête sportive organisée sur le stade au pied de la maison des veilleurs, musique ponctuée de tubes d’hier et d’aujourd’hui, j’y entends une des chansons de Céline Dion « On ne change pas », chanteuse qui a marqué bon nombre d’entre nous et que je retrouve à cet instant ; une heure pleine de lumières qui jouent à cache-cache avec les nuages, les formes de nuages, les lignes de nuages. Il faut garder les yeux grands ouverts pour ne pas manquer cette percée lumineuse tantôt à gauche, tantôt à droite. Derrière les nuages, il y a toujours la lumière. Derrière les fenêtres, il y a aussi les lumières. Entre les immeubles, il y a les phares des véhicules qui traversent la ville.
Une heure, c’est riche de sens, de lumières et d’envolées vers ceux qui nous entourent là, en bas, et ceux ailleurs, dans notre vie et l’au-delà. »

Sandrine

Rose-Marie

« La réalité ne correspond pas à ce qu’on s’imagine : la cabine de veille n’était pas toute transparente et ne permettait pas une vision à 360°. Néanmoins, la vue était superbe et le soleil au rendez-vous du moins pendant quelques minutes car peu à peu les nuages l’ont recouvert. Mais par moment, il les transperçait créant de grandes flaques de lumière sur Paris et la banlieue ouest. Même le dôme des Invalides (c’est ce que je crois) sera illuminé.
Le rose dans le ciel du crépuscule avait annoncé le vent. Il était bien là. On entendait un léger sifflement que les cris perçant des corbeaux n’ont jamais réussi à couvrir totalement.
À part le dôme étincelant tout est cubique, rectiligne sans grâce. Banlieue sans grâce où les nuages sont installés. Au loin, une bande plus sombre qui s’assombrit encore ne laisse pas de doute sur le programme pluvieux de l’après-midi. Le nombre croissant de promeneurs et de joggeurs indique que le temps passe doucement. La luminosité grandissante aussi.
Cette vue est bien différente de celle si variée que je croyais de la chambre de l’hôpital Saint Antoine de mon amie Françoise. Là tous les monuments de Paris aux formes harmonieuses étaient à mes pieds… Seul le parc des Guilands coupent les lignes rectilignes !
Mon abri aussi ressemble au paysage. La seule différence : il n’est pas en béton mais en bois. Il a gardé son odeur du neuf. Matin inoubliable ! »

Rose-Marie

Serap

Je suis ici car tout va trop vite, je suis fatiguée. J’espère de ce moment, un temps d’arrêt, une connexion aux autres, de la vitamine C.
Une fois dans la boîte, j’observe, j’attends… Je ne ressens pas l’explosion de sensations tant attendue. Mon œil est attiré par une bête (petite), elle va en haut, en bas, à droite, à gauche, elle est perdue comme moi.
Le temps me semble long, tiens cela faisait longtemps que je n’avais observé les nuages. Tiens le coucher de soleil : cela faisait longtemps aussi que je n’avais pas pris le temps de le regarder : c’est magnifique, malgré le temps pluvieux.
Je pense à tous ces gens dans leur maison, ces joggeurs, ces passants avec leur chien. Allez-vous bien ? Êtes-vous heureux ? Que puis-je faire pour vous ?
J’ai oublié un temps de ne penser qu’à moi ! Est-ce que c’est cela être un veilleur ?
Est-ce que c’était trop court d’être déconnecter pour mieux se connecter ?

Serap

Marine

« Tout d’abord merci pour cette boîte aux proportions si justes, qui définit l’espace-temps de cette veille. Justesse de garder un cache dans la projection de soi qu’est la veille, se mettre en rapport avec le monde, avec l’astre. Avec la lignée des veilleurs qui m’ont précédé également, qui ont laissé une si bonne énergie, qui me fait vibrer des pieds à la tête quand je me cale les mains posées sur les planches de bois. Cadre juste enfin pour une salutation au soleil, une asana au propre et au figuré, une fois n’est pas coutume !
Je me suis demandée : « qu’est-ce que bien veiller ? » et ne trouvant pas la réponse en moi de cette bienveillance j’ai regardé celle des autres sentinelles du parc, écouté les merveilles des oiseaux se fondre peu à peu dans les bruits de la ville, je me suis amusée de la longueur des ombres distendues des joggeurs et des promeneurs avec leurs chiens. Bienveillance de celui qui n’a plus les pieds sur terre à destination de ceux qui foulent sans relâche le sol…
Bien veiller c’est donc transmettre.
Et puis chut ! Ne plus réfléchir, se laisser absorber dans la contemplation de l’ouest, là où la ville se révèle peu à peu, les fenêtres par-ci, par-là qui scintillent, la flèche d’or de l’École Militaire qui veut emporter le morceau et tapine au coin de votre œil. C’est beau, une ville le matin aussi.
Aux veilleurs qui me suivent, je souhaite de se dépouiller très vite de leurs idées préconçues pour recevoir les traces de tous les secrets que j’ai déposés dans cette boîte à trésor qui rutile à présent dans la joie du matin – saurez-vous les écouter ? »

Marine

Lisa

« Encore une veille, et cette fois un très beau coucher de soleil. Vivement que les beaux jours arrivent. »

Lisa

Luc

« En rentrant dans l’abri, j’ai été frappé par le rectangle lumineux qui se projetait au-dessus du parc. C’était vertigineux.
C’était brumeux. Il y avait le contraste des bouleaux sur l’herbe pas encore claire. Il y a eu les premiers passants, avec leur chien, les joggeurs, pas grand nombre.
La brume s’est épaissie, s’est rétractée.
Les couleurs diminuaient, les silhouettes deviennent plus nettes. On voyait presque la Tour Eiffel, et des petits détails que je n’avais pas remarqués.
Et puis c’était fini, je suis ressorti. »

Luc

Tony

« Je veille ou je guette ?
Je suis veilleur ou voyeur ?
Je veille ou j’espionne ?
Je suis veilleur ou observateur ?
Je veille ou je scrute ?
Peut-être je surveille ou regarde ce que je fais sur cette hauteur en attendant l’heure précisément.
Je ne sais pas. »

« Je me sentais de la race des veilleurs chez qui l’attente interminablement déçue alimente à ses sources puissantes la certitude de l’événement » (Julien Gracq, Le rivage des Syrtes)

Tony

François

« J’ai adoré perdre la notion du temps, me perdre aussi dans cette contemplation un peu futile des mille petites variations du paysage devant moi. Écouter les oiseaux, sentir mon corps, voir la ville s’éveiller doucement. Être tout à fait là et complètement ailleurs en même temps. »

François

Bruno

« Incontestablement les lumières d’avant-veille et de son début étaient plus mystérieuses et pleines de promesses que celles plus communes de la fin à 8h. Portées par des nuages aux teintes métalliques ces lumières dominaient tout. Pendant infirmes les constructions l’urbanisme à l’échelle réduite. Sur la vitre du côté est, les traces de poussière jaunes laissées par la pluie des jours passés m’ont rappelé que ces nuages gris courant devant mes yeux portaient non plus un peu du désert d’Afrique mais peut être des fumées, des fracas, de l’est, quelque part à Kiev… Les tours sur la gauche pourraient être les mêmes que celles éventrées depuis quelques temps. Là-bas, dans un coin d’Europe où le soleil vient de se lever. Je sors de ce bel espace de bois doux apaisé mais les images et pensées associées à la douloureuse actualité ne m’ont pas quitté de cette parenthèse fulgurante et enthousiasmante. Merci les veilleuses »

Bruno

Felipe

« Tombé par hasard un jour sur une page internet sur ce projet, je me suis dit pourquoi pas… Aucune attente, simple curiosité, puis c’est gratuit… ça ne coûte rien !
Quelques mois plus tard voici le jour J, pas d’appréhension, mais avec une envie de tirer profit de cette coupure si rare à obtenir, dans une ère où règne la technologie, l’information en masse, des choses si simples comme se retrouver seul face à un coucher de soleil sont devenues si rares…
Au début un peu de mal à me concentrer, je regarde au loin, les passants, les immeubles, un chien, un couple, les sportifs… Je fais quelques exercices de respiration puis décide de me concentrer sur quelque chose de plus profond… Et pourquoi pas un bilan de ma vie, retracer des éléments marquants, qui m’ont emmené là ce jour.
Puis un sentiment de paix, de joie m’envahissent, car je peux profiter de ce coucher du soleil, de ce calme, j’ai des yeux pour contempler, des oreilles pour entendre, des jambes pour me tenir debout… C’est le moment idéal pour remercier Jéhovah Dieu de me donner cette opportunité de vivre ces choses et le remercier de la vie et de l’espoir qu’il nous donne, qu’il me donne.
Je finis avec un magnifique coucher de soleil dans l’apaisement que le sentiment de paix intérieur.
Merci d’avoir rendu ça possible. »

Felipe

Esther

« Le vent est frais mais monter jusqu’à la Maison du parc, dans la fin de la nuit, a chauffé les joues. Impatiente de vivre cette expérience. Une rencontre inattendue avec Sylvie, envie de prolonger la discussion mais il est l’heure d’être veilleur. Des couleurs incroyables qui changent au fil des secondes. La lune qui surplombe un immeuble, le caresse et en un rien de temps, disparue (j’ai compté 80 secondes). En face, le soleil qui pousse derrière les nuages. Pousse fort. Les nuages sont très épais mais trop fort, il arrive à percer. Il éblouit si on le regarde fixement longtemps. Je suis tentée de le faire. Faire le point rapidement car beaucoup de pensées se pressent dans ma petite tête. Remercier. L’atmosphère. Chaque jour le soleil se lève, la lune redescend. Chaque jour, c’est différent. Alors si j’en doutais si je perds parfois confiance, me souvenir que si chaque matin le ciel est différent, moi aussi, chaque matin j’ai l’opportunité de faire différemment et de donner à ma vie les couleurs dont j’ai envie, mélangées de celles des autres.
L’heure est passée trop vite. Pourquoi tout est passée vite. Incroyable. Merci pour l’expérience. »

Esther

Maguelone

« Une heure au-dessus du monde
Voyeuse bienveillante des humains de passage
Un temps à soi
Quand lâcher prise ?
Merci pour cette suspension dans le temps
Et l’espace ?
Je repars le corps plus lourd (détendu) et l’esprit plus léger »

Maguelone

Nicolas

« Dehors, la lumière est imprécise. Lorsque la porte se referme et que la parenthèse s’ouvre pour une heure, le cadre lumineux vient s’imprimer sur le monde qui continue sans moi. La rumeur du monde, sans cesse. Le chant des oiseaux. L’odeur du bois. Une lueur rougeoie à l’est, puis grandit rapidement. Je n’avais jamais remarqué mais cette lueur s’écoule néanmoins. Le flot de pensées ne s’arrête jamais.
Se lever tôt, avec le monde : refaire, continuer. Et la rumeur du monde qui disparait dans la lumière. »

Nicolas

Julie

« Merci du fond du cœur à tous les organisateurs, volontaires et Joanne, pour cette expérience. Vous m’avez offert une heure pour moi-même (avec la chance d’avoir eu un coucher de soleil magnifique). Et merci à Paule-Élise de m’avoir accompagnée !
J’ai beaucoup pensé à une phrase que ma professeure de yoga nous répète : il n’y a rien à faire, et nulle part où aller. » Une leçon que j’essaie chaque jour d’appliquer.
Merci encore ! »

Julie

Roxane

« Quelle belle journée du printemps qui revient aujourd’hui ! Un moment suspendu pour soi, à vivre coupée du monde mais en veillant sur lui. Être là et savourer : ce vide, ce plein, cette chaleur solaire, cette « fraîcheur » de l’autre côté de la pièce.
Merci aux organisateurs pour cette expérience, à mon accompagnatrice et sa gentillesse et à la chorégraphe qui a fait naître ce beau projet.
Le soleil c’est la vie ; il y a tout juste 16 ans jour pour jour, je donnais vie à mon Victor (petit clin d’œil d’une maman qui t’aime fort).
« Derrière les nuages, il y a toujours le soleil ».
Je l’ai encore constaté ce matin ! »

Roxane

Isabelle

« La tête appuyée contre la paroi en bas de l’abri, le nez collé à la vitre. Le bois, c’est la forêt de Montflon.
En bas, les fleurs sur l’allée passent entre mes jambes. Un groupe de jeunes jouent au foot sur le terrain vague. La décale des HLM dans le bleu soir, le décor de mon regard légèrement perturbant à ce fait. Cette coïncidence ce n’en n’est pas une.
À gauche, le soir déjà. À droite, le jour encore sur fond de ciel orangé. Le soleil qui descend vers la tour Eiffel va s’écraser dessus, sur son antenne, finir comme une olive.
Je pense à India Soufy, j’ai sa musique en tête. Je pense à Duras. Je pense au soleil rouge avalé par la ville.
Merci mille fois pour cette expérience d’une franche poésie. »

Isabelle

Flore

« Je suis venue car j’ai du mal à me lever le matin. Je traine dans mon lit et je suis toujours en retard. Je n’ai jamais le temps de même prendre un café avant de partir de chez moi.
Cela fait du bien pour une fois prendre le temps. Apprécier ce moment du temps. Ne pas être dans le stress mais paisible (même si j’étais bien sûr en retard pour rejoindre mon accompagnateur).
J’ai préféré regarder les chiens. »

Flore

Adélaïde

Jeanne

« Famille. »

Jeanne

Afaf

« J’ai veillé, prié, médité sur cette belle ville : Paris pour que paix, joie et rectitude y règnent.
Un magnifique ballon en feu s’est déposé paisiblement sur toi : Paris. »

Afaf

Lomig

« Une heure de temps. Prendre le temps de voir, de ressentir surtout, cette magie du soleil se lever, monter dans le ciel pendant que lentement la ville s’éveille. On n’a pas souvent le temps d’avoir une heure pour soi sans contrainte, ni besoin à assouvir, sans sollicitation et sans attente. Seule mais dans les pas des autres veilleurs. C’était précieux, merci pour ce moment. »

Lomig

Sophie

« J’ai trouvé tout de suite la structure très belle et en entrant j’ai été complètement enveloppée par son acoustique.
J’ai regardé partout, tout autour et puis j’ai eu envie de chanter. Chanter pour moi c’est vrai, mais aussi pour tous ces gens qui passaient ; un peu comme on berce les enfants avant d’aller se coucher. Tout doucement, comme ça venait. Je n’avais pas envie de veiller les morts, le passé, mais les vivants et cette ville grouillante.
J’ai compris quand le soleil s’est couché pourquoi il y avait ces lumières, elles ouvrent vers l’ailleurs, vers l’autre, se jeter dans l’inconnu.
Cette heure est passée si vite. »

Sophie

Nicolas

« 6h44, soleil au rendez-vous, rouge, éclatant. Un peu déstabilisé au départ par cette heure de vide à combler, puis surpris du temps qui passe, finalement rapidement, de mes pensées qui vagabondent dans des directions sans le moindre rapport avec ce qui se joue sous mes yeux, la ville qui se réveille, le jour qui se lève. Une bien jolie façon de commencer la journée. »

Nicolas

Diane

« Insectes, amis, hirondelle. »

Diane

Cécile

« Soleil levant aperçu depuis les hauteurs de la cabane. Tour Eiffel estompée, parc calme, bruit du torrent périphérique et chant des oiseaux. De l’autre côté un point rose surligné dans le ciel. Apparition juste sous la grue, qui le hisse jusqu’à son envol. Savoureuses minutes de soleil rose, dégustation du paysage matinal (des sièges là-bas, de rêverie, contempler, si l’aventure de l’aurore me reprenait)
Quand la lumière se fait trop forte, les yeux vont s’apaiser en regardant la lune.
Puis recommencement, y retournent, y reviennent.
Le reflet de la lumière de la cabane suggère un cadre dans le paysage, au musée du jour qui se lève. La visite est tranquille.
En dessous, le parc s’anime. Coureurs, promeneurs, chiens, danseurs, agents d’entretien, agents des espaces verts, des travailleurs et voyageurs descendent le parc.
Il fait jour.
Merci pour l’organisation et bonnes veilles aux prochains. »

Cécile

Bochra

« J’arrive face à l’objet-abri. J’ai un bref instant, le sentiment d’étouffer face à l’étroitesse du lieu. Heureusement, cela disparait quand je m’approche de la vitre. Je ressens la chaleur du soleil, qui a tapé toute la journée et je respire l’odeur du bois. C’est agréable et étrangement réconfortant, surtout après les contrariétés que j’ai subi dans la matinée.
J’ai laissé mon portable au vestiaire. Je commence ma veille… et j’ai déjà 1 milliard de pensées parasites qui me submergent.
Je me concentre sur la vue, sur les détails, pour tenter d’estomper ce phénomène. De toute façon, je ne peux rien traiter maintenant, je suis enfermée là-haut.
Je repère la Tour Eiffel, une silhouette, debout, dans le brouillard. Une fois de plus, je la trouve belle et je me réjouis de pouvoir la contempler sous un autre angle, avec une autre lumière. La chaleur du soleil me pousse à recherche la fraîcheur de l’autre côté de l’abri. Les couleurs dans le ciel sont différentes de ce côté.
Les athlètes sur le terrain de sport captivent mon attention et je perds de plus en plus du temps. Je fais plusieurs allers-retours entre les extrémités de l’abri et j’imagine les histoires en regardant les familles se promener, les chiens jouer, les amoureux s’embrasser…
C’est à ce moment-là que je commence à prier et à faire des vœux. Vont-ils s’exaucer ? Peut-être. Du moins, je l’espère. »

Bochra

Stéphane

« Un moment poétique, le calme et l’énergie danse du matin. La petite frustration de ne pas voir certains points de repère géographique. La beauté d’un moment photographique. L’effort pour comprendre la perspective, pour comprendre visuellement la perspective.
L’éveil des possibles.
Le retour dans le simple. Merci ! »

Stéphane

Amanda

« Llegar hasta aquí. Estar. Ahora, seguir. Continuar.
Alguier que vivo tambien a salidar la salida del sol, abayo.
Todo se mueve. Y yo también.
Paris, se despierta. Y yo también.
Paris, se ihimina. Y yo también.
Pienso. Pero poco.
Consigo solme todo, aperrarme a la pausa, a la calma. Al simple hecho de erytar. Viva. Que no es poco.
Paris, pasea in un perro. Y yo también.
Paris, corre. Y yo también.
Una habitación con visitas. Querira quedarme a vivir en un paisaje.
Paris, abre los ojos. Y yo también.
Paris, respira. Y yo también.
Gracias Bernard. »

Amanda

Jean-Philippe

« Un moment suspendu dans le temps et physiquement. J’ai eu la chance de vivre cette expérience en ce beau dimanche de printemps, quasi estival. Ainsi, outre ma vision immédiate que fut la tour Eiffel et ce soleil irradiant au-dessus d’un ciel plutôt pollué, j’ai pu avoir quelques interactions avec des passants ou autres qui profitaient du temps. Un très beau moment. »

Jean-Philippe

Sandrine

« Même immobile, on se déplace.
Aux yeux de la lumière. Et le printemps naissait.
Aux oreilles, merle, mésanges, pinson, pigeons, corneilles. »

Sandrine

Sabrina

« Après la lumière et les vibrations de la ville, on entre et on s’y sent tout de suite comme dans un bain chaud, un lit douillet, à l’abri de la ville tout en la voyant peu à peu ralentir, tout doucement… Bonne nuit Paris, Montreuil, Bagnolet, Vincennes, Saint-Mandé. À demain, avec encore plus de plaisir après cette douce parenthèse. »

Sabrina

Arina

« On veille, mais sur qui ? Sur quoi ? Sur soi ?
L’état de son propre corps, sur ses pensées, sur les oiseaux, les chiens qui passent ?
Les chiens, il y en a plein. Ceux qui sont attachés à leur maîtres/maîtresses ou bien ceux qui sont libres.
Dans une boîte en bois au-dessus de la ville, nous ne sommes pas complètement libre, mais on l’est à la fois.
Boîte à taille humaine, elle convient parfaitement à mon corps. Je me mets au milieu, je tends les bras, mes mains poussent les murs, bras parfaitement tendus.
Je fais des expériences, je m’étire, je fixe l’horizon, je dessine le paysage – tous les contours passent sous mes doigts (il faut fermer un œil pour mieux voir).
La ville se réveille avec mon corps ; les joggeurs (des hommes et des femmes) ne me voient pas. Ielles passent sans jamais regarder le ciel.
Dans le ciel aujourd’hui, je n’ai pas vu le soleil, mais j’ai vu les rayons éclairer la ville et mon esprit se calmer. »

Arina

Juliette

« Je souhaitais veiller en hommage à ma mamie, morte du COVID en avril 2022, ironie du sort, je veille aujourd’hui moi-même atteinte du COVID tout en portant la vie. Heureusement de nos jours, on en meurt plus…
Nous étions deux à veiller, ma fille plus éveillée me donnait des coups de pied, moment propice à les ressentir plus intensément. Le théâtre du printemps bourgeonnant. Pigeons et canards batifolant, chiens euphoriques qui traînent laisses et maîtres. Au seuil de la nuit, les oiseaux se réveillent et couvrent le son traînant du périphérique. On ne voit pas le temps passer, seulement la lumière se modifier. Très beau moment. »

Juliette

Victor

« Pas de printemps à l’aube, la brume est un écran de veille. D’un côté comme de l’autre, tout est beau.
On ne distingue pas le seuil entre ce qui est obscur et ce qui est lumineux. Pourtant Pascale Ogier avait bien rejoué dans le Pont du Nord de Jacques Rivette.
Le jour appartient au pouvoir. La nuit, à la puissance. »

Victor

Fred

« J’ai vécu une heure à hauteur d’Hommes et d’oiseaux, une heure à la cime des arbres, mes yeux dans les yeux de Paris.
À l’heure dite, j’étais devenu gardien de phare dans une mer d’étoiles, c’était l’heure pour le soleil de filer rejoindre le veilleur du matin. »

Fred

Valentin

« J’avais peur en arrivant que la série s’interrompe, que contre toute attente, aujourd’hui le soleil ne se lève pas. Bien heureusement, ce n’est pas cette question qui m’a habitée durant cette veille, mais d’autres, plus personnelles, dont pour certaines j’ai trouvé les réponses alors que d’autres attendent le coucher du soleil.
J’ai été heureux de pouvoir tenir entre mes mains, et devant mes yeux ce fil invisible qui a relié et va continuer de relier les veilleurs tout au long de ce projet. »

Valentin

Yisang

« Le moment que je suis avec les nuages qui bougent lentement juste au-dessus de pleine de mouvement de Paris m’a donné un bon calme intérieur. »

Yisang

Emilie

« Dans ma boule à neige
Ou à l’extérieur peut-être,
Je vois depuis ma fenêtre
J’attends que l’image devienne nette
Entre rêve et réalité, c’est plutôt la tempête.

Le monde est à mes pieds
Mais il semble marcher sur la tête
Dans ma bulle perchée,
Je n’ai pas complètement débranché.

J’ai regardé le ciel, gris pollué ?
Les flocons sont tombés
J’ai relevé la tête
Les repères s’étaient floutés
La dame de fer immaculée
Les tours du 13e comme effacées

S’il n’y a plus de repères
Alors il va falloir apprendre à danser…
… ou à voler ».

Emilie

Rym

« La veille du soir est une belle expérience. Je vois la nuit commencer à tomber sur la ville. Je vois Paris : le 16e avec sa tour Eiffel, le 13e avec les bâtiments new age de la Porte de France, la fumée des cheminées d’Ivry…
La ville est immobile, mais jour de neige oblige, le vent fait circuler les nuages et fait danser les feuilles des arbres.
Une seule pensée subsiste : Paris est la spectatrice (involontaire ?) du mouvement de la nature.
Très belle expérience ! »

Rym

Claire

« Surprise de ce temps clair et grand ciel bleu après la neige d’hier. Profiter, saisir le soleil derrière la vitre. Penser à tout, à rien. Boire de la tisane. Le chaud sur la vitre. Le chaud dans la gorge. Voir les promeneurs de chien, les joggeurs. S’étirer.
Un beau moment. »

Claire

Laetitia

« Après avoir enfilé un costume rose fuchsia, le soleil s’est mis à danser frénétiquement, ressemblant de plus en plus à un disque vinyle disco.
Quand il est devenu trop clinquant, je lui ai tourné le dos, face à Paris et il a daigné darder ses rayons sur les façades bétonnées et les arbres qui dansaient plus subtilement que l’Astre.
Le sentiment d’avoir assisté à un concert sans public, mis à part moi-même, et sans le son, mis à part celui des oiseaux choristes. »

Laetitia

Marie-Elise

« Je m’étais préparée à veiller une seconde fois. Hier, la personne que je devais accompagner m’a avertie qu’elle ne serait pas là. Me voici donc seule, ici. Très vite, les ombres de passants sont longues, étirées, immenses. Puis, elles disparaissent, comme le soleil derrière les nuages ; à cause du soleil caché par les nuages.
Deux personnes dansent à l’est, sur la dalle de la Noue. Aux balcons des appartements du grand ensemble, pas de spectateurs. Ce qui est exceptionnel pour moi ce soir, ce coucher de soleil, ils l’ont tous les soirs devant les yeux. Le regardent-ils encore ? »

Marie-Elise

Linus

« J’ai veillé. Je n’en avais plus envie mais je l’ai fait. Je vis une séparation. Merci aux équipes. »

Linus

Véronique

« J’avais l’impression d’être dans un sauna tellement cela sentait bon le bois. Je n’ai pas vu le soleil se coucher car il y avait beaucoup trop de nuages mais j’ai vu le ciel changer de luminosité.
J’ai trouvé que c’était très long une heure mais quand Lisa mon accompagnatrice et venue me chercher j’ai été surprise… Merci pour cette belle expérience ! »

Véronique

Alexandra

« Future, décisions, temps pour penser…
Merci. »

Alexandra

Maëlle

« L’histoire de cette veille a commencé dimanche 3 avril en arrivant en Gare d’Austerlitz à 8h47 par le train de nuit relayant Capdenac-Gare à Paris, avec cette petite appréhension au ventre que de retrouver ce monstre de béton. Première traversée : un flot continu de joggeurs du marathon de Paris. Le corps contraint dans cette boîte en bois, je veille sur la ville et ce joggeur en short rouge qui fait six allers-retours dans le parc, disparaissant et réapparaissant de mon point de vue. Bernard, mon accompagnateur, m’a dit en arrivant qu’il profitait de cette veille pour faire en chemin sa course à pied. J’ai veillé sur ce joggeur en short rouge (et d’autres encore qui ont couru dans le parc ce matin) tandis que Bernard, en tenue de sport, veillait sur moi. Et imperceptible dans ce paysage urbain à l’infini, j’ai veillé sur vous, contrainte et à l’arrêt, statique et réparée, à contre-courant de ce mouvement perpétuel et effréné, de ce ballet quotidien d’un petit million de personnes qui chaque jour se déplace d’un point à l’autre de la ville, aux aurores, pour aller courir, travailler, étudier, sortir son chien, prendre le train… Ce mouvement, c’est aussi celui des oiseaux qui entrent et sortent de mon champ de vision, explorant pour moi au-delà du cadre qui m’est imposé. Ce matin, je suis chanceuse. La famille de perruches au pelage vert anis est de sortie.
Ce sont des histoires qui se tissent à partir d’un petit détail capturé en chemin. »

Maëlle

Claire

« Heureuse d’avoir été gardienne du soleil le temps d’une heure. L’odeur du bois m’a rappelé la cabane que j’avais dans le jardin de mes parents étant petite, une petite madeleine de Proust. Magnifique vue sur le parc, paradis canin ! »

Claire

Elisabeth

« Merci pour ce temps suspendu magique, pour ce temps à soi, se replonger dans son soi intérieur, regarder, observer, écouter. Première sensation j’ai voulu me déshabiller entièrement, je vous rassure, je n’ai enlevé qu’une couche, impression de cocon. L’installation de bois avec son odeur, et cette vitrine entière et sensation de protection, un temps je n’ai pas parlé, ou sinon susurrer quelques sons, ensuite plus tard j’ai pu souffler, produire des sons, j’ai préféré être dans le silence, j’ai tenté le bruit des tapotements de doigts sur le bois et des tapotements aussi sur les pieds. J’ai très peu mangé, j’étais réfugiée côté fenêtre vue sur Paris à droite, moi qui ai le vertige je n’ai à aucun moment eu peur, j’étais isolée, cette sensation de hauteur, réconfortante. Je me suis demandée si les gens, dans les immeubles, pouvaient me voir, sans que cela me dérange, j’étais en communion avec les autres. J’ai eu la chance d’avoir du vent, d’écouter le souffle de la nature du coin, je dansais dans ma tête avec les arbres. J’ai pu observer les perruches sauvages de couleur verte intense improbable. Je respirais calmement. J’ai pu faire mes étirements, je touchais comme un Christ de chaque côté des parois les bras en croix. J’ai trouvé très court, le temps n’avait pas de temps, toutes pensées négatives s’envolaient au fur et à mesure, sensation de liberté et de voler, dans tout le corps, le souffle du vent était là. J’avais besoin d’enlever mes lunettes pour voir autrement la nature et les couleurs des toits de la ville. La petitesse de l’habitacle ne m’a pas gêné. J’ai utilisé le plus souvent que la moitié. Je me suis demandé si l’on pouvait dormir que ce serait aussi une belle expérience. »

Elisabeth

Caroline

« Expérience magique, mystique, à bord d’un bateau, d’un cockpit. On est à la fois coupé du monde et à la fois complètement immergé dans celui-ci. Le vent qui nous fait trembler, divaguer. L’odeur du bois, le reflet de la lumière blanche qui se démultiplie… Et le clou du spectacle, l’océan de nuages qui défile devant nous, nous étourdie aussi. Plus un seul ciel mais des dizaines qui se sont transpercer pour les nuages. Des strates de vert, au sol, de blanc, de rouge, de l’agitation silencieuse. Et enfin, au-dessus de nous, ces cieux majestueux. L’univers si grand et nous si petits face à cette magie qu’est la vie. »

Caroline

Megan

« Today is my 35th birthday. Every day, I walk in this park – I see the grand rocher de Vincennes, the Panthéon, the Tours d’Olympiades, the château, the Tour Eiffel. Today I saw them all from on high. I watched the joggers, the dog walkers, the commuters. I watched the clouds clear and reform around Paris – perhaps the most watched city on Earth, but this morning, only one watched from this viewpoint. I saw Montreuil, my quartier, waking up, going about its business, with me suspended above it, passed in time and space, encased in a gold box. I watched the watcher : the police helicopter that cut through the sky like a shark through water. On my watch, the banlieue was sage and unmolested. This weekend is the presidential election, where candidates who want to change that are asking for our votes. I hope they do not get them. »

Megan

Pascal

« J’ai maîtrisé mes pensées, alors que je croyais que j’allais divaguer. J’ai scruté, observé, les passants, les coureurs du samedi, les chiens qui courent dans le parc, les oiseaux.
Tiens, un oiseau vert. J’ai cru à un mirage.
Non. Un puis deux et trois oiseaux verts. Ce sont vraisemblablement des perruches. Je préfère les appeler « oiseaux verts » …
Il se passe toujours quelque chose qui m’attire. J’ai observé.
Dans mon abri, j’ai pensé aux sans-abris. Ils me disent. Tu le poses sur un banc, on ne le voit pas et tu observes. Il se passe toujours quelque chose. J’ai pensé à tous les sans-abris que j’ai côtoyé dans mon travail.
Les passants, les chiens, leurs maîtres ne me voient pas. Mais je suis là, à l’abri au-dessus des autres.
Et puis cette envie folle de lancer un fil vers la Tour Eiffel. Un lien pour m’appuyer et être funambule. J’ai aimé ce moment. C’était agréable. La sensation de veille sur les autres. Mais je suis funambule et l’équilibre est aléatoire.
Joyeux anniversaire Anne Marie. »

Pascal

Anne Marie

« Une expérience hors du temps. C’est original de fêter son anniversaire au-dessus des toits de Paris en face de la Tour Eiffel et avec un superbe coucher de soleil ! Vertigineuse expérience au départ avec une sensation de crainte et en même temps en étant hypnotisée par le soleil, sa chaleur, sa lumière. Veiller sur la ville, les coureurs sur la piste, les gens avec leur chien, les buildings, les oiseaux, les avions…
Après la crainte peu à peu la sensation de sécurité, savourer la lumière, la chaleur qui m’enveloppe. Rien à penser, à prévoir juste regarder, écouter les oiseaux, les bruits environnants voitures, motos, roucoulements, cris des enfants, aboiements et se laisser porter. Bref une expérience hors du temps et profiter d’un superbe coucher de soleil.
Merci Romain et la Maison pop. »

Anne Marie

Frédérique

« Un temps hors du temps qui s’étire et se rétracte.
Une ville qui s’éveille doucement loin des agitations du monde.
Un soleil qui s’échauffe le corps et les pensées.
Qui veille sur qui ?
En ce jour d’élection où je me sens parfois perdue face à l’avenir qu’on nous propose, je suis heureuse d’avoir pu me connecter à une humanité qui nous rassemble. »

Frédérique

Margotte

« Merci de m’avoir donné la possibilité de chanter par la ville. Et d’arrêter le temps, au moins à l’intérieur de l’abri. À l’extérieur c’est autre chose que j’ai pu observer. Les gens qui passent, les nuages qui défilent, les lumières qui s’allument et le ciel qui rugit. Le foire du Trône, les tours du 13e, chez Hae-Won, la Tour Eiffel. Les tours de Notre Dame ? Une des Mercuriales ? Et la découverte de l’ouest de Paris comme une cuvette.
Merci, merci, merci. »

Margotte

Anne

« Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Je me suis octroyée un joli cadeau méditatif. Une heure de solitude où je me suis sentie entourée et protégée. Accompagnée par le soleil et la vie autour de moi, ce sera une belle journée heureuse. Merci pour ce beau projet et merci à Bernard pour sa sollicitude. »

Anne

Léa

« Dans 4 jours j’ai 29 ans et je suis en plein chagrin d’amour. Sur l’herbe je voyais des amoureux se cajoler. Heureusement qu’il y a deux fenêtres.
Au début il y a plein de gens à regarder, à la fin seulement quelques personnes et ce sont elles qui nous regardent. La solitude dans la solitude.
Et finalement c’est de plus en plus bien cette ligne rose à l’horizon, toutes les lumières des manèges, les fenêtres éclairées. Et les oiseaux.
Personne ne m’attend mais je suis bien avec moi-même dans cette cabane. C’est plein d’espoir. Merci pour ça ! »

Léa

Iheb

« C’est trop bien, on voit tout le développement du soleil et toutes les couleurs qu’il peut avoir, c’est encore mieux avec des nuages. »

Iheb

Manon

« Une émotion soudaine, très forte et inattendue s’empare de moi lors de mes premiers pas dans cette pièce du veilleur. Derrière, sans doute, la poésie de cette expérience collective, que je trouve si forte, si propre à réenchanter le quotidien. S’en suit, très fulgurante, une angoisse : me voilà seule, sans repères autres que la lumière.
Et puis d’un coup, sans crier gare, l’apaisement. C’est presque une ville nouvelle qui se dévoile sous mes yeux – si ancienne, pourtant, ce paysage, je l’ai regardé déjà six cent fois, mais jamais ainsi. Des détails se dévoilent. Des liens, des connexions. Sous une chape de gris, les nuages gris de Paris, un horizon orange intense se dessine, s’embrasse. Comme la chaleur enveloppe la ville désormais. Des milliers de petites bulles de vie s’allument les unes après les autres, dans ces immenses immeubles – tout près, puis plus loin. Cette ville ne s’arrête jamais de vivre. »

Manon

Léa

« Comment on fait pour arrêter de penser ?
À l’avenir, j’aimerais apprendre à plus regarder le soleil, et moins la montre pour me repérer dans le temps. »

Léa

Cécile

« C’était le jackpot des couleurs ! Des dégradés magnifiques, des nuages tout dorés, des roses à croquer… Je ne pensais pas revoir si tôt l’horizon et le soleil sur Paris, j’ai un sentiment de plaisir très égoïste. Le temps a passé très vite finalement, tant le spectacle était magique. Bon, j’avoue que j’ai un peu joué à « l’homme de Vitruve » (en l’occurrence, la femme) dans le cadre lumineux de cette porte dessinée sur la ville. L’expérience sera, je pense, inoubliable ; toutes mes pensées aux veilleurs passés et à venir ! »

Cécile

Anaëlle

« Il y a quelque chose de voyeur presque plus que de veilleur. C’est un instant privilégié que de poser un regard sur la ville alors que personne ne remarque notre présence. J’ai eu la sensation de regarder un monde qui ne me voyait pas alors qu’à la cime du parc je suis visible et offerte à tous.
Ancré dans mon corps, présente, j’ai eu la sensation de cohabiter davantage avec les oiseaux qu’avec le monde des hommes, seul le bourdonnement du périphérique, la danse des voitures que j’observe subtilement entre deux bâtiments rappel la présence de l’homme.
Puis il s’éveille l’homme, alors que le soleil s’extirpe des nuages, prend place, colore les arbres et le bâtiment d’une lumière chaude. Après le bal des oiseaux, souvent à deux, j’observe le bal des corps et celui des chiens. J’observe leurs interactions, j’imagine leurs conversations. Un pigeon se pose sur la cabane, je ne le vois évidemment pas mais je l’entends, son chant retenti fort…
Les couleurs sont très subtiles au lever du soleil, elles passent d’un bleu, violet froid à un oranger un peu plus chaud. Lorsque le soleil entre dans la cabane, je me sens d’une certaine manière réconfortée, moins seul. Il y a une certaine mélancolie qui nous gagne à observer la ville immobile, silencieuse, dense. Elle est si dense cette ville à nos pieds… »

Anaëlle

Julien

« Un moment en suspend… où les bruits de la ville et de la nature se répondent. Très agréable. »

Julien

Juliette

« Une mouche a veillé avec moi, même si je ne pense pas qu’elle ait veillé sur moi. Beaucoup de chien qui se roulent savamment dans l’herbe et ignorent à raison Paris à leurs pieds, leurs maîtres patientent.
Tout de même, le soleil a bien voulu offrir un châle de soie d’or à la tour Eiffel, pour lui tenir chaud sans doute.
Je rentre me coucher, bien apaisée. Merci. »

Juliette

Florence

« Louise aurait eu 110 ans.
J’espère être descendue un peu dans mes pieds ce matin. Comme elle savait si bien le faire. Simplement. Au monde.
Veillé. Être Veillée.
Tomber depuis sa tête. Dans ses pieds.
Quitter la caverne pour l’arbre qui respire, le ciel qui s’allume de violet, la pie qui sautille, l’odeur du pin, le coureur et les chiens.
Sourire les larmes au cœur dans la ville et … dans la vie.
Être. »

Florence

Laurent

« Accueil aujourd’hui à Bagnolet, rencontre avec Abdoulaye et Sylvie, ils m’offrent et m’accueillent chez eux pour la nuit, Abdoulaye vient du continent africain, Sylvie aussi attend son ami, permis de séjour refusé.
Je suis touché par ces personnes qui partagent avec moi cette attention. Difficile de quitter sa ferme, la nature est la même qui nous a fait naître et grandir. Mais l’homme, tout être, est vue par le désir de découverte, aller voir là où le soleil apparaît et disparaît, les sacs créent une enveloppe, la chaleur un mouvement ascendant, l’air porte des fragments invisibles. Lâchage sur l’espace, la chaleur nous quitte avec la lumière déclinante. L’air frais anime le feuillage des arbres à son opposé. Un couple s’enfonce dans la forêt. C’est un recommencement. Encore. En nous. Je pense à Laure. La personne qui me touche et me bouleverse en ce moment sans véritablement comprendre. Mue par ce désir pur et fragile. »

Laurent

Julien

« Peu d’humains en vue ce matin. Mais la pleine lune se couchant en même temps que le soleil se levant, le spectacle lumineux et graphique était un cadeau. Attention accrue aux détails, d’abord dans le lointain puis juste à mes pieds. Jusqu’à l’intérieur de la pièce. J’ai d’abord été surpris par le cadrage droit des fenêtres, puis me suis habitué à cette portion de ville présente à mes yeux, « ma » ville.
Je pensais veiller sur la ville, ou qu’elle « veille sur moi » ?
Je me suis senti « passer en veille » le temps d’une heure
En tout cas, voir la ville comme je ne l’avais jamais regardé était un superbe cadeau. »

Julien

Nathalie

« Je devais accompagner Florence mais le COVID l’a hélas empêché de venir effectuer sa veille. J’espère qu’elle aura la possibilité de tenter l’aventure une autre fois.
Je prends donc sa place ce soir… Et cette fois, je décide d’assister à la lente disparition de ce globe d’énergie à l’horizon en m’offrant une séance d’autotraitement de reiki. À peine où je lève mes mains, en le présentant devant l’astre solaire que l’énergie se met à circuler intensément… Pur bonheur de se sentir ainsi reliée à la boîte primordiale de l’univers. Ma séance terminée, je continue de m’émerveiller de ce spectacle du coucher du soleil. Je lui souhaite bonne nuit et lui dis à demain…
Soleil rougeoyant disparait à l’horizon. Le miracle, encore. »

Nathalie

Zowie

« Quelle belle expérience ! J’avais peur d’avoir froid mais non, tout est prévu. Malgré ces tours grises le ciel nappé de blanc puis de couleurs enveloppe la ville. J’ai vu un énorme œil bordé de rose, des montagnes bleues à l’horizon… Et quand le soleil disparait petit à petit, tout s’apaise, la ville se calme, le parc se vide… Tout prend une autre forme, les repères sont différents. On voit ce que l’on ne voyait pas… on ne voit plus ce que l’on voyait. Moi qui aime les couleurs, j’ai été gâtée. »

Zowie

Antoine

« Veiller sur la ville, veiller sur la nature, s’éveiller, regarder, observer, oublier le temps, s’oublier, penser à hier, envisager demain, remercier la vie. »

Antoine

Marie

« Ce soir j’ai eu rendez-vous avec le soleil. Il était en avant, haut perché, droit comme un « i », il m’attendait. On s’est regardé, mais j’ai vite dû baisser les yeux car sa vitalité me brûlait. Il m’a montré de belles choses, que je n’aurais pas pu voir sans lui : les oiseaux qui discutent, les arbres qui chantent et l’herbe qui fourmille.
Puis doucement, il a commencé à disparaître, à tirer sa révérence et à se cacher derrière un immeuble. Il est parti avant moi et m’a laissé les traces de son passage. »

Marie

Bernard

« La végétation et les arbres ont fleuri et verdi.
Le vert, couleur de l’espérance, envie de renaissance, besoin d’exubérance.
La méditation imitation à la bienveillance.
Le soleil malgré la brillance.
La veille, l’insolite de l’expérience et beauté de la performance. »

Bernard

Laurent

« J’ai trouvé que c’était bien d’avoir un repli avant de retourner dans le monde parmi les gens.
À la fin j’avais envie de replonger dans la ville.
Je me suis dit qu’il devait y avoir des lieux comme ça partout dans les parcs, ouverts à tous. »

Laurent

Lucie

« Le soleil qui se lève dans les vitres de l’immeuble en face, les oiseaux perchés sur l’objet-abri, les yeux fermés. »

Lucie

Archcena

« J’ai l’impression de flotter
Entre rêve et réalité
J’ai l’impression de ne faire qu’un
Avec le monde sous mes pieds
Il y a toujours un oiseau qui chante
Il y a toujours une feuille qui danse
Pendant que la ville se réveille
Bercée par la douceur de la lune
Caressée par les rayons du soleil
Je veille
Je m’éveille
Je m’émerveille »

Archcena

Delphes

« Cher toi,
Je sais que je devais t’écrire ce soir. J’aurais pu préparer ce que j’aurais à t’écrire mais à quoi bon ?
J’ai tenu ma garde comme je m’étais engagée à le faire et j’ai pensé à toi qui veillait aussi sur ta caserne. Tu avais peur, tu ne voulais pas être là. À l’époque tu étais encore prêtre et l’habit t’avait épargné le front. Tu ne devrais qu’une chose : rejoindre les enfants du village et continuer la classe avec eux en chantant. Quelle connerie, cette guerre. Pourquoi allez emmerder ces pauvres gens qui n’ont rien demandé ? Pendant que certains se battaient, torturaient ou violaient des femmes, tu jouais au foot dans une rue de la grande Kabylie.
J’ai cru voir Alger la blanche que je n’ai jamais vue, dans la blancheur irradiante de quelques immeubles parisiens. J’ai pensé au Maghreb et à celles et ceux qui allaient rompre le jeun quand je romprai ma garde.
Je l’ai fait. Je me croyais incapable, moi qui ne tiens pas en place, moi qui gigote sans cesse. Comme quoi, tout est possible. J’étais dans les faveurs du ciel, auréolée par un rectangle lumineux. Un cadre me protège, le garde, garde la ville qui va s’endormir doucement. Nous sommes reliés, ensemble, à l’infini, qu’on le veuille ou non.
Prends soin de toi et dis bonjour aux enfants. »

Delphes

Claire

« Immense plaisir et grand honneur de se sentir le maillon, l’un des maillons d’une communauté invisible, bienveillante, apaisée mais réelle de veilleurs/euses sur la ville, sur les communautés de sensibilités qui y vivent et y œuvrent. Je m’émerveille sur la beauté du mont que chacun de nous modèle, transforme, absorbe et enrichit. Et m’y sens pleinement accueillie, responsable et portée par et pour cette œuvre collective. Merci ! »

Claire

Saliha

« J’ai grimpé les escaliers en me disant que j’allais intégrer mon phare qui surplombe Bagnolet. J’ai été agréablement accueilli par Sylvie. À 19h53 précise je suis rentrée dans la cabane »

Saliha

Alexandre

Delphine

Vincent

« Le passage à l’écriture se fait après la libération. Le début de la veille semble déjà très loin, tout était différent alors. Dans les alentours et dans mon intérieur.

D’abord une curiosité, une impatience, presque une frustration. Tout va lentement. Et pourtant dès qu’on détourne les yeux, la lumière a changé, les nuages n’ont plus la même couleur. Le soleil apparaît masqué derrière un pan de bâtiment, nous finissons par jouer à cache-cache et par nous retrouver, de haut en bas. J’emprunte la structure de bout en bout, je me sens traversé par la lumière, transparent.

L’apparition du soleil me donne envie de bondir.
Tout en bas, les poissons rouges dans la mare ne bondissent pas, ils voient le lever de soleil tous les jours, eux. »

Vincent

Hélène

« C’est un jour assez particulier pour veiller car on attend le résultat des élections. Il y a de la nervosité dans l’air alors je préfère autant veiller et m’abstenir du monde une heure. L’expérience est agréable. Au début le temps s’étire et on a l’impression que l’expérience sera interminable puis l’esprit se détend et le plaisir arrive. Les oiseaux surtout les corbeaux et les pies m’ont bien tenu compagnie. La fête foraine au loin avec ses lumières fluo hypnotisent. Les pensées vont et viennent avec des morceaux de chanson et des bouts de livres qui émergent de la mémoire. »

Hélène

Katya

« Je me suis réveillée comme dans un mirador au milieu de la guerre, je guettais, j’étais guettée. Je visais, j’étais une cible, peu disposée à m’enfermer dans une boite-cabane volontairement dans ces conditions. Et mon armée de poètes s’est levée et m’a accompagnée, liberté. Philip Glass et Einstein on the beach dans les lumières rythmées des grues des appartements, infinies variations de la lumière et puis Michel Leiris « Rien, mais pourtant pas le violet, plutôt que rien, rien » car il ne se passe rien là-haut, juste nu, rien, et c’est tout, c’est-à-dire… tout. Un chien qui passe suivi par son maître. Et les merveilleux nuages, de l’étranger de Baudelaire. Un oiseau vole. One two three four five six seven eight et encore et encore, à force de sentir, l’œil voit, l’oreille entend, plus et plus, seul le corps rappelle le temps qui passe, l’heure est déjà passée. J’aimerai assister à une représentation de Einstein on the beach pendant cinq heures.
Veille vaillante. Merci ! »

Katya

Marion

« Expérience.
Faire sans rien faire.
Solitude accompagnée et collective.
Analyse et observation du cocon : la boîte à peu près 6x1m, son accès serpentant, le pin et ses nœuds, les vis, les marques laissées par un.e veilleur.se précédent.e. (Côté nord-ouest des V inscrits dans le bois.) La ligne qui sépare les deux côtés de la boîte, éclairée sur deux côtés (deux éteints) et, les deux vitres, ouvertures et panorama sur les villes : Paris, Montreuil, Bagnolet… et toute une partie du Grand Paris, là… et là…
Regarder les couleurs qui changent. Écouter, d’en haut, les bruits de la ville. Observer les joggeurs et s’approprier le lieu. Puis l’oublier et se perdre dans ses pensées. Et puis, finalement, s’ennuyer, un peu. Expérience, la vie de la ville, et soi avec les autres, sans les autres.
À bientôt. »

Marion

Cécile

« Seule et ensemble, un veilleur bienveillant qui attend, il n’est pas venu, mais il est là. »

Cécile

Lisa

« Il y a un an jour pour jour, le soleil se couchait sur cette improbable journée où j’apprenais avec surprise que j’attendais un enfant. Aujourd’hui, date choisie, je prends une heure pour moi, pour regarder et me perdre dans ce paysage urbain au travers de ma silhouette transparente devenue étrange… C’est qu’elle est passée par de nombreuses transformations ces 12 derniers mois avant de retrouver sur ses épaules cette même veste en cuir rouge usée. C’est ensemble qu’on se trouve là, sur le toit d’une maison dans les hauteurs d’un parc, à s’enivrer une nouvelle fois du printemps. Tout en ayant hâte de rentrer à la maison dans ce tout début de nuit, pour contempler sans fin une petite frimousse endormie. Quelle belle expérience ! »

Lisa

Nicolas

« Une heure sans mon téléphone.
Une heure sans notification.
Une heure sans sollicitation.
Une heure un peu perdue dans ce caisson à chercher la ligne d’horizon.
Un soleil qui se laisse désirer et qui finalement apparaît du côté opposé grâce à un effet miroir.
Une journée qui commence de façon inattendue par cette heure en apesanteur. 60 minutes loin d’être perdues. »

Nicolas

Maud

« C’est drôle, j’adore regarder les gens passer alors là, on peut dire que j’étais servie. Mais eux aussi pouvaient me voir, certain.es m’ont fait signe de la main. J’ai répondu de même. Ce signe semblait presque un remerciement, comme si je faisais quelque chose d’utile. Ce soir à Montreuil, j’ai goûté au plaisir d’être là, présente, face aux gens, à la nature. Un réel régal. »

Maud

Arnaud

« Le dictateur a tenté de mettre un terme à sa guerre commencée quelques mois plus tôt en appuyant sur le bouton nucléaire. Je croyais avoir été malin en construisant un abri atomique sur le toit d’une maison du parc dans le 9-3, dominant Paris et la banlieue. Je m’y étais installé quelques jours plus tôt. Depuis, chaque matin, je m’éveillais à l’heure exacte du lever de soleil, que la bombe n’avait pas altéré. J’étais seul dans ma boîte vitrée à l’est et à l’ouest. Je me sentais tel un gardien de phare, à veiller sur cette ville dans laquelle je vivais depuis si longtemps.

La bombe ayant explosé à 1km d’altitude, elle était demeurée intacte, seulement vidée de la plupart de ses armes. Les animaux avaient survécu, en particulier chiens et oiseaux. Étrangement, quelques personnes avaient également survécu mais ils ne devaient pour certains jamais cesser de courir, d’autres devaient être accompagnés de leurs chiens, enfin certains étaient contraints de rouler, enfermés dans leur voiture, sachant que la panne sèche les condamnait à rejoindre les disparus.

Ce matin-là encore, l’homme au polo rouge arpentait de gauche à droite le parc en courant sans cesse, tel un zombie, jusqu’à ce que l’épuisement total s’empare de lui et le condamne. L’homme âgé promenait son chien qui depuis quelques jours ne lâchait jamais sa balle jaune. La jolie femme et sa chienne marronne cessait de rentrer et sortir du bois. Une hirondelle est passée, apportant quelques joies.

Je veillais donc sur cette terre écorchée, sur ses immeubles, dont on pouvait relier la construction à un épisode de l’histoire du 20e siècle, ceux ayant remplacé la zone cernant la ville, ceux construits après-guerre, ceux construits rapidement pour loger les populations vivant précédemment dans des bidonvilles, ceux encore dessinés par quelques architectes soucieux de laisser son nom dans l’histoire, grâce à un geste architectural hasardeux. Je pouvais reconstituer l’histoire, mais sans ceux qui l’ont vécu, ou ceux qui en sont les dépositaires, quel intérêt ?

Ce matin-là, le vent soufflait sur les arbres intactes. Je regardais l’horizon bloqué par le skyline aléatoire. Je regardais le ciel, il y avait une nouveauté ce jour-là, les avions remplis de gens qui pouvaient survivre en altitude, fendaient en deux le ciel. Il s’arrêtait à des arrêts éphémères construits par la vapeur de leur réacteur, quelques personnes en descendaient, je les voyais rapidement disparaître dès lors que la raie se désintégrer. J’ai donc continué à veiller seul, là dans mon abri. Mais seul, face à soi-même, plus d’une heure, cela a-t-il un sens ? »

Arnaud

Simon

« Aucun signe d’Attila à l’horizon. »

Simon

Justine

« J’ai beaucoup aimé le chemin qui m’a conduit jusqu’à la maison du parc. Si tôt, la ville était endormie mais le chant des oiseaux m’accompagnait. C’est une bonne entrée en matière. Je ne m’attendais pas à ce que la cabane ait cet aspect. Toute en bois, étroite à l’intérieur, de la lumière la coupant en deux. La lumière m’a déstabilisée d’ailleurs mais je pense qu’elle en fait un espace scénique particulier. On voit son reflet dans la vitre et la lumière se projeter en miroir au loin. J’ai bien aimé le fait que la cabane soit étroite ; j’ai pu étendre mon corps d’un bout à l’autre de la paroi tout en regardant à travers la vitre (les vitres). À cette heure-ci, on aperçoit le début de la journée urbaine se chorégraphier. J’ai préféré enlever mes chaussures dès le début de l’expérience. Je me sentais bien entourée de bois, proche de la nature que je regardais au travers de la vitre.

J’ai bien aimé ce moment. J’ai pensé au moment présent sans m’y obliger, j’ai pensé à comment mon corps pouvait interagir avec l’espace dans lequel il était. »

Justine

Marie-Blanche

« Étonnante cette date pleine de 2.
Alors que la cabane est faite pour un. Peut-être ? Non ?
On pouvait s’y mettre à plusieurs, s’y entasser, faire des roues croisées.
J’ai passé la paroi de verre à l’ouest, pour me faire peur, me donner le vertige. Ça a très bien marché. Le vertige je veux dire. C’était histoire d’aller vérifier si le vent dehors était aussi silencieux qu’il y paraissait depuis l’intérieur.
Ah tiens, j’ai trouvé une pièce de 20 centimes. Je l’ai prise. Je regrette maintenant. Ça aurait pu être un passage de témoin, une sorte de cercle qui perdure dans un parallélépipède. Je me suis beaucoup répétée pendant cette heure, pas trouvé la clé, même si la porte était ouverte. J’ai guetté. Éveillée. Alors que le soleil s’est fait la malle, la ville fait semblant de s’endormir. Moi, je suis bien réveillée. Plus question de rêver. »

Marie-Blanche

Mireille

Catherine

« Merci pour cette belle expérience – le temps a passé très vite. J’ai senti que mon esprit était posé et c’est très agréable. Je pense avoir bien surveillé la ville. J’ai l’habitude de rester debout au même endroit pendant quelquefois 2-3 heures car je suis photographe donc aucune pénibilité, que du bonheur.
Que c’est bien de ne pas avoir son portable car nous ne sommes pas tentées de le regarder.
Merci pour ce précieux moment. »

Catherine

Jennifer

« J’ai longtemps réfléchi à ce que je voulais écrire ici, avant même de faire l’expérience. Finalement, une fois dedans tout devient plus limpide.
Au départ, les larmes me sont montées : j’ai ressenti beaucoup de gratitude à pouvoir être là. J’avais l’impression qu’on me donnait du temps alors que c’est moi qui le prenais.
J’ai observé les oiseaux, mes premiers compagnons durant cette heure, puis les voitures et enfin les grues. Le ciel a été le décor de tout ce monde qui prend vie.

Trois personnes m’ont vu là-haut. D’abord ils ont ri, m’ont fait coucou, puis m’ont demandé ce que je faisais là. Je n’ai su que leur sourire.
En observant les personnes et même les animaux, je n’ai pu m’empêcher de me demander qui ils étaient, ce qu’ils faisaient, où ils allaient. C’est génial d’être le spectateur caché de ce qu’ils ont à offrir !
J’ai eu peur de m’ennuyer à un moment, et puis l’esprit sait finalement très bien s’occuper. J’ai parlé à haute voix et je me demande si, comme moi, les autres l’ont fait aussi. Je me suis demandée qui j’aurais voulu inviter à passer ce moment avec moi. Angèle ou Caroline.
Bref. Lorsque le soleil est apparu, je n’ai fait que sourire. Encore.
Quand le soleil se pose sur le corps, il se loge dans le cœur. C’était un plaisir d’être gardienne de sa lumière et je veillerai toujours à ce qu’il continue de rayonner. »

Jennifer

Giulia

« L’arrivée se fait rapidement, les transports le soir du premier mai avaient quelque chose à dire, à manifester, eux aussi, que petite grève des stations, des pannes techniques. J’arrive tard par rapport à l’heure prévue, le détour me voit néanmoins la découverte d’une veille très fascinante, charmante de Montreuil.

Je me change. Je fais connaissance avec Claude, mon accompagnateur. Pas beaucoup de temps pour parler. Je suis à l’intérieur. Il fait chaud. L’odeur du bois est forte et agréable. J’enlève mes chaussures, je vais vers le soleil, d’instinct, de manière directe, je respire fort. Je me sens émue. Je fais quelques aller-retours d’une vitre à l’autre, je mesure les pas. Je regarde les gens, je regarde la ville, je cherche les endroits que je connais. On voit bien le Grand Paris d’ici, ça coupe le souffle. Je veille. Je veille sur quoi déjà ?

J’ai l’impression de suivre le soleil comme si je devais bien vérifier qu’il se couche, aujourd’hui sûr. Peut-être, il voulait faire la grève aussi. On ne sait jamais. Je veille un peu sur les gens, je pense à la multitude des gens que je connais, je pense à mon oncle qui a peut-être un cancer. Je veille avec amour. Sur qui, sur quoi, ce n’est pas sûr. »

Giulia

Fred

« Je lève les yeux et la porte s’ouvre. Celle du cube que je viens de quitter, mal fermée ou juste orpheline d’un veilleur déjà parti ? Besoin sans doute aussi d’aérer, de ventiler les mouvements, pensées que j’ai laissées dedans. La cabane est dorée du d’ici. Dedans c’est autre chose, lisse et sobre, une rai de leds en haut, d’un côté, asymétrique, comme la vue et la vie.

Le Cycle d’ève et year, ève, une année, un cycle, petite circonvolution minime et douce, en lenteur. J’ai fait 10 pas d’un bord à l’autre, du plein au vide, prudemment( ?), et j’ai deux et demi en largeur. J’ai aimé l’espace et n’ai pas eu de mal à me supporter. Éveillé ? Guetteur ? Tartare ? Peut-être pas assez tôt pour envelopper les donneurs. Suffisamment pour laisser poindre quelques gestes intérieurs, une écoute rare, fucking A3, de rares passages d’une brise sur les autres surplombés qui se refilent le courant souffrant, vite éteint.

De la ville, rien à faire, du reflet et des lumières qui (me) traversent dans la cabane, j’ai adoré les jours, les fuites, la banalité des nimbus éclatés, des déchets de vols presque effacés, des brumes croisées, de ma silhouette à peine visible, suffisamment pour être là, pas pesante. Et les poissons rouges en bas, veillent à l’envers.
Je suis un veilleur ? »

Fred

Marie

« Pourquoi vouloir cacher ses parts d’ombre. Quand le soleil peut les prendre belles ?

Courant voudrais-tu me protéger toi-même ?
Rendre visible l’invisible
Rendre la beauté au monde
Découvrir son âme dans sa chaleur environnante
Se perdre dans les yeux cachés de son être

La chaleur du soleil se réveille en moi et vient chercher au plus profond de mon être ce sentiment caché, perdu timide qui ne rêve que de sortir à la lumière du jour pour briller sur le Monde…

Merci pour cette expérience qui est arrivée au moment où j’en aurais eu le plus besoin. »

Marie

Edwige

« Suspendre le temps juste un instant.
Regarder les oiseaux voler les lumières clignoter.
Ne pas bouger au départ pour laisser le calme venir.
Sentir les branches d’arbres bouger comme une vague et voir un promeneur faire son jogging du matin.
Peu à peu, j’ai senti mon corps ralentir pour se raidir un peu avec le froid.
Se frotter les pieds, prendre la mesure de l’espace avec son corps.
Regarder d’Est en Ouest.
Les reflets des nuages et des rayons de soleil apparaissent sur la parois de verre.
Tourner la tête vers le soleil et se relier à l’infini du temps, au garde du soleil.
Merci Joanne. »

Edwige

Sylvie

« Et le soleil trogne sa chaleur de température contre sa chaleur de couleur. Il fasse d’un jaune presque blanc ; éclatant, éblouissant à sur jaune oranger plein de douceur et de quiétude. Puis il rougit, honteux d’aller au lit ?

Tour Eiffel, grand projet parmi les grands projets. Avoir confiance en ses rêves, en soi.

Croire que c’est possible…. Et agir en conséquence devient une évidence.

Le chant des oiseaux était revenu dans le calme ambiant. Mais là, maintenant, j’écris mais ne les entends plus ces joyeux siffleurs et quelques fois persifleurs. »

Sylvie

Tiné

« "Fish in the sea, you know I feel… It’s a new day, it’s a new dawn, it’s a new life… for me… and I‘m feeling good …”

Durant cette veille, je n’ai eu que cesser d’entendre Nina Simone chanter ce refrain. Le ciel ouvert mais le jeu de l’intensité, de la couleur des reflets m’ont fait une sensation étrange : je me suis sentie petite face à l’immensité du ciel, face à la grandeur de ce spectacle… et pourtant quotidien.

Tout se passait comme si je plongeais dans cet océan enragé laiteux, bien à l’abri. Le moment unique est comme une occasion de me reconnecter au rythme intime de la journée que j’ai tendance à perdre de vue. Le chant des oiseaux et le fond sonore de l’A3 se répandaient et m’ont ancré dans un “içi”. Cette expérience m’inspire une profonde gratitude envers ceux qui nous porte. Nous les êtres humains. »

Tiné

Natacha

« Toc, toc toc. Bernard frappe à la porte. La veille est terminée. Déjà la pluie, le parapluie rouge. La photo. Clic, sous la boite. Deux fois.
La cabane. L’odeur du bois neuf. La pelouse verte en bas. L’homme en noir qui, les bras tendus, frappe dans ses mains, devant, derrière, devant, derrière. Le métronome du Parc des Guilands. Les arbres et Paris à l’ouest. Le bruit des roues de skates derrière moi.
Celui des chants d’oiseaux encore derrière.

Le temps s’écoule, mes pensées se déplient, la lumière change.
Le bruit des gouttes de pluie me sort de ma torpeur. Il pleut. Il pleut mais la lumière s’éclaircit. Je vois plus net. Je vois l’horizon derrière la Tour Eiffel. Je vois des détails 1, 2, 3, 4, 5 grues. Le parc se vide peu à peu ; il pleut. Soudain, un pont rouge flamboyant attrape mon regard. Je scrute. Le soleil. Je ne regarderai plus que ce pont jusqu’à la fin. Rose vif, orange, rouge clair, jaune. Point lumineux dans le ciel de plus en plus noir. La pluie bat contre la paroi Nord. Mes pensées se contentent en ce point. Autour, tout à disparu.
Finit le Parc des Guilands, fin la Tour Montparnasse, finit la Tour Eiffel, finit Paris. Place au spectacle. Lumière ! Rideaux ! Faites entrer les autorités !

Toc toc toc. Bernard frappe à la porte. Déjà la photo !
La pluie. Le parc des Guilands. Montreuil. Le spectacle ne fait que commencer !
Clic !
C’est reparti ! »

Natacha

Aurore

« Aux aurores je me lève, prête à ne faire qu’un avec mon prénom. 1H dans cette bulle au sommet de la ville, Montreuil, Paris s’éveillent, c’est tout un écosystème qui suit son cycle. Des travailleurs invisibles déambulent et circulent, les sportifs matinaux s’activent, et pendant ce temps-là je veille sur eux. Peut-être veillent-ils sur moi ? Après tout, le monde est fait de veilleurs et veilleuses. Nous sommes tous le veilleur de quelqu’un. La nature s’éveille. Un petit chat traverse le parc et les oiseaux viennent me saluer devant cette vitre qui s’ouvre sur l’immensité de notre monde urbain. Devant cette végétation luxuriante du parc des Guilands qui s’éveille avec le printemps, Paris s’éveille et la dame de fer s’enveloppe d’un drap de nuages.

Après tout, je suis enveloppée de chaleur qui se diffuse et s’infuse dans ce cocon de bois. J’ouvre grand les yeux et observe chaque détail de cette fourmilière qui s’éveille et je m’intrigue devant les bâtiments aux architectures diverses auxquels je n’avais jamais prêté attention. Baignée par cette atmosphère paisible, le temps passe lentement et rapidement à la fois. on ne que se rapporter à la relativité de ce qu’est la notion du temps. Il est 7H22. Claude sonne à la porte, un veilleur qui veille sur les veilleurs. Une photo pour immortaliser ce moment, les souvenirs se créent avec le temps. Il est l’heure d’en créer de nouveaux, c’est l’anniversaire de ma meilleure amie aujourd’hui. Je retourne me fondre dans cet écosystème de la vie. Peut-être que quelqu’un veillera sur moi demain. »

Aurore

Valérie

« Très vite, je m’étonne de pouvoir approcher la vitre à quelques centimètres, moi qui suis sujette au vertige. Est-ce le sentiment de l’importance de ma mission qui me porte au-delà de mes peurs ?
Ce soir, je veille, je veux bien veiller ! Être bienveillante…
Mon attention se déplace vite du parc proche à la ville, l’horizon à l’ouest toujours. Et puis l’horizon devient contraignant. Je suis happée par l’ouest, et file au-dessus de Paris, veiller sur Sara, ma fille qui a migré non sans nostalgie à Boulogne, puis je vais saupoudrer Douarnenez de ma bienveillance, traverse l’atlantique, le Canada, le pacifique, accoste en Chine et veille sur les peuples, de Chine, de Mongolie, de la Russe, de l’Ukraine.
Je veille… ma veille s’élargit, Europe de l’est, Allemagne, et retour en France ; Je me retourne vers la vitre à l’est de l’habitacle qui sent la forêt, et la boucle de ma veille-voyage est bouclée. »

Valérie

Muriel

« J’ai regardé quelqu’un faire des tours de stade. Il marchait, il a couru aussi un peu et il est rentré. Moi j’étais toujours là, dans ma cabane suspendue. Le temps est passé si vite. Je n’ai pas eu le temps de penser à rien finalement.
Drôle d’expérience.
Merci ! »

Muriel

Alida

« Merci pour cette heure et expérience !

Es ist so schon eine Stunde weit um shauen nur mit mir.
Nach Bagnolet ware ich warscheindlich nie gekommen
ohne Joanne Righteous Projekt - eine ganz andere
Seite von Paris ! Ohne das Projekt wäre ich auch
vielleicht nicht mit meiner Freundin fur ein Wochen-
ende in diese wunderbare Stadt geniest (?).
Ganz andere Perspektiven aus dem Kubus hier.
Als in Händchen vom Gasteig aus wo ich auch eine
Turnerstunde genießen durfte !
Innensicht, Aussersicht, Erinnerungen ...
Hoffentlich kriegt sich die Welt weider ein.

Merci beaucoup Geoffrey et Lisa for accompanying me ! »

Alida

Lumterije

« Le cycle - Team,
What a wonderful one hour of silence !
Thank you for the moment and a new view of Paris !
And thank you too to my best friend Alida, that she came with me to Paris.
There were so many different emotions in this hour, and I’m glad to go out of the box and feel just happy.
See you again and thanks a lot <3 »

Lumterije

Dominique

« Pas une bonne veilleuse parce que je ne suis pas restée debout, mais j’ai quand même veillé sur les arbres, les ai regardés danser (avec le vent), me suis assise, couchée, ai aussi guetté un oiseau en haut d’un arbre, baillé de bonheur et pas d’ennui, et puis ai vu les nuages s’effondrer, rentrer de rose, la lune animer et le soleil descendre d’auparavant, tout rouge.
Bon alors, même couchée, j’ai quand même veillé sur le coucher du soleil. C’était magnifique, du bonheur et de la sérénité ! Trop court !
Merci. »

Dominique

Bernard

« Aujourd’hui Marie la veilleuse de ce matin n’est pas venue. Moment pour moi de déception, de tristesse et de frustration de ne pas pouvoir faire partager cette heure magique pour laquelle je ne suis pas rassasié.
Ce matin, pas de soleil, plutôt le temps de la Toussaint. J’ai pensé à ma famille que ma fonction de veilleur me rendait apte à la protéger. J’ai pensé à Véronique, une de mes amies chères qui vient de perdre son compagnon, Jean-Marc. »

Bernard

Catherine

« Pour commencer, un immense merci à Sylvie ! Sans elle, je n’aurais pas osé tenter l’aventure.
Je suis entrée dans l’abri en pensant qu’en ce jour on célébrait l’anniversaire de la fin de la guerre. Je pensais aussi aux milliers d’Algériens assassinés le même jour à Sétif.
J’ai fait plein de vœux pendant cette veille. Que la paix arrive !
Et mon esprit a fait aussi ce qu’il voulait. Oh des chiens ! Oh une femme qui court.
Mon reflet dans la vitre me ramenait dans l’instant présent.
Me ramenait à ma solitude et à mon immobilité du moment. Une bulle de solitude et de recul avec à ma gauche un quartier de lune et à ma droite un soleil merveilleux.
Comme si tout était à sa place.
Vive la vie. »

Catherine

Thibault

« Je ressort marqué de ce moment par la façon dont j’ai aperçu le levé du soleil, la métamorphose du paysage, minute après minute. La dualité, Nuit/jour qui s’estompe et ce temps “lent et rapide” entre le changement.
Cet abri est un peu comme le ventre d’une mère, on y est bien et aperçoit énormément de choses, mais on s’y est coupé du reste du monde l’espace d’un instant.
Et percevoir le temps qui s’écoule à travers les ombres, les perspectives de la découverte des détails… qui forment un tout.
Apercevoir un reflet au levé du jour.

Ah ! et quel plaisir ressenti de se sentir soi-même même veillé, accueilli, protégé par Bernard pour ouvrir le temps d’avoir du temps !
Merci à toutes et tous pour ce beau projet. »

Thibault

Jean-Marc

« Très sensible aux odeurs, j’ai été frappé en entrant dans la “boite” par une odeur très forte de chocolat en fusion.
Ça m’a incommodé au début, puis après ça m’a fait rire, je me suis dit avec quoi cette cabane est elle construite, ou peut être avec quoi ces matériaux ont été traités ?
Il faut dire que c’était une belle journée de printemps, ensoleillée et chaude !
J’ai ainsi eu la chance de pouvoir suivre la course du soleil vers le pont, ce qui est très rare dans les villes…
Habitué des hauteurs, je suis resté posté presque contre la vitre en surplomb sur la pelouse, à observer les gens, la ville… »

Thibault

Thomas

« Que retient-on d’une expérience comme celle-là ? Et bien évidemment avant que tout s’efface. Une odeur de bois, enveloppante. Un couple de pigeons. La mairie de Montreuil, si petite, avec son beffroi qui parait minuscule. Je suis arrivé avec l’envie de méditer, de me poser des questions existentielles, de faire le point ; de prendre un temps pour moi, suspendu au-dessus des autres, au-dessus du vide. Finalement, l’âme divaguant, je me suis juste amusé à regarder avec bonhomie ma vie actuelle, mes choix récents. Sans jugement, sans chercher à y changer quoi que ce soit. Une fenêtre allumée, une piste de course qui se remplit de coureurs, des chiens qui s’ébrouent, une eau toujours en mouvement. »

Thomas

David

« Merci pour ce privilège, cette fenêtre sur le monde où je vis ce moment suspendu entre nos éléments vitaux, loin, la terre… et nous pauvres hommes perdus dans nos vies trop étriquées, trop urbanisées, trop déshumanisées.
Tant d’émotions m’ont transpercé pendant cette heure …
merci mille fois. »

David

Galvin

« D’en haut, on voit les gamins gambader, les chiens galoper, les jeunes jouer au ballon, les coureurs faire de la course à pied et l’horizon. Tout ça m’a donné envie de courir et de m’évader, d’autant plus que le confinement du veilleur dans l’installation rectangle fait grandir en moi un sentiment d’impatience au début de la veille, qui s’est estompé petit à petit, à mesure que je déconnecte ma condition physique et que je me laissais submerger par mes pensées.
La lumière entre chien et loup est définitivement la plus belle et la plus propice à l’aventure et à l’émerveillement.
Cette expérience de veille est bien plus introspective qu’un passage sous la douche. »

Galvin

Sarah

« À la veille d’une nouvelle année, j’ai pris le temps de contempler, le temps de m’arrêter le temps d’ une découverte.. Et pourtant ce temps qui d’habitude file à une vitesse folle m’a paru long ! Je suis surprise à couper les secondes, les oiseaux, les promeneurs.euses de chien, les promeneurs tout court, les sportives.fs, les avions…
J’ai découvert “mon” parc d’en haut, essayé de faire le bilan de cette année écoulée et me suis dit qu’il fallait que je retrouve du temps. Notamment pour courir, pourquoi pas tôt le matin au lever de soleil.
Ah ! Oui, j’ai vu des canards aussi et un incendie s’est délivré au loin. Il s’en passe des choses en une heure !!! »

Sarah

Bernard

« Avalanche de couleurs, le temps suspendu et une impression de veiller et de protéger le parc et ses alentours. Ce parc est magnifique avec du vert partout et le vert de cette nature rend la ville peut-être plus supportable. Le temps m’a paru très court mais quand même suffisamment long pour faire une rétrospective de sa vie et de penser intensément aux personnes que l’on aime. »

Bernard

Nicole

« On a (j’ai ?) beaucoup d’attentes en arrivant à l’abri-bois. Une espérance même : Veiller sur le soleil. Je trépigne un peu d’impatience et je portais aussi quelques coins d’espoirs déçus. L’expérience est plus simple et aussi aisée que je l’escotais. Plus simple car finalement elle ressemble, si on y prête attention, à quelques instants précieux du quotidien, mais pas toujours aisée car milles choses nous captent et nous entraînent en faisant finalement pas grand chose.

C’est peut être tout le paradoxe ; être juste là à observer et constater qu’il se passe des tas de choses à l’extérieur et plus encore en nous.
J’ai été ballotée un peu partout alors que j’étais debout et statique la plupart du temps.

Par le vert des arbres, par le bruit des voitures, par le ciel silencieux des oiseaux, par toutes ces habitations - LEGO, par ces pensées aussi bien sur l’instant que sur bien et après.
Et c’est étonnant comme il est bon parfois d’avoir peur des repères du temps. On prend conscience que celui-ci est véritablement dans notre corps, incarné. »

Nicole

Marielle

« Je veille sur l’immobilité de la ville.
Je veille sur la structure de dentelle de la Tour Eiffel
Je veille sur le chant des oiseaux qui se perd dans le bouchon de l’A3.
Je veille sur notre halo de pollution.
Je veille sur les joggers qui n’en finissent pas de tourner.
Sur cet adorable enfant qui apprend à marcher.
Sur des poteaux inépuisables.
Sur les chiens aimés de leur maître.
Sur les secondes qui s’effacent.
Sur le ciel rosé qui n’ouvre ses bras. »

Marielle

Emma

« Je m’attendais à ce que ce soit mon esprit qui danse et finalement j’ai été happée par la danse de la lumière sur l’herbe et les bâtiments, sur un fond de musique offert par les oiseaux.
Il y a quelque chose de très apaisant et à la fois très vivant dans le fait d’assister au réveil d’une ville, qui m’a fait ressortir apaisée et connectée avec mon humanité.
Merci. »

Emma

Alice

« Cadre fixe, individus mouvants, tableau vivant !
Un sentiment grisant d’observer les déambulations des habitants, leur appropriation de l’espace, les courbes de leurs pas sur les traces de leur passage. Une communion silencieuse avec l’humain dans ce qu’il a de plus beau et spontané : le jeu, les rencontres, le mouvement, l’effort…
Dans "bienveillance" il y a “veille” et le mot prend içi tout son sens : un regard haut mais doux, où on se surprend à reconnaître des passages ou à imaginer des dialogues…
Et au-dessus la ligne d’horizon de la ville, ponctuée de quelques verticalités, toile d’araignée tout en mouvement et couleurs, nous rassure dans sa planitude.
Enfin, le ciel au-dessus, le ballet des avions, les nuages qui tracent, la rencontre du rose et du bleu.
Tout est bien. »

Alice

Sarah

« Oh ! Le parc s’éveille. Tout prend vie au contact des premiers rayons du soleil. Les poissons semblent vouloir rejoindre la surface de leur bassin, les corneilles se prennent le bec, les pies font leur vie et les perruches se réunissent.
Lorsque le premier sportif arrive, puis le deuxième, puis le cinquième, les oiseaux cèdent leur place aux promeneurs matinaux accompagnés de leur toutou. Le soleil irradie les façades des immeubles, on entend plus le tuyau d’arrosage de la pelouse, mais on voit au loin 2 fumés blanches et un énorme nuage de fumée noir. La Tour Eiffel commence un peu à briller au soleil et voilà que je suis plus incognito ! 2 passants me remarquent, je leur fait un petit signe, ils continuent leur chemin dans la partie boisée à l’abri des regards.
Les couleurs se sont métamorphosées du bleutée de la fin de la nuit, les voilà, pleines rondes.
Je quitte mon expérience de veilleur avec un beau souvenir et cette heure est passée très vite. :) »

Sarah

Lucie

« Dans mon four solaire, je vis paisiblement. J’imagine déjà tendre un cable de la cabane de verre jusqu’au soleil, en une longue tyrolienne enchantée. Ailleurs, la vie d’une proche s’échappe mais ici la vue exulte. Et c’est sur la grande langue de pelous qu’elle est la plus forte. Samedi soir de tendresse, les enfants roulent dans l’herbe, se coursent et crient. Ils sont les seuls à me voir. Je veille sur eux ; et je descends mon regard, c’est plus fort que moi. La musique est trop forte et la pelouse est si verte. Le soleil va finir sa course derrière les immeubles, c’est sûr. Mais en bas, ils ne le savent pas. Lui non plus semble ne pas vouloir renoncer. Il envoie sur tous les bâtiments un rai blanc puissant, qui les vitres renvoient en miroir.

Dans mon four solaire, je suis paisiblement. Je recule, je tourne en rond et je vise des endroits précis. Je suis à hauteur d’oiseau, à hauteur de cime d’arbre. Je suis une feuille, légère, qui va planer et virevolter, avant de tomber sur cette pelouse si verte. Un enfant me trouvera-t-il ? Barbe-à-papa, vélos, voiles, ballons et même un dragon de papier à six jambes. Le spectacle est saisissant, le bruit assourdissant. Regarder le ciel pour s’échapper, reculer dans la cabane pour mieux profiter de l’instant.

Dans mon four solaire, je vois paisiblement. Les lignes blanches laissées par les avions et forment des lettres en se croisant et le soleil et a décidé de ne pas faire ce que je lui avais commandé. Il ne terminera pas sa course derrière les immeubles. Il s’écrasera contre des nuages tout doucement et finira par se confondre avec eux. Une heure a dû passer, c’est sûr, et pourtant la porte de la cabane ne s’ouvre pas.

Dans mon four solaire, ça y est, je n’y suis plus. »

Lucie

Sid

« Prise de connaissance avec le lieu, léger vertige lorsque je me colle à la fenêtre côté ouest. La vue est bien collée et isolée, l’aération laisse entendre - de façon étouffée - les sons environnants. Pour le moment tout est calme. Il fait encore frais. Le ruban LED est à moitié fonctionnel. Je retire une partie du cache plastique pour vérifier. Puis, je me rappelle que je suis là pour veiller ! Des fenêtres semblent embrasées. Est-ouest, la lumière est différente ! Tous ces bâtiments, si oppressant lorsqu’on est à leur pied, paraissent légers et fragiles depuis la cabane-cabine. J’ai envie de bouger ou besoin plutôt. Je m’échauffe, chevilles, épaules, poignets. Je fais des pompes et réalise que mon cerveau me joue des tours pour un peu méditer. Éviter de me retrouver face à moi-même ? Tout seul ? Point à creuser… c’est noté !
Un canard vient les rejoindre. Des pigeons amoureux également. Côté parc des promeneurs, joggeurs et des baladeurs de matous viennent prendre la place des pies, des corbeaux et des moineaux. Ce côté veilleur limite voyeur est rigolo.
Un grand merci pour cette expérience. Bravo pour l’organisation. Je suis ravi d’avoir veillé sur Paris depuis mon 9.3 chéri !
Que la paix qui règne ici ce matin puisse inonder le monde ! »

Sid

Youseline

« Et si dans la vie, tout n’était qu’un cycle ? Après le soleil vient la nuit, après la pluie vient le beau temps, cycle de haut et de bas, cycle de la vie et la mort.
Les choses, les gens, les raisons vont et viennent sur notre chemin et nous continuons à avancer.
A chaque période de la vie nous entamons un nouveau cycle sans trop savoir quand il finira ou jusqu’où il va nous mener mais cela fait partie de l’aventure de la vie non ?
La seule chose qui n’aurait pas de cycle serait-il le temps ? Il ne fait pas de pause pour ensuite redémarrer, il s’écoule chaque jour de la même manière à l’infini. Il ne se rattrape pas.Durant cette heure de veille, dans ma bulle, j’ai regardé le temps de s’écouler en suivant les nuages, les personnes bouger, les éclairs et la pluie tomber. Un temps unique qui ne se répétera pas.
Le cycle des veilleurs continue, mais chacun vivra un moment unique. »

Youseline

Francine

« Là tout commence.
Un nouveau jour se lève. Je l’attends. C’est un jour rose dont les mille nuances éclaboussent les immeubles alentour.
Là, il y a des rumeurs de voitures, des chants d’oiseaux (quelle symphonie !) quelques conversations de joggeurs (quel courage !)
Là, c’est le lieu de rendez-vous des pigeons sur la pelouse à mes pieds. Ils sont trois puis sept, puis dix et bientôt quinze. Que peuvent-ils se raconter ? À quoi rêve un pigeon sur la pelouse des Guilands ? À des humains qui cesseraient d’oublier leurs immondices ?
Ici Maître Corbeau sur son arbre perché me fait face. Lui aussi veille. La Tour Eiffel, nous toise. La ville se réveille et les passants débutent leur danse. Un couple de perruches passe. Une casquette noire s’enfonce dans les fourrés.
La tout finit bientôt pour moi mais le ballet continue. Immuable. Ici tout recommence toujours. »

Francine

Nathalie

« Quand j’étais toute petite, je pensais que les immeubles poussaient en plantant des graines. Je m’en suis rappelé à la rue de la tour Altais, si verte, si chatoyante, si fraîche, entre Guilands et Beaumont de mon point de vue en haut de la Maison du parc. Pourtant, à l’origine, cette tour émit de la même eau que les Mercuriales, gros pâtés meringués (enfin je crois que c’est elles que je vois). Elle est devenue un cube poisseux qui va sibiu avec les arbres. Beaucoup plus loin vers le sud, la tour de Télécom de Chennevières (je crois) : elle, elle vient d’un gros champignon, une annamite.

Et puis il y a les contrefaits, les mal-poussés, vers le quai d’Ivry : deux tours qui se la pètent avec leurs étoiles anti-collision, se voulant les cousins d’un tout petit degré avec les gratte-ciel acrobatiques que j’ai vu à Dubaï et Abu Dhabi.

La prochaine fois, j’apporterai des jumelles pour reconnaître encore mieux les miens, poussés aux graines de mon imagination juchée sur un belvédère un soin de printemps.
Merci ! »

Nathalie

Pierre-Luc

« Une heure au lever du soleil
Une heure à se sentir le gardien d’une ville endormie
Endormie seulement, mais pas morte ni confinée : la rumeur de la circulation, des joggeurs, des voitures qui bougent, trahissent la présence humaine.
(C’est peut-être un regret) »

Pierre-Luc

Mathieu

« C’est comme une course à pied
Difficile au début, on s’habitue, pic d’endorphine.
Puis une personne vient nous chercher. Ha bon, c’est déjà terminé.
J’aurai bien continué encore un peu. Prêt à y passer une nuit.
Une vision sur le monde d’en bas.
Des regards croisés. Une main levée “bonjour !” Ah non, ce n’était pas pour moi :) »

Mathieu

Antonin

« J’ai observé toutes celles et tous ceux que je voyais pas. Je me suis penché sur eux, les ai regardés. L’est avant tout celles et ceux qui m’intéressent.

Se raccrocher/ S’accrocher à ce qui est là, ce qui ne bouge pas, ce qui reste. Savoir ou plutôt prendre conscience que c’est là et que ça va rester là me fait partir de là avec une sérénité nettement connue. J’y reviendrai. Là.

Avec celles et ceux que je ne vois pas mais que je veux absolument continuer à regarder.
Et ce qui est là est sur quoi je peux compter absolument.

Je pars avec une question (parmi d’autres). Je crois que le balcon est un truc de privilégiés. Par le fait forcément d’avoir un balcon dans son appartement mais le fait de pouvoir s’y installer quelques secondes et regarder. C’est un privilège. Je suis un pu**** de privilégié ! Beaucoup de chance. »

Antonin

Claire

« Une auto-veille bien réussi avec un temps estival :) »

Claire

Elise

« Avec les oiseaux qui tournent et retournent, le soleil qui s’installe dans les airs, le bois de la cabane encore frais, tiède, vivant peut-être.
Rechercher le souffle calme, la température idéale, battre le cœur à l’unisson, accueillir la lumière.
Faire une prière au soleil et puis lui tourner le dos, le voir glisser dans les reflets, fermer les paupières, ouvrir les pores et chanter en silence un air mélancolique.
Prêtes l’oreille. Ne pas savoir si on va nous le rendre.
Se lever à l’heure pile, parce qu’on a réussi à se synchroniser, pour un instant, avec les merveilles. »

Elise

Adèle

« Surprenant de se retrouver si tôt dans la ville qui s’éveille pour aller veiller le soleil. Cette énergie surprenante du matin revient vite.
Entrer dans cette pièce remplie de fraîcheur pour une heure seule et sans autre activité que penser et observer, pourtant ce dépouillement matériel fait naître une créativité étonnante. Observer la ville qui se lève dans ce parc plus fréquente qu’on ne peut l’imaginer, des joggings aussi tôt !!!

Cette position en hauteur me fait repenser les villes que j’aperçois et toute l’orientation et sa visualisation que j’ai d’elles en voyant notamment cette Tour Eiffel plus petite.
Les nuages ont été attirés par le lever du soleil qui change l’atmosphère de cette journée.
Quel merveilleux réveil. »

Adèle

Maïmouna

« Une très belle veille, une expérience inouïe. Merci. »

Maïmouna

Ihsane

Ihsane

Inès

« Écrire et danser
Deux choses nécessaires et extraordinaires,
C’est dedans ça, veiller
Des enfants courent après le bonheur, après elles et eux mêmes,
S’évader, des oiseaux écrivent le ciel, des martinets qui rêvent, veillent, aiment en volant, des axions strient
Le soleil est descendu vite
L’amour est de cette éternité ce joie contraste et traverse et résiste à la dureté du monde, à la cruauté humaine, fric, peurs et le reste - ne pas céder à l’invisibilisation
Au pire, contre la vie, les pauvres, les gens et les oiseaux. »

Inès

Pauline

« L’impression de hauteur et de survoler le parc.
Un instant suspendu où le temps ne compte pas, juste soi, sa respiration et le monde en bas.
Une plénitude agréable, un moment de détente.
La lumière qui éclaire doucement les immeubles et le parc.
Je ressors de cette expérience détendue, forte et connectée.
J’ai eu l’impression d’avoir une mission de veille des alentours et des gens autour.
L’impression d’être un corbeau perché qui observait le monde et transmettait son énergie à la vie en contrebas.
Merci pour cette expérience :) »

Pauline

Paul

« Un très beau moment.
Tout d’abord une connexion avec la ville, la métropole et toute sa topologie. Une proximité surprenante avec les passants au premier plan, puis les autres, Bagnolet, Paris et, au loin, l’horizon et Meudon. Encore plus loin, les avions. Et horizontalement, les oiseaux qui traversent les différents plans.
Puis pour les émotions, envie de protéger la ville et tous ses habitants en particulier ceux qu’on aime, et qui sont dans notre champ de vision. Une solidarité de notre communauté.
Merci pour cette agréable parenthèse. »

Paul

Louis

« Moment très apaisant, silencieux, tel une médiation. Les oiseaux viennent me rendre heureux sans crainte. Une sensation de bien-être nous envahit.
A la fois seul, et en même temps impliqué dans la ville qu’on observe en pleine ébullition.
Une heure ressenti comme une demi heure.
Merci pour ce merveilleux projet et merci à Bernard mon accompagnateur. »

Louis

Olivia

« Nous sommes le 24 mai 2022, le veilleur du jour = Olivia, accompagnée par Claude
C’est un jour comme tant d’autres, c’est une heure qui défile
C’est du temps suspendu, mais là rien d’immobile
Cellule, Cabine, Cabane, abri-objet
Refuge, capsule, promontoire, miroir aussi,
Cet habitacle me permet de m’enraciner en profitant du spectacle.
Je garderai cette image sensuelle d’un retour au sens de la recherche d’un équilibre imparfait entre les formes et les bruissements et d’un atterrissage paisible.
HUG du HUB
Une circassienne du circadien.
Un grand merci à mon accompagnateur, et une grande reconnaissance et admiration pour ce projet de Cycle de Veilleurs et pour l’artiste. »

Olivia

Marie-Hélène

« Quel plaisir ce temps qui nous est donné pour observer, écouter, ressentir - le proche, le lointain. L’immuable, le mobile. D’analyser aussi ce qui pourrait être amélioré le long de l’autoroute, l’éclairage des stades, lumière car qui s’allume trop tôt.
Variation de lumière magnifique, avec du soleil jouant à cache-cache derrière les nuages, la pluie, les reflets sur les vitres, l’arc en ciel. »

Marie-Hélène

Bernard

« Ce matin Lisa devait venir, elle n’est pas venue. Dommage peut-être pour elle, et dommage pour celles et ceux qui auraient aimé apprécier ces moments intenses aussi bien dans leur originalité que dans l’émerveillement. »

Bernard

Michel

« Quand on a plus l’heure on a le temps, et alors le temps est lent, mais l’heure passe vite.
Très vite le meilleur devient veillé. On a le sentiment de veiller sur soi et que progressivement c’est la ville la substance de votre vie. »

Michel

Jérémie

« Dans cette expérience il y a le mot “danse” mais également le mot “dense” car il y a la densité dans le ciel, les teintes, les nuages, la pluie, puis la densité de la ville, les bâtiments, les lumières puis notre propre densité, notre énergie, nos sens, notre corps.
Puis il y a cette notion de “veiller” qui fait écho au “surveiller” car nous sommes "surélevés", tel des gardiens de phare, nous surveillons le paysage urbain, la ville et le temps.
Dans cette vie, dans cette ville, nous passons notre temps à être observé et nous avons peu l’occasion de s’accorder du temps pour observer.
Merci pour ce moment. »

Jérémie

Michèle

« Veiller
Veiller c’est voir
Veiller c’est écouter
Veiller c’est ressentir chaque vibration, qu’elles soient externes ou internes.
Veiller c’est s’exposer à la porosité.
Veiller et être veillé
Veiller une activité d’ange
Veiller à ce que..
Je n’ai aucune prise sur le visible
mais qu’en est-il de l’invisible ?
Le silence rempli de petits bruits, rien ? Presque rien de tant de choses insignifiantes ? Tellement riche pourtant
Riche de quoi
À quoi j’ai pensé
Qu’est ce que j’ai capté de ces gens là en bas, cette femme boitant et pourtant malgré tout courrait, courrait, courrait.
Je l’ai invité à plus de douceur… m’a t elle entendu
Me suis-je entendue.
Odeur du bois, vert des arbres, et toutes ces habitations, ces boîtes dans lesquelles nous vivons qui s’allument, tant de beauté quand je prends le temps d’observer et de ressentir.
Toute ma grande gratitude pour cette expérience proposée ! »

Michèle

Vincent

« Seul ensemble. »

Vincent

Sarah

« Le vent, la ville, mes villes…
Merci pour ce moment. »

Sarah

Marie-Laure

« Le samedi j’ai veillé ce soleil que j’aime tant. Je me suis préparé comme un rendez-vous amoureux avec beaucoup d’excitation, d’envie… est-ce que j’allais pouvoir le voir ! Vivre les couleurs rosées du ciel tirant sur le bleu poussant peu l’orangé, ce matin le spectacle était magnifique et le rendez vous gratifiant. J’ai veillé ce soleil, sur la ville et me suis remplie d’énergie, d’images d’oiseaux, d’avis veilleurs...
Après l’observation de mon environnement, dans cette observation à l’odeur du bois je suis entrée en étant de médiateur éveillée, je me suis sentie passée d’observatrice à partie intégrante de la nature environnante.
J’ai vu dans le ciel une tête de tigre, la gueule ouverte, prêt à avaler le soleil… puis cette image s’est évaporée et à 7H06 il est apparu derrière la maison du parc, énorme gratitude d’avoir vécu ce moment, de veiller, d’être une partie du groupe engagée dans une même expérience matin et soir. Ma journée démarre… j’ai veillé et c’était très agréable.
Un grand merci, à très vite. »

Marie-Laure

Peggy

« La veille est finie… C’est une expérience des regards que j’ai saisie.
J’ai vu des gens me voir, moi de les regarder. J’ai vu le soleil décliner et s’effacer derrière un gros nuage, qui, à son tour, a laissé place à un ciel étonnamment rose. J’ai vu les arbres basculés au ralenti par le vent. Je me suis vue, évidemment : contre la vitre et par le reflet sur le mur de l’objet. J’aurais préféré ne pas me voir…
Il y a des émotions lentement éprouvées. Et sans doute pour moi, un sentiment fort de fatigue a régné lors de cette expérience. Une forme de lourdeur du corps avec un esprit vide, seul témoin de ce que mes yeux voient. Seule caméra filmant le dehors et enregistrant les bruits.
Merci pour cette expérience à la première personne ! »

Peggy

Iris

« Comment sortir de ce perchoir qui nous déconnecte d’une ville, nous arrête dans notre élan ? Moi qui suis constamment entraînée par l’énergie de Paris, je me suis enfin posée et j’ai pu voir cette ville sous un autre angle : elle était si calme, d’une douceur naturelle. Les barres d’immeubles ne me paraissent plus agressives, le monde oppressant… Tout semblait à sa place, sauf moi… Moi, étrangère isolée dans une cabane, mais libre comme un oiseau.
Je me suis soudain sentie comme les touristes qui découvrent l’une des plus belles villes du monde : je découvrais la ville où je suis née. À part la Tour Eiffel, rien ne me semblait familier. Le temps de décortiquer tous les détails pour les imprimer dans mon esprit, l’heure était passée. Le temps ne m’a pas paru court. Au contraire, j’avais l’impression que plusieurs heures s’écoulaient, mais bizarrement je ne voulais pas m’arrêter. Je voulais continuer cette déconnexion, seule avec moi-même, en pensant à tout et à rien, et casser la routine…
Moment unique, spectaculaire, et pourtant d’une déconcertante simplicité. Comme quoi, il faut revenir dans le monde réel comme j’en suis arrivée, pour mieux apprécier la pureté de ces moments si précieux ! »

Iris

Sophie

« Je n’ai pas vu le soleil se lever mais la lumière s’étendre de minute en minute sur la ville, et finir par tout illuminer, ou presque.
C’est fou ce que la lumière change en une heure.
Au départ j’étais un peu déçue d’avoir la vue un peu bouchée à l’est et que le lever du soleil soit caché par les immeubles, mais en fait son reflet dans les immeubles côté ouest c’est aussi très beau !
Merci pour ce temps d’observations suspendu.
Merci à Bernard d’avoir veillé sur moi.
Merci au soleil d’éclairer la Terre. »

Sophie

Mohamed

« Incroyable expérience. La vie se déroule pourtant autour dans le ciel, la terre, la ville et le parc. Ciel incroyable ce soir avec un patchwork de nuages blancs, gris, rougeâtres ; on dirait un tableau.
Dans le parc, une maman change les couches de son enfant de 2 ou 3 ans qui n’a pas arrêté de courir avant ; les joueurs de foot, les joggeurs, les amoureux, les amis. Contraste frappant entre les arbres de couleur verte mais variée et les tours tout autour créations de l’humain et pas toujours une réussite. Dans le plan d’eau, les poissons rouges s’en donnaient à coeur-joie, on dirait un balai mais dès la diminution de la lumière ils sont allés se coucher !
Bonne expérience, merci. »

Mohamed

Hellwig

« J’ai beaucoup aimé ce moment hors du temps, hors de la ville.
Merci. »

Hellwig

Édouard

« Un espace, un moment, un homme face à la ville.
Merci d’offrir cette expérience unique.
Bravo à l’installation, à l’accueil.
Très bonne continuation à tous ! »

Édouard

Marjolaine

« Arrivée, les merles partout, seuls se répondent.
Puis moi, une fois “en boite” les yeux éveillés mais : le silence ?
Alors j’ai chanté et l’espace sonne bien !
Une heure, déjà passée j’aurais pu continuer, avec plaisir.
Merci pour ce moment, belle idée ! »

Marjolaine

Eliot

« Bonjour, l’objet abri m’a beaucoup plu, les deux côtés ont tout les deux des points positifs : ce qui m’a plus le plus c’était la verdure et la vue sur le bassin avec les poissons. Du côté de Paris ce qui m’a plu c’était la magnifique vue sur la tour Eiffel et la vue sur les maisons, ainsi que celle sur la végétation. »

Eliot

Rosa

Rosa

Maé

Maé

Théo

Théo

Sacha

« Ça m’a beaucoup apaisée »

Sacha

Milo

« Je suis heureux, content, déçu et énervé à la fois. Multiples événements qui ont déclenché cela en moi. Je me suis pas arrêté de méditer sur ces choses là et pourtant : le poisson qui est en moi à chercher ses maisons, l’un d’un côté du parc, l’autre invisible, cachée dans le paysage. Une troisième, nouvelle, s’est révélée à mes pieds, un bassin rempli d’amis, de frères.

JOY

Je suis poisson et comme tel, j’ai nagé dans l’objet abri. »

Milo

Clément

Clément

Margot

Margot

Bernard

« Magnifique expérience.
Le meilleur, être solitaire, surveiller la ville qui s’assoupit. Vol des oiseaux, traînées des avions, joggeurs courant en boucle. Les couleurs qui se transforment jusqu’au ciel qui flambaient avec les premières lumières qui apparaissent, telles des étoiles. Je n’ai pas vu de poissons volants, ni de baleines, mais j’ai passé un superbe moment. »

Bernard

Patricia

« Le mouvement … rien n’est immobile
Mais au fil du temps, il change, évolue.
Au début, ce sont le jeu des oiseaux qui cherchent à manger sur le sol, les branches des arbres ou le nuage formé par la vapeur d’une cheminée d’usine qui attirent le regard.
Puis, avec cette vague de lumière qui réchauffe la couleur des bâtiments, le bruit devient marquant. Les bruits de moteurs, le hurlement des sirènes couvrent le chant des oiseaux.
Pour finir, ce sont les gens … les premiers coureurs, le cycliste qui évolue… jaune fluo, roues roses ou tout simplement en noir sur cette grande étandue verte.
Est ce que “veiller” n’est pas simplement avoir l’occasion pour nous de prendre conscience du mouvement qui nous anime au rythme du soleil alors que nous vivons sous une lumière artificielle.
Très belle expérience. »

Patricia

Mathieu

« Merci pour l’opportunité de cette veille. C’est un beau privilège que d’être le témoin d’un jour qui s’éteint sur cette ville en paix.
PS : Suis-je le seul à penser que dans cette boîte, ça sent un peu le sapin ?
Merci beaucoup pour l’accueil, à demain ? »

Mathieu

Maxime

« Ah tiens un arbre sur le toit
Ah tiens une mouette passe devant moi

Le soleil arrose la ville tranche par tranche, de plus en plus large.
Un jeu d’ombre et de lumière dans lequel chaque fenêtre de chaque immeuble,
À chaque étage est une pièce de puzzle.

Beau spectacle. Un très beau et bon moment avec ce paysage. »

Maxime

Pierre-André

« J’en ai pris plein les yeux, je n’ai jamais vu ma ville de cette façon depuis plus de 40 ans !
C’est très émouvant, en même temps, hors du temps !
J’ai été transporté dans l’espace et l’histoire (que j’ai vécu depuis 40 ans) de cet endroit. »

Pierre-André

Armelle

« Le voyage commence dès l’appel téléphonique, émotionnellement, symboliquement et ensuite des questions. L’excitation monte au fil des jours et des heures. Se préparer pour le jour J. Gardienne du temple ou passeuse d’un objet sacré, je vis l’expérience comme un moment privilégié : être consciente à l’éveil du monde, vivante participant à cet éveil.

Le chant des oiseaux continu qui accompagne dès le réveil. Une transition pause-café en partage pour celui qui accompagne dans la cabane de bois. Est-ce la peur du vide ? Je laisse glisser mes mains puis mes doigts d’un bout à l’autre, j’étire mes bras et plaque mes membres comme si je voulais rentrer dans la matière. Je marche, bien ancrée au sol.

J’observe les contrastes de la ville et du ciel et du ciel de l’est jusqu’à l’ouest. Au loin un homme saute à la corde, au loin le soleil semble vouloir pointer son nez derrière une énorme tour en travaux. Côté pelouse, quelques corneilles, pigeons et les arbres dansent au vent !

J’inspire toute cette nature verte dans sa globalité et ses nuances pour l’expirer sur toute la noirceur du ciel pollué. Il semble proche de l’explosion !

Il suffit de lever le menton puis les yeux pour apercevoir la lumière du soleil. Tâche de ciel bleu, un avion passe … Je danse, comme une salutation au soleil en signe de gratitude, dans un mélange de joie et de tristesse, je danse face au lever du soleil, pour moi, pour tous, en partage en pensant aux personnes que j’aime.

Merci pour cet émerveillement… »

Armelle

Julienne

« Un moment suspendu qui fait du bien ! avec une belle vue et un grand merci à Sylvie pour son accompagnement ! »

Julienne

Corinne

« Communion avec le vol des oiseaux
Ceinture verte
Vertige
Temps raccourci
Désorientation
Gouttelettes d’eau acrobatique descendant de la vitre
Joggeurs… »

Corinne

Rachid

« Dans le gémissement continu des voitures, il arrive.
Au rythme des pas des joggeurs, il arrive.
Il étend ses bras autour des tours et au-dessus des oiseaux.
Le silence comme la lumière est intérieur.
Il arrive et la ville lumière révèle sa laideur.
Il arrive et les oiseaux, loin des hommes, prennent de la hauteur.
Il arrive car il est l’heure de revenir à l’infini. »

Rachid

Julia

« À la poésie, j’espère t’avoir rendu ce soir un peu de ce que tu me donnes au quotidien. »

Julia

Claude

« Ce matin, à l’heure dite, le soleil n’est plus là !
Le ciel fait un solide couvercle de ferraille qui laisse juste sauter une fragile lumière oxydée. Hubert, le veilleur attendu du jour, n’est pas là non plus. Je le remplace dans la cabane.
Les vitres maculées de gouttes deviennent spéculaires et dressent un miroir magique qui rend visible l’invisible. Je vois dans la glace l’invisible Hubert. Dans cet espace et le temps délimités qui lui sont destinés, je deviens Hubert.

Je respire doucement l’air humide d’Hubert. Il coule tout le long de ma gorge et insuffle jusqu’au tréfonds de mes poumons la vie d’Hubert. Mon regard, par les yeux d’Hubert, se noie peu à peu dans son paysage. La réalité s’estompe dans l’insaisissable écran de pluie, tout devient fantomatique et ma propre incarnation vacille. Je suis moi et autre à la fois.
Mon pied glisse sur le plancher en contact intime avec le bois. Le plaisir de ressentir des sensations perdues de l’enfance, l’éprouvé de la chair tendre contre les robustes sapins, la luminance fragile de la peau qui résiste à la sombre marée des nuages…
Pierre, Paul, Jacques qui s’éveillent dans les immeubles en lisière du parc.
Je relace mes baskets.
Mes baskets à moi. »

Claude

Maryline

« Tranches de villes, tranches de vert, tranches de vie…
Rentrer dedans, et ressentir le décor, accepter de n’avoir que deux perspectives, en préférer un plutôt que un autre. Y aller voir finalement et découvrir la verticalité.
Je préfère l’horizon et de loin.
Alors j’y suis beaucoup resté, et j’ai pu voir les gens, découvrir quelques moments volés, souvent ils ne me voyaient pas. Seulement deux personnes ont levé la tête, sommes nous si terre à terre pour ne pas lever plus souvent la tête vers le ciel.
Voici arriver la nuit et l’intimité, l’angoisse et l’isolement, la lumière de la ville comme repère et moi suspendue quelque part. Un moment unique, une tranche de veille.
Merci. »

Maryline

Sedera

« “Qu’est ce que vous avez fait récemment pour vous retrouver ?”
M’a-t-on demandé hier en réunion d’équipe. Moi qui me sent un peu perdu récemment suite à une blessure qui ne cesse de me déstabiliser dans mes appuis. J’ai donc parlé hier du fait d’avoir retrouvé ma famille, de mes lectures, d’une séance de cinéma particulièrement émouvante… Je peux maintenant ajouter cette veille. Une heure à prendre refuge de la pluie et du monde sans jamais en être déconnectée. Une heure à trouver mon ancrage dans ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, perchée à plusieurs mètres du sol, bercée par le cui-cui des oiseaux. Une heure à faire communion avec ceux qui vivent déjà pendant que les autres dorment encore - je ne connais pas leurs visages mais j’admire leur volonté de se mettre à courir alors que la nuit est encore là, alors que le ciel leur tombe sur la tête. Je compatis avec leurs contraintes qui les force à se mettre en route alors que tout autour, tout est calme.
Une heure aussi à regarder les petites bizarreries de nos vies. La manière dont les gouttes de pluies sur l’abri déforment le paysage que je vois à travers la vitre, cette maison en pierre qui trône comme un intru dans l’aube parmi les grosses tours qui, même si elles sont plus jeunes, semblent bien plus mal en point. Une heure pour me retrouver : une sensation d’être comme en flottaison sur le monde mais sur le point d’atterrir vers un endroit paisible, avec une conscience accrue de comment mon corps vit parmi tant d’autres. Une heure que je retrouverai chez moi pour prolonger le plaisir. »

Sedera

Pamela

« Suspendue et libre alors que enfermée dans une boite, je médite, m’étire, respire, ressent.
C’est lourd et lent à l’intérieur mais l’air pénètre mon corps, mon cœur s’emballe, ma tête réfléchit. Je flotte en moi et je nage paisiblement finalement.
Ma conscience m’interroge, je la laisse libre et elle se laisse aller pour me trouver.
La nature extérieure me parle, je l’entend et je laisse ma nature intérieure répondre doucement. »

Pamela

Alexia

« Le luxe du calme et du temps plein. J’ai adoré écouter le vent, écouter le vent dans la cabane.
entendre les oiseaux et même les gens qui font leur sport matinal. Me sentir néanmoins connectée à quelque chose dans cette cabane protégée. J’ai adoré observer la vitesse à laquelle la brillance du soleil qui se répartissait contre les façades des immeubles, ces pelouses, le ciel.
J’ai aimé prendre le temps de poser mon attention sur plus grand que moi. Merci ! »

Alexia

Violaine

« Des couleurs, des formes et des mises au point par moment qui permettent d’identifier certaines choses et de la même façon pour les sons. Une bulle pour regarder les gens dans ma bulle. Une heure entre parenthèses sans notion du temps. Merci pour cette bulle de temps. »

Violaine

Cécile

« Impression étrange de veiller et de surveiller le monde.
Se demander pourquoi la vie est toute seule sur l’arbre alors que les autres sont dans l’herbe.
Écouter le chant des oiseaux. Pourquoi ces deux hommes marchent alors qu’un autre court.
Essayer de s’imaginer ce que ce coureur ressent.
Ha ! Mais le soleil se cache derrière l’immeuble. Les façades commencent à s’illuminer mais personne au balcon. Et au loin on dirait la mer. »

Cécile

Emmanuel

« Un beau moment de calme et de quiétude. Comme un gardien de phare avec comme ligne d’horizon la cité. Une seule expérience et un sentiment d’être qu’avec moi-même. Un accompagnateur aux petits soins et très sympathique. »

Emmanuel

Rencontre des Veilleurs

30 septembre 2022

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es de juillet à octobre 2022 se déroulera le vendredi 30 septembre à 20h à la Maison populaire de Montreuil, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.

Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleurs.

Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Lisa Johnsen.

Le Grand Banquet

1er octobre 2022

Comme une invitation aux agapes du crépuscule, Le Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton se clôture sur un banquet final ; composé de danses, de chants et de bonne chère pour célébrer la participation des 730 veilleur·ses au lever et au coucher du soleil. Veilleur·ses, accompagnateur·trices, bénévoles, partenaires du projet participatif se sont engagés pendant une année dans cette aventure hors-norme.

Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous ins­crire auprès de Lisa Johnsen.

Gabrielle

Gabrielle

Rencontre des Veilleurs

8 avril 2022

La ren­contre des 180 veilleu­ses et veilleurs qui se sont suc­cé­dé·es de janvier à mars 2022 se dérou­lera le ven­dredi 8 avril à la Maison pop, en pré­sence de la cho­ré­gra­phe Joanne Leighton et des dan­seu­ses de la cie WLDN.

Au pro­gramme : lec­ture des témoi­gna­ges, per­for­man­ces dan­sées et plon­gée visuelle et sonore dans l’uni­vers des pre­mier·es par­ti­ci­pant·es.

Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleu­ses. Veuillez vous ins­crire auprès de Romain Hatton.

Revue de presse

À Montreuil, vivez une expérience hors du temps !

Magazine Seine-Saint-Denis le 19 mai

Une vidéo d’Émilie Chatelet

Et si demain, c’était vous ? 730 habitant·e·s de la Seine-Saint-Denis se relaient au lever et au coucher du soleil pour veiller en haut de la maison du parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands. Cette performance participative, nommée Le Cycle des Veilleurs, offre une déconnexion totale et un panorama à couper le souffle ! Nous avons suivi la veille de Bernard en vidéo.

Jacquelyn

« Quelle expérience, de se laisser le temps de rien faire… et ce faisant, de se rendre compte qu’il y a tellement de choses qu’on fait, sans se rendre compte.
La respiration qui s’auto-gère, le regard qui bascule entre les objets et les scènes, le corps qui nous envoie des messages sur la fatigue, ou les courbatures, ou l’état émotionnel.
Merci à tous et à toutes qui ont participé à amener en vie ce beau projet, qui restera un très beau souvenir pour moi. »

Jacquelyn

Katia

« Cher objet-abri,

Un grand merci pour ce jeu de cache-cache !
Quelle belle parenthèse suspendue.
De chez toi, j’ai vu et j’ai été vue par des anonymes, petits, grands, tous souriants.
De ta forme géométrique, j’ai perçu la rondeur douce d’une femme enceinte, de ballons et de bulles. Et puis, cette lune qui avait rendez-vous avec le soleil. Le temps a filé comme un éclair. Éclats de rires, danses improvisées sur fond gris, vert, violet, bleu et blanc.
Et enfin, les bois naviguant tranquillement.
Une bouteille de coca comme intrus.
Enfin, tu as aussi abrité des souvenirs d’enfance.
L’insouciance et la tranquillité. »

Katia

Aurélie

« Encore un peu d’espace pour le silence… »

Aurélie

Samia

Je dois décrire mon ressenti et pour l’heure, la seule chose dont j’ai envie est de lire les ressentis des autres. Je suppose que ce n’est pas le but de m’inspirer ou me laisser influencer par les mots des autres veilleurs, alors je tourne rapidement les pages pour ne pas être tentée de lire mais vois quand même leurs traces pour me dire qu’ils sont bien passés par là et qu’ils sont tous différents par la façon dont ils forment leurs lettres.

Et puis je me dis aussi que ne pas lire, c’est respecter la confiance qu’ils font à cette expérience, aux termes de l’expérience. J’imagine que la confiance est centrale dans cette expérience. Partir de chez soi, arriver en un lieu, confier ses affaires à un inconnu, l’accompagnateur (ici Geoffrey), entrer dans cet objet-abri (préalablement vérifié par Geoffrey pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’araignée, pour moi, l’arachnophobe), et passer environ une heure dans cette case mi-bois mi-verre conçue par un étranger encore. Lui confier mon temps.
Dans cette case, veiller sur la ville, sur les gens, les arbres, les oiseaux, les grues, les bâtiments, les avions. Est-ce cela que fait Dieu ? Est-ce cela que font les anges ? Veiller, ou bienveiller, même si ce verbe n’existe pas. Ne pas pouvoir intervenir quand quelqu’un fait tomber quelque chose ou qu’un enfant tombe.

Pourquoi ai-je écrit sur la page 19 alors que la page 18 est vide ? Je n’ai jamais ressenti de vide pendant cette heure. Il y a de la vie partout parce que j’ai vu du mouvement partout. Et même quand c’est calme, dans ma tête ce n’est jamais vide.

Est-ce pour nous laisser libres que Dieu n’intervient jamais dans la vie des hommes ? Pourquoi je regarde toujours instinctivement au plus près de moi et non à l’horizon ? Est-ce que les gens ressentent que je bienveille sur eux même s’ils ne me voient pas ? Pourquoi quand quelqu’un me voit, naturellement, nous nous sourions et nous saluons de la main ? Pourquoi certaines personnes se comportent mal ? Est-ce parce que personne ne les voit (ou le pensent-ils ?)
Je viens finalement terminer mon récit sur la page 18, je reviens en arrière.
Comme dans la case, où je suis restée une grande partie du temps au début vers la vitre côté parc, côté Tour Eiffel, avant de me dire “oh mais il y a une autre face vitrée voyons”. Est-ce que j’ai pris du recul ?
Ma sciatique m’a fait un peu souffrir durant cette heure, comment font les veilleurs de nuit, les gardiens de phare et les vigiles dans les horribles supermarchés. Quand ces horribles supermarchés disparaîtront-ils ?
Je vais boire mon verre d’eau et reprendre la route. Je vous souhaite une bonne soirée, de belles prochaines veillées et une vie honorable à tous.
Peut-être à bientôt. Bien à vous.
Samia de Perpignan.

Samia

Julien

« J’ai veillé, ai vu le monde entrer dans la lumière et reprendre vie, n’ai rien vu d’autre que moi même. Tout était précis, dans un ciel limpide, avec ses secrets cachés. La vie était comme éclatée en milliers de petits éclats personnels vers lesquels je suis allé d’est en ouest, du près au loin, de l’intérieur vers l’extérieur. Je cède la place à un autre que moi et lui transmets une partie de ce que j’ai vécu ce matin. »

Julien

Benoît

« Un veilleur qui ne veille pas, ou un veilleur qui veille les yeux fermés.
Un veilleur qui se recule pour que les parois de bois réduisent son champ de vision au maximum.
Un veilleur qui ne parvient pas à veiller sans se boucher les oreilles.
La ville est-elle faite pour nous ?
Mais, attendez, formidable, plus que le soleil, c’est peut-être la ville qui meurt que l’on veille !
Quelle joie alors, ce sera pour le dernier le 02 octobre ! »

Benoît

Stéphanie

« Je retiens le ciel
Je retiens le temps qui s’étire
Je retiens l’odeur du bois aussi qui construit une cabane enchantée
Je retiens le silence et parfois un son étouffé qui vient de loin
Je retiens la lumière
Je retiens les dômes des immeubles qui créent des ombres sur les immeubles
Je retiens le vert du parc, horizontal, et les arbres caressés par le vent, chaque seconde comme une précieuse caresse, chaque seconde comme la dernière, tout en joie d’arbre
Je retiens les oiseaux et trace d’un tel invisible la géométrie de leurs traversées
Je retiens la ville endormie, le type qui joue avec son chien, les courageux qui courent en rond autour du stade, les lumières qui accompagne
Je retiens le temps qui coule.
Je retiens la tour qui veille, en clin d’œil
Je retiens le reflet de ce matin dans la vitre et sur le ciel, sur la ville, sur les arbres, sur les oiseaux, et loin un oiseau turquoise, ou peut-être le rêver.
Et le ciel. »

Stéphanie

Carole

« Un très chouette moment riche en sensations, impossible pour moi de résumer sur papier. Envie d’en débattre si possible en direct avec l’artiste. Merci beaucoup ! »

Carole

Claudia

« Inside out
The moon was fading away
(The strawberries’ super moon)
Just remains the stripe of light
Half of it
Framing a world, constantly changing
And reflecting my intimacy »

Claudia

Séverine

« La perspective évolue et moi j’avais l’impression d’être dans un temps suspendu. Voir les couleurs changer, compter les traces des avions, entendre le bruissement des gens dans le parc. Être au-dessus d’eux sans être avec eux. Percevoir le vent qui fait remuer les feuilles, les branches mais ne pas le sentir sur sa peau. Rester immobile, bouger, voir son reflet se dessiner dans les vitres. Se sentir dans un lieu étrange, l’apprivoiser et vouloir l’agrandir. Un moment entre parenthèses parce que pas seulement entre 4 murs.
Merci pour l’expérience. »

Séverine

Laure

« À contre courant
Le vacarme de la civilisation,
les humains qui s’agitent, les vélos elliptiques, les tours de stade…
Les flux de voitures incessants, le soleil caché par les tours…
Et cet îlot de verdure au milieu de statues de béton
Le vol des oiseaux tranquille, paisible, sans but, sans bruit
La musique des oiseaux, douce, variée, changeante
Le coucher lent de la lune
Mon corps qui finit par s’étirer lentement comme le cycle du soleil et de la lune
Une ville à contre courant… de la nature, comme deux mondes presque irréconciliables et moi au milieu, issue des deux mondes bizarrement »

Laure

Lisa

« Les veilleurs ne s’arrêtent jamais. Pas pour la chaleur, pas pour la maladie, pas pour les beaux temps, pas pour le mauvais temps… il y a toujours quelqu’un qui veille. »

Lisa

Ajitesh

« Les sons approfondis, c’était la première chose que j’ai remarqué pendant ce temps de veille. Les couleurs changeaient au fur et à mesure. C’était aussi l’échange et l’alternance entre le monde intérieur (les pensées, les sensations physiques) et le monde extérieur qui m’a fortement marqué. J’ai eu l’impression d’une perception élevée de ces deux mondes. Merci pour cette occasion ! »

Ajitesh

Julien

« J’ai observé la vie de la ville. Les groupes qui arrivent et remplacent ceux qui partent. J’ai vu les gens qui partagent, marchent, courent, nagent dans l’herbe… la vie de la ville. Puis la lumière qui change (je pensais aller jusqu’à la nuit) et la chaleur qui reste la même. J’ai marché pour que l’air en mouvement me rafraîchit le front. J’ai vu mon école, des familles pareil à ma famille, des amis pareil à mes amis. J’ai partagé des regards avec des pies, des tourterelles et échangé des signes avec des promeneurs autant intrigués que moi et puis il était l’heure de partir, laisser la place à l’autre. »

Julien

Thomas

« Cette expérience matinale me donne à penser, pour paraphraser, l’écrivain Gustave Flaubert qui dit “une chose devient intéressante quand on la regarde longtemps”. Et de nos jours, une heure c’est longtemps voire une éternité.
Passé le balayage initial qui embrasse le panorama, rester une heure devant celui-ci, sans “divertissement”, oblige à se figer dans les détails et le temps passant, on observe les choses qui seraient passées inaperçues dans une configuration normale de la vie.
Et puis l’humain apparaît, ça et là. Pourquoi si tôt, pourquoi ici ?
Merci pour ce moment, Bernard et les autres. »

Thomas

Jérémie

« Sentir les sursauts épaisses s’écouler avec le soleil pour repérer et percer par horizon… et veiller sur la ville, les jeux, les rencontres, et aussi sur soi. D’autant qu’en face, de l’autre côté du périph, il y a des tours. Et dans ces tours, au 3e étage, il y a chez soi. Comme les deux faces d’une même pièce. Une intimité partagée, dedans et dehors. Dans la chaleur du solstice ! Merci pour le partage. »

Jérémie

Valérie

« Il y a eu le vent qui agitait les branches des arbres comme le courant agité des algues au fond des mers. Il y a eu la brume et l’horizon et le ciel qui se mélangeait. Il y a eu le bruit de l’autoroute ou du périphérique. Il y a eu des oiseaux sur la pelouse et dans le ciel. Puis, plus de vent ; puis une lueur qui a zébré l’horizon. Puis la pluie et les éclairs qui ont couvert tous les autres sons.
Imperturbables, les immeubles les plus hauts qui clignotent le long du périphérique. Les tours de Chinatown qui disparaissent dans le trouble de l’atmosphère et réapparaissent après la pluie. Imperturbable, le jet de l’arrosage automatique qui se met en route au pied de l’abri pour la pelouse du parc, même sous la pluie… »

Valérie

Sandy

« Expérience magnifique, j’ai trouvé ça agréable de se déconnecter du monde extérieur pour se connecter à soi-même. Cela est presque impossible dans la vie quotidienne parisienne de se consacrer 1h dans un calme presque olympien. La nature a beaucoup à nous montrer qu’il est important de prendre du temps pour elle. »

Sandy

Alice

« Cette veille, à mon sens, a commencé dès que j’ai mis le pied hors de chez moi… Le silence des hommes, le chant des oiseaux, étaient pour moi signe d’une certaine sérénité.

Arrivée sur le toit de la Maison du parc, puis dans l’objet abri, je n’entends plus les oiseaux mais plutôt ce son continu, ce vrombissement des voitures sur le périphérique/l’autoroute… Cela m’assombrit…

Je ne vois pas bien dehors, entre l’obscurité, la brume et cette bande de LEDs qui se reflète dans la vitre. Je ne vois… les lumières des appartements des immeubles environnants sont éteintes, quelques-unes allumées… L’arrosage automatique du parc est en marche… Mais pourquoi ?! Il a pourtant plu toute la nuit, c’est absurde…

J’attends, j’observe, je pense… Je note dans ma tête ce que je vois apparaître. Des corbeaux, des pies, des mouettes, des pigeons, des canards et d’autres oiseaux que je ne connais pas. Les voitures résonnent… les sirènes, les avions… Certaines lumières d’appartements s’éteignent, d’autres s’allument…
J’entends à nouveau le chant des oiseaux ! (Ai-je appris à mieux les écouter ? Ou sont-ils plus nombreux à être éveillés eux aussi ?)

Une toute nouvelle lumière pointe à l’horizon, je vois dehors… je ne vois plus… La veille est terminée… »

Alice

Karen

« Very long day, the sun gently retiring, bathing each building and field in warm light as if to say “I’ll be back soon”. The sky replies in pink and lavender sighs. »

Karen

Véronique

« Lever du soleil
Troublante expérience. Rien n’a correspondu à l’idée, ou à l’attente que je me faisais de cette veille. Je pensais voir la ville s’éveiller, la veiller, en même temps que le soleil se levait. Je n’ai pas vu le soleil (pluie-grisaille cachée par les tours) et j’ai préféré voir l’effet de sa lumière sur l’ouest. Je pensais que je regardais l’est et je n’ai fait que regarder l’ouest. Alors que j’avais imaginé être en connexion avec toutes les présences alentour, s’éveillant, j’ai noué cette courte relation avec un corbeau perché sur un pin, qui veillait, comme moi, regardant vers l’ouest aussi. Nous sommes restés 15 bonnes minutes ensemble. J’ai aimé observer le vol des oiseaux, mouettes, corbeaux, pigeons, d’au-dessus. Je me suis sentie autant “veillée” par cette ville englobante, depuis ma petite cahute, quasi observée, plutôt que “veillante”. J’aurais aimé voir à 180°, voir le sud aussi. Étonnante expérience, qui interroge sur nos attentes et le réel, sur l’expérience, qui “oblige” à un va et vient entre l’extérieur et l’intime, qui aiguise les sens… et qui passe tellement vite ! »

Véronique

Nathalie

« Mon veilleur est souffrant, alors je me remplace pour cette veille du solstice d’été. Je suis heureuse d’être là ce soir spécial à bien des égards… En effet, la nuit qui se déploie, qui avance sous mes yeux sera la plus courte de l’année… Et puis, j’entends la musique qui émane du voisinage car ce soir, on la fête partout en France. Il fait beau, dommage que l’immeuble sur ma droite m’ait complètement subtilisé le soleil !!! J’ai vu sa lumière décliner mais lui, il était résolument caché derrière cette grande barre. Tant pis, j’ai aimé la symbolique de cette soirée. Comme souvent quand je médite, les postures du Reiku m’ont accompagnées et j’ai senti l’énergie puissante couler de mes mains. We are one. »

Nathalie

Francesca

« Trop bien, le temps pour le temps, une vue magnifique sur la ville, les bruits de la ville et du réveil, les oiseaux tous à la même hauteur et en bas un chien, après l’aube avec son maître. Apaisée, protégée vraiment un moment exquis de solitude revitalisante… Petite cabine ressourçante pour commencer la journée… Plein d’énergie et de vie… J’aimerais que tous ceux que j’aime puissent le vivre ici ou peut-être ailleurs… Merci à l’accompagnateur… finalement à deux c‘est mieux. »

Francesca

Aurélia

« Voir respirer les arbres, à hauteur d’oiseaux. Quel cadre ! Qui prend toute sa mesure quand on s’éloigne de la vitre. Je suis restée pourtant collée quasiment toute la durée de la veille. Absorbée par les nuages, redessinés par la lumière et les couleurs du couchant.
J’ai aimé observer les gens, les chiens, les entrées de champ de ballon de foot. Des contrastes de couleur sur la pelouse monochrome.
Merci pour ce temps flottant, cette cabane familière où je me suis sentie chez moi. Entendre les bruits s’effacer, les sons des humains de moins en moins. Écouter les corneilles prendre leur place…
J’ai envie d’avoir une cabane comme celle-ci à côté de chez moi. Pour y venir ou inviter d’autres à s’y plonger. »

Aurélia

Mélanie

« Quelle belle idée cette chaîne de veilleurs et de veilleuses, et quel beau moment ! L’heure m’a semblé à la fois riche de mille petits événements, et trop courte - je n’avais pas envie de sortir de cette cabane en bois clair. J’ai été accompagnée par trois notes de musique, je ne sais pas si c’est mon cerveau qui a transformé la rumeur de la ville qui s’éveillait en cette mélodie monotone et répétitive, mais je me suis même demandé s’il y avait un petit haut parleur caché dans un interstice entre deux planches ! Le spectacle sans cesse changeant de couleurs dans le ciel - et une très belle lumière dorée, saisissante, qui a coloré certaines façades quelques minutes - était au-delà de mes attentes. Vrai bonheur aussi pour moi d’observer le ballet des oiseaux, solitaire ou en groupe, qui virevoltent au-dessus des bâtiments. Une petite escouade a même filé droit au-dessus de l’abri, plein est, juste au-dessus de ma tête ! Deux canards en contrebas profitaient du bassin encore endormi, agitant parfois les carpes rouges… Et puis les gens bien sûr, les promeneurs, les joggeurs matinaux, et ceux qui viennent avec leur chien(s). Beaucoup de choses à observer, avec aujourd’hui pour moi une note très particulière ; une personne très proche est décédée la nuit dernière ; lui ne verra plus jamais de matin. Mes pensées vers lui ont aussi nourri cette heure de contemplation. »

Mélanie

Silvia

« C’est le pire cauchemar de se sentir enfermée dans une boîte fermée, sardine à croquer, prête à craquer. J’ai sauté mille fois dans le vide, joué au foot avec cette fille aux jambes pâles qui jetait bien droit son ballon, droit dans les fesses des mecs engourdis, en zig zag, avec le ventre qui regarde en haut.
Comment ça vole haut une corneille !
Presque aussi haut que les barres d’immeuble à Bagnolet. J’ai cherché du mouvement avec les milles formes en bas, fait comme les enfants qui miment les grands retenue.
J’ai marché/couru les bras en triangle avec cet asiatique solitaire, je suis restée allongée avec ce couple dont j’aperçois les chevilles nues, abandon des corps au soir sans jamais se toucher.
Désirer le corps de mon amoureux. Faites moi partir, sortir, courir, libérez moi. »

Silvia

Aglaé

« Ce matin était immobile. Rien ne bougeait. À peine un léger bruissement dans les arbres. Il avait plu aux premières lueurs, le ciel semblait lavé. Je suis restée immobile à regarder, à l’ouest. J’ai regardé pour voir. Ce matin les nuages de ce ciel lavé étaient merveilleux de lenteur et de transformation. Leur mouvement lent prenait corps avec les modulations de la lumière, qui était d’abord grise, légèrement bleutée. Le paysage baignait entièrement dans la même teinte. Seule la frise des arbres au premier plan révélait ses différentes variations de vert. Je suis restée immobile à regarder le mouvement du ciel. Une sorte de permanence toujours renouvelée. La danse des nuages était extraordinaire. En dessous, les immeubles, les tours, plantés comme des balises, semblaient couvés, protégés par la caresse des nuages. C’est étonnant comme la transformation est à la fois visible et invisible. J’ai assisté à un événement sans fin. Je suis restée debout, immobile pour mieux ressentir ce mouvement perpétuel. J’étais à la jonction de la terre et du ciel, dans cet entre-deux moment, reliée par la ligne d’horizon. À un moment, la lumière était dans un équilibre parfait, juste avant les premiers rayons du soleil, qui sont arrivés lentement, éclairant d’abord le haut des nuages devenus or, puis les habitations, dans un mouvement de vague, inondant la ville sur son passage. J’ai pensé à Georges Perec, les mots font exister. Ce regard aussi. Ce matin, à cet endroit offert, j’ai pris le relai un instant pour voir ce qui était. »

Aglaé

Guillaume

« C’est une expérience particulière du temps.
L’esprit ère et s’égare de 1000 façons.
Le temps semble à la fois court et long.
Merci de m’avoir permis de vivre un instant hors du temps. »

Guillaume

Aurélie

« Je ressors de l’abri avec surprise. Déjà une heure ?
J’ai à peine eu le temps de chanter, de danser, de regarder les nuages s’éloigner ou d’espionner les oiseaux qui se bécotent. Quelle drôle d’heure !
Moi qui pensais qu’une heure serait interminable, c’est tout le contraire.
C’est un plaisir de me laisser vagabonder au vie de mes envies. Et je me rends compte comme je peux être amenée à être émerveillée.
Life’s beautiful. La vie est grande ! Merci. »

Aurélie

Ilham

« De cette hauteur, tout me semblait lenteur et apesanteur : les joggeurs prenaient leur temps, les footballeurs lançaient la balle lentement, les promeneurs avec leur chiens se laissaient guider lentement, les cyclistes pédalaient sans but précis. À la fontaine, ce jeune homme lavait méticuleusement ses tee-shirts un à un = le bleu, le gris, le rouge. Dans l’étang, les poissons se déplaçaient sans se presser. Des grands signes lents me sont adressés par un groupe de jeunes qui me saluent un à un lentement. Dans le ciel, la fumée des cheminées d’usines rejoint les nuages lentement, l’avion passe sans bruit, les couleurs du soleil et le bleu du ciel se rejoignent. Le vent léger caresse lentement les arbres. Alors, mon esprit s’autorise à ne plus expliquer, interpréter, augmenter. J’accueille cette lenteur et je savoure !!! »

Ilham

Miguel

« Ce soir j’ai veillé sur la ville, sur les gens, les oiseaux, les chiens, les arbres, les fleurs, que sais-je encore…
Mais attention, ne vous trompez pas, j’ai dit veiller et non pas surveiller, ou réveiller ou même éveiller. Non, non, j’ai veillé avec bienveillance. Oh ! Voilà un verge qu’il faudrait inventer “bienveiller” : veiller avec bienveillance, regarder la vie avec amour. Verbe intransitif du premier groupe qui donnera lieu plus tard a bienvenu, bien vu au cours des siècles (Larousse 2030).
Vite, j’appelle ce Larousse, le Robert et l’Académie ! Nous commençons un nouveau parcours pour mieux vivre : nous allons bienveiller »

Céline

« C’est curieux, j’avais imaginé cheminer avec le soleil et finalement c’est le jour qui m’a accompagnée…
Observer, s’observer
Veiller, réveiller
J’espère que le jour sera de bonne humeur…
Bleu, blanc, jaune, miel, réveil
Une journée bien débutée
Un corps bien relevé
Levé
Enjouée »

Céline

Lyes

« Une expérience magique… tellement de sensations, d’émotions, de questionnements… Être en hauteur et observer le temps, observer l’horizon, observer les gens… Se poser des questions “bêtes” et profondes… On remarque aussi que nous sommes “rien”... la vie continue, j’avais l’impression de ne plus être sur terre… J’avais l’impression de veiller sur la terre tel un ange…

C’est fou de voir autant de choses en une heure. Le soleil se coucher, l’horizon s’assombrir, le bruit baisser en intensité, les gens disparaissent peu à peu. Une minute peut être lente et longue mais parfois trop rapide. Regarder les gens vivre sans les juger. J’ai vu des jeunes jouer au foot, des filles jouer au badminton et faire des danses de “fofolles” en pensant que personne ne les observent. J’ai vu un jeune regarder à droite et à gauche avant d’embrasser son chien, j’ai vu des jeunes “rouler un bédo” fièrement en pensant que personne ne voyait. Je me suis aperçu à quel point les gens sont soucieux du regard des gens… Avant d’effectuer un acte, ils ont souvent le réflexe d’observer à droite, à gauche, devant et derrière si quelqu’un les regardent, comme ce jeune homme qui jette sa canette sans impunité dans le parc.

Pour résumer, j’étais parfois heureux, parfois anxieux, parfois rieur, parfois étonné, parfois en colère, parfois triste…
On s’aperçoit que le monde est vaste… La nature, les bâtiments, les monuments, les gens, les animaux, la fumée des usines, les traces d’avion dans le ciel, les lumières, les nuages.
Je me suis posé la question de combien de gens vivent dans tous ces bâtiments, des milliers ? Des millions ? Je suis ici à essayer de les observer alors que pendant ce temps… Un dort, l’autre joue, un pleur, l’autre rigole, un travaille, un cuisine, une fait ses devoirs, une mange, un est au téléphone…
J’ai veillé sur la ville et au-delà. J’ai adoré cette expérience, voir sans être vu ! Se reposer mentalement, moralement. J’étais fatigué et ça m’a réinvigoré ! J’ai l’âme d’un veilleur !
Merci pour cette magnifique expérience. »

Lyes

Guillaume

« À l’aube de mes 49 ans, j’ai veillé. Le soleil était de la partie. Le ciel était clair, le paysage lointain. Que la ville est petite ! La lumière se lève et l’un après l’autre, les bâtiments s’embrasent au loin, un à un. La nature est déjà à l’aurore : les oiseaux s’actionnent alors que les habitants se réveillent à peine. Cet abri me protège mais me révèle un paysage sonore nouveau, que je n’avais pas encore perçu : les sons de la ville et le piaillement des oiseaux. La dualité de ce parc est là : parc urbain, veille de nature… En passant le pied sur la rampe d’accès l’émotion est montée, une réminiscence de tant de souvenirs. Les noms des personnes importantes de ce lieu résonnent apaisé, en phase avec cette nature qui s’écoule. 15 ans après ma rencontre avec Édouard, la boucle est bouclée… »

Guillaume

Chloé

« D’abord j’ai enlevé mes chaussures. J’ai eu l’impression de marcher sur la cime des arbres et puis j’ai pensé à cette phrase : “il n’y a pas de traces de pas sur les nuages”. Finalement, cette expérience a été bien plus graphique que ce que je l’avais imaginé. Je garde le souvenir de mon corps fantôme encerclé de lumière et imprimé sur la ville.
Merci. »

Chloé

Dominique

« Les mots viendront sans doute plus tard.
Regarder les ombres bouger sur la ville dans la douce odeur du bois.
Penser qu’une belle journée commence ainsi.
La souhaiter douce et heureuse aux gens de Bagnolet et des alentours.
Avoir eu le cœur un peu serré en arrivant, remplie du désir et de la joie qui m’attendaient dans cette veille, et avoir vu ces minuscules tentes, si nombreuses, une trentaine sans doute, serrées sous le pont.
Et pourtant remercier de cette belle expérience malgré ces douleurs qui nous entourent.
Merci de ces bonheurs minuscules et immenses à la fois. »

Dominique

Claire

« Finalement le temps a passé assez vite dans la cabane. Tenter de capter ce qui se passe dans le ciel du début à la fin. Avide de ce ciel qui me manque dans la ville. Merci pour cette belle expérience qui nous redonne du ciel pendant un moment, qui nous rappelle qu’il est là et que ses beautés sont à portée de main.
Les couleurs vert et rose sont apparues sur les nuages à peu près à la moitié du temps. C’était fascinant. Et les superpositions de nuages sont arrivés peu après. Tellement de formes de nuages différents. J’aurais aimé les peindre, les photographier. Mais j’ai aimé ne rien faire. Ne rien avoir avec moi. Rien écrire, rien noter. Juste profiter du temps qui passe, de la Re-création. Un grand merci pour cela. Se ressourcer.
J’ai beaucoup aimé aussi la hauteur dans la ville, qui nous redonne un horizon et nous replace au cœur du monde. Où est l’ouest ? Où est le sud ? Et être au milieu des oiseaux qui filent, c’est grisant. Heureuse d’avoir participé à ce très beau projet. »

Claire

Manuela

« À l’est, quelques lumières roses dans le ciel se confondent avec les fenêtres des tours. Hauteur !
À l’ouest, la verdure, le chemin des arbres déterminent la limite (frontière) avec l’autre ville capitale - Paris ! La Tour Eiffel semble minuscule de ce côté là, la ville semble s’éloigner au fur et à mesure que la lumière monte. Arrête sur image pour observer l’ensemble vu de haut et de loin dans une perspective de seuil, repli sur soi, dans l’abri, protégé de la ville.
Prendre du recul pour éviter de plonger. Se laisser porter par les éléments et l’environnement sans aucune notion du temps ou plutôt être là dans l’instant présent et contempler le temps qui coule et s’écoule… Voici l’élément EAU qui s’invite dans cette danse matinale, la pluie, les gouttes, le bruit extérieur n’existe plus, il ne reste que le clapotis des gouttes de pluie sur les parois avec une impression que l’odeur du bois jaillit. Retour du regard vers l’est, le soleil est là et en même temps absent. La douce lumière rose s’est teintée de gris bleuté. »

Manuela

Nathan

« Veille du soir. Observer un parc que l’on connaît déjà tant, qui occupe plus des deux tiers de ma charge mentale quotidienne. Je l’ai senti bouger plus que moi coincé dans cette boîte. Difficile au départ de se confronter à la solitude, face à ses pensées, qui au bout d’un certain temps les finissent par s’estomper mais c’est déjà fini. »

Nathan

Marie Pierre

« Prendre de la hauteur. »

Marie Pierre

Céline

Bernard

« Olivier n’est pas venu ; comme de coutume, l’accompagnateur que je suis a pris sa place.
Expérience dont je ne me lasse pas car cette veille supplémentaire me permet d’aiguiser tous mes sens grâce aux réactions, impressions, sentiments récoltés auprès des veilleuses et des veilleurs que j’ai eu la chance d’accompagner. »

Bernard

Dorine

« Merci de nous offrir ce moment unique. Veilleur et spectateur sur la ville, ce moment de complicité avec le soleil, le vent, les coureurs matinaux et oiseaux a été précieux. Merci. »

Dorine

Cindy

« Une expérience hors du commun… C’était reposant, surprenant, unique. Heureuse d’avoir eu la chance de vivre cette magnifique expérience.
Être coupé du monde extérieur fait un bien fou ! Je suis passée par différentes émotions dans ce lieu. Voir la ville différemment fut très intense et m’a surtout permis de prendre conscience de plein de choses sur le plan intérieur.
Merci à toute l’équipe et à l’ensemble des personnes qui ont pensé ce beau projet. Pendant 1h, je me suis sentie vivante plus que jamais. Je suis aussi confiante pour la suite. Un grand merci car grâce à vous tous, j’ai vécu une expérience essentielle à mon épanouissement personnel. Que ce projet puisse continuer à vivre encore longtemps ! »

Cindy

Lucie

« J’attendais ce moment avec impatience, depuis plusieurs mois, le rendez-vous avec soi-même et la ville. Le temps était calme et dégagé, j’adore cette lumière du matin, c’était très agréable de voir l’horizon évoluer. Je me suis laissée surprendre à découvrir des heureux détails à chaque fois que je détournais le regard pour revenir sur ce paysage que je contemplais.
J’ai eu besoin de sentir ma place dans cette petite cabane, de traverser, de danser même un peu. C’est une rencontre aussi spéciale avec un accompagnateur, un moment de découverte curieux avant de plonger. J’ai été et je suis très heureuse d’avoir pu me faire un petit clin d’œil sous le nom de mon accompagnateur qui est mon nom de famille, un joli symbole pour ce passage de relais.
Un grand merci pour cette expérience si poétique et hors du temps, je pars en voyage pendant trois mois pour revenir à l’achèvement de cette aventure au parc le 30 septembre et bien partager ce moment, j’emporte aussi un voyage avec moi ! »

Lucie

Karine

« L’odeur du bois, en premier. Le vent assez fort, à plusieurs reprises, fait trembler l’habitacle et les arbres plus loin. Les gens qui ne font que passer, ceux qui s’arrêtent, s’installent même. La famille qui semble profiter de l’espace infini et de la saison agréable, avant de retourner dans un appartement trop petit, peut-être. Un but marqué et fêté.
Les cadres dans les cadres que je ne saurai pas bien dessiner, mais qui m’ont happée : la réflexion de l’immeuble, le cadre du néon et le cadre de l’immeuble de derrière. Des lignes et des arbres qui sont là et évoluent avec la lumière qui baisse. Et enfin un couple, jeune, qui lève les yeux et me regardent, souriants ; des anciens veilleurs ?
Merci ! »

Karine

Flore

« J’entre. Je frissonne. L’air est frais. Au loin deux tours s’embrasent. Puis une autre ensuite. Un instant je me demande si elles sont prises par le feu tellement le spectacle est saisissant. Au loin, le bruit du périph, unique marqueur constant dans ce voyage de veille. Deux pies bécotent des restes de pique-nique en bas, les pigeons me surprennent en volant tout près de moi. Il n’y a personne dans le parc. Il y a moi. La ville, le ciel et tout ce paysage passe au violet. Mes pensées fusent. Est-ce que quelqu’un me regarde ? Lui, dans cette tour ? Elle, dans celle-là ? Les oiseaux chantent et volent encore. Je suis toujours là pour l’observer, pour les observer. Me voient-ils, eux ? Un coureur passe sous moi. Hé ho ! Regarde ! Je suis là ! Non, il ne me regarde pas. Tant mieux !
J’observe comment mon corps se rééquilibre constamment. Il oscille. J’oscille. Moi aussi je suis en perpétuel changement, réadaptation. Je me sens vivante. La lumière, le soleil gagnent du terrain. J’observe tous les plans. Les pensées fusent. Peu à peu les sons de la ville, ceux que je connais, reconnais, prennent le pas sur ceux des amis ailés qui m’entouraient jusqu’alors. La ville s’anime et moi, je suis éveillée, plus que jamais. Quelle heure est-il ? Je m’en fous ! »

Flore

Anne

« J’ai haut vu. J’ai vu Saint-Maur avec son réservoir et vu un avion décoller de Roissy. Les gens qui passent en bas n’osent pas trop répondre à mon signe de main. Y’en a un, il se gratte la tête pour me répondre sans en avoir l’air.
Un petit garçon et son copain parlent. Un ado chevelu fait courir un lapin dans la prairie. Une jeune fille le rejoint et prend un faux lapin blanc en photo. Le soleil se couche derrière une tour. J’ai calculé à quel étage était le soleil quand je suis entrée mais c’était inutile puisqu’il a disparu derrière la tour. Bon voilà j’ai veillé le soleil et la lune. J’ai vu les tours de Notre Dame et la porte de Montreuil. Tout est en place. Demain il fera jour ! »

Anne

Mathilde

« 5h54, tout va bien, le soleil se lève
5h58, ça y est, je m’ennuie
6h09, putain ça doit faire déjà au moins 40 minutes
6h14, OH ! UN CHIEN ! Génial, mon cerveau va s’occuper.
6h18, je me re-ennuie
6h22, OH ! UN YOGISTE !

Légère angoisse du temps…

6h52, mon mec arrive dans le parc, me regarde avec son café, je lis sur ses lèvres “tu t’ennuies hein !?”
On fait un cœur avec nos doigts.
Puis il part en faisant une roulade dans l’herbe mouillée. »

Mathilde

Clément

« Le soleil se lève derrière les tours, j’ai regardé vers l’ouest pour le regarder à travers le reflet des immeubles. J’ai cherché ce que c’était que cette tour sur la crête de l’autre côté du bassin parisien.
J’ai vu que les pies se baladent en couple et que les mâles pigeons sont vraiment des forceurs.
Le vent d’est a ramené des nuages, il faisait plus beau quand j’ai commencé. Finalement on n’a pas vu le soleil mais la ville éclairée c’était bien aussi. Lisa était gentille. Je pars acheter des croissants pour Lucie. »

Clément

Nathalie

« Choses vues : une vingtaine d’avions grillant le ciel de traits blancs, des nuages découpés selon les pointillés d’un cadre presque parfait, d’autres houppettes d’un beau rose poudré, des lumières s’allumer, d’autres perdurer, clignoter. Des enfants jouer, des gens marcher, des chiens courir et le ciel toujours recommencer avec pour un instant un demi-lune parfaite et nacrée, un soleil orange un peu fluo.
Choses entendues : les enfants jouer, la pie cajoler, la ville bruisser
Choses pensées : … trop sûrement »

Nathalie

Alice

« Je suis redevenue une enfant de 4 ans. Pourquoi l’oiseau noir croasse-t-il ? Les avions dans le ciel laissent une marque blanche dans leur sillon, mais il n’y a pas de nuage.
J’ai cherché le soleil et n’ai trouvé que son reflet. J’ai vu un bâtiment semblant brûler et ce n’était que le soleil, flamboyant dès le matin. Avant, au début, on distinguait les couleurs de l’arc-en-ciel : violet, rouge, orangé, jaune, vert (un bout de ciel vert ?) et bleu, beaucoup de bleu. Puis le soleil a illuminé de sa grâce flamboyante de plus en plus d’espace et ne reste maintenant que le bleu. Il y avait Reina l’araignée dans l’objet abri. Et Kouri le corbeau, perché sur la plus haute branche d’un arbre la plupart du temps. On réfléchit vraiment à des choses étonnantes, auxquelles on aurait jamais pensé, la tête dans le téléphone ou sur un autre écran. Mon cerveau était plein de vie. Merci ! »

Alice

Guillaume

« Quelle étrange expérience !! L’excitation du début, je chante, je bouge, j’observe. Fais des va-et-vient, observe les horizons. Les gens en dessous, sur les côtés, devant et derrière, au loin qui marchent. Le soleil lui déclare et sa consœur la lune fait de même. La chaleur étouffante et le coucher de soleil derrière des immeubles me font penser que le matin aurait été plus propice. J’en ai vu des couchers de soleil, sur des montagnes, des glaciers, des prairies, des mers et des océans, des fleuves et des gorges. Mais celui-ci incarne cette beauté qui à tout moment te coupe, te déconnecte. La vue sur Paris est sans surprise sans se coucher de soleil : Tour Eiffel, tours d’Ivry, tours partout, grues et immeubles à perte de vue. Seul réconfort, sûrement le parc de Belleville que je crois deviner sans certitudes.

L’herbe en dessous scrupuleusement tondue, comme une route herbeuse, une nature encadrée, maîtrisée, offerte en compensation de tout ce béton, mais elle-même manque de fantaisie. On y voit des gens prendre une respiration profonde, en groupe, avec leurs enfants, on s’extrait pour se voir, se regrouper, partager et discuter, juste se voir, se reconnaître aussi. Ouf !! Ça fait du bien. De l’autre bord en première une des tours, mais elles grouillent de vie, de mouvements : poussettes, trottinettes, cyclistes et skaters, danseurs, buveurs, footeurs et coureurs.

Au loin Montreuil dont on voit ses champignons de verdure : les Beaumonts, Montreau. Deux parcs qui, avec les mûrs à pêche font respirer la ville, lui donnent vie. Un humus dans lequel on voit se développer la vie. Puis Vincennes. De cette vue, le bois est malheureusement coupé en deux mais qu’il est grand. Préservons-le. Dans cet observatoire, le soir, trop de bruits parasites, pas de place aux oiseaux (sauf les pies), mais aux chiens, aux scooters, aux voitures, aux cris, aux rires, aux pleurs, aux émotions d’une journée qui s’achève.

“Objet-abri”, quel étrange nom, sûrement élaboré à des fins artistiques pour désigner ce lieu qui m’abrite. Personne réellement et qui serait un objet. Oui sûrement l’objet de curiosité un objet de recherche ou l’objet d’une démarche. C’est un nid duquel on observe et dans lequel on vit, on danse, on voit, on s’emmerde, on crie, on tape sur les murs. Merci pour cette expérience. »

Guillaume

Anaïs

« Corbeau. Pigeon. Joggeur.
Le soleil se lève ailleurs, dans les reflets des façades.
Pigeon, corbeau, joggeur.
Un ciel en gloire comme un tableau renaissance architecture brutaliste.
Joggeur, pigeon, corbeau.
J’envie l’endurance. Le second souffle.
C’est fini et puis non, ça va s’éteindre et puis non, un 3ème souffle.
Rose. Un avion, un trait de craie. Joggeur toujours. Deux avions, trois bientôt.
Le souffle. La fontaine, quelques passages.
Passer de la course à la marche, s’étirer. C’est fini. Ma veille aussi.
Pardon pour le voyeurisme, la complicité à sens unique, elle est bizarre cette sensation. Merci aussi, pour les mêmes choses. »

Anaïs

Pauline

« Elle ressentait les cieux et les briques et la pluie
Elle ressentait tout
Et ça la faisait tomber et pleurer sous une aube rampante
Lorsque tout était en ruine, déchiré
Elle se sentait malade
Mais elle se sentait tranquille
Combien de toi(s) as-tu été ?

Ces mots de Kae Tempest m’ont accompagné pendant que les fusées continuellement claquent, dans la cité ; le bois ici craque. »

Pauline

Giles

« Que de calme ! Que de calme !
Juste un coureur dans le stade, des pigeons, des corbeaux et des pies. Seuls mouvements. »

Giles

Benoit

« Foisonnement du dimanche soir, familles, amis, couples, promeneurs, badmintonistes, cyclistes fous du wheeling. Mais aussi chilleurs, tai-chistes, mono-cyclistes, hirondelles en pleine course de danse et soleil tranquille.
Il y avait sur qui veiller ce soir. Bonne nuit la ville ! »

Benoit

Clélie

« Éveil en douceur et en conscience. Lumière orange dans les vitres de l’immeuble, magnifique et fugace. Moment calme et hors du temps. Merci ! »

Clélie

Jean

« Seul avec soi-même, seul l’instant présent compte. »

Jean

Nina

« L’impression d’observer le paysage et le monde dans son intimité. Se sentir petite face à ce grand espace. Prendre le temps d’observer.

Merci au Cycle des Veilleurs et à Maryse ! »

Nina

Ricardo

« D’abord il y a eu cette petite fleur de pissenlit qui s’est invitée dans le cadre assez longtemps pour que je m’habitue à elle et puis tellement d’autres choses. Ce coin de soleil sur le plancher. Une mouche et puis la Seine que j’ai cherché à dessiner sur la vitre en suivant les repères d’Est en Ouest. Les tours à charbon de Vitry, le Syctom, les tours tordues de Jean Nouvel (arrogantes), la BNF, la Tour Eiffel et au loin le Ballon du Parc André Citroën. J’arrête là, il y a d’autres pissenlits, des fantômes. »

Ricardo

Agnès

« Présence au monde.

Odeur du bois, mes pieds nus sur le sol.
Une araignée se balance au bout de son fil.
Cinq fenêtres éclairées, chorégraphie des nuages.
Un homme se lave les dents, le ciel s’éclaire.
Un oiseau perché sur la cime d’un grand arbre… longtemps.
Une femme sur la grande pelouse verte avec un sac rose fuchsia. Elle fait sa prière. Je suis émue.
Un homme court. Un chien joue et se roule dans l’herbe.
Je m’étire, je m’éveille.

Le monde de chacun
Le monde que nous partageons
Le monde que nous sommes. »

Agnès

Claude

« Quand le soleil donnait en plein dans la boite, les yeux fermés, la lumière transperçait mes paupières. La chaleur très lourde et moite, j’ai eu l’impression de flotter et d’être liquide. J’étais comme dans le ventre de ma mère. Alors je me suis balancée sur mes pieds pour faire des ronds. »

Claude

Tiné

« À leur insu, les migrants du camp à l’entrée du parc m’ont accompagné dans cette veille. Partagé entre la colère, l’empathie, la sympathie, l’étonnement et l’évidence d’une chose : le soleil ne se lève pas pour tous de la même façon. »

Tiné

Alexandra

« Un petit garçon qui me voit et qui montre à sa famille la “veilleuse” que je suis, des familles qui pique-niquent, une coccinelle qui remonte doucement la vitre de l’objet-abri, un soleil rougissant qui deviendra rose, violet, bleuté, un vent qui souffle fort, des bruits de feu d’artifice au loin, je l’aperçois, des bruits de pétards, un couple qui passe, ils me remarquent et me font coucou en souriant, un petit garçon qui joue au football, des adolescents qui s’installent sur une tenture, un oiseau au loin, un avion qui laisse un sublime traîné lumineux dans ce ciel d’été, des tours et bien sûr celle d’Eiffel qui font face, un homme qui semble perdu, une famille avec quatre enfants, la plus grande joue avec sa soeur puis son petit frère et un autre balade le bébé dans la poussette, deux jeunes gens qui partent et me voient, ils me font un signe de salutation, les arbres qui baignent avec le vent, le soleil qui disparaît, la chaleur qui devient supportable, l’heure qui s’écoule, l’impression de faire partie de ce “tout” que j’observe, penser au mot “veiller” et imaginer veiller chaque vivant face à moi, avec amour et tendresse, comme on veille un enfant. Entendre le bruit des pas, la porte qui s’ouvre, le sourire de Séverine. Ressentir la paix et la gratitude pour ce moment, ces vies observées, les couleurs, le soleil, le vent… Merci. »

Alexandra

Emmanuelle

« Ce fut un plaisir de me joindre à vous, merci pour cette invitation et tout le fil des attentions, c’est très émouvant. »

Emmanuelle

Kilian

« On était vendredi soir, il y avait pas mal de monde. Un groupe de chant accompagné par un piano, un homme qui dressait ses deux bergers allemands, deux jeunes qui s’entraînait au JJB (sport de combat), des petits groupes qui venaient discuter dans un endroit sympa, un homme qui était seul, allongé, regardait les “étoiles” (plutôt le ciel) en écoutant quelque chose.

Quand je veillais, j’ai eu deux grandes phases. Une première où je regardais la nature, les bâtiments, les paysages (au 1er plan, 2e plan et 3e plan) et les personnes. La seconde phase était tournée vers moi-même, mes pensées, mes inquiétudes, mes accomplissements. Pendant la première phase, j’ai eu quelques interactions avec des gens. Ils souriaient, on s’est fait coucou.

J’ai passé une heure à faire correctement quelque chose : ce que je voulais sans que je puisse faire grande chose. J’avais le temps de le faire, c’était calme, lent et apaisant, (à l’extrême opposé de ma vie quotidienne). »

Kilian

Satoko

« Il y avait un moment bizarre et étrange. Je voyais le vent par les arbres mais je ne le sentais pas. Et puis je flottais dans l’air.
Je pensais à beaucoup de choses, à la vie, au futur, à ma famille et aux tentes. Quand j’attendais Ruth devant le parking, il y avait beaucoup de tentes et j’entendais que les gens dormaient. Ça restait dans ma tête.
C’est dommage que je ne voyais pas le soleil. Mais j’ai eu un moment exceptionnel.
Merci beaucoup. »

Satoko

Bruno

« D’abord, le vent qui court dans les arbres. Les oiseaux qui jouent avec le vent. Des enfants qui jouent au football sur l’herbe. Le jeune gardien m’a vu. Il me regarde. On se fait des signes. Tiens ! Je souris.
La vue est formidable. Le ciel, géant. Mais c’est cet échange avec cet autre humain qui me ravit. Je reviens à la vue. J’entre dans le tableau, dans les étoiles.
Une fenêtre. Une autre. Chaque fenêtre, sur chaque immeuble. Je veux tout appréhender. Gourmand !
Le contraste entre le ciel, une apparente unité, une surface qui s’unit, et la multitude des formes au sol. Ça y est, ça tourne au rose ! Des pas qui approchent… déjà ? »

Bruno

Milène

« J’ai fait la fête avec un ami la nuit dernière / ce matin. Je suis arrivée à la Maison du Parc sans avoir dormi. C’était beau de regarder le paysage dans ma cabane en bois avec la tête remplie de coton. On devrait tous pouvoir être capable de prendre plus de temps de regarder autour de nous à ce / ceux qui nous entourent. C’est dimanche, le reste du monde dort encore. La journée commence bien. »

Milène

Claire

« Quelle étrange sensation d’être le gardien de la vie du parc si animé. Un gardien bienveillant et en même temps en hauteur et détaché de la réalité de la vie qui s’écoule à ses pieds.
Une sensation d’être au-dessus du monde pour laisser de l’espace et prendre le temps de rêver à la beauté des instants, observer ces milliers d’autres histoires autour de nous. Les mots ne sont pas tout à fait justes, mais les sensations sont intactes et quel accueil agréable du compagnon qui reste à veiller sur nous (merci !) »

Claire

Mathias

« Comme le chante Virus, “la nuit n’attrape jamais froid, ni aux yeux ni où que ce soit”. C’est encore plus vrai ce matin, au début d’une journée qui s’annonce caniculaire. À peine installé, j’assiste déjà au spectacle d’une ville qui s’éveille. Les croassements des corbeaux font écho à la valse des bruits de moteur, tandis que les plus téméraires des sportifs entament leurs premiers tours de piste en contrebas. La lumière se répand peu à peu, dévore les toits et les façades un à un. L’expérience est grisante, je me sens témoin d’un spectacle vivant, attentif au moindre fourmillement depuis mon phare qui domine les environs.
C’est également le réveil d’une ville dans la ville, puisque des dizaines de tentes de migrants et de réfugiés ont été installées à quelques mètres de la maison du parc. Hommes, femmes et enfants se lèvent peu à peu pour la première prière ou encore pour faire une toilette. Depuis ma tour, bien qu’elle ne soit pas d’ivoire, je me sens à la fois si proche et si éloigné d’eux. J’ai la douloureuse sensation de m’immiscer dans leur intimité, de les épier sans qu’ils ne le sachent. Après une nuit de songes, le jour se lève, accompagné du retour à la réalité du monde, à ma réalité. L’installation du Cycle des Veilleurs prend alors un autre sens pour moi. Veilleur, le mot est fort : veiller sur le monde, c’est aussi veiller sur soi-même, et veiller sur les autres. Vaste tâche aujourd’hui, mais importante.
Merci pour ce moment de poésie. »

Mathias

Camille

« C’était un jour de canicule, la température avait battu de nouveaux records, armée d’un litre d’eau glacée et d’un éventail je me prépare à ma veille, accueillie par Miguel. Une belle rencontre ! Il me raconte son histoire avec ce cycle et ses expériences de veille, je me sens intégrée à cette histoire du cycle de veilles aux Guilands. Il me raconte son histoire avec un autre parc montreuillois que j’aime beaucoup aussi. Je me suis ressourcée pour affronter les dizaines de degrés dans l’objet-sauna. Difficile de ne pas y être appelée par l’émulation des familles venues pour profiter de la fraîcheur, des enfants qui jouent au badminton… Au loin Paris derrière les arbres me semble qu’un amoncellement de bâtiments immenses entourent la Tour Eiffel. La nuit tombe, petit à petit le soleil finit par se coucher derrière un bâtiment, reste sa lumière rougie. La porte restée ouverte pour supporter la température me relie aux bruits du monde en bas, et pourtant je suis perchée là-haut, je vois ceux qui ne me voient pas, je connais mieux qu’hier ce parc que j’ai hâte de retrouver.
Merci pour cette expérience. »

Camille

Victorien

« Vers quoi est-ce que je me dirige ? Je m’attends à tout et à rien à la fois. Finalement c’est la surprise. Je suis venu pour ça et sans attente particulière. Je ne pouvais pas être déçu. Sans méfiance en rentrant, j’analyse l’espace. Je me l’approprie, je prends confiance. Ensuite on se laisse aller, on se laisse guider. Pourquoi ? C’est moi le guide ? Ou bien c’est ce que je regarde ?
La pensée chemine en tout cas. Elle vagabonde, elle est d’abord distraite. Tout sédimente et s’éclaircit ensuite.
Je suis la petite voix dans ma tête et j’observe. Je regarde passer des gros chiens qui se chamaillent auprès de leur maître pensif. Je vois une famille passer sous mes pieds qui lève la tête et me sourit. Que me vaut cela ? J’observe ensuite une fillette s’aventurer sur le muret suivie de près par son père. Un couple qui est allongé là profite de l’instant présent, c’est beau. Un autre couple passe et m’observe, ils me sourient eux aussi. Que me vaut cela ? On se fait un coucou. Cette attention aura disparu quand on se retrouvera dans la même bulle. Pourquoi ? »

Victorien

Kévin

« Comment je me sens ? Fatigué… Il semble important de le préciser car cela joue sur mon ressenti, non qu’il ait été appauvri dans sa qualité, mais mes perceptions étaient inordinaires…

Ce que j’ai observé ? Un lever du jour, sous la pluie… Un paysage changeant derrière les nuages qui défilaient. Des objets qui apparaissaient, disparaissaient et réapparaissaient à nouveau. Je n’ai pas ressenti d’extase face au paysage urbain, contrairement à ce qu’il se passe devant un paysage plus sauvage.

Déçu ? Non, surpris. J’ai préféré m’imaginer en haut d’un phare face à Paris dénudé d’immeubles, tel qu’elle avait pu l’être à la fin du 19e siècle, dans les nuages de fumée des industries du nord-est parisien.
Face à un Paris plus rural, du moins la périphérie de la capitale, telle que la ville aurait pu l’être à la fin du 15e siècle.
Face à un Paris plus sauvage, telle que la ville aurait pu l’être à l’arrivée des premiers habitants sur les plaines d’Île-de-France. »

Kévin

Nicolas

« Merci beaucoup pour cette expérience. J’ai eu la chance d’avoir une météo magnifique : un peu de nuage, un peu de soleil, un peu voir une fin de pluie qui était très agréable pour éviter qu’il n’y ait de chaleur.
Le temps est passé très vite, j’ai porté durant cette veille une réflexion sur la vie de prisonniers qui sont enfermés dans de telles conditions.
Au niveau mental, je me suis senti très léger, j’ai essayé de vider tout ce qu’il y avait dans ma tête, ne penser à rien. Finalement des réflexions sur ma vie sont apparues. J’ai pensé à ce qui me rendrait heureux, ce qui pourrait me donner envie de vivre longtemps.
Durant cette expérience, j’ai réfléchi et pris des décisions. J’espère pouvoir les partager rapidement. »

Nicolas

Agnès

« Une belle expérience. Un moment sans distractions partagé avec moi-même. J’ai pu vivre le lever du soleil différemment. Habitante de la Noue, j’ai passé mes années à traverser le parc tôt le matin pour aller en cours. J’ai donc déjà vu ce lever de soleil, mais je ne l’ai jamais vécu. Merci de m’avoir permis de vivre un beau moment. »

Agnès

Abderrahmane

« Superbe expérience ! On ne se rend pas compte à quel point 1h peut passer vite (trop vite ?) Sans montre ni téléphone, cette expérience permet de se rendre compte que le temps passe très vite et nous permet de couper du quotidien. Cette expérience m’a permis de me remémorer les neuf derniers mois et de comprendre qu’il faut savourer chaque instant qui passe, ne serait-ce qu’une petite heure.
Pourquoi neuf mois ? Parce que dans trois semaines je deviens Papa pour la première fois ! Et cette expérience m’a permis de me rappeler qu’au début de la grossesse je pensais que ça allait être très long neuf mois, mais aujourd’hui (à trois semaines du terme) je me rends compte que c’est passé à une vitesse folle, tous comme les 60 minutes dans cette capsule.
Alors profitons de chaque instant, chaque heure, aussi rapide que cela puisse être ! Un énorme merci. »

Abderrahmane

Valérie

« Expérience amusante, découverte de la différence entre le lever du jour et le lever du soleil. Le temps fut long ainisi que l’attente de l’arrivée du soleil. Dans un monde qui va à pleine vitesse, il est difficile de retrouver la lenteur.
Enfin le soleil a réchauffé mon corps. Très heureuse d’avoir découvert ce lieu. Merci à Claude. »

Valérie

Gaëlle

« Ciel couvert. J’aperçois un jeune homme qui dresse ses deux bergers allemands. Deux martinets passent dans le ciel. Quelques insectes. Ici, il n’y a pas de vent. Pourtant je le vois qui souffle dans les branches. Je me regarde le nombril. Je pose les mains sur mon ventre presque rond. Les nuages forment une farandole. Dedans je retrouve la gueule familière des deux chiens croisés et le profil d’un très jeune enfant. Est-ce que tout est dans le ciel ? »

Gaëlle

Johanna

« De la lune, au soleil. Face à moi-même. La rencontre de moi à moi même.
Le temps, le temps est un cadeau. Il s’agit de la seule que nous ne pouvons pas récupérer. Le temps est précieux !
Le choix, du temps accordé aux activités, aux personnes, à moi.
Être en phase avec ce qui nous entoure, de ce que l’on fait, de ce que l’on dit, de ce que l’on pense.
Se connecter à moi-même aux énergies, à l’univers.
La paix.❤ »

Johanna

Bénédicte

« J’ai observé la nuit venir se coucher sur le parc des Guilands.
Très intéressant de se positionner à l’écart de la vie et du bruit.
J’ai l’impression d’avoir fait ça toute ma vie !
On devrait tous avoir la chance de vivre ça au moins une fois dans sa vie.
Merci ! »

Bénédicte

Christine

« Ce matin, je suis parti en vélo…
Puis je suis allée tout en haut…
J’y ai vu le bal des oiseaux, entendu le croassement des corbeaux…
C’était juste très beau…
Avec mes yeux, j’ai dessiné le contour des bâtiments, des arbres…
Cette vue restera gravée à jamais dans ma mémoire, car j’ai vraiment eu l’impression de vivre un moment privilégié, seule, dans cette petite boîte tout là-haut …
C’était moi la gardienne ce matin là☀️… »

Christine

Hélène

« Une expérience unique de veiller sur le parc des Guilands, d’observer l’animation de ce beau dimanche d’été où les familles, les ami.e.s sont réunies. J’ai eu la chance d’observer les gens partager et tisser des liens les uns, les unes, avec les autres et d’observer également des moments de générosité et de bienveillance.
Le soleil qui s’est couché me laisse un souvenir d’une beauté impérissable, c’est un moment précieux, un coucher de soleil sur la ville, très émouvant.
Un grand merci, je me sens privilégiée d’avoir pu participer à ce cycle des veilleurs. »

Hélène

Isabelle

« J’attends le soleil. Je veille et j’essaie de partir de la torpeur de ma courte nuit.
Odeur de pin comme dans un sauna, bruit du vent dans les feuillages, colonis de corbeaux qui croassent de temps en temps. La ville est là, chaotique derrière la barrière de verdure.
Je me place sur la droite pour esquiver les empreintes qui floutent la vue.
J’attends le soleil et j’ai envie de déplacer les légos-immeubles pour ouvrir un peu plus la vue. Mon premier promeneur me surprend. Je ne l’ai pas vu venir. Le jeune homme surgit de nulle part. Il a un tee shirt rayé et marche avec une main sur son sternum. Je ne suis pas seule.
Le ciel change chaque minute. C’est très beau à chaque nouvelle minute.
On a envie que ce calme envahisse la planète et que tout s’apaise, partout, pour tout le monde.
Que va-t’il se passer aujourd’hui ?
J’aime les levers de soleil qui contiennent toujours la promesse de l’aube.
Merci d’avoir permis ce très beau moment. »

Isabelle

Florian

« Tant de sensations créées avec si peu de choses
Tant de liens palpables et pourtant invisibles
Tant de présence de la nature pourtant si absente
Bref, un moment intense et unique, bravo et merci à toutes les équipes de WLDN et de la Maison pop pour cette superbe création ! »

Florian

Théo

« J’oublie toujours que Paris et l’Île-de-France restent une partie d’un paysage et d’un écosystème plus large. Le pied à terre, entouré d’immeubles, il est facile de se sentir oppressé.e.
Ce soir, en prenant un peu de hauteur et en regardant les coteaux du Vexin, au loin, je me rappelle que les soucis “urbains” perdent de leur crédibilité et de leur poids lorsqu’on regarde l’immensité du territoire. Ça fait du bien. »

Théo

Anne-Sylvie

« Ce mercredi, j’ai veillé. Mais j’ai triché, car nous étions deux à veiller dans l’abri. Une petite araignée m’a accompagnée ! J’ai vu le ballet des pies, puis celui des corneilles. Il fallait bien observer pour capter les moineaux. Puis à l’inverse, ne pas regarder, mais éloigner le regard, abandonner la précision pour apprécier les mouvements de ce grand arbre bien vert, qui entravait les autres, sauf le pin, résistait à sa cadence.
Je n’ai pas vu l’heure passer, mais j’ai senti le temps s’écouler.
Une expérience unique.
Merci ❤ »

Anne-Sylvie

Stéphanie

« Sur le chemin je me sentais déjà une privilégiée de pouvoir faire cette expérience… au bout de quelques instants dans l’objet abris je me sentais à une place unique ! Quelle chance !
J’ai adoré ce temps suspendu où toutes les pensées se mêlent où j’ai été témoin du ciel metteur en scène de la ville, choisissant tour à tour une tour comme star.
Une heure c’était court pour observer tout ça… cette ville qui manque cruellement de vert !
Aller, je retourne vers le ciel, les couleurs sont si belles, le soleil couché… bye. »

Stéphanie

Charles

« Être au calme et prendre le temps,
Prendre le temps de regarder, de contempler, d’observer,
Prendre le temps de toucher, de marcher, de se déplacer,
Prendre le temps d’écouter, écouter le silence, le calme.
Prendre le temps de penser, de s’évader, de réfléchir.
Cette heure, cette petite heure m’a permis de prendre le temps, du bien, du bon, de bon matin.
Un apaisement pour bien commencer la journée, une bonne journée, une excellente journée qui commence parfaitement.
J’ai aimé, j’ai adoré, j’en redemande… »

Charles

Gaëlle

« Créneau réservé, au départ, pour mon conjoint. Finalement, il ne peut venir. Je prends donc sa place.
L’expérience est prometteuse et le projet hyper intéressant.
Réveil matinal, très matinal. Découverte de ce cadre, à l’aube paisible. Personne à l’horizon, mise à part un ciel rosé. Entrée dans cette boîte suspendue pour contempler les environs. À chaque minute, tout évolue, la lumière, les nuages, les passants qui arrivent. Des pensées, mon esprit change également. Je réfléchis à tout et rien, en tentant de lâcher un peu plus toute cette pollution.
Coup de fatigue par moment, prise de conscience par rapport à cette vie agitée, peut-être trop pour certains. Finalement, c’est la vie que l’on choisit, que l’on crée.
L’heure est passée. L’horizon est très clair, la lumière vive et blanche. Une nouvelle belle journée va commencer.
Merci de m’avoir offert la chance et l’opportunité de vivre ce moment unique et suspendu dans le temps. »

Gaëlle

Rim

« Avant d’entrer dans cette cabine pour faire la veille, je voulais avoir un stylo et un carnet pour écrire ce que je vais ressentir, mais une fois à l’intérieur, je voulais juste dessiner cette magnifique faune urbaine bordée d’un écran végétal et sublimer par un coucher de soleil et juste magnifique.
Merci pour cette expérience ! »

Rim

Stéphanie

« Le soleil s’est bien levé ce matin.
Longtemps, je n’en ai eu que des signes : le profil des immeubles qui se dessinait, les brillances du métal et des vitres. Le vert des arbres qui se diversifiait. Et puis il est entré dans la boîte, je l’ai senti dans mon dos. La ville toute entière est entrée avec lui. Je pouvais toucher du bout des doigts le contour des immeubles. Les veilleurs précédents sont aussi apparus. Puis tout à pris sa place et je suis sortie. »

Stéphanie

Claude

« Je veille, tu veilles, nous veillons.
Sur les clairs azurs, sur les sombres huées, sur la marée des jours et des nuits, nous veillons.
Sur le vent qui nous envole, sur la lumière qui nous rayonne, sur la pluie qui nous poissonne, nous veillons.
Sur le lent frisson des arbres, sur la farandole des mouettes, sur les chiens, les loups, les monstres, nous veillons.
Avec nos corps si frêles, si fort, avec nos émotions clandestines avec nos fleurs de peau, nous veillons.
Sur la grande Babylone, sur les travailleurs de l’aube, sur les migrants des fossés, nous veillons.
Sur les larmes des rives de l’autre, sur sa figure de soleil, sur sa beauté de lune, nous veillons.
Sur les amants nus éperdus, sur les absents rendus présents, sur le cycle perpétuel des hommes, nous veillons.
Nous veillons, veilleurs veillons et dansons… »

Claude

Justine

« Expérience hors du temps, au dessus du monde, on voit ce qu’on ne peut pas voir habituellement : la vie qui bat son plein, la vie des “autres”, qui ne sont pas “Nous” en effervescence. Puis, progressivement, qui s’étale, s’assombrit, la ville de la vie laisse place à la ville d’une autre vie.
On suit le cours de la nature, le cours des autres. le monde bouge, pas nous.
Nous sommes juste spectateurs.
Nous sommes peu de chose… »

Justine

Le Cycle des Veilleurs

Une création de Joanne Leighton

Performance portée collectivement par WLDN / Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/ Centre de Développement Chorégraphique National, le Département de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Paris.

Avec le soutien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/CDCN, L’étoile du nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, de la Région Ile-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit blanche Métropolitaine.

Le Cycle des Veilleurs est une proposition inédite créée à partir du projet Les Veilleurs de Joanne Leighton, initialement conçu localement pour durer un an. Joanne Leighton propose cette fois un relais de Veilleurs sur plusieurs saisons qui se dérouleront les uns après les autres pour permettre de rendre accessible l’expérience immersive au plus grand nombre.

Le Calendrier de la performance du Cycle des Veilleurs

Le Cycle des Veilleurs 2021/2022
du 02/10/2021 au 02/10/2022 sur la Maison du Parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands en Seine-Saint-Denis.
Piloté par la Maison Populaire de Montreuil.

à suivre !

WLDN – Joanne Leighton

Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne installée en Île-de-France, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive.

Sa démarche explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de territoires, d’identités, d’espaces interdépendants. Elle propose un travail sur scène et hors scène où chaque lieu au-delà des frontières, où chaque corps au-delà des individualités, deviennent le champ de l’expérimentation chorégraphique et interpellent la notion du même et de l’autre.

Artiste chorégraphique au sein de l’Australian Dance Theater (1986–1991), Joanne Leighton habite Londres pendant 2 ans, puis crée sa compagnie Velvet à Bruxelles en 1993. En 1994 et en 2010, elle reçoit le Prix de la SACD Belgique pour son parcours. Joanne Leighton dirige ensuite le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort entre 2010 et 2015. Depuis 2015, sa compagnie WLDN, projet et philosophie, est implantée en Île-de-France. Depuis 2018, elle est Administratrice à la chorégraphie et membre du Conseil d’Administration de la SACD, vice-présidente musique et danse ; membre du Conseil d’Administration Beaumarchais et membre du Conseil d’Administration de la Maison du Geste et de l’Image.

Joanne Leighton crée des pièces comme 9000 Pas, sextet dansé sur un parterre de sel sur Drumming, de Steve Reich ; Songlines, pièce pour huit danseurs, créée sur la composition musicale In C de Terry Riley, qui saisit le mouvement fondateur de la marche ; I am sitting in a room, quatuor sur le texte éponyme d’Alvin Lucier ; Made in… Séries, pièce in situ avec 99 habitants est créée dans 20 villes différentes en France, Belgique, Autriche, Allemagne, Danemark et à Cuba ; Les Modulables, composée de courtes pièces, aux formats divers, en perpétuelle invention depuis 10 ans. Joanne Leighton et le metteur en scène Christoph Frick cosignent en 2014 le spectacle Melting Pot pour 9 jeunes interprètes, tous issus de l’immigration. Joanne Leighton vient de créer People United (création le 6 mai 2021) : pièce pour 9 danseurs et 3ème volet de la trilogie que la chorégraphe consacre aux mouvements universels.

En 2019, Joanne Leighton remet à jour le cadavre exquis chorégraphique qu’elle avait lancé à 57 de ses pairs (avec Exquisite Corpse en 2012), avec une création d’un solo à trois corps : Corps Exquis. Cette même année, elle répond à la commande du Festival Concordan(s)e avec l’autrice Camille Laurens en créant L&L.

En 2011, Joanne Leighton crée Les Veilleurs pour 732 participants à Belfort : une personne chaque matin et une chaque soir veillent sur la ville et sa région pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, et ainsi de suite pendant 365 jours. Sur ces mêmes principes, depuis 2011, Joanne Leighton remonte cette œuvre chorégraphique pour les villes de Laval, Rennes, Haguenau, Freiburg (Allemagne), Évreux, Dordrecht (Pays-Bas), Graz (Autriche), Munich (Allemagne) et Hull (Angleterre).

En parallèle, elle instaure une pratique de marche performative avec WALK #1 Belfort-Freiburg, un parcours de 127 kilomètres le long des cours d’eau.

Pédagogue internationalement reconnue, Joanne Leighton donne régulièrement des cours, ateliers, interventions pédagogiques et conférences autour de son travail artistique : à l’International Symposium Art & Urban Planning IN-SITU à Graz (Autriche) ; aux Beaux-Arts de Toulouse, au Laboratoire Urbain Nordic à Helsinki (Finlande), à l’Université de Rouen et à l’École d’Architecture Paris-Villette ; pour le Séoul International Choreographic Center (Corée du Sud) et à la Ménagerie de Verre à Paris ; à l’Atelier de Paris / CDCN… Joanne Leighton accorde également une grande importance à l’éducation artistique et culturelle et mène chaque saison un vaste programme d’actions envers différents publics avec sa compagnie.

Les pièces de Joanne Leighton sont produites et présentées dans de nombreux lieux en France et à l’étranger comme au ZEF, Scène nationale de Marseille, Festival June Events de l’Atelier de Paris / CDCN, La Briqueterie / CDCN du Val-de-Marne, L’Espace 1789, Scène conventionnée d’intérêt national - art et création - pour la danse, Les Quinconces - L’espal Scène nationale du Mans et à l’étranger, au Festival Tanztage de Potsdam (DE), au Kobenhavns Internationale Teater (DK), à La Strada de Graz (AT), au Freedom Festival à Hull (UK), pour le festival Oerol de Terschelling aux Pays-Bas (NL)…

www.wldn.fr

La Maison populaire

Endroit propice aux convergences artistiques et forgé sur des valeurs d’éducation populaire, la Maison pop de Montreuil a pour horizon de faire éclore les étonnements et cultive des formes ouvertes d’ateliers de pratiques artistiques et culturelles en direction des adultes, des adolescent·es et des enfants. Chaque saison, elle accueille plus de 2600 adhérent·es et propose des ateliers de pratique dans les domaines des arts visuels, du numérique, de la musique, du sport, de la danse, du cirque et du théâtre, ce qui vise à favoriser un large accès à la culture et aux loisirs. La Maison pop encourage ces pratiques amateurs, en les valorisant par l’expression scénique et des monstrations tout au long de l’année tout en créant la rencontre avec les artistes professionnels en résidence à la Maison populaire.

Pensée comme une Fabrique créative ouverte sur le monde, la Maison populaire développe un processus de recherche et d’expérimentation au sein d’un Centre d’art contemporain, d’un Fablab et à travers des résidences artistiques. Le Centre d’art contemporain accueille chaque année une résidence de jeunes commissaires et un·e artiste numérique pour la réalisation d’un cycle de trois volets d’expositions, de production d’œuvres et une quinzaine d’évènements associés. En regard des pratiques amateurs musicales et chorégraphiques, la Maison populaire développe une programmation de concerts de musique actuelle et soutient la création musicale et chorégraphique à travers les Nuits pop, rendez-vous nocturnes des pratiques artistiques pros & amateurs.

Les actions qu’elle propose dans les domaines des arts visuels, du numérique, de la musique, de la philosophie, des sciences humaines, viennent ici croiser les publics pour susciter la curiosité, favoriser l’échange et créer la rencontre.

Cette première édition du Cycle des Veilleurs pilotée par la Maison populaire de Montreuil incarne cette volonté de développer des projets hors les murs afin de mettre en récit le territoire, de solliciter les habitant·es pour qu’ils deviennent acteurs et actrices des projets culturels de leur ville.

www.maisonpop.fr

Département de la Seine-Saint-Denis - La Maison du Parc départemental Jean Moulin – Les Guilands

La Maison du Parc Jean-Moulin - Les Guilands est située au sein du parc départemental de 26 hectares, né de l’union du parc communal des Guilands à Montreuil et du parc départemental Jean-Moulin à Bagnolet.

Territoire au coeur des olympiades de 2024, le Département de la Seine-Saint-Denis veut faire de cet événement et de son Olympiade culturelle un événement festif, populaire et inclusif.
C’est pour cela que le Département a souhaité s’impliquer dans Le Cycle des Veilleurs. Le projet place en son coeur les habitant·es du territoire, et crée une communauté riche de sa diversité, à laquelle il est proposé de partager et d’exprimer un rapport différent à la ville, aux paysages, au temps. Cet engagement reflète la volonté du Département d’accompagner des projets ambitieux, singuliers et inclusifs, au travers desquels la création contemporaine permet de faire évoluer le regard sur le territoire ou apporter un souffle nouveau en cette période de crise.
Le Département a choisi le parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands pour accueillir le premier cycle des Veilleurs. Un parc devenu au fil des années un centre d’intérêt territorial de part sa qualité paysagère variée mêlant lieux intimistes et perspectives sur Paris et Montreuil.

parcsinfo.seinesaintdenis.fr

Atelier de Paris / CDCN

L’Atelier de Paris est un Centre de développement chorégraphique national au service de l’art et de la communauté chorégraphique. Il conjugue des missions de soutien à la création et à la diffusion par le biais de sa Saison en création(s) et du festival JUNE EVENTS, tout en développant un large programme d’actions artistiques et culturelles ainsi qu’une offre de masterclasses pour les professionnel·le·s.

La création
L’accompagnement s’envisage en fonction des spécificités des projets et des besoins des compagnies à toutes les étapes de la création, de la conception à la représentation. Ainsi, parmi les résidences de création, la plupart donnent lieu à la présentation de leur spectacle dans le cadre de la « Saison en création(s) » ou du festival JUNE EVENTS. Elles peuvent être aussi l’occasion pour le public de rencontrer les équipes artistiques lors d’ouvertures. Un soutien est également possible pour des résidences de recherche ou la reprise d’un spectacle.

La diffusion
Afin de permettre aux spectacles d’avoir un écho au-delà des premières représentations, l’Atelier de Paris travaille en synergie avec plusieurs partenaires, permettant ainsi une nouvelle diffusion de certaines créations la saison suivante. Ainsi, plusieurs spectacles créés à l’Atelier de Paris ou du répertoire des compagnies soutenues vont trouver une plus large visibilité à Paris, mais aussi en Île-de- France, hors du réseau des lieux labellisés danse.

L’éducation artistique et culturelle
Toute l’année, l’Atelier de Paris propose des actions artistiques en milieux scolaire, associatif, culturel, socio-culturel, hospitalier et carcéral. Les parcours de saison allient des temps de pratique, de découverte des œuvres, de transmission de la culture chorégraphique et des temps réflexifs.

La formation continue
Chaque saison, l’Atelier de Paris / CDCN permet à des professionnel·les du monde entier de suivre une formation continue de haut niveau dispensée par des artistes parmi les plus important·e·s de la scène nationale et internationale.

L’Atelier de Paris / CDCN a présenté depuis plus de 10 ans la totalité des créations de Joanne Leighton. En juin 2021, sa dernière création People United coproduite par le CDCN a fait l’ouverture de la 15e édition de son festival JUNE EVENTS. C’est pourquoi, mu par son soutien au parcours de l’artiste et sa volonté de placer la rencontre entre l’art et les citoyen·ne·s au coeur de son action, l’Atelier de Paris s’associe à la performance le Cycle des veilleurs.

www.atelierdeparis.org

Paris Réseau Danse

Depuis janvier 2015, l’Atelier de Paris / CDCN, L’étoile du nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD se sont rassemblés au sein du Paris Réseau Danse. Ces quatre établissements, qui soutiennent les artistes dans la réalisation de leurs projets de création, la diffusion de leurs spectacles, l’affirmation de leurs parcours, défendent ensemble des choix communs et des espaces de réflexion, en complicité avec d’autres partenaires.

Chaque année, le Paris Réseau Danse soutient deux compagnies pour une résidence de création qui bénéficient de plusieurs périodes de travail, d’un apport en coproduction et de diffusion de leur création et de leur répertoire. Tous les deux ans, une compagnie bénéficie du soutien des membres du réseau pour une résidence longue.

Suite au dernier appel à projet, le Paris Réseau Danse soutiendra les chorégraphes Rebecca Journo pour une résidence de création et Fabrice Ramalingom pour une résidence de deux ans qui débuteront en septembre 2021. Nina Vallon poursuivra sa résidence une seconde saison pour le projet Le Lapin et la Reine.


Les lieux du Paris Réseau Danse :

  • L’Atelier de Paris / CDCN
    Centre de développement chorégraphique national – Cartoucherie Paris 12
  • L’Étoile du Nord
    Scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse – Paris 18
  • Le Regard du Cygne
    AMD XXe – Paris 20
  • Micadanses
    Association pour le développement de la danse à Paris – Paris 4

www.parisreseaudanse.com