

La Maison du Parc est située au sein du Parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands (26 hectares), né de l’union du parc communal des Guilands à Montreuil et du parc départemental Jean-Moulin à Bagnolet. Ce parc est devenu au fil des années un centre d’intérêt territorial de par sa qualité paysagère variée mêlant lieux intimistes et perspectives sur Paris et Montreuil.
Situé au sommet de la Maison du Parc, l’objet- abri a été imaginé par le designer Benjamin Tovo. C’est depuis cet abri que se déroule la veille.
Territoire au coeur des olympiades de 2024, le Département de la Seine-Saint-Denis veut faire de cet événement et de son Olympiade culturelle un événement festif, populaire et inclusif. C’est pour cela que le Département a souhaité s’impliquer dans Le Cycle des Veilleurs. Le projet place en son coeur les habitant·es du territoire, et crée une communauté riche de sa diversité, à laquelle il est proposé de partager et d’exprimer un rapport différent à la ville, aux paysages, au temps. Cet engagement reflète la volonté du Département d’accompagner des projets ambitieux, singuliers et inclusifs, au travers desquels la création contemporaine permet de faire évoluer le regard sur le territoire ou apporter un souffle nouveau en cette période de crise.
L’objet-abri

Cette structure unique sera visible depuis de nombreux points de vue de la ville et du parc. Debout seul, le veilleur entrera à l’intérieur de la structure en bois et en verre, sans téléphone ni autre distraction, pour veiller la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil. Illuminé à l’heure de chaque veillée, l’abri est entièrement accessible. Des instructions supplémentaires seront données aux participants sur les points de rendez-vous entre le Veilleur et l’accompagnateur, et comment accéder au bâtiment.
Le projet de WLDN/Joanne Leighton, avec Benjamin Tovo en tant que scénographe, s’inscrit dans un dialogue avec un lieu précis. C’est à travers l’objet-abri créé que le veilleur observe la cité, la région. Cette structure manifeste la présence d’un regard tourné vers la ville. La fenêtre qui accueille le veilleur prend la forme d’un couloir vitré à ses deux extrémités, un sas au bout duquel se trouve la ville. De part et d’autre du volume se détache un viseur qui plonge sur la ville tout en la cadrant. Un contraste se créé alors pour le veilleur entre les dimensions restreintes du sas et l’immensité d’un paysage, d’une ville, qui se déploie sous ses yeux. Le corps est contraint tandis que le regard peut s’échapper.
Benjamin Tovo – designer
Benjamin Tovo s’est formé à l’ENSAAMA Olivier de Serres et l’ENSCI - Les Ateliers. À la recherche d’expressions simples, percutantes et enveloppantes il accorde autant d’attention à la circulation et à la praticité du lieu qu’à la précision de ses lignes, textures, couleurs et reflets.
Benjamin Tovo rencontre Joanne Leighton en 2010 à l’occasion de leur première collaboration sur le projet Les Veilleurs de Belfort. À l’époque, accompagné de Nounja Jamil, ils conçoivent ensemble l’objet-abri, micro-architecture destinée à accueillir dans la ville la performance de cette pièce. Benjamin et Nounja proposent plusieurs relectures de cet objet pour les villes de Rennes, Laval, Haguenau, Freiburg et Évreux, puis Benjamin prend seul le relai pour les éditions suivantes à Dordrecht, Graz, Munich et Hull.
Performance portée par WLDN / Joanne Leighton et la Ville de Saint-Ouen.
Avec le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis, Plaine Commune, de la DRAC Île-de-France, de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, du Comité Olympique des Jeux Paris 2024.
Le Cycle des Veilleurs est une proposition inédite créée à partir du projet Les Veilleurs de Joanne Leighton, initialement conçu localement pour durer un an. Joanne Leighton propose cette fois un relais de Veilleurs sur plusieurs saisons qui se dérouleront les uns après les autres pour permettre de rendre accessible l’expérience immersive au plus grand nombre.
Anna Erbibou - Administratice
Lola Bizeau - Chargée de production et de communication
Zoé Calvat - Coordinatrice Cycle des Veilleurs
Ombeline Bellec - Stagiaire
Ariane Tricaud - Directrice des Affaires Culturelles
Elise Bernard - Chargée de médiation et de mobilisation des publics
Myriam Talon - Chargée du suivi des actions d’éducation artistiques et culturelles
Ynes El Janati - Chargée des évènements artistiques et culturels
Marie Komorowski
Myriam Talon
Florence Petit
Laurette Planquois
Jean-François Clerc
Hiba Ben Romdhane
Pascal Pastel
Patricia Marconnet
Ynes El Janati
Shou Hui
Sophie Pons
Florence Desnouveaux
Virginie Fioux
Elodie Cuccarolo
Annabelle Hubert
France Lepleigné
Guillaume Ruffat
Catherine Baudin
Salman Kei Lanur
Lucette Bellechasse
Claudia-Marie Abbes
Cindy Yesli
Sylvie Boulinguez
Marion Chopin
Juliette Delbreuve
Djamila Benhadda
02/10/2021 au 02/10/2022
Les heures affichées dans le calendrier correspondent aux heures du lever et du coucher du soleil.
Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)
Le soir, la veille débute 1 heure avant le coucher du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)
Vous pouvez vous inscrire sur cette page, le calendrier ci-dessus affichera les prénoms des veilleurs après la validation des inscriptions.

L’Atelier de Paris est un Centre de développement chorégraphique national au service de l’art et de la communauté chorégraphique. Il conjugue des missions de soutien à la création et à la diffusion par le biais de sa Saison en création(s) et du festival JUNE EVENTS, tout en développant un large programme d’actions artistiques et culturelles ainsi qu’une offre de masterclasses pour les professionnel·le·s.
La création
L’accompagnement s’envisage en fonction des spécificités des projets et des besoins des compagnies à toutes les étapes de la création, de la conception à la représentation. Ainsi, parmi les résidences de création, la plupart donnent lieu à la présentation de leur spectacle dans le cadre de la « Saison en création(s) » ou du festival JUNE EVENTS. Elles peuvent être aussi l’occasion pour le public de rencontrer les équipes artistiques lors d’ouvertures. Un soutien est également possible pour des résidences de recherche ou la reprise d’un spectacle.
La diffusion
Afin de permettre aux spectacles d’avoir un écho au-delà des premières représentations, l’Atelier de Paris travaille en synergie avec plusieurs partenaires, permettant ainsi une nouvelle diffusion de certaines créations la saison suivante. Ainsi, plusieurs spectacles créés à l’Atelier de Paris ou du répertoire des compagnies soutenues vont trouver une plus large visibilité à Paris, mais aussi en Île-de- France, hors du réseau des lieux labellisés danse.
L’éducation artistique et culturelle
Toute l’année, l’Atelier de Paris propose des actions artistiques en milieux scolaire, associatif, culturel, socio-culturel, hospitalier et carcéral. Les parcours de saison allient des temps de pratique, de découverte des œuvres, de transmission de la culture chorégraphique et des temps réflexifs.
La formation continue
Chaque saison, l’Atelier de Paris / CDCN permet à des professionnel·les du monde entier de suivre une formation continue de haut niveau dispensée par des artistes parmi les plus important·e·s de la scène nationale et internationale.
L’Atelier de Paris / CDCN a présenté depuis plus de 10 ans la totalité des créations de Joanne Leighton. En juin 2021, sa dernière création People United coproduite par le CDCN a fait l’ouverture de la 15e édition de son festival JUNE EVENTS. C’est pourquoi, mu par son soutien au parcours de l’artiste et sa volonté de placer la rencontre entre l’art et les citoyen·ne·s au coeur de son action, l’Atelier de Paris s’associe à la performance le Cycle des veilleurs.

Saint-Ouen-sur-Seine, dénommée Saint-Ouen, est une commune française située sur la rive droite de la Seine dans le département de la Seine-Saint-Denis, en région Île-de-France. Commune limitrophe du nord de Paris, la ville fait partie de la métropole du Grand Paris et de l’établissement public territorial Plaine Commune. Elle accueille depuis 2018 le siège du conseil régional d’Île-de-France.
La municipalité se compose de Monsieur le Maire Karim Bouamrane et de 13 adjoints.
Le Cycle des Veilleurs 2024/2025
du 15/12/2024 au 14/12/2025, au Grand Parc de Saint-Ouen.
Piloté par WLDN / Joanne Leighton et la Ville de Saint-Ouen.
Le Cycle des Veilleurs 2023/2024
du 08/09/2023 au 08/09/2024, Rue de Charenton, Paris 12e.
Piloté par l’Atelier de Paris / CDCN.
Le Cycle des Veilleurs 2021/2022
du 02/10/2021 au 02/10/2022 sur la Maison du Parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands en Seine-Saint-Denis.
Piloté par la Maison Populaire de Montreuil.

Depuis janvier 2015, l’Atelier de Paris / CDCN, L’étoile du nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses-Paris et Le Regard du Cygne/AMD se sont rassemblés au sein du Paris Réseau Danse. Ces quatre établissements, qui soutiennent les artistes dans la réalisation de leurs projets de création, la diffusion de leurs spectacles, l’affirmation de leurs parcours, défendent ensemble des choix communs et des espaces de réflexion, en complicité avec d’autres partenaires.
Chaque année, le Paris Réseau Danse soutient deux compagnies pour une résidence de création qui bénéficient de plusieurs périodes de travail, d’un apport en coproduction et de diffusion de leur création et de leur répertoire. Tous les deux ans, une compagnie bénéficie du soutien des membres du réseau pour une résidence longue.
La résidence longue de Fabrice Ramalingom se poursuit pour une seconde saison en 2022/2023 et Joana Schweizer est en résidence de création. Suite au dernier appel à projet, le Paris Réseau Danse soutient la chorégraphe Marine Colard pour une résidence de création durant la saison 2023/2024.
Les lieux du Paris Réseau Danse :


L’année #2 du Cycle des Veilleurs se déroule à l’Ensemble Erard-Charenton, au cœur du 12e arrondissement.
L’objet-abri

Cette structure unique sera visible depuis de nombreux points de vue de la ville et de l’immeuble. Debout seul, le veilleur entrera à l’intérieur de la structure en bois et en verre, sans téléphone ni autre distraction, pour veiller la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil. Des instructions supplémentaires seront données aux participants sur les points de rendez-vous entre le Veilleur et l’Accompagnateur, et comment accéder au bâtiment.
Le projet de WLDN / Joanne Leighton, avec Benjamin Tovo en tant que scénographe, s’inscrit dans un dialogue avec un lieu précis. C’est à travers l’objet-abri créé que le Veilleur observe la cité, la région. Cette structure manifeste la présence d’un regard tourné vers la ville. La fenêtre qui accueille le veilleur prend la forme d’un couloir vitré à ses deux extrémités, un sas au bout duquel se trouve la ville. De part et d’autre du volume se détache un viseur qui plonge sur la ville tout en la cadrant. Un contraste se créé alors pour le veilleur entre les dimensions restreintes du sas et l’immensité d’un paysage, d’une ville, qui se déploie sous ses yeux. Le corps est contraint tandis que le regard peut s’échapper.
Benjamin Tovo – designer
Benjamin Tovo s’est formé à l’ENSAAMA Olivier de Serres et l’ENSCI - Les Ateliers. À la recherche d’expressions simples, percutantes et enveloppantes il accorde autant d’attention à la circulation et à la praticité du lieu qu’à la précision de ses lignes, textures, couleurs et reflets.
Benjamin Tovo rencontre Joanne Leighton en 2010 à l’occasion de leur première collaboration sur le projet Les Veilleurs de Belfort. À l’époque, accompagné de Nounja Jamil, ils conçoivent ensemble l’objet-abri, micro-architecture destinée à accueillir dans la ville la performance de cette pièce. Benjamin et Nounja proposent plusieurs relectures de cet objet pour les villes de Rennes, Laval, Haguenau, Freiburg et Évreux, puis Benjamin prend seul le relai pour les éditions suivantes à Dordrecht, Graz, Munich et Hull.
08/09/2023 au 08/09/2024
Les heures affichées dans le calendrier correspondent à l’heure du début de la veille.
Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)
Le soir, la veille débute 1 heure avant le coucher du soleil (arrivée 30 minutes avant l’heure indiquée)
Le calendrier ci-dessous affiche les heures de veilles. Les prénoms des veilleurs apparaîtront après la validation des inscriptions.
Pour vous inscrire :

Plaine Commune est un Établissement public territorial (EPT) qui regroupe 9 villes au nord de Paris. Elles sont fédérées autour d’un projet commun, sur un espace qui connaît des mutations inédites en région parisienne. Plaine Commune est aussi le Territoire de la culture et de la création dans le Grand Paris.
Le territoire de Plaine Commune se déploie à la limite nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, avec une population riche d’une très grande diversité, une forte activité économique, un réseau de transports dense, d’importantes voies d’eau (la Seine, le Canal) et deux parcs départementaux.

Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive. Sa démarche explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de territoires, d’identités, d’espaces interdépendants. Elle propose un travail sur scène et hors scène où chaque lieu au-delà des frontières, où chaque corps au-delà des individualités, deviennent le champ de l’expérimentation chorégraphique et interpellent la notion du même et de l’autre.
Artiste chorégraphique au sein de l’Australian Dance Theater (1986–1991), Joanne Leighton crée
sa compagnie Velvet à Bruxelles en 1993. En 1994 et en 2010, elle reçoit le Prix de la SACD Belgique pour son parcours. Joanne Leighton dirige ensuite le Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort entre 2010 et 2015. Elle fonde la compagnie WLDN, implantée en Ile-de-France, en 2015. Ses pièces sont présentées sur les plateaux de théâtre, espaces urbains et industriels, galeries d’art, jardins ou encore toits d’immeubles, en France et à l’étranger comme en Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni ou Cuba.
Joanne Leighton créé des pièces plateau, in situ ou participative comme Made in... Series, pièce in situ avec 99 habitants et créée dans 30 villes différentes ; Les Modulables, des courtes pièces, aux formats divers, en perpétuelle invention depuis 10 ans.
En s’appuyant sur les enjeux écologiques actuels, elle crée en 2023 un spectacle jeune public, Le chemin du wombat au nez poilu, pour raconter l’histoire de la « Terre-Mère », de la faune et de la flore de ce grand pays lointain d’Océanie, l’Australie.
En 2011, Joanne Leighton crée Les Veilleurs pour 730 participants à Belfort : une personne chaque matin et une chaque soir veillent sur la ville et sa région pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, et ainsi de suite pendant 365 jours. Depuis 2011, sur ces mêmes principes, cette oeuvre chorégraphique perdure depuis 10 ans et a réuni depuis sa création 7300 habitants de France et d’Europe.
Pédagogue internationalement reconnue, Joanne Leighton donne régulièrement des cours, ateliers, interventions pédagogiques et conférences autour de son travail artistique. De 2018 à 2021, Joanne Leighton est Administratrice à la chorégraphie et membre du Conseil d’Administration de la SACD ainsi que membre du Conseil d’Administration Beaumarchais. En 2020, Joanne Leighton est nommée Officier de l’ordre des Arts et des Lettres par la Ministre de la Culture.


L’année #3 du Cycle des Veilleurs se déroulera au Grand Parc de Saint-Ouen.
L’objet-abri


Cette structure unique sera visible depuis de nombreux points de vue de la ville et de l’immeuble. Debout seul, le veilleur entrera à l’intérieur de la structure en bois et en verre, sans téléphone ni autre distraction, pour veiller la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil. Des instructions supplémentaires seront données aux participants sur les points de rendez-vous entre le Veilleur et l’Accompagnateur, et comment accéder au bâtiment.
Le projet de WLDN / Joanne Leighton, avec Benjamin Tovo en tant que scénographe, s’inscrit dans un dialogue avec un lieu précis. C’est à travers l’objet-abri créé que le Veilleur observe la cité, la région. Cette structure manifeste la présence d’un regard tourné vers la ville. La fenêtre qui accueille le veilleur prend la forme d’un couloir vitré à ses deux extrémités, un sas au bout duquel se trouve la ville. De part et d’autre du volume se détache un viseur qui plonge sur la ville tout en la cadrant. Un contraste se créé alors pour le veilleur entre les dimensions restreintes du sas et l’immensité d’un paysage, d’une ville, qui se déploie sous ses yeux. Le corps est contraint tandis que le regard peut s’échapper.
Benjamin Tovo – designer
Benjamin Tovo s’est formé à l’ENSAAMA Olivier de Serres et l’ENSCI - Les Ateliers. À la recherche d’expressions simples, percutantes et enveloppantes il accorde autant d’attention à la circulation et à la praticité du lieu qu’à la précision de ses lignes, textures, couleurs et reflets.
Benjamin Tovo rencontre Joanne Leighton en 2010 à l’occasion de leur première collaboration sur le projet Les Veilleurs de Belfort. À l’époque, accompagné de Nounja Jamil, ils conçoivent ensemble l’objet-abri, micro-architecture destinée à accueillir dans la ville la performance de cette pièce. Benjamin et Nounja proposent plusieurs relectures de cet objet pour les villes de Rennes, Laval, Haguenau, Freiburg et Évreux, puis Benjamin prend seul le relai pour les éditions suivantes à Dordrecht, Graz, Munich et Hull.
du 15/12/2024 au 14/12/2025
Les heures affichées dans le calendrier correspondent à l’heure du début de la veille.
Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil.
Le soir, la veille débute 1 heure avant le coucher du soleil.
La quatrième session d’inscription du 22 septembre au 14 décembre est ouverte !
Pour les veilles entre le 22.09.25 et 14.12.25
Le calendrier ci-dessous affiche les heures de veilles.
Les prénoms des veilleur·ses apparaîtront après la validation des inscriptions.
Si vous avez des questions, vous pouvez nous contacter par mail.
Pour rappel avant de veiller vous devez participer à son atelier préparatoire , il s’agit d’une première étape à cette performance singulière. Cet atelier est obligatoire avant de faire sa veille. Dans la mesure possible, inscrivez-vous à l’atelier préparatoire le plus proche de votre date de veille.
Les ateliers préparatoires se déroulent au Conservatoire de Saint-Ouen - 12, rue Albert Dalhenne, 93406 Saint-Ouen-sur-Seine Métro Mairie de Saint-Ouen (ligne 13 et 14)
Dates des ateliers préparatoires à venir :
– Mercredi 17 septembre de 19h30 à 20h30
– Mercredi 1er octobre de 19h30 à 20h30 (avec traductrice LSF)
– Mercredi 15 octobre de 19h30 à 20h30
– Mercredi 29 octobre de 19h30 à 20h30
– Mercredi 05 novembre de 19h30 à 20h30 (avec traductrice LSF)
– Mardi 25 novembre de 19h30 à 20h30
Vous avez veillé ? Vous souhaitez prolonger l’expérience ?
Accompagner les futur.es participant.es ! nous contacter par mail !
Tous·tes les veilleurs et les veilleuses sont convié·es à une Rencontre, organisée tous les trois mois à la Serre Wangari, dans le Grand Parc de Saint-Ouen :
– Jeudi 27 mars à 19h30
– Jeudi 19 juin à 19h30
– Mardi 23 septembre à 19h30
– Mardi 2 décembre à 19h30
Pour fêter la fin du Cycle des Veilleurs #3, nous invitons toutes les personnes ayant veillées à Saint-Ouen à un évènement de Clôture le dimanche 14 décembre 2025, autour de la dernière veille au lever du soleil à 8h36. La matinée s’articulera autour de temps dansés par les artistes de WLDN et nous pourrons nous réunir autour d’un grand banquet !
Notez d’ores et déjà la date dans vos agendas et ne manquez pas cet évènement !
Suivez le compte Instagram @les_veilleurs_wldn pour suivre l’actualité du projet et se tenir au courant si des créneaux se libèrent en dernières minutes.

Endroit propice aux convergences artistiques et forgé sur des valeurs d’éducation populaire, la Maison pop de Montreuil a pour horizon de faire éclore les étonnements et cultive des formes ouvertes d’ateliers de pratiques artistiques et culturelles en direction des adultes, des adolescent·es et des enfants. Chaque saison, elle accueille plus de 2600 adhérent·es et propose des ateliers de pratique dans les domaines des arts visuels, du numérique, de la musique, du sport, de la danse, du cirque et du théâtre, ce qui vise à favoriser un large accès à la culture et aux loisirs. La Maison pop encourage ces pratiques amateurs, en les valorisant par l’expression scénique et des monstrations tout au long de l’année tout en créant la rencontre avec les artistes professionnels en résidence à la Maison populaire.
Pensée comme une Fabrique créative ouverte sur le monde, la Maison populaire développe un processus de recherche et d’expérimentation au sein d’un Centre d’art contemporain, d’un Fablab et à travers des résidences artistiques. Le Centre d’art contemporain accueille chaque année une résidence de jeunes commissaires et un·e artiste numérique pour la réalisation d’un cycle de trois volets d’expositions, de production d’œuvres et une quinzaine d’évènements associés. En regard des pratiques amateurs musicales et chorégraphiques, la Maison populaire développe une programmation de concerts de musique actuelle et soutient la création musicale et chorégraphique à travers les Nuits pop, rendez-vous nocturnes des pratiques artistiques pros & amateurs.
Les actions qu’elle propose dans les domaines des arts visuels, du numérique, de la musique, de la philosophie, des sciences humaines, viennent ici croiser les publics pour susciter la curiosité, favoriser l’échange et créer la rencontre.
Cette première édition du Cycle des Veilleurs pilotée par la Maison populaire de Montreuil incarne cette volonté de développer des projets hors les murs afin de mettre en récit le territoire, de solliciter les habitant·es pour qu’ils deviennent acteurs et actrices des projets culturels de leur ville.

La Maison du Parc Jean-Moulin - Les Guilands est située au sein du parc départemental de 26 hectares, né de l’union du parc communal des Guilands à Montreuil et du parc départemental Jean-Moulin à Bagnolet.
Territoire au coeur des olympiades de 2024, le Département de la Seine-Saint-Denis veut faire de cet événement et de son Olympiade culturelle un événement festif, populaire et inclusif.
C’est pour cela que le Département a souhaité s’impliquer dans Le Cycle des Veilleurs. Le projet place en son coeur les habitant·es du territoire, et crée une communauté riche de sa diversité, à laquelle il est proposé de partager et d’exprimer un rapport différent à la ville, aux paysages, au temps. Cet engagement reflète la volonté du Département d’accompagner des projets ambitieux, singuliers et inclusifs, au travers desquels la création contemporaine permet de faire évoluer le regard sur le territoire ou apporter un souffle nouveau en cette période de crise.
Le Département a choisi le parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands pour accueillir le premier cycle des Veilleurs. Un parc devenu au fil des années un centre d’intérêt territorial de part sa qualité paysagère variée mêlant lieux intimistes et perspectives sur Paris et Montreuil.
Prendre de la hauteur sur la ville, prendre part à la vie de la ville. C’est ce que la performance le Cycle des Veilleurs propose.
Venez participer à une expérience individuelle et collective inoubliable !
Le Cycle des Veilleurs, créé par Joanne Leighton, de la compagnie WLDN, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyen·nes et ouverte au plus grand nombre. Avec cette performance créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’artiste propose aux habitant·es de « veiller » leur ville et leur région, chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant.
Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne, installée en Île-de-France, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive. Sa démarche explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de territoires, d’identités, d’espaces interdépendants.
"Cette performance unique, montée dans une version inédite dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sur le territoire francilien, fait référence à la nature cyclique des Veilleurs et aux cinq anneaux entrelacés des JOP, symbole de l’universalité de l’esprit olympique, représentante de l’union et de la rencontre des athlètes et des spectateurs et spectatrices du monde entier pendant ce grand évènement."
Joanne Leighton
Être présent·e dans un site spécifique, acteur·ice - observateur·ice, questionner l’espace et comment on le perçoit et le reçoit avec ses sens en éveil, ouvrir son regard à perte de vue et éprouver la rencontre entre notre corps et ce paysage que l’on découvre ou redécouvre… Voilà le sens de cette performance pendant laquelle chaque participant·e fera l’expérience d’une notion fondamentale dans la pratique chorégraphique : la qualité d’une présence.
Chaque matin et chaque soir, une personne veillera la ville et sa région, une heure au lever et au coucher du soleil pendant 365 jours. 730 participant·es sont donc attendu·es lors de chaque édition.
Au jour et à l’heure choisie, le Veilleur ou la Veilleuse rejoint l’objet-abri et veille la ville pendant une heure.
Depuis ce refuge, le Veilleur ou la Veilleuse veille la ville, fait une pause dans l’agitation quotidienne. Ce moment en-dehors des contingences du quotidien est un temps privilégié que chacun·e se donne à lui-même. À la fois acteur·ice et observateur·ice, il ou elle participe à une expérience singulière, ouvre son regard à perte de vue et éprouve la rencontre entre son corps et ce paysage qui l’entoure…
Après la veille, le Veilleur ou la Veilleuse témoigne de ses impressions, pensées et sentiments dans un journal de bord qui constituera le Livre des Veilleurs à la fin du projet.
Tout le monde peut participer. Si vous souhaitez vous inscrire pour l’année #3 dans le Grand Parc des Docks de Saint-Ouen, vous pouvez le faire depuis notre site internet à partir du mercredi 20 novembre 2024 à 18h.
En amont de la performance, chaque personne prenant part au projet s’engage à assister à un atelier préparatoire d’une durée d’une heure environ. Ce court atelier pratique sera mené par une personne de l’équipe, et sera autour de la présence et du regard.
Tous les 3 mois, une soirée de partage est organisée avec Joanne Leighton, accompagnée par des danseuses de WLDN, et les participant.e.s ayant veillé les trois mois précédents : un moment convivial et chaleureux de rencontres et de partage ponctué de temps dansés.
Les prochaines rencontres du Cycle des Veilleurs #3 à Saint-Ouen auront lieux les jeudis 19 juin, 23 septembre et 4 décembre à 19h30 à La Serre Wangari.
Tous·tes les veilleurs et les veilleuses des trois éditions du Cycle des Veilleurs (L’année #1 à la Maison du Parc, entre Montreuil et Bagnolet / L’année #2 dans le 12e arrondissement de Paris / L’année #3 au Grand Parc des Docks de Saint-Ouen) seront invité·es à un GrandÉvènement de Clôture. L’occasion de réunir tous·tes les participant·es autour d’un moment convivial, de partage, ponctué de temps dansés par les artistes chorégraphiques de WLDN et de présenter la publication du Grand Livre des Veilleurs qui rassemblera les témoignages de chaque veilleur·ses des différentes éditions.
Si vous avez envie de vous engager, de vous impliquer plus profondément dans le projet, en y consacrant une partie de votre temps, vous pouvez devenir accompagnateur·ice bénévole. Pour en savoir plus sur ce que ce rôle implique, regardez notre page Participer. Si vous avez d’autres questions sur le projet, visitez notre page FAQ.
La troisième et dernière année du Cycle des Veilleurs créé par Joanne Leighton se tiendra au Grand Parc des Docks de Saint-Ouen du dimanche 15 décembre 2024 au dimanche 14 décembre 2025.
Coordonnée par WLDN / Joanne Leighton, la Ville de Saint-Ouen, avec le soutien de l’Espace 1789. L’objet-Abri des deux premières éditions sera rénové afin d’abriter les 730 prochains veilleurs !
La deuxième année du Cycle des Veilleurs créé par Joanne Leighton se tiendra du vendredi 8 septembre 2023 au dimanche 8 septembre 2024 sur le toit d’un immeuble dans le 12e arrondissement de Paris, avec vue sur les territoires des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Cette édition est coordonnée par l’Atelier de Paris / CDCN avec le Paris Réseau Danse. L’objet-abri de la première édition designé par Benjamin Tovo est réaménagé pour cette année.
La première année du Cycle des Veilleurs créé par Joanne Leighton s’est déroulée du samedi 2 octobre 2021 au dimanche 2 octobre 2022 sur le toit de la Maison du Parc Départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, territoires des futurs Jeux Olympiques de Paris 2024. Cette première édition pilotée par la Maison populaire de Montreuil et ses partenaires incarne cette volonté de développer des projets hors-les-murs afin de mettre en récit le territoire, de solliciter les habitant·es pour qu’ils et elles deviennent acteur·ices des projets culturels de leur ville. Un objet-abri unique conçu spécialement pour cette édition par le designer et scénographe Benjamin Tovo est installé sur un point culminant, dominant un paysage urbain en pleine mutation.
Toute personne âgée de plus de 16 ans est invitée à participer au Cycle des Veilleurs : il suffit de choisir une date via le calendrier sur ce site, en précisant ses coordonnées. L’inscription est gratuite. Avant de vous inscrire, merci de lire attentivement cette page.
Chaque Veilleur ou Veilleuse peut choisir sa date et son heure de veille (lever ou coucher du soleil). Il est possible de donner un sens personnel à sa participation en choisissant un jour spécifique. Une seule date peut être réservée par personne. Si d’autres créneaux deviennent disponibles au cours de l’année, ils seront remis à jour et l’info sera partagée. Chaque Veilleur ou Veilleuse ne peut participer qu’une seule fois.
Les heures du calendrier sont les heures du lever et du coucher du soleil. Le matin, la veille commence exactement au lever du soleil, le soir exactement une heure avant le coucher du soleil. En tant que Veilleur ou Veilleuse, vous serez invité à rejoindre votre Accompagnateur ou Accompagnatrice 30 minutes avant le début de la veille, à l’adresse de la performance. L’Accompagnateur·ice vous accueillera et vous orientera jusqu’à l’objet-abri. Après votre veille, comptez 30 minutes supplémentaires, le temps de vous faire prendre en photo sur le toit et de pouvoir écrire vos impressions dans le livre des Veilleurs. Votre participation vous engage à passer l’heure de votre veille seul dans l’objet-abri, sans aucun moyen de communication (pas de téléphone portable ou d’appareil-photo), sans montre. Vous acceptez que votre photo ainsi que votre nom et vos souvenirs soient publiés dans la rubrique Témoignages de ce site et dans d’autres médias, ainsi que dans le Livre des Veilleurs.
Une fois inscrit·e, vous recevrez une confirmation par e-mail avec votre date et toutes les informations importantes concernant votre participation et les événements auxquels vous êtes convié.
Les ateliers préparatoires :
En amont de la performance, chaque personne prenant part au projet s’engage à assister à un atelier préparatoire d’une durée d’1 h environ. Ces ateliers de pratique artistique regroupent tous les 15 jours, environ 30 futurs participant·es aux veilles. Lors de cet atelier, un·e artiste formé par Joanne Leighton vous présentera le concept de la performance et vous montrera des exercices pour vous mettre en situation de veille. Ces exercices sont conçus pour vous préparer à rester concentré pendant une heure en un seul endroit – l’objet-abri - et à percevoir consciemment votre propre corps, vos pensées et vos sentiments ainsi que votre environnement. Les questions d’organisation seront également clarifiées dans cet atelier, auquel vous devez assister pour participer à la veille.
Les rendez-trimestriels et la grande fête de clôture :
Tous les 3 mois, des soirées de partage sont organisées pour les Veilleur·euses et les Accompagnateur·ices des 3 mois précédents. Ces rencontres permettent de lire des textes des Veilleur·euses et de montrer des images de la vie de la performance. Ces temps d’échange sont aussi l’occasion de rencontrer la chorégraphe Joanne Leighton et les artistes, danseurs et danseuses associés au projet.
À la fin de la saison, une parade réunira les 730 Veilleur·euses et Accompagnateur·ices, pour fêter cette veille monumentale et passer le relais à un autre lieu de veille, pour la saison suivante du Cycle des Veilleurs. Le projet vit aussi de l’échange d’expériences des participants - ne manquez pas ces rendez-vous !
Une fois que vous avez participé au Cycle des Veilleurs en tant que Veilleur ou Veilleuse, vous pouvez, si vous le souhaitez, devenir Accompagnateur ou Accompagnatrice. L’Accompagnateur·ice est la personne qui veille sur le Veilleur ou la Veilleuse. Il s’agit d’accompagner bénévolement sur une certaine période, sur les veilles du matin ou du soir par exemple, un Veilleur ou une Veilleuse. L’Accompagnateur·ice est l’interlocuteur·ice sur le lieu de veille qui accueille le Veilleur ou la Veilleuse et reste présent·e pendant toute la durée de la veille et juste après. Il ou elle prend en photo le Veilleur ou la Veilleuse, recueille ses impressions de veille. Pendant la veille, il ou elle est installé·e dans une pièce annexe située à côté de l’objet-abri.
Qui peut participer en tant qu’accompagnateur·ice ?
La performance est ouverte à toutes les personnes de 16 ans et plus. De 16 à 18 ans, une autorisation parentale est nécessaire pour participer. Les participant·es peuvent choisir leur propre date et heure dans le calendrier en fonction des disponibilités.
Oui, la performance est un événement gratuit pour les Veilleurs ou les Accompagnateurs, il n’y a pas de frais de participation.
L’accès pour les personnes à mobilité réduite est possible sur cette troisième année du cycle. Le scénographe Benjamin Tovo a imaginé une rampe d’accès PMR vers l’objet-abri. Merci de contacter infos chez lecycledesveilleurs.fr ou le 06 68 48 29 61 en cas de besoin.
Nous recommandons aux personnes ayant le vertige de ne pas participer à cette performance.
Oui, vous pouvez réserver une date de veille pour quelqu’un d’autre si cette personne n’est pas en mesure de le faire elle-même. Veuillez d’abord vérifier que cette personne est vraiment engagée et intéressée par le projet et disponible pour la veille. Les dates des ateliers préparatoires sont communiquées après l’inscription.
Vous devez vous rendre au lieu de veille par vos propres moyens. L’emplacement de l’objet-abri dans le Grand Parc des Docks de Saint-Ouen est accessible par les transports (métro ligne 14 et 13 - Mairie de Saint-Ouen)
Oui, afin de participer à la performance, chaque Veilleur ou Veilleuse doit participer à un atelier préparatoire obligatoire qui vous donnera toutes les clés et la compréhension de ce projet artistique. Les dates des ateliers seront annoncées lors de votre inscription.
La veille dure une heure. Le matin, la veille commence exactement au lever du soleil et dure une heure. Le soir, la veille commence précisément une heure avant le coucher du soleil et se termine au coucher du soleil.
Vous passerez votre heure de veille dans un Objet-abri - une pièce en bois avec deux grandes fenêtres -, qui sera situé dans le Grand Parc des Docks de Saint-Ouen. Ses fenêtres d’observation donnent sur la végétation du parc, les jardins partagés, ainsi que les immeubles environnants. L’abri est une construction temporaire résistante aux intempéries, ventilée et chauffée.
Une demi-heure avant le début de votre veille, vous rencontrerez votre Accompagnateur ou Accompagnatrice à un point de rendez-vous en bas du lieu de veille. Il ou elle vous conduira près de l’Objet-abri, vous fera visiter, s’occupera de vos affaires et s’assurera que vous vous sentez à l’aise et que tout se passe comme prévu. Il ou elle est votre interlocuteur·trice sur place - avant, pendant et après votre veille.
Vous passez la veille debout. Vous serez préparé·e à cette situation lors de l’atelier préparatoire. Pour toute personne incapable de se tenir debout pendant cette période, merci de le signaler à votre Accompagnateur ou Accompagnatrice qui mettrait un siège à disposition.
Non, vous ne pouvez pas prendre de photos pendant votre veille. C’est l’Accompagnateur ou l’Accompagnatrice qui prendra une photo de vous.
Votre Accompagnateur ou Accompagnatrice viendra vous chercher à la fin de l’heure de veille. Il veillera à ce que vous puissiez vous concentrer pleinement lors de la veille.
Après votre veille, votre Accompagnateur ou Accompagnatrice prendra une photo de vous. Vous serez ensuite conduit dans une pièce, l’Annexe, située juste à côté de l’Objet-abri, où vous pourrez écrire vos impressions dans le Livre des Veilleurs. Une boisson et une collation vous seront proposées. Votre veille sera suivie d’un événement de partage à une date ultérieure, où vous rencontrerez les autres participants ainsi que Joanne Leighton et les danseur·euses de la compagnie WLDN. Vous êtes également invité à la cérémonie de clôture qui conclut le projet. C’est là que tous les participants peuvent se rencontrer.
Non. Vous pouvez le faire avant la veille ou bien après, lors du temps de recueil des impressions.
Non. Les animaux domestiques ne sont pas autorisés dans l’Objet-abri, à l’exception des chiens-guides, à condition que le ou la propriétaire et l’animal puissent l’atteindre en toute sécurité.
Non. Cependant, un système de ventilation garantit un climat ambiant agréable.
Non, la porte sera fermée mais restera déverrouillée.
Non, il est absolument interdit de fumer dans l’Objet-abri.
Même si la visibilité est mauvaise, votre veille se déroulera dans l’abri, car vous pourrez toujours vivre un moment spécial au lever ou au coucher du soleil. En cas d’intempéries (vents violents), l’Accompagnateur ou l’Accompagnatrice garantit la sécurité et une solution sur place est trouvée.
Vous pouvez vous habiller en fonction de la météo. Bien que l’abri soit vitré et chauffé par temps froid, il ne s’agit que d’une structure temporaire. Portez également des chaussures robustes sans talons hauts. Pensez à amener des lunettes de soleil car les rayons du soleil peuvent être puissants. Il est interdit de porter un déguisement pendant la performance.
Non, vous êtes seul·e et sans accès à votre téléphone portable, montre ou appareil photo. L’Accompagnateur ou l’Accompagnatrice surveille vos objets personnels pendant votre veille.
Il est extrêmement important que vous arriviez à l’heure, si quelque chose vous retarde de manière inattendue, veuillez contacter votre Accompagnateur ou Accompagnatrice.
Chaque Veilleur ou Veilleuse ne participe qu’une seule fois. Une fois que vous avez participé à la veille, vous pouvez si vous le souhaitez prolonger l’expérience et devenir Accompagnateur ou Accompagnatrice.
Les dates sont attribuées sur la base du premier arrivé, premier servi, donc si vous n’êtes plus disponible, nous ne pouvons pas garantir une date ultérieure. Nous ferons de notre mieux pour vous proposer une autre date ou vous ajouter à la liste d’attente.
Contacter infos chez lecycledesveilleurs.fr ou le 06 68 48 29 61 pour modifier ou annuler votre réservation. Attention, si vous souhaitez modifier votre date, nous ne pouvons pas vous garantir une autre date. Nous ferons de notre mieux pour vous proposer une autre date ou vous ajouter à la liste d’attente.
Malheureusement non. Votre photo et votre prénom sont une partie importante du projet. Des droits d’autorisation à l’image sont signés lors de l’atelier préparatoire.
Une création monumentale ouverte à toutes et tous
Joanne Leighton propose la performance Les Veilleurs pour 730 participant·e·s : une personne chaque matin et chaque soir veille sur la Cité et la région pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, installée à l’intérieur de l’abri dessiné par le designer scénographe Benjamin Tovo, et ainsi de suite, pendant 365 jours.
Le Cycle des Veilleurs est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyen·nes et ouverte au plus grand nombre. Avec cette performance labellisée Olympiade Culturelle par Paris 2024, la chorégraphe propose aux habitant·es de « veiller » chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant. Un objet-abri unique, dans lequel les participant·es veillent sur les territoires des Jeux, est créé spécialement par le designer et scénographe Benjamin Tovo.
L’année #3 Du dimanche 15 décembre 2024 au dimanche 14 décembre 2025.
Les inscriptions aux veilles sont complètes jusqu’au 14 mars, elles ré-ouvriront le 24 février.
Partenaires
Une création de Joanne Leighton / WLDN. Performance labellisée Olympiade culturelle - Paris 2024. Coordonnée par WLDN / Joanne Leighton et la Ville de Saint-Ouen.
L’année #1, pilotée par la Maison populaire, s’est déroulée du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022 à la Maison du Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet.
L’année #2, coordonnée par l’Atelier de Paris / CDCN avec le Paris Réseau Danse, a lieu du 8 septembre 2023 au 8 septembre 2024 dans le 12e arrondissement de Paris.


Êtes-vous du matin ou du soir ?
Vous souhaitez arriver à l’objet-abri très tôt le matin, de nuit, et repartir le jour levé ?
Vous préférez rejoindre l’objet-abri de journée, et le quitter une fois la nuit tombée ?
Selon vos envies et votre « chronotype », vous pouvez choisir de veiller le matin ou le soir. À vous de le déterminer lors de votre inscription.

De l’objet-abri situé sur le toit de la Maison du parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands, vous pourrez observer les villes de Montreuil, Bagnolet ou Paris.
Deux larges ouvertures au sein de l’objet-abri permettent de choisir son point de vue, ou même d’alterner de point de vue lors de la veille.

La performance Le Cycle des Veilleurs, dont le montage suit un protocole bien précis, dispose de son propre champ lexical. Pour mieux appréhender le projet, voici les principaux éléments de langage.
La Veille : On entend par veille, le temps durant lequel le veilleur est seul dans l’objet-abri, aux horaires exacts indiqués. Le matin, la veille débute à l’heure du lever du soleil. Le soir, la veille débute une heure avant le coucher du soleil, et se termine donc à l’heure du coucher du soleil. La veille est, autant que possible, silencieuse, debout et immobile.
Le Veilleur : chaque Veilleur choisit sa date de participation au projet et ne peut veiller qu’une seule fois. Le projet est ouvert à tous (à partir de 16 ans), sans sélection aucune, selon l’ordre des demandes, selon les disponibilités dans le planning. Le veilleur veille systématiquement seul. Il doit être coupé de toute contingence matérielle (pas de montre, de téléphone portable… etc.).
L’Objet-abri : l’Objet-abri est le décor architectural dans lequel le veilleur se situe durant son heure de veille. Il est implanté, si possible, sur une situation relativement haute de la ville, comme sur un bâtiment existant. Le veilleur doit pouvoir voir et être vu. Cet objet-abri est éclairé (intérieur et extérieur) durant l’heure de veille. Réalisé par le scénographe Benjamin Tovo, ce décor est créé de toute pièce pour chaque site.
L’atelier préparatoire : Le veilleur est invité à suivre un atelier préparatoire en amont de sa veille. Cet atelier d’une heure est obligatoire.
L’Annexe : l’Annexe est un espace, à proximité de l’objet-abri. Elle permet au veilleur et à l’accompagnateur d’attendre l’heure exacte du début de veille. Après la veille, c’est dans cet espace que le veilleur écrit ses impressions.
L’Accompagnateur : l’accompagnateur bénévole est une personne responsable qui s’engage à accompagner des veilleurs sur une période ponctuelle ou régulière. Il a lui-même été veilleur au préalable.
Les Traces : le travail de récupération des traces (photos, écrits…) constitue une partie intégrante du Cycle. Des Veilleurs. L’accompagnateur prend une photo du paysage environnant de son choix pendant la veille et une photo du veilleur à l’issue de sa veille. Le veilleur est invité à écrire dans le Livre du Cycle des Veilleurs. Ces traces sont publiées régulièrement sur le site web du projet et se retrouvent dans la publication éditée à la fin de la performance.
Les rencontres trimestrielles : Chaque trimestre, les veilleurs qui ont déjà veillé sont invités à une soirée composée de lectures, de danses et d’échanges, en présence de Joanne Leighton et des partenaires du projet. Ces rencontres constituent un espace de réflexion convivial et un moment de partage important.

Un article de Thomas Corlin
« Pour la Nuit Blanche du 2 octobre 2021, Joanne Leighton lance son projet de Cycles de Veilleurs dans le Parc Jean Moulin à Montreuil (Seine-Saint-Denis), où des particuliers se succèderont pendant un an sur deux veilles quotidiennes de la ville. Le dispositif, simple et participatif, est une des rares pièces qui a pu se maintenir à travers la crise, d’après la chorégraphe australienne Joanne Leighton.
Chaque jour, au lever et au coucher du soleil, pendant une heure, une personne observe la ville, debout, depuis un objet architectural conçu comme un abri pour l’occasion et installé sur un panorama. Cette fois-ci, cette boîte est posée sur le toit de la maison du parc Jean Moulin, entre Bagnolet et Montreuil. L’expérience se mène seul, sans téléphone portable, en position debout. Un accompagnateur présente les lieux au veilleur 30 minutes avant chaque veille. La performance a lieu tous les jours sur un cycle d’un an. » (...)

Les inscriptions sont ouvertes depuis le jeudi 2 septembre 2021 à 14 h. Vous pouvez vous inscrire en ligne sur notre site.
Si vous souhaitez participer en tant que Veilleur à la performance Le Cycle des Veilleurs saison 21/22, vous pouvez vous inscrire en ligne, sur ce site. Il suffit de cliquer sur l’onglet « calendrier » puis de choisir « Je m’inscris à une veille ».
Vous serez recontacté·e par notre chargé de mission qui répondra à toutes vos questions et vous proposera les dates de l’atelier préparatoire.

Un article d’Anthony Lieures
« C’est un spectacle qui se jouera en silence, au-dessus de vos têtes, chaque matin au lever du soleil et chaque soir à son coucher pendant un an. Jusqu’au 1er octobre 2022, il réunira 730 personnes associées dans cette « chorégraphie participative » qui aura lieu sur le toit de la Maison du parc Jean-Moulin - Les Guilands à Bagnolet, avec une vue panoramique sur Paris et sa banlieue.
Le Cycle des veilleurs, cette idée imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, sera lancé ce samedi en fin de journée à l’occasion de la Nuit Blanche. « L’idée, c’est de créer une œuvre chorégraphique à la taille de la ville et pas d’un plateau de danse, explique Joanne Leighton, danseuse et chorégraphe d’origine australienne, qui a imaginé ce projet depuis une dizaine d’années. C’est aussi d’ouvrir le projet à tous, de faire accéder cet art au plus grand nombre. » (...)

La première veille du Cycle des Veilleurs s’est déroulée ce samedi 2 octobre 2021 de 18 h 27 à 19 h 27, avec la présence exceptionnelle de Sarah Ourahmoune en tant que première « veilleuse ».
« Chers tous,
je sors de ma veillée. La première. Cette expérience unique a été déroutante. Elle m’a imposé un stop dans une vie où je cours. Une vie où je ne vois plus la pluie glisser le long des vitres ; les arbres se secouer, les gens marcher.
Elle m’a rappelé que je ne savais plus écouter le vent et apprécier la ville. Merci pour cette formidable incroyable aventure.
Je prendrais le temps, désormais, d’observer, d’écouter et d’apprécier la vie ! »
Sarah Ourahmoune
Sarah Ourahmoune est la boxeuse française la plus médaillée : vice-championne Olympique aux Jeux de Rio 2016, championne du monde en 2008, triple championne de l’Union européenne et dix fois championne de France.
Elle est actuellement Vice-Présidente du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), Vice-Présidente de la Fédération Française de Boxe, membre du CA du COJO Paris 2024, conférencière, et Directrice Générale de Boxer Inside.

« Malgré la pluie torrentielle et un ciel nuageux, le jour s’est levé. On arrive à voir de plus en plus loin, de plus en plus net, les traits d’une ville qui se dessine et d’un jour qui prend vie.
Un instant magique, comme un rêve éveillé.
Une impression de renaissance.
Merci »
Yosra

« Comment veiller ? Sur qui ? Sur quoi ? Pourquoi ? Quelles relations de pouvoirs ?
Au début j’ai mis un moment pour trouver une sorte d’équilibre physique et mental. Après avoir choisi le côté de l’abri depuis lequel j’allais veiller, beaucoup de pensées défilaient dans ma tête. (...) J’ai d’abord pensé à moi-même, mon reflet sur la vitre me renvoyait à moi, une veille sur moi.
(...) Puis j’ai fermé les yeux, j’ai senti le soleil sur ma peau et ma respiration. J’ai fait un "zoom out" géographique, j’ai voyagé jusqu’à la Colombie et j’ai pensé à chaque membre de ma famille". Mon coeur et mon esprit étaient prêts pour veiller sur les autres.
(...) le soleil se couche et c’est la fin... mais je veux continuer. »
Jorge

« é-VEILLE des sens
Merci pour ce moment suspendu »
Camille

« Je suis venu, j’ai vu et ai été vaincu par la beauté froide de ces deux villes, oscillant entre ombres et lumières »
Vincent

« Saisir le temps présent pour s’abandonner un instant. Captivant, déroutant, émouvant. Comment exprimer le flot de pensées, voir le temps filer, se figer, perdurer, s’estomper.
Une expérience qui est en réalité des expériences. »
Romain

« Au départ j’observe les gens, puis j’essaye de trouver sur le paysage les endroits à Paris et à Montreuil que je connais.
Le temps passe, ni vite, ni long. Mais je me rends compte de la transition visuelle et de lumière qui s’est créée dans l’espace. À la fin c’est assez plastique et spectaculaire quand le soleil se couche dans le cadre lumineux. »
Ricardo

« Quel beau projet, je confirme.
Ravie d’avoir été une partie de ce tout.
Mon Dieu ! Comme le soleil se lève vite ! vite...
Se réchauffer à sa chaleur une fois qu’il est plus haut ; prendre son énergie et aller admirer l’effet de ses rayons de l’autre côté, sur les tours, sur les différentes strates d’architecture.
(...)
Lumière forte, lumière planante, lumière cachée, lumière douce. »
Sylvie

Un article de Isabelle Lopez
« L’artiste australienne Joanne Leighton et sa compagnie WLDN s’installent pour un an dans le parc Jean-Moulin à Montreuil avec la performance Le Cycle des Veilleurs ! Interview.
Au moins 730 personnes sont attendues à la performance Le Cycle des Veilleurs. Si vous avez plus de 16 ans, réservez votre place. Une expérience unique qui a démarré le 2 octobre avec la boxeuse Sarah Ourahmoune ! » (...)
Sarah Ourahmoune, Vice-championne olympique de boxe anglaise aux JOP de Rio en 2016 :
« C’est une expérience assez déroutante. Moi qui n’ai pas le temps de m’arrêter, qui ai l’habitude de courir après le temps, après les projets, j’ai pensé que ça allait être très compliqué de rester une heure dans une cabine seule face à moi-même. C’était presque un défi pour moi. Est-ce que je vais être capable de le faire ? Les cinq premières minutes m’ont paru assez longues. Mais très vite, j’étais pleine de sensations, pleine de pensées. Je me suis dit quand Romain est venu me chercher : « déjà ! » Ce fut presque une introspection pour moi. Je me suis rendue compte que cela faisait des années que je n’avais pas regardé la pluie couler sur une vitre, les nuages passer. Je me suis rappeler que lorsque j’étais en CP, CE1 je jouais à tracer avec mon doigt des dessins sur les vitres. J’ai eu beaucoup de chance qu’il fasse mauvais temps. Il y avait l’odeur du bois, le vent qui frappait. Des choses simples. Petit à petit l’obscurité s’est installée. Les éclairages sont arrivés avant l’obscurité. Je me suis mis à imaginer ce qui se passe. C’était un bon moment. Ça m’a permis d’apprécier la ville, la vie. Merci pour cette expérience. »

« En trente ans de vie parisienne, il me semble, et j’en suis même certain, n’avoir jamais assisté au coucher du soleil à l’horiz...en. Oui c’était zen ! Merci pour le spectacle. Bonne veille. »
Pierre

« Une chambre sur le monde, voilà ce qu’il m’en reste. La possibilité d’avoir le temps de s’éveiller avec la ville, de voir la ville, d’observer les gens, les animaux, d’écouter les bruits, les silences. Merci pour cette veille, merci de m’avoir donné le temps. Bonne veille ! »
Juliette

« Déstabilisant.
Rien à quoi je n’aurais su m’attendre malgré la « connaissance » que j’en pensais au préalable du principe.
D’abord quelque chose qui te tient eu respect, t’empêche de bouger, de trouver une posture (un maintien du corps) « digne » du moment.
Ensuite quelque chose de presque angoissant – cette immensité devant laquelle on se sent tout petit. Négligeable. Et paradoxalement une espèce de peine devant le privilège qui nous est octroyé : embrasser du regard un espace qui ne nous « voit » pas. Devenir presque un voyeur, davantage qu’un veilleur.
Alors j’ai fini par m’asseoir, pour redevenir « modeste », et j’ai laissé le paysage urbain me regarder à mon tour – en fermant très longtemps les yeux.
Le coucher du soleil sur l’océan, c’est presque un cliché. Là (le reflet du rectangle lumineux au mi-temps de la cabane, rejeté sur la vitre, renforce cet effet) : l’image devient pleinement picturale. Une création littéralement poétique qui reconstruit le monde connu.
Notre reflet s’y trouve aussi, et c’est trop. Je m’y suis sentie de trop. »
Pascale

« Un nouveau jour. Un jour nouveau. Suspendre le temps. Prendre de la hauteur. Être au bord du vide. Clair-obscur. Ombre et lumière. Inspirer. Respirer. Observer. Partir.
Et recommencer. »
Roxane

« Expérience intéressante avec le rapport au temps.
On y trouve et on y gagne une espèce de sérénité que je n’ai pourtant cherché. J’ai beaucoup pensé à ma fille. J’ai préféré la vue sur Montreuil et je plains un peu les Bagnoletais en favorisant leur souhaiter moins de béton et plus de verdure.
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont organisé ce moment particulier que l’on peut vivre et apprécier. »
Bernard

« C’est à la fois beau et effrayant. Beau, car impressionnant, immense, dégagé, coloré et familier.
Effrayant, car étouffant, oppressant, menaçant et toxique.
Comment douter de la pollution atmosphérique causée par les activités humaines en la voyant se former sous nos yeux pendant la veille ? La Tour Eiffel a progressivement disparu derrière ce nuage de pollution…
Comment penser que l’expansion effrénée de la ville va n’arrêter, en voyant les dizaines de grues et de chantiers à l’œuvre… ?
Comment penser que l’on peut vivre en bonne santé physique et mentale, en constatant à quelle point la nature est absente de ce paysage urbain à perte de vue… ?
Cette veille est un voyage entre optimisme ténu et pessimisme grandissant.
Fascinant. »
Brice-Manuel

« Magnifique, un temps suspendu, sans téléphone et notion du temps. Un temps pour soi-même. Une opération à renouveler. Merci pour le projet. »
Mourad

« Je pense avoir vraiment compris ce qu’implique la relation veilleur/veilleuse en étant dans l’objet-abri. Il m’a fallu quelques minutes, mais dès que j’ai vu le soleil se lever et je l’ai senti me veiller. Au fur et à mesure qu’il montait dans le ciel, il a fait disparaître la buée des vitres de l’objet, il a illuminé la ville, il a réchauffé mon corps. J’ai vu des oiseaux, des guêpes également qui sont restés quelques minutes avec moi, pour me veiller, pour me protéger peut-être. Ça m’a fait penser à tous mes proches, qui dorment surement encore, qui sont loin pour certains, mais que je pouvais veiller d’ici. J’ai pu prendre un temps pour penser à eux, pour veiller également sur la ville qui se réveille doucement.
Je me suis sentie protégée par le soleil et la nature qui se réveillait, tout en me sentant protectrice des autres, seulement par la pensée. Je sors apaisée de cette expérience et prête à tourner une page, et à en commencer une autre. »
Mathilde

« 200 vis plus tard je me rends que les couleurs du ciel ont changé. Les bruits extérieurs me font penser que je suis isolée du monde, je suis confinée. Puis soudain je vois des montagnes au loin et confond les perspectives. Le ciel devient océan. La Tour Eiffel devient petit à petit banale. Mais que suis-je réellement ? J’ose à peine m’approcher du " bord ". »
Cyrielle

« Plus haut que la cime des arbres, j’ai commencé à imaginer ma ville comme un gigantesque organisme vivant. Le parc des Guilands, celui des Beaumonts, plus loin et le Bois de Vincennes sur la droite comme des poumons verts, tous ces arbres aux couleurs presque oranges comme de petites alvéoles. Et il y a le stade tel un tube digestif. Dans l’abri on se sent comme dans un organe, bien au chaud, enveloppée, à observer la vie, les humains, oiseaux, poissons, insectes, végétaux, comme autant de cellules reliées et autonomes. Je me suis demandée dans quel organe j’étais, pas le cœur car sinon je serais au centre de la circulation, au milieu des rues et boulevards. J’étais peut-être l’estomac, le foie ou le rein, pour digérer, filtrer, transformer la ville et veiller au grain. »
Léa

Un article de Pierre Pinelli
« La performance participative, imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, permet aux habitants du Grand Paris de veiller sur la ville du toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin Les Guilands, à cheval sur Montreuil et Bagnolet.
Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de contempler le coucher du soleil sur notre horizon urbain. Ce mercredi 6 octobre 2021 n’est donc pas tout à fait comme les autres. Nous sommes ici pour veiller. De 18h19 à 19h19 tapantes. Une heure, pas moins, pas plus. L’expérience, baptisée « Le Cycle des veilleurs », s’inscrit dans le cadre d’une performance participative et immersive, imaginée par la chorégraphe Joanne Leighton, et pilotée par la Maison populaire de Montreuil, dans la perspective de l’Olympiade culturelle des Jeux de Paris 2024.
Chaque jour, sur un an, à compter du 2 octobre, au coucher et au lever du soleil, un habitant du Grand Paris vient veiller sur la ville depuis un point culminant de celle-ci. En l’occurrence du toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin Les Guilands, 26 hectares de verdure haut perchés, à cheval sur Montreuil et Bagnolet ; toit sur lequel à été aménagé un « objet-abri » en bois, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo. » (...)

« Défier le vertige qui me saisit dès l’entrée. Je me calme et prend conscience de l’espace, des couleurs, du temps qui passe.
Moment agréable d’observation du ciel, (nuages jaunes, verts) de la pollution, des promeneurs qui utilisent l’espace pour jouer avec leur chien.
Bonne suite… »
Françoise

« Standing in the shelter, in the Parc des Guilands
Montreuil/Bagnolet, holding a presence, I’m yet again startled by the immensity of the city before me. The detail and precision is astounding…
We’re not standing there for glory, or to be seen, we’re there to be present, in this time, right now.
Thank you to everyone who made this moment possible… and to all in the chain of Le Cycle des Veilleurs ! »
Joanne Leighton
Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne installée en Île-de-France, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive.
En 2011, Joanne Leighton crée Les Veilleurs pour 732 participants à Belfort : une personne chaque matin et une chaque soir veillent sur la ville et sa région pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, et ainsi de suite pendant 365 jours. Sur ces mêmes principes, depuis 2011, Joanne Leighton remonte cette œuvre chorégraphique pour les villes de Laval, Rennes, Haguenau, Freiburg (Allemagne), Évreux, Dordrecht (Pays-Bas), Graz (Autriche), Munich (Allemagne) et Hull (Angleterre).

« Perdre le sens du temps, tout est pareil et tout change à la fois.
Une raie Manta, des montagnes à l’envers et à la toute fin, une lumière rouge ardente qui est restée collée à ma rétine. »
Delphine

A la mémoire de Poupou
Le temps s’écoute bien plus vite qu’on ne pense !
C’est heureux de ressentir la Terre en train de tourner en plongeant en avant, quand on voit le soleil surgir et monter vers le haut.
La grande ville semble alors un immense lichen vert et gris collé sur le rocher terrestre.
Bruno

« Quelle heure !
Ce qui m’a le plus frappé au début c’était de voir mon reflet dans la vitre. J’observais mon corps qui observait d’autres corps dans la ville, des corps invisibles, grouillants. Et puis ça passe et tout devient événement : un moucheron qui se colle à la paroi de la vitre, un éternuement, des baskets qui crissent sur le sol de l’abri…
D’aucun ne dirait que j’ai perdu une heure mais moi je crois bien au contraire que celle-ci, je l’ai gagnée. »
Mary

« Après avoir passé des mois et même quasi 2 ans à préparer ce projet, à mon tour de veiller !
Je ne savais pas quoi attendre ni ce qui allait se passer, ce que je savais c’était le temps, 1 heure. J’avais envie de voir le soleil se lever et d’assister à ce ballet de couleurs et d’ombres. Ce qui est frappant, c’est qu’il fait déjà jour à l’arrivée dans l’objet-abri. Quelques minutes plus tard, le soleil fait son apparition derrière les immeubles. C’est puissant et aveuglant cette lumière - c’est chaud en même temps. Ce qui me perturbe, c’est le bruit, un bruit de fond lointain, mais incessant. La ville s’éveille et le calme du paysage est vite rattrapé par la réalité de la vie et des activités humaines. Sirènes, tracteur du jardinier, motos, et même les cloches de l’église me rappellent à la vie urbaine. Quelques oiseaux gagnent du terrain.
Au loin, j’aperçois la montgolfière dans le ciel de Paris, mini-soleil ou mini-lune qui est le miroir du soleil levant. J’attends. »
Amélie

Un article de Joséphine Lebard
« Veiller sur le Grand Paris tel un gardien de phare, au lever et au coucher du soleil, c’est le rôle que vous invite à jouer la chorégraphe Johanne Leighton à Bagnolet dans le cadre de son projet « le Cycle des Veilleurs », du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022.
Imaginez : vous êtes seul, au sommet de la Maison du parc – située dans le parc Jean-Moulin-Les Guilands, à cheval sur Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) – avec une vue imprenable sur Paris et le Grand Paris. Vous êtes installé dans un objet-abri conçu par le designer Benjamin Tovo. Vous avez laissé chez vous votre téléphone, votre montre. Rien ne peut vous distraire. Vous avez une mission : observer le lever ou le coucher du soleil sur le Grand Paris. »

« Le soleil est effectivement un très bon indicateur du temps qui passe.
La Tour Eiffel est petite. Les corbeaux ont leur heure.
Les moments ont un sens, puis plus du tout. Il y a toujours quelque chose de nouveau.
Les moustiques repèrent très bien le CO2. Les enfants et les chiens sont heureux.
Les adultes sont préoccupés. Je ne connaissais pas si bien le parc.
Un petit goût de traversée d’Atlantique. De Guillaume le Conquérant à Belain d’Esnambuc. Bonne veille aux autres. »
Lucas

« Ce décor qui se transforme sans qu’on s’en aperçoive, si lent et si rapide.
Merci, quel bonheur pendant ce moment de réaliser sa singularité d’humain, capable de contempler et de s’émerveiller durant la danse du soleil. »
Cyril

« Veilleur surveillé
Bourdon, drone et caméra pour saisir l’instant. Un veilleur en représentation, un veilleur qui veille, montre qu’il est présent. Veilleur photographié d’en bas. Plusieurs fois !
Entre ces yeux d’acteurs, mon attention voyage.
(...)
Et cette ville. Sans le soleil et la pollution.
Venue secouer ma relation à la ville. Trouver les gens beaux sous mes pieds, mais cette urbanité triste et morne. Alors mes yeux accrochent le vivant, ce qui bouge !
Soleil, incandescence noyée par morceaux, persistance rétinienne et Lune du soir ! »
Gerry

« Un cadre lumineux qui pose un repère, mes pensées vagabondent : mémoire qui se tournent, moment privilégié, instant tantôt long, tantôt éphémère. Envie de siffler, un monde sans musique ? Pas possible. Comme c’est Ricardo qui m’a accueilli ce sont des airs brésiliens qui me viennent, puis la vue de ses immeubles qui ont perdu ces beaux reflets oranges du soleil levant -> ce moment spécial qui pose une couleur chaude et généreuse sur des buildings froids.
Merci pour cette expérience ! »
Aude

« Au commencement je ne voulais pas rester. Il faisait chaud et j’appréhendais ce moment seule avec moi-même et mes pensées. Je ne voulais pas rester 1 heure, cela me paraissait trop long. J’ai commencé par regarder partout et nulle part à la fois, je n’arrivais pas à me concentrer sur un endroit, un bâtiment ou des personnes. Puis j’ai aperçu une boule, une sphère plutôt qui semblait monter et descendre au loin, à gauche de la tour Eiffel. Cela m’intriguait et m’a aidé à me concentrer et à prendre le temps d’observer et d’accepter de ne rien faire : que c’était okay de ne pas courir partout, de penser et d’observer. Être seule avec soi-même n’est pas facile sans les distractions habituelles ou le fait d’être plongée dans son travail. Alors j’ai pleuré. Contradictions des émotions : ressentir la paix, la tristesse et à la fois la joie quand un enfant m’a vue d’en bas et m’a saluée. Après cette étape d’acceptation de mes émotions, j’ai pu regarder plus attentivement et reconnaitre les changements. Les lumières qui commencent à s’allumer, les gens qui partent du parc, les fumées au-dessus des autres, les grues qui s’illuminent, les avions aussi. Ne pas savoir l’heure était obsédant au début puis observer la course du soleil me rappelait qui oui, les minutes s’enchainaient. Voir la lune et le soleil en se mettant au " bon endroit " de l’abri était beau.
A la fin je ne voulais plus sortir. Cette pause, cette parenthèse était incroyable. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Trop d’émotions, toujours. Merci. »
Fanny

« Être présent dans le présent c’est une chose difficile, il y a toujours des pensées ou des idées qui viennent sans demander la permission. Ils arrivent seulement, mais ce moment de tranquillité dans la cabane, accompagner par la lumière du soleil, les changements des nuages, les oiseaux qui volent et chantent c’était un temps de silence intérieur que moi seul peux comprendre, il n’y a pas des mots pour expliquer. Je n’ai pas vécu, respiré, apprécié et compris ce silence qu’à l’aide de la lumière et de la chaleur du soleil. »
Lina Paola

« J’avais pensé m’inscrire pour vivre cette expérience au matin. On m’appelle car il manque quelqu’un pour le dimanche soir. Pourquoi pas ?! J’aime cette idée de ne pas décider, de laisser le contrôle m’échapper, je m’engage, je suis là !!! Mon accompagnateur est chaleureux, simple, il va à l’essentiel. Boire ? Pipi ? Mal au dos ? On regarde l’heure, et c’est parti. Il m’emmène dans la cabane. L’objet me surprend, j’avais imaginé une immense baie vitrée, non un parallélépipède qui sent bon, le bois frais, à chaque extrémité une ouverture vitrée : l’est, l’ouest je suis face à elle le soleil encore haut dans le ciel. Il fait doux, trop chaud je retire la doudoune, le pull, je regarde la ville s’étend loin légèrement à droite la Tour Eiffel… mille pensées.
Puis j’ai envie de voir s’éloigner… apaiser l’esprit m’imprégner de la contemplation. Sans moi, la pelouse, les enfants qui jouent, les promeneurs et leurs chiens. Je veille dans le temps. Je retire mes chaussures, envie de sentir le bois depuis mes pieds. Le soleil suinte doucement dans les nuages au ciel de Turner, je me dis… je monte les bras au ciel, posture. La veille me prend je me sens investie d’une mission.
(…) »
Véronique

« La ville une intersection de vies,
inlassablement,
Solitude. »
Lena

« Jolie contraste entre le staticité de la ville et l’animation du parc et peu à peu l’éveil lumineux des habitations environnantes, et l’abri sent bon le bois qui me rappelle l’odeur de mon sauna. »
Martine

« A hauteur d’oiseaux, veiller sur soi et sur le monde. Suivre la courbe d’un envol, et sortir de ses préoccupations, des agitations vaines.
Laisser l’attention se poser, ça ou là.
Rêver d’un monde où chacun·e aurait le loisir de veiller chaque jour. Pour rester éveillé·e à l’essentiel, à la lumière vitale, à la nuit aussi, l’obscurité hantée. »
Julie

« Que le temps est passé vite !
Je pensais m’ennuyer, partir dans mes pensées et pourtant l’idée de veille prend tout son sens. La ville s’adoucit sous nos yeux, on se laisse envelopper avec elle par ce voile rassurant et brumeux. Le paysage de la ville laisse place au ciel qui ouvre d’autres horizons pour la nuit à venir. »
Marie

« L’objet abri porte bien son nom, je me sens protégée dans cette boîte. Cette boîte installée dans un parc, avec ses arbres aux couleurs automnales. Protégée face à cette ville de béton, remplie de grues et de tours. Au début, j’ai entendu le vent, puis les voitures se multiplier, les perceuses des travaux… mais le tout atténué par cette boîte de bois, dans ce parc, avec ces oiseaux, avec ces chiens qui sont promenés par leurs maîtres et leur échappent. Le maître court après pour essayer de l’attraper. Je ris. Je me demande : et si je revenais demain, est-ce que cette dame courait après son chien encore une fois ? Mais je ne pourrai pas. Il y a cette ville et ce béton, mais il y a aussi la brume qui, on dirait, avance sur la ville depuis l’horizon, elle prend de plus en plus de place, comme si elle l’enveloppait. Et si je me retourne, je vois le soleil, tel un œil qui observe à travers les nuages, infiniment plus grand que la ville, le béton et les voitures.
Puis la pluie arrive. Et je vois les ados courir sur le terrain d’athlétisme, et ça me rappelle mes propres cours de sport au lycée, tout détestés à l’époque. Puis à la fin, mon esprit s’échappe, je finis par compter les tours. Je ne sais pas pourquoi, j’aime bien compter.
Dur de ne pas chercher un indice qui pourrait nous donner l’heure ; un enfant qui part à l’école, le Tour Eiffel, va-t-elle s’allumer à 9h comme elle le fait le soir ? Mais non. Je vais reprendre le quotidien de ma vie après cette parenthèse, et je finirai en ayant une pensée pour mon père, comme d’habitude vous me direz.
Sur ce, belle journée ! »
Julie

« Tous les éléments étaient avec moi.
Les nuages qui se déplaçaient vers moi avec des formes d’animaux, de portraits, de personnages, pour au final découvrir le soleil orangé.
Le vent qui faisait bruisser les feuilles des arbres, par rafales vigoureuses mais douces.
D’autres couches de nuages plus clairs qui avaient décidé d’aller dans une autre direction.
La ville, les villes, immobiles, qui s’éclairent au fur et à mesure du spectacle.
On se sent petit par rapport au ciel et aux nuages.
On se sent grand par rapport aux personnes, aux arbres, aux feuilles sur la pelouse, aux poissons dans le bassin, aux chiens qui jouent.
Beaucoup de chiens qui jouent, jouent et jouent seuls, ou avec les compagnons humains.
Les humains qui trottent, marchent, trottinent, roulent, s’arrêtent et font parfois coucou s’ils lèvent les yeux…
Le vide et l’espace…
L’odeur du pin
Les bruits de l’extérieur et de l’intérieur.
Et le spectacle prend fin avec la boule orangée qui disparait ne laissant que des traces oranges dans le ciel et en reflet sur les bâtiments. »
Florence

« Difficile de tirer un écrit clair et direct de cette expérience puissante mais aussi très complexe. Je suis passé par mille états. Mais pour schématiser, disons que j’ai eu le sentiment d’être projeté par un élastique entre deux états très opposés. Le premier était presque psychédélique avec un sentiment de déréalisation et des quasi visions (un ovni, une femme qui lévite un quart de seconde). Le second était au contraire une forme aigüe d’hyper présence, j’étais LE veilleur, investi d’une mission puissante et donc d’un pouvoir puissant : celui d’embraser d’un seul regard toute la ville à la fois dans son écrasant gigantisme et dans sa parfaite humanité. »
Éric

« Sentir l’écriture d’un autre en caressant la page.
Ne pas avoir envie de mettre des mots.
Le plaisir de ne pas savoir ce qui restera, reviendra, regardera, se transformera, rencontrera, diffusera, etc…
Une heure seulement et tout de mouvements, intérieurs, extérieurs, sans bouger pourtant.
A un moment une goutte d’eau glisse sur la vitre. Mon regard l’attaque. Il glisse à son tour de côté et rencontre une larme de bois. Mon doigt va à la rencontre de la sève. Je tapote, je sens, je fais danser mes doigts.
Merci. »
Coline

« Entre soleil et pleine lune…
Une expérience éminemment collective…
A l’aube redécouvrir l’autre, et soi-même essayer d’être meilleur que la veille. »
Elsa

Un article d’Alice Dubet
« Johanne Leighton, chorégraphe et pédagogue belge installée en Ile-de-France a créé « Le cycle des veilleurs » il y a dix ans. En France, elle a déjà eu lieu à Rennes, Laval, Belfort, Haguenau et Évreux. À l’échelle internationale, cette édition francilienne pilotée par la Maison populaire de Montreuil, en lien avec la maison du parc départemental Jean-Moulin - Les Guilands. est la onzième à voir le jour. Exceptionnellement, elle est amenée à se prolonger dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
À l’heure du lever ou du coucher du soleil, pendant précisément une heure, sans montre ni téléphone, le veilleur est seul dans l’objet-abri conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, face au paysage du Grand Paris. La structure en bois réalisée par l’entreprise montreuilloise Copeaux Cavaliers a été préfabriqué en atelier, assemblée au pied de la maison du parc, puis montée en trois fois sur son toit à l’aide d’une grue. »

Un article d’Isabelle Lopez
« Le cycle des Veilleurs, c’est une œuvre d’art sous forme de performance qui va durer une année et où 730 personnes sont attendues. Si vous avez plus de 16 ans, réservez votre place le jour qui vous convient sur lecycledesveilleurs.fr. Le projet est piloté par la Maison populaire de Montreuil et orchestré par Joanne Leighton, chorégraphe et performeuse. Interview :
Le cycle des Veilleurs a commencé le 2 octobre. De quoi s’agit-il ?
JL : Les Veilleurs est une performance, une chorégraphie ouverte à un très grand nombre où je demande à chaque personne de s’installer dans un abri en hauteur pour veiller, au lever ou au coucher du soleil pendant une heure. Je demande de se tenir debout, de tenir une présence, d’imprimer le corps dans la ville.
Où va-t-on Veiller ?
JL : L’abri se trouve sur le toit de la maison du parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands à la lisière de Montreuil et Bagnolet. C’est un site magnifique pour le projet. Le veilleur sera dans un abri, comme dans un cocon, en sécurité, face à une fenêtre qui est toute ouverte à l’immensité de la ville. »

« Un petit goût de chocolat en bouche et un " bon voyage " pour commencer… Et quel voyage ! Six perruches, plus de six chiens, beaucoup d’humains… Petites histoires de vie rapprochées qui s’opposent aux bâtiments figés derrière la tranchée d’arbres. Seules quelques lumières comme témoins. Et la tour Eiffel, of course, pas encore illuminée.
Les gouttes d’eau se déposent une à une, le ciel s’éclaircit et le rouge orangé s’intensifie.
Cet homme qui reste à côté de l’arbre depuis (trop ?) longtemps. Ce chien fugueur. Ce bonnet jaune qui passe et repasse. Seuls les enfants lèvent la tête ; un coucou.
Je lève la tête ; seuls les nuages qui, tout doucement, voyagent. »
Sarah

« Ce matin pas de "veilleuse ou veilleur" ; c’est moi-même qui veille pour la 2e fois… Cette fois je profite pour fermer les yeux, méditer et écouter le périphérique ! »
Ricardo

« Ballons, 1, 2, 3, 4, boules, balles, 5, 6, 7, 8, 9, corbeaux, 10, 11, 12, 13, 14, nuages, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, joggeurs, 24, 25, 26, 27, balles volantes, genoux, pieds, doudoune verte, 28, 29, 30, chute, mouchoir, terre, chiens, 24, 25, 26, euh… de l’autre côté, 50, 58, 1 min ? Lunette de soleil ? Le soleil tombe, moustiques, 1, 2, 3, 5, 6. Avions, 7, 8, 9, 10, 11. Toc, toc, toc.
PS : J’ai pensé aussi, est-ce qu’en 2031, par exemple, " veilleur " pourrait devenir un nouveau métier ? Un peu d’improductivité rémunérée pour préserver le monde ? »
Caroline

« Aujourd’hui magnifique lever de soleil orange qui a éclairé toute la ville. On ressent une grande quiétude dans cet espace, à l’écoute des bruits, du réveil et la ville. De ce poste d’observation on aurait envie de s’envoler et survoler la ville. »
Sylvie

« Un temps offert, contemplatif et doux. Face au brouhaha de la ville. La possibilité d’un regard vers le ciel.
Merci. »
Yann

« Soleil, soleil, tu te lèves, tu m’élèves, tu colores tout, tu colores tout, autour de la Terre, tu te lèves, soleil, tu colores tout, de bleu, de rose, de jaune, de roux, tu colores tout, soleil qui se lèves, tu m’élèves, soleil qui se lève… la ville qui s’éveille, tu colores tout, la ville qui s’éveille, tu colores tout. »
Carmen

« Ce qui m’a surtout marqué c’est le fait d’avoir une attitude active devant le coucher de soleil. Rester debout une heure n’est pas évident. C’est pourquoi j’ai fait mes respirations profondes pour que mon corps ne soit pas passif et qu’ainsi je puisse communier à cet immense univers où la lumière va laisser place à la nuit. Je suis heureux d’avoir eu ce moment où je suis seul dans un certain silence. »
Gérard

« Le brouillard et la condensation de l’eau sur la vitre sont venus m’accompagner ce matin. Ce sont les personnes qui courent, et celles qui se baladent avec leurs chiens qui apparaissent en premier, en bas. Un instant Blow Up d’Antonioni fait surface entre mes pensées. Brouillard et condensation sont les filtres qui tournent image en matière. Est-ce que le soleil s’est bien levé ? »
Diego

« Merci Joanne pour cette très belle expérience très forte en émotions, vivre ce moment précieux, autour de ce paysage, les bruits, la lumière magnifique.
Plein d’amour et de joie en sont ressorties. »
Malika

« Quel parcours ! En une heure, le soleil, la terre, la ville a parcouru un long chemin. Plus le soleil se levait, plus la ville s’assombrissait, disparaissant derrière un épais brouillard. Sur quoi, sur qui ai-je veillé ? Surveillance, vigie, célébration, commémoration ? La réflexion se poursuit !
Un grand merci. »
Adrien

« Il m’a fallu un peu de temps pour rassembler mon attention. J’en avais dispensé des fragments un peu partout avant cette veille. J’en avais un sur la montre, un sur mon futur ou encore un sur mon téléphone. Sans aucune de ces distractions j’ai donc commencé à voir de plus en plus clairement ce que j’avais autour de moi. J’ai compté les étages des bâtiments, regardé cet enfant jouer à cache-cache, suivi l’avancé du footing de ce coureur. J’ai veillé sur ce monde, et tout ce monde qui le compose. Et pendant ce temps le soleil suivait son inlassable tour, et arrivé à sa fin je m’étais oublié. Je n’étais plus la silhouette qui se reflétait dans la vitre, mais tout ce qu’il y avait par-delà. J’étais cette couleur orange qui se mêlait au bleu, j’étais ce ballon qui passait de l’un à l’autre, j’étais le bruit de ce vent dans la cime des arbres. Je veillais sur ce monde à m’en oublier. »
Adnan

« J’ai juste eu l’impression de me sentir bien vivante en observant, respirant, et ça a été une expérience assez formidable, et simple. D’abord le lever du soleil à l’horizon auquel j’avais oublié de m’attendre et tous les petits détails qui évoluent autour de nous, en nous aussi. J’ai pensé à une phrase qu’un artiste écrit sur les murs et autres parois à Montreuil (et peut-être ailleurs) : "Tu renaîtras à l’horizon". Voilà, je peux dire qu’on trouve espoirs et forces où on peut et que le Cycle des Veilleurs participe à une belle dynamique au-delà qui donc se nourrit de calme, paix et bienveillance, comme on dit. »
Suzanne

« L’impression d’être sur la proue d’un bateau. L’immensité de la ville comme océan. La rumeur de celle-ci comme bruit des vagues, du vent.
Un léger roulé. L’odeur du bois. Cap à l’ouest !
Nous étions trois pour ce beau voyage vers l’horizon aujourd’hui sans vagues - une coccinelle (qui se promenait sur la paroi), un être en devenir (dans mon ventre) et moi.
Merci. »
Anne

« Beaucoup d’émotions, de sensations. Impression de suspension. Être "suspendue" dans cette tour et que le temps était suspendu. Pourtant ce soleil qui s’élevait marquait le temps mais ce n’est pas le même.
Plongée dans la lumière, la couleur. Cet orange sublime quand le soleil est encore très bas puis ce blanc, ce doré. Ce noir par contraste. Senti la chaleur du soleil sur mon visage, sur le corps. La voir sur le bois, la ressenti profondément. Expérience unique. De calme, sérénité.
Merci à tous ceux qui ont permis à quelques-uns de la vivre. »
Suzy

« Mouvement figé, éphémère et pérenne à la fois. Mélange d’apocalypse et d’espoir mélancolique. Un grand moment de lumière, un grand moment de vent. »
Elie

« Mille pensées qui clignotent, le vent se charge d’en pousser les mauvaises. Comme chantait Barbara, "Le jour se lève encore". »
Françoise

« Finalement ça passe vite une heure. C’est tout juste assez pour faire un tour dans mes pensées, pour regarder un peu en arrière. Pour faire des plans sur la comète. Pour essayer de faire rentrer mon reflet dans celui du rectangle lumineux, aussi. Et puis pour tester la réverbération de l’abri en chantant fort. Le soleil a fini de glisser derrière les nuages. Sylvie toque à la porte. Merci pour ce moment. »
Nicolas

« Du bonheur, c’est le premier mot qui me vient après ce moment de veille. La beauté du paysage et le temps qui passe étaient beaux. Les sensations et le bruit du vent, des oiseaux… puis cette éclaircie, un rayon de soleil d’une magnifique couleur orange vif m’a frappé. La relation au temps a été complètement différente et je dirais même assez bouleversante. En écrivant ces lignes, j’ai encore des frissons et je me sens émerveillée par les images que j’ai en tête. »
Luciana

« Je suis arrivée avec la pluie et une pointe d’angoisse. Je passe la porte et en ricochet le cadrant de la lumière artificielle, puis celui de la vitre et enfin celui du reflet de la lumière. A l’intérieur de celui-ci, l’horizon lisse laisse apparaître son double, un double de lumière qui se distingue malgré la pluie. Les gouttes ruissellent sur la vitre. Et sans vraiment ne comprendre comment ni pourquoi, je commence à avoir chaud. Je pose mes chaussures, puis mon écharpe et enfin mon pull. Je comprends alors que le soleil commence à prendre de plus en plus de place malgré la pluie et je commence à me sentir de plus en plus chez moi à poser mes affaires. La pluie cesse, le ciel se dégage. Je me laisse infuser par la lumière, la lumière entre moi et m’envahie. Je deviens la lumière. De l’autre côté le ciel bleu marine accueille un arc-en-ciel et rend grâce au vert fluorescent des perruches qui passent. Je me retourne à nouveau, le soleil prend toujours plus de place. Il s’infuse dans les nuages aussi. Deux nuages sont parallèles au-dessus de lui et moi je suis parallèle à lui jusqu’à ce qu’il disparaisse enfin sous la ligne d’horizon. La veille est finie. »
Anaïs

« Extra…
Il est arrivé, tranquille, sûr de lui, magnifique
Pas un nuage pour lui faire de l’ombre.
Le ciel : BLEU…
Beau soleil, belle première… »
Hedia

« J’ai rejoint l’objet-abri accompagné de Sylvie, sous une pluie fine et face à un soleil déjà à l’agonie. Quelques instants (secondes, minutes ?) plus tard, le temps que le ciel Montreuillois m’offre un magnifique arc en ciel, la tendance s’inversait et le spectacle commençait. Le soleil décroissant, la lumière habillait les immeubles parisiens tour à tour. Et moi, perdu dans mes pensées, je savourais le moment présent. Une chose rare. »
Philippe

« Merci Joanne de m’avoir permis de vivre cette expérience unique où se sont mêlées à la fois des questions intimes et collectives. C’était magique d’observer le quotidien et cela me charge d’énergie positive de savoir que nous faisons tous et toutes parties de ce ballet collectif. Ce moment hors du temps je le garde précieusement et j’espère pouvoir y penser quand ce quotidien devient trop pesant. Merci le soleil qui nous permet de nous sentir tous et toutes à notre place au cœur du cycle de nos vies.
A Éden mon soleil et Izumi ma magique, et Matthieu ma source d’énergie. »
Cécile

« J’y serais bien restée un peu plus longtemps dans cette boîte, ce rectangle. J’ai adoré voir bouger le monde, en bas dans l’herbe, le garçon apparait d’un coup. Puis la danse des nuages, des feuilles. Petit à petit les lumières de la ville qui apparaissent. Être spectateur de cette agitation de loin, de très loin. Personne ne sait que je suis là-haut dans mon perchoir et j’y suis bien. Le sens que d’autres avant moi ont habité ce lieu. Je me demande ce qu’ils ont vécu ici dans ce lieu avant moi.
Merci. »
Jehane

Un reportage d’Isabelle Dupont et Mathilde Laban
Une création monumentale ouverte à toutes et tous
https://www.lecycledesveilleurs.fr/
Le Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre.
Avec cette performance participative créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, la chorégraphe propose aux habitants de « veiller » chaque matin et chaque soir, une heure au lever du soleil et une heure au coucher du soleil, depuis un point culminant. Piloté par la Maison populaire, Le Cycle des Veilleurs se déroule du 2 octobre 2021 au 2 octobre 2022 à la Maison du Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet. Un objet-abri unique est créé spécialement, conçu par le designer et scénographe Benjamin Tovo, sur le toit de la Maison du Parc.

« Artisan du temps, celui qui le modèle, sans jamais l’attendre.
Artisan du temps, pour se perdre puis se retrouver ? Non sans idée de se retrouver sans intérêt.
Juste à modeler le temps. Dans son regard une matière à modeler. Sans attendre, ni patienter, sans prévision ni souvenir. Une matière à pétrir sans idée de la consommer.
Lui en face, m’en a parlé, sur son pin. Perché comme moi. Mais lui, sans être artisan, ni acteur. Lui il est lui. Avec ses ailes, son bec.
Alors artisan du temps, je l’intègre à mon métier ? Pour le regard, sans être moi, ni lui. Simplement là. A modeler le temps. »
Eric

« Je me sens grand et insignifiant à regarder le béton. L’être humain a mangé la nature. À regarder les chiens courir, la tête entre leurs jambes et leur maîtres sérieux. Et pour le moment, notre étoile m’envoie de la chaleur et des vitamines B. Puis encadre l’horizon. Pour aller dormir. Regarder la lueur au loin et se dire que nous n’avons rien à envier aux fourmis et 1h ça passe vite dans un lieu où j’ai joué enfant, même fait du motocross. Tout a changé et loin très loin derrière. »
Emmanuel

« S’arrêter un instant,
Pour respirer doucement.
Se parvenir de l’importance
De veiller sur les autres. »
Fanny

« Encore là et j’adore rester ici, c’est un endroit magnifique ! Chaque expérience, chaque couleur et la respiration sont une vraie équipe. »
Paola

« Je participe pour la première fois à un projet artistique. La raison : j’ai du temps et j’étais curieuse de découvrir le projet. J’ai réussi à rester concentrée sur la veille, sans penser à mon quotidien, ce qui est rare (j’ai fait du yoga et je ne réussissais pas).
Pourquoi se lève-t-on le matin ?
(...)
Quel sens donner à nos actes ?
Quel conditionnement forge notre vie ?
Où est le plaisir ?
Qu’est ce qui est joli ? Une ville peut être laide à 8 h et superbe à 9 h avec un éclairage différent. Ainsi en va-t-il des regards que l’on pose sur les choses. En fonction du jour, de l’humeur, tout change à nos yeux. C’est à la fois rassurant et effrayant.
(...)
Comment créer une ville qui satisferait chacun ? Tout est tellement subjectif. L’homme fait des merveilles et tellement de laideur. La nature nous rassure, nous rappelle que le temps passe (les saisons), nous ressource. Le bruit de fond des voitures : pourquoi doit-on subir cela ? Le choix de vie et le choix du lieu de vie sont de grands luxes.
(...)
Merci ! »
Maryse

« Turning, turning, turning. Maybe we should call it the hour of "turning away." We build the city, dense, too dense, not dense enough, and put a little band of nature around the edges of the city. I wonder how it would be to weave "ribbons" of nature through the city instead of on the borders. Was I the only one in Montreuil, or in Paris, who stood still for an hour watching the turning ? I wondered if I would see the " green flash " at the final moment of the sun’s disappearance, as I once did in Hawaii. Facing west, I thought about turning "backwards," away from the sun, while Maryland is experiencing the "middle" of the day. What if our rotation was 12 hours, or 48 hours, what would our life be like ? The clouds seemed to hold still, to turn with the earth. I was glad for the clouds, it would have been difficult to look towards the sun directly. I am pleased to have spent an hour this way. »
Mark

« Le ronronnement du périph’ était assourdissant. Soudain le soleil levait, un petit bout, me prenant par surprise. Le ciel est balafré d’avions. Et là je pense à toi, mon amour à Beyrouth. De l’autre côté, Paris prend peu à peu la lumière. Les grues et les immeubles se mettent à dorer. Le soleil se détecte peu à peu. Montreuil devient un immense champ de feux de camp - les immeubles fument. Le Parc ressemble à un hippodrome à son tournant - des promeneurs se retrouvent, sympathisent avec leurs chiens. Des gens courent dans le stade. Soudain, l’impression de veiller sur la ville, mais aussi sur les gens. D’être un ange gardien. Je reviendrai pour le coucher de soleil, un jour, plutôt un soir. Ce sera une autre histoire… »
Daniele

« Un moment hors du temps ! Une impression de retour en enfance lorsque je veillais dans les cabanes en bois que nous construisions avec mes amis. Une heure à observer le monde tourner et les gens vivre. À prendre soin des autres.
Merci ! »
Antoine

« Ce matin, pas de couleurs chatoyantes dans le ciel. La pluie a doucement effacé la ville, bande d’immeubles par bande d’immeubles, enfouissant la tour Eiffel et gommant l’horizon. Il n’est resté qu’une bande d’arbres aux couleurs contrastées au bout de la longue pelouse. C’est là que les mouettes sont arrivées. Après tout, un peu plus loin à l’Ouest il y a l’océan. L’abri volant devient bateau flottant.
Et puis, doucement, la ville s’est reconstruite, à même que la marée nuageuse se retirait.
(...)
Il y a dans l’abri la même odeur du bois que dans la chambre à la montagne.
La vue est magnifique, l’automne aussi, merci pour ce moment. »
Pandora

« "Up on the melancholy hill
There’s a plastic tree
Are you here with me ?"
Des perruches, des pies, des moineaux, des insectes sur la paroi en verre de mon abri, des chiens de toutes les couleurs, noirs, marrons, blancs, des carpes.
Des enfants dans des poussettes, sur des vélos, dans des porte-bébés.
Des enfants qui lancent des frisbees à des chiens, des enfants qui jettent des brins d’herbe aux poissons.
Des copines discutent en marchant, des copains en courant.
Des footballeurs dans des tenues oranges, rouges, bleues tapent dans des ballons blancs, oranges, violets.
Mon accompagnatrice Caroline boit une tisane, un monsieur urine sous ma fenêtre.
Des promeneurs lèvent la tête, enfin.
Le soleil.
"Up on the melancholy hill
There’s a plastic tree
They are here with me !" »
Rebecca

« Chouette expérience !
Plus le sentiment d’avoir contemplé que veillé.
J’aurais aimé que l’un de tous ces marcheurs, coureurs, promeneurs de chien lève les yeux vers moi et m’envoie un baiser en un coucou, mais non, toute transparente en haut de ma tour.
Le soleil s’est levé, grand et froid du matin. Vraiment une belle expérience. »
Elisabeth

« La seule chose que j’ai appréciée est de voir le parc, mon quartier et au-delà de si haut. Quant au soleil, il se lève et se couche sur cette planète tous les jours avec ou sans moi, et j’espère qu’il en sera ainsi le plus longtemps possible ! »
Brigitte

« J’ai eu la chance ce mois de Novembre d’avoir un magnifique lever du soleil, chant d’oiseaux sur Montreuil, une très belle expérience… »
Malika

« Lorsque je suis rentrée dans la pièce, l’accompagnatrice m’a souhaité " bon voyage ". Et c’est bien de cela dont il s’agit : un voyage. À la fois intérieur et extérieur. De notre tour, on se sent connecté au monde, à cette ville mégapole. J’ai essayé de reconnaître mes lieux familiers : la mairie de Montreuil, les tours, mon quartier. Et puis, plus loin, cette Tour Eiffel et Paris qui s’étend comme un océan… Il y a le chant des sirènes, permanent, et, avec un peu d’imagination, le roulis du périph, sur lesquels se pose des gazouillis d’oiseaux… Il y a, dans les tours de La Noue, des vies qui se trament et j’ai essayé de les deviner derrière les vitres.
(...)
Il y a toujours quelque chose de magique dans les couchers de soleil : comme le sentiment d’une journée accomplie et une révérence du monde. Et puis il y a ces trainés d’avion qui strient le ciel et s’intercroisent : où vont-ils ?
J’ai regardé les arbres respirer, et la lumière changer. J’adore quand la lumière éclaire ma peau, me chauffe les joues et fait comme des étoiles derrière mes yeux. Quand, grâce au soleil, le monde, notre onde se pare d’orange… j’ai ressenti beaucoup de grâce et de plénitude, j’ai fait les 100 pas, je me suis mise en statue de méditation… et j’ai respiré.
Et voilà ce que nous manque : des pauses, des respirations, des observations avisées du monde toujours changeant, pour regarder de plus près à l’intérieur et à l’extérieur de soi, et écouter le bruit du monde. Je me sens pleine de poésie, de morceaux de soleil, aussi.
Merci. »
Anne-Laure

« Un moment de méditation paisible qui m’a semblé trop court. Les pensées fusent mais le soleil reste. Merci pour ce beau moment plein de sérénité, et de douceur.
(...)
Une pensée particulière pour toutes les personnes présentes sur le stade qui s’entrainent au petit matin, je vous ai accompagné comme je l’ai pu. Une pensée pour tous les veilleurs. Merci pour ce beau moment de quiétude et pour ce si beau projet. »
Céline

« Spontanément je regarde au loin à la recherche de lieux que je connais, j’ai même cherché un temps mon immeuble mais les parois en bois de l’installation limitent la vue dans deux directions et ce n’est pas vers chez moi.
Mais qu’est-ce que la ville de jour semble endormie quand on la regarde de loin ! A part la fumée qui sort des cheminées rien ne bouge. Je me dis que la veille va être longue… et puis je rapproche mon regard juste en dessous de moi. Aujourd’hui c’est mercredi, il fait beau, il y a du monde au parc et tant de choses à veiller. J’ai assisté à un combat sur table entre deux jeunes. Au début j’ai pensé qu’ils se battaient mais non juste un jeu, celui qui arrive à faire tomber l’autre de la table gagne. Enfin c’est ce que je comprends de loin. Victoire 3 à 1 pour le blouson bleu.
Des enfants, des jeunes, des vieux, des ballons, des chiens, l’automne qui s’installe… la vie c’est au plus près qu’on l’observe et en prenant son temps. »
Charlotte

« Bonheur de sortir de l’ordinaire pour traverser la ville endormie un jour férié. Le brouillard entoure encore les tours, les pavillons et les arbres du parc. Découverte de cet espace suspendu. Je suis seule sans ma montre, sans repère. Les vitres sont encore embuées et je suis face à moi-même. Je n’ai pas d’idées sur ce que je vais vivre mais n’éprouve pas d’appréhension. Mon corps s’adapte et mes pensées sont calmes. Je contemple sans attente le jour qui va se lever. Le brouillard est très dense et l’activité se devine plus que ce qu’elle ne se laisse voir.
Je suis présente à moi-même, calme et le temps défile sans que l’ennui se manifeste. Je ne savais pas que je saurai rester ainsi.
Merci. »
Marie

« Émotions et gratitude. Devant la ville que je sais être Paris mais qui pourrait être n’importe quelle autre ville. Seule la silhouette, frêle silhouette de la Tour Eiffel donne une indication. L’espace sent bon le bois, il y fait chaud et derrière mes lunettes de soleil j’ai évité la chaleur et la clarté des rayons.
Ouverture sur la ville et ouverture sur le monde. Ici la paix et la sérénité.
Ailleurs… ? J’ai beaucoup pensé à tous qui ont vu aujourd’hui le soleil se coucher. Moi j’ai trouvé celui-ci aussi beau voire plus beau que ceux que je connais si bien sur l’Océan Atlantique.
Sentiment très fort d’universalité avec les cris des enfants qui jouent en contrebas… et le soleil qui tombe derrière les collines de brume, d’immeubles… Dans un lavis de gris, ourlé de rose orangé. Moment inoubliable. Merci infiniment. »
Catherine

« Je ne pensais pas que cela allait me plaire autant, à la base je ne voulais le faire que pour voir la ville se lever (et un peu pour rater l’école) mais en le faisant je me suis rendu compte que c’était plus que cela. J’ai aussi compté les passants et les chiens (et 2 personnes sur 10 avaient un chien). La pièce était magnifique et simple à la fois. Je pensais aussi que rester debout allait être plus compliqué. »
Roméo

« L’odeur du bois me pénètre, cette cabane faite des arbres à mes pieds, ce tronc de bouleau couleur neige et puis plus loin, noyer dans la brume et les particules un lit de béton. Et du coup ma pensée, baignée par la lumière du soleil couchant, s’éloigne et va vers Grenade, Cordoue, puis par le désert saharien se retrouve à Chinguetti, cette ancienne perle du désert, aux livres ancestraux. La nuit tombe et le ciel s’illumine d’une multitude d’étoiles. Je suis vraiment dans le désert au milieu de l’univers. »
Patrick

« 29 joggeurs, 36 marcheurs, 2 chiens, 3 vélos, 6 footballeurs, 19 automobiles, 6 enfants. Je n’étais pas seule dans la maison. Avec moi un moustique vraisemblablement fatigué et une petite araignée. Elle a grimpé le long de la vitre et s’est arrêtée un long instant à la hauteur de mes yeux avant de reprendre son ascension. Pendant cet instant, c’est fou, elle et moi avons regardé la même chose. Mais elle, qu’a-t-elle vu ? Moi dans l’obscurité qui disparait j’ai vu des fenêtres faiblement éclairées de lumignons, comme autant de sites à histoires empilés les unes sur les autres et qui ne demandent qu’à être ouvertes. »
Clarisse

« Je me suis sentie seule dans l’abri, mais je ne l’étais pas. J’ai eu des spectateurs : des personnes, des chiens, des oiseaux, qui m’ont accompagnés pendant la veille. À la fin de l’heure je me suis sentie comme faisant partie de l’architecture de la Maison du parc. »
Lisa

« Une heure à moi dans une pièce à soi… Un moment hors du temps à ne rien faire d’autre que regarder les oiseaux entrer et sortir du reflet du cadre lumineux. Seule sans sollicitations, un vrai luxe. »
Myrto

« Un moment à soi, une heure à soi sans notion du temps, sans musique, sans téléphone… juste la vie qui nous entoure. Percevoir le vent dans les feuilles, le vent qui souffle, les cris des enfants qui jouent dans le parc… le soleil qui se couche peu à peu. Un moment qui a mis à vide épreuve mon impatience qui a suspendu le temps d’une heure la course effrénée de la vie. Une expérience intéressante, à revivre… »
Florence

« Merci pour cette opportunité. C’est un haut lieu d’observation, de méditation, et de représentation. On m’a dit de donner mes impressions à chaud, mais j’ai passé l’heure précédente à réagir sur ce que je pouvais voir. Ce fut une heure passée très rapidement, plus rapidement que je ne pensais, plus mélancoliquement aussi, aidée par les couleurs, le brouillard de l’automne probablement. »
Amina

« Merci pour cette expérience où le temps était à l’arrêt. Brouillard. Plus ou moins épais. Lumières scintillantes. L’heure du chocolat chaud. Bouché. Froid. Épais. »
Marie-Eve

« 6 h, réveil. Je me prépare, à pas de loup, dans le silence d’une maison où les enfants dorment. C’est le clame, le silence des rêves.
6 h 45, j’enfourche mon vélo, lampe frontale allumée, du reggae dans les oreilles. Et je pédale dans la nuit, la brume. Je monte, je pédale, je monte et me rapproche.
7 h 31, j’y suis, au pied de cet abri. Il est éclairé. Lumière au milieu de cette ville encore endormie. Je rencontre Céline, mon accompagnatrice, mon guide.
8 h 01, je rejoins ce lieu pour me fondre, autant que je peux, dans le ciel gris. Ici aussi, c’est le calme, le silence des rêves. »
Marie

« J’ai cherché le connu dans l’inconnu. J’ai trouvé sans trouver. J’ai eu l’impression d’attendre comme on attend Godot. Puis j’ai pensé à toutes celles et ceux qui attendent, vraiment. »
Aimée

« Matin brumeux. L’entrée dans l’abri dévoile une constellation de lumières qui percent la grisaille. Les grues sont comme des guirlandes qui décorent l’horizon. Les oiseaux cherchent à couvrir le bruit incessant du périphérique, ou l’inverse peut être. Je m’intéresse d’abord à ce qui se passe au loin. Puis petit à petit je suis revenu autour de moi. Plein de vie, de couleurs, de rythmes et de bruits. Des mouettes, un nid de pie, des chiens, des enfants en pleine course d’orientation, des poissons, et ce bruit incessant des voitures, des souffleurs de feuilles, du sifflet qui remonte du stade, des klaxons. Presque comme si deux mondes entraient en collision. Je n’entends pas vraiment ce qui je vois mais j’entends ce que je ne vois pas. »
Hugo

« La vieille joue avec son mini chien. Le grand gaillard avec son gros chien, les gamins qui cassent des trucs. La vieille dame qui réprimande. Les nuages et le ciel de Mickaël Ange. Les poissons rouges, la dalle de la Noue, les habitants de la Noue. Le monsieur qui me regarde et ses bulldogs. Les acouphènes. Les cris des enfants. Les matchs de foot. L’équilibre dans le corps. Le patin que je suis, un filme tient. Les fumées d’Ivry. Notre belle dame de fer. Les rayons du soleil dans les nuages, dans les tours, sur mon visage. Le papa et sa petite fille qui jouent. Mon Gustave à la maison. (...) Mon amoureux qui s’occupe de lui. Le lâcher prise doucement dans chaque partie du corps. Le bassin qui se redécouvre. Les hanches qui craquent. Les genoux qui vacillent. Le dos qui fatigue. Le poids du corps si lourd. Les arbres jaunes. Les arbres verts. Les arbres à demi-nus. Mon corps/ ma fatigue. L’idée obsédante, inintéressante. La perte du temps. Le laisser aller. La rejeter, l’éjecter, la laisser tomber. Créer de la place pour l’avenir. Faire place au futur. Être le futur, se retrouver, créer, peindre, danser. Les larmes. La morve et le manque de mouchoir. Avancer, se détendre, se nourrir du soleil. Le soleil danse et chancelle. Revenir à soi.
Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer Inspirer Expirer.
Le soleil disparaît – disparition – extinction – Je suis extenuée. »
Pauline

« Les premières minutes ont été vaguement décevantes en constatant que mon côté préféré était entièrement flouté par la buée…
Le temps de trouver la bonne place et la bonne posture et que le regard s’installe enfin par la lumière du soleil longtemps caché par une longue grise de nuage. La lumière passe de doré à l’argenté, dès que l’on tourne le regard cela change, elle devient rose puis bleue ou l’inverse je ne sais plus. Cela change continuellement de façon très douce presque imperceptible. A force de fixer la lumière, on ne sait plus si ce sont nos yeux qui créent cette image d’un disque blanc qui rayonne ou si c’est la réalité – nécessité de fermer les yeux aussi parfois mais chaque fois on y revient on est capté jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de regarder le soleil en face et alors on découvre toute la vie sous nos pieds ; les classes qui arrivent au stade, les promeneurs de chiens, les personnes qui se croisent. Et de l’autre côté l’image fantôme se libère enfin. »
Maïa

« J’ai veillé. »
Gilles

« Au début, on cherche ce qui bouge, ce qui pourrait attirer notre attention : les pies sur le gazon, les joggeurs qui courent sur le stade… La ville à regarder comme ça et avec tous ses bâtiments parait si ennuyante. Comme si personne l’habitait, comme s’il ne s’y passait rien. Et puis le temps passe et on ne cherche plus que l’immobilité. On s’étonne à ne s’arrêter que sur l’inerte et à ne plus bouger. Puis on ferme les yeux pour avoir encore plus de calme. »
Annabelle

« Petite angoisse à l’entrée où je me suis sentie enfermée dans cet espace restreint et je m’y suis adaptée très vite avec un sentiment d’agoraphobie au lieu, à l’espace et là, j’ai découvert le temps à l’intérieur du lieu qui a toqué à mon intérieur. Mon espace ultime avec la rencontre de l’abstrait que j’attendais avec impatience. L’univers du temps de l’instant, de la seconde, de la minute puis de l’heure pour enfin écouter les battements de mon cœur, un cœur à l’instant épanoui. »
Leila

Dans la brume matinale, une femme relativement âgée, cheveux gris, ramasse des feuilles mortes. Elle les choisit soigneusement, en fonction de leur couleur semble-t-il (les plus jaunes) et de leur taille. Puis elle les dispose sur l’herbe verte. Elle dessine un cœur jaune dont elle garnira le centre de petites feuilles marrons. Elle prend soin de le photographier plusieurs fois, selon plusieurs angles. Puis elle écrit un (ou des ?) mot(s) en feuilles, à côté du cœur. La distance et l’angle de vue ne me permettent pas de lire ce mot (un nom ?). Quelques photos plus tard, elle balaye le mot, ramasse les grandes feuilles pour s’en faire un bouquet, détruisant ce qu’elle avait construit minutieusement, et s’éloigne vers Bagnolet. Je la vois finalement passer sous mon promontoire et se diriger vers l’est. Il était 8h50 à vue de nez. La brume ne se dissipe finalement pas et les tours du XIIIème resteront laiteuses.

« N’étant pas spécialement patiente, contemplative, ni rêveuse, j’avoue avoir eu quelques appréhensions. Aussi je suis légèrement claustrophobe et il m’arrive d’avoir le vertige. Pour autant, cette expérience ne s’est pas révélée négative. J’ai eu l’occasion de suivre – ce que je ne fais jamais – un merveilleux match de foot anarchique de 4 préadolescents. Aussi, j’ai été amusée de voir que ces jeunes n’ont absolument pas fait attention à moi, alors que tous les adultes qui sont passés par là m’ont observée, l’air intrigué. Au départ, je fuyais leurs regards, mal à l’aise. Finalement, j’ai brisé la glace par moment en les saluant de la main (ce à quoi on m’a toujours répondu). J’ai commencé à être assez à l’aise pour observer les gens qui pouvaient – sans pour autant leur prêter une réelle attention, lorsque je me suis mise à chanter. L’acoustique de ce petit phare était très agréable et m’a aidé à me libérer du regard d’autrui, qui a généralement tendance à m’oppresser. Aussi, elle m’a fait oublier le temps qui passe. »
Marianne

« Bon jour !
Prendre de la distance, et de la hauteur ;
Regarder le monde, l’écouter, le sentir vibrer…
Se reconnecter avec soi-même et en même temps aux autres, les imaginer, avoir une pensée pour eux…
Sentir qu’on fait partie d’un tout,
Espérer,
Construire un monde meilleur avec plus d’écoute et de respect ;
Merci à Sylvie pour son accueil
Merci pour ce dispositif
On aimerait pouvoir revenir plus souvent
À très vite ! »
Édith

« Floating high above
In a white rectangle
Foreshortened people below with
Running legs, dogs, balls, children
Above,
Brushing clouds
Blue grey, white grey, grey grey, gold grey
Me,
Floating,
In a white rectangle
Dé-ma-térialisation. »
Beth

« Lors de ce moment hors du temps,
J’ai pensé à mes ancêtres,
Surtout à mon grand-père maternel. »
Benoit

« C’est le soleil qui veille sur nous ! »
Lydie

« Je ne sais pas trop quoi écrire, même si au final j’y ai pensé pendant une heure. J’ai plus pensé au soleil et à la lune. »
Claire

« Un ciel bleu éclatant, un soleil flamboyant, des images magnifiques, la frustration de ne pouvoir les immortaliser avec un appareil et finalement ouvrir encore plus grands les yeux pour les imprimer en soi. C’était beau. »
Barbara

« Brouillard sur la ville, buée sur la vitre.
Guetter le lever du soleil à travers les gouttes d’eau.
1heure qui en a paru moins.
Un agréable moment à veiller sur ville ce matin de novembre. »
Céline

« Une longue pause méditative basée sur l’observation de la vie et rythmée pour la trajectoire du soleil. La vie s’éteint peu à peu et les lumières s’allument. »
Corinne

« Accueilli par la lune et Céline, veilleuse d’hier. Je me suis donc retrouvé dans cette cabine aux senteurs de bois à baies ouvertes d’est au ouest.
Première vision une corneille volant devant la Tour de la Noue puis des mouettes, des pigeons… La vue dégagée le soleil est sorti de derrière le nuage d’horizon que vers 8h30 certainement.
(...)
Quelques allers-retours permettent de penser à tous ceux qui me sont chers, des parents disparus bien entendu Myriam, la fille courageuse et son vécu à Montpellier ses joies et ses difficultés. Puis tous les membres de la famille sont successivement dans mes pensées.
Le soleil devient difficile à fixer, l’horizon change. Des sportifs évoluent sur le stade, des chiens jouent. Un petit garçon et son papa sur la pelouse ouest me voient veiller et me saluent… Les seuls humains à communiquer de cette heure de veille… Mes compagnons de lutte contre le chômage et de développement local viennent à leur tour dans mes pensées puis mes amis randonneurs ou de chorale… Je me sens bien – quelques allers-retours dans un premier temps … un peu plus nombreux vers la fin… une heure passant vite… mais un peu moins vite le dernier quart d’heure… et enfin l’ouverture de la porte par Céline. Photo. Café. La veille est faite… la veille est fête… vive la veille, vive la fête. »
José

« Cette heure est passé vite. L’observation mène à l’imagination. Mon œil est attiré par le mouvement, je fixe un endroit mais dès qu’il y a du mouvement je regarde. Je regarde la ville mais surtout les hommes, les gens. Ceux qui courent autour du stade, côté Bagnolet, 3 personnes font leur footing, 2 qui ont l’habitude, une autre, qui par sa gestuelle et son rythme est plus dans la souffrance. Et c’est cette personne qui retient mon attention, je me demande pourquoi elle court ? Quand est-ce qu’elle a commencé, combien de temps elle va tenir. En même temps un fils joue au foot avec son père. Le fils célèbre son but comme s’il avait gagné, avec les enfants tout est une aventure. Je me demande si c’est le père qui a voulu venir là avec son fils ou l’inverse. Peu importe en fait. Je retourne du côté Paris. Un type promène deux chiens, des bouledogues français. Un gris et un noir, et le type a un manteau noir et un pantalon gris. Je me demande qui est assortit à qui ? Est-ce que chez lui tout est noir et gris ?
C’est marrant quand on est du côté Paris, on est tout proche du vide et pourtant aucun vertige, aucune sensation de là je peux tomber. Je retourne du côté Bagnolet et la personne court toujours, on sent qu’elle galère et qu’elle tient. Pourquoi c’est elle spécialement qui retient mon attention ? Est-ce que je me projette en elle ? Du côté Paris, les premières lumières se sont allumées, est-ce qu’elles l’étaient déjà, avant que je ne prenne place ? Je ne crois pas, je ne sais pas. Enfin bref, beaucoup de questions, beaucoup de projections et on raconte que l’observateur et l’observé ne font qu’un. J’aime observer car on se sent détaché mais en fait on fait partie de.
Cette heure est passée vite. »
Bruno

« Je suis Pascale et j’ai veillé sur vous ce vendredi matin, 26 novembre.
L’heure durant, vous avez tourné sur la piste d’athlétisme sans vous douter du miracle qui se produisait…
L’heure durant, chiens et maîtres se sont rencontrés sans se douter de ce même miracle…
Mouettes pies perruches moineaux savaient… que le soleil se levait, s’arrachait de l’horizon, rouge orangé jaune, puis d’un blanc aveuglant une heure plus tard.
Entre temps je jouais à inscrire mon corps, sa silhouette, dans le cadre lumineux qui flottait sur la ville, s’effilochant à mesure qui se levait le soleil.
Je jouais, je vous écrivais, je marchais, je veillais sur vous. »
Pascale

« Je suis là, heureuse de participer sans rien avoir à faire, juste être là.
Ravie de savoir qu’on peut compter sur moi.
J’ai veillé et je suis fière. »
Mariane

« Le nez collé au carreau, je laisse mes cheveux dévorer la carte postale de néon. Je passe au panoramique. Les bruits de la ville sont présents mais je choisi ceux des oiseaux, des gouttes d’eau sur la vitre qui se courent après. Une pie. Malgré l’étendue de civilisation mon regard revient toujours sur les arbres. On dirait qu’ils veillent avec moi à ce que la ville ne déborde pas. Une bande de mouettes…
Deux promeneurs lèvent le regard. Je ne résiste pas, les salue. J’ai cru voir une perruche ?!! 2, 3 ! Petits traits de stabilo fluo dans les couleurs d’automne. Mon perchoir craque. La brume monte et descend des tours. Il faudrait quand même aller voir de l’autre côté ? La pluie se change en neige fondue. Une idée me vient : si Lisa m’oublie, je resterais bien jusqu’à midi ! Deux corneilles, tous ces oiseaux, tous DES oiseaux comme dit Wajdi. C’est déjà terminé. Je reviendrai en pensée, à cette balade en forêt, veiller sur le béton… »
Delphine

« Belle expérience, j’ai chanté dans la chaleur des bois, face à la ville et au ciel venu de l’ouest.
Un cheveu frisé de la veilleuse du matin m’a intrigué.
Et j’ai écouté l’autoroute, les enfants dans le parc, la musique en fond, et les lumières de la ville s’allumer.
C’était bien.
Merci pour cette expérience ! »
Xavier

« Prendre de la hauteur et s’approprier la ville, prendre le temps. L’anneau rose sur fond vert, des humains qui courent… Et puis le bruit des voitures incessant, très présent, lancinant, entêtant. Marches, quelques pas, sortir du cadre, puis à nouveau rentrer dans le cadre ? Contempler le ciel qui avance, les nuages chargés de pluie, et tout ce dégradé de gris, de bleu gris ou de gris bleu, la lumière qui tente une percée. Et toujours le bruit des voitures, là, le vent qui s’engouffre et qui n’arrive pas à le chasser. Be strong ! Quelques oiseaux qui passent et le vent qui siffle une chanson. Se réapproprier la ville, une évidence. »
Gisèle

« J’ai essayé de « bien » veiller sur la ville… Mais j’étais très attirée par le soleil qui se couchait ! Un agréable moment… j’ai tenté de me concentrer sur les bruits (les enfants et joueurs de foot du parc !), l’odeur (le bois de la cabane) et la magnifique vue sur Paris et cie. J’étais forcément rattrapée par mes pensées… Une grande chance d’avoir pu profiter d’une météo arrangeante, après une après-midi pluvieuse et couverte. »
Charlotte

« La traversée du parc, avant d’arriver, un voyage avant la veille.
Puis la veille.
Le ciel comme la surface de l’eau, la mer. La veille comme les fonds marins. Les nuages dansent dans le ciel. Quelques joggeurs s’exercent, des chiens courent sur l’herbe fraiche. L’immensité et le reste. Tous ces habitant·e·s. Toutes ces vies. Le bruit des ambulances. Une machine à côté de l’abri. Du côté de la banlieue, le soleil vient me tenir compagnie en montrant son visage.
Les petites fumées des habitations deviennent argentées, grises, blanches. On dirait des fils qui se laissent emporter par le vent, morceaux d’écume ou petites méduses qui se réveillent.
Plusieurs fois, très souvent, j’ai pensé à eux. Où sont-ils ?
J’espère qu’ils m’ont sentie. Je les aime tant.
Un temps suspendu, en compagnie du ciel, traversé par un cadre lumineux. Une veille. »
Anaïs

« Seule au bord de la falaise de gypse nuisible, recouverte par l’herbe. Devant la ville c’est d’abord l’aveuglement et la rassurante odeur de bois frais de la tour de garde. Ce lundi 29 novembre, il fait froid mais le soleil tape, cogne. Son disque est encore haut dans le ciel. En bas la bille à contre-jour est un peu confuse, ponctuée par le fin stylet de la Tour Eiffel et les autres tours plus récentes, plus mastocs.
(...)
Quand le disque du soleil disparait et se fond dans le ciel embrasé, l’aveuglement disparait. Tout devient un instant clair et doux. La ville se dessine plus finement, des lumières apparaissent ça et là. Les nuages sont partis, je suis au bord de la ville-mer apaisée. Il est temps de partir éveillée. »
Marie Ange

« Une sensation à la fois de pesanteur et de légèreté. De fragilité – la bienveillance prévoit un sens dans le fait d’éprouver de (bien) veiller sur les autres, le monde, les endormis, les réveillés, les joggeurs, les chiens, les corneilles, les perruches, les mouettes… Dans la ville se trouve aussi une sorte de avec, d’être là, de prendre dans les bras, de toucher, du care et d’une vulnérabilité partagée. Le temps a figé ou s’est arrêté. J’ai aimé avoir un temps pour penser, penser. Je me suis sentie chez moi. Merci. »
Anne-Lise

« La nuit n’est pas encore là. Les lumières de la ville s’allument un peu et je me demande si quelqu’un, quelqu’une regarde aussi depuis ses fenêtres qui me dominent. C’est tout tranquille. La vue est contrainte par un faisceau lumineux qui dessine un cadre dans le cadre. Au fait, j’ai eu envie de chanter, et le temps est passé comme une lettre à la poste, pas le temps d’y penser vraiment et c’est fini. »
Antoinette

« J’ai vu tous ceux qui n’étaient pas là jusqu’à ce que scintille un chalumeau au loin sur un immeuble en chantier et puis alors ont surgi tous ces humains, animaux de cette autre jungle. Et même pas peur ?! »
Camille

« Un halo de lumière plonge la ville dans la douceur du soir, pour venir bercer ceux qui le voudraient ? Mais les habitants de la ville le savent-ils ? Connaissent-ils le ballet des nuages, de la pluie et du soleil – qui dansent, vont et viennent pour endormir les habitants de la ville ? »
Caroline

« Des foulées sur le sol encore trempé, des oiseaux voleter entre les âmes et les fumées. J’ai vu un dégradé d’ocre à l’horizon. Des bruits de grues, de pies et des marteaux-piqueurs, j’entends la ville s’élever. Je vois le soleil se lever, je me sens bien, comme une statue centrale et invisible, seule et avec tout le monde. »
Alice

« Le paysage se divisait en deux. D’un côté, Paris faisait son spectacle avec le soleil en mode féerie des lumières. Des décors à couper le souffle.
De l’autre, le stade, les gens à l’effort. Des gradins en pierres anguleuses. Un spectacle réaliste en noir et blanc. Et puis, le ciel s’est embrasé. Déjà, des petites lumières apparaissent et donnaient un aspect de douceur. Bientôt, les deux paysages se ressemblent et se rassemblent. »
Danielle

« J’ai toujours aimé l’aube. D’aussi loin que je me souvienne, ce moment particulier me touche, me « transporte ».
L’aube est une frontière que nous traversons chaque jour – à moins que ce ne soit elle qui nous traverse ? C’est le moment du présent, qui est lui aussi une frontière entre le passé et ses abimes insondables et le futur infini, hypothétique, potentiel. L’aube « est ».
Comme une invitation à être dans le présent, dans l’instant présent, l’aube nous accueille autant que nous l’accueillons. Moment de transition, où les corneilles crient et s’agitent, où ce sont les chiens qui promènent leur maître encore somnolent, où s’anime lentement très lentement, la ville et son brouhaha lointain.
Je déteste dormir dans une pièce obscure. Ces chambres d’hôtels et leurs doubles rideaux épais sont un cauchemar que je chasse tout de suite en poussant la lourde toile sur le côté. Sentir la nuit, c’est pouvoir avoir la chance de sentir l’aube à son réveil. Quoi de plus beau pour se réveiller le matin ?
Merci pour ce beau moment. »
Christophe

« Une heure déjà ?! Au bout de quelques minutes, je me suis dit : « ça va être interminable, 1 heure debout, avec aucune autre interaction que sensitive ». Et voilà la porte qui s’ouvre, toc-toc – c’est fini. Je perçois comme un luxe l’idée de ne pas être accroché au temps, de perdre tout repère temporel, même pendant une simple heure. Pourquoi un luxe ? Car ce n’est plus la mécanique mathématique qui habille l’instant mais bien la rythmique sensitive, sans emprise. Parfois c’est l’esprit qui se balade et le regard se fige, se fixe sur un point. Parfois c’est l’inverse. La respiration se marie au contraire avec le bruit environnant. Étrangement, dans cette petite boite en bois, on se sent libre. Un esprit qui flotte, passif, mais qui reçoit tellement.
Je n’ai pas vu de coucher de soleil. Le temps était très gris mais pour autant je ne changerais rien à ce moment. L’arrivée progressive des lumières de la ville, le bruit du vent, le calme qui ne dort jamais.
Merci beaucoup ! »
Alexandre

« Le samedi 4 décembre 2021, début d’un nouveau cycle, d’une nouvelle page et peut être la fin d’un autre. C’est demain comme je l’imaginais en montant ici, par cette pause d’une heure, hors du temps mais dans la ville, dans la vie. C’est en réalité une belle continuité, la vie qui va, le jour qui se lève, la journée qui vient, et ces êtres qui arrivent et se relaient. Ce cycle qui se poursuit, à l’image des veilleurs qui se succèdent. Prends ton temps, savoure, jouis, souris, apprécie, vis, voilà ce que j’ai envie de transmettre à mes enfants, à mes amours, aux personnes que j’aime. Voilà ce que j’ai envie de partager avec eux : du temps, des rires et des émotions, des émerveillements et des interrogations ; des étonnements et des envies ; des projets et de l’énergie.
Merci à toutes celles et ceux qui m’ont permis d’être là, d’être si présente à la vie, ce matin. Une multitude de visages défilent. L’une de ces personnes m’a un jour mise au monde. Quel magnifique cadeau que de donner la vie, quelle chance inouïe qu’est celle d’être en vie, et de pouvoir poursuivre, continuer, prolonger ce cycle à l’infini.
Le bonheur, la joie d’avoir été là, d’être là, et de transmettre. »
Emeline

« Un cadre. Un horizon, une ligne de feuille traversant comme un méridien. L’horizon autour de moi – tout autour, même dans mon dos. À portée de main. D’un coup, tout le ciel m’apparaît et au-delà de lui, l’univers. Grande masse, petit point. Le ciel jaune comme un décor mais aussi comme un infini dans lequel nous sommes. Les oiseaux ont leurs vols propres, les corbeaux par deux, des perruches volent par plus grands groupes, des petits oiseaux volent isolés. Eux ne sont pas contraints comme nous à la surface. Je regarde vers le bas et croise le regard d’une famille. Nous nous sourions, nous faisons l’humanité.
L’horizon s’offre à portée de nous, c’est bien un signe malgré les quelques espèces que l’on perçoit au loin. Une ligne autour de moi. Retrouver cette dimension-là est précieux. Le soleil a disparu derrière la masse des nuages et je fais des hypothèses sur sa position. Je caresse les indices colorés dans le ciel.
J’embrasse la ville, je pose sur elle un regard bienveillant et maternel. C’est possible. Et la ville en moi, comme la forêt en moi change. Elle devient mienne sans possession. Elle est portée dans un regard et existe dans mon regard. Elle-même pose des hypothèses sur la quantité de lumière restante. Elle aussi, non plus, ne veut pas que le soleil se couche mais s’allume, s’éclaire, essaie des tentatives lumineuses. Le passage. La ville, l’horizon, l’axe qui me traverse et l’horizon qui m’entoure. Le ciel au-dessus qui s’offre à moi. Demain je le regarderai d’en bas. »
Élodie

« Les sens sont en éveil. La découverte du lieu, l’odeur du bois. Le bruit environnant, mes pas, la pluie qui tombe, le ? qui passe sous nos pieds. Le calme, le silence intérieur et en même temps les questions qui s’agitent dans ma tête. La surprise de ne voir un panorama. Je m’adapte à ce changement de perspective. (...) Plus je suis proche de cette vitre, moins je vois. Je m’éloigne pour que l’horizon s’ouvre enfin. Je suis tellement omnibulée par ces changements d’optique que j’en oublie presque le lever du soleil. Je le vois finalement au loin de l’autre côté. Le soleil embrumé veille sur ces joueurs de foot. Cette lumière orangée forme une ligne, en fond de ces ombres de buildings. Je pense à la nature, à l’homme et que nous sommes bien peu de choses face à tous ces éléments qui s’agitent autour de moi. J’entends quelques oiseaux, vois des corbeaux noirs fondre dans cette pelouse vert foncé, humide. J’observe le monde au travers des minuscules gouttes d’eau qui se collent sur cette vitre. J’accole mon front et j’ai envie de pousser ces murs de bois pour créer une ouverture. Ces gouttes d’eau qui pleurent et qui s’effacent. Cette buée que je crée disparait en un instant.
Les bâillements commencent à arriver et je me sens dans cet abri comme dans un refuge. Le ciel se dégage et continue d’être en mouvement. Moi, j’observe le passage.
À la sortie de cette veille, bien qu’au contact des éléments, je me sens soudainement réveillée, comme si je venais de sortir d’un long sommeil. Je sors du cadre. L’infini horizon, le bruit m’assourdi, le vent violent me secoue. Je suis dans l’immensément grand. Je suis chanceuse. »
Amandine

« Veille imprévue, veille pluvieuse, veille avec un soleil couchant, veille nuageuse, veille paradoxale… »
Amélie

« Quand je suis partie de chez moi, il faisait nuit encore, j’ai traversé le Parc des Guilands et je suis montée en haut de la maison du Parc – et il faisait jour déjà ! Mais le soleil n’était pas encore levé… Le ciel était très nuageux et sombre dans les nuances de mauve. Une étroite fente laissait apparaître la couleur orange du soleil en train de se lever. La partie orange devenait de plus en plus lumineuse – et les nuages autour de plus en plus sombres. Tout d’un coup, une pointe brûlant de lumière apparaissait dans la fente. Des nuages en haut encore très sombres devenaient jaune-orange-doré. La fente se fermait petit à petit, en même temps de plus en plus de nuages devenaient jaune clairs. Le gris sombre devenait gris saturé et froid. La lumière du soleil doré-orangé s’est blanchie petit à petit… Les écoliers couraient autour du stade, les jardiniers du parc commençaient leur travail, j’ai vu des poissons rouges dans le bassin en bas et des pies et des corbeaux dans les arbres. Une trentaine de cheminées avec la fumée blanche vers Montreuil et Vincennes – les chantiers ont travaillé toute la nuit. »
Sari

« Attendre. Attendre que la nuit tombe. J’ai eu la chance d’avoir la pluie à travers la vitre. J’avais dans les yeux des tableaux différents dans un cadre illuminé, et les gouttes de pluie faisaient danser les tours, les arbres, les grues et les lumières. Les lumières s’allumaient les unes après les autres, et les étages entiers étaient tous allumés. C’est Noël ! Une petite fille accompagnée de son papa a levé la tête et m’a fait coucou après un temps d’arrêt. Elle m’a fixé sans bouger alors qu’il pleuvait. Le temps s’est amélioré et vite elle s’est mise à courir comme cet oiseau noir, certainement un corbeau qui s’est posé sur la cime de l’arbre et a fait comme moi. A regardé, et hop il est parti et tout était noir. Seules les lumières scintillaient. Belle expérience. »
Corinne

« À mesure que le jour se lève, la vision s’amoindrie… Brouillard… Je mesure la vitesse des pas, mon regard plonge vers le sol, ce qui est visible, perceptible… un ballon s’échappe, une mouette glisse, une femme s’arrête… rythme matinal. Le son du vent qui se lève, tout, sifflant, mes mains qui dansent… Ne suis-je que regard ? Se laisser transpercer par les perceptions infirmes et multiples, ne pas choisir, les laisser toutes advenir. »
Cécile

« Carré de lumière, cadre appliqué à l’horizon, bruit du vent, des gens courent, gants rouges, chaussures vertes, chiens, oiseaux qui s’élancent, la grue tourne, les lumières s’allument, tours banales et acrobatiques, ciel d’un gris total, nuages plus sombres, cris des enfant qui sortent de l’école, du vent, des branches qui s’agitent, retour au cadre, oiseaux noirs et bleus, la lumière baisse et les lumières s’allument. »
Geneviève

« Ce matin j’avais le sentiment d’avoir un rendez-vous important. Du genre, immanquable. Le soleil dessine la ville, vient blanchir les bâtiments, étouffe les reliefs. La lumière baigne puis inonde la pièce. Les formes urbaines ne sont plus qu’une superposition de papier calque délicatement découpé. Toutes ses dimensions en sont gommées. Je pense à cette date du 8 décembre. C’est un jour particulier. À Lyon, c’est la fête des lumières. La ville se pare de lumières, ses constructions deviennent supports avec d’enchanteresses projections. Une fête païenne pour moi. C’est le moment où j’ai envie de faire découvrir cette ville à tout le monde, montrer ce que l’humanité a fait au fil des siècles. Aujourd’hui, je suis entourée d’adolescents. Elles et ils font une course d’orientation, jouent au frisbee avec les plots fluos qui délimitent leur terrain de jeu. Je regarde la ville reprendre ses couleurs, scintiller par ses tracés faits des fumées blanches qui la strient. Je tourne mon regard vers l’extérieur et je me vois, bien présente, ici. Je n’ai aucune envie d’être ailleurs. »
Pauline

« Veille du soir… luxe absolu du temps. Être hors du temps et à la fois dans le temps, observer la lumière, les contrastes, les couleurs… regarder le vent se lever dans les branches, les nuages, la lumière qui les transpercent, entendre les rires des enfants, voir la tour Eiffel presque disparaître dans la lumière dorée, regarder les fenêtres s’allumer petit à petit… Un temps merveilleusement suspendu, un temps d’apaisement, de sérénité… Regarder, observer, scruter encore et encore les nuages, les nuances, passer de grands contrastes à la douceur enveloppante du soir… Quelle chance d’être ici ce soir ! »
Jeanne Marie

« Aussi simple que grandiose ! »
Paul

Un article de Léa Poiré
« Il est sept heures du matin, les yeux collés par la fatigue, il nous faut grimper péniblement la colline du parc Jean-Moulins les Guillands qui surplombe les villes encore endormies de Montreuil et Bagnolet en périphérie de Paris. Du haut de la Maison du Parc, grande bâtisse colorée fraîchement construite, une silhouette nous fait signe de grimper les escaliers en ferraille. Entre un café et des bavardages, notre accompagnatrice jette un œil à sa montre : il est temps. Sur le toit du bâtiment, une petite passerelle nous conduit à une cabane en bois clair. « Bonne veille » lance-t-elle avant de refermer la porte.
Imaginé par la chorégraphe belgo-australienne Joanne Leighton, Le Cycle des Veilleurs reproduit tous les jours ce drôle de rituel. Chaque matin pour le lever du jour, et chaque soir au coucher du soleil, quelqu’un se tient immobile, ou presque, dans l’architecture de bois construite par le designer et scénographe Benjamin Tovo. Ce silencieux relais de personnes, 730 au total, toutes volontaires pour veiller sur la ville, se dépliera pendant un an. »

« J’attendais ce moment avec impatience, étant bretonne les phares ont toujours fait partie du paysage. Et ils m’ont toujours fasciné, je rêve de dormir dedans.
Cet objet abri, ce phare urbain a été une bulle, je me suis reconnectée avec moi-même face à l’immensité de la ville, en même temps je me sentais petite et à la fois grande face au soleil et responsable en tant que veilleur également. Pratiquant le yoga Kundalini je suis une habitué des retraites.
Mon autre retraite urbaine était tout aussi entrainante, être là le moment présent. J’ai beaucoup aimé mettre la tête en bas en regardant vers Paris, c’était agréable. (...) Je suis ravie d’y avoir participé. »
Julie

« Nouvelle veille, nouveau spectacle. Du brouillard à la pluie ruisselante le long de la vitre. L’espace d’un moment tout était bleu et en harmonie. »
Romain

« Comme un miroir dans le noir
T’es grand, t’as 30 ans, pas le temps de faire semblant
Calme, mais animé
Tranquille, mais excité
Ton, mais conscient
Adulte, mais enfant
T’es grand, t’as 30 ans, pas le temps de faire semblant
Attise cette audace
Qui comme une flamme que rien ne terrasse
Au fond de ton âme est bien vivace
Comme un miroir dans le noir
On saisit l’espace
On saisit l’instant
On saisit les gens
Comme un miroir dans le noir
On a le temps, sans l’avoir
On partage, sans devoir
On aime, à n’en plus pouvoir »
Louise

« Comme une impression au soleil levant. Regarder l’infini et le fini, l’horizon et le sol, les tuiles des toits, les perruches vertes et les pigeons. Passer d’est en ouest comme un ballet incessant.
Regarder à l’est, le soleil devenir d’un trait, une demi-sphère, puis une sphère et enfin un halo qui envahit la ville jusqu’à faire disparaitre ses rues et ses bâtiments. Regarder à l’ouest, le tour Eiffel, les tours jumelles de Nouvel être mises en valeur par cette lumière de l’est. Est-ce que l’est sert toujours l’ouest ?
Qu’est-ce que cette observatrice pour veiller sur la ville nous dit de nos rapports à l’est et à l’ouest ?
À l’ouest une vue cadrée, composée, perceptible de face. À l’est un premier plan très présent qui pour voir loin oblige nos corps à se pencher. On y voit à l’est la banlieue parisienne composite, palimpseste d’une ville servante. Mais à mesure que le soleil se lève la lumière s’harmonise d’est en ouest et c’est une ville toute entière qui s’éveille et s’unit par les mouvements, les trajets du quotidien de ses habitants. Nous sommes un tout. La ville veille sur nous. »
Lucie

« Une retraite d’une heure qui aide à faire le vide en soi : ne plus réfléchir et apporter un temps de sérénité dans mon corps, dans son être. »
Nacera

« The feeling of being suspended in space and time.
I heard the church bellls, and I prepared myself for another half hour. Turns out, it was the end.
A gradual lightening, an increased clarity of vision.
Birds chirping all around me, sirens, church bells, traffic.
La tour Eiffel, hidden by fog.
The warmth of the heater on my left leg, then my right leg when I turned around to face the banlieue.
Apartness, breath.
Gratitude. »
Sarah

« Personne ne m’a remarquée, n’a vu que je veillais sur la ville. Sauf une petite fille qui m’a aperçu au moment où elle lançait son ballon. Elle m’a fait un geste de la main. Je lui ai souri. Pendant ce temps la brume descendait sur Paris, enveloppant le haut des tours, et les lumières du périphérique, blanches et violettes, s’allumaient. Le temps m’a paru très court. »
Isabelle

« Au réveil ou à l’éveil, il y a cette chose innée chez l’humain de savoir le temps et l’espace qu’il occupe, de tenir autour de lui et de manière instantanée, le point du jour et les distances, pour s’approprier les éléments.
La veille, c’est à la fois son contraire et la chose qui complète cette expérience anodine que l’on éprouve par les effets de perspective, les reflets, le champs visuel concentré, on échappe à toutes idées géographiques, comme s’il fallait accepter de « hautes solitudes ». Le temps me semble être une finitude ou même une fuite. Il se fait à la fois lent, quand on se prend à observer avec pudeur l’activité humaine isolée, mais il existe une impression que des entoures d’actions se sont succédées, superposées.
Le mouvement était bien présent, à la fois dense et étiré.
Dans cette parcelle d’espace et ces quelques minutes, dans l’imprécis et certainement la confusion, on a pu osciller entre le relatif et l’absurde. »
Laure

« Merci pour ce superbe moment d’introspection. J’aime particulièrement les couchers de soleil et vous m’avez offert la chance d’avoir pu admirer la nuit tomber sur Paris. J’en n’ai fait qu’un avec Paris, j’aime profondément cette ville. Nous nous sommes rapprochées ce soir. Les vols d’oiseaux étaient majestueux, la ville semblait si calme et si paisible… Un moment de paix profonde ! »
Myriam

« D’abord l’odeur du bois de la cabine. Le néon qui se reflète sur la vitre et sur la ville embrumée. Ensuite, le paysage qui se dessine dans la brume hivernale, plein ouest.
Des pies, des corbeaux et une bande de mouettes !
Le sentiment de parcourir Paris, de planer au-dessus de la ville. Peu à peu, je me repère : les Tours Duo, la canopée du Bois de Vincennes, le Rocher du Zoo, des cloches d’église, la BNF… et la Tour Eiffel dont le sommet se dérobe. Une petite me fait coucou d’en bas. Son père aussi. Une vieille dame intriguée. Des joggeurs peu à peu s’approprient les pelouses et le stade.
La ville s’est réveillée.
J’ai déambulé dans la ville. Pourtant je n’y ai pas marché. »
Nicolas

« Cette veille a été envahie par la brume blanche. Une impression de ville verticale écrasée par cette blancheur qui masque la perspective. On ne sait plus où la ville s’arrête et on aperçoit quelques signaux d’horizontalité avec les lumières des grues et celles des immeubles qui s’éclairent au fur et à mesure de l’heure de veille qui s’écoule lentement.
Progressivement malgré l’heure tardive, la ville s’éveille. Le bruit des voitures s’intensifie, les lumières finissent par envahir le paysage. Nous sommes finalement sur un lieu de transit, le périphérique, l’échangeur, les rues périphériques. Le parc finit par s’effacer devant notre manque de modestie et notre capacité à occuper tout l’espace, visuel, sonore, horizontal et vertical. Le manque de de végétalisation finit par devenir l’élément obsédant. On souhaiterait plus de verdure à accrocher à notre regard.
Quelques passants, des enfants, des sportifs donnent vie au parc.
Une belle expérience, importante pour ressentir et réfléchir.
Merci. »
Sophie

« En arrivant, je suis contente que le Tour Eiffel soit un fantôme au loin. Je recense : les tours, l’hôtel Campanile, la grue illuminée, la Porte de Montreuil et l’hôtel Ibis, le quartier chinois du 13e arrondissement, le rocher en toc du zoo de Vincennes. Je reconnais. Je trace un plan à l’intérieur. Vue de proximité sur quelques insectes, moucherons, qui viennent se coller à la vitre si propre. Au bout de plusieurs minutes j’y vois la trace laissée par une tête posée contre, le gras des cheveux, l’empreinte papillaire d’un·e veilleur·euse avant moi. Je prends toute la ville dans ma poitrine et j’en ai la nausée. Le ciel comme souvent enfume le paysage en masse grise. La ville dessous. À mes pieds, promeneur·euses, joggeur·euses, chiens et chiennes et leurs humain·es. Personne ne me voit veiller et je ne sais plus si je veille sur le dehors, ou le dedans, l’odeur du bois, la température confortable, mes pieds froids, la nausée, moi. A un moment, deux adolescents me voient, une salue, je leur réponds, je me demande ce qu’elles se disent, je souris, je ne suis plus seule. Brouhaha incessant du réveil de la ville et du parc, corneilles, mouettes, ados qui crient, chiens qui aboient, joggeurs bavards, périphérique à quelques centaines de mètres. Dehors, dedans. Il ne neige pas, il ne pleut pas, je regarde le ciel, j’ai l’impression qu’il va faire beau. »
Elisa

« Ça sent le bois, je n’ose pas m’approcher trop près. Je vois la Tour Eiffel, mais je n’ai pas de repères. Pas encore. Où est ma maison ? Face à moi des tours, des grands immeubles. Comme là où j’ai grandi. On était au 8ème et de ma fenêtre je voyais d’autres immeubles, d’autres maisons et la colline du Gardon. C’est du côté de Marseille. Celui ou celle qui est dans un immeuble me regarde-t-il ? On me voit ? Les gens en bas sont comme les écrans des téléphones portables dans les salles de spectacle : ils bougent et le regard est attiré. Un garçon au pull bleu joue avec un ballon bleu. Très peu de personnes lèvent les yeux. Je les observe mais je suis invisible. Un moucheron sur la vitre. Les lumières des grues étaient-elles déjà allumées ? Le paysage parait écrasé. Je reconnais cette tour du 13e arrondissement. J’ai des repères, ça y est. Quand je marche, je suis inspirée, j’ai plein d’idées. Immobile, je passe du coq à l’âne. Je me dis que rien ne change. Mais si, c’est imperceptible. Je sens des petites gênes au niveau du dos. Je me déplace pour baisser le thermostat du radiateur. Plus la lumière du jours baisse, plus je me vois. Je veux dire, je vois le reflet de mon corps, son contour, sur la vitre. Mes yeux font le point. Premier plan, arrière-plan. Je ne regarde plus face à moi, mais sur les côtés, pour ne plus me gêner. Quelle heure est-il ? C’est long, mais c’est pas long. Il n’y a plus personne en bas. Les nuages bougent. C’est l’heure. Je n’ai pas parlé, ne je n’ai pas fait les 100 pas. Seulement entendu mon ventre gargouiller. Il n’est pas tard, mais c’est fini. »
Axel

« Des femmes en bottes, le fracas de la ville me rappelle qu’il me faut partir vers cet ailleurs calme et silencieux où les bottes ne sont pas incongrues. »
Dorothy

« Contemplation plutôt que méditation. Quel moment de beauté de se sentir veilleuse de toutes ces habitations, de tout ce territoire.
Je suis revenue aux origines, Zurich -> Paris ou Londres. En voyant le Tour Eiffel, j’ai réalisé que j’avais eu raison de choisir Paris.
Cette douceur en moi et ces minutes qui s’écoulent ; comme lorsque l’on veille sur son enfant… d’ailleurs un petit enfant m’a vue et m’a fait signe de la main… je suis sortie de la vue contemplative et lui ai répondu par un signe de la main.
Veilleuse de Montreuil. Je ne sens pas d’où me venait ce sentiment identique à celui qui me « prend » lorsque je regarde le paysage au loin sur les collines de Transylvanie. Beauté qui se couche, lumière qui s’adoucit sur la ville où vit mon fils. »
Daniela

« Non pas lever de soleil mais éveil de la ville. Uniformité horizontale et gradient vertical. Du blanc-gris du ciel, au blanc émaillé de taches de la ville, couleur rougeâtre des toits, marron des arbres, vert de la pelouse. Ceci pour le gradient. Étalement, encadrement tentaculaire de la ville. Continuité et discontinuité. Continuité des immeubles, du bruit de fond du périph’, de la longue et pelouse verte du parc, des tours de stade, de la farandole des promeneurs de chiens. Continuité de la vie. Et moi, en suspens, discontinu, à l’arrêt, hors de la ville. Hors de cette ville que je n’habite plus encore, qui ne m’attend pas. Je ne suis pas dans une boîte ; la ville est dans un cache, de lumière. Je m’y plonge et m’empare de celle-ci ; la rejoins. Non plus un balcon en forêt, mais surplombant la faune d’une ville. Je veille du haut et du bas. Du haut de la colline et du bas du lingot supérieur. La ville et la tour. De même, les tours duo s’opposant aux tours du bas, cheminées d’Ivry tramées par leur panache. Plus de temps ; seulement de la durée. Subjective, compressible et dilatable. Tentative de retrouver l’horloge dans les tours de piste. Impatience, parfois. (...)
Je donne à la ville ; elle me rend. Discontinuité aussi des taches de verdures au milieu d’une mer de béton. La ville rêvée disparaît dans la brume avec la Dame de Fer fantasmatique. Reste la ville, la vie, la vraie. Impressions de v(e)ille. »
Stanislas

« Se tenir au milieu de cet abri de luxe, sur le cadre de LED et devant soi, voir, observer et veiller sur ce cadre de nature et de ville. D’abord une pelouse si verte, traversée parfois par un chien qui devance toujours le promeneur de plusieurs dizaines de mètres. Puis quelques arbres, une vingtaine dont 4 bouleaux, si beaux et si blancs sous leurs feuilles. Les pavillons bagnoletais ensuite, des immeubles et 3 tours derrière les grues. Paris derrière en différente couche de couleurs bleues, sa tour Eiffel et puis sur le dernier tiers, le ciel, pies, moineaux, pigeons. Hormis le mouvement brut du disque sobre, une chance de l’observer ici si sereinement, il m’a fallu du temps pour percevoir enfin que dans ce cadre tout n’était pas figé. Peu de vent, mais assez pour finalement percevoir de très légers mouvements les cimes des arbres. Comme elle m’a semblé paisible cette ville, comme elle a été sage, en paix, sans véhicule visible et sans agressivité. Quelle magie cet abri de bois, a-t-il donc exercé pour que haut soit si tranquille ? Au cinquième tour du parc, le joggeur en blanc a enfin levé les yeux et m’a vu. Savait-il seulement que je veillais bien sur la sérénité de sa séance de sport ? »
Florent

« Un plaisir renouvelé. Une nouvelle expérience. La buée, ou plutôt la rosée collée aux vitres. Est, ouest, le flou. La pensée, elle est claire : « quand le soleil sera-t-il assez haut et chaud pour éliminer cet écran entre mon regard et les villes, les gens, les oiseaux ? »
Il est apparu rouge, intense, il est monté très vite le soleil. Toujours prisonnier du caléidoscope des gouttelettes d’eau de la rosée.
Impossible de distinguer le paysage à l’ouest. Impossible de voir coureurs, chiens, oiseaux. Juste la lumière rougeoyante du soleil qui monte vite, vite, très vite.
Enfin une trouée, le ciel très bleu, magnifique.
Le soleil devient blanc, il chauffe, l’eau s’évapore, apparait les être énergiques qui courent, jouent, marchent.
Je suis frappée par deux points :
– Le nombre impressionnant d’avions qui traversent le ciel si bleu en faisant une double empreinte de traine blanche. Ces avions se croisent et s’entrecroisent.
– Le bruit, le ronflement des voitures, constant. Quand on ne peut pas véritablement voir, regarder ; on entend.
Je dédie cette heure à ma belle-mère Paulette qui souffrait d’une très forte myopie et qui ne pouvait avoir une vision alentour qu’à travers le prisme de la rosée du matin sur les vitres. »
Sylvie

« J’ai décidé de participer au Cycle des Veilleurs car l’idée de regarder le coucher de soleil me semblait beau. Être dans le moment présent (pas de téléphone ou montre) m’a également attiré.
Au contraire de ce que j’ai pensé, le début ne m’a pas été facile. Me retrouver seule pour contempler la ville et sans distractions a été une porte ouverte pour que toutes mes angoisses sortent. J’ai senti l’envie de pleurer.
Après, j’ai mis mon attention sur le paysage, les couleurs qui changeaient. Tout est devenu beau et je me suis senti plus tranquille, j’avais envie de faire partie de cette vie. »
Paola

« Merci pour cette expérience unique au cœur du quotidien. C’était fabuleux de pouvoir prendre un peu de hauteur sur la ville et sur notre condition humaine, de prendre le temps de voir passer oiseaux, joggeurs et promeneurs mais aussi toutes les pensées inédites qui arrivent. Concentrée sur la bonne position à choisir par mes pieds, mes cours de danse pendant l’enfance me sont revenus en tête : « première », « deuxième », « troisième ». Un souvenir agréable que je n’avais pas eu jusque-là !
Merci aux artistes de nous donner l’occasion de prendre le temps de regarder notre humanité. »
Carine

« Mon apparente immobilité se confronte au vertige de l’immensité. Danse des fluides, des pensées, idées, sensations, émotions imprévisibles. Danse des corps flottants dans mon œil droit sur un ciel gris-bleuté qui s’assombrit peu à peu pour laisser la place à une multitude de scintillements. Duo improvisé avec Luciana qui m’accueille par deux fois, avant-après. Merci à toi. Qualité des partages, perspectives infinies, lieu entre la Terre et le Ciel. Conversation avec l’insecte délicat qui partage le côté stade, plus dense. Multitude de vivacités de part et d’autre, de détails émouvants, de sons évocateurs. Les souvenirs affluent par moments, ma vision du monde se transforme au gré du souffle. Je repars sereine et reliée à vous, avant-après, quelque part au détour de notre histoire commune. Le 19.12 ; douze ans plus tard, le cœur bat encore. »
Jane

« Les premières minutes ont été un peu décevantes quand j’ai découvert que la vue sur la banlieue, le 93, était quelque peu bouchée par un bâtiment. Cette première impression s’estompe rapidement pour se concentrer sur ce qui est, ici et là, au présent. Les pieds ancrés dans le sol. S’avancer et éprouver un léger vertige. Découvrir petit à petit des bâtiments imperceptibles au début de l’expérience. Prêter attention aux lumières qui scintillent. Se poser beaucoup de questions sur des détails du quotidien. Chercher le connu, faire des hypothèses et fondre dans l’inconnu.
Les souvenirs affleurent. Un souvenir revient plusieurs fois et me fait esquisser de nombreux sourires. Je me replonge dans les dix dernières années de ma vie parisienne ; un délice et pense au futur, à l’horizon. Le temps se dilate. Le jour est bel et bien levé. Malgré tout, la tour Eiffel reste dans sa brume depuis une heure comme si elle était bien incapable de se libérer de cette auréole matinale. Une folle envie de crier « merci » des deux côtés et l’aventure ne fait que commencer. »
Julia

« Le soleil s’est couché, les bruits de la ville demeurent.
Tout est changé, tout continue, comme un nouveau monde qui sans cesse revient. »
Emmanuel

« Ai-je pris le temps, ou est-ce que le temps m’a pris ? Le temps et l’espace ont absorbé mon esprit. On réfléchit. Et on ne ressent plus. On construit. On cloisonne. On déboise. Le moment est venu de laisser vivre. La floue. La faune. Les humains. Et surtout les interactions entre les trois. Retrouvons ce monde commun. »
Geoffrey

« J’ai beaucoup regardé les couleurs du ciel. Je suis toujours impressionnée par les couleurs qu’on observe lors du lever ou coucher du soleil, qui ne sont pas du tout les mêmes si on regarde une photo. Le fait de regarder en personne ajoute quelque chose qu’on ne peut pas voir autrement. »
Lisa

« Aujourd’hui comme d’autres jours je pense, il y avait du brouillard. Je n’ai pas pu voir le fond du paysage qui se présentait à moi. Mais j’ai pu voir de l’herbe gelée qui m’a tout de suite attrapé l’œil.
J’ai passé une heure dans une boite en bois à regarder ce que je pouvais. J’ai pensé, parlé, compté mon temps et chanté. »
Garance

«
Miscellanées :
Elsa

« Avez-vous vu Nation ? Non.
Perruche sur stade = vert
Quelle est cette langue d’autres ? Chuchu.
Panaches de fumée, mouffles sans les bonnets.
Ce fut finalement court. »
Emmanuelle

« Veiller le crépuscule… expérience étonnante…
Pourquoi pas se perdre temporellement dans cet objet abri, observer, méditer, penser… vivre pleinement. Cette heure méditative, qui, au final, aura défilé, tout autant qu’une autre heure ! Se faire surprendre par les marcheurs, les surprendre à mon tour. Un ciel changé, nuageux, quelques petits aperçus bleutés, rosés… Une nuit qui tombe lentement sur la ville et moi, là-haut, pour l’accompagner tranquillement, sereinement. »
Guylaine

« Un temps hors du temps, qui, long au début, finalement s’accélère et voit venir trop vite sa fin, comme interrompu dans un cycle, un mouvement inachevé. Ce mouvement d’une immobilité physique, mais d’une mobilité mentale, alternance de stop and go, l’esprit par alternance focalisé sur du concret et puis plus rien, tout à la fois une liste de choses à faire et l’errance du rien. Le rien, aussi, d’une perception lointaine d’absence d’activité et de mouvement au dehors, quelques passants, rien de spectaculaire, la vie calme.
Veilleur, guetteur, sentinelle, un poste d’observation sans action possible, pas même de donner l’alerte s’il avait fallu, dans un autre monde, un autre chaos, plus concret et moins virtuel. Acte gratuit sans incidence, invisible, mais avec le sentiment diffus d’avoir aussi été un relai. »
Thomas

« Une heure de veille n’aura suffi à capturer l’intensité du lever à Montreuil. Danses d’humains, de chiens, de poissons, d’oiseaux, de lumières. Tant de mouvements, de musiques et couleurs. Merci à la blanche tourterelle, aux couples de pies et à cette belle jeune femme pour leur salut.
J’ai cherché le traineau du Père Noël dans le ciel en vain. Mais j’ai fini par entendre les cloches. Merci pour cette veille magique. »
Laïla

« Solitude, silence, instants de sérénité, l’esprit vagabonde devant la ville qui s’éveille lentement. Merci pour ce moment hors du temps, suspendu. »
Laïla

« Une heure n’est pas longue. En plus, on a une vue devant. Sans la tour Eiffel ni l’architecture de Jean Nouvel. On ne dirait pas que c’était Paris. L’importance d’avoir des repères. Des chiens, des oiseaux, des gens. 2 passagers m’ont vu et ont salué. La plupart du temps, je suis invisible. Le soleil est invisible aussi. On voit le changement de la couleur du ciel, doucement, comme une peinture d’encre de Chine. »
Hang

« Au début, je ne voyais presque rien, la brume couvrait presque tout le paysage. Mais c’était beau, doux, très flou. Je n’ai jamais vu loin, et en fait je n’ai pas beaucoup regardé le ciel, contrairement à ce que je pensais avant de venir. J’ai surtout regardé les gens passer, les chiens jouer et les oiseaux voler, planer, presque danser autour de l’abri. J’avais peur de m’ennuyer, mais j’étais presque étonnée quand on a toqué à la porte. Je pense que ça m’a apaisée de voir, de regarder, de penser et sans repère pour voir le temps passer. »
Solrun

« Paris vue d’en haut ressemble à un champ de lego. Qui se cache dans ses interstices à la nuit tombée ? A la recherche d’un abri, les invisibles se déplacent. En cette merveilleuse ville qui est une , « Et si on célébrait ceux qui ne célèbrent pas, pour une fois, j’aimerais lever mon verre à ceux qui n’en ont pas, à ceux qui n’en ont pas ! » - Santé de Stromae
Merci de m’avoir permis de veiller sur eux un petit peu. »
Axelle

« Plusieurs sensations : l’entrée, j’ai cru à un sas ! Du coup j’ai eu envie d’enlever mes chaussures et mes chaussettes pour explorer ce bel objet à l’aise… Première réaction : où est l’interrupteur ? Que je puisse éteindre la lumière. Pour très vite, évident, m’apercevoir de l’effet cadre. Vraiment sympa même si j’ai été, dans un premier temps, déçue car je l’ai cru entièrement vitré sur son dernier tiers côté ouest, je me suis même cognée à la vitre !
J’ai retrouvé la sensation du camping sauvage ! Seule dans une tente à écouter la pluie et les bruits.
Le silence, la pluie qui, peu à peu s’arrête, le vent qui se lève puis le premier joggeur, puis un marcheur, un promeneur de chien mais quasi personne pendant une heure. Très calme, quelques oiseaux, un beau moment de silence. L’envie de se lever tôt, moi qui ne suis pas du matin, pour retrouver cette sensation.
Au final, cela m’a amusé de me voir flotter dans le cadre au-dessus de la ville, et je n’ai pas vu le temps passer, magique.
Chouette, la pluie s’est arrêtée, et elle venait de l’est, par preuve la vitre côté banlieue toute mouillée : c’est bien la première fois que je remarque ce genre de détail. Un beau moment, merci aux artistes. »
Ève

« Le monde s’agite.
Le soleil s’en fout.
Le veilleur veille. »
Gilles

« J’attendais cette veille. Au départ je me suis mise à chanter mais très vite mon attention a été détournée pour regarder les chiens qui jouaient. Il y en a beaucoup et les chiens, moi, ça me procure du bonheur. Puis la pluie et le brouillard sont revenus. Je ne voyais plus les deux lumières qui clignotent et les chiens étaient partis. Et ce moment-là a été très long car j’étais très triste. Je me suis perdue dans mes pensées et puis un chien est réapparu. La pluie et le brouillard sont restés mais le chien s’amusait, doux parallèle entre joie et mélancolie. »
Yuna

Un article d’Annabelle Martella
« On vient de s’enfermer (de notre plein gré) dans une cabane, qui culmine au-dessus du parc Jean-Moulin-Les Guilands, 26 hectares entre Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) bien connus de ses habitants. Les profanes n’imaginent pas qu’à 500 mètres d’ici, là où les trottoirs joignent les grands ensembles aux entreprises de carrelage et de boxs à louer, s’étend un étang entouré de roseaux bordéliques, des pelouses où des initiés pique-niquent en admirant l’une des plus belles vues sur Paris. Comme beaucoup de parcs, celui des Guilands est l’un des cœurs battants de ces banlieues : lieu où se donnent rendez-vous les amoureux (comme dans le Parc de Damien Manivel), les sportifs, ou les noctambules qui connaissent une ouverture secrète mais interdite. »

« Quelle sensation différente que celle de fin d’après-midi ! Le tumulte de la journée active (les enfants, les sportifs, les gens qui rentrent du travail, les promeneurs de chien…) et le vent fort qui souffle, qui gronde, qui fait vibrer le bois de la structure, qui souffle dans l’interstice de la porte. Sensation de vrombissement.
Dans le même temps, ciel bleu, quelques nuages bleuets, très bleuets, qui donnent au ciel des nuances de bleu ; parfois presque parure. Le soleil calme qui se pose et se repose. Il passe d’un jaune blanc vif et lumineux à un oranger. Il se reflète sur les quelques nuages cotonneux qui ne sont là que pour le soutenir, l’entourer de tendresse… Sensation de sérénité.
Quelques gouttes de pluie. Juste éparses et passagères. Histoire de dire, pour que je parle d’elles. Instant ou instants suspendu(s). Tellement plaisant(s). »
Sylvie

« Un moment suspendu, merci ! Le temps est passé vite… »
Julie

« Une troisième veille et toujours du brouillard et toujours un temps gris mais je le prends avec humour et la méditation n’est que meilleure. »
Romain

« Calme, sérénité et perspective sur la ville, la vie. Présence, ancrage et regard sur la ville, la vie. Un moment pour soi parmi les autres en hauteur. Un abri, une suspension dans le temps et l’espace ! Merci ! »
Elizabeth

« Au crépuscule, deuxième veille, pas question de comparer les deux veilles. La première l’était au mois d’octobre et avait joué les prolongations. Là, le soleil était présent mais mettait en exergue la noirceur de l’hiver et l’hibernation de la végétation avec des arbres transformés en squelettes. La ville apparait très morne dans son ensemble. J’ai pu penser à mes trois enfants. Et tout cela sur ce cataclysme sanitaire. Que 2022 doit être beau : on n’a pas le choix. »
Bernard

« Le soleil va se lever
Le soleil se lève
Le soleil est levé
Marcher de long en long devant les sportifs qui tournent en rond
Tous dans les lumières puisons dans l’ombre
Oiseaux qui nichent, oiseaux qui volent, avions qui s’envolent
Une heure en dehors du monde, mais une heure en prise avec le monde
Dernier jour de l’année
J’étais le veilleur suivant, je suis devenu le veilleur précédent
Aux suivants »
Frédéric

« J’ai pensé à une heure d’angoisse
Une heure d’ennui
Une heure de vide
Une heure de fuite
Une heure de trop…
J’ai trouvé une heure de calme,
Une heure de paix,
Une heure de jeu,
Une heure de beau
Une heure à soi, une heure qu’il faut »
Maya

« J’arrive dans une brume épaisse, mais dès que le soleil se lève, en quelques minutes, la brume se dissipe – alors j’en fais un mantra un peu new age que j’adresse aux joggeurs et aux promeneurs en contrebas : bonne année, je leur dis, la brume se dissipera !
Dans l’abri, je repense au film « les Ailes du désir », avec les anges qui entendent les pensées des passants. J’aimerais savoir ce que pensent les passants du 1er janvier, j’aimerais entendre leurs résolutions pour la nouvelle année. J’aime veiller sur eux et elles et j’aime l’idée que, pendant ces prochains mois, il y aura quelqu’un ici, matin, et soir, qui veillera aussi sur moi.
À la fin de la veille, c’est la Tour Eiffel qui émerge doucement de la brume, un peu fantasmatique. Allez, on y croit, la brume se dissipera ! »
Paule-Elise


« On essaye d’imaginer ce qu’on va ressentir, et on se plante royalement. Une heure d’observation. Pendant 19 ans j’ai vu mon chat passer des heures à la fenêtre regarder l’extérieur. J’ai compris. On est hypnotisé. On voit les oiseaux, les lumières, les avions. Les chiens jouer. Et les humains, plein d’habitude. Les joggeurs qui font inlassablement le même trajet. Les vélos qui passent tous au même endroit. Sans s’être consultés.
Les sons, les voix, les aboiements. Les cloches d’une église. Je me suis oubliée une heure alors que je m’attendais à une introspection. Merci. »
Gaëlle

« Contemplations -> bilan – projections
-> encabaner le temps la cause du soleil
-> les yeux comme des sarbacanes à l’horizon
-> se sentir ancrée en apesanteur
-> voir Paris s’allumer
Merci pour cette merveilleuse parenthèse suspendue à soi connectée aux autres. »
Laura


« Nuageuse… buée… VB à côté du connecteur électrique…
Une heure de méditation
Pelouse verte au loin la ville, devant les autres
L’ouest sans soleil n’est-il pas l’ouest ??
Moi seul toujours seul avec les gouttes qui tombent
Qui suis-je dans ce désert abscons ?
Un être qui cherche – un autre qui se trouve. »
Alain

« Prendre le temps et ralentir.
Apprécier et contempler chaque instant.
Prendre le temps d’apprécier cette vie.
Merci pour ce moment, la tête perchée dans les nuages parisiens. »
Marie

« Impression particulière d’être ancrée en hauteur !
L’œil scrutateur, curieux, attentif aux envols, aux éclats de lumière, aux mouvements de la ville.
Circonvolutions, volutes, échauffées aériennes.
Doucement la ville s’active.
Telle une veilleuse sacrée, je souffle à la ville que « la Paix est là ! »
Merci à Marianne ! »

« D’abord la bataille des couleurs
Bleus-gris contre jaunes-oranges
Les nuages en arbitres
Et puis la zone critique
La sensation de sentir la terre tourner
Et ce soleil qui trône au milieu du ciel
Attendant qu’elle lui prête les flancs
Les petites fumées qui s’échappent des toits
Le brouhaha du trafic qui les rejoint
On voudrait faire ça tous les jours
Merci ! »
Armelle

« À mesure que le rond du soleil tombe au loin, les sons s’émoussent, le sens de l’observation s’aiguise, 19 respirations qui ont rythmé la disparition du disque du soleil, suivi d’un vol d’étourneaux qui ont filé de l’est vers l’ouest.
Le temps parait long, puis rien, puis trop court lorsque la porte se ré-ouvre, finalement il ne signifie plus grande chose.
Merci pour cette expérience intimement personnelle. »
Eliane

« Que d’émotions ! Et de philosophie ! Philosophiquement émotionnel et, ou, je ne sais, émotionnellement philosophique. Merci pour cette opportunité de vie. J’ai passé ma veille debout, essentiellement du côté du soleil. J’ai ressenti spontanément un flot d’émotions avec de l’émerveillement, de la joie, de la tristesse, de l’étonnement ; tout cela avec des ressentis et des pensées reliées à notre condition humaine.
Comment ce soleil nous structure grâce à la continuité de sa présence et peut être nous montre-t-il la voie de la vie par ce qu’il me semble illustrer : la spontanéité d’expression ?
J’avais envie de danser un peu plus dans ma vie. J’ai un peu chanté, pleuré, été rassurée, j’ai eu peur aussi. Je me suis sentie conteuse et protégée par ce soleil qui veille sur nous. »
Maud

« ÉPHÉMÈRE,
Le scintillement des lumières sur les toits,
Cet homme qui passe en courant,
Une fois, trois fois, six fois,
Ces deux femmes qui font jouer leurs chiens,
Cette femme et sa petite fille qui gravent les arbres,
Le soleil qui descend en nous qui tournons,
Le dégradé du ciel : orange, rose, violet,
Les appartements éclairés,
Sept, huit, neuf, dix
La Tour Eiffel, étincelante,
Ces soirées que j’ai faites, septième étage de ce bâtiment
Les travaux, les grues,
L’oiseau dans le reflet de la vitre,
Les voitures, les bus, cachés par ma vision limitée par les parois de cette boîte,
À Montreuil, j’ai aimé, détesté, appris
À découvrir qui je suis, comment évoluent et changent mes émotions et mes envies.
J’ai été là où je devais être pendant une heure. »
Wendy

« Expérience qui pousse à l’introspection, à l’observation. La ville est moche, triste, il pleut, quelques courageux font du sport malgré tout, sortent leur chien. Je me demande pourquoi l’abri ne permet pas de voir devant, je suis frustrée. Cela me force à regarder soit à droite, soit à gauche. Pas en face, par permis. La Tour Eiffel se dévoile peu à peu. Je me demande pourquoi je vis par ici. Ville bétonnée, dans laquelle on tente d’introduire de la nature (parcs), de la gaité. Mais on est entassés. Ces bâtiments avec des balcons chargés de choses que l’on ne peut plus stocker à l’intérieur.
(...)
La pluie ne s’arrête pas. Elle pouvait gêner mais non, elle berce. Cette structure éphémère dans cette ville, ce quartier défavorisé me rappelle à quel monde j’appartiens. Le monde de privilégiés. Ceux qui ont le confort maternel. Cela ne fait pas tout mais c’est important et je ne suis pas sûre que les gens de ce quartier l’aient. Un monde à part au milieu du monde réel. Une bulle, une salle faite de beaux matériaux, posée dans ce parc, au milieu des cités. Quelle chance j’ai d’avoir la vie que j’ai. Tout est posé, et je regarde. »
Laure

« Entourée de la ville, mais seule – c’est magnifique ! »
Madeleine

« Au début je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire ici pendant une heure. La brume, le gris. Et puis « ça » m’a enrobée. Ma vision s’est faite plus précise. Consciente mais planante. J’ai vu la ville, je ne me suis pas sentie vue, mais ça m’allait très bien. J’ai vu les mouettes voler à ma hauteur, comme si je flottais dans l’air aussi. Je les ai observées. Tout comme les enfants venant au foot, le mouvement de leurs petites jambes, de haut c’était touchant. Et puis à un moment une idée se faufile. J’ai regardé le chemin que j’ai pris pour venir ici. Et je me suis dit qu’en hauteur on change de taille. On devient plus grand, géant. La ville, immense, n’est plus impressionnante. Elle était très grise ce matin, avec des clartés blanches, c’était beau. Apaisant. Merci. »
Hélène

« Aujourd’hui, il fait froid et humide. Le parc est vidé de ses humains. Seuls quelques valeureux sont venus promener leurs chiens. La pluie et le vent fouettent l’abri et ma vision est fouettée par les zébrures laissées par l’eau.
Zoom sur la vitre, j’observe les gouttes perler et se laisser glisser le long de la paroi vitrée. Je regarde avec attention leur course gravitationnelle. Je prends les paris. Celle-ci descendra plus bas que sa voisine. Pour gagner, il faut en avaler d’autres sur son trajet. Dégradé sur le ciel. Les nuages, comme une horde de chevaux fous, sont pris dans une course effrénée. Je me pose la question de leur destination. Je me demande comment, quand et où ils vont se dissiper.
Je ne vois pas le ciel s’obscurcir, je vois le brouillard s’épaissir et engloutir la ville. La Tour Eiffel a disparu, puis c’est au tour des immeubles de la porte de Choisy, des entreprises de béton de la porte de Bercy.
Ma veille est terminée, j’en garderai la trace. Comme une ressource, re-convoquer son souvenir me rappellera ma connexion au vivant quand je m’en sentirai coupée. »
Marion

« Le veilleur est absent, je le remplace.
Dimanche matin sous la pluie. Sentiment de réconfort à « l’abri ».
Rêve d’enfance, de cabane qui nous protège du monde.
Arrivée sous la pluie battante puis repartie avec des percées de ciel bleu et un peu de soleil. »
Caroline

« C’est encore moi, je remplace à nouveau une personne qui a annulé à cause du COVID. Ambiance plus triste ce soir, suite d’une journée sans lumière et la nuit tombe très vite. Moins de patience pour le soir, plus de doutes sur la beauté du paysage. »
Caroline

« Ce matin, je suis observateur, j’oblige la ville à sortir de son nuage de probabilité. Elle induit son changement d’état petit à petit sous mon regard. Encore une fois elle a choisi l’état réel. Tout est en ordre. »
Mickaël

« J’ai souvent assisté à des couchers de soleil, à la vue, à la montagne, et j’ai eu la chance d’habiter au dernier étage d’un immeuble qui donnait sur la Bastille. J’ai souvent vu des ciels orangés, rouge, rosé, une boule de lumière disparaitre derrière l’horizon. Ce soir pas de soleil. Je n’ai pas vu le coucher – le brouillard gris efface toute trace du ciel. Seules quelques lumières allumées à l’intérieur des appartements indiquent la fin de journée. Mais personne à ces fenêtres. Aucun autre veilleur à l’horizon. Seul face à la ville. Ma silhouette finit par se refléter dans la vitre face à moi et je ne vois plus que le paysage qui se dessine à l’intérieur de mon corps. Je suis la ville. »
Wilson

« J’ai veillé au-dessus de la brume. Je ne me suis pas ennuyé, j’ai même plutôt la sensation d’avoir le plein d’énergie. Merci. Puisse ce moment m’inspirer pour la suite. »
Sylvain

« Le paysage semble immobile mais mon regard et mon attention sont captées, sans cesse : une grue qui tourne, les yeux de ces immeubles robots observant le soleil qui clignotent, des oiseaux qui s’envolent, quelqu’un joue avec un chien, un homme me salue et à l’air heureux de me voir, deux personnes et un bébé feront de même un peu plus tard. Je réalise alors que c’est le vivant, la vie qui me capte. Mise en perspective, en relief avec ce cadre de lumière qui se reflète comme un instantané ou l’envie de figer le temps. Le soleil était lumineux et le ciel clair pour un jour d’hiver, cela me fait imaginer toutes les personnes en train d’observer, comme moi, ce même soleil et cela m’inspire une idée : pendant l’année à chaque lever ou coucher de soleil auxquels j’aurai la chance d’assister, je pourrai me connecter au veilleur ou à la veilleuse qui observe. Je ne serai pas seule. »
Violaine

« Ce matin, atmosphère triste, lugubre, morne, inquiétante, presque oppressante : tous les ingrédients pour nous plomber le moral ! Il y a toujours un peu de frustration quand le soleil tant espéré n’est pas au rendez-vous. Il faut bien cohabiter avec ce voile de coton pour autant, puisque je suis à ma troisième session de veille, il y a une chose d’intangible, c’est ce retour sur soi-même et sur sa famille. J’ai toujours eu, par cette performance, vécu intensément un moment privilégié pour la pensée avec ma fille chérie.
Avant de rentrer chez moi, un footing dans ce parc drapé de son manteau blafard sera le bienvenu. »
Bernard

« Le brouillard rend le paysage tellement plat, j’ai l’impression de regarder une photo, peinture ou dessin. On dirait un faux paysage, une ville en carton. »
Lisa

« Aujourd’hui 13 janvier, le soleil s’est levé sur Montreuil à 8 h 39. J’ai assisté au spectacle toujours émouvant du paysage des ténèbres vers la lumière. Mais la boule de feu du soleil, je ne l’ai pas vue, il y avait beaucoup de nuages et de brouillard ce jour-là. Est-ce que je le regrette ? Oui, dans un sens, j’aurais aimé que mon expérience soit plus intense, qu’il m’eut été donné d’admirer toute la splendeur du lever de soleil. Cependant, d’un autre côté, ce petit tour que m’a joué le soleil (auquel j’étais préparée période hivernale oblige…) m’a fait réfléchir à mon existence, dans le sens où j’ai le sentiment que je cours après une certaine forme de spiritualité, de transcendance, que j’arrive parfois à entrevoir, mais qui se dérobe aussitôt sous le poids des contingences au quotidien = travail, tâches ménagères et occupations diverses. S’en suit une certaine frustration, comme ce matin où il ne m’a pas été donné à voir le soleil dans toute sa majesté, mais où, malgré tout j’ai assisté à la victoire de la lumière sur les ténèbres. Comme si, dans la vie, en tout cas dans ma vie, ma quête métaphysique trouvait quelques éléments de réponse mais pas LA réponse. Comme si quelque chose de transcendant se dévoilait mais pas complètement…
Et j’ai compris ce matin, grâce au soleil facétieux, que si cette vérité à laquelle j’aspire joue à cache-cache avec moi, c’est peut-être que mon chemin de vie à moi, c’est celui qui assiste à participer pleinement à la communauté des êtres humains. Car, je dois bien l’admettre, si j’ai regardé le ciel ce matin, mon regard a surtout été attiré par les personnes, les ouvriers qui réalisaient les travaux, les joggeurs, les promeneurs de chien… Alors, merci au soleil de m’avoir montré que ma façon d’être au monde, c’est d’être surtout aux côtés des êtres humains, de mes semblables. »
Nathalie

« Un vrai voyage à travers les couleurs, les gens, les avions, les fumées des établissements, les chiens et leur maîtres·ses… Un voyage aussi dans les pensées et les émotions. Inévitablement le coucher du soleil rappelle l’existence et sa fugacité. Les derniers instants sont les plus puissants et passent très vite. Le cœur reconnait la fin, et se met à battre plus intensément. J’ai pensé aux soleils de notre vie, qui se présentent à illuminer notre chemin et après « partent » ailleurs. On est tous/toutes des soleils pour les autres, des gens de passage qui illuminent (qui plus qui moins) des lieux, des gens…
Au bout d’un moment, j’ai regardé le ciel mieux et j’ai compté les avions. 9, après 10, après 12… ils étaient comme des petites sardines dans la mer. J’ai surtout regardé le côté qui donne sur Paris car la journée était magnifique et je ne voulais pas perdre cette lumière.
Bizarre, car je n’avais pas capté la luminosité de la journée, ce matin. Ce lieu est alors un moyen d’apercevoir mieux ce qui est déjà là. C’est étrange comment observer soit une activité peu pratiquée sinon par des raisons spécifiques (le docteur, les artistes, les photographes). Toujours une « raison » nécessaire pour le faire. Alors que cela est une voie d’activité en soi, sans raison / utilité « pratique ».
Dernier point que m’a touché c’est le jeu entre le soleil et la lune. Ce matin je regardais une interview à un astronaute qui disait que la lune, même en satellite de la terre, est magnétiquement plus attirée par le soleil. Mais reste à côté de notre planète. Et dans ce jeu de relais je trouvais beau de penser la lune comme une vraie alliée de la terre. Bon bref, un vrai voyage poétique, existentiel, silencieux, une chance à vivre et laisser aussi dispo pour après ? Merci. »
Roberta

« Découverte de la « pièce » - déambulation, à droite, à gauche. Puis, mon regard s’ouvre sur l’extérieur. Une coupole rouge feu est là ! Je ne l’ai pas vu venir. Je regarde surgir le soleil. On n’y pense pas en général, pourtant il gouverne nos vies ! Il rythme nos journées, nos nuits. Il règle le cycle de la végétation, des animaux du petit au plus grand. Des traces d’avion dans le ciel, qui s’effacent peu à peu et dessinent comme des gènes, tels qu’on les dessinait à l’école. Cette boule rouge est là toute entière maintenant. Le soleil efface les saisons dessous lui, je ne vois plus que la fumée des cheminées, dorée à l’or fin. J’imagine de l’eau à la place des habitations… des bateaux qui fument… manif de péniches ? Plus bas, à mes pieds, un enfant joue avec son chien. Ombres gigantesques. L’odeur du bois dont est fait l’abri. Des hommes arrivent, gilet, pince et sac poubelle à la main. Ils partent à la recherche du moindre bout de papier. Sentiment d’être là, à observer, comme hors du monde. Côté opposé au lever du soleil, les maisons sont encore dans l’ombre. Paris, au loin, semble plus sombre. Le veilleur de Berlin doit voir aussi le soleil maintenant. J’entends des pas… c’est fini… c’était bien ! »
Cendrine

« Les premières minutes semblent longues. Que faire pendant toute une heure ? Regarder la ville, tenter de retrouver ses repères. La Tour Eiffel, les tours Jean Nouvel. Mais dans quel sens le prendre ? Où sont les monuments de Paris ? Pourtant c’est bien de ce côté Paris, sous le soleil ! De l’autre côté, sous la lune, entourée d’un ciel bleu à faire pâlir celui de l’été sur la côte d’azur, des tours aussi mais moins connues. Et puis, un court instant, l’esprit s’évade, on regarde les chiens s’amuser sur le gazon en bas, les sportifs s’entrainent, les passants passer.
Et quand on reprend ses esprits après cet instant qui a paru si bref, le soleil commence sérieusement à décliner et à se rapprocher de la ligne d’horizon. On le voit alors s’enfoncer au-delà de ce que nos yeux nous permettent de voir mais avec une certitude absolue : demain, il réapparaîtra.
Un dernier regard à la Tour Eiffel et aux tours Jean Nouvel qui ne sont plus sous le soleil ; un dernier regard vers les tours opposées qui, quoique moins célèbres, sont toujours sous la lune et le ciel (un peu moins) bleu et une dernière pensée : comme ils ont de la chance ceux qui vivent ici d’assister tous les soirs à un spectacle aussi grandiose ! »
Gilles

« Je suis une personne ultra connectée ! Travail, famille. Je savais que j’avais besoin de cette heure. Sans mon petit Ponyo, sans ma femme, sans mon iPhone, sans mail à checker, sans ma famille. Cette heure m’a fait du bien. Je n’ai rien fait et cela sans culpabilité ! Merci. »
Diem

Le samedi 15 janvier 2022 de 11 h à 16 h, nous invitons les veilleuses et les veilleurs à La Maison Populaire pour lire certains témoignages de votre choix. Ces lectures seront enregistrées et serviront de paysage sonore pour une performance inédite rien que pour vous le 4 février au soir.
Lieu : la Maison populaire, 9bis rue Dombasle 93100 Montreuil
Horaires : 11h - 16h
Renseignements : Romain Hatton, infos chez lecycledesveilleurs.fr, 06 15 76 68 31

« Envie de prolonger le silence, la contemplation. Une heure magnifique, intense. Merci. »
Valérie

« "Ô temps, suspends ton vol,
Un vol de mouettes, vues du dessus, belles !
Désir de réconciliation."
Sensation d’être forte et fragile à la fois ! J’aime cette cabine en bois, finalement spacieuse. J’ai appréhendé de m’approcher au début, puis rassurée, je m’y suis presque collée. J’aime ce parc… cette hauteur m’a permis de l’apprécier davantage. Des souvenirs aussi… avoir couru sur la piste d’athlétisme quand j’étais inscrit au club athlétique de Montreuil. Celui plus récent de la pratique du yoga l’été… heureuse initiative et de pouvoir pratiquer cette discipline en plein air. C’est si bon ! Et puis les multiples promenades, quel que soit la saison, même un pique-nique dans la neige avec Frédéric. Merci Joanne pour ce beau projet et cette belle source d’inspiration et de méditation, ce bon et doux moment de recueillement aussi. »
Liliane

« Bonne expérience, enrichissante, retour avec nous-même. Une heure un peu longue quand même. 30 minutes suffiraient. »
Coralie

« Magnifique ce soleil qui se lève. Il apparait tout orangé, étincelant et intense. Il sort vite de ses draps de nuage. Il nous montre au final sa bouille toute ronde. Il nous immonde de son intensité orange. Et redisparaît dans les nuages qui, de ci-delà, se teinte de nuances rose ou jaune, selon.
Un oiseau traverse sans effort le ciel. Il trace une ligne bleu droite, décidé de son objectif. Une pie vient, elle aussi, se montrer. Elle est élégante avec son habit noir et blanc, sa queue est longue, sa posture droite.
Un homme déboulonne les rampes d’escaliers ! Pourquoi ? Les sportifs font leurs tours du stade. Chacun son allure. Et c’est ainsi, chacun son allure.
Et à l’ouest ? La rosée brouille l’image. Rien à voir. Rien à dire. Chacun sa vision, chacun son allure. »
Sylvie

« Ce soir, j’étais le veilleur. Quand la ville-machine fonctionne à plein régime, j’étais celui qui veille. J’étais indispensable. Il faut que l’un d’entre nous veille. Qu’au moins l’un de nous veille sur les autres. Le cycle de doit pas s’arrêter. »
Olivier

« Super expérience. Sous le soleil on est passé d’une couleur miel à un banc de sable et une mer turquoise. On se rend compte que l’on vit dans un champ de bâtiment tout de même. Le bruit de fond ressemble à un cyclone, un tsunami ou d’énormes vaques très lentes au loin. Cela se dissipe avec le temps malheureusement, l’abstrait disparait avec les sirènes. Le côté banlieue est magnifique. J’ai eu le temps de penser à tout et à rien et de ne pas me soucier du temps. »
Alexandre

« Je suis toute engourdie. J’ai scruté les fractales artificielles avec un certain mécontentement, nous avons érigé un monde de lignes inébranlables sans cœur. Je m’accrochais aux nuages, me reposais sur les arbres et l’horizon réconfortant. J’ai veillé, une responsabilité au ventre et puis je suis là, cela suffit. Événement quand j’ai croisé un premier regard, tard, déjà inconsciemment certain d’être seule. »
Marie

« Perspectives, temps gris, brouillard. Le paysage était surtout un support à mes pensées, qui étaient surtout introspectives. On voit les gens, les destins qui se croisent sans forcément s’entrechoquer, les couleurs et les lumières qui clignotent, scintillent au gré des heures. Toutes ces vies qui coexistent géographiquement. Début de journée pour certain·e·s, fin pour d’autres. Des oiseaux qui passent au-dessus de tout ça.
L’urbanisation, aussi. Beaucoup (trop) de béton, comme si la Nature faisait peur. Beauté architecturale et laideur industrielle, le tout dans une aquarelle hivernale et douce. Merci. »
Claire

« Je suis venu voir le soleil se coucher. Je n’ai eu droit qu’à l’horizon bouché. L’histoire de ma vie…
Veni, vici, veillé. »
Grégoire

« Enfermé dehors, le veilleur veille. Le soleil s’élève et ses rayons réveillent les couleurs et couche la nuit. La lune cède, Paris se découvre. »
Antoine

« Vigie. Perchée dans le nid-de-pie, je veille. Je scrute l’horizon des toits de ma ville, à l’affût. Là-bas à l’ouest, le soleil ne se laisse deviner que par ses rayons qui strient les rideaux de pluie. Une mouette passe, d’où vient-elle ? La masse sombre tombe sur l’horizon, ne laissant qu’une tache orange encore vive. La tache se referme, là-bas le soleil est tombé dans la mer. La brume cache la tour de fer mais bientôt elle se révèle à nouveau. Le phare s’allume, chaque 20 secondes son éclat balaye mon abri. La ville est bien gardée. »
Dominique

« Un temps suspendu sur la ville et mon quotidien qui grouille à mes pieds. Désagréable sensation d’être en boîte. C’est parti pour une nouvelle journée. »
Pierre

« C’est avec beaucoup de tranquillité que j’écris ce petit témoignage. Après avoir porté mon regard sur les tours et les habitations grand-parisiennes, sur les promeneur·euses du vendredi soir et sur les sportif·ves du terrain d’à côté. Après avoir regardé et observé d’en haut la ville que d’habitude je vois d’en bas.
Je repars avec une curiosité pour les endroits de la ville que j’ai entre-aperçus, la musique que j’ai entendue de loin et les passant·es dont j’ai croisé le regard.
Merci. »
Clara

« Le soleil n’était pas au rendez-vous, j’espère que Paris ne m’en voudra pas ! Temps d’introspection agréable en visu de beaux oiseaux blancs.
Merci. »
Margaux

« Une heure c’est quoi ? Pas de repère-temps, plus de montre, de téléphone. Déroutant.
Des vues si proches et si lointaines. Une concentration urbaine qui crève les yeux. Comment a-t-on pu en arriver là ? Et puis sur l’herbe un couple de mariés qui se fait photographier.
Des phrases que l’on pensait écrire et qui changent au fil des 60 minutes.
Merci à mon accompagnatrice, merci aux auteurs du projet pour ce moment étonnant, surprenant. »
Vincent

« Aujourd’hui j’ai veillé sur les sportifs, les oiseaux, les amoureux et les petits chiens. »

Anna

« Qui veille sur qui ? La ville veille-t-elle sur le veilleur ou le veilleur veille-t-il sur la ville ? Ou les deux ?
Par quoi définit-on la veille ? La ville est-elle ce tas de pierre entrelacées les unes aux autres de manière artificielle ? Ce tas de pierre inerte, triste et maussade semble n’être là que pour son utilité première de loger ses habitants.
La ville est-elle composée de l’ensemble de toute cette vie humaine, animale et végétale ? Quelques certains humains me regardaient d’en bas, interloqués. Certains enfants me montraient à leurs parents comme s’ils avaient fait une découverte extraordinaire. Mais la plupart des humains vaquaient à leurs occupations, toute leur attention était donnée à la tâche accomplie. Néanmoins, peut être qu’une partie de leur conscience inconsciente me surveillait.
Parmi tous ces éléments, c’est la vie végétale qui m’a semblé le plus être au courant de ma présence. Des arbres au tout petit brin d’herbe, ce sont ces êtres qui m’ont paru être mes gardiens, comme s’ils en savaient plus sur moi que moi sur eux…
Alors oui, j’ai veillé sur la ville, mais la vie qui compose cette ville a elle aussi veillé sur moi. »
Gabriel

« 24 janvier
L’hiver a mis à nu la plupart des arbres
Leurs squelettes émaciés s’exposent
Frêle rempart entre nous et la concrète jungle
Les contours de la jungle de béton apaisés d’un jet de couleurs guimauve.
24 janvier
J’aurais parcouru un chemin
Long, pour faire partie de ceux qui auront veillé
J’ai veillé sur eux tous
J’ai veillé sur elle
Consciente de la fragilité de l’être »
Fabienne

« Je rentre dans la boîte excitée de commencer cette expérience. Je m’avance vers le soleil et la vitre, j’ai peur, comme si j’allais tomber et qu’au fond c’était le vide. Je marche doucement et je découvre ce paysage. Je veux prendre mon temps, je me glisse sur le côté, près du mur en bois. Je veux sentir les matériaux. Je touche le bois d’abord, puis la vitre. Je me sens plus connecté à mes sens ; la chaleur du bois, la fraicheur du verre. Je commence à parcourir des yeux lentement la vue à droite, je ne veux rien perdre de vue, chaque détail. Je prends mon temps, d’ailleurs le temps s’est ralenti. Je m’écrase contre la vitre. Mon corps semble lourd. Puis je regarde chaque profondeur du décor comme celui d’un théâtre avec de multiples couches et couleurs. Puis mon regard va au centre et c’est tout mon corps qui le suit jusqu’à la gauche. Je perçois les bruits, le brouhaha des voitures, les cris des enfants, les aboiements des chiens qui m’énervent. Les couleurs changent. Le cadre blanc lumineux encadre ce décor végétal et urbain. Je me fonds dedans. »
Laurence

« Un épais brouillard recouvre le parc ce matin. Je connais bien le parc et son paysage, alors j’essaie d’imaginer les arbres et les habitations qui s’y cachent derrière.
Il y a déjà quelques personnes venues courir dans la fraicheur de ce matin d’hiver. Ils sont seuls. Certains parcourent le même chemin, d’autres ne pensent qu’une fois devant moi. Il y a aussi ceux qui promènent leurs chiens.
Je sens la lenteur dans l’air. Le bonheur de voir le temps passer, juste à la vitesse qu’il faut. Ni trop vite, ni trop lentement. L’euphorie de l’instant présent, qu’il est si rare d’apprécier dans sa vie de tous les jours.
Je ferme les yeux. Je respire. Je scanne mon corps. À certains endroits, des douleurs. D’autres où je m’y sens plus confortable. Je sens l’heure passer, je me sens bien et ancrée. Apaisée. Pleinement dans mon rôle de veilleuse. Chanceuse d’être là, avec moi-même, au-dessus du parc, des gens et de la ville. Je ne peux pas être plus moi-même qu’à cet instant présent. Quelle joie d’en faire l’expérience. »
Marie

« D’abord il y a l’odeur du bois en entrant dans l’abri. Il faut traverser son reflet pour voir la ville. De coucher de soleil, il n’y en aura pas vraiment. Le ciel est bas, un couvercle tendu sur l’immensité de la ville.
Brouillard.
Couleurs estompées. Nuances infinies de gris, vaporeuses au loin. Les tours du lointain sont à peine visibles. Comme des mirages.
Le bruit de la grande ville. Circulation automobile dense. Des sirènes (police, ambulance) crient quelques malheurs, leurs gyrophares demeurent invisibles. Piétons emmitouflés. Un homme court, l’allure féline, dans le parc. Certains promènent leur chien. Des chiens promènent leur maître. Ça se voit. Un chien tient un morceau de bois dans la gueule et son maître tient son téléphone portable. Chacun son doudou !
Doucement la faible lumière du jour s’estompe. Les contours fondent. Des lumières s’allument dans les tours. Là, il y a de la vie. Certains tours restent les yeux fermés. Inhospitalières.
Deux personnes m’ont fait signe. Petite connivence d’un instant bref. Oui, j’étais bien là, ici et maintenant.
Toc toc toc, la porte de l’abri s’ouvre, c’est déjà fini. Je vais repartir en Essonne. »
Claudine

« Temps gris comme un matin d’hiver. Merci l’odeur du bois. Merci le tapis de verdure longiligne à mes pieds. Côté est : une classe de collège qui participe péniblement à un cours de sport. Côté ouest : peu de chiens qui promènent leur maître mais un ballet de mouettes qui se posent en rond sur la pelouse. Le soleil doit éclairer d’autres contrées. Il reviendra ! »
Maryse

« Le ciel est blanc, nuageux, je ne verrai pas le beau coucher de soleil qui est sur la carte postale, dommage… Peut-être pas. Que vais-je voir aller à cette heure ? En entrant je suis d’abord surprise de voir ce cadre blanc dans lequel je vois une partie de mon ombre. Dehors il y a des pétards j’ai l’impression de jouer dans un film. J’avance doucement et je suis face à mon double. Je suis venue pour veiller, mais je suis impuissante, je me sens impuissante, suis-je imposteur !
Très vite j’ai le sentiment que la vie continue sans moi, comme lorsque j’ai passé un mois à l’hôpital, comme mon amie Michèle qui rentre demain en soins palliatif et va laisser la vie continuer sans elle. J’observe le stade, j’ai l’impression de me trouver devant un tableau de Brueghel avec tous ces petits personnages dans le vert. Mais quel est mon rôle, le sens de ma présence ? J’observe, je m’observe entre mon reflet qui me fait face devant et derrière moi. »
Régine

« Bruissement incessant de la ville
On devine la cité peu à peu
Tour Eiffel une ombre chinoise
Le parc s’anime et les jeunes
S’essoufflent dans le stade
Le moment est suspendu
Et le temps prend son temps
La brume se dissipera-t-elle ?
Demain sans doute. »
Sophie

« Cabine étroite qui à mesure que la nuit tombe semble s’allonger, devenir longueur…
Une chape de brume tombe sur la ville lumière qui le mois ½ durant a accueilli ma douleur. La Tour Eiffel toujours visible, jusqu’au gong annonçant la fin de ma veille, me rappelle de sa lumière incessante, m’oblige à ne pas l’oublier, elle qui fait maintenant partie intégrante du paysage. Elle s’estompera mais jamais ne s’effacera complètement. Une belle expérience en ce jour symbolique. »
Coline

« Il y a la boite qui cadre le paysage
Le rectangle de LED qui se réfléchit
Dans la vitre et flotte à l’horizon
L’odeur du bois aussi
Le paysage est presque abstrait
Il prend vie doucement
Tout est encore un peu blanc
Dans la brume
Et puis tout s’accélère
La lumière, l’architecture, la ville
Le jour se lève »
Patrick

« Je pensais observer le soleil se coucher aujourd’hui. Finalement j’ai observé des chiens, beaucoup de chiens, des gens courir, se retourner, j’ai compté des grues, treize pour être exacte. Je pensais me concentrer sur l’horizon ; il était bien là, distant, abstrait et rassurant, mais je ne m’y suis guère attardée. Mon attention est toujours revenue sur le premier plan, l’immédiat, le proche, les chiens et les gens qui courent. Et une sensation de pause dans le temps, sensation qui donne un peu le vertige, comme quand le bout de mes pieds a touché la grande vitre en arrivant dans cet observatoire : une sensation de vide et d’éternité.
Je n’oublie pas mon ami Grégoire qui m’a parlé du Cycle des Veilleurs. Je n’oublie pas tous les gens qui y participent et avec qui nous formons une drôle de chaîne. Merci pour l’expérience ! »
Maud

« Veiller pour de bon. Attendre ce moment dans la cabane là-haut. C’était imprévu mais à la fois au moment juste. S’être assoupli puis réveillé en sursaut maintes fois, avec la crainte que ce soit déjà fini. Éternel recommencement. Cycle de veille qui aurait pu s’éterniser. Mais il est temps d’aller dormir. Il est tard ce matin. »
Hugo

« Ce serait mentir que dire que je n’ai pas regretté tous les choix de vie passée m’ayant amenée à m’engager à cette veille, en faisant mes premiers pas dans ce cabanon. Cette pensée est revenue régulièrement surtout vers la fin de cette expérience. Il ne faisait pas particulièrement beau (bien que les dégradés de gris des nuages aient leurs charmes) mais l’abondance de chien à laisse fluo dans le parc m’a bien distraite. Je ne pense pas retenter des expériences de la sorte à l’avenir mais j’ai trouvé intéressant d’observer que l’on cherche à observer, comment nos pensées vadrouillent pour s’occuper, les moments de vides… »
Anissa

« Le luxe de cette heure est justement de ne pas avoir de mots à mettre sur ce que l’on ressent, vit, traverse, endure, ce qui nous envahit, nous transperce, nous glace, nous réjouit, nous fait vibrer, espérer, regretter, vibrer, s’émouvoir, pleurer, avoir confiance, ce qui nous émerveille, nous surprend, nous rassure, nous effraie, nous détend, nous fait décoller, sentir, ressentir, songer, rêver, flotter, se répandre, se projeter, s’émanciper.
Une heure unique non pas pour faire le vide mais pour faire le plein, non pas hors du temps mais en plein dans le temps, non pas pour s’élever mais pour s’ancrer, non pas pour s’extraire mais pour s’immerger.
Sinon, mais ça doit rester un secret de veilleurs, aujourd’hui pendant une minute, las de l’humanité, le soleil n’a pas voulu se lever, comme ça, pour voir si les hommes le remarqueraient, en guise d’avertissement, pour que l’on prenne conscience que c’est un privilège de le voir se lever chaque matin.
Cette fois je l’ai convaincu de se lever par pitié, mais qu’en sera-t-il de la prochaine fois ? »
Paul

« Privilège de reine en son royaume. Tu aurais tant aimé l’expérience. J’aurais tant aimé la partager avec toi. Tu étais là en un sens. »
Jeanne

« Changer de point de vue. Prendre de la hauteur ? Avoir l’impression, par mon regard, de rendre quelque chose à cet espace qui m’a si souvent accueillie. Quelques instants après le début de la veille, des élèves se regroupent sur le stade. Souvenirs d’enfance et d’adolescence, le froid, la fatigue et le corps qui se met en mouvement malgré tout. Le lever du soleil accompagne leur course d’abord rapide puis distendue. De l’autre côté, une lumière persistante au sommet de la Tour Eiffel semble tenter de rivaliser avec les premiers rayons. Le vent souffle mais je me sens en sécurité, chez moi. Plus tard, mille petites choses quotidiennes se produisent, toutes plus passionnantes les unes que les autres. Impression de ne jamais pouvoir s’en lasser. »
Cécile

« J’avais choisi cette date, le 31 janvier, car je me suis dit qu’il y aurait peut-être de la neige… Eh bien, il a fait beau. Le ciel était dégagé, bleu. Au fond quelques gros nuages, c’est tout. Il est agréable d’entendre le vent dans cet abri. D’aller de l’un à l’autre des points de vue. D’observer les promeneurs et promeneuses, les joggeuses et joggeurs, et celles et ceux qui font du sport au stade. De regarder les chiens trotter. Je me suis dit que les parce pourraient rester ouverts la nuit.
La ville est calme vue de là. On ne voit personne. On n’entend quasiment rien. Je n’ai vu que celles et ceux qui passaient tout près.
Les oiseaux étaient l’une de mes premières motivations pour faire cette veille. J’en ai vu pas mal. Trop peu toutefois. Je pense avoir vu une perruche, cet oiseau qui en particulier aiguise la curiosité. Je crois que j’aimerais bien recommencer… Merci. »
Nathalie

« Belle expérience contemplative, on porte un regard sur la ville, sur le monde et face à soi-même. Je ne pense pas avoir eu le meilleur des climats, temps grisâtre, petite pluie fine, mais cela m’a permis de me concentrer sur les sens, le bruit, l’eau qui coule, l’odeur du pin, et les mouettes qui faisaient un ballet par leurs allées et venues.
Il y a eu le temps de la respiration, et de la méditation, qui nous ramène vers une forme d’introspection narrative. Je recommande cette expérience urbaine à toutes personnes de la ville, c’est une manière de se réapproprier cet espace-temps si fugace.
Merci. »
Ronald

« Nouvel an chinois – année du tigre.
Le vent souffle à l’extérieur, les arbres secouent les feuilles absentes. La couleur grise domine. C’est triste ! Je regarde la ville avec étonnement, surprise de ces carrés au rectangles dénudés de tout sens esthétique. Les cubes semblent sans vie – vides. Je regarde cette ville, j’ai du mal à imaginer que des millions de personnes habitent ici.
Le ciel tourmenté se calme. Enfin, les lumières éclairent ces petits carrés. La vie semble exister, reprendre. Je regarde la ville, je reste sans voix pour exprimer. Le sentiment qui m’habite. Le vent s’est calmé, il reste au loin le bruit du périphérique. »
Michèle

« Une heure pour soi, entre terre et ciel. La ville se lève, les lumières s’allument puis s’éteignent. Les envols d’oiseaux m’ont accompagné. Merci pour ce moment, inutile mais indispensable, tout n’a pas une utilité. »
Thierry

« J’ai pu expérimenter un espace-temps suspendu face à la ville, à l’abri comme dans un corps. Avec les odeurs du bois, la couleur douce et lumineuse du pin. Les parois proches et invitantes pour se poser, reposer, rebondir en mouvement. Il y a donc mon corps dans ce corps, j’y étais immobile et mobile, silencieuse et sonore. Et puis, je me suis amusée avec mon reflet sur la paroi vitrée et ceux (les deux) du carré de lumière au milieu de l’abri. Une perspective intime sur différents partis de soi tout en restant en lien avec le dehors, en bas, les promeneurs, au loin de la ville, ses lumières qui arrivent peu à peu.
Ce fut un bel instant de calme et de conscience. Je reprendrai le souvenir de cette expérience pour le revivre autrement, ailleurs. Merci pour l’aubaine et pour ce projet ! »
Audrey

« Pour mon anniversaire, je me suis offert une heure de solitude. Comme un précieux cadeau. Pourquoi la solitude est-elle synonyme de tristesse ? Moi j’étais heureuse là-haut, à veiller sur la ville qui s’éveille.
Fermer les yeux… l’odeur du bois, le ronron des voitures, le son des mouettes.
Ouvrir les yeux… une grue qui prend vie, les joggeurs qui transpirent, les chiens qui se défoulent.
Le temps est suspendu, comme moi, au milieu des nuages de ce 3 février. La ville s’éveille, tout est à sa place, tout va bien. »
Céline

« Au début du tour de veille, le ciel était fendu. Des rais de lumière passaient à travers les nuages. Cela donnait de bonnes indications pour savoir où regarder. Puis le ciel est redevenu plus homogène, tout en gardant sa belle lumière d’hiver (lumière révélée par les fumées des usines, en contre-jour). Après, l’attention s’est plus portée sur l’activité à ras du sol : les entrainements dans le stade, les chiens gambadant dans le parc. L’abri s’était à la fois un cocon et une cocotte-minute. C’est un endroit relaxant, un lieu de méditation, mais qui favorise aussi, paradoxalement, « la tempête sous un crâne ». Mais bon, tout dépend de l’état où l’on a laissé ses soucis.
À refaire le matin pour voir comment se comporte la lumière à l’est. »
Joachim

« Je voulais regarder Montreuil dans les yeux avant de la quitter, et la remercier pour ces 10 dernières années. Heureux de savoir que le Cycle veille sur elle, comme elle le mérite.
Le brouillard s’est dissipé en même temps que la fatigue et les pensées du quotidien, je sors de cette expérience avec les idées claires, et l’impression d’avoir eu droit à un tête à tête avec cette ville que j’ai mis du temps à comprendre, mais que j’ai tant aimé. Merci pour tout ça. »
Camille

« Le soleil est apparu dans l’encadrement projeté devant moi, une fenêtre sur le ciel. Témoin et observateur de la flotte de nuages en nombre vers l’est, beaux, majestueux, lumineux.
Une frontière avec la ville dessous, je la décris comme un amoncellement de formes désorganisées, enchevêtrées, compactées. Je relève les yeux vers le ciel et ses nuages ensoleillés.
Je suis tout petit, dans la boîte, à être témoin du soleil qui disparait à l’horizon. Quelle puissance, éternelle ? Que sommes-nous dans cet univers ? Humilité. »
Benoit

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es d’octobre à décembre 2021 se déroulera le vendredi 4 février à la Maison pop, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la cie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des premier·es participant·es.
Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Romain Hatton.

« Les alentours et moi avons échangé l’électricité que nous devions expulser. »
Clémence

« Un peu de Pierre Garnier, dans le ciel, ces tribus d’oiseaux volant en groupe vers le couchant. Du François Bayle dans la tête, « Toupie dans le ciel », ma marotte du moment, adaptée aux grandes étendues célestes. Je ne veille pas seule.
Qui veille sur qui ? Ces enfants qui me regardent, joli trio avec balle. Je tente de veiller, sans sur-veiller. Sans veiller avec trop de pugnacité. Laisser faire la veille. Osciller entre ancrage, prise et abandon. Pourquoi ne pas fixer les yeux sur le béton ? Quelques lampidés, peu de lueurs, à part sur les toits. Vibrations cuivrées. Je n’en crois pas mes yeux. Veiller sur, avec, contre. Contre soi, le cœur contre le monde. Cette fois-ci, et toujours ? Me lover contre lui. »
Christine

« Un tapis de nuages au-dessus de la tête des gris qui s’assombrissent en volant au-dessus de l’abri. Le vent qui fait vibrer l’objet, quand la pluie vient brouiller l’image, tels des pleurs incessants. Paris s’endort ! »
Matthieu

« Il est 8 h 11, il fait très beau, le ciel est profondément bleu et le disque solaire qui émerge est parfaitement éclatant. Cette beauté brute coule dedans mes yeux, se répand sous ma peau, inonde toutes mes humaines molécules. Je suis là, dans cette prière sauvage qui me lie à toutes les ancêtres qui ont célébré le jour neuf depuis l’aube de l’humanité, à tous les frères humains qui seront, après moi, enlacés par cette par cette danse de lumière.
Je suis là, témoin de cette beauté pour tous mes frères humains qui avec moi vivent. Ils sont invisibles, ensevelis sous la gangue de béton de la mégapole, noyés dans le clapotis mécanique. Seule une jeune femme enchaine les tours de pistes comme la Terre tourne, avec sa queue de cheval. Seule une petite fille qui traverse la pelouse dans sa peau de panthère me voit. Nous échangeons un salut. Les mouettes viennent de me toucher, perdues entre ciel et terre. Le jour neuf est là. Nous sommes là. »
Claude

« Le 7 février, le jour d’anniversaire de ma maman. Après des jours et des nuits de stress à cause des études, une pause délicate sur ma vie m’a fait du bien. J’ai pu libérer des pensées anciennes à travers le soleil qui se couchait. La Tour Eiffel, devant mes yeux, mes propres yeux devant plus de 20 minutes, accompagnée de couleurs chaudes d’hiver de février. Je n’étais pas toute seule, tu étais là, maman, à travers ces couleurs. C’était un moment magique et mémorable qui n’a duré que quelques minutes mais qui restera gravé à jamais : le 7 février 2022 à Paris. »
Meïssa

« Une grande réunion de chiens avec leurs humains dans le parc ce matin. J’aurais bien aimé y assister. »
Lisa

« Un ciel gris et dans le fond noir de mes yeux, un soleil levant. Il me semble qu’il ne s’est jamais couché. En phrase finale je me dis que je ne dois pas hésiter à appeler les gens que je veux garder dans ma vie. C’est passé vite. J’ai attendu le noir complet et le jour m’a surpris. C’était agréable de visualiser ses craintes et ses envies comme des bouquets de flammes qui s’en vont en fumée. »
Rodolphe

« Venir dans la nuit noire, braver mon humeur de « non-matinale », rouler doucement dans la vie encore, encore. Monter les escaliers, découvrir l’Aurore, avoir envie de rester là dehors… L’heure de la veille. Les vitres côté soleil nettoyées et côté ombre complètement embuées… Le trait rouge du soleil qui se lève, incandescent, est initialement là. Il fait grand bleu avec quelques traces d’avion blancs. La météo à la radio s’est trompée. Lever du soleil = la joie ! C’est la joie qui est toujours immédiatement en moi. Puis le temps s’étire. Aller-retour entre le paysage et la vitre embuée… Je regarde comme à travers un trou de serrure sur le côté.
J’ai chanté aussi.
À un moment, l’impatience de m’élancer dans le nid, de sortir de la contemplation.
À un moment aussi, les douleurs d’être debout, les souvenirs. Mon ombre/mon reflet dans la vitre du soleil… danse.
À un moment, chanter un peu, ce qui vient, puis une chanson d’enfant qui parle d’espoir.
À un moment la forte présence de la ville qui s’impose, et la réflexion de notre impact sur le monde, la planète. Sortir de trouver normal ce qui est normal. Ce petit point de vue que je suis, bribe parmi les bribes…
Et aussi les oiseaux, et les gens qui vivent dans les tours, et la lumière dorée du soleil sur les choses. Tout ça. Un frémissement. Un instant et l’éternité. Merci pour ça. »
Sandra

« Je pensais regarder beaucoup plus l’horizon et mon attention a été captée par les aller-venues des gens, des enfants, des chiens. Nous sommes un mercredi. Il fait beau. Il y avait beaucoup de monde. Tous m’ont paru bien occupés. Ils jouent, promènent leur chien. Il y avait même un goûter d’anniversaire. Peu semblent se promener sans but.
Une coccinelle jaune est venue me rendre visite puis s’est envolée. A la tombée de la nuit, tout de suite après que le disque rouge du soleil ait disparu, des corneilles sont venues sur la pelouse. C’est leurs cris qui m’ont appelée.
Au début de la veille, j’étais éblouie par le soleil. Plein ouest. Et un peu déstabilisée par cette position en aplomb, ce point de vue qui fait si peu partie de la vie ordinairement.
Maintenant, tout est rose. Et les premiers réverbères à s’être allumés sont ceux des stades. »
Marie-Elise

J’ai pensé au début pourvoir mieux appréhender le passage du temps, pouvoir en être témoin, voir véritablement le changement de lumière. En réalité celui-ci est beaucoup trop imperceptible, il m’aurait fallu comparer ce que je voyais à ce que j’avais vu dix minutes plus tôt. Je me suis donc amusée à passer de l’ouest et à l’est et vice-versa pendant l’heure, et j’ai pu remarquer qu’il me semblait qu’il fasse à chaque un peu plus jour de l’autre côté, comme si cette interruption de quelques secondes le temps de travers le couloir me permettait un regard nouveau sur ce que j’avais pu voir quelques minutes plus tôt.
Mon expérience du regard pendant cette heure m’a vraiment questionnée : qui regarde qui ? Alors que je pensais regarder les gens et la vie qui se déroulait sous moi, j’ai eu l’impression au bout d’un certain temps que c’était plutôt l’inverse, c’était peut-être moi finalement qui était vue et observée. Isolée dans une boîte, exposée au milieu du parc, sous les multiples regards en provenance des tours, exclue momentanément de cette vie quotidienne. Je me suis sentie soudainement vulnérable et observée. Cette hauteur prise et cette exclusion (spatiale, mais aussi temporelle) me permettait à la fois un sentiment de puissance, de pouvoir voir ce que les autres ne voient pas mais aussi le sentiment d’être minuscule, perdue au milieu d’un monde qui me dépasse. À un moment, comme par magie, en observant une personne et son chien, celle-ci s’est retournée et a levé les yeux vers moi un instant. Comment avait-elle deviné ma présence ? Est-ce qu’elle a senti mon regard ? Son regard m’a en tout cas fait passer d’une position d’observeuse à observée à mon tour.

« Au moment où j’ai vu passer ce que je crois être un héron, j’étais persuadé que c’était le signal de quelque chose, un changement, un événement… Mais non, rien. C’était simplement un parmi les milliers d’autres cœurs battants sur lesquels j’ai veillé, tendrement, et avec presque toute mon attention. »
Simon

« Urbano-cosmique, le spectacle de la contemplation. Le lever de soleil supersonique m’a grillé la rétine. Tout le monde semblait aller bien. Merci pour le café. »
Adrien

« Redécouvrir sa capacité de s’émer(veiller) ! Contempler l’horizon dans un cocon.
Bois – matière
Vitre – lumière
Fenêtre sur le vivant. »
Salomé

« Se lever tôt un samedi matin pour assister à un lever de soleil dans un abri en bois m’a paru être une drôle d’idée. Au final le temps passe vite si l’on observe attentivement ce qui nous entoure. Deux chiens qui se disputent un gros morceau de bois, un défilé de joggeurs, un ballon orange, une balle jaune… Tout le monde s’est bien amusé ce matin et j’étais là pour le voir. »
Gautier

« Ce matin j’accompagnais un veilleur pour lui apporter toute ma sympathie et ma bienveillance pour qu’il puisse apprécier de façon optimale ce moment si particulier. Ce soir je remplaçais au pied levé une veilleuse qui a annulé à regret sa veille à cause d’une fracture… au pied.
Sylvie m’accompagnant pour cette session qui s’ajoutait à mes trois performances précédentes.
Dès le début de la ville, je me suis senti enveloppé par une douce chaleur réconfortante, bienfaisante, apaisante et sécurisante amplifiée par ces arômes de bois. Cela a duré longtemps et a occulté pour l’espace d’un moment l’hiver et le froid.
En m’habituant à cette situation revigorante, j’ai observé enfin l’évolution du soleil et ce fut cependant une belle expérience vécue aujourd’hui. »
Bernard

Voir le lever du soleil, la magie de l’étincelle rouge entre deux buildings. Elle enfle cette étincelle, très vite, ne pas en perdre une miette. Elle devient disque orange flamboyant ne pas la quitter des yeux – impossible – l’œil ne s’en remettrait pas. Alors pendant que ce soleil monte, car c’est bien de lui qu’il s’agit, regarder autour, observer la ville qui comme chaque jour renait. Au premier plan le parc où les coureurs du dimanche commencent à affluer, la ville sur ce côté Est est à contre- jour, on ne discerne pas complètement les immeubles, on voit par contre beaucoup de fumerolles, fumées d’usine, d’immeuble ? Au loin plus loin, se dessine l’horizon.
Et plus haut le ciel est strié des avions qui atterrissent ou décollent d’Orly. Les oiseaux passent et repassent devant moi. Un pigeon m’observe sur le toit d’en face. Le soleil de plus en plus fort ne peut plus être regardé en face. Je me tourne vers l’ouest. Ouest… vers Paris donc. La ville est éclairée. J’avais des repères. J’observe, je veille et je cherche mes marques. La Tour Eiffel, les tours Jean Nouvel, celles du 13e, le cimetière de Père Lachaise, plus près des immeubles rouges des années 30, 50, sur les extérieurs. On ne voit pas la Seine, pas Montmartre, pas la Défense. J’observe, je veille sur la ville. Le temps passe. Un souvenir de tout… au loin les hauteurs mais comment le situer ? Peut-être les hauts de Meudon ? ou ceux de Vitry ? Ah cet immeuble, peut-être l’hôpital Gustave Roussy à Villejuif ? Je reviens vers le soleil et quitte ce qu’il éclaire. Il est déjà très haut, les coureurs sont de plus en plus nombreux, les promeneurs de chien aussi. Et moi je suis là-haut seule et bien pour la première heure de mon anniversaire. La veille se termine, une heure sans repère c’est court. Quelle belle initiative ! Merci pour cette expérience.
Anne

« Un poil claustrophobe et me sujette au vertige, le défi s’annonçait difficile. Mais mon accompagnateur Grégoire (Merci !) a su me mettre à l’aise et susciter ma curiosité quant à l’expérience.
Une fois à l’intérieur, prendre possession du lieu. Plutôt facile. Faire fi du vertige, également.
Le premier élément qui me frappe : le bruit. Vais-je réussir à en faire abstraction ? Il faudra bien. Le deuxième élément : les visiteurs du parc. Plutôt rassurant. Aussi je ne serai pas complètement seule durant cette heure qui sera sans doute une éternité. Repéré par une maman et son fils, nous nous saluons. Plutôt sympa. Mais plus qu’une vigie, je me sens l’âme d’un voyeur. Dérangeant. Puis je m’habitue peu à peu et commence enfin à appréhender l’environnement, le paysage et l’horizon je suis quand même peut être venue un peu pour ça. Le caisson devient alors mon cabanon, mon refuge. Qui l’aurait cru ? Pas moi. C’est pourtant la réalité – un tel point que à l’aise dans mes chaussettes, solide sur mes guiboles, le regard fixe sur ce foutu soleil qui se couche, je suis dérangée par de nouveaux visiteurs du parc. Si la première fois fut agréable, cette fois-ci ça ne l’est pas. Qu’on veuille bien me laisser tranquille, merci. Au final l’expérience fut plus qu’agréable, plaisante voire un chouille onirique, et sensorielle. À reproduire et revivre si l’on m’en donne l’occasion. »
Estelle

« À l’est, le soleil blanc et chaud dans un ciel bleu. À l’ouest, une longue bande gris-vert nuageuse, intense et polluée. Elle coiffe la ville et la sépare d’un ciel bleu pâle, très pâle. Oui, dans l’abri, je sens le vent qui fait vibrer les parois de bois de l’abri. Ainsi, en un instant, je pars dans mes souvenirs d’enfant de 5 sans, près de la mer, en Normandie, à Petit Fort Philippe dans ce meublé aux fenêtres non étanches qui laissaient passer le froid et chanter le souffle du vent.
C’était aussi un moment à moi, gravé dans mes sensations. »
Sylvie

« J’avais bien connaissance qu’en Île-de-France le vent venait de l’Ouest, ce qui expliquait que les « beaux quartiers » et la banlieue aisée se situaient à l’Ouest et les usines et les banlieues ouvrières à l’Est. Pour être sûr que les odeurs d’usine partent vers l’Est.
Durant cette veille, parce que le coucher du soleil, parce que la lumière, c’est l’horizon ouest qui s’ouvrait le plus facilement à ma perception. Et c’est là que j’ai vu l’averse inévitable tranquillement arriver. Elle a tout recouvert, elle a tout obscuré, jusqu’à ce que les gouttes viennent frapper la vitre et rendre tout flou.
Puis vers le tard, une légère ligne rouge s’est finalement levée, comme si la « veille » de ce soir devenait un matin. Et mon paysage intérieur s’est brouillé : la notion d’horizon qui a plutôt été pour moi un point à atteindre (un horizon d’attente) apparaissait soudain comme une anticipation. Le Futur et le Passé réunis.
Merci pour l’expérience spatio-temporelle veiller à… »
Laurent

Une vidéo réalisée par Simon Paugoy (drone) et Mathieu Besson lors de l’installation de l’objet-abri le 28 septembre 2021.
Vidéo d’installation de l’objet-abri
Depuis le 2 octobre dernier et pendant toute une année, la chorégraphe Joanne Leighton et la Maison populaire de Montreuil proposent de participer au projet Le Cycle des Veilleurs. Depuis le toit de la Maison du Parc départemental Jean Moulin – Les Guilands, entre Montreuil et Bagnolet, 730 personnes veillent la ville pendant une heure au lever ou au coucher du soleil dans l’objet-abri conçu par le scénographe Benjamin Tovo.
Une création de Joanne Leighton.
Performance portée collectivement par WLDN/Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/Centre de développement chorégraphique national, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Ville de Paris. Avec le soutien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/ CDCN, L’Étoile du Nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit Blanche Métropolitaine.

« Ciel incroyablement clair. Le ligné lumineux se découpe et n’a pas l’air d’être un début de soleil. Il faut du temps pour le reconnaître. Je découvre un espace et un paysage totalement inconnus. C’est une autre ville, un autre espace que les questions familières où j’ai vécu, travaillé, circulé pendant tant d’années. Très étranges – les souvenirs reculent, s’éloignent, j’imagine les vies invisibles dans les carrés minuscules des tours. Les intimités, les familiarités que des milliers d’humains se fabriquent à l’intérieur de ce paysage.
Un vol de mouettes se pose sur l’herbe. Un chien brun, un chien noir, un chien blanc, parc plein de chiens. Leurs maîtres posés verticaux et parallèles. Un seul enfant en une heure, anorak rose, bottes maladroites.
Le béton angulaire, le métal rouillé, les cubes de ciment qui ont l’air de ne rien savoir de l’ovale du stade juste voisin. Les marcheurs ont un espace immense, la lumière et l’air frais se posent sur leurs visages mais aucun ne lève les yeux, tous ont l’air d’ignorer que le soleil se lève.
Le soleil, lui, est attentif, il veille à de la douceur sans rupture au-dessus du chaos des villes en désordre. Nappes de brume et de couleurs horizontales. Beaucoup d’amitié pour les vies qui se fabriquent, ne font pas attention à lui mais savent qu’elles peuvent compter sur lui. La lumière semble résister à toutes les catastrophes, elle reste là. »
Isabelle

« Un moment suspendu, dans le temps et dans l’espace. Au début, le regard a du mal à se fixer, on ne sait pas où poser le regard : les arbres, les passants ; les oiseaux, les lumières, les bâtiments… Puis on se familiarise avec son environnement et l’on peut percevoir tous les contrastes que ce paysage nous offre ! Merci pour cette belle expérience, surprenante et enrichissante. »
Marion

« D’abord observer.
Essayer de retrouver, à partir des toits de maisons, les chemins que l’on a l’habitude d’emprunter. Regarder les pies, les corneilles et les mouettes voler à quelques mètres de l’abri. Écouter le périphérique, les sirènes des ambulances, les oiseaux toujours. Saluer de la main la femme qui promène son chien. Puis se rappeler qu’on est là pour veiller. La ville, le paysage, le lever du jour. Alors se mettre en position pour avoir un regard plus panoramique. Se rappeler quelques conseils dédiés à la méditation de pleine conscience. Essayer d’être ici et maintenant. Mais rapidement se faire frapper par ses petites voix intérieures. La liste des tâches à accomplir, les petites choses qui tournent en boucle. Se rendre compte qu’on a oublié de veiller plusieurs minutes.
Observer à nouveau. Une corneille qui a choisi de se percher au sommet de l’arbre le plus haut. Quasiment à notre hauteur. Et alors être rassurée : quand le Cycle des Veilleurs prendra fin, elle sera toujours là, à veiller la ville et le lever du jour (mais qui sait quelles sont ses petites voix intérieures ?). »
Cécile

« C’est l’heure de ma veille
C’est l’heure de moi, l’heure de la veille de moi qui veille
L’heure d’une fine pluie ou une pluie fine qui veille
L’heure des gouttelettes sur la vitre, glissant à peine, en veille
L’heure des toits en tuiles rouges qui veillent
L’heure d’une bâche bleue sur des tuiles rouges qui veille
L’heure de l’herbe verte en bas qui veille
L’heure des arbres sans feuille et leurs branches toutes maigres qui veillent
L’heure des sapins et des thuyas toujours vertes et touffues qui veillent
L’heure des enfants qui jouent au foot en veillant
L’heure des enfants qui ne jouent pas au foot en veillant
L’heure d’un couple qui se promène, la femme avec foulard, l’homme une casquette qui veille
L’heure des chiens en laisse qui courent et se coursent en veille
L’heure de ceux qui promènent leurs chiens qui veillent
L’heure de ceux qui ne promènent pas leurs chiens qui veillent
L’heure des immeubles haut et des immeubles bas qui veillent
L’heure de l’immeuble jaune qui veille
L’heure de la tour de la mairie et la Tour Altaïs et le rocher du Zoo de Vincennes qui veillent
L’heure de la Tour Eiffel qui va et vient avec la brume qui veille
L’heure des planches sous mes pieds qui veillent
L’heure de mes pieds qui veillent
L’heure du jour, du mercredi gris qui veille
L’heure de nuit, du mercredi gris qui veille
L’heure de l’entre-jour-et-nuit qui veille
L’heure des cris des enfants qui tapent un ballon qui veillent
L’heure des lampadaires qui veillent en s’allumant à l’heure de la veille
L’heure des nuages qui fuient en veillant
L’heure des nuages qui veillent l’heure qui fuit
L’heure qui fuit en veillant les nuages qui ne fuient pas
L’heure d’une pie en haut d’un bouleau sans feuilles qui veille
L’heure des pigeons qui marchent sur le chemin sans les arbres qui veillent
L’heure des Montreuillois et ceux de Bagnolet qui veillent
L’heure de ceux qui rentrent du travail à l’heure de veille
L’heure de ceux qui n’ont pas de travail à l’heure de veille
L’heure de rester debout pendant la veille
L’heure de s’asseoir après la veille
L’heure de veiller
L’heure d’être veillée
L’heure de moi, l’heure de toi qui veillent
L’heure de celui qui veille
L’heure de… tu es cela »
Amy

« La création divine reste sans commune mesure avec la création humaine… Surtout dans le 93 – mais ce devient aussi vrai à Versailles. Chercher Notre-Dame, pas vue… »
Arnaud

« À la fois long et court, un temps hors du temps
Ne rien faire qu’attendre et à la fois observer, veiller sur la ville mais dans une bulle en retrait
Sentir les vibrations du vent sur les parois, un peu de vertige parfois, se sentir soi
Être attentive aux sensations intérieures, engourdissement, raideur, fatigue… mais envie de rester là.
Sensation de lâcher prise, apprécier ne rien faire et ne pas savoir l’heure, scruter la disparition du soleil
Envie de rester là… Merci ! »
Aurélie

« C’est une épreuve pour moi de rester sans « rien faire ». Je suis plutôt de nature à toujours être en train de faire des choses et même quand je me pose, j’ai tendance à écrire des listes « to do ». J’en ai fait dans ma tête ce matin, mais, miracle ! Je ne me souviens de rien. Les symboles du temps sont forts quand on passe cette heure dans la cabane. Les immeubles symboles d’époques différentes, la Tour Eiffel, les gens qui font du sport pour combattre le temps, le changement de lumière bien sûr, les klaxons de voitures indiquant le retard… J’ai beaucoup aimé malgré ce ciel bien couvert.
Merci. »
Kristin

« Ça bruit là-dessous, ça rugit. Ma coquille tient bon solide et fragile. Ça rougeoie derrière mes paupières. Points, lignes, deux yeux me regardent à travers les nuages.
Ma grand-mère savait dire l’heure en regardant le soleil. Mon grand-père je ne sais pas. Ma grand-mère savait siffler en maintenant un brin d’herbe entre ses pouces et ses paumes. Mais comment font les oiseaux pour voler en pleine bourrasque ?
Soleil je te salue et boirai à ta santé une bonne bière bien fraîche. »
Delphine

« De près, de loin, à gauche, à droite, de haut, plus bas, en panoramique et en mode portrait… Merci la ville de t’ouvrir à moi, aux feuilles d’arbres de se donner en spectacle, aux coureurs de répéter leur tour, aux chiens de gambader, du soleil de se lever, à cette promeneuse de me saluer. Je ne prends rien de tout cela pour acquis. Je dis simplement merci. »
Jessica

« Je suis arrivée dans cette cabane avec joie. Enfin. J’allais prendre une heure pour moi et moi seule. Je me suis assise, quelques larmes étaient sur le point de tomber. La joie de de ne rien faire, enfin ! Peu à peu mon regard a pris des risques… les premières minutes se sont penchées sur le sol, puis le regard a pris le risque de contempler les immeubles, puis plus loin en se dévoilant ce qu’il avait au loin, pour enfin regarder le ciel et replonger dans un jeu d’enfance : s’imaginer quel animal représentait les nuages qui passent. Le corps s’envolait au fil du temps, les yeux se ferment. Seuls les cris, le sifflet de l’arbitre, les aboiements des chiens composent le paysage. Les vibrations ont fait vibrer la cabane. Je suis seule avec un corps qui s’enfonce et un esprit qui se repose. Je suis bien. Merci à chaque personne qui ont fait et font vivre ce projet. »
Gwladys

« Le temps guérira tout…
Pas de silence sans tempête
Les rafales caressent la maison de bois
Le gris a enseveli tout horizon
Il assombrit ma vision
Comme il est beau ce faux accord
Face aux immeubles bétonnés et à la dame de fer,
J’ai vu une femme au bonnet
Vert sapin faire voler un cerf-volant
de couleurs. Elles se sont retournées.
J’ai vu des corgis sacrés, des maîtres,
des chiens. Ils ont des laisses autour des mains.
Courreurs, courrez ! Ici je vois danser
les oiseaux. Ils valsent à tour de rôle,
à chaque bourrasque de vent.
Certains luttent mais un corbeau demeure.
Le gris devient bleu nostalgie.
Comme il est triste ce bel accord.
Le temps guérira tout. »
Aurélia

« Vent fort, course de nuages, soleil timide puis roi soleil
Une corneille, une hirondelle, deux pigeons et quelques mouettes
Les ombres courent, les joggeurs s’étirent, les chiens s’affolent
Et les voitures, sans s’arrêter ronronnent
Je n’ai pas vu le temps passé, mais il est passé un peu vite
Merci à l’équipe, bisous la Maison Pop. »
Pierre

« Étrange expérience que de surveiller la ville. Étrange sensation quand les lumières s’allument petit à petit que celle d’entrer chez les gens par leur fenêtre, un peu voyeur.
Bouleversant se sentir seul face au vent, à la ville immense, aux gens qui passent et ne nous voient pas. Statue qui veille, qui surveille, qui émerveille.
Merci. »
Miguel Angel

« D’abord, ne pas penser. Ne pas penser à sa journée de travail à venir, à sa liste de courses à faire, aux soucis du quotidien. Ne pas penser. Puis penser. Penser à faire entendre sa respiration entre les parois de bois. Penser à toucher le bois. Penser aux poches, à l’amour, ses amours. Laisser sa pensée s’échapper, avec le vol des oiseaux. Se sentir interrompu dans sa pensée, lorsque les passants, joggeurs et baladeurs de chiens en contrebas vous aperçoivent… Se demander ce qu’eux, ils peuvent bien penser de moi, de ma position. Et penser qu’il reste encore un quart d’heure, alors que c’est déjà fini…
Merci. »
Julien

« D’abord l’odeur, celle du bois. Et le son sourd du vent et des voitures au loin. L’air chaud au centre et une brise d’air côté Montreuil.
Mes pensées naviguent, voyagent, restent étrangement dans un mouvement permanent. Je raconte, me raconte, décrit, pense…
Un homme s’accroche à un arbre puis trottine à reculons.
Côté Montreuil, le stade ne désemplit pas. Un homme reste assis durant presque toute une veille. Je suis côté Paris lorsqu’il s’éclipse enfin.
C’est accroché à ces presque rien que je me suis laissée porter et voyager au long des chemins, de l’infiniment proche au lointain.
Merci. »
Laurine

« It’s a clear morning. The sky is limpid, glowing, getting brighter rapidly. To start, both windows are foggy, I touch my hand against the glass hoping to rub a clear patch, but the condensation is on the outside. I feel slightly frustrated as the exterior humidity is lost, I am in a fuzzy space.
Then the sun starts to rise. An orange curve pushing up behind a building. Sharply, despite the fuzzy window. It is held behind the basket-like structures of the floodlights, a basket of fire, like an Olympic torch. The condensation disappears as the sun’s rays touch the glass. The view crystallizes. Silhouettes of buildings, plumes of smoke rising vertically, dozens, even hundreds. The city breathes, exhales. The sun goes from orange, to yellow, to pale yellow. I could only look straight at it for a few moments, when it appeared as an orange disc.
Facing west.
It is still foggy, but the sun’s rays have transformed the previously grey city and park. The colors have become rich and deep, greens, reds, silver, gold, chestnut, brick, black, charcoal. I watch two magpies sitting high in the branches of a tree. So high that the branches are more like twigs. The grass of the park below has a tufty texture that is imperceptible at ground level, as if one can see the thousands of feet that pass across it, shaping it. The silver birch trees glow, bunches of silver ropes and threads. How nice to be here at the end of winter, before the leaves are out.
I watch a woman play with her dog. Throwing a tennis ball. The dog bounds with joy. She teases him, pretending to throw in one direction, then suddenly changing her mind. They seem complicit, utterly happy in each other’s company.
What a magical privilege to have had this moment up here, on this beautiful morning. »
Ruth

« Merci pour ce moment, l’écoute et l’observation… J’ai pris le temps ici de contempler la ville. J’y ai vu comme un corps, avec ses bâtiments comme des danseurs, ces zones lointaines et ces gens qui passent. C’était un peu comme voir de manière plus attentive à la fois la ville et ce qui circule en moi, tout de suite, maintenant.
Encore merci pour cette expérience et ces rencontres ! C’est un moment à la fois interne et externe qui m’a fait prendre de la hauteur ! À refaire, et curieuse. Les expériences multiples. Merci à la Maison Pop, merci à Joanne Leighton.
À une prochaine, peut-être ! »
Lisa

« Un beau moment d’observation et aussi d’introspection. Le va-et-vient du glissement entre deux états et deux paysages. Subrepticement la nature qui s’éveille et nous sort de nous-mêmes, des tentatives de reconnaitre les bâtiments qui nous entourent et des paris contre soi-même pour estimer la position du soleil à la fin de la veille.
Merci pour ce projet, aux artistes et organisateurs.
Merci à Romain pour son accueil. »
Marie

« L’horizon au deuxième étage. L’accueil par l’arc-en-ciel. L’impatience, le désir, l’excitation qui s’apaise comme le soleil. Oui, il s’est bien couché ; oui, nous avons tourné.
L’horizon doré, belle image. La chaleur du bois, le reflet dans ce marbre. Choisir son cache, sa position, son angle. Comme elle, comme lui, comme iel, agité, fougueuse, m’apaise quelques soubresauts, puis la ligne, le calme, sérénité, salut.
Saisi du froid, sortir du cocon les larmes qui foulent les joues jusqu’à la dernière étincelle. »
Chloé

« C’est ma deuxième veille, je remplace Sophie qui n’a pas pu venir. Je ne me sens plus comme un veilleur du premier jour, plutôt quelque chose comme un gardien de phare.
Ce paysage, les levers du jour commencent à devenir familiers, à faire habitude.
Ce perchoir commence à faire partie de moi.
Putain, je commence à me prendre pour Batman !
La puissante douche de lumière baigne mon corps, et puis comme une révélation, plutôt comme une intense et douce étreinte que mon corps appelle, souhaite, désir… Ça me nettoie instantanément de toutes mes adhérences, mes préoccupations domestiques… L’énergie nucléaire du jour qui monte irradie un organe secret en moi.
Ça fait pulser la vie, c’est sûr ! »
Claude

« J’ai été chanceuse de faire ma veille lors d’un jour aussi ensoleillé que celui-ci. Le bruit du vent sur l’abri, les oiseaux et leur chant ; le bruit des conversations dans le parc : ce fut un moment agréable où j’ai mobilisé mes sens.
Mon moment préféré a été le coucher du soleil en lui-même. J’ai observé le soleil disparaître à l’horizon en une fraction de secondes (ou en quelques minutes) et c’était magique ! »
Marietou

« Ce matin, j’ai donc eu la chance de pouvoir observer le soleil sortir de derrière la tour. Impressionnée de voir la rapidité du mouvement. De pouvoir suivre le mouvement des ombres sur les bâtiments. J’ai passé un moment certain à apprécier le vol des oiseaux dans ma bulle, à les voir démarrer leurs activités, à les écouter. L’odorat est venu me rattraper sur la fin de l’expérience, l’odeur de bois de ma bulle ajoutait à cette impression de cocon, d’être en suspens.
Merci pour cette entame de journée toute en douceur et en beauté. »
Céline

« Le beau coucher du soleil ma transporté jusqu’à mon cher pays « le Pérou » et la Tour Eiffel m‘a ramené… magnifique ! »
Rosanna

« Ciel ouvert, spectroscopie qui s’étale sur la ligne d’horizon. La lune attend que le soleil se lève pour coucher son délicat croissant. Il surgit comme la formule de Ponge, une perle dans mes mains – huitres. Buée, contact, œil qui me regarde. L’œil de l’univers peut être l’œil. L’œil ? Un regard qui réchauffe, qui éclaire tout en plongeant dans l’ombre. Contrastes, contre-jour. Tourner le dos, pas pour tourner le dos, pour se laisse soutenir et réchauffer. Et regarder les couleurs éclairées. Sentir la chaleur, derrière. Bienveillante, agréable, traverser. Me traverser. Et puis jouer. Entendre, écouter, bercer, regarder, fermer les paupières et voir encore de l’intérieur. Avec la peau, les oreilles et le nez jouer, avec les pieds avec les jambes avec les bras. Je suis comme un soleil à la fois immobile et en mouvement. Lent. Étiré comme le rayon qui part de cette pupille blanche, éclaire la ville, les gens, fait chanter puis voler les oiseaux se décompose aux couleurs de l’arc en ciel dans une buée sur la vitre froide et réchauffe mon corps qui s’expose.
Merci pour ce trop court moment d’intimité avec le temps qui court ! »
Céline

« Une pause dans le temps, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi détendue. Ma participation à ce projet vient du hasard, je m’attendais à quelque chose d’apaisant et de beau. Le soleil était avec moi aujourd’hui et c’est ce qui a rendu cette expérience aussi belle. On ne mesure pas l’importance de prendre le temps de regarder ce qui nous entoure. Je garderai ce souvenir en tête, les personnes qui ont pu me voir et ce coucher de soleil. »
Sarah

« Merci d’avoir enchanté ma journée. »
Pierre

« On se perd dans les saisons. Je m’attendais au gris-bleu du Paris de l’hiver. Voilà que le soleil rouge me transperce. Il me force à retirer mon pull. Les enfants jouent, les parents veillent. L’ambiance est printanière en bas.
J’ai tourné le dos. Le soleil trop chaud m’éblouit. Il me transperce et je ne tiens pas ; Je regarde alors tous les pigeons voisins que les humains en bas. On repense à ce qui forme le quotidien. Soudain les couleurs changent, un bleu froid se laisser apercevoir.
Je me retourne de nouveau. Le soleil est redevenu amical. On peut fermer les yeux, le laisser nous transpercer. On peut aussi regarder à ses alentours. Le rose surgit traçant une ligne d’horizon au-delà de la pollution et la Tour Eiffel. C’est beau. Paris redevient petit. Et c’est quand on peut regarder le soleil en face qu’il passe derrière un nuage. L’horizon n’a pas basculé qu’il nous manque déjà. »
Clément

« Dans l’intimité du réveil
Au lever du jour, ce matin
Lentement, le temps passe vite
Entre la ville qui dort, immobile
Et la ville qui vibre, vivante
À hauteur d’oiseau
Dans la couleur du réveil
La douceur et l’empathie
On voit près, de loin
Je pense à eux là-bas
Il n’y a pas de distance, la lumière nous unit
« Quand je serai grand, je serai un oiseau »
Dans la chaleur de l’hiver
Le bois et le verre, le béton et le vert
Des bourgeons et des chiens
Là-haut, celui qui veille
Et dans avec le monde
Qui tourne. »
Paul

« Merci à mon amie qui m’a parlé des Veilleurs au cours d’un dîner. Je l’écoutais attentivement et j’essayais aussi de manifester un peu d’enthousiasme lorsqu’elle m’explique de quoi il s’agit. Et évidemment, spontanément, je lui ai déclaré que je voulais faire partie de cette sorte de chaîne de solidarité.
L’idée de veiller sur la ville m’a plu, me plaît, m’a plu. Je n’ai pas de porte-voix pour clamer « dormez braves gens, tout va bien ». Personne en bas ne m’a « calculé », comme on dit aujourd’hui. Mais je suis joyeux de participer à un projet à la fois individuel et collectif, je suis ragaillardi à l’idée que ce que je fais n’a pas de véritable impact sur la marche de la société. Je ne m’attendais pas à être touché par la grâce. Rien ne devait se passer et rien ne se passa, à part les chiens qui s’amusent tout en bas. La vue ? Le spectacle s’est assombri. Quelques lumières se sont allumées. L’ouïe ? Des voix entendues ici et là et le vague murmure du trafic. L’odorat ? Odeur du bois. Rien d’autre. Pas grande chose donc au niveau des sens. Et la pensée, alors ? Je ne voulais pas penser, à part peut-être rester un peu concentré sur ma tâche, veiller. J’ai essayé de ne pas penser à « Môa » et de ne pas penser aux humains. Juste laisser le temps s’écouler et le sentir passer. Oui, on le « sent passer », presque comme une sanction quand on a atteint un certain âge. J’aurais aimé sortir et dire tout de suite à Romain : « putain, qu’est-ce que je me suis fait « chier » ! » Mais non. Au fait, il est sympa, Romain. Cette veille, elle sert beaucoup à cela : à travers un projet basé sur la solitude, rencontrer des gens… Je m’arrête là. Il fait nuit maintenant. Je suis content, j’ai accompli ma mission, une mission humble, sans importance. C’est cool. Merci à tous. »
Guy

« Accueillie avec bienveillance, je rentre dans l’abri perché. Je regarde le ciel, entrevoit une ligne orangée. Le soleil se lève mais je ne le vois pas. Je sais qu’il est là. Le nouveau jour, cette énergie renouvelée. Je suis comme une gamine, comme une princesse, au dessus de tout. Je prends de la hauteur, je vois les cimes et les oiseaux qui s’y posent. J’aperçois des mini-silhouettes et je me sens toute petite aussi. Face à ce monde qui s’éveille. Avec ou sans moi, le soleil se lève et se lèvera toujours. Je me sens à l’abri, haut perchée. Et je pense aux abris souterrains, dans lesquels des femmes et des enfants se cachent, parce que la guerre les y oblige. Et me sens chanceuse. La joie arrive et mon corps se détend. Je baille car un nœud se dénoue et une porte s’ouvre en moi. Je me sens en paix et je la souhaite du fond de mon cœur pour les miens, les autres et notre humanité bien déshumanisée. Nous devrions saluer le soleil tous les matins.
Merci. Pour la lumière, et le temps suspendu. C’est un cadeau. »
Michaella

« La ville n’a pas bougé, les gens un peu. Ça se déroule tout seul, pas besoin de veiller sur eux, ou le déroulement. La vie ne s’arrête pas au soleil. La ville non plus. Ça ne bouge pas. »
Florent

« Waouh ! Merci de m’avoir permis d’expérimenter cette drôle de chose. Disposer d’une heure, une seule, isolée dans une boîte suspendue entre terre et ciel. La première partie a été formidable. Ce temps si précieux dont je pensais ne pas en avoir suffisamment. Comme je l’apprécie ce matin pour « ma veille » une heure.
Tu observes, regardes ce qui t’environnes, t’émerveilles de toutes petites choses, voir passer les oiseaux, s’allumer les lumières, courir les gens, tout un monde. Puis je me recentre sur moi, mes sensations, mes projets pour tout à l’heure et pour les mois qui viennent. Oui essayer à l’avenir de s’octroyer quelques minutes à soi, rien qu’à soi et se donner le luxe de ne rien faire. Mais pourquoi, à quoi ça sert. J’aimer accomplir mes tâches quotidiennes qui m’enchante et me désespère en même temps… Le temps est élastique. Comment font ceux qui se retirent volontairement du monde. Je pense aux religieux, aux mystiques et également à ceux qui sont enfermés en prison. Deux temporalités différentes, deux mondes.
Puis j’ai la volonté de sortir, c’est bon, j’en ai assez ! Je ne sais pas, plus combien de temps il reste. Contrainte qui vers la fin me deviens de plus en plus pesante. Ne pas savoir, ne plus être maître du temps, le sommes-nous un jour ? Quelle trace laisser ?
On dit que la contrainte libère, oui ce matin cela l’a été pour moi. »
Rahima

« Liberté, insouciance, domination de soi, et de son temps. Ce moment qui au final était plutôt « court » dans la capsule m’inspire ces mots. Une expérience exceptionnelle qui m’a permis d’avoir l’impression que le temps s’arrêtait et que je pouvais contrôler ce qui se passait. Je regardais et observais les enfants jouer au ballon, les parents jouer avec les chiens, cet homme qui dansait tout le long avec acharnement dans le perfectionnement de ses mouvements. J’étais venue participer de cette expérience en me disant que cela me permettrait de me poser des questions et peut-être trouver des réponses, faire le vide aussi dans mon esprit. C’est réussi pour le 2e objectif. Ce temps avec moi-même, à observer la vie autour et à veiller sur tout ce qui se passe autour m’a rappelé ce qui était important. Le partage, l’amour, le bonheur, les rires, la liberté (de choix ?). Je repars de cette expérience avec autant de souvenirs de mon enfance, insouciante de « l’après ».
Merci. »
Liliane

« J’observe la ville se réveillant petit à petit. Quelques fenêtres sont éclairées, des voitures au loin. Des promeneurs arrivent peu à peu, des rencontres entre chiens et leur maîtres. Je me pose alors la question de la sédentarité. Ayant changé de domicile, que ce soit de ville ou d’appartement, à de nombreuses reprises ces dernières années, je m’interroge sur ce que cela doit faire d’être tous les jours dans le même environnement, que cela soit de découvrir de nouvelles ruelles, commerçants, prendre conscience des petits détails tels les végétaux reprenant place au milieu du goudron, j’apprécie peu à peu me forger quelques habitudes. En revanche, qu’en sera-t-il d’élire pour de bon domicile pour une durée supérieur à 2-3-4-5 ans ? La question du temps. En commençant un nouveau chemin, nous ne savons jamais, du moins d’une certaine mesure, et même en cherchant à anticiper la moindre action, de quoi il pouvait être fait. Et c’est exactement ce que j’adore dans la vie : entreprendre un bout de vie, ne pas savoir exactement ce qui pouvait en découler et se laisser surprendre par le lendemain et cette somme d’expériences. »
Inès

« Je regarde le temps qui passe sans moi.
Et pourtant je suis là !
Voir, sans être vu, quand tout le monde devrait te voir,
La Tour Eiffel s’efface.
Même les corneilles m’ignorent.
Chemise bleue passe et repasse.
À quelle distance faut-il être pour voir la vie ?
Je souris sans que personne ne sache.
Je pense à P. Il n’aurait pas compris.
Et soudain une fleur !
Et soudain c’est fini. Il ne fait même pas nuit.
J’aurais aimé à bientôt. »
Camille

« D’abord la couleur du ciel puis le soleil pointe le bout de son nez pour se recacher derrière un building puis deuxième lever du soleil. Puis on commence à percevoir et ressentir la chaleur à travers la vitre à mesure qu’il devient de plus en plus éblouissant !
Merci pour cette expérience, cette invitation à arrêter de courir après le temps. C’est également la première fois que j’ai le sentiment de percevoir le mouvement de la terre, étonné du coin de soleil se déplacer si vite, enfin la terre bouger autour du soleil plutôt… mais on pourrait s’y tromper !
P.S. mention spécial pour cette cabane absolument magnifique… j’y passerais bien une nuit ! »
Geoffrey

« Quel beau moment, poétique, hors du temps, suspendu ! J’avais hâte de vivre cette expérience et je ne suis pas déçue. Ce petit pont pour accéder à la cabine, on sent le bois et la chaleur du soleil qui a cogné toute la journée. J’ai tout de suite enlevé mes chaussures et chaussettes pour sentir le sol. Quelques étirements, pas de danse pour se sentir bien dans son corps et ça y est on part dans ses pensées. Je pense au temps qui passe et j’ai envie de profiter à fond de cette heure. A quoi ou à qui pensent tous les veilleurs ?
J’ai pris avec moi la bague de ma grand-mère que m’avait donné mon père pour mon mariage. Elle qui n’a jamais voyagé, j’avais envie qu’elle m’accompagne dans cette découverte. Merci à l’artiste pour ce magnifique projet collectif. On se sent spécial et j’ai hâte de pouvoir rencontrer les autres veilleurs pour connecter leur ressenti. La nuit tombe, je retourne à ma vie, mes filles, mon mari.
Merci à Sylvie pour m’avoir accompagnée ce soir. Ça nous fait un beau souvenir. Et bravo à la Maison Pop de porter ce projet !
À bientôt. »
Cécile

« Plus que de la veille, c’est pas moi qui vais empêcher le soleil de monter, ni les pompiers de jouer. Merci à la petite dame qui aura fait ces dix tours de 400 mètres.
Bonne veille à tous »
Vincent

« En me substituant à la veilleuse empêchée pour ce soir, et ayant veillé déjà par quatre fois, l’impression de découverte avait bien sur perdu un peu de sa primauté. Néanmoins en rentrant dans l’abri dans cet atmosphère tiède de bois, une douce impression de confort et de sécurité m’enveloppait. Le soleil a fait de la résistance face à la brume parisienne. J’ai pensé de nouveau très fort à ma fille Ophélie qui guerroie avec acharnement contre un cancer du sein. Hauts les cœurs ma petite fille, tu luttes et tu en sortiras vainqueur. »
Bernard

« Un retour inespéré, une exception à la règle, un sauvetage de dernière minute mais peut-être pas celui auquel on pense. Le soleil levant, la renaissance de la lumière ; le recommencement. C’est peut-être ça que j’ai vu et en même temps sans être honteux d’hier ou regretter. Chaque jour est nouveau, à moi de le construire avec mon bagage. Se sentir exceptionnel ne veut pas toujours dire quelque chose de positif. Et pourtant, cette fois-ci, l’exception a peut-être permis que je puisse aussi être exceptionnel dans un sens positif.
Il restera toujours des traces d’hier mais aujourd’hui est déjà un nouveau début. Merci. »
Miguel-Angel

« Ce soir j’ai veillé sur vous… Désarmée par tant de modernité que ne bousculaient que quelques trouées de nature je ne trouvais pas comment vous dire et vous transmettre mes mots. Puis, enrôlée par le vent, dans de grands pas de danse imaginaires, je suis venue, virevoltante, souffler aux creux de vos oreilles tout l’amour du monde…
Au coucher du soleil rouge, que j’aurais voulu retenir, je suis partie, en paix. »
Nathalie

« Merci pour ce temps suspendu. Moment que l’on a envie de prolonger et de renouveler. »
Sébastien

« J’ai vécu beaucoup, je me suis reposée, ennuyée, émerveillée, tendue, détendue, énervée, désespérée, amusée...
C’est fou ce que l’on peut s’oublier parfois, je me suis un peu retrouvée. J’ai vu beaucoup, des oiseaux, des enfants, des chiens, des joggeurs, des arbres, de la brume et ce soleil se coucher et sortir du cadre blanc.
Et cette sensation d’être au-dessus de tout est très spéciale. Merci. »
Sandrine

Sans trop me préparer à cette veille du matin, j’avais tout de même lu la présentation de cette performance et ce qui m’avais attiré, décidé à m’inscrire était une intuition. Je sentais qu’il y avait bien plus à découvrir qu’une veille ; qu’un éveil ou un réveil sur soi-même.
Je suis photographe et cette expérience a été pour moi la confirmation du pourquoi j’ai été attiré par la fabrication d’images. À l’âge de douze ans, j’étais timide, solitaire et triste. C’est un « pocket de kodak » qui m’a sauvé la mise : caché derrière mon appareil photo, c’était moi qui regardais et qui questionnais avec la distance nécessaire pour regarder.
J’ai retrouvé ce sentiment ce matin dans cette « cabane » et bien plus :
– cette performance est construite et résonne comme l’acte de photographier : qu’est-ce que regarder ? Questionner un paysage comme un regard, observer, garder ou retrouver l’esprit curieux, les yeux brillants
– Le lever du soleil : les buildings ne sont plus des structures construites pour loger, devenus des ombres ils se fondent dans le paysage et apporte de nouveaux matériaux pour construire un paysage. De l’autre côté, j’ai eu la chance ce matin de découvrir mille variations et possibilités de voir des paysages dont je me souvenais grâce au ciel variant selon les nuages qui formaient des bandes sombres, puis plus claires en levant les yeux. Je n’avais aucun effort à fournir, mon imagination puisait dans les archives-photos de ma mémoire. J’étais à Tirana, en Albanie avec ses buildings et les montagnes au fond, à Bombay le long de Neapen-Sea-Road, ses buildings et cette fois c’était la mer, sombre et compact un matin de mousson !
– Pour finir, l’idée si belle, si géniale de cette minuscule « cabane » (j’aime à penser que c’est une cabane) isolée de l’extérieur mais sans jamais nous en priver, nous sentir isolé assez claire pour être baigné par la même lumière qu’au dehors et surtout, pour moi le plus essentiel : cette bande lumineuse au milieu qui se reflète de chaque côté ou les vitres surtout du côté du paysage éclairé : c’est la reconstitution du regard photographique le plus simple et le plus complet, = la visée télémétrique d’un Leica M ! On est avec et dans le paysage, les deux yeux ouverts, on ne se dérobe pas mais on garde cette distance nécessaire au vrai regard du monde, (comme pour écrire). Avec toutes mes excuses à ceux qui me relisent pour ce brouillon non relu.
Cédric

« Dès que je suis entrée dans la boîte un sourire m’a envahie et je me suis sentie bien. Le soleil brillait encore fort et m’éblouissait. Dans le parc, des joggeurs, des passants. Dans le ciel des nuages, des traces d’avions… Cette sensation d’être dans une bulle, loin du vacarme de la ville et regarder le soleil descendre et s’effacer doucement m’a énormément plu. Regarder, sentir son corps, voir le paysage changer à chaque seconde. Et puis les lumières de la ville s’allumer et la lune en-haut qui est apparue.
Merci beaucoup pour cette expérience magnifique et unique. C’était hier mon anniversaire et j’ai regardé ainsi se finir le deuxième jour de ma 56e année. »
Florence

« Quelle expérience en entrant dans l’abri j’ai tout de suite été happé par ce ciel rose et peu à peu il sort de la ville ce soleil incandescent. Je me dis que je n’ai jamais regardé un lever de soleil sur une ville. La ville est si paisible. On ne croirait pas que des milliers de personnes sont en train de sortir de leur lit, de préparer leur café. J’ai une pensée pour toi veilleur anglais, je me demande ce que tu observes au même moment.
Le soleil me brûle les yeux et la ville disparait alors je me tourne vers l’ouest. Là aussi tout est incroyablement calme. Ce calme me gagne aussi, je contemple, je rêve… Je perds la notion du temps. »
Marine

« Dans le lointain
Paris s’éteint
Déjà à Montreuil
C’est couleur de deuil »
Marc

« Montparnasse – Gallieni. Traverser la nuit.
7 h 11. Tout en verticalité. Comme ces immeubles, ces arbres, mon reflet dans les vitres de cette cabane.
7 h 11. Il n’y a pas d’heure. Pour courir dans un stade, pour promener son chien, pour parler de la théorie de la complexité.
J’observe, je m’absente et puis je reviens.
IMMOBILE. (IM) MOBILE. I’M MOBILE. JE SUIS MOBILE. »
Maïa

« À l’abri de la tempête.
L’horizon où je ne dis pas son nom,
L’éclair,
Si.
À l’abri du vent,
Le silence,
Avec un grand A. »
Elise

« On toque à la porte, elle s’ouvre, ça fait déjà une heure.
Une heure seule avec moi-même, suspendue dans l’espace et le temps. C’est comme un instant qui s’égrène dans l’univers. C’est comme l’éternité qui s’installe dans mon esprit. Une heure à observer dedans, dehors les moindres changements.
Le soleil qui suit sa cause derrière les nuages quoiqu’il en soit le jour fait son œuvre et dans ma tête l’horizon fourmille d’activité au rythme de mes pensées.
Certains sont dans des bunkers, d’autres sont coincés dans leur esprit, il y a ceux qui sont enfermés entre quatre murs et moi j’ai fait le choix d’être là jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur le reste. »
Joyce

« Une heure pleine, pleine du cri des enfants, pleine de la musique poussée dans les haut-parleurs de la fête sportive organisée sur le stade au pied de la maison des veilleurs, musique ponctuée de tubes d’hier et d’aujourd’hui, j’y entends une des chansons de Céline Dion « On ne change pas », chanteuse qui a marqué bon nombre d’entre nous et que je retrouve à cet instant ; une heure pleine de lumières qui jouent à cache-cache avec les nuages, les formes de nuages, les lignes de nuages. Il faut garder les yeux grands ouverts pour ne pas manquer cette percée lumineuse tantôt à gauche, tantôt à droite. Derrière les nuages, il y a toujours la lumière. Derrière les fenêtres, il y a aussi les lumières. Entre les immeubles, il y a les phares des véhicules qui traversent la ville.
Une heure, c’est riche de sens, de lumières et d’envolées vers ceux qui nous entourent là, en bas, et ceux ailleurs, dans notre vie et l’au-delà. »
Sandrine

« La réalité ne correspond pas à ce qu’on s’imagine : la cabine de veille n’était pas toute transparente et ne permettait pas une vision à 360°. Néanmoins, la vue était superbe et le soleil au rendez-vous du moins pendant quelques minutes car peu à peu les nuages l’ont recouvert. Mais par moment, il les transperçait créant de grandes flaques de lumière sur Paris et la banlieue ouest. Même le dôme des Invalides (c’est ce que je crois) sera illuminé.
Le rose dans le ciel du crépuscule avait annoncé le vent. Il était bien là. On entendait un léger sifflement que les cris perçant des corbeaux n’ont jamais réussi à couvrir totalement.
À part le dôme étincelant tout est cubique, rectiligne sans grâce. Banlieue sans grâce où les nuages sont installés. Au loin, une bande plus sombre qui s’assombrit encore ne laisse pas de doute sur le programme pluvieux de l’après-midi. Le nombre croissant de promeneurs et de joggeurs indique que le temps passe doucement. La luminosité grandissante aussi.
Cette vue est bien différente de celle si variée que je croyais de la chambre de l’hôpital Saint Antoine de mon amie Françoise. Là tous les monuments de Paris aux formes harmonieuses étaient à mes pieds… Seul le parc des Guilands coupent les lignes rectilignes !
Mon abri aussi ressemble au paysage. La seule différence : il n’est pas en béton mais en bois. Il a gardé son odeur du neuf. Matin inoubliable ! »
Rose-Marie

Je suis ici car tout va trop vite, je suis fatiguée. J’espère de ce moment, un temps d’arrêt, une connexion aux autres, de la vitamine C.
Une fois dans la boîte, j’observe, j’attends… Je ne ressens pas l’explosion de sensations tant attendue. Mon œil est attiré par une bête (petite), elle va en haut, en bas, à droite, à gauche, elle est perdue comme moi.
Le temps me semble long, tiens cela faisait longtemps que je n’avais observé les nuages. Tiens le coucher de soleil : cela faisait longtemps aussi que je n’avais pas pris le temps de le regarder : c’est magnifique, malgré le temps pluvieux.
Je pense à tous ces gens dans leur maison, ces joggeurs, ces passants avec leur chien. Allez-vous bien ? Êtes-vous heureux ? Que puis-je faire pour vous ?
J’ai oublié un temps de ne penser qu’à moi ! Est-ce que c’est cela être un veilleur ?
Est-ce que c’était trop court d’être déconnecter pour mieux se connecter ?
Serap

« Tout d’abord merci pour cette boîte aux proportions si justes, qui définit l’espace-temps de cette veille. Justesse de garder un cache dans la projection de soi qu’est la veille, se mettre en rapport avec le monde, avec l’astre. Avec la lignée des veilleurs qui m’ont précédé également, qui ont laissé une si bonne énergie, qui me fait vibrer des pieds à la tête quand je me cale les mains posées sur les planches de bois. Cadre juste enfin pour une salutation au soleil, une asana au propre et au figuré, une fois n’est pas coutume !
Je me suis demandée : « qu’est-ce que bien veiller ? » et ne trouvant pas la réponse en moi de cette bienveillance j’ai regardé celle des autres sentinelles du parc, écouté les merveilles des oiseaux se fondre peu à peu dans les bruits de la ville, je me suis amusée de la longueur des ombres distendues des joggeurs et des promeneurs avec leurs chiens. Bienveillance de celui qui n’a plus les pieds sur terre à destination de ceux qui foulent sans relâche le sol…
Bien veiller c’est donc transmettre.
Et puis chut ! Ne plus réfléchir, se laisser absorber dans la contemplation de l’ouest, là où la ville se révèle peu à peu, les fenêtres par-ci, par-là qui scintillent, la flèche d’or de l’École Militaire qui veut emporter le morceau et tapine au coin de votre œil. C’est beau, une ville le matin aussi.
Aux veilleurs qui me suivent, je souhaite de se dépouiller très vite de leurs idées préconçues pour recevoir les traces de tous les secrets que j’ai déposés dans cette boîte à trésor qui rutile à présent dans la joie du matin – saurez-vous les écouter ? »
Marine

« Encore une veille, et cette fois un très beau coucher de soleil. Vivement que les beaux jours arrivent. »
Lisa

« En rentrant dans l’abri, j’ai été frappé par le rectangle lumineux qui se projetait au-dessus du parc. C’était vertigineux.
C’était brumeux. Il y avait le contraste des bouleaux sur l’herbe pas encore claire. Il y a eu les premiers passants, avec leur chien, les joggeurs, pas grand nombre.
La brume s’est épaissie, s’est rétractée.
Les couleurs diminuaient, les silhouettes deviennent plus nettes. On voyait presque la Tour Eiffel, et des petits détails que je n’avais pas remarqués.
Et puis c’était fini, je suis ressorti. »
Luc

« Je veille ou je guette ?
Je suis veilleur ou voyeur ?
Je veille ou j’espionne ?
Je suis veilleur ou observateur ?
Je veille ou je scrute ?
Peut-être je surveille ou regarde ce que je fais sur cette hauteur en attendant l’heure précisément.
Je ne sais pas. »
« Je me sentais de la race des veilleurs chez qui l’attente interminablement déçue alimente à ses sources puissantes la certitude de l’événement » (Julien Gracq, Le rivage des Syrtes)
Tony

« J’ai adoré perdre la notion du temps, me perdre aussi dans cette contemplation un peu futile des mille petites variations du paysage devant moi. Écouter les oiseaux, sentir mon corps, voir la ville s’éveiller doucement. Être tout à fait là et complètement ailleurs en même temps. »
François


« Incontestablement les lumières d’avant-veille et de son début étaient plus mystérieuses et pleines de promesses que celles plus communes de la fin à 8h. Portées par des nuages aux teintes métalliques ces lumières dominaient tout. Pendant infirmes les constructions l’urbanisme à l’échelle réduite. Sur la vitre du côté est, les traces de poussière jaunes laissées par la pluie des jours passés m’ont rappelé que ces nuages gris courant devant mes yeux portaient non plus un peu du désert d’Afrique mais peut être des fumées, des fracas, de l’est, quelque part à Kiev… Les tours sur la gauche pourraient être les mêmes que celles éventrées depuis quelques temps. Là-bas, dans un coin d’Europe où le soleil vient de se lever. Je sors de ce bel espace de bois doux apaisé mais les images et pensées associées à la douloureuse actualité ne m’ont pas quitté de cette parenthèse fulgurante et enthousiasmante. Merci les veilleuses »
Bruno

« Tombé par hasard un jour sur une page internet sur ce projet, je me suis dit pourquoi pas… Aucune attente, simple curiosité, puis c’est gratuit… ça ne coûte rien !
Quelques mois plus tard voici le jour J, pas d’appréhension, mais avec une envie de tirer profit de cette coupure si rare à obtenir, dans une ère où règne la technologie, l’information en masse, des choses si simples comme se retrouver seul face à un coucher de soleil sont devenues si rares…
Au début un peu de mal à me concentrer, je regarde au loin, les passants, les immeubles, un chien, un couple, les sportifs… Je fais quelques exercices de respiration puis décide de me concentrer sur quelque chose de plus profond… Et pourquoi pas un bilan de ma vie, retracer des éléments marquants, qui m’ont emmené là ce jour.
Puis un sentiment de paix, de joie m’envahissent, car je peux profiter de ce coucher du soleil, de ce calme, j’ai des yeux pour contempler, des oreilles pour entendre, des jambes pour me tenir debout… C’est le moment idéal pour remercier Jéhovah Dieu de me donner cette opportunité de vivre ces choses et le remercier de la vie et de l’espoir qu’il nous donne, qu’il me donne.
Je finis avec un magnifique coucher de soleil dans l’apaisement que le sentiment de paix intérieur.
Merci d’avoir rendu ça possible. »
Felipe

« Le vent est frais mais monter jusqu’à la Maison du parc, dans la fin de la nuit, a chauffé les joues. Impatiente de vivre cette expérience. Une rencontre inattendue avec Sylvie, envie de prolonger la discussion mais il est l’heure d’être veilleur. Des couleurs incroyables qui changent au fil des secondes. La lune qui surplombe un immeuble, le caresse et en un rien de temps, disparue (j’ai compté 80 secondes). En face, le soleil qui pousse derrière les nuages. Pousse fort. Les nuages sont très épais mais trop fort, il arrive à percer. Il éblouit si on le regarde fixement longtemps. Je suis tentée de le faire. Faire le point rapidement car beaucoup de pensées se pressent dans ma petite tête. Remercier. L’atmosphère. Chaque jour le soleil se lève, la lune redescend. Chaque jour, c’est différent. Alors si j’en doutais si je perds parfois confiance, me souvenir que si chaque matin le ciel est différent, moi aussi, chaque matin j’ai l’opportunité de faire différemment et de donner à ma vie les couleurs dont j’ai envie, mélangées de celles des autres.
L’heure est passée trop vite. Pourquoi tout est passée vite. Incroyable. Merci pour l’expérience. »
Esther

« Une heure au-dessus du monde
Voyeuse bienveillante des humains de passage
Un temps à soi
Quand lâcher prise ?
Merci pour cette suspension dans le temps
Et l’espace ?
Je repars le corps plus lourd (détendu) et l’esprit plus léger »
Maguelone

« Dehors, la lumière est imprécise. Lorsque la porte se referme et que la parenthèse s’ouvre pour une heure, le cadre lumineux vient s’imprimer sur le monde qui continue sans moi. La rumeur du monde, sans cesse. Le chant des oiseaux. L’odeur du bois. Une lueur rougeoie à l’est, puis grandit rapidement. Je n’avais jamais remarqué mais cette lueur s’écoule néanmoins. Le flot de pensées ne s’arrête jamais.
Se lever tôt, avec le monde : refaire, continuer. Et la rumeur du monde qui disparait dans la lumière. »
Nicolas

« Merci du fond du cœur à tous les organisateurs, volontaires et Joanne, pour cette expérience. Vous m’avez offert une heure pour moi-même (avec la chance d’avoir eu un coucher de soleil magnifique). Et merci à Paule-Élise de m’avoir accompagnée !
J’ai beaucoup pensé à une phrase que ma professeure de yoga nous répète : il n’y a rien à faire, et nulle part où aller. » Une leçon que j’essaie chaque jour d’appliquer.
Merci encore ! »
Julie

« Quelle belle journée du printemps qui revient aujourd’hui ! Un moment suspendu pour soi, à vivre coupée du monde mais en veillant sur lui. Être là et savourer : ce vide, ce plein, cette chaleur solaire, cette « fraîcheur » de l’autre côté de la pièce.
Merci aux organisateurs pour cette expérience, à mon accompagnatrice et sa gentillesse et à la chorégraphe qui a fait naître ce beau projet.
Le soleil c’est la vie ; il y a tout juste 16 ans jour pour jour, je donnais vie à mon Victor (petit clin d’œil d’une maman qui t’aime fort).
« Derrière les nuages, il y a toujours le soleil ».
Je l’ai encore constaté ce matin ! »
Roxane

« La tête appuyée contre la paroi en bas de l’abri, le nez collé à la vitre. Le bois, c’est la forêt de Montflon.
En bas, les fleurs sur l’allée passent entre mes jambes. Un groupe de jeunes jouent au foot sur le terrain vague. La décale des HLM dans le bleu soir, le décor de mon regard légèrement perturbant à ce fait. Cette coïncidence ce n’en n’est pas une.
À gauche, le soir déjà. À droite, le jour encore sur fond de ciel orangé. Le soleil qui descend vers la tour Eiffel va s’écraser dessus, sur son antenne, finir comme une olive.
Je pense à India Soufy, j’ai sa musique en tête. Je pense à Duras. Je pense au soleil rouge avalé par la ville.
Merci mille fois pour cette expérience d’une franche poésie. »
Isabelle

« Je suis venue car j’ai du mal à me lever le matin. Je traine dans mon lit et je suis toujours en retard. Je n’ai jamais le temps de même prendre un café avant de partir de chez moi.
Cela fait du bien pour une fois prendre le temps. Apprécier ce moment du temps. Ne pas être dans le stress mais paisible (même si j’étais bien sûr en retard pour rejoindre mon accompagnateur).
J’ai préféré regarder les chiens. »
Flore


« Famille. »
Jeanne

« J’ai veillé, prié, médité sur cette belle ville : Paris pour que paix, joie et rectitude y règnent.
Un magnifique ballon en feu s’est déposé paisiblement sur toi : Paris. »
Afaf

« Une heure de temps. Prendre le temps de voir, de ressentir surtout, cette magie du soleil se lever, monter dans le ciel pendant que lentement la ville s’éveille. On n’a pas souvent le temps d’avoir une heure pour soi sans contrainte, ni besoin à assouvir, sans sollicitation et sans attente. Seule mais dans les pas des autres veilleurs. C’était précieux, merci pour ce moment. »
Lomig

« J’ai trouvé tout de suite la structure très belle et en entrant j’ai été complètement enveloppée par son acoustique.
J’ai regardé partout, tout autour et puis j’ai eu envie de chanter. Chanter pour moi c’est vrai, mais aussi pour tous ces gens qui passaient ; un peu comme on berce les enfants avant d’aller se coucher. Tout doucement, comme ça venait. Je n’avais pas envie de veiller les morts, le passé, mais les vivants et cette ville grouillante.
J’ai compris quand le soleil s’est couché pourquoi il y avait ces lumières, elles ouvrent vers l’ailleurs, vers l’autre, se jeter dans l’inconnu.
Cette heure est passée si vite. »
Sophie

« 6h44, soleil au rendez-vous, rouge, éclatant. Un peu déstabilisé au départ par cette heure de vide à combler, puis surpris du temps qui passe, finalement rapidement, de mes pensées qui vagabondent dans des directions sans le moindre rapport avec ce qui se joue sous mes yeux, la ville qui se réveille, le jour qui se lève. Une bien jolie façon de commencer la journée. »
Nicolas

« Insectes, amis, hirondelle. »
Diane

« Soleil levant aperçu depuis les hauteurs de la cabane. Tour Eiffel estompée, parc calme, bruit du torrent périphérique et chant des oiseaux. De l’autre côté un point rose surligné dans le ciel. Apparition juste sous la grue, qui le hisse jusqu’à son envol. Savoureuses minutes de soleil rose, dégustation du paysage matinal (des sièges là-bas, de rêverie, contempler, si l’aventure de l’aurore me reprenait)
Quand la lumière se fait trop forte, les yeux vont s’apaiser en regardant la lune.
Puis recommencement, y retournent, y reviennent.
Le reflet de la lumière de la cabane suggère un cadre dans le paysage, au musée du jour qui se lève. La visite est tranquille.
En dessous, le parc s’anime. Coureurs, promeneurs, chiens, danseurs, agents d’entretien, agents des espaces verts, des travailleurs et voyageurs descendent le parc.
Il fait jour.
Merci pour l’organisation et bonnes veilles aux prochains. »
Cécile

« J’arrive face à l’objet-abri. J’ai un bref instant, le sentiment d’étouffer face à l’étroitesse du lieu. Heureusement, cela disparait quand je m’approche de la vitre. Je ressens la chaleur du soleil, qui a tapé toute la journée et je respire l’odeur du bois. C’est agréable et étrangement réconfortant, surtout après les contrariétés que j’ai subi dans la matinée.
J’ai laissé mon portable au vestiaire. Je commence ma veille… et j’ai déjà 1 milliard de pensées parasites qui me submergent.
Je me concentre sur la vue, sur les détails, pour tenter d’estomper ce phénomène. De toute façon, je ne peux rien traiter maintenant, je suis enfermée là-haut.
Je repère la Tour Eiffel, une silhouette, debout, dans le brouillard. Une fois de plus, je la trouve belle et je me réjouis de pouvoir la contempler sous un autre angle, avec une autre lumière. La chaleur du soleil me pousse à recherche la fraîcheur de l’autre côté de l’abri. Les couleurs dans le ciel sont différentes de ce côté.
Les athlètes sur le terrain de sport captivent mon attention et je perds de plus en plus du temps. Je fais plusieurs allers-retours entre les extrémités de l’abri et j’imagine les histoires en regardant les familles se promener, les chiens jouer, les amoureux s’embrasser…
C’est à ce moment-là que je commence à prier et à faire des vœux. Vont-ils s’exaucer ? Peut-être. Du moins, je l’espère. »
Bochra

« Un moment poétique, le calme et l’énergie danse du matin. La petite frustration de ne pas voir certains points de repère géographique. La beauté d’un moment photographique. L’effort pour comprendre la perspective, pour comprendre visuellement la perspective.
L’éveil des possibles.
Le retour dans le simple. Merci ! »
Stéphane


« Llegar hasta aquí. Estar. Ahora, seguir. Continuar.
Alguier que vivo tambien a salidar la salida del sol, abayo.
Todo se mueve. Y yo también.
Paris, se despierta. Y yo también.
Paris, se ihimina. Y yo también.
Pienso. Pero poco.
Consigo solme todo, aperrarme a la pausa, a la calma. Al simple hecho de erytar. Viva. Que no es poco.
Paris, pasea in un perro. Y yo también.
Paris, corre. Y yo también.
Una habitación con visitas. Querira quedarme a vivir en un paisaje.
Paris, abre los ojos. Y yo también.
Paris, respira. Y yo también.
Gracias Bernard. »
Amanda

« Un moment suspendu dans le temps et physiquement. J’ai eu la chance de vivre cette expérience en ce beau dimanche de printemps, quasi estival. Ainsi, outre ma vision immédiate que fut la tour Eiffel et ce soleil irradiant au-dessus d’un ciel plutôt pollué, j’ai pu avoir quelques interactions avec des passants ou autres qui profitaient du temps. Un très beau moment. »
Jean-Philippe

« Même immobile, on se déplace.
Aux yeux de la lumière. Et le printemps naissait.
Aux oreilles, merle, mésanges, pinson, pigeons, corneilles. »
Sandrine

« Après la lumière et les vibrations de la ville, on entre et on s’y sent tout de suite comme dans un bain chaud, un lit douillet, à l’abri de la ville tout en la voyant peu à peu ralentir, tout doucement… Bonne nuit Paris, Montreuil, Bagnolet, Vincennes, Saint-Mandé. À demain, avec encore plus de plaisir après cette douce parenthèse. »
Sabrina

« On veille, mais sur qui ? Sur quoi ? Sur soi ?
L’état de son propre corps, sur ses pensées, sur les oiseaux, les chiens qui passent ?
Les chiens, il y en a plein. Ceux qui sont attachés à leur maîtres/maîtresses ou bien ceux qui sont libres.
Dans une boîte en bois au-dessus de la ville, nous ne sommes pas complètement libre, mais on l’est à la fois.
Boîte à taille humaine, elle convient parfaitement à mon corps. Je me mets au milieu, je tends les bras, mes mains poussent les murs, bras parfaitement tendus.
Je fais des expériences, je m’étire, je fixe l’horizon, je dessine le paysage – tous les contours passent sous mes doigts (il faut fermer un œil pour mieux voir).
La ville se réveille avec mon corps ; les joggeurs (des hommes et des femmes) ne me voient pas. Ielles passent sans jamais regarder le ciel.
Dans le ciel aujourd’hui, je n’ai pas vu le soleil, mais j’ai vu les rayons éclairer la ville et mon esprit se calmer. »
Arina

« Je souhaitais veiller en hommage à ma mamie, morte du COVID en avril 2022, ironie du sort, je veille aujourd’hui moi-même atteinte du COVID tout en portant la vie. Heureusement de nos jours, on en meurt plus…
Nous étions deux à veiller, ma fille plus éveillée me donnait des coups de pied, moment propice à les ressentir plus intensément. Le théâtre du printemps bourgeonnant. Pigeons et canards batifolant, chiens euphoriques qui traînent laisses et maîtres. Au seuil de la nuit, les oiseaux se réveillent et couvrent le son traînant du périphérique. On ne voit pas le temps passer, seulement la lumière se modifier. Très beau moment. »
Juliette

« Pas de printemps à l’aube, la brume est un écran de veille. D’un côté comme de l’autre, tout est beau.
On ne distingue pas le seuil entre ce qui est obscur et ce qui est lumineux. Pourtant Pascale Ogier avait bien rejoué dans le Pont du Nord de Jacques Rivette.
Le jour appartient au pouvoir. La nuit, à la puissance. »
Victor

« J’ai vécu une heure à hauteur d’Hommes et d’oiseaux, une heure à la cime des arbres, mes yeux dans les yeux de Paris.
À l’heure dite, j’étais devenu gardien de phare dans une mer d’étoiles, c’était l’heure pour le soleil de filer rejoindre le veilleur du matin. »
Fred

« J’avais peur en arrivant que la série s’interrompe, que contre toute attente, aujourd’hui le soleil ne se lève pas. Bien heureusement, ce n’est pas cette question qui m’a habitée durant cette veille, mais d’autres, plus personnelles, dont pour certaines j’ai trouvé les réponses alors que d’autres attendent le coucher du soleil.
J’ai été heureux de pouvoir tenir entre mes mains, et devant mes yeux ce fil invisible qui a relié et va continuer de relier les veilleurs tout au long de ce projet. »
Valentin

« Le moment que je suis avec les nuages qui bougent lentement juste au-dessus de pleine de mouvement de Paris m’a donné un bon calme intérieur. »
Yisang

« Dans ma boule à neige
Ou à l’extérieur peut-être,
Je vois depuis ma fenêtre
J’attends que l’image devienne nette
Entre rêve et réalité, c’est plutôt la tempête.
Le monde est à mes pieds
Mais il semble marcher sur la tête
Dans ma bulle perchée,
Je n’ai pas complètement débranché.
J’ai regardé le ciel, gris pollué ?
Les flocons sont tombés
J’ai relevé la tête
Les repères s’étaient floutés
La dame de fer immaculée
Les tours du 13e comme effacées
S’il n’y a plus de repères
Alors il va falloir apprendre à danser…
… ou à voler ».
Emilie

« La veille du soir est une belle expérience. Je vois la nuit commencer à tomber sur la ville. Je vois Paris : le 16e avec sa tour Eiffel, le 13e avec les bâtiments new age de la Porte de France, la fumée des cheminées d’Ivry…
La ville est immobile, mais jour de neige oblige, le vent fait circuler les nuages et fait danser les feuilles des arbres.
Une seule pensée subsiste : Paris est la spectatrice (involontaire ?) du mouvement de la nature.
Très belle expérience ! »
Rym

« Surprise de ce temps clair et grand ciel bleu après la neige d’hier. Profiter, saisir le soleil derrière la vitre. Penser à tout, à rien. Boire de la tisane. Le chaud sur la vitre. Le chaud dans la gorge. Voir les promeneurs de chien, les joggeurs. S’étirer.
Un beau moment. »
Claire

« C’est là qu’on s’aperçoit que la terre est ronde. Lignes d’horizon s’arrondissent au milieu et régulièrement. C’est là aussi qu’on s’aperçoit que la nuit tombe très lentement et qu’on n’a rien à faire. J’ai eu de la chance. Le ciel était magnifique, les arbres très verts, le soleil au lieu de tomber bas le vide, derrière la ligne d’horizon à tomber derrière les immeubles, très beau.
C’est là aussi que l’on se rend compte de la banlieue montreuilloise. Très agréable à vivre. »
Photini

« Après avoir enfilé un costume rose fuchsia, le soleil s’est mis à danser frénétiquement, ressemblant de plus en plus à un disque vinyle disco.
Quand il est devenu trop clinquant, je lui ai tourné le dos, face à Paris et il a daigné darder ses rayons sur les façades bétonnées et les arbres qui dansaient plus subtilement que l’Astre.
Le sentiment d’avoir assisté à un concert sans public, mis à part moi-même, et sans le son, mis à part celui des oiseaux choristes. »
Laetitia

« Je m’étais préparée à veiller une seconde fois. Hier, la personne que je devais accompagner m’a avertie qu’elle ne serait pas là. Me voici donc seule, ici. Très vite, les ombres de passants sont longues, étirées, immenses. Puis, elles disparaissent, comme le soleil derrière les nuages ; à cause du soleil caché par les nuages.
Deux personnes dansent à l’est, sur la dalle de la Noue. Aux balcons des appartements du grand ensemble, pas de spectateurs. Ce qui est exceptionnel pour moi ce soir, ce coucher de soleil, ils l’ont tous les soirs devant les yeux. Le regardent-ils encore ? »
Marie-Elise

« J’ai veillé. Je n’en avais plus envie mais je l’ai fait. Je vis une séparation. Merci aux équipes. »
Linus

« J’avais l’impression d’être dans un sauna tellement cela sentait bon le bois. Je n’ai pas vu le soleil se coucher car il y avait beaucoup trop de nuages mais j’ai vu le ciel changer de luminosité.
J’ai trouvé que c’était très long une heure mais quand Lisa mon accompagnatrice et venue me chercher j’ai été surprise… Merci pour cette belle expérience ! »
Véronique

« J’ai directement été conquise par la notion de veille sur la ville. Je ne pensais pas en revanche me prendre autant au jeu. Mais à la fois, ce moment, cet instant avachi au quotidien, menait mon esprit à l’introspection, à me focaliser sur moi plutôt que sur cette mission de veille.
Mon esprit oscille entre les plans qui semblent se réconcilier avec soi-même.
Premier plan : l’individu. Les courageux coureurs du petit matin cavalent. Et puis elle, surtout. Cette dame qui court en cercle continue sur le tarmac, avec comme 100kg sur chaque épaule, sans jamais s’arrêter pour autant. Je veille sur elle comme sur une allégorie.
Second plan : les arbres silencieux, quasiment immobiles qui dansent au chant des oiseaux.
Troisième plan : la ville et ses immeubles. Les fenêtres qui s’illuminent les unes après les autres, les cœurs qui battent derrière les murs de béton. J’ai envie de m’en oublier avec.
Enfin, ultime plan, la brume sur la ville derrière une ligne d’horizon ad hoc. Et c’est là que mes pensées se dirigent et que ma veille change d’objectif.
Je pense inlassablement d’un plan à l’autre à la mesure que la brume se dissipe sur la ville et que les immeubles le dominent. Et pourtant, à 8h19, c’est bien plus que sur mon petit être que ma veille va se concentrer.
Merci pour cet instant offert avec ma ville, avec moi-même. Merci pour ce point de vue, pour ce recul. »
Jade

« Future, décisions, temps pour penser…
Merci. »
Alexandra

« L’histoire de cette veille a commencé dimanche 3 avril en arrivant en Gare d’Austerlitz à 8h47 par le train de nuit relayant Capdenac-Gare à Paris, avec cette petite appréhension au ventre que de retrouver ce monstre de béton. Première traversée : un flot continu de joggeurs du marathon de Paris. Le corps contraint dans cette boîte en bois, je veille sur la ville et ce joggeur en short rouge qui fait six allers-retours dans le parc, disparaissant et réapparaissant de mon point de vue. Bernard, mon accompagnateur, m’a dit en arrivant qu’il profitait de cette veille pour faire en chemin sa course à pied. J’ai veillé sur ce joggeur en short rouge (et d’autres encore qui ont couru dans le parc ce matin) tandis que Bernard, en tenue de sport, veillait sur moi. Et imperceptible dans ce paysage urbain à l’infini, j’ai veillé sur vous, contrainte et à l’arrêt, statique et réparée, à contre-courant de ce mouvement perpétuel et effréné, de ce ballet quotidien d’un petit million de personnes qui chaque jour se déplace d’un point à l’autre de la ville, aux aurores, pour aller courir, travailler, étudier, sortir son chien, prendre le train… Ce mouvement, c’est aussi celui des oiseaux qui entrent et sortent de mon champ de vision, explorant pour moi au-delà du cadre qui m’est imposé. Ce matin, je suis chanceuse. La famille de perruches au pelage vert anis est de sortie.
Ce sont des histoires qui se tissent à partir d’un petit détail capturé en chemin. »
Maëlle

« Heureuse d’avoir été gardienne du soleil le temps d’une heure. L’odeur du bois m’a rappelé la cabane que j’avais dans le jardin de mes parents étant petite, une petite madeleine de Proust. Magnifique vue sur le parc, paradis canin ! »
Claire

« Merci pour ce temps suspendu magique, pour ce temps à soi, se replonger dans son soi intérieur, regarder, observer, écouter. Première sensation j’ai voulu me déshabiller entièrement, je vous rassure, je n’ai enlevé qu’une couche, impression de cocon. L’installation de bois avec son odeur, et cette vitrine entière et sensation de protection, un temps je n’ai pas parlé, ou sinon susurrer quelques sons, ensuite plus tard j’ai pu souffler, produire des sons, j’ai préféré être dans le silence, j’ai tenté le bruit des tapotements de doigts sur le bois et des tapotements aussi sur les pieds. J’ai très peu mangé, j’étais réfugiée côté fenêtre vue sur Paris à droite, moi qui ai le vertige je n’ai à aucun moment eu peur, j’étais isolée, cette sensation de hauteur, réconfortante. Je me suis demandée si les gens, dans les immeubles, pouvaient me voir, sans que cela me dérange, j’étais en communion avec les autres. J’ai eu la chance d’avoir du vent, d’écouter le souffle de la nature du coin, je dansais dans ma tête avec les arbres. J’ai pu observer les perruches sauvages de couleur verte intense improbable. Je respirais calmement. J’ai pu faire mes étirements, je touchais comme un Christ de chaque côté des parois les bras en croix. J’ai trouvé très court, le temps n’avait pas de temps, toutes pensées négatives s’envolaient au fur et à mesure, sensation de liberté et de voler, dans tout le corps, le souffle du vent était là. J’avais besoin d’enlever mes lunettes pour voir autrement la nature et les couleurs des toits de la ville. La petitesse de l’habitacle ne m’a pas gêné. J’ai utilisé le plus souvent que la moitié. Je me suis demandé si l’on pouvait dormir que ce serait aussi une belle expérience. »
Elisabeth

« Expérience magique, mystique, à bord d’un bateau, d’un cockpit. On est à la fois coupé du monde et à la fois complètement immergé dans celui-ci. Le vent qui nous fait trembler, divaguer. L’odeur du bois, le reflet de la lumière blanche qui se démultiplie… Et le clou du spectacle, l’océan de nuages qui défile devant nous, nous étourdie aussi. Plus un seul ciel mais des dizaines qui se sont transpercer pour les nuages. Des strates de vert, au sol, de blanc, de rouge, de l’agitation silencieuse. Et enfin, au-dessus de nous, ces cieux majestueux. L’univers si grand et nous si petits face à cette magie qu’est la vie. »
Caroline

« Today is my 35th birthday. Every day, I walk in this park – I see the grand rocher de Vincennes, the Panthéon, the Tours d’Olympiades, the château, the Tour Eiffel. Today I saw them all from on high. I watched the joggers, the dog walkers, the commuters. I watched the clouds clear and reform around Paris – perhaps the most watched city on Earth, but this morning, only one watched from this viewpoint. I saw Montreuil, my quartier, waking up, going about its business, with me suspended above it, passed in time and space, encased in a gold box. I watched the watcher : the police helicopter that cut through the sky like a shark through water. On my watch, the banlieue was sage and unmolested. This weekend is the presidential election, where candidates who want to change that are asking for our votes. I hope they do not get them. »
Megan

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es de janvier à mars 2022 se déroulera le vendredi 8 avril à la Maison pop, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la cie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des premier·es participant·es.
Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Romain Hatton.

Gabrielle

« J’ai maîtrisé mes pensées, alors que je croyais que j’allais divaguer. J’ai scruté, observé, les passants, les coureurs du samedi, les chiens qui courent dans le parc, les oiseaux.
Tiens, un oiseau vert. J’ai cru à un mirage.
Non. Un puis deux et trois oiseaux verts. Ce sont vraisemblablement des perruches. Je préfère les appeler « oiseaux verts » …
Il se passe toujours quelque chose qui m’attire. J’ai observé.
Dans mon abri, j’ai pensé aux sans-abris. Ils me disent. Tu le poses sur un banc, on ne le voit pas et tu observes. Il se passe toujours quelque chose. J’ai pensé à tous les sans-abris que j’ai côtoyé dans mon travail.
Les passants, les chiens, leurs maîtres ne me voient pas. Mais je suis là, à l’abri au-dessus des autres.
Et puis cette envie folle de lancer un fil vers la Tour Eiffel. Un lien pour m’appuyer et être funambule. J’ai aimé ce moment. C’était agréable. La sensation de veille sur les autres. Mais je suis funambule et l’équilibre est aléatoire.
Joyeux anniversaire Anne Marie. »
Pascal

« Une expérience hors du temps. C’est original de fêter son anniversaire au-dessus des toits de Paris en face de la Tour Eiffel et avec un superbe coucher de soleil ! Vertigineuse expérience au départ avec une sensation de crainte et en même temps en étant hypnotisée par le soleil, sa chaleur, sa lumière. Veiller sur la ville, les coureurs sur la piste, les gens avec leur chien, les buildings, les oiseaux, les avions…
Après la crainte peu à peu la sensation de sécurité, savourer la lumière, la chaleur qui m’enveloppe. Rien à penser, à prévoir juste regarder, écouter les oiseaux, les bruits environnants voitures, motos, roucoulements, cris des enfants, aboiements et se laisser porter. Bref une expérience hors du temps et profiter d’un superbe coucher de soleil.
Merci Romain et la Maison pop. »
Anne Marie

« Un temps hors du temps qui s’étire et se rétracte.
Une ville qui s’éveille doucement loin des agitations du monde.
Un soleil qui s’échauffe le corps et les pensées.
Qui veille sur qui ?
En ce jour d’élection où je me sens parfois perdue face à l’avenir qu’on nous propose, je suis heureuse d’avoir pu me connecter à une humanité qui nous rassemble. »
Frédérique

« Merci de m’avoir donné la possibilité de chanter par la ville. Et d’arrêter le temps, au moins à l’intérieur de l’abri. À l’extérieur c’est autre chose que j’ai pu observer. Les gens qui passent, les nuages qui défilent, les lumières qui s’allument et le ciel qui rugit. Le foire du Trône, les tours du 13e, chez Hae-Won, la Tour Eiffel. Les tours de Notre Dame ? Une des Mercuriales ? Et la découverte de l’ouest de Paris comme une cuvette.
Merci, merci, merci. »
Margotte

« Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Je me suis octroyée un joli cadeau méditatif. Une heure de solitude où je me suis sentie entourée et protégée. Accompagnée par le soleil et la vie autour de moi, ce sera une belle journée heureuse. Merci pour ce beau projet et merci à Bernard pour sa sollicitude. »
Anne

« Dans 4 jours j’ai 29 ans et je suis en plein chagrin d’amour. Sur l’herbe je voyais des amoureux se cajoler. Heureusement qu’il y a deux fenêtres.
Au début il y a plein de gens à regarder, à la fin seulement quelques personnes et ce sont elles qui nous regardent. La solitude dans la solitude.
Et finalement c’est de plus en plus bien cette ligne rose à l’horizon, toutes les lumières des manèges, les fenêtres éclairées. Et les oiseaux.
Personne ne m’attend mais je suis bien avec moi-même dans cette cabane. C’est plein d’espoir. Merci pour ça ! »
Léa

« C’est trop bien, on voit tout le développement du soleil et toutes les couleurs qu’il peut avoir, c’est encore mieux avec des nuages. »
Iheb

« Une émotion soudaine, très forte et inattendue s’empare de moi lors de mes premiers pas dans cette pièce du veilleur. Derrière, sans doute, la poésie de cette expérience collective, que je trouve si forte, si propre à réenchanter le quotidien. S’en suit, très fulgurante, une angoisse : me voilà seule, sans repères autres que la lumière.
Et puis d’un coup, sans crier gare, l’apaisement. C’est presque une ville nouvelle qui se dévoile sous mes yeux – si ancienne, pourtant, ce paysage, je l’ai regardé déjà six cent fois, mais jamais ainsi. Des détails se dévoilent. Des liens, des connexions. Sous une chape de gris, les nuages gris de Paris, un horizon orange intense se dessine, s’embrasse. Comme la chaleur enveloppe la ville désormais. Des milliers de petites bulles de vie s’allument les unes après les autres, dans ces immenses immeubles – tout près, puis plus loin. Cette ville ne s’arrête jamais de vivre. »
Manon

« Comment on fait pour arrêter de penser ?
À l’avenir, j’aimerais apprendre à plus regarder le soleil, et moins la montre pour me repérer dans le temps. »
Léa

« C’était le jackpot des couleurs ! Des dégradés magnifiques, des nuages tout dorés, des roses à croquer… Je ne pensais pas revoir si tôt l’horizon et le soleil sur Paris, j’ai un sentiment de plaisir très égoïste. Le temps a passé très vite finalement, tant le spectacle était magique. Bon, j’avoue que j’ai un peu joué à « l’homme de Vitruve » (en l’occurrence, la femme) dans le cadre lumineux de cette porte dessinée sur la ville. L’expérience sera, je pense, inoubliable ; toutes mes pensées aux veilleurs passés et à venir ! »
Cécile

« Il y a quelque chose de voyeur presque plus que de veilleur. C’est un instant privilégié que de poser un regard sur la ville alors que personne ne remarque notre présence. J’ai eu la sensation de regarder un monde qui ne me voyait pas alors qu’à la cime du parc je suis visible et offerte à tous.
Ancré dans mon corps, présente, j’ai eu la sensation de cohabiter davantage avec les oiseaux qu’avec le monde des hommes, seul le bourdonnement du périphérique, la danse des voitures que j’observe subtilement entre deux bâtiments rappel la présence de l’homme.
Puis il s’éveille l’homme, alors que le soleil s’extirpe des nuages, prend place, colore les arbres et le bâtiment d’une lumière chaude. Après le bal des oiseaux, souvent à deux, j’observe le bal des corps et celui des chiens. J’observe leurs interactions, j’imagine leurs conversations. Un pigeon se pose sur la cabane, je ne le vois évidemment pas mais je l’entends, son chant retenti fort…
Les couleurs sont très subtiles au lever du soleil, elles passent d’un bleu, violet froid à un oranger un peu plus chaud. Lorsque le soleil entre dans la cabane, je me sens d’une certaine manière réconfortée, moins seul. Il y a une certaine mélancolie qui nous gagne à observer la ville immobile, silencieuse, dense. Elle est si dense cette ville à nos pieds… »
Anaëlle

Un article de Maguelone Bonnaud
Jusqu’au 1er octobre, 730 se relaient au lever et au coucher de soleil pour "veiller" au-dessus du parc des Guilands. Une expérience intime et métaphysique proposée par la Maison populaire et vécue par notre reporter.


« Un moment en suspend… où les bruits de la ville et de la nature se répondent. Très agréable. »
Julien



Laurent

« Une mouche a veillé avec moi, même si je ne pense pas qu’elle ait veillé sur moi. Beaucoup de chien qui se roulent savamment dans l’herbe et ignorent à raison Paris à leurs pieds, leurs maîtres patientent.
Tout de même, le soleil a bien voulu offrir un châle de soie d’or à la tour Eiffel, pour lui tenir chaud sans doute.
Je rentre me coucher, bien apaisée. Merci. »
Juliette

« Louise aurait eu 110 ans.
J’espère être descendue un peu dans mes pieds ce matin. Comme elle savait si bien le faire. Simplement. Au monde.
Veillé. Être Veillée.
Tomber depuis sa tête. Dans ses pieds.
Quitter la caverne pour l’arbre qui respire, le ciel qui s’allume de violet, la pie qui sautille, l’odeur du pin, le coureur et les chiens.
Sourire les larmes au cœur dans la ville et … dans la vie.
Être. »
Florence

« Accueil aujourd’hui à Bagnolet, rencontre avec Abdoulaye et Sylvie, ils m’accueillent chez eux pour la nuit, Abdoulaye vient du continent africain, Sylvie aussi attend son ami, mais permis de séjour refusé.
Je suis touché par ces personnes qui partagent avec moi cette attention. Difficile de quitter sa ferme, la nature est celle-là même qui nous a fait naître et grandir. Mais l’homme, tout être, est mue par le désir de découverte, aller voir là où le soleil apparaît et disparaît. Le parc créé une enveloppe, la chaleur un mouvement ascendant, l’air porte des fragments invisibles. Traces sur l’espace, la chaleur nous quitte avec la lumière déclinante. L’air frais anime le feuillage des arbres en sens opposé. Un couple s’enfonce dans la forêt. C’est un recommencement. Encore. En nous. Je pense à Laure. La personne qui me touche et me bouleverse en ce moment sans véritablement comprendre. Mue par ce désir pur et fragile. »
Laurent

« Peu d’humains en vue ce matin. Mais la pleine lune se couchant en même temps que le soleil se levant, le spectacle lumineux et graphique était un cadeau. Attention accrue aux détails, d’abord dans le lointain puis juste à mes pieds. Jusqu’à l’intérieur de la pièce. J’ai d’abord été surpris par le cadrage droit des fenêtres, puis me suis habitué à cette portion de ville présente à mes yeux, « ma » ville.
Je pensais veiller sur la ville, ou qu’elle « veille sur moi » ?
Je me suis senti « passer en veille » le temps d’une heure
En tout cas, voir la ville comme je ne l’avais jamais regardé était un superbe cadeau. »
Julien

« Je devais accompagner Florence mais le COVID l’a hélas empêché de venir effectuer sa veille. J’espère qu’elle aura la possibilité de tenter l’aventure une autre fois.
Je prends donc sa place ce soir… Et cette fois, je décide d’assister à la lente disparition de ce globe d’énergie à l’horizon en m’offrant une séance d’autotraitement de reiki. À peine où je lève mes mains, en le présentant devant l’astre solaire que l’énergie se met à circuler intensément… Pur bonheur de se sentir ainsi reliée à la boîte primordiale de l’univers. Ma séance terminée, je continue de m’émerveiller de ce spectacle du coucher du soleil. Je lui souhaite bonne nuit et lui dis à demain…
Soleil rougeoyant disparait à l’horizon. Le miracle, encore. »
Nathalie


« Quelle belle expérience ! J’avais peur d’avoir froid mais non, tout est prévu. Malgré ces tours grises le ciel nappé de blanc puis de couleurs enveloppe la ville. J’ai vu un énorme œil bordé de rose, des montagnes bleues à l’horizon… Et quand le soleil disparait petit à petit, tout s’apaise, la ville se calme, le parc se vide… Tout prend une autre forme, les repères sont différents. On voit ce que l’on ne voyait pas… on ne voit plus ce que l’on voyait. Moi qui aime les couleurs, j’ai été gâtée. »
Zowie

« Veiller sur la ville, veiller sur la nature, s’éveiller, regarder, observer, oublier le temps, s’oublier, penser à hier, envisager demain, remercier la vie. »
Antoine

« Ce soir j’ai eu rendez-vous avec le soleil. Il était en avant, haut perché, droit comme un « i », il m’attendait. On s’est regardé, mais j’ai vite dû baisser les yeux car sa vitalité me brûlait. Il m’a montré de belles choses, que je n’aurais pas pu voir sans lui : les oiseaux qui discutent, les arbres qui chantent et l’herbe qui fourmille.
Puis doucement, il a commencé à disparaître, à tirer sa révérence et à se cacher derrière un immeuble. Il est parti avant moi et m’a laissé les traces de son passage. »
Marie

« La végétation et les arbres ont fleuri et verdi.
Le vert, couleur de l’espérance, envie de renaissance, besoin d’exubérance.
La méditation imitation à la bienveillance.
Le soleil malgré la brillance.
La veille, l’insolite de l’expérience et beauté de la performance. »
Bernard

« J’ai trouvé que c’était bien d’avoir un repli avant de retourner dans le monde parmi les gens.
À la fin j’avais envie de replonger dans la ville.
Je me suis dit qu’il devait y avoir des lieux comme ça partout dans les parcs, ouverts à tous. »
Laurent

« Le soleil qui se lève dans les vitres de l’immeuble en face, les oiseaux perchés sur l’objet-abri, les yeux fermés. »
Lucie

« Soleil, tu as ranimé mon cœur, carbonisé ma première rancœur, réduit en cendres mes doutes et mes peurs, fait fondre mon ultime malheur.
Au crépuscule j’ai retrouvé la joie, sensation de plénitude et d’émoi. Arrivé prince, repartit roi : car tu m’as offert la foi. »
Baptiste

« J’ai l’impression de flotter
Entre rêve et réalité
J’ai l’impression de ne faire qu’un
Avec le monde sous mes pieds
Il y a toujours un oiseau qui chante
Il y a toujours une feuille qui danse
Pendant que la ville se réveille
Bercée par la douceur de la lune
Caressée par les rayons du soleil
Je veille
Je m’éveille
Je m’émerveille »
Archcena

« Cher toi,
Je sais que je devais t’écrire ce soir. J’aurais pu préparer ce que j’aurais à t’écrire mais à quoi bon ?
J’ai tenu ma garde comme je m’étais engagée à le faire et j’ai pensé à toi qui veillait aussi sur ta caserne. Tu avais peur, tu ne voulais pas être là. À l’époque tu étais encore prêtre et l’habit t’avait épargné le front. Tu ne devrais qu’une chose : rejoindre les enfants du village et continuer la classe avec eux en chantant. Quelle connerie, cette guerre. Pourquoi allez emmerder ces pauvres gens qui n’ont rien demandé ? Pendant que certains se battaient, torturaient ou violaient des femmes, tu jouais au foot dans une rue de la grande Kabylie.
J’ai cru voir Alger la blanche que je n’ai jamais vue, dans la blancheur irradiante de quelques immeubles parisiens. J’ai pensé au Maghreb et à celles et ceux qui allaient rompre le jeun quand je romprai ma garde.
Je l’ai fait. Je me croyais incapable, moi qui ne tiens pas en place, moi qui gigote sans cesse. Comme quoi, tout est possible. J’étais dans les faveurs du ciel, auréolée par un rectangle lumineux. Un cadre me protège, le garde, garde la ville qui va s’endormir doucement. Nous sommes reliés, ensemble, à l’infini, qu’on le veuille ou non.
Prends soin de toi et dis bonjour aux enfants. »
Delphes

« Immense plaisir et grand honneur de se sentir le maillon, l’un des maillons d’une communauté invisible, bienveillante, apaisée mais réelle de veilleurs/euses sur la ville, sur les communautés de sensibilités qui y vivent et y œuvrent. Je m’émerveille sur la beauté du mont que chacun de nous modèle, transforme, absorbe et enrichit. Et m’y sens pleinement accueillie, responsable et portée par et pour cette œuvre collective. Merci ! »
Claire

« J’ai grimpé les escaliers en me disant que j’allais intégrer mon phare qui surplombe Bagnolet. J’ai été agréablement accueilli par Sylvie. À 19h53 précise je suis rentrée dans la cabane »
Saliha

« Le passage à l’écriture se fait après la libération. Le début de la veille semble déjà très loin, tout était différent alors. Dans les alentours et dans mon intérieur.
D’abord une curiosité, une impatience, presque une frustration. Tout va lentement. Et pourtant dès qu’on détourne les yeux, la lumière a changé, les nuages n’ont plus la même couleur. Le soleil apparaît masqué derrière un pan de bâtiment, nous finissons par jouer à cache-cache et par nous retrouver, de haut en bas. J’emprunte la structure de bout en bout, je me sens traversé par la lumière, transparent.
L’apparition du soleil me donne envie de bondir.
Tout en bas, les poissons rouges dans la mare ne bondissent pas, ils voient le lever de soleil tous les jours, eux. »
Vincent

« C’est un jour assez particulier pour veiller car on attend le résultat des élections. Il y a de la nervosité dans l’air alors je préfère autant veiller et m’abstenir du monde une heure. L’expérience est agréable. Au début le temps s’étire et on a l’impression que l’expérience sera interminable puis l’esprit se détend et le plaisir arrive. Les oiseaux surtout les corbeaux et les pies m’ont bien tenu compagnie. La fête foraine au loin avec ses lumières fluo hypnotisent. Les pensées vont et viennent avec des morceaux de chanson et des bouts de livres qui émergent de la mémoire. »
Hélène

« Je me suis réveillée comme dans un mirador au milieu de la guerre, je guettais, j’étais guettée. Je visais, j’étais une cible, peu disposée à m’enfermer dans une boite-cabane volontairement dans ces conditions. Et mon armée de poètes s’est levée et m’a accompagnée, liberté. Philip Glass et Einstein on the beach dans les lumières rythmées des grues des appartements, infinies variations de la lumière et puis Michel Leiris « Rien, mais pourtant pas le vide, plutôt que rien, un rien » car il ne se passe rien là-haut, juste un rien, et c’est tout, c’est-à-dire… tout. Un chien qui passe suivi par son maître. Et les merveilleux nuages, de l’étranger de Baudelaire. Un oiseau vole. One two three four five six seven eight et encore et encore, à force de sentir, l’œil voit, l’oreille entend, plus et plus, seul le corps rappelle le temps qui passe, l’heure est déjà passée. J’aimerai assister à une représentation de Einstein on the beach pendant cinq heures.
Veille vaillante. Merci ! »
Katya

« Expérience.
Faire sans rien faire.
Solitude accompagnée et collective.
Analyse et observation du cocon : la boîte à peu près 6x1m, son accès serpentant, le pin et ses nœuds, les vis, les marques laissées par un.e veilleur.se précédent.e. (Côté nord-ouest des V inscrits dans le bois.) La ligne qui sépare les deux côtés de la boîte, éclairée sur deux côtés (deux éteints) et, les deux vitres, ouvertures et panorama sur les villes : Paris, Montreuil, Bagnolet… et toute une partie du Grand Paris, là… et là…
Regarder les couleurs qui changent. Écouter, d’en haut, les bruits de la ville. Observer les joggeurs et s’approprier le lieu. Puis l’oublier et se perdre dans ses pensées. Et puis, finalement, s’ennuyer, un peu. Expérience, la vie de la ville, et soi avec les autres, sans les autres.
À bientôt. »
Marion

« Seule et ensemble, un veilleur bienveillant qui attend, il n’est pas venu, mais il est là. »
Cécile

« Il y a un an jour pour jour, le soleil se couchait sur cette improbable journée où j’apprenais avec surprise que j’attendais un enfant. Aujourd’hui, date choisie, je prends une heure pour moi, pour regarder et me perdre dans ce paysage urbain au travers de ma silhouette transparente devenue étrange… C’est qu’elle est passée par de nombreuses transformations ces 12 derniers mois avant de retrouver sur ses épaules cette même veste en cuir rouge usée. C’est ensemble qu’on se trouve là, sur le toit d’une maison dans les hauteurs d’un parc, à s’enivrer une nouvelle fois du printemps. Tout en ayant hâte de rentrer à la maison dans ce tout début de nuit, pour contempler sans fin une petite frimousse endormie. Quelle belle expérience ! »
Lisa

« Une heure sans mon téléphone.
Une heure sans notification.
Une heure sans sollicitation.
Une heure un peu perdue dans ce caisson à chercher la ligne d’horizon.
Un soleil qui se laisse désirer et qui finalement apparaît du côté opposé grâce à un effet miroir.
Une journée qui commence de façon inattendue par cette heure en apesanteur. 60 minutes loin d’être perdues. »
Nicolas

« C’est drôle, j’adore regarder les gens passer alors là, on peut dire que j’étais servie. Mais eux aussi pouvaient me voir, certain.es m’ont fait signe de la main. J’ai répondu de même. Ce signe semblait presque un remerciement, comme si je faisais quelque chose d’utile. Ce soir à Montreuil, j’ai goûté au plaisir d’être là, présente, face aux gens, à la nature. Un réel régal. »
Maud

« Le dictateur a tenté de mettre un terme à sa guerre commencée quelques mois plus tôt en appuyant sur le bouton nucléaire. Je croyais avoir été malin en construisant un abri atomique sur le toit d’une maison du parc dans le 9-3, dominant Paris et la banlieue. Je m’y étais installé quelques jours plus tôt. Depuis, chaque matin, je m’éveillais à l’heure exacte du lever de soleil, que la bombe n’avait pas altéré. J’étais seul dans ma boîte vitrée à l’est et à l’ouest. Je me sentais tel un gardien de phare, à veiller sur cette ville dans laquelle je vivais depuis si longtemps.
La bombe ayant explosé à 1km d’altitude, elle était demeurée intacte, seulement vidée de la plupart de ses armes. Les animaux avaient survécu, en particulier chiens et oiseaux. Étrangement, quelques personnes avaient également survécu mais ils ne devaient pour certains jamais cesser de courir, d’autres devaient être accompagnés de leurs chiens, enfin certains étaient contraints de rouler, enfermés dans leur voiture, sachant que la panne sèche les condamnait à rejoindre les disparus.
Ce matin-là encore, l’homme au polo rouge arpentait de gauche à droite le parc en courant sans cesse, tel un zombie, jusqu’à ce que l’épuisement total s’empare de lui et le condamne. L’homme âgé promenait son chien qui depuis quelques jours ne lâchait jamais sa balle jaune. La jolie femme et sa chienne marronne cessait de rentrer et sortir du bois. Une hirondelle est passée, apportant quelques joies.
Je veillais donc sur cette terre écorchée, sur ses immeubles, dont on pouvait relier la construction à un épisode de l’histoire du 20e siècle, ceux ayant remplacé la zone cernant la ville, ceux construits après-guerre, ceux construits rapidement pour loger les populations vivant précédemment dans des bidonvilles, ceux encore dessinés par quelques architectes soucieux de laisser son nom dans l’histoire, grâce à un geste architectural hasardeux. Je pouvais reconstituer l’histoire, mais sans ceux qui l’ont vécu, ou ceux qui en sont les dépositaires, quel intérêt ?
Ce matin-là, le vent soufflait sur les arbres intactes. Je regardais l’horizon bloqué par le skyline aléatoire. Je regardais le ciel, il y avait une nouveauté ce jour-là, les avions remplis de gens qui pouvaient survivre en altitude, fendaient en deux le ciel. Il s’arrêtait à des arrêts éphémères construits par la vapeur de leur réacteur, quelques personnes en descendaient, je les voyais rapidement disparaître dès lors que la raie se désintégrer. J’ai donc continué à veiller seul, là dans mon abri. Mais seul, face à soi-même, plus d’une heure, cela a-t-il un sens ? »
Arnaud

« Aucun signe d’Attila à l’horizon. »
Simon

« J’ai beaucoup aimé le chemin qui m’a conduit jusqu’à la maison du parc. Si tôt, la ville était endormie mais le chant des oiseaux m’accompagnait. C’est une bonne entrée en matière. Je ne m’attendais pas à ce que la cabane ait cet aspect. Toute en bois, étroite à l’intérieur, de la lumière la coupant en deux. La lumière m’a déstabilisée d’ailleurs mais je pense qu’elle en fait un espace scénique particulier. On voit son reflet dans la vitre et la lumière se projeter en miroir au loin. J’ai bien aimé le fait que la cabane soit étroite ; j’ai pu étendre mon corps d’un bout à l’autre de la paroi tout en regardant à travers la vitre (les vitres). À cette heure-ci, on aperçoit le début de la journée urbaine se chorégraphier. J’ai préféré enlever mes chaussures dès le début de l’expérience. Je me sentais bien entourée de bois, proche de la nature que je regardais au travers de la vitre.
J’ai bien aimé ce moment. J’ai pensé au moment présent sans m’y obliger, j’ai pensé à comment mon corps pouvait interagir avec l’espace dans lequel il était. »
Justine

« Étonnante cette date pleine de 2.
Alors que la cabane est faite pour un. Peut-être ? Non ?
On pouvait s’y mettre à plusieurs, s’y entasser, faire des roues croisées.
J’ai passé la paroi de verre à l’ouest, pour me faire peur, me donner le vertige. Ça a très bien marché. Le vertige je veux dire. C’était histoire d’aller vérifier si le vent dehors était aussi silencieux qu’il y paraissait depuis l’intérieur.
Ah tiens, j’ai trouvé une pièce de 20 centimes. Je l’ai prise. Je regrette maintenant. Ça aurait pu être un passage de témoin, une sorte de cercle qui perdure dans un parallélépipède. Je me suis beaucoup répétée pendant cette heure, pas trouvé la clé, même si la porte était ouverte. J’ai guetté. Éveillée. Alors que le soleil s’est fait la malle, la ville fait semblant de s’endormir. Moi, je suis bien réveillée. Plus question de rêver. »
Marie-Blanche


« Merci pour cette belle expérience – le temps a passé très vite. J’ai senti que mon esprit était posé et c’est très agréable. Je pense avoir bien surveillé la ville. J’ai l’habitude de rester debout au même endroit pendant quelquefois 2-3 heures car je suis photographe donc aucune pénibilité, que du bonheur.
Que c’est bien de ne pas avoir son portable car nous ne sommes pas tentées de le regarder.
Merci pour ce précieux moment. »
Catherine

« J’ai longtemps réfléchi à ce que je voulais écrire ici, avant même de faire l’expérience. Finalement, une fois dedans tout devient plus limpide.
Au départ, les larmes me sont montées : j’ai ressenti beaucoup de gratitude à pouvoir être là. J’avais l’impression qu’on me donnait du temps alors que c’est moi qui le prenais.
J’ai observé les oiseaux, mes premiers compagnons durant cette heure, puis les voitures et enfin les grues. Le ciel a été le décor de tout ce monde qui prend vie.
Trois personnes m’ont vu là-haut. D’abord ils ont ri, m’ont fait coucou, puis m’ont demandé ce que je faisais là. Je n’ai su que leur sourire.
En observant les personnes et même les animaux, je n’ai pu m’empêcher de me demander qui ils étaient, ce qu’ils faisaient, où ils allaient. C’est génial d’être le spectateur caché de ce qu’ils ont à offrir !
J’ai eu peur de m’ennuyer à un moment, et puis l’esprit sait finalement très bien s’occuper. J’ai parlé à haute voix et je me demande si, comme moi, les autres l’ont fait aussi. Je me suis demandée qui j’aurais voulu inviter à passer ce moment avec moi. Angèle ou Caroline.
Bref. Lorsque le soleil est apparu, je n’ai fait que sourire. Encore.
Quand le soleil se pose sur le corps, il se loge dans le cœur. C’était un plaisir d’être gardienne de sa lumière et je veillerai toujours à ce qu’il continue de rayonner. »
Jennifer

Une fois que vous avez participé au Cycle des Veilleurs en tant que Veilleur, vous pouvez, si vous le souhaitez, devenir accompagnateur. L’accompagnateur est la personne qui veille sur le Veilleur. Il s’agit d’accompagner bénévolement sur une certaine période, sur les veilles du matin ou du soir par exemple, un Veilleur. L’accompagnateur est l’interlocuteur sur place à la Maison du parc qui accueille le Veilleur et reste présent pendant toute la durée de la veille et juste après. Il prend en photo le Veilleur, recueille ses impressions de veille. Pendant la veille, il est installé dans une pièce annexe située à côté de l’objet-abri.
Qui peut participer en tant qu’accompagnateur ?
Chaque veille nécessitera environ deux heures de votre temps.
Si vous souhaitez être accompagnateur, vous pouvez nous contacter à :
infos [arobase] lecycledesveilleurs.fr ou 06 15 76 68 31
Pour plus d’informations, téléchargez le PDF ci-dessous.

« L’arrivée se fait rapidement, les transports le soir du premier mai avaient quelque chose à dire, à manifester, eux aussi, que petite grève des stations, des pannes techniques. J’arrive tard par rapport à l’heure prévue, le détour me voit néanmoins la découverte d’une veille très fascinante, charmante de Montreuil.
Je me change. Je fais connaissance avec Claude, mon accompagnateur. Pas beaucoup de temps pour parler. Je suis à l’intérieur. Il fait chaud. L’odeur du bois est forte et agréable. J’enlève mes chaussures, je vais vers le soleil, d’instinct, de manière directe, je respire fort. Je me sens émue. Je fais quelques aller-retours d’une vitre à l’autre, je mesure les pas. Je regarde les gens, je regarde la ville, je cherche les endroits que je connais. On voit bien le Grand Paris d’ici, ça coupe le souffle. Je veille. Je veille sur quoi déjà ?
J’ai l’impression de suivre le soleil comme si je devais bien vérifier qu’il se couche, aujourd’hui sûr. Peut-être, il voulait faire la grève aussi. On ne sait jamais. Je veille un peu sur les gens, je pense à la multitude des gens que je connais, je pense à mon oncle qui a peut-être un cancer. Je veille avec amour. Sur qui, sur quoi, ce n’est pas sûr. »
Giulia

« Je lève les yeux et la porte s’ouvre. Celle du cube que je viens de quitter, mal fermée ou juste orpheline d’un veilleur déjà parti ? Besoin sans doute aussi d’aérer, de ventiler les mouvements, pensées que j’ai laissées dedans. La cabane est dorée du d’ici. Dedans c’est autre chose, lisse et sobre, une rai de leds en haut, d’un côté, asymétrique, comme la vue et la vie.
Le Cycle d’ève et year, ève, une année, un cycle, petite circonvolution minime et douce, en lenteur. J’ai fait 10 pas d’un bord à l’autre, du plein au vide, prudemment( ?), et j’ai deux et demi en largeur. J’ai aimé l’espace et n’ai pas eu de mal à me supporter. Éveillé ? Guetteur ? Tartare ? Peut-être pas assez tôt pour envelopper les donneurs. Suffisamment pour laisser poindre quelques gestes intérieurs, une écoute rare, fucking A3, de rares passages d’une brise sur les autres surplombés qui se refilent le courant souffrant, vite éteint.
De la ville, rien à faire, du reflet et des lumières qui (me) traversent dans la cabane, j’ai adoré les jours, les fuites, la banalité des nimbus éclatés, des déchets de vols presque effacés, des brumes croisées, de ma silhouette à peine visible, suffisamment pour être là, pas pesante. Et les poissons rouges en bas, veillent à l’envers.
Je suis un veilleur ? »
Fred

« Pourquoi vouloir cacher ses parts d’ombre. Quand le soleil peut les prendre belles ?
Courant voudrais-tu me protéger toi-même ?
Rendre visible l’invisible
Rendre la beauté au monde
Découvrir son âme dans sa chaleur environnante
Se perdre dans les yeux cachés de son être
La chaleur du soleil se réveille en moi et vient chercher au plus profond de mon être ce sentiment caché, perdu timide qui ne rêve que de sortir à la lumière du jour pour briller sur le Monde…
Merci pour cette expérience qui est arrivée au moment où j’en aurais eu le plus besoin. »
Marie

« Suspendre le temps juste un instant.
Regarder les oiseaux voler les lumières clignoter.
Ne pas bouger au départ pour laisser le calme venir.
Sentir les branches d’arbres bouger comme une vague et voir un promeneur faire son jogging du matin.
Peu à peu, j’ai senti mon corps ralentir pour se raidir un peu avec le froid.
Se frotter les pieds, prendre la mesure de l’espace avec son corps.
Regarder d’Est en Ouest.
Les reflets des nuages et des rayons de soleil apparaissent sur la parois de verre.
Tourner la tête vers le soleil et se relier à l’infini du temps, au garde du soleil.
Merci Joanne. »
Edwige

« Et le soleil trogne sa chaleur de température contre sa chaleur de couleur. Il fasse d’un jaune presque blanc ; éclatant, éblouissant à sur jaune oranger plein de douceur et de quiétude. Puis il rougit, honteux d’aller au lit ?
Tour Eiffel, grand projet parmi les grands projets. Avoir confiance en ses rêves, en soi.
Croire que c’est possible…. Et agir en conséquence devient une évidence.
Le chant des oiseaux était revenu dans le calme ambiant. Mais là, maintenant, j’écris mais ne les entends plus ces joyeux siffleurs et quelques fois persifleurs. »
Sylvie

« "Fish in the sea, you know I feel… It’s a new day, it’s a new dawn, it’s a new life… for me… and I‘m feeling good …”
Durant cette veille, je n’ai eu que cesser d’entendre Nina Simone chanter ce refrain. Le ciel ouvert mais le jeu de l’intensité, de la couleur des reflets m’ont fait une sensation étrange : je me suis sentie petite face à l’immensité du ciel, face à la grandeur de ce spectacle… et pourtant quotidien.
Tout se passait comme si je plongeais dans cet océan enragé laiteux, bien à l’abri. Le moment unique est comme une occasion de me reconnecter au rythme intime de la journée que j’ai tendance à perdre de vue. Le chant des oiseaux et le fond sonore de l’A3 se répandaient et m’ont ancré dans un “içi”. Cette expérience m’inspire une profonde gratitude envers ceux qui nous porte. Nous les êtres humains. »
Tiné

« Toc, toc toc. Bernard frappe à la porte. La veille est terminée. Déjà la pluie, le parapluie rouge. La photo. Clic, sous la boite. Deux fois.
La cabane. L’odeur du bois neuf. La pelouse verte en bas. L’homme en noir qui, les bras tendus, frappe dans ses mains, devant, derrière, devant, derrière. Le métronome du Parc des Guilands. Les arbres et Paris à l’ouest. Le bruit des roues de skates derrière moi.
Celui des chants d’oiseaux encore derrière.
Le temps s’écoule, mes pensées se déplient, la lumière change.
Le bruit des gouttes de pluie me sort de ma torpeur. Il pleut. Il pleut mais la lumière s’éclaircit. Je vois plus net. Je vois l’horizon derrière la Tour Eiffel. Je vois des détails 1, 2, 3, 4, 5 grues. Le parc se vide peu à peu ; il pleut. Soudain, un pont rouge flamboyant attrape mon regard. Je scrute. Le soleil. Je ne regarderai plus que ce pont jusqu’à la fin. Rose vif, orange, rouge clair, jaune. Point lumineux dans le ciel de plus en plus noir. La pluie bat contre la paroi Nord. Mes pensées se contentent en ce point. Autour, tout à disparu.
Finit le Parc des Guilands, fin la Tour Montparnasse, finit la Tour Eiffel, finit Paris. Place au spectacle. Lumière ! Rideaux ! Faites entrer les autorités !
Toc toc toc. Bernard frappe à la porte. Déjà la photo !
La pluie. Le parc des Guilands. Montreuil. Le spectacle ne fait que commencer !
Clic !
C’est reparti ! »
Natacha

« Aux aurores je me lève, prête à ne faire qu’un avec mon prénom. 1H dans cette bulle au sommet de la ville, Montreuil, Paris s’éveillent, c’est tout un écosystème qui suit son cycle. Des travailleurs invisibles déambulent et circulent, les sportifs matinaux s’activent, et pendant ce temps-là je veille sur eux. Peut-être veillent-ils sur moi ? Après tout, le monde est fait de veilleurs et veilleuses. Nous sommes tous le veilleur de quelqu’un. La nature s’éveille. Un petit chat traverse le parc et les oiseaux viennent me saluer devant cette vitre qui s’ouvre sur l’immensité de notre monde urbain. Devant cette végétation luxuriante du parc des Guilands qui s’éveille avec le printemps, Paris s’éveille et la dame de fer s’enveloppe d’un drap de nuages.
Après tout, je suis enveloppée de chaleur qui se diffuse et s’infuse dans ce cocon de bois. J’ouvre grand les yeux et observe chaque détail de cette fourmilière qui s’éveille et je m’intrigue devant les bâtiments aux architectures diverses auxquels je n’avais jamais prêté attention. Baignée par cette atmosphère paisible, le temps passe lentement et rapidement à la fois. on ne que se rapporter à la relativité de ce qu’est la notion du temps. Il est 7H22. Claude sonne à la porte, un veilleur qui veille sur les veilleurs. Une photo pour immortaliser ce moment, les souvenirs se créent avec le temps. Il est l’heure d’en créer de nouveaux, c’est l’anniversaire de ma meilleure amie aujourd’hui. Je retourne me fondre dans cet écosystème de la vie. Peut-être que quelqu’un veillera sur moi demain. »
Aurore

« Très vite, je m’étonne de pouvoir approcher la vitre à quelques centimètres, moi qui suis sujette au vertige. Est-ce le sentiment de l’importance de ma mission qui me porte au-delà de mes peurs ?
Ce soir, je veille, je veux bien veiller ! Être bienveillante…
Mon attention se déplace vite du parc proche à la ville, l’horizon à l’ouest toujours. Et puis l’horizon devient contraignant. Je suis happée par l’ouest, et file au-dessus de Paris, veiller sur Sara, ma fille qui a migré non sans nostalgie à Boulogne, puis je vais saupoudrer Douarnenez de ma bienveillance, traverse l’atlantique, le Canada, le pacifique, accoste en Chine et veille sur les peuples, de Chine, de Mongolie, de la Russe, de l’Ukraine.
Je veille… ma veille s’élargit, Europe de l’est, Allemagne, et retour en France ; Je me retourne vers la vitre à l’est de l’habitacle qui sent la forêt, et la boucle de ma veille-voyage est bouclée. »
Valérie

« J’ai regardé quelqu’un faire des tours de stade. Il marchait, il a couru aussi un peu et il est rentré. Moi j’étais toujours là, dans ma cabane suspendue. Le temps est passé si vite. Je n’ai pas eu le temps de penser à rien finalement.
Drôle d’expérience.
Merci ! »
Muriel

« Merci pour cette heure et expérience !
Es ist so schön eine Stunde Zeit um schauen - nur mit mir.
Nach Bagnolet wäre ich warscheinlich nie gekommen
ohne Joanne Leightons Projekt - eine ganz andere
Seite von Paris ! Ohne das Projekt wäre ich auch
vielleicht nicht mit meiner Freundin für ein Wochen-
ende in diese wunderbare Stadt gereist.
Ganz andere Perspektiven aus dem Kubus hier
als in München vom Gasteig aus wo ich auch eine
Türmerstunde genießen durfte !
Innensicht, Aussensicht, Erinnerungen ...
Hoffentlich kriegt sich die Welt wieder ein.
Merci beaucoup Geoffrey et Lisa for accompanying me ! »
Alida

« Le cycle - Team,
What a wonderful one hour of silence !
Thank you for the moment and a new view of Paris !
And thank you too to my best friend Alida, that she came with me to Paris.
There were so many different emotions in this hour, and I’m glad to go out of the box and feel just happy.
See you again and thanks a lot <3 »
Lumterije

« Pas une bonne veilleuse parce que je ne suis pas restée debout, mais j’ai quand même veillé sur les arbres, les ai regardés danser (avec le vent), me suis assise, couchée, ai aussi guetté un oiseau en haut d’un arbre, baillé de bonheur et pas d’ennui, et puis ai vu les nuages s’effondrer, rentrer de rose, la lune animer et le soleil descendre d’auparavant, tout rouge.
Bon alors, même couchée, j’ai quand même veillé sur le coucher du soleil. C’était magnifique, du bonheur et de la sérénité ! Trop court !
Merci. »
Dominique

« Aujourd’hui Marie la veilleuse de ce matin n’est pas venue. Moment pour moi de déception, de tristesse et de frustration de ne pas pouvoir faire partager cette heure magique pour laquelle je ne suis pas rassasié.
Ce matin, pas de soleil, plutôt le temps de la Toussaint. J’ai pensé à ma famille que ma fonction de veilleur me rendait apte à la protéger. J’ai pensé à Véronique, une de mes amies chères qui vient de perdre son compagnon, Jean-Marc. »
Bernard

« Pour commencer, un immense merci à Sylvie ! Sans elle, je n’aurais pas osé tenter l’aventure.
Je suis entrée dans l’abri en pensant qu’en ce jour on célébrait l’anniversaire de la fin de la guerre. Je pensais aussi aux milliers d’Algériens assassinés le même jour à Sétif.
J’ai fait plein de vœux pendant cette veille. Que la paix arrive !
Et mon esprit a fait aussi ce qu’il voulait. Oh des chiens ! Oh une femme qui court.
Mon reflet dans la vitre me ramenait dans l’instant présent.
Me ramenait à ma solitude et à mon immobilité du moment. Une bulle de solitude et de recul avec à ma gauche un quartier de lune et à ma droite un soleil merveilleux.
Comme si tout était à sa place.
Vive la vie. »
Catherine

« Je ressort marqué de ce moment par la façon dont j’ai aperçu le levé du soleil, la métamorphose du paysage, minute après minute. La dualité, Nuit/jour qui s’estompe et ce temps “lent et rapide” entre le changement.
Cet abri est un peu comme le ventre d’une mère, on y est bien et aperçoit énormément de choses, mais on s’y est coupé du reste du monde l’espace d’un instant.
Et percevoir le temps qui s’écoule à travers les ombres, les perspectives de la découverte des détails… qui forment un tout.
Apercevoir un reflet au levé du jour.
Ah ! et quel plaisir ressenti de se sentir soi-même même veillé, accueilli, protégé par Bernard pour ouvrir le temps d’avoir du temps !
Merci à toutes et tous pour ce beau projet. »
Thibault

« Très sensible aux odeurs, j’ai été frappé en entrant dans la “boite” par une odeur très forte de chocolat en fusion.
Ça m’a incommodé au début, puis après ça m’a fait rire, je me suis dit avec quoi cette cabane est elle construite, ou peut être avec quoi ces matériaux ont été traités ?
Il faut dire que c’était une belle journée de printemps, ensoleillée et chaude !
J’ai ainsi eu la chance de pouvoir suivre la course du soleil vers le pont, ce qui est très rare dans les villes…
Habitué des hauteurs, je suis resté posté presque contre la vitre en surplomb sur la pelouse, à observer les gens, la ville… »
Thibault

« Que retient-on d’une expérience comme celle-là ? Et bien évidemment avant que tout s’efface. Une odeur de bois, enveloppante. Un couple de pigeons. La mairie de Montreuil, si petite, avec son beffroi qui parait minuscule. Je suis arrivé avec l’envie de méditer, de me poser des questions existentielles, de faire le point ; de prendre un temps pour moi, suspendu au-dessus des autres, au-dessus du vide. Finalement, l’âme divaguant, je me suis juste amusé à regarder avec bonhomie ma vie actuelle, mes choix récents. Sans jugement, sans chercher à y changer quoi que ce soit. Une fenêtre allumée, une piste de course qui se remplit de coureurs, des chiens qui s’ébrouent, une eau toujours en mouvement. »
Thomas

« D’en haut, on voit les gamins gambader, les chiens galoper, les jeunes jouer au ballon, les coureurs faire de la course à pied et l’horizon. Tout ça m’a donné envie de courir et de m’évader, d’autant plus que le confinement du veilleur dans l’installation rectangle fait grandir en moi un sentiment d’impatience au début de la veille, qui s’est estompé petit à petit, à mesure que je déconnecte ma condition physique et que je me laissais submerger par mes pensées.
La lumière entre chien et loup est définitivement la plus belle et la plus propice à l’aventure et à l’émerveillement.
Cette expérience de veille est bien plus introspective qu’un passage sous la douche. »
Galvin

« À la veille d’une nouvelle année, j’ai pris le temps de contempler, le temps de m’arrêter le temps d’ une découverte.. Et pourtant ce temps qui d’habitude file à une vitesse folle m’a paru long ! Je suis surprise à couper les secondes, les oiseaux, les promeneurs.euses de chien, les promeneurs tout court, les sportives.fs, les avions…
J’ai découvert “mon” parc d’en haut, essayé de faire le bilan de cette année écoulée et me suis dit qu’il fallait que je retrouve du temps. Notamment pour courir, pourquoi pas tôt le matin au lever de soleil.
Ah ! Oui, j’ai vu des canards aussi et un incendie s’est délivré au loin. Il s’en passe des choses en une heure !!! »
Sarah

« Avalanche de couleurs, le temps suspendu et une impression de veiller et de protéger le parc et ses alentours. Ce parc est magnifique avec du vert partout et le vert de cette nature rend la ville peut-être plus supportable. Le temps m’a paru très court mais quand même suffisamment long pour faire une rétrospective de sa vie et de penser intensément aux personnes que l’on aime. »
Bernard

« On a (j’ai ?) beaucoup d’attentes en arrivant à l’abri-bois. Une espérance même : Veiller sur le soleil. Je trépigne un peu d’impatience et je portais aussi quelques coins d’espoirs déçus. L’expérience est plus simple et aussi aisée que je l’escotais. Plus simple car finalement elle ressemble, si on y prête attention, à quelques instants précieux du quotidien, mais pas toujours aisée car milles choses nous captent et nous entraînent en faisant finalement pas grand chose.
C’est peut être tout le paradoxe ; être juste là à observer et constater qu’il se passe des tas de choses à l’extérieur et plus encore en nous.
J’ai été ballotée un peu partout alors que j’étais debout et statique la plupart du temps.
Par le vert des arbres, par le bruit des voitures, par le ciel silencieux des oiseaux, par toutes ces habitations - LEGO, par ces pensées aussi bien sur l’instant que sur bien et après.
Et c’est étonnant comme il est bon parfois d’avoir peur des repères du temps. On prend conscience que celui-ci est véritablement dans notre corps, incarné. »
Nicole

« Je veille sur l’immobilité de la ville.
Je veille sur la structure de dentelle de la Tour Eiffel
Je veille sur le chant des oiseaux qui se perd dans le bouchon de l’A3.
Je veille sur notre halo de pollution.
Je veille sur les joggers qui n’en finissent pas de tourner.
Sur cet adorable enfant qui apprend à marcher.
Sur des poteaux inépuisables.
Sur les chiens aimés de leur maître.
Sur les secondes qui s’effacent.
Sur le ciel rosé qui n’ouvre ses bras. »
Marielle

« Je m’attendais à ce que ce soit mon esprit qui danse et finalement j’ai été happée par la danse de la lumière sur l’herbe et les bâtiments, sur un fond de musique offert par les oiseaux.
Il y a quelque chose de très apaisant et à la fois très vivant dans le fait d’assister au réveil d’une ville, qui m’a fait ressortir apaisée et connectée avec mon humanité.
Merci. »
Emma

« Cadre fixe, individus mouvants, tableau vivant !
Un sentiment grisant d’observer les déambulations des habitants, leur appropriation de l’espace, les courbes de leurs pas sur les traces de leur passage. Une communion silencieuse avec l’humain dans ce qu’il a de plus beau et spontané : le jeu, les rencontres, le mouvement, l’effort…
Dans "bienveillance" il y a “veille” et le mot prend içi tout son sens : un regard haut mais doux, où on se surprend à reconnaître des passages ou à imaginer des dialogues…
Et au-dessus la ligne d’horizon de la ville, ponctuée de quelques verticalités, toile d’araignée tout en mouvement et couleurs, nous rassure dans sa planitude.
Enfin, le ciel au-dessus, le ballet des avions, les nuages qui tracent, la rencontre du rose et du bleu.
Tout est bien. »
Alice

« Oh ! Le parc s’éveille. Tout prend vie au contact des premiers rayons du soleil. Les poissons semblent vouloir rejoindre la surface de leur bassin, les corneilles se prennent le bec, les pies font leur vie et les perruches se réunissent.
Lorsque le premier sportif arrive, puis le deuxième, puis le cinquième, les oiseaux cèdent leur place aux promeneurs matinaux accompagnés de leur toutou. Le soleil irradie les façades des immeubles, on entend plus le tuyau d’arrosage de la pelouse, mais on voit au loin 2 fumés blanches et un énorme nuage de fumée noir. La Tour Eiffel commence un peu à briller au soleil et voilà que je suis plus incognito ! 2 passants me remarquent, je leur fait un petit signe, ils continuent leur chemin dans la partie boisée à l’abri des regards.
Les couleurs se sont métamorphosées du bleutée de la fin de la nuit, les voilà, pleines rondes.
Je quitte mon expérience de veilleur avec un beau souvenir et cette heure est passée très vite. :) »
Sarah

« Dans mon four solaire, je vis paisiblement. J’imagine déjà tendre un cable de la cabane de verre jusqu’au soleil, en une longue tyrolienne enchantée. Ailleurs, la vie d’une proche s’échappe mais ici la vue exulte. Et c’est sur la grande langue de pelous qu’elle est la plus forte. Samedi soir de tendresse, les enfants roulent dans l’herbe, se coursent et crient. Ils sont les seuls à me voir. Je veille sur eux ; et je descends mon regard, c’est plus fort que moi. La musique est trop forte et la pelouse est si verte. Le soleil va finir sa course derrière les immeubles, c’est sûr. Mais en bas, ils ne le savent pas. Lui non plus semble ne pas vouloir renoncer. Il envoie sur tous les bâtiments un rai blanc puissant, qui les vitres renvoient en miroir.
Dans mon four solaire, je suis paisiblement. Je recule, je tourne en rond et je vise des endroits précis. Je suis à hauteur d’oiseau, à hauteur de cime d’arbre. Je suis une feuille, légère, qui va planer et virevolter, avant de tomber sur cette pelouse si verte. Un enfant me trouvera-t-il ? Barbe-à-papa, vélos, voiles, ballons et même un dragon de papier à six jambes. Le spectacle est saisissant, le bruit assourdissant. Regarder le ciel pour s’échapper, reculer dans la cabane pour mieux profiter de l’instant.
Dans mon four solaire, je vois paisiblement. Les lignes blanches laissées par les avions et forment des lettres en se croisant et le soleil et a décidé de ne pas faire ce que je lui avais commandé. Il ne terminera pas sa course derrière les immeubles. Il s’écrasera contre des nuages tout doucement et finira par se confondre avec eux. Une heure a dû passer, c’est sûr, et pourtant la porte de la cabane ne s’ouvre pas.
Dans mon four solaire, ça y est, je n’y suis plus. »
Lucie

« Prise de connaissance avec le lieu, léger vertige lorsque je me colle à la fenêtre côté ouest. La vue est bien collée et isolée, l’aération laisse entendre - de façon étouffée - les sons environnants. Pour le moment tout est calme. Il fait encore frais. Le ruban LED est à moitié fonctionnel. Je retire une partie du cache plastique pour vérifier. Puis, je me rappelle que je suis là pour veiller ! Des fenêtres semblent embrasées. Est-ouest, la lumière est différente ! Tous ces bâtiments, si oppressant lorsqu’on est à leur pied, paraissent légers et fragiles depuis la cabane-cabine. J’ai envie de bouger ou besoin plutôt. Je m’échauffe, chevilles, épaules, poignets. Je fais des pompes et réalise que mon cerveau me joue des tours pour un peu méditer. Éviter de me retrouver face à moi-même ? Tout seul ? Point à creuser… c’est noté !
Un canard vient les rejoindre. Des pigeons amoureux également. Côté parc des promeneurs, joggeurs et des baladeurs de matous viennent prendre la place des pies, des corbeaux et des moineaux. Ce côté veilleur limite voyeur est rigolo.
Un grand merci pour cette expérience. Bravo pour l’organisation. Je suis ravi d’avoir veillé sur Paris depuis mon 9.3 chéri !
Que la paix qui règne ici ce matin puisse inonder le monde ! »
Sid

« Et si dans la vie, tout n’était qu’un cycle ? Après le soleil vient la nuit, après la pluie vient le beau temps, cycle de haut et de bas, cycle de la vie et la mort.
Les choses, les gens, les raisons vont et viennent sur notre chemin et nous continuons à avancer.
A chaque période de la vie nous entamons un nouveau cycle sans trop savoir quand il finira ou jusqu’où il va nous mener mais cela fait partie de l’aventure de la vie non ?
La seule chose qui n’aurait pas de cycle serait-il le temps ? Il ne fait pas de pause pour ensuite redémarrer, il s’écoule chaque jour de la même manière à l’infini. Il ne se rattrape pas.Durant cette heure de veille, dans ma bulle, j’ai regardé le temps de s’écouler en suivant les nuages, les personnes bouger, les éclairs et la pluie tomber. Un temps unique qui ne se répétera pas.
Le cycle des veilleurs continue, mais chacun vivra un moment unique. »
Youseline

« Là tout commence.
Un nouveau jour se lève. Je l’attends. C’est un jour rose dont les mille nuances éclaboussent les immeubles alentour.
Là, il y a des rumeurs de voitures, des chants d’oiseaux (quelle symphonie !) quelques conversations de joggeurs (quel courage !)
Là, c’est le lieu de rendez-vous des pigeons sur la pelouse à mes pieds. Ils sont trois puis sept, puis dix et bientôt quinze. Que peuvent-ils se raconter ? À quoi rêve un pigeon sur la pelouse des Guilands ? À des humains qui cesseraient d’oublier leurs immondices ?
Ici Maître Corbeau sur son arbre perché me fait face. Lui aussi veille. La Tour Eiffel, nous toise. La ville se réveille et les passants débutent leur danse. Un couple de perruches passe. Une casquette noire s’enfonce dans les fourrés.
La tout finit bientôt pour moi mais le ballet continue. Immuable. Ici tout recommence toujours. »
Francine

« Quand j’étais toute petite, je pensais que les immeubles poussaient en plantant des graines. Je m’en suis rappelé à la rue de la tour Altais, si verte, si chatoyante, si fraîche, entre Guilands et Beaumont de mon point de vue en haut de la Maison du parc. Pourtant, à l’origine, cette tour émit de la même eau que les Mercuriales, gros pâtés meringués (enfin je crois que c’est elles que je vois). Elle est devenue un cube poisseux qui va sibiu avec les arbres. Beaucoup plus loin vers le sud, la tour de Télécom de Chennevières (je crois) : elle, elle vient d’un gros champignon, une annamite.
Et puis il y a les contrefaits, les mal-poussés, vers le quai d’Ivry : deux tours qui se la pètent avec leurs étoiles anti-collision, se voulant les cousins d’un tout petit degré avec les gratte-ciel acrobatiques que j’ai vu à Dubaï et Abu Dhabi.
La prochaine fois, j’apporterai des jumelles pour reconnaître encore mieux les miens, poussés aux graines de mon imagination juchée sur un belvédère un soin de printemps.
Merci ! »
Nathalie

« Une heure au lever du soleil
Une heure à se sentir le gardien d’une ville endormie
Endormie seulement, mais pas morte ni confinée : la rumeur de la circulation, des joggeurs, des voitures qui bougent, trahissent la présence humaine.
(C’est peut-être un regret) »
Pierre-Luc

« C’est comme une course à pied
Difficile au début, on s’habitue, pic d’endorphine.
Puis une personne vient nous chercher. Ha bon, c’est déjà terminé.
J’aurai bien continué encore un peu. Prêt à y passer une nuit.
Une vision sur le monde d’en bas.
Des regards croisés. Une main levée “bonjour !” Ah non, ce n’était pas pour moi :) »
Mathieu

« J’ai observé toutes celles et tous ceux que je voyais pas. Je me suis penché sur eux, les ai regardés. L’est avant tout celles et ceux qui m’intéressent.
Se raccrocher/ S’accrocher à ce qui est là, ce qui ne bouge pas, ce qui reste. Savoir ou plutôt prendre conscience que c’est là et que ça va rester là me fait partir de là avec une sérénité nettement connue. J’y reviendrai. Là.
Avec celles et ceux que je ne vois pas mais que je veux absolument continuer à regarder.
Et ce qui est là est sur quoi je peux compter absolument.
Je pars avec une question (parmi d’autres). Je crois que le balcon est un truc de privilégiés. Par le fait forcément d’avoir un balcon dans son appartement mais le fait de pouvoir s’y installer quelques secondes et regarder. C’est un privilège. Je suis un pu**** de privilégié ! Beaucoup de chance. »
Antonin

« Une auto-veille bien réussi avec un temps estival :) »
Claire

« Avec les oiseaux qui tournent et retournent, le soleil qui s’installe dans les airs, le bois de la cabane encore frais, tiède, vivant peut-être.
Rechercher le souffle calme, la température idéale, battre le cœur à l’unisson, accueillir la lumière.
Faire une prière au soleil et puis lui tourner le dos, le voir glisser dans les reflets, fermer les paupières, ouvrir les pores et chanter en silence un air mélancolique.
Prêtes l’oreille. Ne pas savoir si on va nous le rendre.
Se lever à l’heure pile, parce qu’on a réussi à se synchroniser, pour un instant, avec les merveilles. »
Elise

Une vidéo d’Émilie Chatelet
Et si demain, c’était vous ? 730 habitant·e·s de la Seine-Saint-Denis se relaient au lever et au coucher du soleil pour veiller en haut de la maison du parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands. Cette performance participative, nommée Le Cycle des Veilleurs, offre une déconnexion totale et un panorama à couper le souffle ! Nous avons suivi la veille de Bernard en vidéo.

« Étrangement, devant cette promesse du Paris déployé, déballé comme un bandas de magicien, Tour Eiffel et tour perchée, statique, au loin, c’est la vie du parc à nos pieds qui nous capte le plus. Le ciel bouge et change comme ces sablières fantaisies aux tons pâles. Une étudiante jongle avec un ballon de foot bleu sur le dos. Le vent traverse tout taille d’arbres et tous types de feuillages frémissent quand il gonfle, aussi, les nappes de pique-nique qu’on plie ou déplie ; Les bras luminescents des manèges de la foire du Trône se dessinent à mesure que la dernière baisse, l’enseigne du Carrefour de Bercy aussi. Une bayane de chiens décor un peu, provoquée par le plus petit, comme toujours. Les nuages ont presque entièrement fondu sur le bleu. Un jeune homme rejoint l’étudiante et ils jonglent ensemble. Un couple s’est installé en contrebas et ils ont retiré leurs chaussures avec précaution. Le spectacle de la vie en bas va largement à la beauté de la promesse lointaine. »
Florian

« Surprenant de se retrouver si tôt dans la ville qui s’éveille pour aller veiller le soleil. Cette énergie surprenante du matin revient vite.
Entrer dans cette pièce remplie de fraîcheur pour une heure seule et sans autre activité que penser et observer, pourtant ce dépouillement matériel fait naître une créativité étonnante. Observer la ville qui se lève dans ce parc plus fréquente qu’on ne peut l’imaginer, des joggings aussi tôt !!!
Cette position en hauteur me fait repenser les villes que j’aperçois et toute l’orientation et sa visualisation que j’ai d’elles en voyant notamment cette Tour Eiffel plus petite.
Les nuages ont été attirés par le lever du soleil qui change l’atmosphère de cette journée.
Quel merveilleux réveil. »
Adèle

« Une très belle veille, une expérience inouïe. Merci. »
Maïmouna

Ihsane


« Écrire et danser
Deux choses nécessaires et extraordinaires,
C’est dedans ça, veiller
Des enfants courent après le bonheur, après elles et eux mêmes,
S’évader, des oiseaux écrivent le ciel, des martinets qui rêvent, veillent, aiment en volant, des axions strient
Le soleil est descendu vite
L’amour est de cette éternité ce joie contraste et traverse et résiste à la dureté du monde, à la cruauté humaine, fric, peurs et le reste - ne pas céder à l’invisibilisation
Au pire, contre la vie, les pauvres, les gens et les oiseaux. »
Inès

« L’impression de hauteur et de survoler le parc.
Un instant suspendu où le temps ne compte pas, juste soi, sa respiration et le monde en bas.
Une plénitude agréable, un moment de détente.
La lumière qui éclaire doucement les immeubles et le parc.
Je ressors de cette expérience détendue, forte et connectée.
J’ai eu l’impression d’avoir une mission de veille des alentours et des gens autour.
L’impression d’être un corbeau perché qui observait le monde et transmettait son énergie à la vie en contrebas.
Merci pour cette expérience :) »
Pauline

« Un très beau moment.
Tout d’abord une connexion avec la ville, la métropole et toute sa topologie. Une proximité surprenante avec les passants au premier plan, puis les autres, Bagnolet, Paris et, au loin, l’horizon et Meudon. Encore plus loin, les avions. Et horizontalement, les oiseaux qui traversent les différents plans.
Puis pour les émotions, envie de protéger la ville et tous ses habitants en particulier ceux qu’on aime, et qui sont dans notre champ de vision. Une solidarité de notre communauté.
Merci pour cette agréable parenthèse. »
Paul

« Bonne séance de méditation.
Un paysage jadis, derrière la haie. Les Buttes Chaumonts et la Tour Eiffel presque en face, sur la gauche les cheminées d’Ivry qui fument. On voit tout Paris d’ici.
On voit surtout des oiseaux, une bande d’étourneaux qui se chamaillent, une pie qui course un pigeon, et un canard colvert qui vient virer juste devant la fenêtre.
C’est un peu dommage que la cadre de veille soit “coupée” du monde. J’aurais aimé entendre un peu mieux les bruits.
Une heure passe très vite. Belle expérience ! »
Bertrand

« Moment très apaisant, silencieux, tel une médiation. Les oiseaux viennent me rendre heureux sans crainte. Une sensation de bien-être nous envahit.
A la fois seul, et en même temps impliqué dans la ville qu’on observe en pleine ébullition.
Une heure ressenti comme une demi heure.
Merci pour ce merveilleux projet et merci à Bernard mon accompagnateur. »
Louis

« Nous sommes le 24 mai 2022, le veilleur du jour = Olivia, accompagnée par Claude
C’est un jour comme tant d’autres, c’est une heure qui défile
C’est du temps suspendu, mais là rien d’immobile
Cellule, Cabine, Cabane, abri-objet
Refuge, capsule, promontoire, miroir aussi,
Cet habitacle me permet de m’enraciner en profitant du spectacle.
Je garderai cette image sensuelle d’un retour au sens de la recherche d’un équilibre imparfait entre les formes et les bruissements et d’un atterrissage paisible.
HUG du HUB
Une circassienne du circadien.
Un grand merci à mon accompagnateur, et une grande reconnaissance et admiration pour ce projet de Cycle de Veilleurs et pour l’artiste. »
Olivia

« Quel plaisir ce temps qui nous est donné pour observer, écouter, ressentir - le proche, le lointain. L’immuable, le mobile. D’analyser aussi ce qui pourrait être amélioré le long de l’autoroute, l’éclairage des stades, lumière car qui s’allume trop tôt.
Variation de lumière magnifique, avec du soleil jouant à cache-cache derrière les nuages, la pluie, les reflets sur les vitres, l’arc en ciel. »
Marie-Hélène

« Ce matin Lisa devait venir, elle n’est pas venue. Dommage peut-être pour elle, et dommage pour celles et ceux qui auraient aimé apprécier ces moments intenses aussi bien dans leur originalité que dans l’émerveillement. »
Bernard

« Quand on a plus l’heure on a le temps, et alors le temps est lent, mais l’heure passe vite.
Très vite le meilleur devient veillé. On a le sentiment de veiller sur soi et que progressivement c’est la ville la substance de votre vie. »
Michel

« Dans cette expérience il y a le mot “danse” mais également le mot “dense” car il y a la densité dans le ciel, les teintes, les nuages, la pluie, puis la densité de la ville, les bâtiments, les lumières puis notre propre densité, notre énergie, nos sens, notre corps.
Puis il y a cette notion de “veiller” qui fait écho au “surveiller” car nous sommes "surélevés", tel des gardiens de phare, nous surveillons le paysage urbain, la ville et le temps.
Dans cette vie, dans cette ville, nous passons notre temps à être observé et nous avons peu l’occasion de s’accorder du temps pour observer.
Merci pour ce moment. »
Jérémie

« Veiller
Veiller c’est voir
Veiller c’est écouter
Veiller c’est ressentir chaque vibration, qu’elles soient externes ou internes.
Veiller c’est s’exposer à la porosité.
Veiller et être veillé
Veiller une activité d’ange
Veiller à ce que..
Je n’ai aucune prise sur le visible
mais qu’en est-il de l’invisible ?
Le silence rempli de petits bruits, rien ? Presque rien de tant de choses insignifiantes ? Tellement riche pourtant
Riche de quoi
À quoi j’ai pensé
Qu’est ce que j’ai capté de ces gens là en bas, cette femme boitant et pourtant malgré tout courrait, courrait, courrait.
Je l’ai invité à plus de douceur… m’a t elle entendu
Me suis-je entendue.
Odeur du bois, vert des arbres, et toutes ces habitations, ces boîtes dans lesquelles nous vivons qui s’allument, tant de beauté quand je prends le temps d’observer et de ressentir.
Toute ma grande gratitude pour cette expérience proposée ! »
Michèle

« Seul ensemble. »
Vincent

« Le vent, la ville, mes villes…
Merci pour ce moment. »
Sarah

« Le samedi j’ai veillé ce soleil que j’aime tant. Je me suis préparé comme un rendez-vous amoureux avec beaucoup d’excitation, d’envie… est-ce que j’allais pouvoir le voir ! Vivre les couleurs rosées du ciel tirant sur le bleu poussant peu l’orangé, ce matin le spectacle était magnifique et le rendez vous gratifiant. J’ai veillé ce soleil, sur la ville et me suis remplie d’énergie, d’images d’oiseaux, d’avis veilleurs...
Après l’observation de mon environnement, dans cette observation à l’odeur du bois je suis entrée en étant de médiateur éveillée, je me suis sentie passée d’observatrice à partie intégrante de la nature environnante.
J’ai vu dans le ciel une tête de tigre, la gueule ouverte, prêt à avaler le soleil… puis cette image s’est évaporée et à 7H06 il est apparu derrière la maison du parc, énorme gratitude d’avoir vécu ce moment, de veiller, d’être une partie du groupe engagée dans une même expérience matin et soir. Ma journée démarre… j’ai veillé et c’était très agréable.
Un grand merci, à très vite. »
Marie-Laure

« La veille est finie… C’est une expérience des regards que j’ai saisie.
J’ai vu des gens me voir, moi de les regarder. J’ai vu le soleil décliner et s’effacer derrière un gros nuage, qui, à son tour, a laissé place à un ciel étonnamment rose. J’ai vu les arbres basculés au ralenti par le vent. Je me suis vue, évidemment : contre la vitre et par le reflet sur le mur de l’objet. J’aurais préféré ne pas me voir…
Il y a des émotions lentement éprouvées. Et sans doute pour moi, un sentiment fort de fatigue a régné lors de cette expérience. Une forme de lourdeur du corps avec un esprit vide, seul témoin de ce que mes yeux voient. Seule caméra filmant le dehors et enregistrant les bruits.
Merci pour cette expérience à la première personne ! »
Peggy

« Je me suis levé à 3H51 avec la même envie et le même enthousiasme pour pouvoir accueillir le veilleur et l’accompagner au mieux dans cette formidable expérience de veille. Mais tu n’es pas venu Malek. Dommage pour toi mais surtout pour elle ou celui qui aurait aimé être à ta place. En attendant, mon accompagnateur a veillé sur moi. Veilleur de circonstance. Dommage car il y en avait tant de choses à voir, à percevoir, à sentir entendre et à penser. »
Bernard

« Comment sortir de ce perchoir qui nous déconnecte d’une ville, nous arrête dans notre élan ? Moi qui suis constamment entraînée par l’énergie de Paris, je me suis enfin posée et j’ai pu voir cette ville sous un autre angle : elle était si calme, d’une douceur naturelle. Les barres d’immeubles ne me paraissent plus agressives, le monde oppressant… Tout semblait à sa place, sauf moi… Moi, étrangère isolée dans une cabane, mais libre comme un oiseau.
Je me suis soudain sentie comme les touristes qui découvrent l’une des plus belles villes du monde : je découvrais la ville où je suis née. À part la Tour Eiffel, rien ne me semblait familier. Le temps de décortiquer tous les détails pour les imprimer dans mon esprit, l’heure était passée. Le temps ne m’a pas paru court. Au contraire, j’avais l’impression que plusieurs heures s’écoulaient, mais bizarrement je ne voulais pas m’arrêter. Je voulais continuer cette déconnexion, seule avec moi-même, en pensant à tout et à rien, et casser la routine…
Moment unique, spectaculaire, et pourtant d’une déconcertante simplicité. Comme quoi, il faut revenir dans le monde réel comme j’en suis arrivée, pour mieux apprécier la pureté de ces moments si précieux ! »
Iris

« Je n’ai pas vu le soleil se lever mais la lumière s’étendre de minute en minute sur la ville, et finir par tout illuminer, ou presque.
C’est fou ce que la lumière change en une heure.
Au départ j’étais un peu déçue d’avoir la vue un peu bouchée à l’est et que le lever du soleil soit caché par les immeubles, mais en fait son reflet dans les immeubles côté ouest c’est aussi très beau !
Merci pour ce temps d’observations suspendu.
Merci à Bernard d’avoir veillé sur moi.
Merci au soleil d’éclairer la Terre. »
Sophie

« Incroyable expérience. La vie se déroule pourtant autour dans le ciel, la terre, la ville et le parc. Ciel incroyable ce soir avec un patchwork de nuages blancs, gris, rougeâtres ; on dirait un tableau.
Dans le parc, une maman change les couches de son enfant de 2 ou 3 ans qui n’a pas arrêté de courir avant ; les joueurs de foot, les joggeurs, les amoureux, les amis. Contraste frappant entre les arbres de couleur verte mais variée et les tours tout autour créations de l’humain et pas toujours une réussite. Dans le plan d’eau, les poissons rouges s’en donnaient à coeur-joie, on dirait un balai mais dès la diminution de la lumière ils sont allés se coucher !
Bonne expérience, merci. »
Mohamed

« J’ai beaucoup aimé ce moment hors du temps, hors de la ville.
Merci. »
Hellwig

« Un espace, un moment, un homme face à la ville.
Merci d’offrir cette expérience unique.
Bravo à l’installation, à l’accueil.
Très bonne continuation à tous ! »
Édouard

« Arrivée, les merles partout, seuls se répondent.
Puis moi, une fois “en boite” les yeux éveillés mais : le silence ?
Alors j’ai chanté et l’espace sonne bien !
Une heure, déjà passée j’aurais pu continuer, avec plaisir.
Merci pour ce moment, belle idée ! »
Marjolaine

« Bonjour, l’objet abri m’a beaucoup plu, les deux côtés ont tout les deux des points positifs : ce qui m’a plus le plus c’était la verdure et la vue sur le bassin avec les poissons. Du côté de Paris ce qui m’a plu c’était la magnifique vue sur la tour Eiffel et la vue sur les maisons, ainsi que celle sur la végétation. »
Eliot


Rosa


Maé


Montreuil & Bagnolet
Le principe
Vous aussi vous souhaitez veiller votre ville et sa région dans un objet-abri en bois sur le toit de la Maison du Parc départemental Jean-Moulin – Les Guilands ? Vous avez entre 7 et 16 ans ?
On vous propose une journée spécialement dédiée aux jeunes veilleurs et veilleuses, avec la possibilité pour vous de participer au projet Le Cycle des veilleurs de la chorégraphe Joanne Leighton.
Le temps de veille est de trente minutes, quinze minutes pour les plus petits.
Inscriptions
Gratuit sur inscription : https://bit.ly/Cycle_Veilleurs_enfants (lien actif à partir du 11 mai à 11 h)
Ouverture des inscriptions le mercredi 11 mai 2022 à 11 h, nombre de places limitées. Les jeunes participant·es se relaient sur la journée de 8 h à 20 h.
Préparation
Une fois votre inscription effectuée, vous serez contacter pour confirmer votre participation.
Lieu de veille
La Maison du parc départemental Jean Moulin - Les Guilands, 11 rue de l’épine 93170 Bagnolet
Une création monumentale ouverte à toutes et tous
Le Cycle des Veilleurs, créée par Joanne Leighton, est une œuvre chorégraphique, fédératrice, tissant des liens entre les citoyens et ouverte au plus grand nombre. Avec cette performance participative créée dans le contexte des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, l’artiste propose aux habitants de « veiller » leur ville et leur région depuis un point culminant.
Joanne Leighton est une chorégraphe et pédagogue belge, d’origine australienne, installée en Île-de-France, dont le parcours est étroitement lié à une vision de la danse originale et évolutive. Sa démarche explore les notions d’espace et de site comme un tout, un commun peuplé de territoires, d’identités, d’espaces interdépendants.
La qualité d’une présence
Être présent dans un site spécifique, acteur·rice - observateur·rice, questionner l’espace et comment on le perçoit et le reçoit avec ses sens en éveil, ouvrir son regard à perte de vue et éprouver la rencontre entre notre corps et ce paysage que l’on découvre ou redécouvre… Voilà le sens de cette performance pendant laquelle chaque participant fera l’expérience d’une notion fondamentale dans la pratique chorégraphique : la qualité d’une présence.
Être Veilleur
À l’heure choisie, le Veilleur rejoint l’objet-abri installé sur le toit de la Maison du Parc, et veille la ville.
Depuis ce refuge, le Veilleur veille les villes de Montreuil, Bagnolet et Paris, fait une pause dans l’agitation quotidienne. Ce moment en-dehors des contingences du quotidien est un temps privilégié que chaque Veilleur se donne à lui-même. À la fois acteur et observateur, il ou elle participe à une expérience singulière, ouvre son regard à perte de vue et éprouve la rencontre entre son corps et ce paysage qui l’entoure… Voilà le sens de cette performance pendant laquelle chaque participant·e fera l’expérience d’une notion fondamentale dans la pratique chorégraphique : la qualité d’une présence.
Après la veille, le Veilleur témoigne de ses impressions, pensées et sentiments dans un journal de bord qui constituera le Livre des Veilleurs à la fin du projet.
Une création de Joanne Leighton. Performance portée collectivement par WLDN/Joanne Leighton, la Maison Populaire de Montreuil et l’Atelier de Paris/Centre de développement chorégraphique national, le Département de la Seine-Saint-Denis, la Ville de Paris. Avec le soutien du Paris Réseau Danse (Atelier de Paris/ CDCN, L’Étoile du Nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, Micadanses/ADDP et Le Regard du Cygne/AMD XXe), de la Direction générale de la création artistique – Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France et de la Ville de Montreuil. Dans le cadre de la Nuit Blanche Métropolitaine.

Théo


« Ça m’a beaucoup apaisée »
Sacha


« Je suis heureux, content, déçu et énervé à la fois. Multiples événements qui ont déclenché cela en moi. Je me suis pas arrêté de méditer sur ces choses là et pourtant : le poisson qui est en moi à chercher ses maisons, l’un d’un côté du parc, l’autre invisible, cachée dans le paysage. Une troisième, nouvelle, s’est révélée à mes pieds, un bassin rempli d’amis, de frères.
JOY
Je suis poisson et comme tel, j’ai nagé dans l’objet abri. »
Milo

Clément


Margot


« Magnifique expérience.
Le meilleur, être solitaire, surveiller la ville qui s’assoupit. Vol des oiseaux, traînées des avions, joggeurs courant en boucle. Les couleurs qui se transforment jusqu’au ciel qui flambaient avec les premières lumières qui apparaissent, telles des étoiles. Je n’ai pas vu de poissons volants, ni de baleines, mais j’ai passé un superbe moment. »
Bernard

« Le mouvement … rien n’est immobile
Mais au fil du temps, il change, évolue.
Au début, ce sont le jeu des oiseaux qui cherchent à manger sur le sol, les branches des arbres ou le nuage formé par la vapeur d’une cheminée d’usine qui attirent le regard.
Puis, avec cette vague de lumière qui réchauffe la couleur des bâtiments, le bruit devient marquant. Les bruits de moteurs, le hurlement des sirènes couvrent le chant des oiseaux.
Pour finir, ce sont les gens … les premiers coureurs, le cycliste qui évolue… jaune fluo, roues roses ou tout simplement en noir sur cette grande étandue verte.
Est ce que “veiller” n’est pas simplement avoir l’occasion pour nous de prendre conscience du mouvement qui nous anime au rythme du soleil alors que nous vivons sous une lumière artificielle.
Très belle expérience. »
Patricia

« Merci pour l’opportunité de cette veille. C’est un beau privilège que d’être le témoin d’un jour qui s’éteint sur cette ville en paix.
PS : Suis-je le seul à penser que dans cette boîte, ça sent un peu le sapin ?
Merci beaucoup pour l’accueil, à demain ? »
Mathieu

« Ah tiens un arbre sur le toit
Ah tiens une mouette passe devant moi
Le soleil arrose la ville tranche par tranche, de plus en plus large.
Un jeu d’ombre et de lumière dans lequel chaque fenêtre de chaque immeuble,
À chaque étage est une pièce de puzzle.
Beau spectacle. Un très beau et bon moment avec ce paysage. »
Maxime

« J’en ai pris plein les yeux, je n’ai jamais vu ma ville de cette façon depuis plus de 40 ans !
C’est très émouvant, en même temps, hors du temps !
J’ai été transporté dans l’espace et l’histoire (que j’ai vécu depuis 40 ans) de cet endroit. »
Pierre-André

« Le voyage commence dès l’appel téléphonique, émotionnellement, symboliquement et ensuite des questions. L’excitation monte au fil des jours et des heures. Se préparer pour le jour J. Gardienne du temple ou passeuse d’un objet sacré, je vis l’expérience comme un moment privilégié : être consciente à l’éveil du monde, vivante participant à cet éveil.
Le chant des oiseaux continu qui accompagne dès le réveil. Une transition pause-café en partage pour celui qui accompagne dans la cabane de bois. Est-ce la peur du vide ? Je laisse glisser mes mains puis mes doigts d’un bout à l’autre, j’étire mes bras et plaque mes membres comme si je voulais rentrer dans la matière. Je marche, bien ancrée au sol.
J’observe les contrastes de la ville et du ciel et du ciel de l’est jusqu’à l’ouest. Au loin un homme saute à la corde, au loin le soleil semble vouloir pointer son nez derrière une énorme tour en travaux. Côté pelouse, quelques corneilles, pigeons et les arbres dansent au vent !
J’inspire toute cette nature verte dans sa globalité et ses nuances pour l’expirer sur toute la noirceur du ciel pollué. Il semble proche de l’explosion !
Il suffit de lever le menton puis les yeux pour apercevoir la lumière du soleil. Tâche de ciel bleu, un avion passe … Je danse, comme une salutation au soleil en signe de gratitude, dans un mélange de joie et de tristesse, je danse face au lever du soleil, pour moi, pour tous, en partage en pensant aux personnes que j’aime.
Merci pour cet émerveillement… »
Armelle

« Un moment suspendu qui fait du bien ! avec une belle vue et un grand merci à Sylvie pour son accompagnement ! »
Julienne

« Communion avec le vol des oiseaux
Ceinture verte
Vertige
Temps raccourci
Désorientation
Gouttelettes d’eau acrobatique descendant de la vitre
Joggeurs… »
Corinne

« Merci pour ce privilège, cette fenêtre sur le monde où je vis ce moment suspendu entre nos éléments vitaux, loin, la terre… et nous pauvres hommes perdus dans nos vies trop étriquées, trop urbanisées, trop déshumanisées.
Tant d’émotions m’ont transpercé pendant cette heure …
merci mille fois. »
David

« Dans le gémissement continu des voitures, il arrive.
Au rythme des pas des joggeurs, il arrive.
Il étend ses bras autour des tours et au-dessus des oiseaux.
Le silence comme la lumière est intérieur.
Il arrive et la ville lumière révèle sa laideur.
Il arrive et les oiseaux, loin des hommes, prennent de la hauteur.
Il arrive car il est l’heure de revenir à l’infini. »
Rachid

« À la poésie, j’espère t’avoir rendu ce soir un peu de ce que tu me donnes au quotidien. »
Julia

« Ce matin, à l’heure dite, le soleil n’est plus là !
Le ciel fait un solide couvercle de ferraille qui laisse juste sauter une fragile lumière oxydée. Hubert, le veilleur attendu du jour, n’est pas là non plus. Je le remplace dans la cabane.
Les vitres maculées de gouttes deviennent spéculaires et dressent un miroir magique qui rend visible l’invisible. Je vois dans la glace l’invisible Hubert. Dans cet espace et le temps délimités qui lui sont destinés, je deviens Hubert.
Je respire doucement l’air humide d’Hubert. Il coule tout le long de ma gorge et insuffle jusqu’au tréfonds de mes poumons la vie d’Hubert. Mon regard, par les yeux d’Hubert, se noie peu à peu dans son paysage. La réalité s’estompe dans l’insaisissable écran de pluie, tout devient fantomatique et ma propre incarnation vacille. Je suis moi et autre à la fois.
Mon pied glisse sur le plancher en contact intime avec le bois. Le plaisir de ressentir des sensations perdues de l’enfance, l’éprouvé de la chair tendre contre les robustes sapins, la luminance fragile de la peau qui résiste à la sombre marée des nuages…
Pierre, Paul, Jacques qui s’éveillent dans les immeubles en lisière du parc.
Je relace mes baskets.
Mes baskets à moi. »
Claude

« Tranches de villes, tranches de vert, tranches de vie…
Rentrer dedans, et ressentir le décor, accepter de n’avoir que deux perspectives, en préférer un plutôt que un autre. Y aller voir finalement et découvrir la verticalité.
Je préfère l’horizon et de loin.
Alors j’y suis beaucoup resté, et j’ai pu voir les gens, découvrir quelques moments volés, souvent ils ne me voyaient pas. Seulement deux personnes ont levé la tête, sommes nous si terre à terre pour ne pas lever plus souvent la tête vers le ciel.
Voici arriver la nuit et l’intimité, l’angoisse et l’isolement, la lumière de la ville comme repère et moi suspendue quelque part. Un moment unique, une tranche de veille.
Merci. »
Maryline

« “Qu’est ce que vous avez fait récemment pour vous retrouver ?”
M’a-t-on demandé hier en réunion d’équipe. Moi qui me sent un peu perdu récemment suite à une blessure qui ne cesse de me déstabiliser dans mes appuis. J’ai donc parlé hier du fait d’avoir retrouvé ma famille, de mes lectures, d’une séance de cinéma particulièrement émouvante… Je peux maintenant ajouter cette veille. Une heure à prendre refuge de la pluie et du monde sans jamais en être déconnectée. Une heure à trouver mon ancrage dans ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, perchée à plusieurs mètres du sol, bercée par le cui-cui des oiseaux. Une heure à faire communion avec ceux qui vivent déjà pendant que les autres dorment encore - je ne connais pas leurs visages mais j’admire leur volonté de se mettre à courir alors que la nuit est encore là, alors que le ciel leur tombe sur la tête. Je compatis avec leurs contraintes qui les force à se mettre en route alors que tout autour, tout est calme.
Une heure aussi à regarder les petites bizarreries de nos vies. La manière dont les gouttes de pluies sur l’abri déforment le paysage que je vois à travers la vitre, cette maison en pierre qui trône comme un intru dans l’aube parmi les grosses tours qui, même si elles sont plus jeunes, semblent bien plus mal en point. Une heure pour me retrouver : une sensation d’être comme en flottaison sur le monde mais sur le point d’atterrir vers un endroit paisible, avec une conscience accrue de comment mon corps vit parmi tant d’autres. Une heure que je retrouverai chez moi pour prolonger le plaisir. »
Sedera

« Suspendue et libre alors que enfermée dans une boite, je médite, m’étire, respire, ressent.
C’est lourd et lent à l’intérieur mais l’air pénètre mon corps, mon cœur s’emballe, ma tête réfléchit. Je flotte en moi et je nage paisiblement finalement.
Ma conscience m’interroge, je la laisse libre et elle se laisse aller pour me trouver.
La nature extérieure me parle, je l’entend et je laisse ma nature intérieure répondre doucement. »
Pamela

« Le luxe du calme et du temps plein. J’ai adoré écouter le vent, écouter le vent dans la cabane.
entendre les oiseaux et même les gens qui font leur sport matinal. Me sentir néanmoins connectée à quelque chose dans cette cabane protégée. J’ai adoré observer la vitesse à laquelle la brillance du soleil qui se répartissait contre les façades des immeubles, ces pelouses, le ciel.
J’ai aimé prendre le temps de poser mon attention sur plus grand que moi. Merci ! »
Alexia

« Des couleurs, des formes et des mises au point par moment qui permettent d’identifier certaines choses et de la même façon pour les sons. Une bulle pour regarder les gens dans ma bulle. Une heure entre parenthèses sans notion du temps. Merci pour cette bulle de temps. »
Violaine

« Impression étrange de veiller et de surveiller le monde.
Se demander pourquoi la vie est toute seule sur l’arbre alors que les autres sont dans l’herbe.
Écouter le chant des oiseaux. Pourquoi ces deux hommes marchent alors qu’un autre court.
Essayer de s’imaginer ce que ce coureur ressent.
Ha ! Mais le soleil se cache derrière l’immeuble. Les façades commencent à s’illuminer mais personne au balcon. Et au loin on dirait la mer. »
Cécile

« Un beau moment de calme et de quiétude. Comme un gardien de phare avec comme ligne d’horizon la cité. Une seule expérience et un sentiment d’être qu’avec moi-même. Un accompagnateur aux petits soins et très sympathique. »
Emmanuel

« Quelle expérience, de se laisser le temps de rien faire… et ce faisant, de se rendre compte qu’il y a tellement de choses qu’on fait, sans se rendre compte.
La respiration qui s’auto-gère, le regard qui bascule entre les objets et les scènes, le corps qui nous envoie des messages sur la fatigue, ou les courbatures, ou l’état émotionnel.
Merci à tous et à toutes qui ont participé à amener en vie ce beau projet, qui restera un très beau souvenir pour moi. »
Jacquelyn

« Cher objet-abri,
Un grand merci pour ce jeu de cache-cache !
Quelle belle parenthèse suspendue.
De chez toi, j’ai vu et j’ai été vue par des anonymes, petits, grands, tous souriants.
De ta forme géométrique, j’ai perçu la rondeur douce d’une femme enceinte, de ballons et de bulles. Et puis, cette lune qui avait rendez-vous avec le soleil. Le temps a filé comme un éclair. Éclats de rires, danses improvisées sur fond gris, vert, violet, bleu et blanc.
Et enfin, les bois naviguant tranquillement.
Une bouteille de coca comme intrus.
Enfin, tu as aussi abrité des souvenirs d’enfance.
L’insouciance et la tranquillité. »
Katia

« Encore un peu d’espace pour le silence… »
Aurélie

Je dois décrire mon ressenti et pour l’heure, la seule chose dont j’ai envie est de lire les ressentis des autres. Je suppose que ce n’est pas le but de m’inspirer ou me laisser influencer par les mots des autres veilleurs, alors je tourne rapidement les pages pour ne pas être tentée de lire mais vois quand même leurs traces pour me dire qu’ils sont bien passés par là et qu’ils sont tous différents par la façon dont ils forment leurs lettres.
Et puis je me dis aussi que ne pas lire, c’est respecter la confiance qu’ils font à cette expérience, aux termes de l’expérience. J’imagine que la confiance est centrale dans cette expérience. Partir de chez soi, arriver en un lieu, confier ses affaires à un inconnu, l’accompagnateur (ici Geoffrey), entrer dans cet objet-abri (préalablement vérifié par Geoffrey pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’araignée, pour moi, l’arachnophobe), et passer environ une heure dans cette case mi-bois mi-verre conçue par un étranger encore. Lui confier mon temps.
Dans cette case, veiller sur la ville, sur les gens, les arbres, les oiseaux, les grues, les bâtiments, les avions. Est-ce cela que fait Dieu ? Est-ce cela que font les anges ? Veiller, ou bienveiller, même si ce verbe n’existe pas. Ne pas pouvoir intervenir quand quelqu’un fait tomber quelque chose ou qu’un enfant tombe.
Pourquoi ai-je écrit sur la page 19 alors que la page 18 est vide ? Je n’ai jamais ressenti de vide pendant cette heure. Il y a de la vie partout parce que j’ai vu du mouvement partout. Et même quand c’est calme, dans ma tête ce n’est jamais vide.
Est-ce pour nous laisser libres que Dieu n’intervient jamais dans la vie des hommes ? Pourquoi je regarde toujours instinctivement au plus près de moi et non à l’horizon ? Est-ce que les gens ressentent que je bienveille sur eux même s’ils ne me voient pas ? Pourquoi quand quelqu’un me voit, naturellement, nous nous sourions et nous saluons de la main ? Pourquoi certaines personnes se comportent mal ? Est-ce parce que personne ne les voit (ou le pensent-ils ?)
Je viens finalement terminer mon récit sur la page 18, je reviens en arrière.
Comme dans la case, où je suis restée une grande partie du temps au début vers la vitre côté parc, côté Tour Eiffel, avant de me dire “oh mais il y a une autre face vitrée voyons”. Est-ce que j’ai pris du recul ?
Ma sciatique m’a fait un peu souffrir durant cette heure, comment font les veilleurs de nuit, les gardiens de phare et les vigiles dans les horribles supermarchés. Quand ces horribles supermarchés disparaîtront-ils ?
Je vais boire mon verre d’eau et reprendre la route. Je vous souhaite une bonne soirée, de belles prochaines veillées et une vie honorable à tous.
Peut-être à bientôt. Bien à vous.
Samia de Perpignan.
Samia

« J’ai veillé, ai vu le monde entrer dans la lumière et reprendre vie, n’ai rien vu d’autre que moi même. Tout était précis, dans un ciel limpide, avec ses secrets cachés. La vie était comme éclatée en milliers de petits éclats personnels vers lesquels je suis allé d’est en ouest, du près au loin, de l’intérieur vers l’extérieur. Je cède la place à un autre que moi et lui transmets une partie de ce que j’ai vécu ce matin. »
Julien

« Un veilleur qui ne veille pas, ou un veilleur qui veille les yeux fermés.
Un veilleur qui se recule pour que les parois de bois réduisent son champ de vision au maximum.
Un veilleur qui ne parvient pas à veiller sans se boucher les oreilles.
La ville est-elle faite pour nous ?
Mais, attendez, formidable, plus que le soleil, c’est peut-être la ville qui meurt que l’on veille !
Quelle joie alors, ce sera pour le dernier le 02 octobre ! »
Benoît

« Je retiens le ciel
Je retiens le temps qui s’étire
Je retiens l’odeur du bois aussi qui construit une cabane enchantée
Je retiens le silence et parfois un son étouffé qui vient de loin
Je retiens la lumière
Je retiens les dômes des immeubles qui créent des ombres sur les immeubles
Je retiens le vert du parc, horizontal, et les arbres caressés par le vent, chaque seconde comme une précieuse caresse, chaque seconde comme la dernière, tout en joie d’arbre
Je retiens les oiseaux et trace d’un tel invisible la géométrie de leurs traversées
Je retiens la ville endormie, le type qui joue avec son chien, les courageux qui courent en rond autour du stade, les lumières qui accompagne
Je retiens le temps qui coule.
Je retiens la tour qui veille, en clin d’œil
Je retiens le reflet de ce matin dans la vitre et sur le ciel, sur la ville, sur les arbres, sur les oiseaux, et loin un oiseau turquoise, ou peut-être le rêver.
Et le ciel. »
Stéphanie

« Un très chouette moment riche en sensations, impossible pour moi de résumer sur papier. Envie d’en débattre si possible en direct avec l’artiste. Merci beaucoup ! »
Carole

« Inside out
The moon was fading away
(The strawberries’ super moon)
Just remains the stripe of light
Half of it
Framing a world, constantly changing
And reflecting my intimacy »
Claudia

« La perspective évolue et moi j’avais l’impression d’être dans un temps suspendu. Voir les couleurs changer, compter les traces des avions, entendre le bruissement des gens dans le parc. Être au-dessus d’eux sans être avec eux. Percevoir le vent qui fait remuer les feuilles, les branches mais ne pas le sentir sur sa peau. Rester immobile, bouger, voir son reflet se dessiner dans les vitres. Se sentir dans un lieu étrange, l’apprivoiser et vouloir l’agrandir. Un moment entre parenthèses parce que pas seulement entre 4 murs.
Merci pour l’expérience. »
Séverine

« À contre courant
Le vacarme de la civilisation,
les humains qui s’agitent, les vélos elliptiques, les tours de stade…
Les flux de voitures incessants, le soleil caché par les tours…
Et cet îlot de verdure au milieu de statues de béton
Le vol des oiseaux tranquille, paisible, sans but, sans bruit
La musique des oiseaux, douce, variée, changeante
Le coucher lent de la lune
Mon corps qui finit par s’étirer lentement comme le cycle du soleil et de la lune
Une ville à contre courant… de la nature, comme deux mondes presque irréconciliables et moi au milieu, issue des deux mondes bizarrement »
Laure

« Les veilleurs ne s’arrêtent jamais. Pas pour la chaleur, pas pour la maladie, pas pour les beaux temps, pas pour le mauvais temps… il y a toujours quelqu’un qui veille. »
Lisa

« Les sons approfondis, c’était la première chose que j’ai remarqué pendant ce temps de veille. Les couleurs changeaient au fur et à mesure. C’était aussi l’échange et l’alternance entre le monde intérieur (les pensées, les sensations physiques) et le monde extérieur qui m’a fortement marqué. J’ai eu l’impression d’une perception élevée de ces deux mondes. Merci pour cette occasion ! »
Ajitesh

« J’ai observé la vie de la ville. Les groupes qui arrivent et remplacent ceux qui partent. J’ai vu les gens qui partagent, marchent, courent, nagent dans l’herbe… la vie de la ville. Puis la lumière qui change (je pensais aller jusqu’à la nuit) et la chaleur qui reste la même. J’ai marché pour que l’air en mouvement me rafraîchit le front. J’ai vu mon école, des familles pareil à ma famille, des amis pareil à mes amis. J’ai partagé des regards avec des pies, des tourterelles et échangé des signes avec des promeneurs autant intrigués que moi et puis il était l’heure de partir, laisser la place à l’autre. »
Julien

« Cette expérience matinale me donne à penser, pour paraphraser, l’écrivain Gustave Flaubert qui dit “une chose devient intéressante quand on la regarde longtemps”. Et de nos jours, une heure c’est longtemps voire une éternité.
Passé le balayage initial qui embrasse le panorama, rester une heure devant celui-ci, sans “divertissement”, oblige à se figer dans les détails et le temps passant, on observe les choses qui seraient passées inaperçues dans une configuration normale de la vie.
Et puis l’humain apparaît, ça et là. Pourquoi si tôt, pourquoi ici ?
Merci pour ce moment, Bernard et les autres. »
Thomas

« Sentir les sursauts épaisses s’écouler avec le soleil pour repérer et percer par horizon… et veiller sur la ville, les jeux, les rencontres, et aussi sur soi. D’autant qu’en face, de l’autre côté du périph, il y a des tours. Et dans ces tours, au 3e étage, il y a chez soi. Comme les deux faces d’une même pièce. Une intimité partagée, dedans et dehors. Dans la chaleur du solstice ! Merci pour le partage. »
Jérémie

« Il y a eu le vent qui agitait les branches des arbres comme le courant agité des algues au fond des mers. Il y a eu la brume et l’horizon et le ciel qui se mélangeait. Il y a eu le bruit de l’autoroute ou du périphérique. Il y a eu des oiseaux sur la pelouse et dans le ciel. Puis, plus de vent ; puis une lueur qui a zébré l’horizon. Puis la pluie et les éclairs qui ont couvert tous les autres sons.
Imperturbables, les immeubles les plus hauts qui clignotent le long du périphérique. Les tours de Chinatown qui disparaissent dans le trouble de l’atmosphère et réapparaissent après la pluie. Imperturbable, le jet de l’arrosage automatique qui se met en route au pied de l’abri pour la pelouse du parc, même sous la pluie… »
Valérie

« Expérience magnifique, j’ai trouvé ça agréable de se déconnecter du monde extérieur pour se connecter à soi-même. Cela est presque impossible dans la vie quotidienne parisienne de se consacrer 1h dans un calme presque olympien. La nature a beaucoup à nous montrer qu’il est important de prendre du temps pour elle. »
Sandy

« Cette veille, à mon sens, a commencé dès que j’ai mis le pied hors de chez moi… Le silence des hommes, le chant des oiseaux, étaient pour moi signe d’une certaine sérénité.
Arrivée sur le toit de la Maison du parc, puis dans l’objet abri, je n’entends plus les oiseaux mais plutôt ce son continu, ce vrombissement des voitures sur le périphérique/l’autoroute… Cela m’assombrit…
Je ne vois pas bien dehors, entre l’obscurité, la brume et cette bande de LEDs qui se reflète dans la vitre. Je ne vois… les lumières des appartements des immeubles environnants sont éteintes, quelques-unes allumées… L’arrosage automatique du parc est en marche… Mais pourquoi ?! Il a pourtant plu toute la nuit, c’est absurde…
J’attends, j’observe, je pense… Je note dans ma tête ce que je vois apparaître. Des corbeaux, des pies, des mouettes, des pigeons, des canards et d’autres oiseaux que je ne connais pas. Les voitures résonnent… les sirènes, les avions… Certaines lumières d’appartements s’éteignent, d’autres s’allument…
J’entends à nouveau le chant des oiseaux ! (Ai-je appris à mieux les écouter ? Ou sont-ils plus nombreux à être éveillés eux aussi ?)
Une toute nouvelle lumière pointe à l’horizon, je vois dehors… je ne vois plus… La veille est terminée… »
Alice

« Very long day, the sun gently retiring, bathing each building and field in warm light as if to say “I’ll be back soon”. The sky replies in pink and lavender sighs. »
Karen

« Lever du soleil
Troublante expérience. Rien n’a correspondu à l’idée, ou à l’attente que je me faisais de cette veille. Je pensais voir la ville s’éveiller, la veiller, en même temps que le soleil se levait. Je n’ai pas vu le soleil (pluie-grisaille cachée par les tours) et j’ai préféré voir l’effet de sa lumière sur l’ouest. Je pensais que je regardais l’est et je n’ai fait que regarder l’ouest. Alors que j’avais imaginé être en connexion avec toutes les présences alentour, s’éveillant, j’ai noué cette courte relation avec un corbeau perché sur un pin, qui veillait, comme moi, regardant vers l’ouest aussi. Nous sommes restés 15 bonnes minutes ensemble. J’ai aimé observer le vol des oiseaux, mouettes, corbeaux, pigeons, d’au-dessus. Je me suis sentie autant “veillée” par cette ville englobante, depuis ma petite cahute, quasi observée, plutôt que “veillante”. J’aurais aimé voir à 180°, voir le sud aussi. Étonnante expérience, qui interroge sur nos attentes et le réel, sur l’expérience, qui “oblige” à un va et vient entre l’extérieur et l’intime, qui aiguise les sens… et qui passe tellement vite ! »
Véronique

« Mon veilleur est souffrant, alors je me remplace pour cette veille du solstice d’été. Je suis heureuse d’être là ce soir spécial à bien des égards… En effet, la nuit qui se déploie, qui avance sous mes yeux sera la plus courte de l’année… Et puis, j’entends la musique qui émane du voisinage car ce soir, on la fête partout en France. Il fait beau, dommage que l’immeuble sur ma droite m’ait complètement subtilisé le soleil !!! J’ai vu sa lumière décliner mais lui, il était résolument caché derrière cette grande barre. Tant pis, j’ai aimé la symbolique de cette soirée. Comme souvent quand je médite, les postures du Reiku m’ont accompagnées et j’ai senti l’énergie puissante couler de mes mains. We are one. »
Nathalie

« Trop bien, le temps pour le temps, une vue magnifique sur la ville, les bruits de la ville et du réveil, les oiseaux tous à la même hauteur et en bas un chien, après l’aube avec son maître. Apaisée, protégée vraiment un moment exquis de solitude revitalisante… Petite cabine ressourçante pour commencer la journée… Plein d’énergie et de vie… J’aimerais que tous ceux que j’aime puissent le vivre ici ou peut-être ailleurs… Merci à l’accompagnateur… finalement à deux c‘est mieux. »
Francesca

« Voir respirer les arbres, à hauteur d’oiseaux. Quel cadre ! Qui prend toute sa mesure quand on s’éloigne de la vitre. Je suis restée pourtant collée quasiment toute la durée de la veille. Absorbée par les nuages, redessinés par la lumière et les couleurs du couchant.
J’ai aimé observer les gens, les chiens, les entrées de champ de ballon de foot. Des contrastes de couleur sur la pelouse monochrome.
Merci pour ce temps flottant, cette cabane familière où je me suis sentie chez moi. Entendre les bruits s’effacer, les sons des humains de moins en moins. Écouter les corneilles prendre leur place…
J’ai envie d’avoir une cabane comme celle-ci à côté de chez moi. Pour y venir ou inviter d’autres à s’y plonger. »
Aurélia

« Quelle belle idée cette chaîne de veilleurs et de veilleuses, et quel beau moment ! L’heure m’a semblé à la fois riche de mille petits événements, et trop courte - je n’avais pas envie de sortir de cette cabane en bois clair. J’ai été accompagnée par trois notes de musique, je ne sais pas si c’est mon cerveau qui a transformé la rumeur de la ville qui s’éveillait en cette mélodie monotone et répétitive, mais je me suis même demandé s’il y avait un petit haut parleur caché dans un interstice entre deux planches ! Le spectacle sans cesse changeant de couleurs dans le ciel - et une très belle lumière dorée, saisissante, qui a coloré certaines façades quelques minutes - était au-delà de mes attentes. Vrai bonheur aussi pour moi d’observer le ballet des oiseaux, solitaire ou en groupe, qui virevoltent au-dessus des bâtiments. Une petite escouade a même filé droit au-dessus de l’abri, plein est, juste au-dessus de ma tête ! Deux canards en contrebas profitaient du bassin encore endormi, agitant parfois les carpes rouges… Et puis les gens bien sûr, les promeneurs, les joggeurs matinaux, et ceux qui viennent avec leur chien(s). Beaucoup de choses à observer, avec aujourd’hui pour moi une note très particulière ; une personne très proche est décédée la nuit dernière ; lui ne verra plus jamais de matin. Mes pensées vers lui ont aussi nourri cette heure de contemplation. »
Mélanie

« C’est le pire cauchemar de se sentir enfermée dans une boîte fermée, sardine à croquer, prête à craquer. J’ai sauté mille fois dans le vide, joué au foot avec cette fille aux jambes pâles qui jetait bien droit son ballon, droit dans les fesses des mecs engourdis, en zig zag, avec le ventre qui regarde en haut.
Comment ça vole haut une corneille !
Presque aussi haut que les barres d’immeuble à Bagnolet. J’ai cherché du mouvement avec les milles formes en bas, fait comme les enfants qui miment les grands retenue.
J’ai marché/couru les bras en triangle avec cet asiatique solitaire, je suis restée allongée avec ce couple dont j’aperçois les chevilles nues, abandon des corps au soir sans jamais se toucher.
Désirer le corps de mon amoureux. Faites moi partir, sortir, courir, libérez moi. »
Silvia

« Ce matin était immobile. Rien ne bougeait. À peine un léger bruissement dans les arbres. Il avait plu aux premières lueurs, le ciel semblait lavé. Je suis restée immobile à regarder, à l’ouest. J’ai regardé pour voir. Ce matin les nuages de ce ciel lavé étaient merveilleux de lenteur et de transformation. Leur mouvement lent prenait corps avec les modulations de la lumière, qui était d’abord grise, légèrement bleutée. Le paysage baignait entièrement dans la même teinte. Seule la frise des arbres au premier plan révélait ses différentes variations de vert. Je suis restée immobile à regarder le mouvement du ciel. Une sorte de permanence toujours renouvelée. La danse des nuages était extraordinaire. En dessous, les immeubles, les tours, plantés comme des balises, semblaient couvés, protégés par la caresse des nuages. C’est étonnant comme la transformation est à la fois visible et invisible. J’ai assisté à un événement sans fin. Je suis restée debout, immobile pour mieux ressentir ce mouvement perpétuel. J’étais à la jonction de la terre et du ciel, dans cet entre-deux moment, reliée par la ligne d’horizon. À un moment, la lumière était dans un équilibre parfait, juste avant les premiers rayons du soleil, qui sont arrivés lentement, éclairant d’abord le haut des nuages devenus or, puis les habitations, dans un mouvement de vague, inondant la ville sur son passage. J’ai pensé à Georges Perec, les mots font exister. Ce regard aussi. Ce matin, à cet endroit offert, j’ai pris le relai un instant pour voir ce qui était. »
Aglaé

« C’est une expérience particulière du temps.
L’esprit ère et s’égare de 1000 façons.
Le temps semble à la fois court et long.
Merci de m’avoir permis de vivre un instant hors du temps. »
Guillaume

« Je ressors de l’abri avec surprise. Déjà une heure ?
J’ai à peine eu le temps de chanter, de danser, de regarder les nuages s’éloigner ou d’espionner les oiseaux qui se bécotent. Quelle drôle d’heure !
Moi qui pensais qu’une heure serait interminable, c’est tout le contraire.
C’est un plaisir de me laisser vagabonder au vie de mes envies. Et je me rends compte comme je peux être amenée à être émerveillée.
Life’s beautiful. La vie est grande ! Merci. »
Aurélie

« De cette hauteur, tout me semblait lenteur et apesanteur : les joggeurs prenaient leur temps, les footballeurs lançaient la balle lentement, les promeneurs avec leur chiens se laissaient guider lentement, les cyclistes pédalaient sans but précis. À la fontaine, ce jeune homme lavait méticuleusement ses tee-shirts un à un = le bleu, le gris, le rouge. Dans l’étang, les poissons se déplaçaient sans se presser. Des grands signes lents me sont adressés par un groupe de jeunes qui me saluent un à un lentement. Dans le ciel, la fumée des cheminées d’usines rejoint les nuages lentement, l’avion passe sans bruit, les couleurs du soleil et le bleu du ciel se rejoignent. Le vent léger caresse lentement les arbres. Alors, mon esprit s’autorise à ne plus expliquer, interpréter, augmenter. J’accueille cette lenteur et je savoure !!! »
Ilham




« Ce soir j’ai veillé sur la ville, sur les gens, les oiseaux, les chiens, les arbres, les fleurs, que sais-je encore…
Mais attention, ne vous trompez pas, j’ai dit veiller et non pas surveiller, ou réveiller ou même éveiller. Non, non, j’ai veillé avec bienveillance. Oh ! Voilà un verge qu’il faudrait inventer “bienveiller” : veiller avec bienveillance, regarder la vie avec amour. Verbe intransitif du premier groupe qui donnera lieu plus tard a bienvenu, bien vu au cours des siècles (Larousse 2030).
Vite, j’appelle ce Larousse, le Robert et l’Académie ! Nous commençons un nouveau parcours pour mieux vivre : nous allons bienveiller »

« C’est curieux, j’avais imaginé cheminer avec le soleil et finalement c’est le jour qui m’a accompagnée…
Observer, s’observer
Veiller, réveiller
J’espère que le jour sera de bonne humeur…
Bleu, blanc, jaune, miel, réveil
Une journée bien débutée
Un corps bien relevé
Levé
Enjouée »
Céline

« Une expérience magique… tellement de sensations, d’émotions, de questionnements… Être en hauteur et observer le temps, observer l’horizon, observer les gens… Se poser des questions “bêtes” et profondes… On remarque aussi que nous sommes “rien”... la vie continue, j’avais l’impression de ne plus être sur terre… J’avais l’impression de veiller sur la terre tel un ange…
C’est fou de voir autant de choses en une heure. Le soleil se coucher, l’horizon s’assombrir, le bruit baisser en intensité, les gens disparaissent peu à peu. Une minute peut être lente et longue mais parfois trop rapide. Regarder les gens vivre sans les juger. J’ai vu des jeunes jouer au foot, des filles jouer au badminton et faire des danses de “fofolles” en pensant que personne ne les observent. J’ai vu un jeune regarder à droite et à gauche avant d’embrasser son chien, j’ai vu des jeunes “rouler un bédo” fièrement en pensant que personne ne voyait. Je me suis aperçu à quel point les gens sont soucieux du regard des gens… Avant d’effectuer un acte, ils ont souvent le réflexe d’observer à droite, à gauche, devant et derrière si quelqu’un les regardent, comme ce jeune homme qui jette sa canette sans impunité dans le parc.
Pour résumer, j’étais parfois heureux, parfois anxieux, parfois rieur, parfois étonné, parfois en colère, parfois triste…
On s’aperçoit que le monde est vaste… La nature, les bâtiments, les monuments, les gens, les animaux, la fumée des usines, les traces d’avion dans le ciel, les lumières, les nuages.
Je me suis posé la question de combien de gens vivent dans tous ces bâtiments, des milliers ? Des millions ? Je suis ici à essayer de les observer alors que pendant ce temps… Un dort, l’autre joue, un pleur, l’autre rigole, un travaille, un cuisine, une fait ses devoirs, une mange, un est au téléphone…
J’ai veillé sur la ville et au-delà. J’ai adoré cette expérience, voir sans être vu ! Se reposer mentalement, moralement. J’étais fatigué et ça m’a réinvigoré ! J’ai l’âme d’un veilleur !
Merci pour cette magnifique expérience. »
Lyes

« À l’aube de mes 49 ans, j’ai veillé. Le soleil était de la partie. Le ciel était clair, le paysage lointain. Que la ville est petite ! La lumière se lève et l’un après l’autre, les bâtiments s’embrasent au loin, un à un. La nature est déjà à l’aurore : les oiseaux s’actionnent alors que les habitants se réveillent à peine. Cet abri me protège mais me révèle un paysage sonore nouveau, que je n’avais pas encore perçu : les sons de la ville et le piaillement des oiseaux. La dualité de ce parc est là : parc urbain, veille de nature… En passant le pied sur la rampe d’accès l’émotion est montée, une réminiscence de tant de souvenirs. Les noms des personnes importantes de ce lieu résonnent apaisé, en phase avec cette nature qui s’écoule. 15 ans après ma rencontre avec Édouard, la boucle est bouclée… »
Guillaume

« D’abord j’ai enlevé mes chaussures. J’ai eu l’impression de marcher sur la cime des arbres et puis j’ai pensé à cette phrase : “il n’y a pas de traces de pas sur les nuages”. Finalement, cette expérience a été bien plus graphique que ce que je l’avais imaginé. Je garde le souvenir de mon corps fantôme encerclé de lumière et imprimé sur la ville.
Merci. »
Chloé

« Les mots viendront sans doute plus tard.
Regarder les ombres bouger sur la ville dans la douce odeur du bois.
Penser qu’une belle journée commence ainsi.
La souhaiter douce et heureuse aux gens de Bagnolet et des alentours.
Avoir eu le cœur un peu serré en arrivant, remplie du désir et de la joie qui m’attendaient dans cette veille, et avoir vu ces minuscules tentes, si nombreuses, une trentaine sans doute, serrées sous le pont.
Et pourtant remercier de cette belle expérience malgré ces douleurs qui nous entourent.
Merci de ces bonheurs minuscules et immenses à la fois. »
Dominique

« Finalement le temps a passé assez vite dans la cabane. Tenter de capter ce qui se passe dans le ciel du début à la fin. Avide de ce ciel qui me manque dans la ville. Merci pour cette belle expérience qui nous redonne du ciel pendant un moment, qui nous rappelle qu’il est là et que ses beautés sont à portée de main.
Les couleurs vert et rose sont apparues sur les nuages à peu près à la moitié du temps. C’était fascinant. Et les superpositions de nuages sont arrivés peu après. Tellement de formes de nuages différents. J’aurais aimé les peindre, les photographier. Mais j’ai aimé ne rien faire. Ne rien avoir avec moi. Rien écrire, rien noter. Juste profiter du temps qui passe, de la Re-création. Un grand merci pour cela. Se ressourcer.
J’ai beaucoup aimé aussi la hauteur dans la ville, qui nous redonne un horizon et nous replace au cœur du monde. Où est l’ouest ? Où est le sud ? Et être au milieu des oiseaux qui filent, c’est grisant. Heureuse d’avoir participé à ce très beau projet. »
Claire

« À l’est, quelques lumières roses dans le ciel se confondent avec les fenêtres des tours. Hauteur !
À l’ouest, la verdure, le chemin des arbres déterminent la limite (frontière) avec l’autre ville capitale - Paris ! La Tour Eiffel semble minuscule de ce côté là, la ville semble s’éloigner au fur et à mesure que la lumière monte. Arrête sur image pour observer l’ensemble vu de haut et de loin dans une perspective de seuil, repli sur soi, dans l’abri, protégé de la ville.
Prendre du recul pour éviter de plonger. Se laisser porter par les éléments et l’environnement sans aucune notion du temps ou plutôt être là dans l’instant présent et contempler le temps qui coule et s’écoule… Voici l’élément EAU qui s’invite dans cette danse matinale, la pluie, les gouttes, le bruit extérieur n’existe plus, il ne reste que le clapotis des gouttes de pluie sur les parois avec une impression que l’odeur du bois jaillit. Retour du regard vers l’est, le soleil est là et en même temps absent. La douce lumière rose s’est teintée de gris bleuté. »
Manuela

« Veille du soir. Observer un parc que l’on connaît déjà tant, qui occupe plus des deux tiers de ma charge mentale quotidienne. Je l’ai senti bouger plus que moi coincé dans cette boîte. Difficile au départ de se confronter à la solitude, face à ses pensées, qui au bout d’un certain temps les finissent par s’estomper mais c’est déjà fini. »
Nathan

« Prendre de la hauteur. »
Marie Pierre

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es d’avril à juin 2022 se déroulera le vendredi 1er juillet à la Maison pop, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleurs.
Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Lisa Johnsen.


« Olivier n’est pas venu ; comme de coutume, l’accompagnateur que je suis a pris sa place.
Expérience dont je ne me lasse pas car cette veille supplémentaire me permet d’aiguiser tous mes sens grâce aux réactions, impressions, sentiments récoltés auprès des veilleuses et des veilleurs que j’ai eu la chance d’accompagner. »
Bernard

« J’ai aimé marcher pieds nus sur le bois. J’ai été très émue avant d’entrer, je suis heureuse en sortant et le temps pour moi s’est passé très vite.
De la musique très forte, toits cachés par le lino à mes pieds. Ce son a pris toute la place même si j’ai presque été triste quand cela s’est enfin arrêté.
Regard proche, regard lointain.
Journée si fragmentée. De Nyansejo à l’ECAP et finir ici. J’ai parfois bouché mes oreilles, fermé les yeux. Un réverbère allumé et Hyppolite Girardot lève du ballon. Je pensais voir le soleil se coucher mais cet immeuble. Quelle orientation. Est-il eu le choix ? Les couleurs devant sont jaune orangé tourquoise et fond de bleu. Derrière reflets violets.
Familles sur l’herbe. Seins gonflés de lait. Nuages dans le ciel et la lune à peine un envahissement. J’ai pensé à tous ceux avant moi, à mon accompagnateur et à tous ceux après moi. J’ai baillé. Être seule dans une œuvre collective. »
Marielle

« Merci de nous offrir ce moment unique. Veilleur et spectateur sur la ville, ce moment de complicité avec le soleil, le vent, les coureurs matinaux et oiseaux a été précieux. Merci. »
Dorine

« Une expérience hors du commun… C’était reposant, surprenant, unique. Heureuse d’avoir eu la chance de vivre cette magnifique expérience.
Être coupé du monde extérieur fait un bien fou ! Je suis passée par différentes émotions dans ce lieu. Voir la ville différemment fut très intense et m’a surtout permis de prendre conscience de plein de choses sur le plan intérieur.
Merci à toute l’équipe et à l’ensemble des personnes qui ont pensé ce beau projet. Pendant 1h, je me suis sentie vivante plus que jamais. Je suis aussi confiante pour la suite. Un grand merci car grâce à vous tous, j’ai vécu une expérience essentielle à mon épanouissement personnel. Que ce projet puisse continuer à vivre encore longtemps ! »
Cindy

« J’attendais ce moment avec impatience, depuis plusieurs mois, le rendez-vous avec soi-même et la ville. Le temps était calme et dégagé, j’adore cette lumière du matin, c’était très agréable de voir l’horizon évoluer. Je me suis laissée surprendre à découvrir des heureux détails à chaque fois que je détournais le regard pour revenir sur ce paysage que je contemplais.
J’ai eu besoin de sentir ma place dans cette petite cabane, de traverser, de danser même un peu. C’est une rencontre aussi spéciale avec un accompagnateur, un moment de découverte curieux avant de plonger. J’ai été et je suis très heureuse d’avoir pu me faire un petit clin d’œil sous le nom de mon accompagnateur qui est mon nom de famille, un joli symbole pour ce passage de relais.
Un grand merci pour cette expérience si poétique et hors du temps, je pars en voyage pendant trois mois pour revenir à l’achèvement de cette aventure au parc le 30 septembre et bien partager ce moment, j’emporte aussi un voyage avec moi ! »
Lucie

« L’odeur du bois, en premier. Le vent assez fort, à plusieurs reprises, fait trembler l’habitacle et les arbres plus loin. Les gens qui ne font que passer, ceux qui s’arrêtent, s’installent même. La famille qui semble profiter de l’espace infini et de la saison agréable, avant de retourner dans un appartement trop petit, peut-être. Un but marqué et fêté.
Les cadres dans les cadres que je ne saurai pas bien dessiner, mais qui m’ont happée : la réflexion de l’immeuble, le cadre du néon et le cadre de l’immeuble de derrière. Des lignes et des arbres qui sont là et évoluent avec la lumière qui baisse. Et enfin un couple, jeune, qui lève les yeux et me regardent, souriants ; des anciens veilleurs ?
Merci ! »
Karine

« J’entre. Je frissonne. L’air est frais. Au loin deux tours s’embrasent. Puis une autre ensuite. Un instant je me demande si elles sont prises par le feu tellement le spectacle est saisissant. Au loin, le bruit du périph, unique marqueur constant dans ce voyage de veille. Deux pies bécotent des restes de pique-nique en bas, les pigeons me surprennent en volant tout près de moi. Il n’y a personne dans le parc. Il y a moi. La ville, le ciel et tout ce paysage passe au violet. Mes pensées fusent. Est-ce que quelqu’un me regarde ? Lui, dans cette tour ? Elle, dans celle-là ? Les oiseaux chantent et volent encore. Je suis toujours là pour l’observer, pour les observer. Me voient-ils, eux ? Un coureur passe sous moi. Hé ho ! Regarde ! Je suis là ! Non, il ne me regarde pas. Tant mieux !
J’observe comment mon corps se rééquilibre constamment. Il oscille. J’oscille. Moi aussi je suis en perpétuel changement, réadaptation. Je me sens vivante. La lumière, le soleil gagnent du terrain. J’observe tous les plans. Les pensées fusent. Peu à peu les sons de la ville, ceux que je connais, reconnais, prennent le pas sur ceux des amis ailés qui m’entouraient jusqu’alors. La ville s’anime et moi, je suis éveillée, plus que jamais. Quelle heure est-il ? Je m’en fous ! »
Flore

« J’ai haut vu. J’ai vu Saint-Maur avec son réservoir et vu un avion décoller de Roissy. Les gens qui passent en bas n’osent pas trop répondre à mon signe de main. Y’en a un, il se gratte la tête pour me répondre sans en avoir l’air.
Un petit garçon et son copain parlent. Un ado chevelu fait courir un lapin dans la prairie. Une jeune fille le rejoint et prend un faux lapin blanc en photo. Le soleil se couche derrière une tour. J’ai calculé à quel étage était le soleil quand je suis entrée mais c’était inutile puisqu’il a disparu derrière la tour. Bon voilà j’ai veillé le soleil et la lune. J’ai vu les tours de Notre Dame et la porte de Montreuil. Tout est en place. Demain il fera jour ! »
Anne

« 5h54, tout va bien, le soleil se lève
5h58, ça y est, je m’ennuie
6h09, putain ça doit faire déjà au moins 40 minutes
6h14, OH ! UN CHIEN ! Génial, mon cerveau va s’occuper.
6h18, je me re-ennuie
6h22, OH ! UN YOGISTE !
Légère angoisse du temps…
6h52, mon mec arrive dans le parc, me regarde avec son café, je lis sur ses lèvres “tu t’ennuies hein !?”
On fait un cœur avec nos doigts.
Puis il part en faisant une roulade dans l’herbe mouillée. »
Mathilde

« Une heure sur le toit du monde. La vie sous mes pieds et dans mon regard. Tout est mouvement et sensations.
Une jeune femme qui guide un jeune homme dans le yoga.
Grâce et attention.
Une petite fille et deux mamies qui entament une chorégraphie, tels trois papillons virevoltants. Un groupe de femmes voilées entourées d’enfants. Elles se revoilent comme on se recoiffe avant le départ. La pelouse ne montre pas de réelle trace de leur passage. Comme évaporées !
Le vent pousse et tire et fait grincer la porte. Musique du lieu. Mouvante et rythmée. Le même vent transforme les arbres en vagues successives, de vert en camaïeux. Et puis la lumière. D’abord pleine. Puis rasante qui embrase les cimes et les tranches d’une douceur mordorée.
À même que le soleil se couche derrière la Capsulerie, le ciel prend le dessus. Les stries mobiles alternent les gris violacés des nuages, le bleu azur, les oranges en teintes infinies. Mes yeux comme des pinceaux captent ces images. Les mots ne peuvent pas traduire au plus juste ces impressions. Mais…
Et moi qui veille sur tout de vie et de beauté, je me suis prise pour un ange. Prête à déployer mes ailes. Instant de grâce. »
Maria-Gloria

« Le soleil se lève derrière les tours, j’ai regardé vers l’ouest pour le regarder à travers le reflet des immeubles. J’ai cherché ce que c’était que cette tour sur la crête de l’autre côté du bassin parisien.
J’ai vu que les pies se baladent en couple et que les mâles pigeons sont vraiment des forceurs.
Le vent d’est a ramené des nuages, il faisait plus beau quand j’ai commencé. Finalement on n’a pas vu le soleil mais la ville éclairée c’était bien aussi. Lisa était gentille. Je pars acheter des croissants pour Lucie. »
Clément

« Choses vues : une vingtaine d’avions grillant le ciel de traits blancs, des nuages découpés selon les pointillés d’un cadre presque parfait, d’autres houppettes d’un beau rose poudré, des lumières s’allumer, d’autres perdurer, clignoter. Des enfants jouer, des gens marcher, des chiens courir et le ciel toujours recommencer avec pour un instant un demi-lune parfaite et nacrée, un soleil orange un peu fluo.
Choses entendues : les enfants jouer, la pie cajoler, la ville bruisser
Choses pensées : … trop sûrement »
Nathalie

« Je suis redevenue une enfant de 4 ans. Pourquoi l’oiseau noir croasse-t-il ? Les avions dans le ciel laissent une marque blanche dans leur sillon, mais il n’y a pas de nuage.
J’ai cherché le soleil et n’ai trouvé que son reflet. J’ai vu un bâtiment semblant brûler et ce n’était que le soleil, flamboyant dès le matin. Avant, au début, on distinguait les couleurs de l’arc-en-ciel : violet, rouge, orangé, jaune, vert (un bout de ciel vert ?) et bleu, beaucoup de bleu. Puis le soleil a illuminé de sa grâce flamboyante de plus en plus d’espace et ne reste maintenant que le bleu. Il y avait Reina l’araignée dans l’objet abri. Et Kouri le corbeau, perché sur la plus haute branche d’un arbre la plupart du temps. On réfléchit vraiment à des choses étonnantes, auxquelles on aurait jamais pensé, la tête dans le téléphone ou sur un autre écran. Mon cerveau était plein de vie. Merci ! »
Alice

« Quelle étrange expérience !! L’excitation du début, je chante, je bouge, j’observe. Fais des va-et-vient, observe les horizons. Les gens en dessous, sur les côtés, devant et derrière, au loin qui marchent. Le soleil lui déclare et sa consœur la lune fait de même. La chaleur étouffante et le coucher de soleil derrière des immeubles me font penser que le matin aurait été plus propice. J’en ai vu des couchers de soleil, sur des montagnes, des glaciers, des prairies, des mers et des océans, des fleuves et des gorges. Mais celui-ci incarne cette beauté qui à tout moment te coupe, te déconnecte. La vue sur Paris est sans surprise sans se coucher de soleil : Tour Eiffel, tours d’Ivry, tours partout, grues et immeubles à perte de vue. Seul réconfort, sûrement le parc de Belleville que je crois deviner sans certitudes.
L’herbe en dessous scrupuleusement tondue, comme une route herbeuse, une nature encadrée, maîtrisée, offerte en compensation de tout ce béton, mais elle-même manque de fantaisie. On y voit des gens prendre une respiration profonde, en groupe, avec leurs enfants, on s’extrait pour se voir, se regrouper, partager et discuter, juste se voir, se reconnaître aussi. Ouf !! Ça fait du bien. De l’autre bord en première une des tours, mais elles grouillent de vie, de mouvements : poussettes, trottinettes, cyclistes et skaters, danseurs, buveurs, footeurs et coureurs.
Au loin Montreuil dont on voit ses champignons de verdure : les Beaumonts, Montreau. Deux parcs qui, avec les mûrs à pêche font respirer la ville, lui donnent vie. Un humus dans lequel on voit se développer la vie. Puis Vincennes. De cette vue, le bois est malheureusement coupé en deux mais qu’il est grand. Préservons-le. Dans cet observatoire, le soir, trop de bruits parasites, pas de place aux oiseaux (sauf les pies), mais aux chiens, aux scooters, aux voitures, aux cris, aux rires, aux pleurs, aux émotions d’une journée qui s’achève.
“Objet-abri”, quel étrange nom, sûrement élaboré à des fins artistiques pour désigner ce lieu qui m’abrite. Personne réellement et qui serait un objet. Oui sûrement l’objet de curiosité un objet de recherche ou l’objet d’une démarche. C’est un nid duquel on observe et dans lequel on vit, on danse, on voit, on s’emmerde, on crie, on tape sur les murs. Merci pour cette expérience. »
Guillaume

« Corbeau. Pigeon. Joggeur.
Le soleil se lève ailleurs, dans les reflets des façades.
Pigeon, corbeau, joggeur.
Un ciel en gloire comme un tableau renaissance architecture brutaliste.
Joggeur, pigeon, corbeau.
J’envie l’endurance. Le second souffle.
C’est fini et puis non, ça va s’éteindre et puis non, un 3ème souffle.
Rose. Un avion, un trait de craie. Joggeur toujours. Deux avions, trois bientôt.
Le souffle. La fontaine, quelques passages.
Passer de la course à la marche, s’étirer. C’est fini. Ma veille aussi.
Pardon pour le voyeurisme, la complicité à sens unique, elle est bizarre cette sensation. Merci aussi, pour les mêmes choses. »
Anaïs

« Elle ressentait les cieux et les briques et la pluie
Elle ressentait tout
Et ça la faisait tomber et pleurer sous une aube rampante
Lorsque tout était en ruine, déchiré
Elle se sentait malade
Mais elle se sentait tranquille
Combien de toi(s) as-tu été ?
Ces mots de Kae Tempest m’ont accompagné pendant que les fusées continuellement claquent, dans la cité ; le bois ici craque. »
Pauline

« Que de calme ! Que de calme !
Juste un coureur dans le stade, des pigeons, des corbeaux et des pies. Seuls mouvements. »
Giles

« Foisonnement du dimanche soir, familles, amis, couples, promeneurs, badmintonistes, cyclistes fous du wheeling. Mais aussi chilleurs, tai-chistes, mono-cyclistes, hirondelles en pleine course de danse et soleil tranquille.
Il y avait sur qui veiller ce soir. Bonne nuit la ville ! »
Benoit

« Éveil en douceur et en conscience. Lumière orange dans les vitres de l’immeuble, magnifique et fugace. Moment calme et hors du temps. Merci ! »
Clélie

« Seul avec soi-même, seul l’instant présent compte. »
Jean

« L’impression d’observer le paysage et le monde dans son intimité. Se sentir petite face à ce grand espace. Prendre le temps d’observer.
Merci au Cycle des Veilleurs et à Maryse ! »
Nina

« D’abord il y a eu cette petite fleur de pissenlit qui s’est invitée dans le cadre assez longtemps pour que je m’habitue à elle et puis tellement d’autres choses. Ce coin de soleil sur le plancher. Une mouche et puis la Seine que j’ai cherché à dessiner sur la vitre en suivant les repères d’Est en Ouest. Les tours à charbon de Vitry, le Syctom, les tours tordues de Jean Nouvel (arrogantes), la BNF, la Tour Eiffel et au loin le Ballon du Parc André Citroën. J’arrête là, il y a d’autres pissenlits, des fantômes. »
Ricardo

« Présence au monde.
Odeur du bois, mes pieds nus sur le sol.
Une araignée se balance au bout de son fil.
Cinq fenêtres éclairées, chorégraphie des nuages.
Un homme se lave les dents, le ciel s’éclaire.
Un oiseau perché sur la cime d’un grand arbre… longtemps.
Une femme sur la grande pelouse verte avec un sac rose fuchsia. Elle fait sa prière. Je suis émue.
Un homme court. Un chien joue et se roule dans l’herbe.
Je m’étire, je m’éveille.
Le monde de chacun
Le monde que nous partageons
Le monde que nous sommes. »
Agnès

« Quand le soleil donnait en plein dans la boite, les yeux fermés, la lumière transperçait mes paupières. La chaleur très lourde et moite, j’ai eu l’impression de flotter et d’être liquide. J’étais comme dans le ventre de ma mère. Alors je me suis balancée sur mes pieds pour faire des ronds. »
Claude

« À leur insu, les migrants du camp à l’entrée du parc m’ont accompagné dans cette veille. Partagé entre la colère, l’empathie, la sympathie, l’étonnement et l’évidence d’une chose : le soleil ne se lève pas pour tous de la même façon. »
Tiné

« Un petit garçon qui me voit et qui montre à sa famille la “veilleuse” que je suis, des familles qui pique-niquent, une coccinelle qui remonte doucement la vitre de l’objet-abri, un soleil rougissant qui deviendra rose, violet, bleuté, un vent qui souffle fort, des bruits de feu d’artifice au loin, je l’aperçois, des bruits de pétards, un couple qui passe, ils me remarquent et me font coucou en souriant, un petit garçon qui joue au football, des adolescents qui s’installent sur une tenture, un oiseau au loin, un avion qui laisse un sublime traîné lumineux dans ce ciel d’été, des tours et bien sûr celle d’Eiffel qui font face, un homme qui semble perdu, une famille avec quatre enfants, la plus grande joue avec sa soeur puis son petit frère et un autre balade le bébé dans la poussette, deux jeunes gens qui partent et me voient, ils me font un signe de salutation, les arbres qui baignent avec le vent, le soleil qui disparaît, la chaleur qui devient supportable, l’heure qui s’écoule, l’impression de faire partie de ce “tout” que j’observe, penser au mot “veiller” et imaginer veiller chaque vivant face à moi, avec amour et tendresse, comme on veille un enfant. Entendre le bruit des pas, la porte qui s’ouvre, le sourire de Séverine. Ressentir la paix et la gratitude pour ce moment, ces vies observées, les couleurs, le soleil, le vent… Merci. »
Alexandra

« Ce fut un plaisir de me joindre à vous, merci pour cette invitation et tout le fil des attentions, c’est très émouvant. »
Emmanuelle

« On était vendredi soir, il y avait pas mal de monde. Un groupe de chant accompagné par un piano, un homme qui dressait ses deux bergers allemands, deux jeunes qui s’entraînait au JJB (sport de combat), des petits groupes qui venaient discuter dans un endroit sympa, un homme qui était seul, allongé, regardait les “étoiles” (plutôt le ciel) en écoutant quelque chose.
Quand je veillais, j’ai eu deux grandes phases. Une première où je regardais la nature, les bâtiments, les paysages (au 1er plan, 2e plan et 3e plan) et les personnes. La seconde phase était tournée vers moi-même, mes pensées, mes inquiétudes, mes accomplissements. Pendant la première phase, j’ai eu quelques interactions avec des gens. Ils souriaient, on s’est fait coucou.
J’ai passé une heure à faire correctement quelque chose : ce que je voulais sans que je puisse faire grande chose. J’avais le temps de le faire, c’était calme, lent et apaisant, (à l’extrême opposé de ma vie quotidienne). »
Kilian

« Il y avait un moment bizarre et étrange. Je voyais le vent par les arbres mais je ne le sentais pas. Et puis je flottais dans l’air.
Je pensais à beaucoup de choses, à la vie, au futur, à ma famille et aux tentes. Quand j’attendais Ruth devant le parking, il y avait beaucoup de tentes et j’entendais que les gens dormaient. Ça restait dans ma tête.
C’est dommage que je ne voyais pas le soleil. Mais j’ai eu un moment exceptionnel.
Merci beaucoup. »
Satoko

« D’abord, le vent qui court dans les arbres. Les oiseaux qui jouent avec le vent. Des enfants qui jouent au football sur l’herbe. Le jeune gardien m’a vu. Il me regarde. On se fait des signes. Tiens ! Je souris.
La vue est formidable. Le ciel, géant. Mais c’est cet échange avec cet autre humain qui me ravit. Je reviens à la vue. J’entre dans le tableau, dans les étoiles.
Une fenêtre. Une autre. Chaque fenêtre, sur chaque immeuble. Je veux tout appréhender. Gourmand !
Le contraste entre le ciel, une apparente unité, une surface qui s’unit, et la multitude des formes au sol. Ça y est, ça tourne au rose ! Des pas qui approchent… déjà ? »
Bruno

« J’ai fait la fête avec un ami la nuit dernière / ce matin. Je suis arrivée à la Maison du Parc sans avoir dormi. C’était beau de regarder le paysage dans ma cabane en bois avec la tête remplie de coton. On devrait tous pouvoir être capable de prendre plus de temps de regarder autour de nous à ce / ceux qui nous entourent. C’est dimanche, le reste du monde dort encore. La journée commence bien. »
Milène

« Quelle étrange sensation d’être le gardien de la vie du parc si animé. Un gardien bienveillant et en même temps en hauteur et détaché de la réalité de la vie qui s’écoule à ses pieds.
Une sensation d’être au-dessus du monde pour laisser de l’espace et prendre le temps de rêver à la beauté des instants, observer ces milliers d’autres histoires autour de nous. Les mots ne sont pas tout à fait justes, mais les sensations sont intactes et quel accueil agréable du compagnon qui reste à veiller sur nous (merci !) »
Claire

« Comme le chante Virus, “la nuit n’attrape jamais froid, ni aux yeux ni où que ce soit”. C’est encore plus vrai ce matin, au début d’une journée qui s’annonce caniculaire. À peine installé, j’assiste déjà au spectacle d’une ville qui s’éveille. Les croassements des corbeaux font écho à la valse des bruits de moteur, tandis que les plus téméraires des sportifs entament leurs premiers tours de piste en contrebas. La lumière se répand peu à peu, dévore les toits et les façades un à un. L’expérience est grisante, je me sens témoin d’un spectacle vivant, attentif au moindre fourmillement depuis mon phare qui domine les environs.
C’est également le réveil d’une ville dans la ville, puisque des dizaines de tentes de migrants et de réfugiés ont été installées à quelques mètres de la maison du parc. Hommes, femmes et enfants se lèvent peu à peu pour la première prière ou encore pour faire une toilette. Depuis ma tour, bien qu’elle ne soit pas d’ivoire, je me sens à la fois si proche et si éloigné d’eux. J’ai la douloureuse sensation de m’immiscer dans leur intimité, de les épier sans qu’ils ne le sachent. Après une nuit de songes, le jour se lève, accompagné du retour à la réalité du monde, à ma réalité. L’installation du Cycle des Veilleurs prend alors un autre sens pour moi. Veilleur, le mot est fort : veiller sur le monde, c’est aussi veiller sur soi-même, et veiller sur les autres. Vaste tâche aujourd’hui, mais importante.
Merci pour ce moment de poésie. »
Mathias

« C’était un jour de canicule, la température avait battu de nouveaux records, armée d’un litre d’eau glacée et d’un éventail je me prépare à ma veille, accueillie par Miguel. Une belle rencontre ! Il me raconte son histoire avec ce cycle et ses expériences de veille, je me sens intégrée à cette histoire du cycle de veilles aux Guilands. Il me raconte son histoire avec un autre parc montreuillois que j’aime beaucoup aussi. Je me suis ressourcée pour affronter les dizaines de degrés dans l’objet-sauna. Difficile de ne pas y être appelée par l’émulation des familles venues pour profiter de la fraîcheur, des enfants qui jouent au badminton… Au loin Paris derrière les arbres me semble qu’un amoncellement de bâtiments immenses entourent la Tour Eiffel. La nuit tombe, petit à petit le soleil finit par se coucher derrière un bâtiment, reste sa lumière rougie. La porte restée ouverte pour supporter la température me relie aux bruits du monde en bas, et pourtant je suis perchée là-haut, je vois ceux qui ne me voient pas, je connais mieux qu’hier ce parc que j’ai hâte de retrouver.
Merci pour cette expérience. »
Camille



« Vers quoi est-ce que je me dirige ? Je m’attends à tout et à rien à la fois. Finalement c’est la surprise. Je suis venu pour ça et sans attente particulière. Je ne pouvais pas être déçu. Sans méfiance en rentrant, j’analyse l’espace. Je me l’approprie, je prends confiance. Ensuite on se laisse aller, on se laisse guider. Pourquoi ? C’est moi le guide ? Ou bien c’est ce que je regarde ?
La pensée chemine en tout cas. Elle vagabonde, elle est d’abord distraite. Tout sédimente et s’éclaircit ensuite.
Je suis la petite voix dans ma tête et j’observe. Je regarde passer des gros chiens qui se chamaillent auprès de leur maître pensif. Je vois une famille passer sous mes pieds qui lève la tête et me sourit. Que me vaut cela ? J’observe ensuite une fillette s’aventurer sur le muret suivie de près par son père. Un couple qui est allongé là profite de l’instant présent, c’est beau. Un autre couple passe et m’observe, ils me sourient eux aussi. Que me vaut cela ? On se fait un coucou. Cette attention aura disparu quand on se retrouvera dans la même bulle. Pourquoi ? »
Victorien

« Comment je me sens ? Fatigué… Il semble important de le préciser car cela joue sur mon ressenti, non qu’il ait été appauvri dans sa qualité, mais mes perceptions étaient inordinaires…
Ce que j’ai observé ? Un lever du jour, sous la pluie… Un paysage changeant derrière les nuages qui défilaient. Des objets qui apparaissaient, disparaissaient et réapparaissaient à nouveau. Je n’ai pas ressenti d’extase face au paysage urbain, contrairement à ce qu’il se passe devant un paysage plus sauvage.
Déçu ? Non, surpris. J’ai préféré m’imaginer en haut d’un phare face à Paris dénudé d’immeubles, tel qu’elle avait pu l’être à la fin du 19e siècle, dans les nuages de fumée des industries du nord-est parisien.
Face à un Paris plus rural, du moins la périphérie de la capitale, telle que la ville aurait pu l’être à la fin du 15e siècle.
Face à un Paris plus sauvage, telle que la ville aurait pu l’être à l’arrivée des premiers habitants sur les plaines d’Île-de-France. »
Kévin

« Merci beaucoup pour cette expérience. J’ai eu la chance d’avoir une météo magnifique : un peu de nuage, un peu de soleil, un peu voir une fin de pluie qui était très agréable pour éviter qu’il n’y ait de chaleur.
Le temps est passé très vite, j’ai porté durant cette veille une réflexion sur la vie de prisonniers qui sont enfermés dans de telles conditions.
Au niveau mental, je me suis senti très léger, j’ai essayé de vider tout ce qu’il y avait dans ma tête, ne penser à rien. Finalement des réflexions sur ma vie sont apparues. J’ai pensé à ce qui me rendrait heureux, ce qui pourrait me donner envie de vivre longtemps.
Durant cette expérience, j’ai réfléchi et pris des décisions. J’espère pouvoir les partager rapidement. »
Nicolas

« Une belle expérience. Un moment sans distractions partagé avec moi-même. J’ai pu vivre le lever du soleil différemment. Habitante de la Noue, j’ai passé mes années à traverser le parc tôt le matin pour aller en cours. J’ai donc déjà vu ce lever de soleil, mais je ne l’ai jamais vécu. Merci de m’avoir permis de vivre un beau moment. »
Agnès

« Superbe expérience ! On ne se rend pas compte à quel point 1h peut passer vite (trop vite ?) Sans montre ni téléphone, cette expérience permet de se rendre compte que le temps passe très vite et nous permet de couper du quotidien. Cette expérience m’a permis de me remémorer les neuf derniers mois et de comprendre qu’il faut savourer chaque instant qui passe, ne serait-ce qu’une petite heure.
Pourquoi neuf mois ? Parce que dans trois semaines je deviens Papa pour la première fois ! Et cette expérience m’a permis de me rappeler qu’au début de la grossesse je pensais que ça allait être très long neuf mois, mais aujourd’hui (à trois semaines du terme) je me rends compte que c’est passé à une vitesse folle, tous comme les 60 minutes dans cette capsule.
Alors profitons de chaque instant, chaque heure, aussi rapide que cela puisse être ! Un énorme merci. »
Abderrahmane

« Expérience amusante, découverte de la différence entre le lever du jour et le lever du soleil. Le temps fut long ainisi que l’attente de l’arrivée du soleil. Dans un monde qui va à pleine vitesse, il est difficile de retrouver la lenteur.
Enfin le soleil a réchauffé mon corps. Très heureuse d’avoir découvert ce lieu. Merci à Claude. »
Valérie

« Ciel couvert. J’aperçois un jeune homme qui dresse ses deux bergers allemands. Deux martinets passent dans le ciel. Quelques insectes. Ici, il n’y a pas de vent. Pourtant je le vois qui souffle dans les branches. Je me regarde le nombril. Je pose les mains sur mon ventre presque rond. Les nuages forment une farandole. Dedans je retrouve la gueule familière des deux chiens croisés et le profil d’un très jeune enfant. Est-ce que tout est dans le ciel ? »
Gaëlle

« De la lune, au soleil. Face à moi-même. La rencontre de moi à moi même.
Le temps, le temps est un cadeau. Il s’agit de la seule que nous ne pouvons pas récupérer. Le temps est précieux !
Le choix, du temps accordé aux activités, aux personnes, à moi.
Être en phase avec ce qui nous entoure, de ce que l’on fait, de ce que l’on dit, de ce que l’on pense.
Se connecter à moi-même aux énergies, à l’univers.
La paix.❤ »
Johanna

« J’ai observé la nuit venir se coucher sur le parc des Guilands.
Très intéressant de se positionner à l’écart de la vie et du bruit.
J’ai l’impression d’avoir fait ça toute ma vie !
On devrait tous avoir la chance de vivre ça au moins une fois dans sa vie.
Merci ! »
Bénédicte

« Ce matin, je suis parti en vélo…
Puis je suis allée tout en haut…
J’y ai vu le bal des oiseaux, entendu le croassement des corbeaux…
C’était juste très beau…
Avec mes yeux, j’ai dessiné le contour des bâtiments, des arbres…
Cette vue restera gravée à jamais dans ma mémoire, car j’ai vraiment eu l’impression de vivre un moment privilégié, seule, dans cette petite boîte tout là-haut …
C’était moi la gardienne ce matin là☀️… »
Christine

« Une expérience unique de veiller sur le parc des Guilands, d’observer l’animation de ce beau dimanche d’été où les familles, les ami.e.s sont réunies. J’ai eu la chance d’observer les gens partager et tisser des liens les uns, les unes, avec les autres et d’observer également des moments de générosité et de bienveillance.
Le soleil qui s’est couché me laisse un souvenir d’une beauté impérissable, c’est un moment précieux, un coucher de soleil sur la ville, très émouvant.
Un grand merci, je me sens privilégiée d’avoir pu participer à ce cycle des veilleurs. »
Hélène

« J’attends le soleil. Je veille et j’essaie de partir de la torpeur de ma courte nuit.
Odeur de pin comme dans un sauna, bruit du vent dans les feuillages, colonis de corbeaux qui croassent de temps en temps. La ville est là, chaotique derrière la barrière de verdure.
Je me place sur la droite pour esquiver les empreintes qui floutent la vue.
J’attends le soleil et j’ai envie de déplacer les légos-immeubles pour ouvrir un peu plus la vue. Mon premier promeneur me surprend. Je ne l’ai pas vu venir. Le jeune homme surgit de nulle part. Il a un tee shirt rayé et marche avec une main sur son sternum. Je ne suis pas seule.
Le ciel change chaque minute. C’est très beau à chaque nouvelle minute.
On a envie que ce calme envahisse la planète et que tout s’apaise, partout, pour tout le monde.
Que va-t’il se passer aujourd’hui ?
J’aime les levers de soleil qui contiennent toujours la promesse de l’aube.
Merci d’avoir permis ce très beau moment. »
Isabelle

« Du haut de ce perchoir qui, en cette période estivale a du sauna norvégien la moiteur et l’odeur, j’ai regardé à l’est s’avancer vers le stade le soleil, la verdure, tandis qu’à l’ouest, le soleil plongeait inexorablement derrière les immeubles et que la couleur verte à mes pieds se vide peu à peu des maîtres et de leurs chiens.
Si l’on m’avait dit qu’un jour je m’émerveillerais de ça, je ne l’aurais pas cru, et pourtant… »
Arielle

« Tant de sensations créées avec si peu de choses
Tant de liens palpables et pourtant invisibles
Tant de présence de la nature pourtant si absente
Bref, un moment intense et unique, bravo et merci à toutes les équipes de WLDN et de la Maison pop pour cette superbe création ! »
Florian

« J’oublie toujours que Paris et l’Île-de-France restent une partie d’un paysage et d’un écosystème plus large. Le pied à terre, entouré d’immeubles, il est facile de se sentir oppressé.e.
Ce soir, en prenant un peu de hauteur et en regardant les coteaux du Vexin, au loin, je me rappelle que les soucis “urbains” perdent de leur crédibilité et de leur poids lorsqu’on regarde l’immensité du territoire. Ça fait du bien. »
Théo

« Ce mercredi, j’ai veillé. Mais j’ai triché, car nous étions deux à veiller dans l’abri. Une petite araignée m’a accompagnée ! J’ai vu le ballet des pies, puis celui des corneilles. Il fallait bien observer pour capter les moineaux. Puis à l’inverse, ne pas regarder, mais éloigner le regard, abandonner la précision pour apprécier les mouvements de ce grand arbre bien vert, qui entravait les autres, sauf le pin, résistait à sa cadence.
Je n’ai pas vu l’heure passer, mais j’ai senti le temps s’écouler.
Une expérience unique.
Merci ❤ »
Anne-Sylvie

« Sur le chemin je me sentais déjà une privilégiée de pouvoir faire cette expérience… au bout de quelques instants dans l’objet abris je me sentais à une place unique ! Quelle chance !
J’ai adoré ce temps suspendu où toutes les pensées se mêlent où j’ai été témoin du ciel metteur en scène de la ville, choisissant tour à tour une tour comme star.
Une heure c’était court pour observer tout ça… cette ville qui manque cruellement de vert !
Aller, je retourne vers le ciel, les couleurs sont si belles, le soleil couché… bye. »
Stéphanie

« Être au calme et prendre le temps,
Prendre le temps de regarder, de contempler, d’observer,
Prendre le temps de toucher, de marcher, de se déplacer,
Prendre le temps d’écouter, écouter le silence, le calme.
Prendre le temps de penser, de s’évader, de réfléchir.
Cette heure, cette petite heure m’a permis de prendre le temps, du bien, du bon, de bon matin.
Un apaisement pour bien commencer la journée, une bonne journée, une excellente journée qui commence parfaitement.
J’ai aimé, j’ai adoré, j’en redemande… »
Charles

« L’observant devient lui-même “observé”, le regardant.
Le curieux devient à son tour l’objet regardé.
Un exercice à faire souvent.
Merci. »
Rajesh

« Créneau réservé, au départ, pour mon conjoint. Finalement, il ne peut venir. Je prends donc sa place.
L’expérience est prometteuse et le projet hyper intéressant.
Réveil matinal, très matinal. Découverte de ce cadre, à l’aube paisible. Personne à l’horizon, mise à part un ciel rosé. Entrée dans cette boîte suspendue pour contempler les environs. À chaque minute, tout évolue, la lumière, les nuages, les passants qui arrivent. Des pensées, mon esprit change également. Je réfléchis à tout et rien, en tentant de lâcher un peu plus toute cette pollution.
Coup de fatigue par moment, prise de conscience par rapport à cette vie agitée, peut-être trop pour certains. Finalement, c’est la vie que l’on choisit, que l’on crée.
L’heure est passée. L’horizon est très clair, la lumière vive et blanche. Une nouvelle belle journée va commencer.
Merci de m’avoir offert la chance et l’opportunité de vivre ce moment unique et suspendu dans le temps. »
Gaëlle

« Avant d’entrer dans cette cabine pour faire la veille, je voulais avoir un stylo et un carnet pour écrire ce que je vais ressentir, mais une fois à l’intérieur, je voulais juste dessiner cette magnifique faune urbaine bordée d’un écran végétal et sublimer par un coucher de soleil et juste magnifique.
Merci pour cette expérience ! »
Rim

« Le soleil s’est bien levé ce matin.
Longtemps, je n’en ai eu que des signes : le profil des immeubles qui se dessinait, les brillances du métal et des vitres. Le vert des arbres qui se diversifiait. Et puis il est entré dans la boîte, je l’ai senti dans mon dos. La ville toute entière est entrée avec lui. Je pouvais toucher du bout des doigts le contour des immeubles. Les veilleurs précédents sont aussi apparus. Puis tout à pris sa place et je suis sortie. »
Stéphanie



« Je veille, tu veilles, nous veillons.
Sur les clairs azurs, sur les sombres huées, sur la marée des jours et des nuits, nous veillons.
Sur le vent qui nous envole, sur la lumière qui nous rayonne, sur la pluie qui nous poissonne, nous veillons.
Sur le lent frisson des arbres, sur la farandole des mouettes, sur les chiens, les loups, les monstres, nous veillons.
Avec nos corps si frêles, si fort, avec nos émotions clandestines avec nos fleurs de peau, nous veillons.
Sur la grande Babylone, sur les travailleurs de l’aube, sur les migrants des fossés, nous veillons.
Sur les larmes des rives de l’autre, sur sa figure de soleil, sur sa beauté de lune, nous veillons.
Sur les amants nus éperdus, sur les absents rendus présents, sur le cycle perpétuel des hommes, nous veillons.
Nous veillons, veilleurs veillons et dansons… »
Claude

« Expérience hors du temps, au dessus du monde, on voit ce qu’on ne peut pas voir habituellement : la vie qui bat son plein, la vie des “autres”, qui ne sont pas “Nous” en effervescence. Puis, progressivement, qui s’étale, s’assombrit, la ville de la vie laisse place à la ville d’une autre vie.
On suit le cours de la nature, le cours des autres. le monde bouge, pas nous.
Nous sommes juste spectateurs.
Nous sommes peu de chose… »
Justine

« Je m’avance littéralement vers un terrain inconnu, j’ai une certaine appréhension, une certaine excitation, qui finalement prend le dessus, car pour moi la vie c’est une aventure ;
Je me lance et je suis tout d’abord perdue, je me demande pourquoi tout ça, pourquoi te lever tôt (très tôt un lundi) et aller aussi loin de chez toi.
Autant de questions qui m’ont lâché au fur et à mesure que je montais et que j’ai vu ce paysage ; voir toute la ville en 360° avec un vent frais, je me dis, je me lance, mon accompagnateur sans le vouloir me donne encore plus envie de découvrir cette boîte (de Pandore 😁) et quand j’y suis, c’est fou !
Je ressens l’odeur du bois, j’ai l’impression de voir une partie de ma vie passer sous mes yeux. J’apprécie l’aventure je suis heureuse quant à ma vie et j’ai de la gratitude, je souris comme une bête, une folle, je crois que je vole, je ressens mes mains qui se frottent, je trouve ça étrange, aussi le fait que je sais maintenant clairement ce que je veux…
C’est une aventure, aussi basique mais tellement rafraîchissante. »
Audrey

« Mon attention est d’abord frappée par ce qui ce passe en contrebas.
J’arrive à mon poste d’observatoire. Comme je suis fatiguée, je pense que je vais m’asseoir quelque temps en position de yoga. Mais en fait il n’en est rien. J’ai beaucoup de choses à observer. Des groupes de personnes en “statique” pourrait-on dire. Et des personnes en mouvement = des marcheurs, des joggeurs, hommes, femmes, dans les deux sens ; plus loin, un terrain de foot improvisé, sur la droite. Des promeneurs avec des chiens, des gros, moyens et petits ; un berger allemand, un chihuahua, d’autres chiens dont je ne parviens pas à définir exactement le type auxquels ils appartiennent.
Mais la première image qui m’a frappé, c’est ce chien blanc tacheté de noir et aux oreilles marron noisette qui s’étire dans l’herbe. Je me dis que j’aimerais bien en avoir un comme celui-là. Il y a trois groupes “statiques” visibles depuis mon point de vue : deux potes allongés sur le ventre et sur une couverture blanche. Ils seront toujours statiques pendant toute la durée de mon observation, mais vont changer de position : sur le dos, les jambes repliées sous les fesses. Puis il y a quatre hommes, trois debout, mais le dos sur la barrière, et un fumant dans l’herbe la chicha. C’est un moment tranquille, où l’on discute, où l’on se repose, où l’on prend son temps.
Savoir prendre son temps, tout un art.
Un autre groupe est composé de deux familles. Un couple de “séniors” montre les mouvements de chi-gong ou de gymnastique aux autres, à distance. Ce couple porte un brassard les masques de protection et se tient à distance. Les autres les imitent. Différents mouvements se succèdent. Les bras en mouvement ressemblent à des éoliennes. Au loin, la ligne d’horizon. Les jeux de lumière sur la ville. Deux fois je suis aveuglée par le soleil et je dois porter mes mains aux yeux. Je pense à l’Étranger, de Camus. Mais le sable ne tuile pas sous mes pieds ! Deux jeunes me font signe, d’en bas. Je réponds à leur geste. Puis, peu à peu, deux groupes finissent par quitter le terrain qu’ils s’étaient approprié. La lumière décline et le soleil disparaît.
“Soleil cou coupé”, Apollinaire. »
Caroline

« Au début, je faisais le cake. Je me disais, je vais tout mémoriser, je vais écrire ci, ça, etc. Mais la vie m’a mis un petit cou d’humilité au travers de la veille. Parce qu’effectivement, c’est vraiment une veille. On veille. Au début j’ai découvert mon environnement, que je connais, que je connais déjà un petit peu puisque j’habite juste en dessous du parc. Mais en fait, évidemment, ça n’a aucune importance puisqu’il ne s’agit pas du tout de ça. On accède à un autre niveau de connaissance. On développe une intimité avec certains oiseaux (les pies, les corbeaux, des trucs que je ne connais pas), certains immeubles (d’ailleurs pour la prochaine fois, si c’est possible de vitré entièrement l’immeuble qui cache la vue des Mercuriales, ce serait top merci), la pelouse (les traces de pattes de chien qui aurait cru que je verrai ça un jour, se dessiner dans l’herbe), le terrain d’athlé.
Et alors j’ai développé une très belle relation avec une dame et son chien (une relation unilatérale) que j’ai regardé pendant de longues minutes (j’emploie le mot minute mais franchement ça veut plus rien dire là-haut). Je la regardais lancer un bâton à son chien, je voyais l’expression la plus pure du bonheur sur Terre : un chien extatique qui rapporte un bâton à sa maîtresse. En remuant la queue, un grand sourire aux lèvres, mais quoi de plus beau ça merde ? La fille prenait vraiment son temps, ce n’était pas une promenade expédiée entre deux textos. J’ai trouvé qu’on vivait un peu la même chose. Elle veillait sur son chien, je veillais sur elle. À un moment, une autre femme a surgit du bois avec son chien. Et j’ai un peu honte de le dire mais je lui en ai voulu. Un peu comme quand quelqu’un débarque au milieu d’un moment privilégié qu’on partage avec quelqu’un d’autre. Son chien m’a déplu aussi. Mais je me suis dit que ce n’était pas sympa de penser ça alors j’ai arrêté. Ensuite mon amie est sortie lentement du cadre (avec la fenêtre ça fait un peu comme un cadre) et j’ai éprouvé de la tristesse.
Je suis passé à l’autre fenêtre et elle est réapparue quelques secondes, avant de sortir du parc.
Qu’est ce que c’était bien…
Ah et aussi j’ai failli chialer en regardant des oiseaux voler vers le lever de soleil, je sais pas ce qui m’a pris. »
Abel-Antoine

« Dur d’arriver à faire le vide après une journée remplie digne de la vie parisienne.
Je suis passé par tellement de phases à l’intérieur de ce sauna aérien. Déjà, oui, il faisait chaud, encore plus compliqué de faire le vide. Le regard des familles dans le parc n’aide pas non plus. Puis je réalise que je n’ai pas spécialement à “faire le vide” ! Ce n’est qu’une fois cette pensée atteinte que l’expérience à réellement commencé pour moi.
Je suis passé par beaucoup de réflexions personnelles, motivées par des scènes de la vie que j’observais plus bas, des analyses de l’espace environnant, de la contemplation du paysage qui apparaissait, au fur et à mesure que le soleil disparaissait.
Je me souviendrai de cet “eye-contact” qui a dû durer près de 30 secondes avec une enfant stupéfaite de me voir perché là-haut. Je me souviendrai des musiques du nouvel album de Beyoncé qui n’arrivait pas à sortir de ma tête.
Je me souviendrai de ce moment d’une heure, pendant lequel je n’ai pas osé faire de bruit, par peur de déranger tous ces gens qui profitaient de leur mardi au parc. Je me souviendrai de mon ami qui m’a conseillé de faire cette expérience, et je me souviendrai de cette grosse boîte, qui m’a hébergé le temps d’un coucher de soleil. Merci. »
Jules

« Je me suis retrouvée enfermée dans une boîte, comme un corridor étroit. Un escape game !
On ne peut pas voir le soleil se lever sur l’horizon : celui-ci est masqué à l’est par le bâtiment de la Maison du Parc. Il s’est élevé là où je ne l’attendais pas : à l’ouest, dans le reflet de la baie vitrée opposée qui ouvre la vue sur Paris.
La ville, c’est beaucoup de lignes. Le soleil semble un disque parfait. Les immeubles sont des boîtes empilées ; à l’intérieur, des gens, qui peut-être, s’éveillent au son de notes de musique.
On peut bouger un peu dans cette boîte suspendue à quelques mètres dans le vide au-dessus des pelouses du parc. On laisse le corps cherche un rythme ; peut-être en écho à celui des Hommes empilés qui se trémoussent devant leur premier bol de café ; ou peut-être un rythme qui nous est propre, veilleurs dans une boîte sans musique.
Penser à veiller sur cette pulsation : sentir les échos, les résonnances, trouver un tempo, une marche pour arpenter l’espace et les autres.
Finalement s’échapper de cette boîte, traverser les lignes et les courber. Les dérouter, direction : là où on ne s’y attendait pas. »
Guenièvre

« Cette veille est un peu ma manière de quitter Montreuil où j’ai vécu pendant 10 ans.
J’aime l’idée d’avoir veiller sur elle et aux alentours comme elle a veillé sur moi pendant des années. Ce temps de veille était beau aussi bien fait des oiseaux, du soleil, des immeubles, des personnes du parc. Ceux-ci semblaient habitués à voir les veilleurs et à les saluer. Le temps a paru court et les couleurs du ciel de fin de veille étaient magnifiques.
Merci. »
Estelle

« L’oppression du début à fait place ensuite à l’observation puis à la plénitude.
Un ciel nuageux empêchant le soleil de s’affirmer, mais permettant avec la pluie de faire naître un arc en ciel.
Deux faces vitrées très différentes. Vue sur des immeubles et vue sur le parc avec Paris au loin. Des corbeaux, des pies, des chiens et des "joggeurs"...
Le temps m’a paru infiniment court.
Le soleil s’est levé ce matin. »
Luc

« Je retiendrai ce moment dans l’objet-abri, 11 ans après ma première veille à Belfort, l’impression d’avoir passé un long temps à détailler une belle photo de Paris vue depuis un beau parc, avec quelqu’un de très bavard, moi !
Changements imperceptibles du ciel nuageux, voire intempestif de perruches vertes, passage de promeneurs et de chiens dans l’horizon à l’heure où le soleil allait se cacher, m’annonçant l’heure de la fin.
Un très beau moment. »
Benjamin

« Quelle expérience envoûtante, d’être la "au-dessus" de la ville alors qu’elle se réveille à peine… On passe d’une vitre à l’autre, observant ces marcheurs du matin et les joggeurs qui font le tour du stade, la jeune fille qui joue avec son chien (cette tâche beige, sur le vert du gazon n’était autre que le labrador !), on voit les vols d’oiseaux, et même quelques pigeons planer (c’est beau un pigeon en fait !!) et des corbeaux sur le sommet d’un arbre.
La lumière dense et d’une minute à l’autre rien n’est pareil.
Je pensais avoir chaud, j’ai eu un peu froid.
Je pensais avoir mal au dos debout, en fait j’étais bien.
Je suis crevée de fatigue mais pleine d’énergie pour ma journée de travail après cette heure de contemplation, ça me donne une seule envie= vivre plus proche de la nature pour l’observer plus souvent, plus sérieusement. Je n’ai pas vu une seule voiture : ça fait du bien !
Merci pour cette pause dans nos vies à 100 à l’heure.
Merci pour cet accueil super de Geoffrey 😁 »
Élodie

« Nichée dans mon perchoir, je me suis sentie comme un oiseau qui observait sans (trop) être vu.
J’ai eu la sensation d’avoir l’ouïe et la vue décuplées, de percevoir tous les sons, toutes les nuances de couleurs et de développer une vision latérale.
J’ai été très surprise de découvrir que la ville, que je percevais comme grise, était en fait blanche et que son agitation était peu perceptible d’ici.
Très vite, j’ai eu le regard happé par le soleil changeant : le puzzle des nuages, le soleil qui se couche derrière l’immeuble avant de ressortir de ressortir de côté pour embrasser l’horizon.
Merci de m’avoir permis de prendre de la hauteur ! »
Mahé

« J’ai veillé sur des coureurs, des marcheurs et des marcheuses, des corbeaux, des pigeons, des perruches, de plus petits oiseaux, et une mouette et des canards, je crois. J’ai aussi veillé sur des chiens et sur le soleil, les arbres, les immeubles, le ciel.
Un instant dans mes pensées et tout a changé. Le ciel rose est devenu bleu ; le soleil, apparu derrière un immeuble, vient réchauffer mon dos.
Quelle joie de sentir le temps qui passe et quelle belle façon de commencer une journée. »
Lauriane

« La première sensation qu’il me reste est un picotement aux yeux, d’avoir regardé au loin longtemps. Ça fatigue aussi, après une journée remplie.
Que les couchers de soleil sont beaux !
En vrac : très chaud, sauna, odeur de bois, bois qui craque, pieds nus, torse nue (à l’abri des regards), voir passer les gens, les chiens, la fraîcheur qui tombe, l’orangé du soleil, la fatigue, encore…
Merci pour ce chouette projet, cette belle expérience et la rencontre avec Valérie également.
Longue vie aux veilleurs ! »
Chloé

« Le matin, tous les sens en éveil, le mental aussi.
Très sollicitée par ce moment un peu hors du temps et à la fois très présente dans cet environnement urbain.
La vue, l’ouïe… Le regard se porte au loin puis tout d’un coup il est attiré par le proche. Pas vraiment de silence.
La complexité de la ville, les immeubles côtoient les petites maisons. Le végétal tente de trouver sa place.
Le soleil se fait attendre ; seulement sa lumière se voit, ensuite il apparaît au-dessus du grand panneau de bois. L’attente finie, les choses sont rentrées dans l’ordre. Il est là comme tous les jours. En avais-je douté ?
Infiniment merci pour le moment. »
Marie-Christine

« Perchée, dans un bain rosé-bleuté, plein vent.
La ronde des corbeaux qui montent la garde, une volée de pies qui les narguent, un coureur à contre-vent, une promeneuse pied nues dans l’herbe fraîche. Puis on lâche les chiens, le gonflement croissant des vrombissements mécaniques, des rayons de soleil qui s’imposent et balayent tous les nuanciers, qui réchauffent l’atmosphère. Les pigeons et sportifs ont repris leurs droits au parc et la ville et la ville est lumineuse, agitée.
Ce matin je me suis réveillée deux fois.
PS : Merci à Chloé pour son accompagnement. »
Pauline

« 4 fois, 4 veilles et chaque fois différente. Il y eut de l’angoisse la première fois, en Février. Froid, vide, solitude.
Il y eut du désespoir, la deuxième fois puis le lever du soleil apporter du réconfort, à nouveau ;
Il y eut du calme, de la sérénité, la troisième fois, un soir, vivant, animé, bruyant et pourtant…
Il y eut de la distance la quatrième fois puis un retour à cet étrange contact avec ce qui nous entoure. Et l’envie profonde de soulager, à distance, le malheur d’un être cher.
Je n’ai pas vu ton enfant dans les étoiles. Magali, mais je crois que ce soir la lune brille plus fort pour lui. Au revoir, Noé. »
Miguel

« A veillé ! Honoré de faire partie de notre lignée de veilleurs d’astres. La planète chauffe, tempête, gronde. Puisse le calme entre-aperçu chaque soir par les veilleurs apaiser un excès de colère. »
Anthony

« Merci pour cette expérience insolite !
Un espace perché qui incite à la déconnexion et à la connexion avec soi, l’environnement, le ciel, l’espace.
À refaire dès que possible au lever du soleil.
Bravo pour cette initiative. »
Marie-Laure

« Ma veille prend fin.
La lumière, grandiose, a frappé le monde.
Tous les mondes tournent autour d’elle, et pourtant on l’oublie chaque jour.
Sans elle nous ne sommes pas, sans elle le monde n’existe pas. Tous liés à elle, sans le savoir, sans le reconnaître.
De son éclat rouge à son levé, représentant la couleur de nos désirs des coeurs battant à l’unisson dans ce monde, jusqu’à son centre jaune vif, ouvrant la porte à d’autres mondes.
Ses rayons chantent pour nous, chantent notre éclat d’une voix douce et triste chaque jour en frappant nos visages.
Nous devons veiller sur elle, la protéger, la chérir chaque jour sans en oublier son importance.
Dans un monde qui s’effondre de jour en jour, nous devons être les derniers gardiens, les veilleurs dans la lumière, les veilleurs de la rose.
Immobiles mais dansants. Silencieux mais chantants. Seul mais en groupe.
Le cycle se termine pour moi, je passe la main à un nouveau gardien. »
Zephiriel

« Le jour de mon anniversaire… quel cadeau sympathique 😁
Le moment que j’ai le plus apprécié, c’est quand le soleil s’est caché derrière les bâtiments. Je pouvais observer de belles couleurs rouge, rose, orange…
Puis le reflet sur les bâtiments de la ville, une partie ombragée et une autre ensoleillée. Ensuite les lumières sont de plus en plus visibles, c’est ce que je préfère, les lumières dans la nuit.
C’était cool aussi de voir les gens dans le parc me saluer, surtout quand l’éclairage de l’abri s’activait. La première personne à me saluer fût un enfant !
Sinon, un peu chaud dans la cabine au début mais le corps et surtout l’esprit s’habitue. J’ai passé un très bon moment en étant déconnecté du temps, j’ai pu méditer pendant ce moment très personnel.
TOP ! »
Meziane

« - Soleil, Soleil -
(Tapis d’éveil)
Après le sommeil
Avant que tout commence
Soleil, Soleil, d’une commune à l’autre = tracé séquano-dionysien, Croix de Chavaux, Rue de la Dhuys, Rue de la Capsulerie, d’un côté l’autre, Rue Condorcet, Avenue Gabriel Péri, Avenue Paul Langevin, Rue Carole Fredericks, d’un côté l’autre, Rue de la Jarry, Rue Diderot (mais d’un coté l’autre).
D’un printemps l’autre toujours en été.
11/08/99 - 8h51 - Paris 11e
11/08/22 - 6h37 - “Bagnolet-Montreuil”.
D’une veille, tour à tour émerveillée, éblouie, endormie, détendue, l’autre déjà se profile de quotidiens en quotidiens.
(Plateforme de veille)
Merci à Abel-Antoine pour son accueil »
Marie-Pierre

« Lumière, couleurs, sons, nature, vie
Moment suspendu dans le vide
Instant court et long à la fois
Souvenirs à venir
Calme, apaisement, chaleur, douceur
Veilleur »
Félicia

« Seconde veille pour moi, en solitaire car j’étais mon propre accompagnant.
Privilège de la pleine lune et des vols de perruches.
Aussi ma petite réflexion du jour : voir les gens depuis cette hauteur remet tout à plat, et pas seulement littéralement. Je ne sais pas trop comment dire mais ça met tout le monde sur un pied d’égalité. Tout le monde fait la même taille, ne sent rien, ne fait aucun bruit, on ne voit pas les marques de vêtements ni les rides du visage. Enfin c’est chouette quoi. »
Abel-Antoine

« Lorsqu’il m’arrive de prendre l’avion, je profite toujours du décollage et de l’atterrissage pour observer par le hublot la valse des humains avec un œil neuf, et pour prendre une grande dose de recul. C’est une sensation similaire que j’ai ressentie perchée ici. C’était un plaisir de s’extraire du temps dans un si joli cadre. »
Manon


« 5h40, sur ma joue la trace de l’oreiller,
6h40, dans mon abri commence ma veillée.
La pleine lune s’efface doucement.
Aux rayons du soleil a laissé sa place. »
Emeline

« Je pensais veiller sur les passants du haut de mon perchoir, et me suis très vite (trop vite ?) rendue compte que c’était moi qui étais surveillée…
Plaisir de l’horizon lointain, si rare ! Pensée pour les veilleur.euse.s en campagne.
Étonnée que mon corps ait une si bonne notion du temps (senti la fin de l’heure venir comme un métronome).
Soif d’espaces. Soif d’air frais, frustrée de ne pas avoir été à l’air libre/vue à 360° !
Une douce expérience, merci. »
Chloé

« Surplomb de la ville qui paraît dormir. Faire semblant.
Une veille qui fait penser à une surveille. Situation de panoptique. Voir sans être vu. Muraille d’immeuble de France. les coureurs et les marcheurs du stade et ceux du parc.
La marcheuse pieds nus sur l’herbe et son contour de l’absence d’herbe. Les pies et les pigeons.
Les oiseaux verts, qui déclinent l’espace et s’échappent. Les chiens, la course après la balle et les roulades sur l’herbe. Et si ça durait plus d’une heure, sur quels indices de vie s’attarder. Presque étonné quand l’accompagnateur vient frapper à la porte.
Un mot encore sur l’exiguïté du perchoir. Un peu plus de 6m² mais sa largeur ne permet pas aux bras de s’y déployer. »
Hypo

« Merci pour ce cadeau immense !
Cette “expérience” m’a apporté beaucoup de sérénité, d’apaisement, de sécurité… J’étais veilleuse mais l’on veillait aussi sur moi.
Je me suis sentie privilégiée dans cet espace et ce temps suspendu. »
Anne

« C’était si beau, le reflet du soleil qui se lève, la lune claire dans le ciel, la lumière qui change sur les volumes et les surfaces de la ville. Et ce calme, ce calme profond dans la verdure, interrompu par quelques personnes qui courent au petit matin, et quelques promeneurs qui sortent leurs chiens. Merci pour ce nouveau regard sur les Guilands, les arrosages automatiques et leurs perruches ! »
Andrea

« Un face à face troublant avec cette ville belle et rebelle, Paris, qui est désormais ma ville !
Je ferais partie des siens ? Pourvu qu’elle veille à son tour sur moi… »
Fahimeh

« Quand je suis arrivée dans l’abri, j’ai pensé “ouh la la, ça va être très long !” Et finalement, c’est passé très vite ! Certes, sur la fin, je commençais à faire davantage de pas (car j’avais un peu froid) mais je serais volontiers restée plus longtemps.
J’ai tellement apprécié ce temps suspendu qui s’offrait à moi et dont je pouvais jouir sans aucune culpabilité. Tout en appréciant chaque détail du “paysage” sous mon regard : quelques coureurs matinaux, le ballet des jets d’eau pour arroser la pelouse, le vol des oiseaux et leurs facéties.
Bref, une expérience très enrichissante que je suis ravie d’avoir vécue ! »
Juliette

« Juste en arrivant, orage et trombes d’eau : plus personne dans les rues.
Me voilà en haut de cette vigie, à veiller…
Devant moi, à mes pieds, plusieurs mètres plus bas, une mer de verdure. Puis, un peu plus loin, un océan d’immeubles ! au milieu, tel un phare : la Tour Eiffel, dont le faisceau lumineux apparaît toutes les 24 secondes. À l’horizon, dans le ciel, un océan de nuages et là : le soleil prêt à se coucher.
Quel beau spectacle que d’observer cette lumière rougeâtre, jaunâtre, baignée dans le ciel.
Quelle drôle d’impression que de veiller sur ce monde où finalement, tout semble immobile et désert, même pas un bruit ! Le monde du silence ?
Paradoxe où finalement, les gens sont là mais invisibles, la nature est là mais peu présente.
Peut-être faudrait-il veiller à inverser cette tendance… ?
J’ai eu plaisir à faire cette expérience. »
Eric

« Accompagnatrice sans veilleur → je veille.
Quel bonheur d’observer le ciel après une nuit pluvieuse. Sur le fond du tableau du bleu ciel ; en bas à l’horizontal du rose plus ou moins foncé, et au-dessus des masses grisâtres, des formes insolites, glissant peu à peu vers le nord, puis des moutons blancs amassés puis disloqués. Les nuages aux couleurs de la vie. Le gris passe, le bleu teinté de blanc revient toujours.
L’observation des nuages devrait être enseignée à l’école !
Quel régal pour les peintres, les photographes et pour mes yeux.
Merci pour ces précieux instants ! »
Maryse

« RAS 😁 »
Santiago

« À hauteur d’oiseau, aussi proche du ciel
La lumière infiltre doucement
Mais assurément les reliefs de la ville.
À hauteur d’une cabane perchée,
En descendant des montagnes et de ses alpages,
Retrouvailles avec l’altitude, sous une autre latitude.
À hauteur d’homme,
Toutes ces silhouettes qui apparaissent,
Chacune, son souffle, son rythme, son activité.
Veiller, contempler,
Peu importe la hauteur,
Être là, pleinement présente, tout simplement. »
Chrystelle

« Tout d’abord merci à Maria Gloria qui m’a parlé de cette expérience…
Et quelle expérience ! Même si le temps passe trop vite… Déjà une heure écoulée et je n’ai eu que temps de voir disparaître le soleil derrière les bâtiments proches, le temps de voir la Tour Eiffel cernée de rose et de mauve, le temps de regarder voler les oiseaux sans les entendre, le temps d’observer la ville qui se calme, les arbres frissonnants, l’herbe qui a reverdi ces derniers jours, le temps d’essayer de deviner ce que se disent en riant les enfants qui jouent au pied de la Maison du Parc, le temps de penser à moi, à nous, à eux, à elles…
LE TEMPS…
Merci encore à tous, merci ma ville que j’aime de plus en plus, merci. »
Nathalie

« Tout d’abord merci à Rajesh mon accompagnateur pour sa bienveillance et les temps partagés.
Durant cette heure je n’ai pu m’empêcher d’observer l’impact (néfaste) de l’homme sur la nature. Sa griffe est omniprésente et totalement subjectivement moche, seule la Tour Eiffel tire son épingle du jeu.
Mais on peut aussi voir une nature résiliante, réussissant à trouver sa place même si cette dernière rétrécit de jour en jour.
Une pointe plus positive l’observation d’une coccinelle essayant de trouver son chemin sur la vitre, les pies se chamaillant pour un morceau de nourriture, les différentes couleurs et textures du ciel au fur et à mesure que le temps avance.
Et sur le pourquoi j’ai écrit à l’envers ? C’est conceptuel, à l’image de ma compréhension du rapport du Cycle des Veilleurs et la danse, un flou artistique… »
Laurine

« Une parenthèse à observer, apprécier, se révolter (1 fois !) …
Un ciel changeant, une éclaircie magnifique, un arc-en-ciel majestueux… Et le temps… vite, trop vite ! »
Emmanuelle

« L’aventure commence dès la traversée du Parc, entre “chien et loup”, le soleil n’est pas encore là mais il est en chemin.
Prendre le temps, prendre de la hauteur dans une cabane sur un toit… le temps a avancé à petit pas et je l’ai dégusté.
Le soleil est arrivé à son rythme… et je l’ai veillé.
Doux moment de poésie.
Merci. »
Nathalie

« Pour résumé, l’heure s’est déroulée en deux actes :
Le premier fut celui où je pensais ne pas pouvoir être vu par les gens du parc. Durant celui-ci, je me sentais à l’aise avec mes déplacements. À un moment, il a fait chaud et j’ai décidé de retirer mon tee-shirt.
J’ai pu m’expérimenter, déplacements plus agréables, plus amples, mains suantes.
Cela s’est brutalement arrêté lorsqu’un petit du parc m’a fait coucou. À ce moment-là, je me suis rhabillé et j’ai repris mes déplacements de manière plus pudique. (Bien que la nudité ne soit pas quelque chose que je souhaiterais considérer comme problématique, le regard que la plupart des gens lui auraient porté à suffit à me recouvrir).
En ce qui concerne l’activité. Classique parc. Des enfants qui crient, des chiens qui se chamaillent (un peu comme les enfants), des joggers.ses, des gens qui sont juste posés.
La ville semble plus courte et les trajets semblent moins fatigants. »
Timothée

« Olga n’est pas venue ce matin, je l’ai donc remplacé pour sa veille. Dommage bien évidemment pour elle mais peut être et surtout pour celle et celui qui aurait pu prendre sa place dans dans la liste d’attente. Je n’avais pas accompagné depuis le matin du 04/07/2022 et c’était avec Lucie, je me faisais une joie à nouveau d’échanger, de partager, tant pis, mais en veillant, j’ai pris de la hauteur. »
Bernard

« Je suis venue en renfort de Miguel, accompagnateur, qui se retrouvait sans veilleur.
J’ai apprécié après mes vacances de retrouver la pratique de cette performance.
Le ciel était beau même si nuageux. Beaucoup de nuances de rose, bleu, gris et jaune près du soleil.
La ville, (les villes) au loin étai(en)t nette(s), claire(s), aux contours précis et calme(s) en ce dimanche soir.
Plus proche de moi, les habitants étaient sportifs ou détendus, allongés sur l’herbe ou faisant un peu de gym détente ou encore de la marche.
Certains sont extrêmement bruyants !
Du calme… je ferme la porte et je fais fonctionner mon éventail.
Ouf ! Je me retrouve presque dans un calme relatif contemplatif.
Merci Miguel de m’avoir prévenue. »
Sylvie

« Arrivée très en retard malheureusement, j’ai quand même pu profiter de soixante minutes dans la boîte hors du temps. J’ai bien aimé la hauteur, j’ai pensé à la chanson “il est cinq heures, Paris se lève” de Jacques Dutronc.
J’ai été frappé par l’odeur du bois : j’ai trouvé que ça sentait le chocolat !
Pour moi, le temps est passé vite. J’ai vu : des oiseaux verts, des pies, des promeneurs, des chiens et des coureurs.
Bref, c’était chouette.
Merci petite boîte hors du temps. »
Émilie

« C’était tout simplement merveilleux.
Un grand moment. »
Fabrice

« Voyage vertigineux de l’infiniment petit à l’immensité happante. Voyage dans les airs, avec les oiseaux. Course à pied, du regard. Ce matin, le ciel était posé en une couche flottante sur les immeubles. Merci à vous pour cette belle idée, à Séverine et place à la lumière.
Magnifique journée qui commence ! »
Nathalie

« Le Cycle des Veilleurs c’est veiller sur la vie.
Le 23 août 2022 de 19h51 à 20h51, j’ai veillé sur la ville, sur les gens et un peu sur moi aussi.
Voir sans être vu et envoyer des énergies positives à toutes les personnes plus ou moins lointaines de notre champ de vision.
Merci pour cette belle expérience et ce magnifique coucher de soleil qui restera longtemps dans mes pensées et dans mon cœur. »
Léa

« Forêt minérale qui s’éclaire, passage de l’ombre à la lumière, soleil sur les vitres, rouge et jaune.
C’était magnifique, temps suspendu et pourtant présence réelle. »
Zahia

« Je me réjouissais de ce coucher de soleil. Née en Beauce pouilleuse (ou Perche-Gouët) avec ces grands horizons, après les repas du soir ma mère nous obligeait à monter au dessus du Pré Catelan pour voir le coucher de soleil. Ce que je n’aime pas à Paris c’est d’en être privée. Alors je retourne fréquemment en Beauce pour vivre ce rituel !
Là, concentrée dans ce coucher du soleil, j’ai pensé à toi Christel qui suivait Sophie Calle partout dans ses boîtes à expérience et qui a offert avant de partir ce livre Nuages pour mon fils. J’ai vu des formes, des ombres, des animaux, vous les morts que j’aime toujours, dans les nuages.
Puis quand le soleil à disparu j’ai discerné la ville, et j’ai compris que du haut de ces tours, certains voyaient chaque jour ce que j’ai vu. Cette éternité.
Merci. »
Marie

« Vous voir voler vers le levant, la lumière douce du petit matin comme un appel, une promesse. et puis, plus tard dans la chaleur et les arbres déjà dressés en faisceau vous voir revenir, peupler ce ciel bleu azur.
Toi la dentelle des arbres de l’orient, toi suspendue, légère panoramique, l’autre, la ville d’abord à peine perceptible dans tes contours, puis étincelante accrochée aux reflets de verre, de métal, et d’un coup endormie, reposés, le choc orangé a disparu, tu t’es recouchée, enfouie sous le délice de l’édredon… alors “Ché cha l’aube naissante, miraculeuse et puis plus, plus rien” ? Non c’étaient les prémices, tu t’es levé, es apparu, doré enfin diffusant tes rais sur la ville annonçant la bonne humeur luminescente de cette journée d’août ! Merci à la vie. »
Noémie

« Est-ce cela la mélancolie ? »
Cécile

« Ce matin, ravie d’avoir veillé, observé, écouté. Temps nuageux qui s’est déchiré le temps de quelques minutes à l’est, découvrant des nuages blancs faisant penser à des sommets enneigés.
Et surtout le silence du matin qui laisse petit à petit place à la chaleur, au brouhaha des voitures de plus en plus nombreuses. La ville se réveille et pourtant si on ne voit pas les gens qui passent, les chiens que l’on promène, les voitures qui roulent, tout semble rester immobile. Les immeubles, les constructions bétonnées semblent immuables. Depuis l’abri-objet, en particulier vers l’ouest, les arbres ou plus généralement la nature ressemblent à des remparts contre le béton. Cela nous rappelle qu’il faut absolument la protéger !!! Une petite rafale de vent et l’abri-objet est devenu un refuge…
Merci ! »
Sabine

« D’en haut, je ne pense qu’à toi.
En bas, l’un court, l’autre tombe. Elle danse.
Et tu pars. Sans un bruit, avec grâce.
Mais tu reviendras, j’ai bon espoir. »
Rihanata

« DECONNECTION »
Cédric

« À Dodo, Paris/Bagnolet le 27 août 2022.
Tu as vieillie Cité de la Noue.
Tu es décédée Cité de la Noue.
Ces dernières années tu étais seule et tu avais un peu peur.
Ton immeuble était toujours en travaux, l’ascenseur en panne. 6e étage. Je me souviens que la dernière fois que je suis venue te voir, ta fenêtre avait été remplacée par un bout de carton et que le mur de ta cuisine était à nu. On voyait presque les voisins. C’était la misère. Maman me disait, que ce n’était pas comme ça, quand vous aviez acheté il y a 20 ou 30 ans ; Que la Noue, c’était une promesse de petit havre de paix et puis…
Je n’ai jamais eu le courage de venir te voir seule ; j’avais l’impression que c’était le bout du monde. Jusqu’au jour où nous sommes venus vider ton appartement avec Damien. J’étais en retard. Comme à ton enterrement, comme aujourd’hui.
On avait traversé le parc et j’avais trouvé ça joli ; Je me souviens m’être dit que c’était dommage de ne pas être venue en métro, avant, pour te voir.
Je n’arrive pas à reconnaître d’ici quel était ton immeuble. J’ai cherché, mais je ne suis pas sûre de le reconnaître. Je vais aller voir.
J’ai passé quelques jours à contempler les couchers de soleil d’Islande et j’ai pensé à toi.
Je t’écrivais des mails et tu me disais que j’était une sacrée aventurière. Tu avais peu voyagé. Jamais sans ton mari ou presque. J’aurais aimé t’écrire. Aujourd’hui, je veille le soleil de Bagnolet mais aujourd’hui c’est toi que je veille, 1 an et demi après ta mort. Ça me touche. J’ai trouvé dans l’abri, une coccinelle morte. Je l’ai déposé dans un petit trou, en sécurité, cachée, avec tendresse. »
Eva

« Avant d’aller à la réunion, j’avais pensé que je lirai.
Avant de partir ce matin, j’ai hésité à prendre une pince à épiler pour tricher.
En me coffrant, j’ai bien failli m’asseoir. Chaque fois je me suis souvenue du but.
D’abord, j’ai vu les oiseaux. La chorégraphie des pies et des pigeons sous l’œil d’une corneille. Il y avait ce grand robot ; immeuble à flash.
Les coureurs avaient des façons de bouger très différentes. Moi aussi j’ai gesticulé sur mes appuis. Je me suis échauffée : la nuque, les poignets, les hanches, les genoux, les chevilles comme à l’école. J’avais toujours froid.
J’ai allumé le radiateur. Les fenêtres étaient toutes petites. J’ai fait le tour des balcons pour trouver un humain. J’en ai trouvé un à l’est. Rien à l’ouest mais soudain dans le reflet de la vitre le disque s’est montré.
Je me suis retournée pour m’y confronter. Il y avait un tunnel rose qui débouchait ou bien un cachet d’aspirine qui tremblait sur son autel.
Autour de la forme une lumière se baladait, épileptique. J’ai regardé le bois. Je me suis détachée de l’hypnose. J’ai baladé mes doigts sur les nœuds.
J’ai fait 5 pompes, puis 50 abdos. J’ai chanté la Bohème sans le refrain chiant. J’ai marché d’un bout à l’autre comme un fou stressé en criant un mot chaque fois que je me trouvais arrêtée par le verre. J’ai salué le soleil. Chien tête en bas et quelques autres acrobaties. Le monsieur qui ramasse les déchets n’est pas très consciencieux. Les propriétaires de chiens s’entendent plus ou moins et n’élèvent pas leur chiens de la même façon. Paris semble plus petit sous la lumière. Les arbres ont grossi. J’ai chanté “Do le do il a bon dos”. J’ai recommencé car j’entends que je chante faux. Je ne me suis pas amélioré. Le soleil est trop fort pour mes yeux maintenant. Je me suis dit que je l’aimais mon homme puis je me suis dit que je ne l’aimais plus.
J’avais déjà éteint le radiateur depuis bien longtemps. »
Marine

« Le soleil se couche à 20h41.
C’est le dernier dimanche d’été avant la rentrée.
La vie continue dans le parc.
Il y a ceux qui jouent au ballon, ceux qui se promènent, ceux qui courent.
La musique et les cris créent un paysage sonore.
Quelques lumières lointaines comme des lucioles.
Je me sens comme un oiseau, perchée.
Je penses au temps qui passe et à l’heure passée. »
Élise

« Un temps qui permet de se reconnecter à soi et aux autres, au monde qui nous entoure.
Veiller c’est prendre soin. »
Aurélie

« Il m’a fallu du temps pour déconnecter et savourer mais après j’étais émerveillé et j’ai beaucoup imaginé.
Émerveillée par les couleurs pastelles que m’offrait le ciel
Imaginer la destination de cet avion
Émerveillée par la souplesse de ces arbres et la danse qu’ils m’offraient.
Imaginer qui habitait ici en face, ce qu’il faisaient
Émerveillée par les voltiges des oiseaux.
Je me suis vue étonnée à regarder autant le sol que le ciel. Savourer les plaisirs de chaque être qui passait sous mon perchoir, courir, rire, se rouler par terre.
Moi qui capture fréquemment des couchers de soleil, d’où mon surnom de “Madame sunset”, j’ai apprécié celui-ci, avec ces couleurs douces et chaudes à la fois. Il m’a fait voyager car le ciel s’est transformé sous mes yeux il me faisait penser aux reflets sur la mer.
Merci pour ce moment doux, relaxant avec moi-même.
Et merci à Miguel pour son chaleureux accueil. »
Caroline

« Tout est une question de point de vue, et finalement, hors du temps et de l’espace, tout reprend place. »
Clémence

« J’ai aimé débrancher tout simplement.
J’ai veillé en comptant les couleurs disponibles dans Paris et je vote que le blanc est archi disponible.
On ne voit pas assez de couleurs de soleil en ville. J’ai veillé sur la vie au parc, mais tout se passait bien sans moi. »
Morgane

« Entre Claude le veilleur et Emmanuelle la dormeuse, la rencontre était à haut risque…
À 7h04, une minute avant le lever du soleil, ce n’est pas Emmanuelle qui est arrivée devant la cabane, mais un camion de police.
Deux flics ont réveillé le jeune migrant africain qui dormait sur le trottoir à coups de pieds dans sa tente et l’ont traqué jusqu’à ce qu’il dégage le plancher.
Le migrant a migré vers d’autres déserts humains.
Les policiers ont rétabli l’ordre des établies.
Emmanuelle a bercé ses songes extatiques.
Claude a veillé la miraculeuse lumière heure.
Je vous embrasse. »
Claude

« Fermez les yeux, j’ouvre l’œil et le bon.
Dormez bonnes gens, je veille sur vous. »
Catherine

« Face à la ville comme face au vide
Le bruissement extérieur s’estompe
Le silence intérieur s’étend
Les sentiments flottent avec le vent
Les mouvements réduits à une vibration
Seule reste l’âme en son écrin
Miroitant sous les rayons d’Hélios
Surpuissants.
Il manque le passage du temps
Elle le remplit tout en veillant »
Jonas

« Liste de courses du jeudi 1er septembre :
Sabine


« Jusqu’à quelle hauteur peut voler une mouche ?
Les habitants de la tour sentent-ils qu’elle est toute illuminée de rouge ?
Est-ce-que c’est un luxe ou un devoir de veiller sur la ville ce matin ?
Une heure plus tard des larmes salées des images de chiens, d’oiseaux et des détails minuscules
imprimés pour de bon dans ma rétine.
Des centaines de questions.
Et je me souviens de Rilke :
“Aime les questions plus que les réponses”.
Merci beaucoup à toutes les personnes tisseurs de ce grand projet merveilleux. »
Titiane

« Ce soir, j’ai veillé, éveillée.
Les chiens aboient, le jour s’efface.
Ils courent, furieux, les autres bruits plus discrets.
Les enfants sont rentrés dans les maisons, ont rangé ballons et vélos.
La ville s’anime de couleurs. Les photophores éclairent les fenêtres.
Le joggeur longe la pelouse des chiens, imperturbable, pris dans son rythme, à la recherche du souffle long, à recracher les tensions.
Des petits groupes sortent du sous bois.
Quelques jeunes lèvent la tête. Nos regards se sourient…
Je ne suis pas seule, maillon d’une humanité éveillée, relais d’un projet doux où nous pourrons en paix veiller les uns sur les autres…
Je fais ce rêve é(mer)veillée… »
Agnès

« Veilleuse solaire, tant de choix, de réflexions et d’indécis.
Temps de se réveiller, Temps de se consacrer, Temps de se retrouver.
Tant de temps.
Les nuages rosés, éphémères. Douceurs du ciel.
Tous ces levés et couchés, accompagnés comme une berceuse de nuit.
Ce petit moment de vie, merci. »
Chloé

« Dans la boîte ouverte aux deux bouts, ouverte pour le regard en tous cas, dans la boîte qui sent le bois et dirige nos/mes pas, mes regards.
Un isolement qui n’en est pas un.
Ce qui me frappe après un temps, un temps où je ne peux m’empêcher de chercher à identifier ce que je vois, côté Bagnolet et Paris, côté Montreuil et Vincennes et plus loin, ce qui me frappe c’est l’omniprésence humaine. Par le son. Je sens leur agitation, du bruit de fond constant, que je suppose être celui de la bretelle d’autoroute toute proche, aux éclats de voix proches.
Rien ne s’arrête, les cris d’enfants, les ordres que l’homme envoie à son chien, les jeux, les rebonds des ballons.
Je suis dedans, au cœur de cette frénésie des êtres, dans l’incroyable variété des choses qu’ils et elles font, en permanence. Je croyais que je prendrais de la hauteur, je prends de l’appartenance.
Je ferme les yeux pour me sentir être avec, dedans.
Je ne sais pas si c’est agréable. Pas totalement. J’aimerais le silence.
Je ne regarde plus sous mes pieds car les humains happent irrésistiblement mon attention lorsque je le fais.
Et un moment, quelque chose a lieu.
Je me suis allongée. Je regarde vers l’ouest. J’ai chaussé des lunettes de soleil et elles accélèrent la nuit.
Elles enferment toutes les bâtisses de premier plan et les silhouettes des autres, elles se fondent, ça dénoue le regard, l’attention, et soudain, le ciel prend le dessus.
Je le vois immense. Il faut croire au ciel pour voir le silence. Plein d’effilochures de nuages, élégantes et puissantes, il ne bouge pas.
Il est haut, profond, avec les zébrures des avions qui tournent au blanc vif, puisque là aussi, les humains mettent leur empreinte.
J’ai du mal à rassembler le bas et le haut.
Je reste avec ce ciel en remerciant le Cycle des Veilleurs et Veilleuses de m’avoir offert l’immense horizon du ciel qu’il est si rare d’avoir en vue, en ville. »
Christine

« J’ai l’habitude de prendre le temps d’observer dans la journée, généralement le soir.
Être spectateur n’est donc pas nouveau, mais jamais un sens était privilégié.
Ici pas de son, une vision restreinte, encadrée, pas de vent… seulement (principalement) la vie.
Un peu frustrée au début mais vite apaisée par l’odeur boisée et le lever de soleil.
Merci de mettre à disposition cette vue. »
Clara

« J’ai veillé d’un rêve éveillé
Et je me suis réveillé
Au bout d’une heure. »
Jean-Michel

« Un instant de contemplation et d’émerveillement au milieu du tumulte de la ville.
Profiter du calme, observer, rêver… et se réveiller. »
Thibault

« Super moment privilégié d’observation du passage d’un orage sur la ville. Le vent dans les arbres, les différentes tonalités du ciel, les lumières de la ville… C’est fou tout ce que l’on ne voit pas habituellement en une heure ! Le bois de l’abri rend le cocon chaud et protecteur. Expérience qui m’a donné envie de dormir. Le clou du spectacle : un coucher de soleil magnifique, après la pluie. Merci ! »
Léa

« Je ne suis pas très calme, patiente et je ne pratique pas la méditation.
J’ai réussi à sortir de la pensée, par l’observation, en essayant de prendre le rythme du paysage.
Le soleil est arrivé, fort éblouissant et il y avait comme un parallèle avec la vitesse des mouvements de mon corps. Je ne suis pas du matin.
J’ai pu observer les variations de la colorations du paysage, au gré des nuages et du soleil qui lui même est passé de jaune à blanc.
Très vif et éblouissant ce soleil, je le fuis, en mettant dans l’ombre, cherchant des angles pour le regarder sans blesser mes yeux engourdis.
Puis j’ai remarqué les reflets d’une vitre sur l’autre, de jolies lignes de perspective.
Beaucoup de joggeurs, de chiens, quelqu’un a tondu la pelouse en bas pendant toute la veille.
J’avais peur de trouver le temps long, puis Bénédicte a frappé à la porte.
Ça allait en fait. J’ai fait quelques étirements pendant toute ma veille, mais j’ai encore un point entre les omoplates.
Je bois un thé au citron puis ma journée va commencer. »
Chloé

« Étrange sensation que d’être enfermé dans une boîte en bois qui domine et qui laisse apparaître des deux plus petits côtés de son rectangle des immenses vitres. Je reste fortement attiré par l’extérieur.
Je l’observe. Je n’ai que ça à faire. Le plus envoûtant c’est le ciel.
Il est constamment en mouvement. Il nous offre un très joli spectacle. Je suis veilleur du soir. Je suis censé assister au couché du soleil. Ce 6 septembre, le ciel est plutôt nuageux. J’assiste en réalité à l’accouchement du soleil qui a un moment sort des nuages. Je le fixe. Je deviens presque aveugle.
Je ne peux m’empêcher de le regarder. C’est émouvant une naissance. Je ne suis pas si seul, un insecte de l’autre côté m’observe à son tour. Je le regarde aussi. Je vois mon reflet dans la fenêtre. Je regarde l’intérieur de cette cabane.
Je fais quelques pas entre les deux extrémités. Dans ce parc, il y a des gens, des animaux, des arbres. Leurs mouvements occupent mon temps. Les couleurs qui ne cessent de se métamorphoser sont comme des indices de ce temps qui passe. C’est fort, c’est bon. Merci la vie. »
Florent

« J’ai un sourire sur mes lèvres. La douceur du matin imprègne ma peau.
MIRACLE. C’est un MIRACLE. Cette expérience est un MIRACLE.
J’ai un sourire dans mon cœur. Mon âme se rappelle de la naissance.
Comme l’accouchement de toute cette beauté que c’est la nature. Nous sommes la nature.
Le ciel, le soleil, les oiseaux, les maisons, les gens, les chiens… Je ferme les yeux. j’ai un sourire sur mon ventre.
Je voudrais un petit déjeuner comme ça tous les jours. Assister à la naissance du jour me rappelle ma naissance.
Merci belle Nature. Merci Mère Terre. Merci Maman. J’ai un sourire pour toujours qui berce mes pas dans ce chemin de Vie. La vie est un Miracle. »
Germán

« Veiller n’est pas surveiller.
Veiller n’est pas regarder.
Mais alors…
Alors la lumière est sombre et je regrette de ne pas l’avoir gardé plus pour que la ville s’illumine plus vite.
Je regrette de ne pas avoir pu suivre la course des oiseaux dans le ciel. Cette boîte, ce couloir à deux ouvertures m’empêche de voir où ils vont.
Et ces arbres avec toutes leurs feuilles qui sont-ils ?
Ils veillent… »
Philippe

« Le bruit de la ville, le silence de la ville.
Être enfermée dehors. Être protégée dehors.
Un homme court. Un chien court. Un oiseau vole.
Une femme téléphone. Un chien court. Deux chiens jouent.
Un chien court. Un homme court.
Une femme attend qu’un chien se lève et libère un frisbee.
Je ris.
Un oiseau marche. »
Emmanuelle

« Ce soir j’ai eu la joie d’assister à un magnifique coucher de soleil sur Paris et la Tour Eiffel.
Une légère brise soufflait dans les arbres en contrebas de mon perchoir.
J’avais l’impression d’être un oiseau qui veille sur son territoire.
Les rayons du soleil joutaient avec les images en faisant apparaître de beaux rayons de lumière.
Un moment magique où le temps était suspendu tout comme moi.
Merci pour cette belle expérience. »
Marie

« Dans cette bulle, on redécouvre des choses que la ville, avec ses immeubles, nous fait oublier. Déjà que le jour se lève avant le soleil. Du coup, le soleil on l’attend, surtout quand l’horizon est bouché par de gros nuages. Et il arrive, pas du tout là où on s’y attendait. On le scrutait sur la gauche, (comme on hésite en bas du parc, on croit savoir et puis, en fait rien du tout !), et il arrive juste derrière moi, comme une lampe de poche puis un projecteur qui illumine soudainement le paysage, les arbres, donne du relief à la ville en contrebas, magnifique sur un fond toujours aussi noir. On est scotché par cette beauté soudaine. Il faut en profiter car cela ne dure pas. Et ça aussi on le redécouvre. Le ciel change tout le temps, ce ciel que l’on ne fait qu’apercevoir en ville. Les nuages se font la course, le noir du fond se transforme en gris, puis des traces de bleu apparaissent. Le soleil se cache, tout redevient un peu plat. La journée commence.
Merci pour le spectacle. »
Catherine

« Voyeur un peu, veilleur beaucoup et surtout émerveillé.
Émerveillé par ces vies, ces morts et ces histoires (drôles ou pas) qui se dessinent devant moi.
Et moi qui les observe à l’infini depuis ma prison en altitude.
Cette prison qui me retient une poussière de seconde et pourtant qui nous fait sentir libre, vraiment libre. Libre de respirer, libre de penser, libre de m’évader.
Oubliés téléphones, montres connectées et autres sollicitations. Je suis libre.
Et je vous observe. Vous qui ne me connaissez pas et moi qui vous imagine. Enviez-moi d’être aussi libre pendant que ces précieuses secondes s’évaporent comme du sable de vie.
Et soudain la nature se rappelle à moi, le vent et la pluie déferlent. La dame de fer joue à cache cache. Mais le soleil n’a pas dit son dernier mot. Entre les nuages, il m’offre ses plus beaux atours.
La dame de fer refait son apparition. Un arc en ciel salue ma liberté. Liberté chérie dans ma prison d’altitude. Liberté disparue. Comme le soleil désormais. »
Julien

« Comme une montagne dans le bleu, qui bouge, se floute, une percée. Résonance. Vie. Sol. Air. Ciel….
Tout est pareil et différent, reflétant. La cire le sol le gris la chape
Il est là, bien bien
Il s’est levé oui déjà, oui il était déjà là.
Merci. »
Anne

« La veilleuse n’est pas venue et je l’ai donc remplacé.
Beaucoup de gris sur le Parc des Guilands et en même temps un concert était prévu au moment de cette veille. L’avalanche de gris a donné de la vigueur à cette annonce quelque peu arrêtée.
Puis le soleil s’est montré pour jouer à cache cache avec les immeubles et les tours. »
Bernard

« Dimanche matin, la ville dort, seule présence invisible, la rumeur lointaine et sans modulation du périphérique.
La lueur rouge du soleil apparaît à l’est et grandit si vite qu’on ne peut plus la suivre du regard sans s’éblouir.
Prendre cette veille comme une mission, grave et douce.
Veiller sur la ville comme sur le sommeil d’un enfant.
La ville, le monde ont besoin de nos présences attentives et bienveillantes.
Veillons, où que nous soyons ! »
Isabelle

« Déchausser le temps. »
Stéphane

« Dans ce corridor de temps suspendu, j’ai laissé infuser.
Regard penché vers l’ouest, les ombres s’y étirent.
J’attendais qu’un nuage accoste pour m’emmener au loin. Ciel bleu.
Trois perruches vertes ont dessiné un trait, rejoignant la forêt.
Au sol, plus bas chacun vaquait. Le jour qui s’installe. À jogger, courir, où… quelques chiens, un frisbee.
Et là haut seul, c’était bien et tranquille.
À formuler, je dirais, bien pour les matheux :
(nuage absent) + brume à l’est = (silence)² + …
Merci. »
Jérôme


« Je ne sais pas si c’est moi qui veille sur ou si on veille sur moi…
La chaleur qui m’enrobe des pensées, un coton, des enfants qui pleurent, des bruits étouffés, un but, des cris de joie, du djembé, des jeunes qui roulent un joint, trois joggers, un maître et ses deux chiens. Les arbres qui bougent avec le vent, c’est beau, une parenthèse, prendre le temps, je suis confiante, dire au revoir sereinement à Paris et aussi merci. »
Sara

« Lourde tâche que de veiller sur la ville, sur les villes. Cette quiétude, pourtant, qui nous enveloppe rend la tâche si aisée. Si douce. Le calme règne, tout autour. Quelques lumières nombreuses en fait ! Clignotent tout autour. Elles ne m’annoncent rien, n’indiquent rien, si ce n’est que ce calme n’est que d’apparence. Les secondes s’écoulent et je peux sentir qu’imperceptiblement, la ville sort de sa veille. Les mouvements, l’activité sont croissants. Un nuage s’estompe et voilà, à l’ouest la lune paraît. Au cœur de ce gris matin. Les secondes s’écoulent et je peux sentir qu’imperceptiblement j’entre dans ma veille. Je les sens s’écouler. Je les savoure. Elles donnent du relief, de la saveur au spectacle qui s’offre à ma vue. La ville est belle vue de haut. Chacun de ces bâtiments l’est, vu de haut. La réalité est toute autre. Mais ce matin, je voltige. Rêve. Pense, poèmes. C’est un instant suspendu, somptueux que le soleil me fait l’honneur d’illuminer alors qu’une heure touche à sa fin. Si cette journée était la dernière, je ne l’aurais pas démarré autrement. »
Alexandre

Voici les dates des ateliers préparatoires proposés en amont des veilles, animés par la chorégraphe Joanne Leighton ou par les danseuses et danseurs Flore Khoury, Camille Cauwet, Cécile Theil-Mourad, Gerry Quevreux.
Ces ateliers se déroulent de 18 h 30 à 19 h 30 à la Maison du parc départemental Jean Moulin - Les Guilands.
Les prochaines dates sont :
Les veilleurs et veilleuses du mois d’août seront contacter par Lisa Johnsen pour organiser une formation à distance.
En amont de la performance, chaque Veilleur est invité à assister à un atelier préparatoire. Ces ateliers de pratique artistique regroupent tous les 15 jours, environ 30 futurs participants aux veilles.
Lors de cet atelier, un·e artiste formé par Joanne Leighton présente le concept de la performance et vous montre des exercices pour vous mettre en situation de veille. Ces exercices sont conçus pour vous préparer à rester concentré pendant une heure en un seul endroit – l’objet-abri - et à percevoir consciemment votre propre corps, vos pensées et vos sentiments ainsi que votre environnement. Les questions d’organisation seront également clarifiées dans cet atelier, auquel vous devez assister pour participer à la veille.

« Un véritable moment suspendu, dans le temps et dans l’espace, avec le sentiment étrange de faire partie de la ville, tout en étant en dehors de son agitation. Comme un oiseau qui observe du haut de son perchoir.
Au début, l’on est agité, mais qu’est ce que l’on va bien pouvoir faire pendant une heure ? Puis très vite, on s’apaise, et le temps s’étire. Cela fait un bien fou d’appuyer sur pause, mais aussi de voir l’horizon. On voit très peu ou presque jamais l’horizon à Paris et cela manque terriblement. Que c’est bon de prendre de la hauteur 😁
Merci pour cette expérience ! »
Sarah

« Ville sans chaire
Rumeur ininterrompue. Le bruit des voitures, le bruit des machines, le bruit des voitures.
Forêt de béton sans personne aux fenêtres.
L’espace s’agrandit avec la lumière.
Si peu d’oiseaux ; quelques humains, finalement, dans l’enclave verte du parc.
Ciel glorieux. »
Jessica

« L’odeur du bois chaud, et une belle lumière m’accueille dans la cabane.
À quelques mètres de moi, j’observe les nombreux promeneurs avec leurs chiens, les poussettes et quelques coureurs…
Puis mon regard s’éloigne et s’attarde sur les nuages qui filtrent encore le soleil.
Petit à petit, des lumières d’immeubles s’allument, la lumière naturelle s’éteint.
Surprise, mon accompagnatrice vient déjà me chercher !
Un moment hors du temps.
Merci.
Merci à mon accompagnatrice Sabine ! »
Violaine

« Un moment unique, hors du temps.
Profiter du paysage entre nature et ville tout en se centrant sur soi est une fabuleuse expérience.
Les repères de temps ne sont plus là, l’impression d’être restée 20 minutes dans ce cadre si spécial.
Merci pour la beauté et la générosité de cette expérience.
Cela donne envie d’encore plus partager et me rapproche encore plus de cette ville que j’aime tant.
Et merci à Suzy mon accompagnatrice pour ce beau moment de partage. ❤ »
Camille

« Merci pour cette expérience où nous prenons véritablement le temps.
Une heure dans le rush, ça passe vite, mais là, elle est très douce.
C’est marrant de voir la vie, bouger, s’éteindre et s’allumer d’autre part autour de nous.
Marrant aussi de prendre le temps d’observer les gens jouer avec leurs chiens, se balader, parler et courir.
C’était drôle qu’ils n’aient même pas conscience de ma présence au-dessus d’eux alors que moi, j’avais conscience de tous leurs faits et gestes pendant cette heure.
J’avais pensé plus réfléchir mais au final, moins de réflexion et plus d’appréciation complète de tout ce qui m’entourait.
J’ai aimé le cadre et le reflet de la fine lumière qui était dans ma bulle pendant une heure.
C’était tout juste ce dont j’avais besoin.
Merci à vous toutes et tous. »
Mélanie

« Depuis que le monde est monde, il y a des levers et des couchers de soleil… Il était là ce matin, entre autres pour moi, un peu caché par la vitesse des nuages, rayé par le vol des perruches et souligné par celui des avions.
Il sera là, ce soir pour le prochain ou prochaine veilleu·rse et jusqu’au bout de ce beau projet… et encore après ! »
Isabelle

« J’entends le mouvement et la vue ne semble pas longue. C’est plein de vies.
Des arbres dansants, comme une chevelure.
Deux bergers allemands qui vont et viennent, bien orchestrés ils entrent dans le champ, un mouvement à un mètre d’interval, tournent sur eux même et repartent.
La vue semble statique mais elle est pleine de micro mouvements.
Une lumière clignote, m’absorbe et me fait rentrer dans cette image.
Le ciel comme la mer inversée, infinie. Rien n’a l’air de changer mais tout se développe, la permanence du vivant.
J’ai oublié mes pieds et mes yeux sont rentrés dans le passage. Je me balance en suivant les feuilles qui vont au vent. Le ciel est peint, la ville est parcourue par un rayon de lumière, certains sont dans l’ombre et d’autres pas. Le ciel devient rose, tachée de bleu clair, la ville devient sombre.
Merci pour cette expérience. »
Vanessa

« Être immobile
Être là
Être dans l’instant présent
Être dans la contemplation
Être, dans une société où il faut “faire”
Une parenthèse magique, en ville, au calme, dans l’instant.
Superbe levé du soleil.
Très belle expérience, merci pour ce projet ! »
Camille

« Ce soir, l’accueillant n’ayant pas vu le veilleur
L’accueilleur est devenu veillant et a cueilli sa ville avec bienveillance.
Ce soir il n’y a pas eu de rayon vert mais à l’heure bleue toutes et tous dansaient. »
Arnaud

« Que d’émotions de voir cette grosse boule orange apparaître et se lever sur une ville endormie.
Elle devient blanche et brille de plus en plus dans un ciel bleu azur traversé par de grands traits blancs des avions qui invitent aux voyages. Plus le soleil se lève et plus il est difficile de le fixer alors je ferme les yeux et je suis emportée dans d’agréables pensées qui me réchauffent le cœur.
La ville est de plus en plus éclairée et les rayons l’inondent, et de voir la belle “dame de fer” enveloppée par cette lumière naturelle est un moment privilégié.
Je pense aussi aux veilleurs qui ont partagé cette expérience dans ce bel espace qui sent bon le bois.
C’est un agréable moment et se sentir proche de la nature et de voir cet astre se lever dans toute sa splendeur me fait dire “c’est beau la vie”.
Bravo pour ce beau projet aux initiateurs et merci de m’avoir fait vivre ce moment.
MERCI AMÉLIE pour ton accompagnement et ta bonté qui me touche beaucoup. »
Christiane

« J’ai beaucoup aimé cette expérience, j’ai vraiment eu l’impression de veiller sur Montreuil et ses habitants, j’ai beaucoup apprécié observer les usagers du parc et leurs chiens !
Merci à mon accompagnateur Miguel qui a su m’accueillir et me mettre en confiance. »
Claire

« Ce qui me frappe c’est l’immobilité de ce qui est dans mon champ de vision : les immeubles. Je passe presque toute la veille à guetter un mouvement, un rideau qui s’agite à une des fenêtres, un visage, une silhouette qui se montre au balcon. Quelqu’un qui me donne à penser que ma veille lui est nécessaire. En fait, je cherche un miroir ou un double qui fasse le même acte que moi : contempler.
Mais en ce lundi matin de septembre, il est clair que les gens ont d’autres choses à faire. En contrebas, assis sur les marches, un homme médite en regardant l’horizon.
Il se met à faire des mouvements avec ses bras, zut il est au téléphone, je suis déçue.
Au final, je me suis sentie un peu anthropologue à observer une ville que j’ai quittée, voilà comment on vit chez les humains : empilés, dans un trafic incessant, grues et usines qui toujours s’agitent, des chiens pour ne pas être seules, des tours de pistes. Bon ça a l’air pessimiste dit comme ça, c’est peut être qu’il m’a manqué une interaction pour donner un sens à cette veille. Mais il y a eu celle avec mon accompagnateur… »
Gala

« L’infini habite dans une toute petite boîte qui ne peut être ouverte que pour la gentillesse. »
Débora

« Veiller ma ville, la voir se réveiller, surtout l’entendre fort, incessant, sirènes, moteurs, klaxons, le réveil imaginé dans chaque chambre, pour commencer cette journée sous mon regard. Que la journée soit belle.
Merci. »
Séverine

« Le temps s’arrête, mais le moment passe vite…
Une heure dans un abri, totalement déconnecté du monde extérieur, du moins le monde d’en bas.
On vit avec les nuages, les oiseaux, les lumières.
C’est une odeur de bois qui nous accompagne pendant cette veille.
À chacun de se recréer des moments comme ça au quotidien pour le bien-être de tou·tes. »
Anita

« Un vide rempli, de soi, du bois, des autres, du soleil,
Un horizon ébloui par une boule de feu montante,
63 secondes pour avoir un soleil complet à la vue,
Des montagnes d’oranges zébrant le ciel et du violet sur la gauche,
La terre tourne et j’aperçois les scintillements du contour,
L’aveuglement est là, bientôt, le soleil sur ma peau,
La présence de l’autre, confin d’un moment partager,
Le plaisir de sentir le froid, le chaud et encore le froid…
Du mouvement, des mouvements nés de ma lenteur, celle de l’observation,
De la protection, de la veille,
Est-ce donc cela, cette sensation de concentration mais pas trop, d’éveil, mais pas trop que vivent ceux qui veillent ?
Merci. »
Alex

« Après quelques discussions un peu alarmantes avec des jeunes personnes ces derniers temps (20 à 35 ans), qui notamment ne veulent pas faire naître d’enfants dans ce monde, j’ai longtemps regardé la ville en me demandant :
Combien de temps va-t-elle encore rester là ?
J’espère très longtemps, encore plus verte, et toujours sous un magnifique couché de soleil. »
Nicolas

« J’étais comme un oiseau triste, spectateur de ce monde qui ne me convient pas. J’ai besoin de prendre mon envol et changer d’air, quitter la laideur et le tourment pour aller vers ce qui est doux pour moi. »
Sophie

« Mes impressions à (couleurs) chaud(es) de l’ouest :
Traces, traînées de couleurs vives, devant pastels, derrière la tour Eiffel, tente vraiment de percer le ballon du soleil
Celui-là lui passe au dessus mais finit narquoisement par se percer
La trace se crée, liquide orangé dilué dans le ciel triste, évaporation comme toi
Une boule ronde est apparue au loin
Elle s’est prise pour le soleil, pas besoin pourtant, elle était plus magique encore, et puis un regard vers l’est, elle s’est évaporée comme toi
À l’ouest en contrebas c’est le terrain de jeu des amoureux canins. Couleurs plus tranchées, franches, incisives des traces de jaune fluo qui tourbillonent, des tâches dalmatiennes sur le terrain vert…
Mes impressions à (couleurs) froid(es) de l’est :
Vision plus fugace mais profonde, un bleu lourd et éternel comme toi
Pendant de l’ouest, l’est plus lointain est le terrain de jeu des petites figurines moins canines mais tout aussi mouvementées.
Mes impressions de la boîte.
La boîte, le trait d’union entre les deux, comme moi
La boîte où j’emboite, la boîte où je boîte, où je vois le soleil se coucher, comme toi
Boîte où je fais les cent pas, boîte des pas perdus, rien n’est perdu, rien ne perdure, comme toi »
Maria

« J’ai adoré participé à l’expérience. La structure fait qu’on se sent effectivement à l’abri et avec cette vue magnifique.
C’est un moment magique. J’ai beaucoup aimé aussi le fait d’être isolée, seule, sans téléphone, suspendue sur les hauteurs et dans le temps. Si la structure était insonorisée on aurait atteint la perfection car avec les ambulances qui passent souvent ça a tendance à gâcher cette espèce de suspension dans le temps.
Mais très belle expérience merci beaucoup !!! »
Sophia

« Aujourd’hui je fêtais mes 23 ans.
Un ami a eu l’idée originale de me proposer cette expérience, idée originale car je ne tiens pas beaucoup en place…
J’ai pris un cours de yoga avec une dame, ris devant les jeux canins. Je n’ai pas vu le temps passé, attendu avec impatience que la dame de fer s’allume… »
Lily




« D’un coup, un changement. Les arbres dans l’ombre, les bâtiments s’illuminent, le ciel change, les nuages s’assombrissent :
Imperceptible, invisible, presque inattendu, le soleil disparut.
Quand la lumière naturelle s’endort, la lumière artificielle s’éveille. »
Romane

« Dans le quartier de “Bruit et de Fureur”, film tourné à Bagnolet dans les années 80, où des jeunes livrés à eux-mêmes expriment leur rage de manière très crue et poétique à la fois, le Cycle des Veilleurs se tient. J’accompagne le réveil de la ville, et d’un bout du monde.
Le ciel est très sombre, deux veilleuses électroniques rouges perçent depuis une fenêtre en haut d’une tour au loin. J’imagine qu’un jour où l’autre, si tout s’effondre, les grands pylônes du stade se seront effondrés…
Depuis la grande vitre de la cabane, on observe le monde avec un aspect “papier glacé”, protégé par la parois glossy du verre. C’est comme suivre l’actualité depuis son téléphone portable, à travers sa vitre protectrice.
Le confort initial de contemplateur privilégié et en hauteur laisse place à l’interrogation : où veut-on se placer ?
Le soleil perce et dégage les nuages gris dans de grands mouvements de balayage. Quelques personnes en contrebas dressent de bon matin des tables dans le parc en prévision d’une fête ou d’un pique-nique. L’une d’entre elles me regarde, il me semble, perché là-haut.
J’ai envie de redescendre retrouver le monde et interagir avec lui.
Merci pour ce moment “en hauteur” qui réactive la joie de pouvoir être ici bas ! »
François

« Coucher de soleil à l’aube de l’automne…
Tu vois Pauline, je veille sur ma ville, et pas que…😁 »
Sarah

« Lever du jour très intense avec une bande de lumière sous les nuages.
Le soleil a rapidement disparu et mon attention s’est reportée sur la vie du parc.
Au final, j’ai passé plus de temps à guetter là où le soleil se couche car c’était le côté de l’objet où je me sentais le mieux. J’aimais le fait d’être au bord du vide et d’avoir une vue dégagée sur Paris.
Ma première impression dans l’objet était que je me sentais un peu à l’étroit, mais finalement le temps est passé vite et je me sentais bien à l’intérieur de l’objet. »
Florian

« J’avais tout organisé pour que ce moment soit le plus possible concentré sur l’instant présent, jusqu’à ne pas choisir le jour de ma veille, afin d’être soit déchargée de trop d’émotions, soit de symboles personnels. Je m’étais bien imaginée à observer les chiens, les passants·es, les coureurs, les chiens encore… Jusqu’à ce que le ciel s’illumine, que le bandeau de l’objet abri s’allume. Et là, dans le reflet et dans l’étendue de Paris ou de Montreuil, j’ai senti ces regards posés sur l’alignement des vis, les courbes des corps suivant les veines de bois, les amours, les fantômes, les pensées des 718 veilleurs·ses avant moi. Je serai heureuse de les rencontrer samedi. »
Anne

« Prendre de la hauteur, au sens propre comme au figuré. C’est ce que j’ai expérimenté ce matin. Nichée dans cette boîte mi-verre mi-bois, je suis au début mi-figure, mi-raisin.
Je me sens immobile et mon mental bouillonne. Au fur et à mesure du temps qui passe, je suis plus dans l’instant qui s’offre à moi. Je savoure simplement le paysage urbain, cette ligne verte, mélange de gazon et d’arbres. Celle-ci contraste avec la hauteur des bâtiments puis il y a la Tour Eiffel au loin, qui se démarque. Au fur et à mesure que le soleil se lève, j’observe attentivement les nuances de bleu qui l’accompagnent. C’est un tableau mouvant et c’est agréable de ressentir les variations et l’harmonie qui s’en dégage. Au fur et à mesure, des personnes viennent courir ou promener leurs chiens, c’est doux et plein de vie. Les oiseaux se posent et s’envolent, tandis que je perds la notion du temps. Je lâche prise. »
Leïla

« Ciel de pluie, couleur de plan B
À hauteur d’oiseau
Saisie par l’étendue de la cité
J’ai flippé
J’ai veillé, rêvant la chute de l’astre dans l’océan, là-bas derrière très loin. »
Florence

« D’abord, l’odeur du bois. Lumière-reflet. Mon reflet.
La ville, les arbres. L’envol des oiseaux. Le chant des oiseaux ? Le broum des voitures. Un chien. Un homme. Un chien. Une femme. De la musique. Très présente. J’essaie de l’accepter, de l’intégrer. Je ferme les yeux. Souvenirs. Images. Sensations.
Aller-retour de l’intérieur vers l’extérieur vers l’intérieur, et les deux en même temps. Être là. Veiller. Se sentir “veilleuse”. Sentir la présence des autres, ça fait presque un an. Accueilli par Maria Gloria. C’est joli, un peu de gloire dès le matin, de la sérénité. Faire partie d’un ensemble du grouillement de la vie. Même un peu de la famille des oiseaux. »
Claire-Monique

« Je suis restée une heure dans une boîte, par choix. »
Olivia

« Distinguer le chaos de la ville et le vacarme des pensées.
Ou bien les arroser.
Je bouillonne, je contemple, je transforme. »
Pierre

« Animaux. Oiseaux perchés qui veillent sur la veilleuse. Chiens excités qui courent au pied de l’abri, insouciants.
Joggeurs, promeneurs, veilleurs.
Un hélicoptère.
Un vol de corbeaux.
Des tonalités. Humide. Et puis dégagé. Brumeaux, lumineux et finalement bouché. Et puis, au moment de partir, la Tour Eiffel ceintrée de rouge. Merci ! »
Clémence

« Un moment intime avec soi-même. Beaucoup de réflexions sur soi, le monde ainsi que différents projets. Cette veille fut pour moi un réel éveil. Une manière de se couper du monde qui nous permet de mieux le comprendre. Regarder les gens qui marchent, imaginer ce qu’ils font, ce qu’ils pensent. Accepter le temps, profiter d’en avoir… penser au passé et réfléchir au futur. Merci pour cette belle et enrichissante expérience. »
Balthazar

La rencontre des 180 veilleuses et veilleurs qui se sont succédé·es de juillet à octobre 2022 se déroulera le vendredi 30 septembre à 20h à la Maison populaire de Montreuil, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleurs.
Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Lisa Johnsen.

« -* La Tour Eiffel qui s’éloigne quand le jour tombe...
Alexie



Comme une invitation aux agapes du crépuscule, Le Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton se clôture sur un banquet final ; composé de danses, de chants et de bonne chère pour célébrer la participation des 730 veilleur·ses au lever et au coucher du soleil. Veilleur·ses, accompagnateur·trices, bénévoles, partenaires du projet participatif se sont engagés pendant une année dans cette aventure hors-norme.
Cet événement est réservé aux veilleurs et veilleuses. Veuillez vous inscrire auprès de Lisa Johnsen.

« This experience, watching the sun as it slowly drops from the blue sky, was like no other. Time passes slowly until I stop considering time at all. The brightness is intense so in intervals I break and shut my eyes. It is red and the patterns of circles appear each time. I think about this shape and warmth. It connects me to time. I can remember fondly, my childhood and this sensation of staring at the sun. My mind wanders and I consider many things. As the final moments pass and it disappears, I imagine my friends in Tokyo as it will rise. »
Catherine


« Un moment incroyable de solitude et de communion avec la nature et mon accompagnateur.
Un moment de vie…
Merci à tous les organisateurs et acteurs de cette aventure ! »
Francesca

Un immense merci aux veilleuses et veilleurs pour votre participation au Cycle des Veilleurs de Joanne Leighton, Année #1.
Retrouvez votre témoignage écrit ainsi que votre photo ici : Témoignages
Le livre de l’année #1 du Cycle des Veilleurs est publié. Plus d’infos ici.
Bientôt ici plus d’informations sur l’année #2 et #3 du Cycle des Veilleurs !

L’année #2 du Cycle des Veilleurs est coordonnée par l’Atelier de Paris / CDCN avec le Paris Réseau Danse (Atelier de Paris / CDCN, L’étoile du nord-scène conventionnée d’intérêt national art et création pour la danse, micadanses-Paris et Le Regard du Cygne / AMD XXe) et aura lieu du 8 septembre 2023 au 8 septembre 2024. Les inscriptions sont ouvertes, réservez votre veille !
Restez informer via les réseaux sociaux !
Facebook : Atelier de Paris / CDCN
Instagram : @atelierdepariscdcn

L’objet-abri a été installé le dimanche 3 septembre 2023 sur le toit d’un immeuble du 12ème arrondissement de Paris offrant une vue sur les territoires des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
Ce moment a permis à l’équipe de l’Atelier de Paris /CDCN de rencontrer les habitant·es et échanger avec vous autour du projet.
Vidéo réalisée par Étienne Aussel.

Après une première édition en Seine-Saint-Denis, Le Cycle des Veilleurs s’installe dans le quartier Erard-Charenton au cœur du 12e arrondissement.
Soirée de lancement le 8 septembre 2023 :
18h15 : rendez-vous à la Maison du parc départemental Jean Moulin - Les Guilands, Bagnolet, pour une marche jusqu’au nouveau site de veille
19h15 : rendez-vous devant le 159 rue de Charenton, Paris 12e, pour l’inauguration rythmée de moments dansés
19h45 : rendez-vous au 100ECS, 100 rue de Charenton, Paris 12e, pour partager un temps convivial
Réservation obligatoire : https://www.atelierdeparis.org/a-l-affiche/cdv-ouverture/

Une douche dans le ciel de Paris.
L’odeur du bois, la passage des oiseaux, le bruit des sirènes.
La vie miniature à mes pieds et un musée à ciel ouvert.
Le spectacle des nuages et des traînées d’avion.
Merci à toute cette vie, non je n’allais pas sauter.

Rendez-vous avec le soleil
Pour le petit-déjeuner
Je l’ai reconnu
Il avait mis sa robe jaune orangé
Turn on the light
Let’s play !

Des trains qui arrivent gare de Lyon, d’autres qui partent.
Des voitures, des vélos qui circulent.
Des avions dans le ciel
Et le soleil qui descend doucement
Des passants, quelques uns lèvent les yeux vers moi, la plupart ne me calculent même pas. Un homme devant l’épicerie indique ma présence à des passants.
Un pigeon, une abeille
L’odeur du bois
Une carte postale dans le reflet lumineux
Un instant suspendu dans le temps
Un instant suspendu au dessus du vide
Oubliées nos vies trépidantes
Un moment hors du temps, enrichissant, brûlant
On devrait constamment avoir un objet-abri pour suspendre nos vies un instant
Merci à toutes celles et ceux qui ont permis à ce projet d’exister.
Petit clin d’oeil à l’instant T, performance artistique à laquelle j’ai participé et qui me fait penser à celle-là.

UNE VUE SUR DES NIDS
UNE VILLE COMME UN NID
DES OISEAUX DE NUIT ET DE JOUR
UN OISEAU ORANGE SUR LE CIEL
DES OISEAUX DORMEURS
DES OISEAUX TRAVAILLEURS
DES OISEAUX AVEC LEUR CAFE AU PETIT DEJ
DES OISEAUX SPORTIFS
DES OISEAUX CURIEUX
LUMIERE, VOYAGE, MOUVEMENT, VIBRATION
DES OISEAUX DU VOYAGE
DES OISEAUX SOLITAIRES
UN OISEAU SUR LE REFLET
UN REFLET D’OISEAUX
DES OISEAUX VEILLEURS

Un sentiment qui évolue au fil de la veille...
Les premiers regards vont vers la vitre, dans ce mouvement qui nous emmène proche du vide. La sensation s’intensifie jusqu’à être juste devant la vitre.
Au premier plan, la vie suit son cours.
On croise des regards, voire quelques saluts.
On prend conscience du moment exceptionnel.
Personne n’aurait accentué autant d’attention sur moi si j’étais dans la rue.
J’ai eu envie de jouer avec ces regards, proposer de légères variations de ma posture pour ne pas les ennuyer !
Et puis le second plan et le ciel, les couleurs qui s’intensifient, la lumière descend.
Le silence, juste quelques bruits nous rappellent le monde des Hommes. Nous sommes sur la première marche avant le monde des dieux.

Drôle de date pour se percher en haut d’une tour !
C’est un moment suspendu. Il y a l’éblouissement d’abord du lever de soleil qui se reflète sur la paroi de l’abri, les nuances des couleurs et des ombres. On en oublie les immeubles. Ils sont venus à moi petit à petit.
Au loin, la gare de Lyon. J’aime les gares, les trains, les voyages, j’ai le ventre serré du bonheur des départs...
En septembre, on est un peu scolaire : je me demande d’où viennent les trains qui passent et où ils vont ensuite. Alors on calcule le trajet, ils seront loin de Paris quand la veille sera finie.
Dans la rue par contre, c’est vide, juste un ou deux vélos à cette heure, de temps en temps une camionnette. Aux fenêtres, personne : où sont les habitants ? Juste mon reflet sur la paroi et ma silhouette emplie des fenêtres et des balcons vides. Je fais partie d’une grande ville qui s’éveille et du vol des oiseaux que j’entends au loin.
C’est rassurant et paisible de VEILLER
On espère que tout continuera à aller bien...

Les vélos roulent, les triporteurs roulent, les trottinettes électriques roulent ; n’oublions pas les scooters.
Les piétons marchent seuls ou à deux, à trois, en ligne ou de manière décousue.
Les mouettes, les pigeons, les corneilles volent, et aussi l’avion au loin.
Etonnamment, très peu de voitures, quelques ambulances, quelques bus.
En bref, une ville qui bouge tranquillement, paisiblement avec une harmonie des lignes et des formes.
L’aiguille de l’horloge a bougé aussi. Sinon la ville, les bâtiments, les allées d’arbres sont bien restés immobiles, et la coulée verte n’a pas bronché !
Une heure de contemplation qui m’a fait penser au droit à la déconnexion, mais après coup j’ai pensé plutôt à un devoir de connexion avec soi-même et son environnement.
Que de pensées traversées durant ce voyage intérieur vers l’extérieur ! Bonne route au Cycle des Veilleurs.

Merci objet-abri de m’avoir gardée, enveloppée, dans le ciel de Paris.
J’ai veillé debout sur le réveil de la foule, de ses systèmes de circulation, là où les trains trop bruyants ne dérangent pas l’arrosage des plantes au balcon.
Ce matin, à Paris, tout va bien.

Les bruits ambiants et incessants contrastent avec le calme de la rue. Peu de voitures, des cyclistes et des piétons, personne ne semble pressé. Tout est blanc, bleu ou gris ; à part cette trouée de vert, les couleurs sont absentes. Seules quelques personnes ont une touche de couleur. Les volets oranges de l’immeuble à droite rehaussent le ton général et font écho au soleil qui se couche, dans une douce chaleur orangée. Les nuages sont partout, et j’ai beau les observer, ils ne cessent de se transformer, de jouer à cache-cache avec moi et avec le soleil.
Penser que cette vue sera partagée par des centaines de gens m’émeut : chaque jour sera différent et chacun aura son ressenti. On est pourtant à la même place, avec la même vue. Cette richesse, la richesse de la différence…
Vivement qu’elle soit partagée. Et quelle chance nous avons !
Merci de m’avoir offert ce superbe moment.

65m de haut, soleil levant, 13 septembre 2023, lignes horizontales, petites fenêtres qui s’enchaînent, on dirait que les carrés de fenêtres se donnent la main, au loin, verticalité des buildings, les tracés horizontaux et verticaux se croisent, tracés, multitudes d’ouvertures, je pense à une pièce de Philippe Découflé… Tiens, une personne est à sa fenêtre, juste en face de moi, on dirait bien qu’elle me regarde… Qui regarde qui ? Elle a les deux mains posées sur le rebord, elle semble me regarder toujours, mais moi aussi… Moi, je suis derrière une grande vitre, au bord du vide, j’imagine que ça doit intriguer… Alors on se regarde, le soleil se lève peu à peu alors je ne vois pas vraiment son visage, juste une silhouette ;
Dans les artères des rues, j’imagines les personnages de Folon. Dans le Jura, il y a une expo de lui, c’est à Arc-et-Senan, je vois les bras, les jambes, en géant le monticule de Montmartre peut-être les fessiers, le personnage serait dos au ciel le nez dans la ruelle, à droite une enfilade de verrières , j’imagine très bien toute une omoplate en verrière ?? la colonne vértébrale, on pourrait voir dedans… D’ailleurs, une lampe vient de s’allumer, ça semble être dans le salon, ça me parait chaleureux, ça donne envie… Sur la terrasse du linge sèche, ça me rappelle l’Italie, Florence, Sienne. Sienne, Laurène, une fille, on s’est sentie enveloppées par les ruelles de Sienne, mangue, framboise, la femme du xylophone ça sentait bon, je ne sais pas, la terre chaude, ça sentait bon ce petit jardin du bas de cette jolie ville douce où nous avons mangé des figues fraiches, tout paraissait simple et heureux, tout était simple et heureux, ici… là-bas… Corps sismographe
Merci…
NB : Le personnage à la fenêtre d’en face est toujours là, il veille…

Un jour s’achève
Le temps qui s’en va
Une page se termine
Vite, va la vivre, elle est encore là.
Et toutes les autres, après.
La vie est en bas !

Fascination pour ce fil de lumière qui divise l’abri en deux - Il ressemble à une veilleuse, à l’entrée d’un autre monde. J’ai joué à passer d’un côté à l’autre de ce miroir virtuel. Pourquoi le cycle des veilleurs et pas le cycle des veilleuses ? La veilleuse est un objet, le veilleur est un homme. Il aurait fallu recouvrir la tour de l’horloge de la gare de Lyon d’un capuchon, afin de vraiment oublier l’écoulement mécanique du temps.
Fascination aussi pour le soleil qui s’élève lentement, tout rond, comme gonflé à l’hélium, traversant les nuages et la brume.
Vie vieille, vieille ville à mes pieds, étrange sentiment de surplomb, densification très progressive des personnes qui circulent sur les lignes- vues qui irriguent le paysage
Veilleur/voyeur

Si l’idée que j’ai pu me faire d’un moine contemplant la ville ou d’une sentinelle a pu passer, en entrant dans l’abri, elle disparaît très vite.
D’abord, les monuments de Paris, de la grande bibliothèque à Montmartre, semblent nous entourer. Ils m’ont renvoyé à mes premières émotions de la découverte de Paris, provincial que je suis.
Puis, on distingue les autres constructions, moins familières, et me voilà frappé par le gigantisme de Paris.
Enfin, c’est les mouvements plus proches qui attirent le regard. Les nombreux passants et la multitude de la rue de Charenton. Ou le va et vient des trains sur les voies de la gare de Lyon. Et on est saisi par l’énergie de cette ville. Énergie d’autant plus belle que le silence de l’abri donne l’impression qu’elle est produite comme sans effort, comme mécanique, bien huilée. Les mouvements semblent fluides vu d’en haut.
Alors, surgit le changement de couleur du ciel, vers l’orange qui annonce le coucher du soleil. La ville devient soudain petite et fragile.
La veille prend tout son sens.

Hallucinant ! J’ai fait le tour d’horizon... plusieurs fois presque 360° et j’ai trouvé le fil, parmi les fils. Les réseaux... les rues repérage par déduction de mes transports, rues, voies, bus, métro. Et je cherche le génie de la Bastille. Je ne l’ai pas trouvé mais quel bonheur de me retrouver là, le jour de l’anniversaire de ma fillette. Un grand tour d’horizon de souvenirs ... le 15 septembre 1988 il n’y avait pas tous ces bâtiments, ces tours, ces monstres de verre, de béton. Je me réjouis de voir au loin le rocher du zoo de Vincennes. J’habite pas loin, de l’autre côté du bois. Et puis je réalise que c’est là que se lève le soleil. Ses rayons frangent le bord des nuages. Et finalement je retourne à l’ouest voir les façades s’éclairer petit a petit. Je ne peux m’empêcher de comparer avec ma veille à Capdenac, avec l’horizon vert de l’Aveyron, ici le bruit est plus compact, aucune cloche ne vient me sonner l’heure mais les sirènes samu, police sont bien perçantes. Il y aurait tant de choses à dire, à rire, à écrire. Merci Joanne, merci de cette expérience qui me ramène à Paris et m’ancre à l’Aveyron. Merci à Juliette.

Tout est si calme, doux et stable.
Que faites vous quand je veille sur vous ?
Tout est si calme, doux et je vibre

Du rose, du bleu, du blanc
et soudain dans un éclat Paris s’allume
L’odeur du bois et le reflet de la lumière
Je cherche les ombres, les oiseaux
Tout est très précis chaque fenêtre
chaque cheminée chaque toit, tout est là

Quel contraste entre l’agitation de la rue, au niveau du sol, et le silence quand on se retrouve dans ce cocon a 50m du sol. Un peu comme dans une montgolfière immobile avec les personnes en contrebas ne se doutant que très rarement qu’un veilleur est la.
Et puis a cette hauteur, j’ai découvert le ballet d’une multitude de fourmis ailées, me demandant bien ce quelles pouvaient trouver si haut... alors que quelques oiseaux les ont assez vite repérées pour en faire un festin ; elles auraient mieux fait de rester plus discrètes !

Le dimanche d’un nouveau vieux Paris
L’accompagnement d’une abeille,
l’avancée du soleil,
qui transforme de l’argent en or,
ça prend son temps,
d’un quart à un cercle entier.
Plus que de lignes, c’était les couleurs
du monde de petits corps
et des conditions qui ne seront jamais droites.
Encadrée par la lumière,
je remercie ce temps

Suspendu au dessus de la ville, pour moi le temps est arrêté.
Suspendu hors du temps qui s’écoule plus bas, pour moi l’espace est confiné.
Je regarde au delà de ces parois qui semblent m’enfermer, et je vois cette liberté qui s’offre à moi.
Je suis là et je respire, je respire et ça suffit. Pas d’ailleurs où aller, pas de mieux à trouver, je suis là où je dois être. Je suis là et ça suffit.

Une fenêtre météo m’a permis de rejoindre le Cycle des Veilleurs…
Veilleur du matin, au moment où la ville se réveille…
Quelle vue, quelle joie et contemplation de passer 1h là haut…
J’ai pu y voir le changement des lueurs matinales, les petits hommes en bas, les premiers coureurs…
Etre seul face à cette immensité devant soi nous permet de se rendre compte qu’on est un peu tout petit par rapport aux choses qui nous entourent…
Merci et bon vent aux veilleurs

moment flottant, vertige de la hauteur, chaleur et douceur de l’abri qui m’accueille et chante dans le vent
quelques pas d’une vitre à l’autre pour changer d’univers, à l’est les barres d’immeubles aux fenêtres aveugles qui s’éclairent peu à peu, à l’ouest le Paris historique ses monuments, son agitation le va et vient des trains de la gare de Lyon, la circulation … et l’abri comme une bulle. visite surprise de 2 mouettes…
prendre de la hauteur, juste être là, si loin, si proche, à regarder la ville dans la vibration du vent.
gratitude pour ce moment, pour l’incroyable palette de couleurs que m’a offert ce coucher de soleil, miracle journalier chaque fois singulier, gratitude pour cette occasion de lever le nez du quotidien qui obstrue l’horizon, pour ce temps suspendu de contemplation où j’ai senti vibrer au dessus de la ville un peu de l’âme du monde.

Quand tout est petit est calme, tout va bien. même les oiseaux m’ont ignoré
Veilleurs oublié,

Voilà, c’est fait !
J’ai veillé sur cette ville en pleine effervescence
J’ai regardé le bal des piétons, cyclistes, automobilistes qui se croisent, de toute part, à toute allure.
Où vont-ils ? M’ont-ils vu ? Qui sont-ils ?
Je n’en sais rien, mais j’ai veillé sur eux.

Exposée et invisible, je vois sans être vue
Je vois les arbres dans la ville,
Une ville ogresse !

La première vision du fond de la cabane est celle d’une ville dure, en gris et blanc, du béton. D’un côté, une vieille antenne râteau, de l’autre les antennes du réseau mobile. Cela ne m’a pas donné envie de veiller sur la ville. De l’autre côté de la vitre à pic, presque la même première sensation, les barres d’immeubles mais au loin des monuments reconnaissables, qui paraissent si loin. Je ne me suis pas reconnue dans ma ville, telle que je la ressens et que je la connais, Paris. J’ai marché du fond de la cabane vers la vitre en à pic plusieurs fois ...et si l’on pouvait la traverser, l’aurais je fait ? La cabane sent bon le bois, elle m’a semblé trop étroite. Le soleil était là devant puis une barre d’épais nuages gris s’est déployée au dessus de l’horizon et l’a caché, une barre comme d’immenses immeubles. J’ai vu un croissant de lune dans le ciel bleu et j’ai réalisé à ce moment là que j’avais oublié mes pensées et soucis et rien ressassé pendant une heure !

Les toits de zinc scintillent sous le jour naissant,
Les rues serpentent, PARIS reprend son chant,
En observant ce tableau, je me sens vivant,
Dans cette ville magique, au jardin triomphant.

Mosaïques de toits, de cheminées, de fenêtres et lucarnes,
Mosaïques de rues, de voitures,
Des gris, des blancs, des noirs,
Quelques touches de couleurs, volets oranges, structures métalliques bleues, quelques arbres verts.
Des sons de la ville abasourdis
Absence de la Seine, absorbée par la ville
Une veille paisible sur la ville...

Je sais que certains ont médité, moi j’ai scruté.
Scruté les monuments qui disparaissent sous le manteau de pluie, les toits en zinc luisants, les premiers travailleurs de la journée, les parapluies divers et variés qui se baladent, la ligne verte de la promenade verte, le va et vient des trains entrants et sortants de Gare de Lyon.
Et malgré l’heure visible de la grand horloge de la gare, l’heure a semblé durer une minute.

22 septembre, ainsi s’achève l’été. Ce soir il a fait beau puis une averse. La pluie ne tombe pas, elle volète comme un flocon, vers le haut contre la fenêtre. Puis re beau, un arc en ciel. Si on space out, focus défocus, il disparait puis réapparait.
A l’abri dans l’abri, au chaud dans la lumière, nulle hâte nulle attente nulle obligation. En bas le crissement des trains, les sirènes permanentes des pompiers et police. Là hat je vois sans être vu, à peine 2 gamins m’ont repéré, tout au plus.
Quand il vente fort, un filet d’air frais très léger passe par la fente de la porte, mini souffle d’air frais.
Les kiffs minuscules, un petit moment d’éternité. Puis les cloches 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7. Je repense à l’heure. Il y a une pendule au loin mais elle ne marche pas, et une pharmacie aussi mais trop petit. Puis l’évidence de la tour de l’horloge de Gare de Lyon. On n’échappe pas au temps qui est partout mais on peut détourner le regard. A plus tard.



C’est l’automne...
Waouh... première impression qui me vient à l’esprit...
Frissons... je découvre d’en haut tout ce que je connais d’en bas...
La Tour Eiffel si belle, le ballon de Paris immobile, les tours mercuriales qui ont mont âge...
Merci en tous cas pour cette belle idée, cette possibilité de "danser" là haut,
Et pour 1 heure, décrocher de nos portables pollueurs...

Merci pour ce joli moment. Un temps d’observation et de veille sur la ville, déconnecté de tout, sans autre distraction que la vue et le lever du soleil.
La vie, quoi !

A peine la porte refermée, mon ventre s’est mis à gargouiller.
Je me suis demandé si les gens, en dessous de mes pieds, allaient ou avaient mangé
S’ils avaient goûté ?
Qu’y avait-il dans les frigos de tous les appartements en face de moi ?
Puis j’ai eu chaud, j’ai enlevé mon manteau mais il n’y avait pas de porte-manteau. Celui-ci a fini par terre.
Les gens passaient. Certains me regardaient. Me souriaient, me saluaient.
Je voulais les rassurer, leur dire que je veillais.
Je me suis posé mille et une questions : vais je réussir à tenir une heure ?
Combien de gens avant moi ont fait l’expérience de l’objet-abri ? Combien encore après moi ?
Je n’en étais qu’au début de l’expérience et je me demandais déjà ce que j’en retiendrai.
De toute évidence, je n’étais pas rassurée.
Puis, petit à petit mon esprit s’est apaisé.
La lumière a changé, la ville était magnifique.
60 minutes ont passé... j’ai survécu !

A corps perché dans cet abri de bois doux.
Vague d’émotions face à la toile bleue du ciel qui s’éveille.
Puissance du feu, boule jaune en pleine course, chaleur réconfortante, irisée.
Au loin un petit groupe d’ouvriers - gilet fluo - engage une danse collective, un échauffement du corps qui semblerait écrit pour l’occasion. Ils me fascinent.
Plus tard, la vie s’éveille, la ville se veille et tout prend corps.
Espace urbain, dur, anguleux - troué par quelques percées de nature.
Combien sommes-nous, si proches, sans nous connaître, à partager une vie qui file entre les doigts ?
Temps suspendu, littéralement. Le souffle lent et plein. Beauté du présent.
Merci et bonne veille à venir...

Je redécouvre Paris, je comble les vides, je relie les lieux.
Belle exploration, détaillée, minutieuse, puis en volant au dessus, léger.
Le ciel, les nuages - quelle oeuvre d’art.
Les couleurs du soleil - quelle magie.
Et une profonde méditation bienveillante pour tout le Paris que je vois et que je devine.
Bravo, un projet unique, j’ai veillé.



Un moment hors de tout, à veiller sur tout comme un ange. J’ai laissé venir les sensations des moments (un moment) difficiles, la sueur qui coule, le poids des bras.
Dans le champ de vision des choses minuscules, bouts de plastique flottant dans l’air, et des choses très grandes qui paraissent petites. Je me suis habituée à la hauteur et petit à petit rapprochée de la vitre de plus en plus, sans forcer sans s’en rendre compte.

1 heure pour éprouver pas mal de choses.
Veiller, regarder, se situer, reconnaître tel arbre, telle place. Aujourd’hui il fait beau, alors je vois le soleil se lever et réchauffer, éclairer la ville, créer des ombres. Rouge, chaud puis le jour est là.
– Peu d’oiseaux je trouve
La ville est grande, on est nombreux !
– Surplomber et veiller sur ce bout de monde est bien étonnant. On est petit quand même !
– J’ai bien envie de redescendre pour suivre le cours de ma journée.
– Pendant un an quand je passerai le matin ou le soir à l’aplomb de l’objet-abri, je lèverai la tête !
Merci.



J’ai toujours aimé le terme "Veilleur" et l’idée de veiller qui implique une présence à la fois forte, silencieuse et généreuse, le fait de prendre soin.
A travers cette expérience, j’ai cherché à me relier à cet environnement familier, en éprouvant en même temps ma solitude.
A établir un pont avec la vie de milliers de gens que je ne connaîtrai jamais ici, à Paris, mais aussi là-bas où des gens souffrent.
A m’extraire de ces habitats construits pour rejoindre toutes celles et ceux qui n’ont pas de toit.
A entrer de façon imaginaire dans un monde auquel je n’aurai jamais accès.
A sortir de moi-même et de mes espaces limités.
En vue d’une veille à renouveler sans cesse



Tout bouge tout le temps, et ce mouvement perpétuel est rassurant, rien n’est figé, tout est possible dans l’ombre comme dans la lumière, tout se transforme à l’infini...

Aujourd’hui je viens de faire une expérience presque inoubliable : réflexions sur le monde, sur la ville et surtout sur moi-même. Espérons que les réflexions personnelles de tous les Veilleurs puissent se réaliser.

Se lever le matin très tôt, ça donne l’impression de vivre 2 journées en 1. Quand après 2h d’éveil je marche à côté des gens qui viennent de sortir de leur lit, j’ai l’impression de mener une vie secrète, et je pense à cette chanson qui dit "ils ne savent pas pour la nuit dernière" comme si je connaissais le secret du Monde auquel seul les gens qui se lèvent avec le soleil ont accès.
C’est comme participer au secret de la Nuit et accéder au relai mystérieux de la Lune qui laisse place au Soleil.
J’ai pose mes yeux naïfs de quelqu’un qui ne respire pas Paris tous les jours de l’année sur cette ville. Plus je regardais, plus je découvrais de choses et plus la lumière venait doucement réveiller un à une les habitant·es en toquant à leur fenêtre. J’aime ce moment qui nous lie à tant de personnes, si semblable pour chaque de par son côté presque protocolaire mais si différent en même temps. C’est beau et ça me plaît, de partager un souvenir commun coloré différemment avec des gens que je croiserai peut être dans la rue sans me douter de rien.

Pour moi, une performance c’est quelque chose qui m’est donné à voir. Pendant la première partie de ma veille, j’avais l’impression que la performance c’était le mouvement de la vie en bas, et que la spectatrice c’était moi. Ensuite j’ai un peu changé ma perception quand j’ai remarqué quelqu’un qui levait la tête vers moi. Toujours en marchant. Et au moins 10 fois de suite. Là j’ai eu envie de rire, je me suis mise à sa place et en effet qui serait le zinzin qui a envie de rester planter là haut sans bouger ? Moi et 365 autres x 2 apparemment. Sinon les flics sont aussi venus me voir. Mais promis je vais bien. Et c’est très beau tout là haut. Une heure ça passe vite, je le referai bien. Mais d’abord, j’ai hâte de retourner dans la vie en bas, tout ce mouvement ça m’a donné envie d’en faire partie, pas de rester là haut à attendre.
Merci pour l’expérience.

Pas tant d’oiseaux que ça ! Mais des monuments aux quatre coins du champs. Au début des clignotements qui deviennent avec le soleil des reflets de lumière. Un coureur au t-shirt rose passe par la coulée verte. Deux groupes de quatre personnes. 3 cyclistes de la police municipale. Calme du dimanche matin. Le même coureur passe devant le Barracuda. Des circuits, des cercles. Des cycles.

Veille inattendue mais succès garanti !
Être perchée a 65 mètres de hauteur dans une cabane en bois, au dessus de Paris, pour admirer un coucher de soleil, c’est peu commun !
Joli panoramique pour lutter contre le blues du dimanche soir.
Médicalement approuvé,
Merci.



Survoler la ville en saisissant des moments micro pour zoomer sur les vies des gens, superposées les unes sur les autres et en même temps uniques et entièrement gigantesques... pas méditative puisque tellement de détails qui attirent l’oeil, silencieux mais visiblement bruyant avec une telle densité, une pause privilégiée qui permet en même temps d’être présente en soi et juste une parmi les milliers d’autres qui pulsent en bas ! Merci beaucoup !

Les bornes de Vélib’ qui ornent les rues se vident
Le vent pousse la ville grise vers des lumières qui vibrent
Les oiseaux volent autour de moi
Et au loin le sang du sacré coeur guerroie
Merci papa, j’espère qu’un jour tu seras fier de moi

En amont de sa veille, chaque participant·e s’engage à assister à un atelier préparatoire d’une heure.
Lors de cet atelier, un·e artiste formé·e par Joanne Leighton vous présentera le concept de la performance et vous montrera des exercices pour vous mettre en situation de veille. Ces exercices sont conçus pour vous préparer à rester concentré·e pendant une heure en un seul endroit – l’objet-abri – et à percevoir consciemment votre propre corps, vos pensées et vos sentiments ainsi que votre environnement. Les questions d’organisation seront également clarifiées dans cet atelier.
Cet atelier est obligatoire avant de faire sa veille. Dans la mesure possible, inscrivez-vous à l’atelier préparatoire le plus proche de votre date de veille.
Les ateliers préparatoires se déroulent dans les 4 lieux du Paris Réseau Danse :
Dates et lieux des prochains ateliers préparatoires jusqu’en mars 2024 :
Pour s’inscrire à un atelier préparatoire cliquez ici.

Une pause temporelle dans une ville qui va souvent trop vite...

Un voyage au dessus de la ville
une ville qui s’éveille en douceur
ou chacun cherche ou trouve sa place
une nouvelle journée qui commence...

Perché à 65m,
Quel plaisir de contempler la vie parisienne rythmée par le coucher du soleil.
Quel plaisir de stopper, le temps d’un instant, sa propre vie parisienne
Quel plaisir de veiller, tel un ange gardien, sur les monuments parisiens
Quel plaisir de participer à cette performance
Expérience à renouveler sans faute lors d’une prochaine veille
Merci

Mon premier accompagnement se transforme en première veille.
J’apprécie cet espace de liberté et de moment par moi. Pédaler jusqu’ici a été joyeux dans la fin de nuit parisienne. La lune était belle au dessus de l’objet abri quand je suis montée. J’ai regardé le soleil lentement monter et s’extirper des nuages. J’ai pensé que l’astre était le seul à savoir se coucher en même temps qu’il se lève et ce de manière ininterrompue. Chaque instant, il se lève autant qu’il se couche...
J’ai vu quelqu’un boire son café dans la pénombre de son salon, un autre s’asseoir sur sa terrasse et il m’a semblé qu’il écrivait, j’ai vu une personne s’occuper d’un bébé qui m’avait fait un signe de main. Et une personne avec un magnifique t-shirt jaune filmer longtemps à sa fenêtre. J’ai eu le temps d’accompagner ces personnes pour un instant de leur journée.
Et puis je suis restée quelques minutes de plus pour enfreindre les règles : j’ai chanté pour la connexion des êtres.... Amour sur la ville

J’ai beaucoup aimé veiller sur Paris
Un mélange d’anonymat, de passant·es intrigué·es,
d’oiseaux de ville, de détails impressionnants, de bruits lointains et de petites cheminées.
C’est une belle approche pour adopter une
nouvelle vision de la ville
Une bulle temporelle où on fait partie
de Paris comme on ne l’a jamais expérimenté.

Sensations très agréables :
Voir le soleil se lever,
Le paysage changer, les oiseaux s’envoler et la ville s’éveiller.
Petit à petit, on aperçoit les trains sur le départ, les cyclistes et les voitures rouler, la ville s’animer.

Merci à celles et ceux qui ont contribué à l’existence de ce beau projet. Je garderai en souvenir cette heure de veille sur Paris depuis la rue de Charenton.



La tiédeur de l’habitacle. L’odeur du bois chauffé au soleil toute la journée. Une nappe d’azur qui rejoint un flot d’immeubles multiples et minuscules. La douceur de l’été indien. Les scintillations du soleil qui décline. Une montgolfière. Les réverbérations des rayons lumineux sur les toits de zinc et de tuiles. Le fourmillement des piétons qui vaquent à leurs occupations.
La Défense, au loin, qui érige ses tours-totems. Montmartre sur sa dune. La Tour Eiffel et son antenne, Pompidou, Notre-Dame, l’Opéra Bastille, l’Hôpital des Quinze-Vingt. L’Hôpital Saint-Antoine, la Gare de Lyon et son horloge. Les trains qui circulent. Quelques arbres, quelques grues. La promenade verte qui étend sa végétation vers le coeur de la ville. Une étendue infinie de toits, à perte de vue, qui s’étirent vers l’horizon limpide.
Les regards curieux et interrogateurs de quelques passants, leurs signes et appels auxquels je ne peux répondre. Une corneille qui passe en planant. Une pie. Les irisations du soleil couchant. Les couleurs qui changent - les ombres qui s’allongent. Une autre pie.
Quelques avions qui inscrivent leurs zébrures brillantes dans un ciel dégagé.
L’astre flamboyant qui plonge derrière les immeubles.
Les cloches sonnent.
L’osmose avec la ville et sa vie, les lumières du couchant.
Perspective plongeante

Ce matin
Je vais bien
Je veille le soleil
Il est l’heure
D’éclairer la ville de sa lueur
Les toits brillent
Il scintille
Je respire
Il m’inspire
Ce matin
Je vais bien
Je veille le soleil

Le métro, la foule, la peur d’être en retard. Puis, on sort de terre, on prend de la hauteur, on s’extrait de son angoisse. A l’abri. Prendre conscience de l’immensité offerte à son regard, de l’odeur du bois, de la rumeur qui s’élève de la ville, de soi. Se sentir invisible, à la fois pleinement dans la ville et extérieur à celle-ci. Puis, par le regard d’un passant, comprendre que l’on s’offre au regard de tous et que l’on sera objet de curiosité. Cette curiosité ne dure qu’une vingtaine de secondes puis il faut continuer son chemin ou alors ne même pas s’arrêter et avancer le nez en l’air au risque de rentrer en collision avec un poteau. Le regard détaille la ville de la plus petite chose à l’immensité ; du moucheron à l’être humain, aux immeubles, aux quartiers entiers, à la ville entière qui recouvre tout à son passage. Puis, le ciel. Tout d’abord aveuglant puis se faisant de plus en plus doux, le soleil rythme le passage du temps. Comme l’unique grain de sable d’un sablier gigantesque, il tombe jusqu’à se poser sur l’horizon. Il semble s’y stabiliser pendant quelques instants. Puis il commence à grignoter la Terre. Il y fait son trou et disparaît.

Le jour s’est levé sur le 09 octobre 2023.
Et je l’ai vu.
Un moment suspendu entre l’infini petit et l’infini grand,
entre la vie des gens et la grande marche du monde.
Très peu d’animaux et très peu de nature, juste
nous les humains, très occupés ...

Une vue saisissante sur un quartier familier,
de quoi le découvrir sous un autre angle, littéralement.
Et une chaleur quasi étouffante, forcément inquiétante.
Mais la vie continue, (trop ?) imperturbable.
Et je l’observe.
Trains, avions, bus, voitures, cyclistes, piétons, coureurs.
Quelques nuées d’oiseaux, moments suspendus.
Les couleurs se transforment
Le soleil se cache
Et l’aparté se termine.

Vivante, vibrations, vue(s).
Émerveillement, émotions, éclat.
Immobilité, intensité, île.
Lenteur, liesse, limpidité.
Longueur, lutte, liberté.
Enracinement, élan, énergie.
Unique.
Sensations, sentiment, silence.
Évasion, envol, envoûtement.

La rencontre des 180 Veilleuses et Veilleurs qui se sont succédé·es du 8 septembre au 8 décembre 2023 se déroulera le samedi 9 décembre à 17h à l’Atelier de Paris / CDCN, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleur·euses.
Cet événement est réservé aux Veilleurs et Veilleuses. Pour toute question vous pouvez contacter Léonie Baudry, coordinatrice du Cycle des Veilleurs.

L’homme est une drôle de fourmi... D’où viennent les trains ? Où vont-ils ? J’ai pas le vertige. J’ai plus le vertige de la vie, pourtant je flotte un peu dans mon corps. Je me sens grande au dessus de ce vaste Tout. Pourtant moi aussi je suis une drôle de fourmi... J’aimerais voir plus de verdure, moins de béton. Mille pensées me traversent. La vie ce qu’on appelle la vie est magique, c’est incroyable la beauté des éléments : ce vaste ciel d’un bleu (presque) pur, ce soleil radieux, les oiseaux. Merci à ceux qui sont passés tout proche de moi. Vous étiez magnifiques.
En fait, je suis petite sur cette planète qui tourne autour du soleil. Je réfléchis à sa rotation. Je me dis que le jour se lève ailleurs quand il se couche ici. Si ça c’est pas un chef d’oeuvre... La vie est vraiment belle, moi je vous le dis. Et elle est précieuse.
Le soleil décline, le panel de couleurs est sublime. J’ai une immense gratitude d’être ici. En silence, je dis ’Merci’ à ceux et celles qui ont permis que je sois là. Je donne et je reçois et quand je reçois, je donne. J’ai beaucoup reçu durant ce moment passé en un instant. Je conclue qu’on est tous interdépendants.
Merci à vous, à eux, elles, merci à mon corps et puis merci la vie.

Je voulais regarder le soleil, observer, accompagner sa montée,
l’encourager... mais très vite les rôles s’inversent.
C’est lui qui surplombe et enveloppe,
qui couvre la ville de sa chaleur.
Le soleil n’a besoin de personne.
J’ai vu quelques humains en bas, personne n’a levé la tête.
Dommage.
Je crois que la seule personne qui m’a vue est un pigeon
Et peut être le soleil.

Belle et contemplative expérience que de veiller sur la nuit tombant sur Paris.

Je pénètre dans l’objet-abri à l’heure où les enfants partent a l’école et leurs parents au travail. A l’est une barrière nuageuse qui ne présage rien de bon empêche le soleil de faire son apparition derrière le rocher du Bois de Vincennes. A l’ouest la vue est à couper le souffle. Je ne suis qu’au 8ème étage et j’ai pourtant l’impression d’être au sommet du Mont Blanc. Le paysage urbain qui s’offre à moi est saisissant, presque vertigineux. La pluie qui fait son apparition ne gâche pas mon plaisir et fait disparaitre la Tour Eiffel comme par magie. Magique est aussi le moment que j’ai passé en tête à tête avec moi-même à veiller sur la ville dans laquelle j’ouvre les yeux chaque matin.

Le vertige -
La vibration sous mes pieds, la chaleur, le feu. Ca grouille sous mes pieds.
Des oscillations tel un pendule -
Le soleil se couche, des reflets apparaissent, comme de petits passages vers un ailleurs
Des reflets laissant apparaître ce qui jusque là était invisible -``
Mon reflet fait désormais partie du paysage, de ce que je veille.
Un papillon, ça vole haut !!
On a veillé sur moi. Et j’ai veillé sur eux.
Les contours deviennent de plus en plus flous.
J’ai passé un pacte avec le soleil et la nuit.




Ce matin, le soleil s’est crevé comme un ballon rempli d’eau étincelante
sur la pointe du Sacré-Coeur. L’eau a dévale les marches,
a englouti les rues, a couvert la butte Montmartre de sa robe
dorée. Même à l’aube la ville est une soirée. Alors dansons.

![]()

Paris dort, sans un bruit le soleil
se lève sur cette ville encore endormie.
Un train quitte la gare de Lyon, un
klaxon, c’est le signal d’un nouveau
départ. Le nouveau départ que nous
allons prendre tous les 3. Bientôt
tu découvriras cette ville sublime, tranquille ce matin,
et pourtant tellement animée.
J’ai hâte de te la faire découvrir que ce soit sans
un bruit comme ce matin, ou dans la vie comme le soir.
A mon fils.

Se laisser mouvoir par la vue, les passants, le ciel.
A la lumière du chaos de ces derniers jours, prendre de la
hauteur, vouloir arrêter le temps.
Être émue par la vie qui défile devant soi, voir ce qui
reste et ce qui passe.
Être là, quoi qu’il arrive, auprès des autres. Veilleurs invisibles et immuables.

Disque qui émerveille toujours. Ca bouge.
Surprise du nouveau qu’on ne voit pas arriver. Trouée dans les nuages vers un autre espace.
Ils vont vers, ils partent de...
Peu d’immobiles. C’est moi l’immobile.
Je ne suis ni le ciel ni la une. Je suis suspendue.
A l’abri du faire.
L’histoire du motard qui se prépare. Il prend le temps ; mon repère.
Pouf, il n’est plus là.
Surprendre les lumières qui s’éteignent.
Tu es où toi ?
De là bas, est ce que tu me vois ?
Ca continue.

Une parenthèse hors du temps, mais on a quand même l’heure sur la gare de Lyon, les trains qui partent et arrivent...
Les piétons en perpétuel mouvement, les rectangles des pavés, fenêtres, terrasses, tours, vue imprenable sur tous les monuments de Paris... quel ciel et horizon !
Une prière à l’Univers pour l’Humanité, quelle chance avons nous d’être en paix... et paix intérieure de l’âme grâce à cette expérience
Suggestions pour les prochaines performances : avoir un appareil photo pour immortaliser chaque instant et venir accompagné d’un inconnu ou son amoureux !
Merci pour cet éveil !

J’ai la main engourdie d’avoir trop regardé. Voyage immobile face à la gare de Lyon.
"Dis Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ?"
Le soleil aura mis une heure à inonder la ville.
Du haut de ce perchoir urbain, Paris se réveille doucement et dans un tout qui semble organisé, cadencé, millimétré. Le regard est immanquablement attiré vers le bas, le mouvement, alors que l’esprit lui se dilue dans l’horizon. On se sent oiseau, on se sent gargouille, seul.e et pourtant faisant partie d’un tout.

Quelle chance d’avoir une heure à soi et quelle inspiration face à la beauté de Paris.
Je repars forte et posée de cette veille du soleil au milieu de l’automne.
Je vais continuer à être veilleuse à l’avenir.
Merci.

Après cette heure, il me semble évident qu’on devrait tous s’autoriser / s’obliger des moments comme ça, à observer les changements de lumière sur les choses, un lent moment avec soi, sans téléphone

Paris sous la pluie...
Difficile de veiller sur la ville et ses habitants sans questionner son rapport à elle.
Qu’il est bon de pouvoir prendre de la hauteur dans cette marée d’habitations pâles...
Le manque de nature, de verdure est saisissant !
Heureusement il existe des bouffées d’air en reconnaissant un lieu où l’on a aimé, vécu, travaillé, pleuré, ...
La veille est finie mais je ne suis pas prête à replonger.

Une heure de calme avant le tourbillon de la journée.
Une heure à voir la ville s’éveiller et le soleil se lever.
Les détails apparaissent au même rythme que les gens dans la rue. Chacun et chacune allant vers ses (pré)occupations.
Voilà c’est fini et la journée commence.

La tête projetée vers le ciel ...
Les pieds bien posés par terre...
Je me suis redécouverte esprit et matière
Et j’ai observé, espionné, admiré cette ville qui ne s’arrête jamais...
Merci pour cette expérience magnifique...
Je laisse le flambeau au prochain veilleur.euse...

Je veille sur la ville
Vraiment ?
Immense mer de béton, de pierres,
de zinc, à perte de vue. Ses artères,
ses viscères, des canalisations, des cheminées,
qui surgissent ou se cachent.
Lent mutant minéral qui a traversé
des siècles, cousine de Babylone,
de Berlin, de Gaza...
Dévoreuse d’hommes.
Quel besoin d’un veilleur ?
Je prends de la hauteur.
En bas, c’est la ville.
Sale, bruyante, grouillante de
l’agitation des hommes. Et pourtant,
lourde, enchevêtrée, immobile.
Au-dessus, le ciel, léger, ample,
changeant. Des nappes de nuages
y cheminent, tranquille,
jouant des vents et de la lumière.
Je vais vous suivre.



Un matin de grand vent à Paris dans l’abri.
Ca soufflait fort dehors. Ca tremblait un peu dedans.
Mais l’abri est solide pour contempler la densité de la ville.
Joli moment de partage avec la personne qui m’a accompagnée de bon matin. Merci pour cet instant unique.

Veiller sur la ville en cette fin de journée d’automne, dans un si bel écrin !
Bercée par les mouvements des nuages, des fumées et des passants, j’ai accompli une belle mission avec l’impression d’être suspendue dans les airs et le temps. Seul regret, que ça s’arrête !

Tout d’abord, merci aux arbres qui ont donné leur vie pour qu’existe une guérite sur le toit de cet immeuble d’habitation.
Mes pensées vont au danseur Erdem Gündüz, l’« homme debout » de la place Taksim qui, en 2013-2014, résista pendant des jours et des nuits à l’ordre urbain imposé à coups de destructions d’espaces publics et de constructions de tours et de barres par le Maire d’Istanbul et futur président turc.
Merci aussi aux pierres, au sable, à la terre et à l’eau entrés dans la composition de cette ville-termitière orthogonale et blanche dans laquelle mon regard scrutateur a repéré deux habitats « Diogène », l’un à l’est, l’autre à l’ouest, refus pathologiques ou sains de ranger ses affaires comme tout le monde !
J’ai pensé aussi à Karl, le protagoniste du roman de Kafka L’Amérique (ou L’Oublié), personnage auquel songea peut-être également Joanne Leighton, « homme debout » lui aussi, à la fenêtre d’un gratte-ciel de New York, se disant qu’il ne lui fallait surtout pas rester là, ce qu’il fera pourtant afin de témoigner, àla manière d’un double raté de l’écrivain, de la folie consistant à faire partie de cette mégalopole administrée…
Voilà, nous sommes 7 milliards d’habitants sur la Terre et, cité-Etat de notre temps, le Grand-Paris contient un millième de cette quantité, ce qui est à la fois peu et beaucoup…
Est-ce pour « faire avec » que nous nous rangeons dans des boîtes ou dans des meubles à tiroirs sur le toit desquels on voit des bouquets de chapeaux de cheminées pareils à des champignons ?
La place manquant sur cette page, je salue les volets orange de l’hôtel Zazie dont la singularité surprend au coeur de l’uniformité « générale » ; je salue enfin l’homme « assis » là-bas, sur le trottoir de la place du Colonel-Bourgoin, près de l’automate de la Société « générale », elle aussi…

Le temps qui s’étire, lentement. Il s’installe et les sensations affleurent : crissements des trains qui arrivent, cris des mouettes qui viennent me saluer, gris qui attirent mon regard vers le bas : des badauds le nez en l’air, et moi les yeux qui vont à la rencontre de leur regard que je ne peux distinguer mais qui est là.
Sensation du toucher du bois à travers les chaussettes, chaussures retirées pour mieux sentir les appuis dans le sol.
La vue sur Paris si reconnaissable avec ses monuments caractéristiques, mais aussi les nuages qui voyagent lentement, se transforment : un corps de femme se dessine au noyau où le soleil se couche - déjà, si vite, trop vite, comme si tout s’était inexorablement accéléré.
Veiller sur la ville, s’assurer que le soleil continue à caresser le paysage urbain, à veiller sur nous les hommes.
Thank you



Élévation, suspension, contemplation ...
Sensation de vertige ... un oiseau passe ... respiration, décélération
Le temps s’étire
La ville se pare de lumières ...
Le jour bascule.
Une expérience inoubliable.
Un moment d’une grande poésie.



Une heure hors du temps,
Une heure de présence à moi et aux autres,
Le ciel change, ça bouge dans la rue,
hypnotique.
La lumière se reflète et forme un cadre,
Paris est dans le cadre, j’y suis également,
J’aime Paris.

Un toit, une vue
C’est gris, bleu, vert
Sombre, puis un peu plus clair
Une rue, un peu de monde finalement
Trop tôt pour Paris
Quelques vélos, du bruit
Une éclaircie.



J’ai le temps de ne pas chercher à voir
le temps de regarder n’importe quoi, de ne pas contempler, de divaguer sur un piéton, un orange.
gouttes de pluie sur la vitre brouillent l’accès au paysage.
l’apaisement des collines aperçues à l’horizon, l’arrière pays ! c’est là bas que je peux rêver.
se voit toujours après coup. les couleurs plus vives me montrent que la lumière a changé, que le ciel s’est ouvert
l’animation dans la rue comme venue d’un coup.
les toits qui s’éclaricisssnet, tâches plus claires qui déchirent le gris bleu sombre : ça sèche.
les gouttes moins nombreuses d’ailleurs devant mes yeux.
tous ces petits carrés dans la pierre. ville friable.
une seule cheminée fume pour tout Paris.

En suspension, j’observe...
Je veille, même !
Le tumulte de la ville me parvient, étouffé
La tête dans les nuages, l’odeur du bois me fait prendre racine
Et apaise mon esprit embrumé.

Merci de m’avoir mêlé dans cette longue chaîne humaine.
Le soleil s’est levé sur Paris.
Une journée d’automne commence, au rythme du soleil et des nuages.
Je passe le relai aux suivant·es.

Vendredi, 17h39, il pleut un peu mais regarder Paris depuis les toits est toujours magnifique. Le vent souffle fort et sur le vitrage il y a les traces des gouttes de pluie qui courent rapidement. Soudainement une partie du ciel devient orange... c’est le soleil qui, malgré les nuages, veut se montrer.
C’est vendredi soir et le week end commence en douceur !
Merci :)

Une expérience hors du temps qui permet de redécouvrir la beauté et la complexité de Paris.

Je suis arrivée sous la pluie la tempête. Nathalie m’a un peu attendue. Malgré les intempéries ma curiosité de découvrir le lieu, et surtout revenir pour la deuxième fois dans l’objet de veille m’animait et m’enjouait. Quelle ne fut pas ma surprise une fois sur le toit du 159 rue de Charenton de découvrir tout Paris sous la pluie et les nuages gris défiler devant moi. L’expérience de rester dans cet objet a été douce. Les odeurs de bois, le sifflement du vent, les cris des enfants en bas de l’immeuble. Une mouette plane devant moi et emmène mon regard sur la Tour Eiffel, le quartier de la Défense, Montmartre, des tours Mercuriales, le Rocher de Vincennes.
Cette ville que j’aime tant je l’avais sous les yeux pour moi toute seule... Puis mon regard s’est posé sur les trains en partance de la gare de Lyon, son horloge qui ne fonctionne pas, comme si c’était fait exprès pour que je n’ai pas d’indicateur d’heure. Mais à 18h la cloche d’une église m’a donné cette indication. Puis je suis entrée dans un état second. Mon regard à travers la vitre perler de gouttes d’eau s’est perdue, le temps ’avait plus de prise. Et la Tour Eiffel s’est allumée, émerveillée je me suis sentie chanceuse en ces temps difficiles. J’envoie tout mon amour à cette ville, ses habitants, au delà et pour cette nuit de pleine lune je termine ma veille. Très belle expérience pluvieuse veilleuse sans ciel mais magnifique.



Depuis que j’ai entendu parler de ce projet, il y a un souvenir de mon enfance qui me revient.
J’ai grandi dans une petite ville de la Caroline du Sud, au Etats Unis, dans une communauté assez religieuse. J’allais à la messe tous les dimanches et j’allais tous les étés dans une sorte de colonie de vacances (summer camp) religieuse qui s’appelle Camp Saint Christopher. Ma vie a radicalement changé depuis, j’ai arrêté de vouloir croire en Dieu, je suis parti à Paris, j’ai assumé mon homosexualité, je suis beaucoup plus heureux maintenant. Camp Saint Christopher était un de mes endroits préférés au monde quand j’étais petit. Il appartient à l’église Épiscopale, qui utilise un livre de prière commune, qui est pareil dans tout le monde. Tous les soirs à Camp Saint Christopher, on récitait la Prière de Complies, qui est peut être la plus belle prière que je connaisse. Je voulais la partager :
Keep Watch, Dear Lord, with those who work, or watch, or weep this night,
And give your angels charge over those who sleep.
Tend the sick, Lord Christ, give rest to the weary.
Bless the dying, sooth the suffering, pity the afflicted, shield the joyous,
And all for your love’s sake. Amen.
J’ai regardé sa traduction française, qui est moins bien je trouve mais je partage quand même :
Veille, Seigneur, avec ceux qui travaillent, veillent ou pleurent cette nuit,
Et donne mission à tes anges de garder ceux qui dorment.
Prends soin des malades, Seigneur Christ, donne le repos à ceux qui sont fatigués,
Bénis les mourants, soulage ceux qui souffrent, console les affligés et préserve le bonheur de ceux qui sont dans la joie.
Nous te le demandons par ton amour. Amen.

La pluie tombe. Les gens qui marchent dans la rue de Charenton ne me regardent pas. Ils et elles sont protégé·e·s par leur parapluies ou capuches.
De l’autre côté, une dame boit son café sur son balcon malgré les intempéries. Est-ce qu’elle me voit ?
J’observe la ville et je me sens préoccupée par cette question : est-ce qu’on observe aussi ?

Une veille sur Paris pour la quitter, marquer une des dernières fois par ici. La Gare de Lyon en contrebas, prête à m’embarquer. Elle semble me tendre la main pour m’aider à y aller. Et trouver une autre cabane comme celle-ci, ailleurs perchée.
Veille tendre.
Merci.



Un moment de calme absolu.
Curieuse sensation de pouvoir observer à la fois l’infiniment grand de la ville et l’infiniment petit des silhouettes qui se dessinent sous nos pieds. Plus rien ne compte, juste la plénitude de pouvoir vivre l’instant présent. Un temps à soi.
Merci pour ce moment permis.

Que dire ? Des oiseaux, ces rayons, la lumière et puis ce temps qui s’envole. Une expérience quasi spirituelle ! Mais pourquoi est-il si difficile de se détacher, de se recentrer, d’oublier l’extérieur. Pourtant, de l’objet-abri, nous ne voyons que l’extérieur, paradoxe, cet extérieur, ces constructions de l’Homme à perte de vue… et puis la magie opère, on fixe une grue, un balcon, un piéton et l’esprit se calme, les pensées deviennent claires, on est dans le moment, l’instant est saisissant. Merci.

♡ La Paix
♡ La chaleur de la Paix
♡ La lumière, les lumières
♡ La lumière, les lumières de la Paix
♡ La brillance
♡ La brillance de la Paix
♡ Le jaune. Le rouge. Le bleu. Le gris. Le blanc
♡ Le jaune de la Paix. Le rouge de la paix. Le bleu de la Paix. Le gris de la Paix. Le blanc de la Paix
♡ L’estompe
♡ La Paix estompée
♡ Mais de l’autre côté de la Terre, alors la Chaleur, la Lumière, la Brillance, les Couleurs de la Paix ressurgissent.
La Paix est un soleil



Le vent : Tu n’as rien vu à Paris. Rien.
Elle : J’ai tout vu. Tout. Confinée dans l’annexe. Un appel.
L’objet-abri m’accueille, tu continues de souffler.
Le soleil s’en va et moi j’aimerais rester.

Un bouillonnement de questions et en même temps de vides.
La sensation d’être hors du temps et plus ancrée que jamais.
Seule et en contact.
S’extraire de la ville pour l’observer, la contempler, la ressentir, s’y connecter. Les mouvements et les gens qui émergent. Des mouettes ? Une lampe qui s’allume. Elle s’éteint. Un homme à sa fenêtre : fumant. Du particulier, du général. On oscille entre ces états de connexion et déconnexion, de temps présent et d’hors de soi, de solitude et de groupe.
L’impression qu’on a veillé sur moi et qu’on veillera sur cette ville, comme je l’ai fait. Comme si j’appartenais à un nouveau groupe. Faire ensemble, chacun à un moment. Un temps pour soi mais surtout pour les autres et le commun.
La ville : qu’est-ce que c’est ? Souvent je te déteste et pourtant au fond je t’adore.
Le ciel bleu caché par les nuages. Au fond toujours bleu.
Des vides. Des blancs. Le temps qui coule sur les toits parisiens. Cette respiration d’une heure, comme une mise en apnée de ma propre vie.

Monter et prendre conscience du sol,
la croûte grise et épaisse des immeubles et rues
comme une peau qu’on pourrait arracher
Laisser faire le ciel
et croire voire la mer derrière la Défense…
Merci pour ce temps suspendu
à hauteur d’oiseau,
pour cette invitation à une résistance poétique.


L’inattendu…
Le vent…
Le bruit…
Le son.

Je suis passée par de nombreux états et de nombreuses hauteurs.
D’abord, collée à la vitre, à la recherche d’une autre âme qui vive.
Une cuisine allumée, un passant avec son chien, un train qui part.
Vers où ? Puis on prend la mesure de l’entièreté de l’espace.
Le ciel, le soleil qui a du mal à percer, le vent.
Et Paris, ses monuments, ses toits enchevêtrés, ses cheminées.
Puis je me suis mise à arpenter cet objet qui m’abritait, à en
prendre les mesures, à le toucher. Et à imaginer tous ceux
qui avaient habité ce lieu avant moi et l’habiteront après moi.

Je veille la ville
La lumière scintille ;
Je veille la ville ;
Le soleil pétille ;
Je veille la ville ;
La lumière vacille ;
Une ville, une veille,
Gracile merveille !

Un sentiment qui évolue au fil de la veille...
Les premiers regards vont vers la vitre, dans ce mouvement qui nous emmène proche du vide. La sensation s’intensifie jusqu’à être juste devant la vitre.
Au premier plan, la vie suit son cours.
On croise des regards, voire quelques saluts.
On prend conscience du moment exceptionnel.
Personne n’aurait accentué autant d’attention sur moi si j’étais dans la rue.
J’ai eu envie de jouer avec ces regards, proposer de légères variations de ma posture pour ne pas les ennuyer !
Et puis le second plan et le ciel, les couleurs qui s’intensifient, la lumière descend.
Le silence, juste quelques bruits nous rappellent le monde des Hommes. Nous sommes sur la première marche avant le monde des dieux.

Passé l’effet "Wahou" de la vue, j’ai pu m’adonner à l’une de mes passions : regarder les gens.
Postée dans ce poste d’observation, j’ai contemplé les passants, certains mêmes plusieurs fois.
Puis la pluie est tombée, puis la nuit.

Je me suis sentie comme un coeur de la ville, parmi tant d’autres.
Au lever du soleil, tout bourdonne, je ressens encore les palpitations, l’agitation.
C’est vertigineux d’assister le soleil, d’être un œil, une oreille sur Paris qui s’éveille.
J’ai eu le sentiment de cueillir le jour.
J’aurai veillé.

Tout d’abord, il y avait du vent, l’abri bougeait légèrement, et j’entendais des mouettes, j’avais l’impression d’être en mer.
Puis, il y a la lente descente du soleil, et bien que cette descente soit progressive, tout d’un coup, la ville est grise et on sent le froid tomber.
Enfin, il y a le coucher du soleil et sa disparition à l’horizon, image qui est la même partout sur la Terre et je ne pense plus à Paris, mais à ce moment qui est partagé, à des heures différentes, par nous tous.

A la frontière, ciel et terre air, et deux villes aussi. Immobile on apprend à voir. Deux côtés, deux regards. 1000 choses à voir et plus. 1000 choses à dire, faire, écrire mais immobile, je reste là. Mon regard ne restera que balbutiant. Je retourne arpenter les rues, sillonner ma ville. Levant les yeux parfois, guettant d’autres veilleurs.

Une expérience qui m’a procuré sérénité et bien être. La notion de veilleur correspond vraiment au sentiment ressenti, à l’échelle du quartier et des quelques rues sous mes yeux. Le reste de la ville paraissant très lointain. Et en même temps une connexion à l’ensemble de la ville. La météo a effacé la notion de temps, sans aucune connexion au soleil, mais une connexion aux éléments et les sens en éveil. Incroyable.
Le corps dans l’espace est resté plutôt fixe, entre position assise et debout.
Merci pour l’opportunité de voir la ville autrement, s’y connecter et connecter son corps et son esprit à la ville et ses habitants.

Nous fûmes multiples
Nous fûmes vigilants
Nous fûmes perséverants

Mettre mon corps et mon esprit en veille…
Le corps s’arrête et l’esprit tente l’envol, et à la fois attiré par la reconnexion au réel
Cette ville, massive et animée
J’ai eu envie de me connecter à tout le monde, car de veiller seul dans ce sas interdimensionnel me ramène à la réalité.
Nous sommes un ensemble en interaction avec la vie
J’ai été émerveillé par la prise de conscience de moi avec le monde que j’ai veillé

D’un côté spectateur de la Vie qui s’éveille de l’autre l’impression de s’introduire chez les gens une bande sans nuages laisse paraître le soleil se lever il passe rapidement dans les nuages… le temps est venteux les nuages bougent vite c’est beau au fil du temps on voit le soleil frapper la Défense comme si on éclairait une géode puis la tour Eiffel puis le reste de Paris…
Ce moment passé fait relativiser sur ce que l’on est, ce que l’on représente pour le reste du « monde » on est rien… il m’a fallu un moment pour ne plus penser au quotidien qui défile à 1000/h
A un moment le soleil s’est mis à frapper la boîte objet il est chaud et réconfortant ce rayon de soleil
On entend le vent souffler mais on se sent en sécurité
Une belle expérience personnelle merci pour ce moment !!

Je viens de quitter mon phare,
J’y ai passé une heure à contempler la mer, l’île Montmartre, la houle des immeubles, les rues-failles, les toits-récifs, le va-et-vient des baleines-bus, des poissons-voitures, les plongeons des oiseaux-nageant…
Bientôt les lumières d’autres phares se sont allumées où peut-être d’autres gardiens veillaient ?
Il a beaucoup plu, le vent a fait trembler mon phare, et c’est à regret que j’en suis descendu.

Une matinée nuageuse mais dégagée pour découvrir la veille sur la ville de Paris et mon quartier.
Cette expérience unique qui nous en met plein les yeux, grâce à cette vue et ces dégradés de couleur surtout quand le soleil arrive à percer les nuages et nous montre les différents toits de Paris.

Savez vous que sois les toits qu’on voit depuis l’abri, y habitent des lutins ? Dans chaque immeuble il y a un lutin qui loge au grenier. Le lutin connaît tout le monde dans l’immeuble : la psychologue stressée, le couple de retraités fans de heavy metal et l’ado qui aime le karaté. Le lutin veille. Le lutin veille sur tous les habitants. Quand le cochon d’Inde de la petite Maya est tombé malade, c’est le lutin qui l’a soigné quand Maya était à l’école. Quand Monsieur Abder est tombé dans son appartement c’est le lutin qui a alerté la gardienne (de façon discrète bien sûr, car le lutin on ne le voit jamais). Le lutin veille. Il veille aussi sur le pompeux Monsieur Bernard qui a encore voulu frimer devant ses amis avec une bouteille bien trop chère. Il se trouve que le vin est devenu vinaigre. Ou sur Manon qui a encore volé les bonbons de son petit frère. Comme par hasard tous ses devoirs déjà faits se sont effacés, comme par magie ! Oui, le lutin veille sur nous tous. Maintenant vous le savez. Et même s’il ne demande rien, la prochaine fois que vous faites la fête, pensez à lui laisser un petit repas (vers l’ascenseur ou en haut des escaliers). Il va savoir que quelqu’un veille sur lui aussi !


Une expérience unique, où l’on se sent communier avec la ville, et l’on se perd dans son immensité. On ressent le tumulte au loin, mais tout semble si calme. Les idées parasites s’en vont, on se sent bien, on se sent Veilleur, et heureux de l’être.

Je n’ai finalement pas eu le vertige. Cette veille, c’est peut-être comme quand on lit certains livres. On ne saurait dire ce que ça nous a fait, comment ça nous a traversé. Ca trouve sa place dans le corps, nous aide à avancer.

Merci pour ce moment précieux seul avec soi-même au dessus des toits de Paris.

Ce matin, le ciel de Paris était nuageux et venteux. Pas de lever de soleil à l’horizon donc, mais un ciel qui s’est éclairci peu à peu, et du vent qui s’est mis à jouer avec mon abri, faisant vibrer les planches. J’ai aimé sentir Paris se réveiller doucement autour de moi, sous mes yeux, et cela m’a donné envie de chanter. J’ai donc fredonné quelques chansons que m’inspirait mon environnement, improvisé quelques mélodies, au début de ma veille, en profitant de la résonance de l’objet singulier dans lequel je me trouvais. Cela ne m’a pas empêchée de prendre aussi le temps d’écouter, de scruter le paysage, d’arpenter l’espace. J’avais perdu la notion du temps jusqu’à ce que j’aperçoive l’horloge de la gare malgré moi... Avec l’heure, ce sont aussi les pensées du quotidien qui m’ont rattrapée, et je dois reconnaître que ma concentration a diminué dans cette seconde partie de veille.
Cette matinée de veille n’a pas été aussi flamboyante ou saisissante que ce que j’avais pu imaginer, mais elle a été un moment de calme, de flottement, au moins partiellement libéré du rythme ordinaire, où j’ai pu prendre le temps de chérir du regard cette ville que je découvre et adopte progressivement.

Tout d’abord, apprivoiser le vertige. S’approcher du vide. Voilà.
Je suis venue voir l’envers et le dessus du décor de ce quartier que je connais bien. J’ai le temps. Et la lumière très belle de ce milieu d’automne. Ce qui a attiré mon regard tout d’abord, ce sont tous ces conduits de cheminées rouge brique, très éclairés. J’ai pensé qu’ils étaient des petits veilleurs eux aussi. J’ai opéré des allers-retours entre le proche et le lointain. Le proche : la rue de Charenton à mes pieds, les passants, les petits coins de verdure confidentiels nichés sur les petites terrasses, le morceau de promenade plantée, les esclaves de Michel-Ange qui constituent la corniche du commissariat du XII... Le lointain : la Tour Eiffel bien sûr, et le Dôme des Invalides à côté, qui ne la ramène pas, le Mont Valérien derrière, plus à droite le nouveau Palais de Justice. Je me rapproche du XII, je reconnais l’hôpital des Quinze-Vingt. Est-ce lui qui me cache le Génie de la colonne de Juillet ? Ou bien l’Opéra Bastille ? Impossible de l’apercevoir.
Je suis allée faire un tour de l’autre côté de l’abri. Autre lumière. Le rocher aux singes du zoo de Vincennes au loin, le périph qui grouille, les camemberts dorés posés sur le toit de la rue Jacques Hillairet, la bibliothèque Saint-Eloi, le square de la Baleine.
Retour du côté de la vue noble. L’horloge de la gare de Lyon m’indique que c’est fini. Déjà fini.

111, one hundred and eleven spikes disturbing the skyline.
Among them, less than 10% of churches.
The city has changed, bell towers no longer make our horizon.
Gray, sand and then white : Colors change as the sun rises.
Dull colors give ironically more relief to the city.
Paris is made of sandstone, a wealth index, that is so clear.
But here and there, a couple of brick buildings recalls that some workers also lived there.
Those popular housings have since switched from red to white, from brick to concrete.
The city is so uniform and yet a couple of bright colors give it life :
Be it the garnish turquoise of the Ouigo Train or the dark red of the Flecha Rossa.
Among people, the yellow fluo jacket of runners echoes the one of workers, probably up a bit earlier.
The bright green cross makes up feel safe and red breaking lights aware of dangers.
Cloud of starlings vanishes, Seagull hover over the city before a falcon takes over.
The cleaning truck is arriving. My watch has ended.

Un petit moment si précieux à partager avec soi-même, et, en secret, tous les habitants de la plus belle ville du monde. Je pourrais dire que j’ai veillé sur eux et sur leurs rêves. Merci.

Merci de nous permettre cette pause dans le temps.
Un moment à double prisme. Une observation active de la ville qui se réveille, des habitants. Un partage, une tranche collective.
Et puis un moment très personnel où la pensée s’égare, le temps file devant ce magnifique panorama, très changeant pendant ce lever de soleil sous la brume et la pluie.
Un très grand merci.

Format paysage. Le sel de la vie. Merci. Des passants qui font coucou. Un déménagement. L’horloge. Les immeubles qu’on cherche, qu’on reconnaît. Paris. Les gens. Les gens qu’on aime. Le désert des tartares. Les gouttes d’eau comme en voiture sur les vitres de l’enfance. L’ennui. Tout le corps. L’abri comme la vie, du point A au point Z, la ligne de lumière au coeur. Les traces des Veilleurs, cheveux, V sur le bois. Le vert. Mes émotions : tristesse, joie. Et l’envie de reprendre le mouvement. Doucement.

Voir le monde d’en haut !
Belle expérience de connexion à soi et au monde qui nous entoure - dont on ne perçoit pas toujours les subtilités : le mouvement de la ville, du ciel, le vol des oiseaux qui s’accroît avec la lumière qui s’intensifie. La magie de la vie !
Merci merci merci

On a du temps, alors au début mon regard s’est posé sur des futilités : tiens, la vitre est propre. Ou encore le fait qu’il manque une vis sur la fenêtre. Mais, très vite, mon regard s’est posé sur l’horizon et ses quelques tours qui dépassent. Je connais Paris par cœur, et pourtant je ne l’avais jamais vu comme cela. Après quelques minutes et avoir observé la scène, mon esprit s’est concentré sur les sons. On entend des mouettes passer, les freins des trains qui arrivent Gare de Lyon mais on ne se sent pas étouffé comme au sol. Avec cette position en hauteur vient une certaine sérénité.
Que c’est agréable de ne pas avoir de repère de temps autre que les ombres des immeubles qui se déplacent et le ciel qui se dessine en couleur petit à petit.
L’heure est passée très vite, trop vite.
Merci pour l’expérience.

La ville n’est qu’un lavis gris, sans lumière, sans éclat.
Un paysage monochrome empêché par l’écran de pluie.
Ce noir et blanc me plonge dans mes souvenirs du film "Les Ailes du Désir". Comme Damiel, le héros du film, je suis moi aussi un ange qui veille sur les humains, en bas. Je ne les vois pas, ils sont cachés chez eux, anesthésiés par la pluie froide. Mais j’entends leurs permanents murmures intérieurs, ininterrompus depuis l’aube de l’humanité.
J’entends les songes sautillants des enfants, j’entends le souffle des amants, la plainte des abandonnés, les rires des camarades, les pleurs des malades, les chants sous la douche... J’entends la chanson de Nick Cave, autre personnage magnifique des "Ailes du Désir" : "Push the sky away"... Frères humains, de tous ces petits matins, continuons de pousser le ciel, seuls et ensemble.

Tombée de la nuit
Ciel tout gris
Pluie, pluie, pluie
Manifestation contre tout ce mauvais
Voitures bloquées dans toutes les rues
Des motards, des slogans, la
Ville palpite et la pluie ruisselle
Sur les vitres. Attente que le
Ciel se dégage, non toujours gris
Et brumeux. Peu d’appartements
S’illuminent. Ou sont ils tous.
Merci pour cette heure de guet, de
Veille, d’exploration.

On ouvre la porte et l’odeur du bois. On entre dans une cabane à l’odeur de montagne. Lumière immense. Je regarde d’abord le ciel car ici pas de montagne.
Et puis. Et puis le silence. Plus de paroles. Plus de sollicitations.
Ce n’est pas le calme plat mais le calme olympien.
Loin du bruit et de la fureur du monde c’est d’abord sur soi que l’on veille. Rien à dire. Rien à maîtriser.
Arpenter le lieu sans précipitation.
Le corps non plus n’a pas l’habitude de tant de soin. Alors il fourmille.
Les yeux se baladent sur les seuls passants, pigeons, coureurs et chiens promenant leurs maîtres somnolants. Parfois on empêche son regard de trop de figer pour ne pas devenir voyeur. Tout est simple, fluide dans la lumière douce et bleue du petit matin.

Merci pour cette invitation à veiller Paris.
Ma ville natale et mon quartier.
Points de vue étonnants et multiples.
Densité sidérante de la ville.
Beauté changeante pourtant.
Et voir des passants, des passantes, adultes, enfants, des instants de vie lointains. Être le témoin invisible, anonyme de l’activité humaine, visible ou cachée, sonore, plus ou moins perceptible, proche, lointaine.
Silence apaisant de l’abri, odeur du bois.
Respirer être seule dans ce silence, cette élévation.
Et proche du vivant à la fois, du lointain.
Échos de la ville, bourdonnement, éclats de sirènes.
Aucune voix humaine. Trop loin, trop haut.
Hors du temps ou presque. L’horloge de la gare de Lyon comme un repère familier. Et la course du soleil.
Bleu du ciel, nuages colorés changeants.
Illumination au creux des nuages. Dessin, peinture unique, ultime avant le chien loup et la nuit.
Silence, calme et volupté.
Mais des questions aussi, flottantes, criantes.
Comment vivons nous dans cette grande et belle cité ?
Tant de vies derrière chaque fenêtre. Invisibles.
Et pour celles et ceux qui n’ont pas d’abri, pourrions nous construire des bulles apaisantes hors du temps ? Pour se reconstituer et pouvoir respirer, ouvrir grands les yeux et continuer d’avancer.
Merci encore pour ce moment inoubliable.

Sesenta minutos de contemplacion interrumpidos por reflexiones y recuevolos que cruzan por la mente.
Observar la cuidad que desperta acompañada de la llegadaa del sol como un padre despierta a su hijo y la lleve de la mano en su camino.
Dos lados opuestos a contemplar, el primero abierto y dinamico donde el desplazamiento de las personas y el transporte un escala a este mara.
El segundo estálice y artificial dende las nubes y el crecimiento de la luz solar se hacen protagonistas.

Surplombant la multitude qui fourmille
Balayé par le vent
Lentement entouré par les nuages
L’objet abri et son habitant veillent

Le silence s’installe de l’intérieur.

Entre ville et ciel.
Là-haut, la ville est un assemblage de grisailles, un tissage de métal, de verres, un grand dessert de parts d’immeubles et de rues. Là-haut la ville apparaît stable, sereine, et un peu endormie. Elle est paisible et il est encore tôt, aucune lumière dans les intérieurs, à peine quelques guirlandes lumineuses précoces. Dans l’abri objet, l’atmosphère est chaude, éclairée, isolante. On se sent dans un habitacle au dessus des toits de Paris. On domine la ville, en vigie dans ce petit vaisseau de verre et de bois. Au dehors, le mouvement s’égrène, les collégiens rentrent, les boutique s’illuminent, le chantier ferme, les sirènes des pompiers se succèdent, les goélands nous épient. Car entre ville et ciel on se sent suspendu au temps et à l’espace. La ville est bien ancrée tout autour de nous avec ses monuments au loin, comme les bougies d’un gâteau, parsemées sur ses abords. Le ciel lui change de robe et d’étoffe d’une seconde à l’autre, les nuages y galopent comme des étoffes cotonneuses et je croiserai une pépite de soleil de la dernière heure. La clarté s’estompe dans les nuées pendant que des loupiotes s’éveillent. Je quitte l’abri objet, étrangement rêveuse, entourée de ce décor de toit comme d’un paravent de figures. Dehors en bas, je vais les retrouver pour poursuivre le chemin ensemble dans les nuits et les jours qui suivent. Veiller c’est veiller sur ...

J’avais hâte de rencontrer Paris à son lever. Je n’ai pas été déçu. Le soleil était là, subitement présent, doux, un peu espiègle. Rien ne lui échappe. Les monuments rassurent puis s’estompent, au profit du jeu lumineux. Reflets mordorés sur des vitres caressées de lueurs tendres. Ombres portées sur les pignons blancs. Moutonnement gris des toits. Puis le regard s’élève, insensiblement. Les nuages traversent le paysage, mignons, duveteux, bien gris-bleu sur le ventre, orangés sur le haut, altiers. Et le regard enfin se laisse happer par l’horizon. Juste là. Aussi près que la vitre transparente. A portée de main. Alors, mystère, plus le ciel appelle, plus les pieds, mes pieds, s’enfoncent dans la terre, se fiche dans cette réalité que je partage avec l’entour, Paris, la vie, aujourd’hui, demain.

Je veille sur la ville
Personne ne me voit
Paris est calme, silencieuse et apaisée
Le soleil réchauffe la ville
Je veille sur la ville
Les passants se font plus nombreux
Paris s’agite, s’accélère et gronde
Le soleil s’en va laissant une harmonie de couleurs majestueuse

« Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre »
Me voilà à veiller une deuxième fois sur Paris et ses habitant·es. J’ai presque l’impression de braver un interdit quand je referme la porte de l’abri derrière moi. On m’avait dit plusieurs fois que la veille est un évènement unique mais les circonstances en ont décidé autrement. Qu’émergera-t-il de cette répétition ?
Je ne peux m’empêcher de comparer mes sensations, pensées, ressentis avec ma première veille. A l’opposé du chaud coucher de soleil de fin d’été, me voilà face à un lever de soleil beaucoup plus tonifiant. La ville, elle, ne semble pas avoir beaucoup changé : quelques échafaudages en plus ou en moins, les mêmes flux de voitures, vélos, piétons que la distance me rend totalement impersonnels. Quant à moi, je me suis senti pris de court par cette seconde veille. Ce n’est que quelques minutes avant d’entrer dans l’abri que j’apprends que je vais veiller à nouveau. Déboussolé au début, je rassemble le cours de mes pensées, me relaxe, m’ouvre à la ville et l’accueille. Je compare mes souvenirs et ce que j’observe à nouveau. Je compare mes sensations : la température, la luminosité, les couleurs, les sons. Je compare mes sujets de préoccupation. Mais après tout, pourquoi vouloir comparer ? Pour désigner laquelle des deux expériences est la meilleure ? Faire un classement ? Non ! Chacune est unique. A la fois entièrement similaire et entièrement nouvelle. Je me libère de mon flot de pensées, accepte le rôle qui m’est offert et veille.

Plusieurs émotions nous traversent quand on est contraint (même si on l’a choisi) d’observer. Sans notion de l’heure, juste une vague impression que le temps passe, mais sans trop savoir si c’est réel – et on en vient même à se demander, qu’est ce qui est réel ? Une vague impression aussi qu’on nous a menti, que la grande ville devrait être grouillante, bruyante, que tout s’agite. Et en fait non, les lignes sont figées, calmes, définies. Presque une frustration. Car finalement on est obligé de s’écouter soi-même, d’écouter ses pensées, ce qu’on ne prend plus le temps de faire. On cherche à être diverti, et en fait tout nous renvoie à nous. On cherche à être vu, mais la foule elle aussi est tournée sur elle-même. Vague impression que la ville tourne, avec ou sans nous. Avec ou sans notre veille. Et pourtant, fierté d’être privilégiée à observer la ville. Des instants anodins paraissent subitement intéressants. En bref, une parenthèse pour prendre conscience de l’immensité, de notre relative importance, du temps qui passe (vraiment ?) et de notre finitude. On en ressort peut-être plus humble … ?

Après être rentrée, je suis restée à distance de la vitre ouest. le ciel était bas encore, blanc gris.
Il ya d’abord eu la reconnaissance des bâtiments, certains détails (les statues d’hommes à poil, en rang d’oignon - déjà vus depuis la coulée verte), une grue sur la droite. C’était étonnement assez plat. J’ai commencé à avoir une autre prrésence avec le mouvement : lumières clignotantes de la pharmacie en bas, des phares de voiture, en haut de la Défense et Montparnasse, la réverbération du ciel sur les vitres d’un train, et les passages du vivant. Une dame qui fait la manche rapide, les vélos les vélos, un homme court, les enfants vont à l’école. Les lèves-tôt sont aussi des travailleurs•euses : personnes en charge du ménage, couvreurs (ceux là, deux, en bas côté droit m’ont fascinée !).
Aux fenêtres, la lumière reste éteinte - préférence, on le comprend pour la lumière naturelle.
Ca frustre un peu. Heureusement, quelques balcons et mon pref’, de noir vêtu, bien en face, 5ème étage en partant du haut, qui sort dehors, s’accoude, fume, boit un café et reste comme ça longtemps. Il y a l’air frais avec lui, il se réveille, se passe la main dans les cheveux, re-rentre, re-sort, clope, café, cheveux, étirement. Je le regarde.
Vitre est, ciel marin, à droite au fond lumière jaune bien vive.
De temps en temps le vent.
Suis bien contente d’avoir veillé, hors habitude du fait de l’horaire, et avoir regardé Paris où je vis depuis 11 ans.
J’espère que la journée va être bonne pour vous, pour moi.
Bon réveil

[A l’abri, et exposée. Veiller sur la ville.
Sur-veiller la vie. Être loin, être
pour la première fois si proche des
oiseaux. Être en haut, et regarder
tant de détails à la fois. Être là,
éloignée de tout, et plus consciente que
jamais. Regarder la ville statique,
admirer la vie qui la rend vibrante.
N’entendre que le vent, et se sentir voler.
Et soudain c’est le ciel qui s’impose,
immense, resplendissant, coloré, subtil,
élaboré, fascinant, majestueux, magnifique.
Qui veille, lui, déjà, depuis longtemps.]

Le silence nous aide à découvrir.
Il y avait tellement de choses à observer, petites et grandes.
Des mouvements, des lumières, des découvertes.

Merci pour ce moment suspendu, hors du temps et en retrait du tumulte.
L’occasion de s’extraire du quotidien pour s’ancrer dans le présent.
Prendre le temps de porter son attention sur le passage des instants,
sur l’ensemble et le détail, sur le silence et les sons, sur
le mouvement et l’immobile, sur le familier et l’inconnu,
sur le flux de ses pensées.

Coupable et privilégié depuis mon poste de vigie
Il est difficile d’apprécier totalement cette heure d’introspection
au milieu des corneilles et des barres du 12e.
On se projette en arpenteur de nos vies passées dans les quartiers de la ville.
La boucle temporelle nous ramène à l’instant présent
Moment privilégié, nous sommes privilégiés où nous vivons dans le monde en paix
Coupables et impuissants

Méditation d’un soir sur un perchoir,
L’horizon ligne d’or, tu nous salues.
Il faut être haut pour te voir.
J’avais oublié qu’il y avait des couchers de soleil à Paris.
Là-haut, pour la première fois, je me suis sérieusement imaginer voler, avec plaisir.
Un oiseau est passé me dire bonsoir.
Le soleil est passé me dire bonsoir.
Un couple est passé me dire bonsoir.
Bonsoir !

Comme les feuilles à l’automne, mes émotions ont changé de couleur, elles muent. Me retrouver dans ce petit espace sentant le bois, perché sur un toit, seule, m’a fait rire. De prendre conscience d’aimer participer à des performances m’a fait monter les larmes, pendant qu’une goutte coulait sur la vitre. Je me suis sentie privilégiée.
J’ai eu cette chance d’observer la brume, les nuages s’estomper au fur et à mesure que le temps passait, que le blanc se transformait en bleu, que les détails faisaient leur apparitions.
J’ai senti cette densité face à mon unité.
Le plaisir de la patience, de prendre le temps. Entrer en introspection puis revenir vers l’extérieur. le temps est imprévisible et je ne l’ai pas vu passer. Je me suis laissée traverser par mes pensées, par tout ce que je voyais, c’était beau. Beau d’avoir vu autant en dehors qu’en dedans. Il est rare de voir l’horizon à Paris, de regarder loin. J’ai pris conscience que c’est mon inconscient qui m’a menée jusqu’ici, au-delà de la performance. J’ai compris qu’il était temps de partir de cette ville, d’aller observer d’autres paysages, de regarder encore plus loin.
Merci de m’avoir prêté ce si beau perchoir.

Merci pour ce bel abri, hors du temps. Une expérience émouvante.

Veiller sur Paris c’est aussi veiller sur ses habitant·es.
La mère de famille qui donne le petit-déjeuner à ses trois enfants dans l’immeuble d’en face.
L’homme seul au t-shirt blanc qui fume une clope sur son balcon.
Les artisans qui débarrassent des débris des huit heures du matin.
Le couple qui s’embrasse pour se souhaiter bonne journée avant de partir chacun de son côté…
Ces instants de vie capturés à la volée composent l’histoire de ma veille, comme un puzzle à mille pièces…

Un beau soleil d’automne, un froid sec et perçant. Le temps idéal pour prendre soin de la ville.

A mes pieds la ville s’éveille, les couleurs se révèlent, les bruits montent.
A mes pieds une forêt de vies, de constructions.
Du mouvement, une ondulation.
Ça vit, ça vibre.
Ce matin j’ai veillé.

Il est apaisant de voir la ville grouiller depuis l’extérieur,
de sentir qu’on lui appartient.
Mais de pouvoir choisir, pour une fois, entre y participer ou l’observer.
Merci :)

D’un côté le soleil se lève. De l’autre, Paris se lève.
Les jeux de lumière avec les nuages ont rendu l’expérience
magique et éblouissante (au sens propre et figuré).
Que de gratitude d’avoir la chance de vivre un tel instant ♥

J’ai adoré le fait d’être invisible pour presque toutes les personnes.
Je me suis sentie comme une espionne, face à toute la beauté du ciel.
Ce fût un très bon moment.
Dommage que mes yeux se soient posés directement sur l’horloge de la gare.

Aujourd’hui c’est le jour de mon 45ème anniversaire…
J’ai vu l’horizon s’éclaircir sur Paris, mes enfants partir au collège,
mon mari me faire des grands signes du balcon, un monsieur
me dire coucou, …
J’ai scruté la ville avec une face pile passionnante, grouillante,
dégagée … et une face plus frontale, fermée avec tout de
même quelques repères bien cachés (le rocher de Vincennes, la tour
des Lilas, …)
J’aurais aimé rester immobile mais il faisait un peu trop
froid pour mes bouts de pieds.
Une belle journée commence !

Une véritable bulle de sérénité au dessus de Paris.
Ma seconde édition fut tout aussi mémorable que la première.
Voir Paris de cette manière est une expérience exceptionnelle et poétique.
Faire partie de ce superbe projet est fantastique.
Grâce à vous, j’ai pu me recentrer sur l’essentiel : moi-même.
Faire une pause dans son quotidien fait beaucoup de bien.
Merci à l’équipe d’avoir rendu possible ce projet unique et essentiel.
Merci également à Léonie pour son chaleureux et souriant accueil :)
Un moment magique au dessus de la capitale, une heure de paix.
A l’année prochaine pour la troisième édition !!!
Je repars détendu, apaisé et surtout heureux de ce moment hors du temps.

La crainte de ne pas avoir le bon ton, les bons mots. Elles ont écrit quoi les autres ? Être trop spirituelle ou pas assez ? Changer d’avis et raconter sa veille ou garder ce moment pour moi. L’entre deux. Avant de veiller, je craignais cette heure seule avec moi-même, j’avais peur d’où mon cerveau pouvait m’emmener en pensée. Mais en fait, je me pensais probablement plus spirituelle que je ne le suis. J’ai essayé de compter le nombre de vis dans l’abri mais j’ai été prise de court par les trous sans vis. J’ai essayé de compter une minute avec les Mississippi, j’ai du m’y prendre 3 fois. J’ai pesé le pour et le contre d’avoir un balcon ou une terrasse. Est-ce que les gens qui conduisent dans la vélorue se sentent coupables ? J’ai jamais pris un vélib, j’ai peur des cyclistes à Paris. J’ai aussi essayé de compter : les cyclistes, le nombre de pas que j’ai fait, les voitures sur la vélorue, les poussettes, les chauves (on les voit bien depuis l’objet-abri) mais en fait, j’étais distraite. Comment est-ce qu’ils ont mis ces arbres sur le trottoir d’en face ? Qu’est ce qui suivra Aldi et le Comptoir des Marques (Dégriffés ! Prix fous !) dans cet espace commercial de 406m² RDC et 200 et quelques m² au 1er ? Pour ou contre s’arrêter en double file ? Est ce que si je mets mon front sur la vitre ça laissera une marque que je ne pourrais pas effacer ? Bon sang à quoi elles ont pensé les autres ? Un Mississippi, deux Mississippi, ha il y a des gens qui me regardent. Faire coucou ? Faire coucou. Ils font coucou en retour et d’un coup une sensation de chaleur. C’est ça le moment le plus profond de ma veille, je pense. Ce moment partagé avec des inconnus, se voir et se saluer. Juste comme ça. La douceur de l’humanité. Je voulais être celle qui compte et qui a des stats marrantes en sortant. Je suis celle qui divague et qui fait coucou. Je préfère je crois. Merci.

Fin d’après-midi,
finalement, tout va bien
le soleil s’est bien couché.

Je me suis demandé quelle couleur tu aurais ce matin au réveil. Car hier, un homme a perdu dramatiquement la vie de l’autre coté de notre ville. Je pensais voir tes larmes. Mais non, cher soleil, tu as revêtu quelques nuances de gris et tes plus beaux atours pour ce dimanche matin.
Alors j’ai laissé mon esprit vagabonder et repérer tous les petits détails de la ville qui s’éveille, ce dialogue de clignotements entre les immeubles, les premiers coureurs sur la Coulée Verte, les chiens en balade, les voyageurs en partance, les éboueurs au balai actif.
Puis sont venues les questions : qui est déjà venu ici ? Qu’ont-ils pensé ? Quelles mémoires ont traversé cet espace ? Il me manquait des traces, des messages. Rien. A part ces traits noirs sur le sol. D’usure ?
A ce moment, tu as choisi de faire danser des flocons, venus de nulle part. Ils m’ont poussée à me mettre à leur rythme, comme un tourbillon puis un pendulier. Je me suis demandé quelle heure il était. Mon regard s’est alors heurté au cadran de la gare de Lyon, qui était pourtant sous mes yeux depuis le début. 9h17. 45 minutes de veille déjà...Le temps restant m’a semblé aussi long que le temps écoulé, modifiant ma perception.
Une parenthèse à regarder ma ville. Une impression de hauteur, à la fois dominante et impuissante...
Veiller finalement, est-ce juste regarder et vérifier, ou agir pour que d’autres matins lumineux ou neigeux adviennent ?

Pendant ce temps de veille, j’ai doucement apprivoisé mon vertige et me suis approchée à pas de souris de la vitre. Avec beaucoup de douceur, encouragée par le silence et la gravité. Un corps un peu tremblant au début, tout étonné de son courage, puis heureuse je suis tombée dans la beauté du ciel bleu et mauve et or, transpercé par des avions. Leurs traces de fumées traçaient des lettres inconnues. En majesté, le ciel et le soleil ont déployé leurs trésors. Sur un balcon en face, une toute petite dame âgée s’occupait à petits pas de ses plantes, veillée par la splendeur dans sa robe de chambre.
Merci

Today le ciel est gris. Nuances de gris sur Paris.
Gris est le ciel. Gris sont les nuages. Gris est l’asphalte de la route. Grise est la fumée qui sort des cheminées. Gris sont les toits de Paris.
Gris sont les manteaux des passants. Grise est la Tour Eiffel.
Grise est la tour Montparnasse. Grises sont les tours de la Défense, au loin.
Grise météo, un peu de gris dans mes pensées, comme un peu de tourments, mais blanche est la lumière dans mon coeur.
Merci pour cette heure passée dans la cabane, au dessus de Paris, tout gris aujourd’hui.

La hauteur et la vue me donne l’impression d’être le héros de l’histoire de quelqu’un d’autre. Là pour protéger la ville.
La Tour Eiffel, la tour Montparnasse, le Sacré-Coeur disparaissent derrière le brouillard, me faisant entrer dans un roman où j’en suis le narrateur, l’observateur et le lecteur à la fois. Je suis le personnage intouchable qui connaît tout de l’histoire de ce roman-mystère.
Le brouillard obstrue ma vue, me plonge dans un flou du temps qui passe. Il s’est arrêté. Il donne une touche de thriller avec les silhouettes des monuments que l’on devinent. La Tour Eiffel s’illumine lorsque je descends de l’observatoire et l’heure bleue commence à peine.

Le laveur de carreaux a oublié de passer et le vent n’a pas suffi à sécher les gouttes de pluie. La vue est embrouillée. Malgré tout, le plafond de nuages s’élève vers les cieux, laissant place petit à petit à la lumière du jour. Une ligne blanche à l’horizon, et on devine quelques effets de rose, légers. Ils rappellent à quel point la couleur est absente de la ville, seulement parfois quelques tâches qui apparaissent pour très vite disparaître : un parapluie multicolore, un bonnet orange, un cycliste habillé de jaune fluo. Guère plus.
Et si un jour on veillait sur une ville désertée, déserte ?

Le silence, le bruit de la ville disparait, laisse place au bruit du vent.
L’odeur du bois, de la forêt sur les toits. Le silence.
Les trains qui passent, les aiguilles de l’horloge de la Gare de Lyon semblent figées. L’ennui. L’importance de la mission.
La supériorité, l’élévation physique au-dessus de tous.
La vulnérabilité, la solitude. Seule en-haut, si haut.
Faire coucou à 2 passants, être invisible au reste du monde.
Le corps, la posture, la stature, la mission.
La solitude, la communauté.
Seule tout en haut. Une conjonctivite, un œil qui gratte.
Un œil en moins pour admirer. S’émerveiller.
Contempler. Reconnaître. Découvrir. S’ennuyer.
Merci.

C’est un matin d’anniversaire, un matin d’hiver. Le soleil dans le ciel pâle, la fin des nuits qui rallongent. La ville, côté ouest, qui se déplie dans la lumière, comme un livre pop up. Je mets du temps à remarquer l’horloge de la Gare de Lyon, occupée à regarder les trains partie et arriver. La magie se brise un peu avec l’heure affichée dans le paysage, mais je tourne le dos au temps, côté est, regarde vers chez moi, me perds encore dans le ciel d’un bleu translucide.
J’avais déjà veillé à Budapest, un matin d’hiver aussi, et je suis heureuse d’avoir pu le refaire.
Merci :)

Une véritable réconciliation avec ma ville de coeur et de naissance, qui m’a accompagnée dans les tumultes de la vie.
Un moment privilégié de partage, de retrouvailles avec toutes ces personnes parties trop tôt, faufilées entre les nuages mouvants.
Une profonde déconnexion, prise de conscience du vide et reconnexion avec soi-même.

La lueur est déjà là, qui m’attend, rouge, incandescente, qui perce les nuages. La ville m’entoure. Le clocher d’une église, comme une lyre géante. Une… montagne escarpée ? comme on en voit dans les estampes japonaises ? Il faudra que j’aille voir de plus près, ce que c’est vraiment. Une cheminée, grande, une écharpe de fumée la fait parfois entrer en lévitation !
De l’autre côté, à l’ouest, je m’avance parfois. Et à chaque fois, ce délicieux frisson, impression de pouvoir voler !
Le soleil est comme une explosion dorée maintenant, écartant les nuages.
Un peu de ciel bleu, rayé par des « avions aiguilles », comme on les appelait quand j’étais enfant.
Une corneille me fait une démonstration de vol plané, puis se pose à deux pas, pour décortiquer une graine, qu’elle a trouvée où ?
Je ne suis pas seule sur les toits de bon matin. Des ouvriers aussi, qui travaillent dans le froid…

Quelle liberté malgré les 4 murs - pas de téléphone, aucune interruption. Que les oiseaux et les petites fourmis + voitures legos qui circulent en bas.
Très chouette expérience qui est passée bien trop vite.
Une belle conclusion à 2023
Merci :)

Paris s’éveille !
60 min de veille poétique aux rythme des lumières qui s’éteignent, des sirènes qui se réveillent et de la brume qui s’envole.
Accompagnée de corbeaux et de mouettes...
Paris se réveille, et quelle joie !

Une heure hors du temps, de la ville et de ses bruits, et pourtant, dès l’entrée, on est happé.
Happé d’abord par la ville, ses tours, ses rues et habitants en bas, et puis rapidement c’est vers le ciel qu’on se tourne. Ce ciel gris à l’air immobile mais qui varie sans cesse, les nuages au fond qui font comme une chaine de montagne, puis qui disparaissent, le soleil qui les éclaire et en disparaissant les assombrie. Un peu de bleu, de blanc, de gris et bientôt du noir...
Une magnifique heure et une grande chance et bonheur d’être là.
Merci

Être dans la présence à l’instant.
Tout est sacré, tout est magie !
La magie n’est pas seulement un rêve, elle est porteuse de toutes les émotions de cette réalité.

Un moment dans les nuages, le vent, la pluie où j’étais accroché, suspendu avec les éléments surplombant la ville de Paris.
Puis le temps passa et le ciel sombre avec. Alors s’éclaira la ville au loin.
Les silhouettes des constructions s’élevaient et je m’apaisais dans mon moment.
Ressourcement et apaisement après. Pour moi et le ciel.
Merci pour l’expérience.

Dimanche gris et humide. Les figures familières permet à émerger.
Le Sacré Coeur disparaît dans la brume. Les couleurs de Beaubourg sont passées. La Tour du Nouveau Monde n’est plus une promesse.
En bas des injonctions : "Louer, louer, louer" et des curieuses répétitions : police-police-police-livraison-livraison-livraison.
Les mouettes me grondent. C’est le ciel qu’il faut veiller.
Et ne pas trop se laisser distraire par les pompiers venus en nombre ce matin éteindre cet incendie en bas, dans la Vélorue (concept que je découvre).
Une percée de lumière derrière m’enchante malgré la nausée que tout ce poids de la ville m’inspire.

Prendre de la hauteur m’a fait du bien.
Comme une nouvelle perspective sur Paris, sur cet espace physique et aussi une autre perspective sur les choses de la vie. J’ai pensé à mon amoureux. Je me demande souvent pourquoi lui ? Lors de la veille, cette question est revenue. Pourquoi lui parmi tous ces gens qui vivent, se croisent, se frôlent... Et puis, je me suis dit qu’il y avait sûrement une part de hasard, celui de notre rencontre pas si loin d’ici, et aussi une part de choix.
Parmi les parisiens c’est lui que j’ai choisi. Lui qui a grandi à Tunis et moi dans un petit village en Saône-et-Loire, nous nous sommes rencontrés à Paris. C’est pour ça que j’aime la ville, que j’aime Paris. On y rencontre des personnes qui viennent d’ailleurs.
J’ai pensé que ma relation avec Paris est comme une histoire d’amour, avec ses hauts et ses bas mais que c’est aujourd’hui ma maison et comme un engagement amoureux, je veux faire en sorte que notre relation fonctionne.
J’ai beaucoup pensé à mes projets, à mon envie de continuer à danser, le fil enclencheur de ma vie. Voilà un moment riche en pensées... et bien plus. Beaucoup d’observations aussi.
Des pensées plus intimes aussi que je garderais pour moi.
Merci pour ce moment suspendu.

Comme un bilan de mon parcours après dix ans passée dans ces rues.
Se donner le temps de dire aurevoir.
Et regarder le ciel se lever sur cette ville finalement si lente vu d’en haut.

C’est comme si le soleil était couché en plein jour. En bas personne ne presse le pas. L’activité, si peu, n’est pas changée. La marche des passant•es dit la douceur de cette journée. Ca ne bouge qu’à l’horizontale, en bas et sur le toits. À plat. Peu. On voit si peut. Toute cette verticalité. Parfois, souvent bétonné. Comme si ces constructions humaines qui abritent la vue lui faisait obstacle, d’une manière à la fois indicible et coupante. À l’ancienne, on dirait des forteresses aux murs d’enceinte démesurés, autour de minuscules puits par lesquels les cours respirent encore.
Où sont passés les oiseaux ? Quelques mouettes esquivent une courbe, me rappellent tout cet air où les signalisations horizontales ne sont pas de mise.
Le soleil n’est pas couché ? On dirait plutôt que quelqu’un a baissé la lumière, progressivement, sans que le reste ne suive. Les clignotements au sommet des tours et la grue, égrainent (on en vient à l’espérer) les secondes qui séparent de la fin d’une simulation bâclée où on aurait oublié ou négligé de faire la place au vivant. Trop compliqué ou hors programme ?

Un grand merci et bravo pour cette expérience unique. C’est un réel privilège de voir (re)naitre aux premières lueurs. Une expérience à la fois vers le dehors mais aussi un joli voyage intérieur.
♥ Merci ♥

Merci de m’avoir donné accès à cette bulle spatiale et temporelle. C’était très impressionnant de sentir à la fois hors de la ville et en plein dedans mais aussi hors du temps en voyant le paysage varier et les habitants vaquer à leurs occupations pendant notre veille.
J’espère que j’arriverai au moment d’un autre coucher de soleil à me projeter dans cette bulle.
Merci encore

C’est un très beau moment !
Et ma plus forte image a été un événement : l’arrivée dans le ciel d’un arc-en-ciel qui s’est construit entièrement et qui a disparu, dans le cadre devant moi.
Cette suspension allège et rend plus lucide, plus éveillée aux instants, à la beauté d’un arc-en-ciel, et au silence.
Merci.

Être au-dessus de Paris, être au-dessus de ses bruits et de ses habitants. Entendre les bruits feutrés de la ville et se sentir être au-dessus de tous. C’est un sentiment fascinant. La ville nous interpelle avec ses bruits, ses lumières et tout ce qui bouge en bas, tout en bas. Même seuls, nous ne sommes pas seuls quand on regarde les mouvements des personnes, leur vie.

La météo était grise et la pluie et le bruit du vent qui souffle se sont invités. J’ai eu le temps d’observer les gouttes couler sur la vitre.
1h qui m’a parue un peu longue à la fin. J’aurais aimé observer Paris s’étendre pour laisser place au soleil mais il fait déjà bien jour quand on entre dans la boite.
La vue est sublime !
Merci pour l’expérience !

Ce fut un moment apaisant que d’observer la ville et ses mouvements. C’est une expérience qui sollicite vos sens : le cri d’un oiseau, le regard d’un passant, le parfum de l’objet-abri... Merci pour ce moment de calme, d’observation de soi et de ce qui vous entoure, qui fait du bien.

Ah ! L’étrange sensation d’être un peu le maître du monde...

Le bois craque ainsi que mes genoux. Derrière moi, j’entends les rires des mouettes, les cris des enfants qui jouent, le sifflet des jardins vides, le fracas des bennes de verre renversées. Le temps de récréation se termine. Le jour se baisse. Les nuages se lèvent. Devant moi la vie hors cadre : le garde-corps de lumière délimite la forêt d’immeubles, la tour au centre. Autour, les lignes de trains en chemin, de rares piétons en promenade de chien-loup, un gilet jaune qui couvre un toit, un jogger qui va marchant en fente avant. Je roule les épaules. Le couple sur la coulée verte regarde l’abri, ne semble pas me voir. Soudain, je vois enfin le ballon d’air. Paris respire sans fièvre. Que me souffle ce soir ? Je suis libérée avant que le ciel ne rosisse, avant que la fontaine ne s’illumine. Je pèse lourd en l’air. Je serais bien restée là. La tête dans les nuages mutants. Hors du temps. Je vais le prendre doucement, lentement, mais sûrement pour rentrer dans la ville, parcourir de beaux rêves. Bonsoir.

Quelle expérience ! Je me sens très chanceuse d’avoir pu réaliser cette veille. J’ai habité 20 ans dans un appartement rue Chaligny au 8ème étage avec la vue sur le Sacré Cœur.
Après avoir pu admirer le lever de soleil à l’arrière de l’objet-abri (il monte si vite dans le ciel !), j’ai pu me tourner vers l’autre côté. J’ai tout d’abord ressenti une grande nostalgie puis de la gratitude d’avoir pu vivre toutes ces années ici.
J’avais l’habitude de prendre un temps le matin ou le soir pour faire une pause, essayer d’arrêter le temps en regardant la ville.
Ce matin, j’ai aussi essayé d’arrêter le temps. J’ai pensé à tous ces gens dans ces immeubles devant moi et à la vie qui se réveille au matin, à l’immuabilité du temps.
Le soleil a peu à peu commencé à couvrir le Sacré Cœur puis de plus en plus de quartiers.
J’ai essayé de graver cet instant dans ma mémoire : la vue, des petits détails mais aussi le bruit de la ville, le cri des mouettes, l’odeur du bois de l’abri, la texture du bois sous mes doigts, le vertige au début de l’expérience.
Merci encore pour m’avoir fait profiter de cet instant inoubliable.



L’intense brume s’est arrêtée à la gare, laissant parfois apparaître de nouvelles horizontales et quelques verticales lumineuses... mais le mystère reste entier après une heure de veille !

Le temps s’est levé à midi pour m’offrir un magnifique coucher de soleil, digne de ceux des tropiques. Vue magnifique sur Paris, malgré une recherche incessante, mais où donc est passée la Seine ?
Je ne l’ai pas trouvée.

Ça pédale rue de Charenton
Les cheminées fument devant moi
J’avance pas à pas vers cette vue impressionnante
Les nuages sont mes repères dans la ville
Ma buée petit à petit sur la vitre
Le brouillard quitte mes pensées du lundi

Paris très cliché ce soir. C’est une vraie caricature ce gris. J’ai à peine vu les choses s’allumer. Je me suis demandé si ce salon était allumé depuis le début.
Les boîtes d’humains s’emboîtent pas mal.
J’ai éteint le chauffage, le bois sent bon. On m’a fait coucou.
BISOUS

Une bulle de sérénité en milieu urbain.
Je pensais que je m’ennuierai, mais non.
On suspend le temps, dans ce quartier si vivant.
Paris s’éveille

La nuit est tombée imperceptiblement par la fenêtre. Tandis que je regardais au loin, le reflet de la lumière sur la vitre grandissait si bien qu’à la fin il n’y avait plus qu’à l’intérieur de ma propre silhouette que je pouvais encore voir le dôme de la gare ou encore le Tour Eiffel en me tournant légèrement sur le côté.
Je n’ai eu l’impression qu’une seule fois que l’on me regardait. Un couple avec une poussette a levé la tête vers moi, à plusieurs reprise, presque sans trop y croire.
Plusieurs sirènes, une ambulance, des trains, des voitures et des vélos.
À un moment un besoin irrépressible de fermer les yeux, un lourd sommeil semblait flotter autour de moi dans l’objet-abri.
J’ai repars dans un état presque second, comme j’imagine qu’on ressort d’une séance d’hypnose.
J’oscillais entre voir et regarder et parfois j’oubliais complètement la ville.
Il y avait de gros nuages gris tout du long, je me demande à quoi ressemble la tombée de la nuit vue d’ici sans les nuages, par temps clair.
C’est une étrange expérience que de s’enfermer seule pour une durée déterminée sans devoir réfléchir à quelque chose.
Une mélodie m’est venue en tête, j’ai dû la fredonner.

Une belle parenthèse de la vie de tous les jours, dans une ville si vibrante et occupante... Loin du bruit de la ville, une occasion de déconnexion, de prendre une heure que pour soi, juste avant la fin de l’année, de réflexion, lâcher-prise... un moment aussi de gratitude, plénitude... à voir ce magnifique lever de soleil dont j’ai pu profiter en ce matin ! Une toute autre perspective sur la ville, la vie, et pleins de belles pensées... Merci !

J’ai vécu une expérience très intéressante de déconnexion et connexion avec ma ville !
L’impression d’être un géant.
Ce soir je me sens encore plus Parisien.
Vidéo réalisée par Etienne Aussel.
Les inscriptions du Cycle des Veilleurs sont désormais ouvertes avec une possibilité d’accueil en LSF : un·e interprète sera présent·e lors de certains ateliers préparatoires et des personnes signant assureront l’accompagnement de veille.
Dates des ateliers préparatoires en présence d’une interprète LSF :
Pour s’inscrire avec un accueil en LSF, choisissez le tarif "Gratuit LSF" lors de votre inscription.
Pour toute question : infos chez lecycledesveilleurs.fr ou par Skype : LSF Atelier de Paris

Le temps a une autre saveur là haut. Le temps c’est les lumières qui clignotent au matin, c’est la mouette qui vole à ma hauteur devant la vitre, c’est les nuages qui défilent inlassablement en rasant ma tête. C’est le vent qui siffle contre l’abri, c’est mon coeur qui bat entre mes tempes. C’est le rythme de mon corps et de la ville.

Une parenthèse de sérénité dans une semaine intense, c’est ce que j’ai ressenti. Un moment pour se concentrer sur ses sensations, sa respiration, ses pensées. C’est vraiment une expérience atypique et poétique, à partager. Merci !

Je crois que j’ai aperçu le Père Noël au milieu des oiseaux.
Il avait l’air super à la bourre.

À la porte de l’Hiver, s’est présenté Solstice, Solstice...
La veille, l’Automne a pris ses quartiers d’Été
Le Sacre du Printemps s’est invité en pensées.
Il est 17h, Paris m’émerveille.
Merci à Regianne pour sa complicité

Retour sur terre après avoir touché le ciel.
Une expérience unique, singulière, indicible, qui m’a fait me questionner sur mon rapport au temps.
Une heure pour soi, une heure loin de tout, comment peut-on qualifier cela : est-ce du temps volé ? du temps perdu ? ou du temps retrouvé ? J’ai senti mon esprit lutter pour se laisser aller, un combat pour tenter de rendre chaque minute utile, productive presque : et si je faisais mentalement ma liste de course, ou quelques étirements tiens, des mouvements de yoga, ou bien encore réviser mes connaissances des musées parisiens.
Et puis, peu à peu, l’esprit s’égare, il s’abandonne, se laisse aller au temps, à la ville et à soi.
Observer, simplement, contempler, changer de point de vue. Se sentir très grand et tout petit à la fois. Admirer la valse des humains-fourmis, se nourrir du ballet des nuages, vibrer au bruit du vent, s’arrêter sur les cheminées qui fument, se faire interpeller par un oiseau qui passe.
Je garderai longtemps le souvenir de cette heure que je me suis offerte en ce samedi de décembre, à quelques jours de la frénésie de Noël, du bruit, du monde, du trop-plein, aussi. Soixante minutes dans une boîte vide qui sent le sapin. Un luxe assurément. Merci pour l’expérience, je me sens liée aux veilleurs passés et à venir.

Je m’attendais à entrer en état méditatif et j’ai vécu tout l’inverse, j’ai passé une heure à l’extérieur de moi, ma conscience pleinement logée dans mes yeux.
De là-haut je suis d’abord happé par l’horizon, je cherche des repères au loin. J’ai envie de recenser et de me dire tout ce que je reconnais. Sauf que je ne sais pas si j’ai le droit de parler (je n’avais pas anticipé cette envie), mais je m’y autorise. Alors je recense et me dis tout ce que je reconnais, en passant par le scanner de gauche à droite. Cette ville est immense.
Une fois les repères pris, je passe le reste de l’heure à veiller sur le quartier à mes pieds, la rue, le carrefour, la vélorue, la promenade. Un événement advient, puis un autre le remplace. Un homme sort la poubelle. Une mouette passe à l’exacte hauteur de mes yeux. Des passants, nombreux me regardent et me saluent. Le train entre en gare. Parfois l’événement suprême me fait relever la tête : une percée de soleil ! Pendant quelques secondes, un quartier se détache de la ville. Une fois un bâtiment seul : le Louvre.
Je retiens cette très belle sensation de l’effort inutile.
La nuit peut commencer.
Hâte de veiller encore, ailleurs !


Quelle chance !
Le ciel se déchire. Les nuages s’ouvrent, libérant le bleu du ciel ; des trainées grises, blanches et la chute du soleil. Orange, rose, mauve... au-dessus des lignes verticales et horizontales de la ville.
Le sifflement du vent dans la structure de l’abri. Noir le corbeau, blanche la mouette. "Croaa !" "Piou !"
Spectacle magique de cette fin de journée.
La chance du voyageur, de passage dans cette ville quelques jours, en provenance du massif de la Chartreuse dans les Alpes.
Merci de m’avoir accordé ce temps de veille.

IMMOBILE - à l’écoute de la ville, des sons, des bruits qu’elle raconte. Me laisser traverser par des ambiances les yeux fermés, se laisser aller, ne pas penser, rien faire.

J’ai veillé
Cette ville, que je connais finalement peu.
Calme, apaisée, en cette après-midi du 25 décembre. Le vent, le bruit des trains qui entrent dans la gare de Lyon, les mouettes. Pas un rayon de soleil, mais une lueur de couleur crème qui borde l’horizon.
Cet enchevêtrement d’habitations, comme empilées les unes sur les autres.
J’observe ces inconnus qui marchent à une rue les uns des autres mais qui ne se rencontreront jamais.
Comme ces voisins qui partagent une cloison, mais n’habitent pas le même immeuble. Et le cadre lumineux qui m’ancre dans ce décor, dans ce présent.
Mais comme suspendue, un peu dedans, un peu en dehors.
Merci.

À la verticale du ciel
Je sur-veille
Les trains filent
Les vélos zigzaguent
Les chiens promènent leurs maîtres
Les pigeons ponctuent les trottoirs
Je surveille
Tout est en place
C’est la veille
Pour le lendemain
Quand soudain
Dans le ciel
Un oiseau passe
Comme une dédicace ;
Je suis là
(Et mon amour m’attends au café en bas).

En regardant les gens aller et venir dans la rue j’ai repensé à cette inscription sur ce calvaire des Borderies, où vivait ma cousine Maïte :
"Passant, tout passe, excepté Dieu". Elle est passée elle aussi. Mais elle aussi veillait. Elle a veillé sur ses terres, sur ses bêtes, sur sa famille et, sans en avoir l’air, sur sa communauté. Alors aujourd’hui, la tête dans les nuages, je la salue et je salue tous les veilleurs d’ici et d’ailleurs, qui veillent sur leur environnement, leurs proches, leur ville et leur communauté !

Des cheminées sortent des fumées épaisses qui, poussées par la brise, se glissent vers le soleil et le cachent l’espace d’un instant. Les formes s’étirent et se transforment. Une baleine se dessine, devenant tranquillement un cheval galopant, puis un serpent. De multiples animaux imaginaires passent à leur tour pour disparaître. Pollution dans la beauté du soleil levant...

Très sympa les couleurs rosées orangées.
J’ai vu mon homme de ménage de l’immeuble sortir les poubelles. Une énorme mouette est passée me faire coucou.
Plus le temps passe plus je réussissais à mieux appréhender l’espace. J’ai vu au loin l’Arc de Triomphe, la Tour Eiffel était majestueuse en ce jour anniversaire du décès de Mr Eiffel.
Et en fin de veille, j’ai été "découverte" par des promeneurs de la coulée verte, j’ai fait coucou ils m’ont répondu. Je pense qu’ils se demandent "Mais qu’est-ce que cet individu fait là-haut ?"
Super moment. Merci.

Merci pour ce moment avec cette vue. Elle m’a vraiment inspiré de la perspective sur mon rapport à la ville.
J’avais un peu, tout en étant à l’aise et confortable, des tremblements causés par le vent, du vertige à l’extrémité, mais surtout de l’échelle de la ville. Je suis arrivé vers 2015, appréhender Paris fut très long, ce n’est pas fini, et je pense qu’il est temps que j’aille voir ailleurs. Je veux me retrouver dans une autre échelle. Ici il y a beaucoup de "vie" mais cette vie est violente, et elle s’étale trop loin, au plus loin on voit à nouveau des tours très grandes, gigantesques, plusieurs paquebots en un seul bloc dans une banlieue.
Voilà cette réflexion avait le goût d’une perspective particulière. D’autres réflexions ont eu ce goût mais auront moins d’impact.
Mon corps dans une boîte au bord d’un précipice se sentait renversable. La chute, l’envie d’aller aux toilettes.
Je crois que je dis des choses qu’on pourrait trouver négatives mais ce n’est pas mon sentiment.
C’était dense mais une certaine intensité et une envie d’ouverture. Aussi l’idée que cette pratique de la hauteur, de la vue pourrait se ritualiser plus couramment.
Les conditions ont fait émerger quelque chose, quelle ville.
Merci beaucoup

Merci pour cette heure de déconnexion numérique mais de connexion à l’extérieur, à la ville, au ciel de Paris et à moi-même.
Cette bulle en dehors du temps a été très agréable.
J’ai observé le va-et-viens des piétons, des voitures mais je ne me suis surtout perdue dans le ciel changeant.
Les nuances de bleu, rose et gris, le lent mouvement des nuages, les mouettes virevoltant au loin et le sillon des avions qui partent loin de la ville.
Un moment en apesanteur... Merci !

Ressentir la ville en étant abrité.
Bouger d’un bout à l’autre, d’un côté la lune de l’autre le soleil qui se lève.
Et tout change à chaque instant.
Tout vit.
En même temps envie de parcourir l’abri, sentir le bois sous les mains, sous les pieds.
Vivre une heure avec le condensé de tous les bruits de la ville, certains plus présents que d’autres.
Certains prennent beaucoup de place : les trains qui rentrent dans la gare, surveillés par les mouettes.
Et juste à côté le ballet des camions-barres. Ça freine, ça repart. Et partout les passants, les marcheurs silencieux.

Une heure passée en un claquement de doigts. Perchée dans cet objet-abri, on se perd vite dans ces 4m2, dans cette vue et dans ses pensées. Le ciel et les passants rappellent le temps qui s’écoule : c’était une expérience à part d’où l’on ressort apaisé mais aussi avec l’œil aiguisé (c’est fou ce que l’on découvre d’un paysage lorsqu’on regarde vraiment).

VERT / Immeuble aux volets oranges / Petit caniche qui patrouille / Belvédère / Apic / Montmartre / Paris 13 / Esther-Guylaine / Un petit coucou perdu / Chronopost / Amazon / Grincement / Bouton violet / soleil progressif / Vert

Paradoxalement coupée du monde et connectée à lui.
Paris à perte de vue, le calme de mes pensées, un joggeur qui court avec son chien...
Une expérience unique et enrichissante.
Je ne saurai quoi dire d’autre, c’est une expérience à vivre une fois dans sa vie !
Merci amouri

Vu d’ici tout semble si proche
tous semblent si proches - le soleil s’est levé si vite que je ne l’ai pas vu approcher.
Une heure avec moi-même ça n’arrive jamais, et je suis profondément heureuse et reconnaissante de voir ce matin arriver. Les veilleurs forment un cercle et je suis rentrée dedans.
La lune a fait le tour du cadran.
Merci pour cet abri et pour ces soixante minutes que je n’oublierai pas.

OBSERVATIONS FROM THE CABINET, THE ROOFTOP :
*SEEING PEOPLE WALK FAST AND SLOW WITH A PET AND WITHOUT
*THE TRAINS AND PLANES GOING TOWARD DIRECTIONS
FINALLY, AN EXCELLENT VIEW OF THE CITY, A GREAT SUNNY DAY.
THE BEST PLACE TO MEDITATE.
THANK YOU

Des trouées dans un ciel cotonneux, la mélodie du vent, le chant lointain des sirènes, la ville s’éveille, timide, pour l’an nouveau.

Être seule, penser à lui et espérer qu’il pense à moi. Le retour bientôt.
Cette ville je l’aime parce que je t’y ai trouvé.

Front d’ouest sur Paris. Trombes d’eau et vent fort. Le jour ne se lèvera pas. C’est une veille sur un paysage gris sale où la lumière ne jaillit pas, mais tout semble être absorbé et se perdre dans la ville.
C’est une expérience troublante
Ces lumières scintillent

Un accompagnateur bienveillant,
un protocole de sécurité
Et pourtant, une angoisse commence à monter.
Quel est cet objet étrange,
Qui va m’abriter ?
Je vois une horloge au loin.
C’est celle de la gare de Lyon.
Elle me rassure.
Comme si ce point de repère m’autorisait à lâcher prise.
Alors je m’ancre.
Le sol tremble.
Et mon corps est là, flottant,
Comme un trait d’union debout entre ces deux mondes.
Cette ville que je pensais connaître m’est différente.
Ces gros blocs coupés, ces fourmis humaines,
qui se déplacent sous les ordres de ces lignes droites tout à fait arbitraires...
Les voitures contournent les courbes du rond-point.
Les trains suivent leurs rails parallèles.
C’est une danse urbaine à laquelle j’assiste depuis mon corps immobile.
Une autre danse s’opère. Celle de mes pensées. Que mes émotions viennent parfois perturber. Je me raccroche au réel : à l’architecture. L’objet. Les cadres. Aussi absurdes qu’elles puissent paraître, on semble avoir besoin de ces lignes droites pour s’évader...
Merci pour ce moment.

Un moment incroyable à veiller sur Paris. Après un lever de soleil dégagé. J’ai vu le vent et la pluie passer sur toute la ville avant de retrouver le soleil. Une heure pour la contemplation quel cadeau pour commencer la journée et l’année. C’est beau la ville. Merci à la compagnie des Veilleurs et bonne continuation à tous•tes les veilleur•euses.

J’ai trouvé cette expérience incroyable, j’ai vécu un remake de ma vie en condensé, dans cette petite cabane fragile et en même temps solide, les nuages étaient présents, le vent, la pluie. Ensuite les nuages se sont dissipés et ont laissé place au soleil quelle merveille. Les gens passent mais le soleil reste. Je domine la ville mais je m’incline devant lui. Je suis un peu comme cette petit cabane. Merci pour l’expérience et bravo pour l’idée et le partage.

Les bruits de la gare et des voitures. La ville bourdonne. La couleur de la ville est encore grise et bleue. Le soleil ne s’est pas encore levé. Petit à petit, il y a un changement de lumière. Des rayons orange se reflètent dans la surface des immeubles. J’imagine que partout dans la ville il y a des gens qui font quelque chose. On se lève et on fait quelque chose. Le cycle de la vie ? Les bruits augmentent. On ne voit pas ce que les gens font, mais on sent une augmentation d’énergie. Le soleil éclaire la ville. Le jour a commencé.

J’ai pensé à Où est Charlie, à Fenêtre sur Cour, à Turner et à Monet.
On ne sait plus le temps, ce qu’il est sensiblement en dehors des horloges, des smartphones, de la course permanente dans laquelle on se lance parce que ça nous rassure mais sans savoir pourquoi.
J’ai adoré regarder le ciel, le proche, le lointain, percevoir les sons de ville apaisés, entendre des trains, des cris d’enfants et le vent, enveloppant.
On se sent immense et minuscule, fort de retrouver la force de la nature et impuissant.
J’ai voulu aimer ceux dont je devinais des bribes de vie imaginaire.
Merci. Profondément. Être cette partie d’un tout, de cette expérience sensible d’un humanisme salvateur me procure un apaisement dont je suis infiniment reconnaissante à tous ceux qui font et permettent ce Cycle des Veilleurs.

J’ai embrassé l’aube d’hiver.
Gloire de la banlieue sur Paris grand ouvert.

Coucher du soleil et introspection devant la plus belle ville du monde.

Une sacrée expérience d’observation, de jeu sur les points de vue, de cache-cache, de sens visuels en (r)éveil, de volumes, de "maquette" taille infiniment réelle, de surprises, de découvertes, de calme, d’apaisement qui m’a donné envie de furieusement me replonger dans le bouillonnement francilien et dans ma vie. Merci !

De l’abri on entend le vent, les mouettes, le bruit de la ville. On voit sans voir.
Merci aux veilleurs, j’ai l’impression de détenir un secret.

Lent cuir du béton
Sur souffle agile du ciel
Sourd le temps du rêve

Au-dessus de Paris, j’ai pu voir les passants circuler, les fenêtres se fermer, un train qui s’en allait et des oiseaux tout au-dessus.
De là-haut on change de perspectives, on se sent plus serein, rien n’est plus grave. Une autre journée s’achève et il est temps de rentrer.

Une nouvelle année
La rentrée des classes
Un froid glacial et de la buée sur les vitres

Les passants, les vélos, les camionnettes de livraison vont tranquillement. Quelques personnes lèvent la tête mais très peu. Les antennes hertziennes pointent toutes vers ma Tour Eiffel. Peu à peu les lumières s’allument. Les enfants rentrent de l’école. L’horloge de la gare de Lyon affiche bientôt 17h12. La vie va reprendre son cours, je redeviens passant parmi les passants.

À l’Ensemble Erard Charenton, en partenariat à l’Atelier de Paris, Joanne Leighton présente une performance unique, le Cycle des Veilleurs.
La boîte est arrivée par les airs. Elle a trouvé sa place sur le toit d’un immeuble. Chaque jour, cet « objet-abri », perché dans les hauteurs, reçoit durant une heure deux hôtes différents, au lever et au coucher du soleil. Après une première étape en Seine-Saint-Denis, le Cycle des Veilleurs initié par la chorégraphe Joanne Leighton se déroule depuis début septembre au cœur du XIIe arrondissement de Paris.

Cette expérience a été pour moi un très beau moment d’enchantement en même temps que de gratitude : à Paris premièrement pour m’avoir accueillie pendant mon séjour de presque deux ans dans la ville, et m’avoir fait comprendre tant de choses sur ma vie et sur qui je suis. Et puis à la vie elle-même et à l’opportunité de vivre une expérience aussi forte et puissante avec ce projet-là. Donc, je vous remercie à vous tous de l’équipe pour ça.

Au bout d’un moment je prends conscience de couches successives. À mes pieds, la rue, les passants, les voitures, le quotidien. Un niveau plus haut les immeubles encore éteints, les habitations probablement encore ailleurs. Puis, les bâtiments plus haut, jusqu’à l’horizon. Les monuments, les tours, la tour Eiffel et puis, dernière couche, le ciel et les nuages, la fumée de quelques cheminées qui s’intègre dans le gris du ciel. Vers la Tour Eiffel le ciel est plutôt couleur de champignon. Je me perds un peu dans les nuances de couleurs et leurs noms. Quelques oiseaux passent à toute vitesse. Il fait froid, il est temps de trouver un abri pour la nuit. Longue fascination avec les motifs créés par la fumée. Trois cheminées en émanent surtout, mais à un moment donnée j’ai l’impression qu’il y a une longue pause sur celui de gauche.
À un moment donné, je vois ce qui semblerait des pétales qui volent et je pense au printemps et aux fleurs qui envoient leurs traces partout. Mais il s’agit de flocons de neige - non pas qu’il neige vraiment - juste quelques flocons ici et là. Je suis curieuse de voir les lumières s’allumer dans les immeubles, mais il est peut-être trop tôt. La gare de Lyon m’attire le regard encore et encore. Soudain je remarque beaucoup de lumières allumées dans un immeuble en face. Comment ai-je raté le moment ? Les bruits de la rue, de la ville viennent et vont aussi. Et puis le temps s’estompe et il est l’heure et le nuit arrive encore cette fin de jour.

Dans cette cabine en bois, pendant cette heure de veille, j’ai confronté au vivant et à la temporalité. Je vais raconter mon expérience en mêlant le français et l’anglais pour représenter mon expérience de manière la plus authentique car mon cerveau jongle ces deux langues. I started seeing ants, les gens déambules dans de soignés droites. Ils ont l’air de marcher avec une intention. Unlike the pigeons who flu without conforming to the urban structure. In fact seeing these pigeons from up high was a new perspective which offered a submarine landscape to my eyes. I saw flying birds as fish who swam above coral. I saw cars the size of toys. I saw places que je fréquente comme le Centre Pompidou, Montmartre as lego. Puis, en me tournant vers l’autre bout de la cabine j’ai vu Antibes, j’ai vu Toulouse, j’ai vu Lyon. J’ai vu des lignes, des lumières, des reflets, des monuments, des horizons. j’ai vu les formes figées et vivantes de Paris. I felt a tender tension between paying attention to the urban life and my internal cycle. I counted my breaths at some point, felt my fett getting cold. I walked arounf, I felt the simultaneous pulses of my body and the city. I am very gratefyl to be part of this group performance. Thank you Joanne Leighton, thank you Benoit (mon accompagnateur), thank you organisers, thank you Paris, thank you pigeons, thank you walkers, thank you sun, thank you time, thank you lungs.

Moment magique et quelle chance d’être ici par cette journée claire avec un soleil rond orange flamboyant. Je ne voulais pas qu’il disparaisse.
Moment d’observation sur une ville que j’aime et que j’habite. Mon 1er vrai coucher de soleil dans la vision pendant une heure. Moment de guette, de veille en pleine conscience sur les bruits d’une ville. Le souffle d’une ville qui s’éteint, son souffle qui semble s’apaiser jusqu’à la veille du lendemain. À l’affut de son rythme, de ses soupirs, inspirations, expirations. Un rythme de vie évanesçant qui recommence éternellement.
Merci pour m’avoir permis de vivre ces vibrations, ces murmures de vie tout simplement.

Cette date est celle de l’anniversaire de mon petit frère Mohamed Fadhel. Fadhel est matinal, il doit avoir les yeux ouverts à cette heure et ses yeux ouverts sur la Tunisie, mon pays. J’ai fait le choix de veiller sur ma ville d’accueil, Paris, d’observer le soleil habiter et vêtir tout le ciel ai moment où lui vit ce moment à Menzel Bourguiba en Tunisie.
Fadhel, voilà ce que j’ai vu, ce que j’ai entendu, ce que j’ai aperçu : un manteau orange, un sourire au nom de Anne, j’avais rendez-vous avec le soleil à 8h41 dans un abri en bois perché à 65m de haut sur un toit parisien. En quelques instants, j’ai touché l’horizon et il a suffi d’encore moins de temps pour que je fasse corps avec le paysage. Une bouche cachée soufflait au loin dans un ballon orange comme le feu, une main jonglait habilement avec cet astre grandissant, soleil levant.
Autour, tout était encore terne, la ville, une pâte de gris étalée sur le sol, quelques temples reconnaissables, une dame de fer engloutie par le froid, un xylophone de Pompidou dans un silence grinçant.
Nous avons de la chance moi et toi, regarde, aucun nuage, il n’y a que des troupeaux dispersés de fumée de quelques cheminées qui s’agitent comme des drapeaux. Nous ne sommes pas seuls, les oiseaux lancent des cris et tirent en volant sur les fils des bâtiments, la ville se réveillant. Je continuais d’observer les magiciens du ciel, le soleil lançait ses rayons orange tels des rubans au milieu de quelques klaxons et toujours dans ce bruit couvrant vrombissant constant. La lumière continuait à couvrir la ville et je continuais à penser à toi.
J’ai accompagné le soleil ce matin dans sa belle œuvre de coloriser le paysage, de révéler les motifs et de joyeux détails et sur les toits de Paris comme une peintre urbaine, j’ai dessiné en orange, en rose, en vert puis en bleu et jaune des je t’aime : Joyeux anniversaire et des rires !
عيد ميلاد سعيد فاضل

Au début, j’ai gardé mes yeux rivés sur le rue en bas, comme si je n’arrivais pas à m’extraire du tohu-bohu de la ville.
Et puis, le soleil a rougi à l’horizon, allumant plein de petites braises incandescentes. Je voyais ces petites paillettes rougeoyantes sur les tours de la Défense et sur la butte Montmartre. À ce moment là, j’ai lâché prise, acceptant de faire partie de la ville différemment et acceptant ce moment hors du temps. Je me faisais la réflexion, on parle toujours des couchers de soleil magnifiques à la mer, mais quand a-t-on l’occasion d’assister à un coucher de soleil sur Paris ?
Merci, merci pour cette initiative si poétique qui nous force à appuyer sur le bouton pause pour observer le ballet de la ville.

Perdre pied
et la tête
Bouleversée par le ballet du quotidien
Où vont-iels tous•tes de ce pas plus ou moins pressé ? Travailler ? Boire un café ? Se balader ? Prendre un train et s’évader ? Voir ailleurs si on y est ?

Expérience remarquable...
J’ai apprécié la séance de préparation qui permet de monter sur une scène, et de prendre connaissance avec l’envers d’une salle de spectacle.
La veille s’est bien passée également. Beaucoup de réflexions m’ont traversées. Parmi elles, la sensation de se localiser personnellement dans cette si grande ville, de s’en extirper en restant en son sein ; voir voler les oiseaux par dessus, le pouvoir extraordinaire de l’observation...
Il me reste à appréhender la troisième partie de l’expérience, le bilan.
Merci pour ces moments.

Pendant une heure, ne plus être là pour personne mais paradoxalement être avec tous. Inverser l’ordre des rapports : rapport à soi d’abord, ensuite à l’environnement et enfin aux autres. Vivre cette responsabilité ni reportable ni délégable, ici et maintenant et avec une douce joie.
Au fur et à mesure que le jour se lève, que la lumière est plus présente, que le brouillard se dissipe, la ville apparait en couleurs, en volumes et en sens et le corps disparaît, se fond dans le paysage, dialogue avec lui. Je pense à tous ceux qui ont été présents dans cet objet-abri avant moi, aux traces infimes de leur présence laissées après eux. Je pense à ma propre trace et au relai qui va s’opérer ce soir et demain et après-demain avec les prochains veilleurs et veilleuses. Tout n’est que recommencement...

Quelle belle introspection...
Simple voisin de ce bâtiment mais aussi membre de ce quartier depuis toujours, je me retrouve contempler la ville un jour de grand froid, et qu’est ce qu’elle est belle. C’est la même qui a accueilli ma famille cherchant bonheur il y a plus de 50 ans, quittant famille et ami. Et moi, le petit-enfant de ces gens arrivés du Portugal, venu s’installer à deux pas, rue Crozatier, j’ai la chance de m’émerveiller, en hauteur, de cet endroit qui fait parti de moi et de mes proches, là où tout a commencé. 1 heure de joie et de belle solitude, peut-être trop peu. Perdu, là à observer les passants et les bâtiments, mais aussi perdu dans mes pensées. Chorégraphie interne et externe à laquelle j’ai pu me dédier.
Merci pour tout.

– J’ai cherché en vain le soleil... Est-ce les nuages ou la pollution qui floutent ainsi les contours ?
– La marque de l’homme partout, partout, partout... Envie de se raccrocher à toutes les traces du vivant non humain (les arbres, les corneilles...). Et surtout envie de faire la même veille en haut d’une montagne au milieu d’une nature préservée.
– Une lueur d’espoir quand une lumière rangée déchire la brume au dessus du sacré coeur...
– Pourquoi a-t-on autant besoin de repères temporels ? En référence à mon soulagement en trouvant la tour de la gare de Lyon et son horloge au bout de 50 min ?
– Envie souvent de fermer les yeux pour me reconnecter à mon corps et me projeter dans un ailleurs plus harmonieux...
– Heureuse en trouvant qu’au Nord Est, le plus beau bâtiment est l’école de mon fils de 6 ans...
– Le plus beau dans cette expérience est son caractère méditatif... D’où ces pensées décousues.
– J’y repenserai longtemps... Pourquoi ne pas revenir en été quand il sera plus facile de voir aussi la nature dans la ville ?
MERCI

Je suis ravie d’avoir pu veiller telle une gargouille sur la ville lumière, à chaque seconde la couleur de Paris change.
Quel plaisir d’avoir pu prendre de la hauteur et de redécouvrir ma ville.
Merci

Une heure pour rien
Une heure pour tout
Ici et maintenant
Whaouh merci la vie !
Marci les Veilleurs !
Traversé par les vols d’oiseaux, les cris de mouettes, le pas des sabots des chevaux de la grande montée.
La beauté du ciel rosé, de belles gloires flottant à travers les nuages.
Beaucoup d’impressions extrêmes
Le près / le loin
Le mobile / l’immobile
Le silence / les sons
La lumières / l’ombre
L’est et l’ouest.
Compliqué pour moi de ne pas danser pour ne pas accompagner ce moment, du coup j’ai chanté !
Car au-delà de la vue, du vertige, j’ai beaucoup aimé l’acoustique de cet espace chaleureux et mat. j’ai toujours un air dans la tête et ce matin c’était "La Mort du cygne" qui m’est resté d’un visionnage que j’ai fait hier d’une archive de la Pavlova.
Anna Pavlova était avec moi. ♥
Ce sont les vibrations produits par mon chant qui m’ont petit à petit amené au silence, à fermer les yeux, au rien...

Un froid glacial, mais j’ai vécu une expérience très intéressante de déconnection.
Vue magnifique sur Paris.

Veilles, allonger le temps, allonger l’espace.
Hors cadre le cercle d’or, pourtant visible par le visible.
Échos de la ville dans les gammes de la pluie.
Calme géométrie dans une gamme de gris.
Diagonales toits, ronds parapluies sur compas, double métronome.
Points clignotants de lumière, traits tirets néons des trains.
Zigzagues signalétiques, courbes fumées...
Lignes éphémères du vol des oiseaux...
Réveil, revenir au présent, reprendre la danse.

Pluie depuis ce matin, dommage de ne pas chauffer un peu avant de se présenter. Très froid et l’humidité intérieur sur la vitre n’arrange rien, les gouttes d’eau se succèdent en esteriaire. Heureusement qu’il y a un peu d’activité avec les trains de la gare de Lyon, on entend du bruit, pas un vase clos !!!
Le ciel s’est assombri un peu, pas de nuit naissante. Le temps passe vite.
À refaire avec un beau coucher !! Au lever !!!

Il a neigé dans la nuit. La ville est couverte d’un léger voile blanc. À mesure que la brume matinale se dissipe, des bâtiments apparaissent ; et les autres se découvrent à mesure que la neige fond. Je sens que je fais partie de cette ville et de ses gens. Le soleil perce les nuages et je suis attentivement la course de ce rayon que les toits et les façades. Elisabeth vient me chercher. Ce moment était trop court.
Merci pour cet instant.

Les toits encore enneigés.
Une magnifique lumière d’un beau jour d’hiver
Le soleil se couchant.
Les rayons colorés passent entre quelques nappes de fumées s’échappant des cheminées.
Paris sous la neige de janvier.

C’est à se demander pourquoi les oiseaux ne volent pas plus haut.

On respire ensemble
Dans la nuit
Dans les ombres,
On respire ensemble,
Le monde.
La vitre est froide,
La ville est floue
Et large la voie ferrée.
Lenteur spectrale des trains qui démarrent leur trajectoire.
Arriver.
Arriver quelque part,
Arriver quelque part où l’on a pied.

Merci !

Merci pour cette superbe expérience où l’on prend le temps.
D’observer, de sentir, de contempler, d’admirer.
Où l’on se sent à la fois partout et nul part, au plus profond de soi mais aussi dans la profondeur des cieux où dans les recoins des rues avec les passants et les gens affairés.
Quel bonheur de prendre de la hauteur et de vivre ces quelques moments différemment.
Merci encore

Un soleil qui se dévoile peu à peu derrière des nuages, le bruit des mouettes, des parisiens qui se réveillent...
Merci de m’avoir permis de prendre le temps d’observer, d’admirer et de ressentir ! ♥

Le temps file, le temps défile puis s’arrête, 1 heure, temps finalement très court. Le temps d’apprécier Paris embrumé, les lumières s’allumées, les ombres des bâtiments et des passants dansées.
Et puis redescendre finalement de cette veille hors du temps...

La ville se réveille sous le ciel gris du mois de janvier.
Tout en bas, on court, on s’active, mais où vont-ils tous ?

Assister au coucher du soleil avec le lever de lune accompagnée par les lumières de la ville aux sons des bourrasques du vent.
Un moment magique !

J’ai vu le soleil se lever, disparaître sous les nuages, irradier un instant les façades comme mille facettes avant de se retirer dans le gris. Paris toute grise - classique - et fourmillante, présente à moi. Mon œil s’accroche, cherche et se laisse surprendre par ce que je ne cherche même pas. Tout le monde s’active mais pour une fois moi je n’ai nulle part où aller, personne qui m’attend, pas d’autre chose qu’être là. J’apprécie de ne pas tout voir et j’apprécie tout ce que je vois.

Hiver. Dans trois jours j’ai 51 ans.
Bourrasque 1
Je suis une petite fille. Les joues rouges. Les yeux brillants. Je prends la Tour Eiffel à pleine main et je l’échange avec l’horloge de la Gare de Lyon. Je fais la même chose avec le Sacré Cœur qui est vite remplacé par la Bibliothèque François Mitterrand. C’est au tour du 174 rue de Charenton. J’attrape joyeusement l’immeuble et vais le mettre en plein milieu de la place de la Bastille en ayant pris soin de pousser l’arcange Gabriel.
Bourrasque 2
Un corbeau passe. J’entends son cri s’éloigner.
Bourrasque 3
Mal derrière les jambes, les muscles, les tendons.
Bourrasque 4
Je suis une éphémère au bord du Monde.
Je bois des yeux.
Les habitants du 174 rue de Charenton ne remarquent pas tout de suite le changement de Paysage de leur fenêtre. Le bruit se fait plus intense. Une enfant regarde par la fenêtre du 3e étage elle dit "maman, je vois la mer". Le regard tourné vers le Port de l’Arsenal. Elle sourit.
Le corbeau se pose, il est las, de sa vie de cette vie de corbeau si triste il s’élance pour la dernière fois, une voiture passe.
Mon corps m’échappe.
L’invisible devient visible.

Demain, j’ai 23 ans.
Je me réveille sur Paris, au son des bourrasques de vent et des croassements de corbeaux. Ce sont parmi mes sons préférés. Ils m’évoquent l’oreiller, le sifflement des arbres, un souvenir d’enfance...
Merci pour ce souvenir, offert par les fenêtres projetant soudain une lumière jaune à l’extérieur, reflétant dans la flaque d’eau, ouverte en deux par un cycliste partant au travail, qui laissant passer un piéton se retrouve face à la boulangerie et part s’acheter une brioche.
Le rythme de la vie en hiver à Paris, je crois que c’est ce que je préfère.

Ca matin, quand j’ai vu le soleil se lever, par la fenêtre de chez moi, j’ai su que ma veille serait magnifique, et elle l’a été. Aujourd’hui je ne peux dire que j’ai vu le soleil se coucher sur Paris. Merci pour cette heure dans les nuages...sans vertige !!!

8h30 : Je découvre l’objet-abri et je suis émerveillée par l’effet qu’il produit sur moi : sa simplicité et le reflet répété du cadre lumineux dans les vitres me subjuguent.
Face A : Paris comme on l’imagine avec ses monuments principaux dans la brume.
Face B : Paris ressemble à une ville dortoir. Les fenêtres sont trop petites ou trop éloignées pour que je puisse imaginer les milliers de vies qui s’y déroulent. Je suis un peu frustrée. Je me concentre sur la "face A" et sur l’odeur du bois. J’entends le tumulte de la ville de loin et les chants des oiseaux plus proches. C’est nouveau comme sensation.
Je n’ai pas de montre, comme les consignes l’exigent, mais je réalise au bout d’un certain temps que l’horloge de la gare de Lyon est dans l’axe du cadre lumineux : je suis rassurée et un peu déçue à la fois.
9h passé, je me demande si Elisabeth, mon accompagnatrice, est passée voir si tout allait bien. Mais comme tout va bien...
Une chanson dans la tête : Promenade de Gaëtan Roussel. Je fais une promenade passive, intérieure - et parfois quelques pas entre les faces A et B. Je découvre de nouvelles rues dans le quartier. Comme un enfant qui fait coucou aux péniches de la Seine depuis les ponts de Paris, je remarque une jeune femme qui lève la tête et la salue d’un geste de la main. Elle me répond ! Cette interaction avec cette inconnue m’accompagnera toute la journée.
Vers la fin de l’expérience, je cherche à activer d’autres sens, je me suis habituée à l’odeur du bois et ne le sens plus. Je mets mes mains sur la vitre froide, le bois chaud...
Ce matin, je n’aurais pas vu la Tour Eiffel sa robe de brume mais j’ai découvert de nouvelles voies, raccourcis ou voies détournées : merci pour ce changement de perspective !

Quelle chance de pouvoir admirer Paris ma ville chérie sous un autre jour et découvrir de nouvelles perspectives, de nouveaux paysages, de nouveaux assemblages de lego plus ou moins hauts, plus ou moins colorés.
Je redécouvre des chemins et mes yeux s’habituent à la grisaille de nombreux bâtiments. Tout à coup j’entrevois Bercy, et puis je retrouve Beaubourg. D’abord j’entends les sirènes d’une ambulance et puis les cris d’une mouette que je vois voler tout près de cet espace vertigineux qu’est l’objet...
Je ressens la joie de contempler la ville de pouvoir imaginer un câble tendu du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.
Du coup ça me donne l’impression d’une ville pas si grande que ça...
Porte d’Ivry, l’incinérateur, le rocher du Bois de Vincennes, la promenade plantée vers la gare de Lyon. Et puis la brume tombe, enveloppe, recouvre Paris. Les lumières s’allument, les bruits sont plus étouffés. la Tour Eiffel s’éclaire, les tours de la Défense s’estompent dans le brouillard, la grosse horloge de la gare de Lyon est toute blanche et luisante. Les feux des voitures signalent les embouteillages du soir qui est arrivé.

Je crois que Paris, c’est fait pour être gris, et c’est pas forcément une mauvaise chose. C’est son teint, et elle le porte en différents tons. C’était précieux de la voir harmoniser son camaïeu de gris, je me suis senti chef d’orchestre des nuages. J’ai regardé le paysage à l’envers dans une goutte, ça m’a paru pleinement Paris.
Les bâtiments apparaissent et disparaissent dans la brume, et j’ai passé une heure à jouer à cache-cache avec la ville. J’ai fini par sauter d’enthousiasme en voyant La Défense, tout arrive !
J’ai veillé aussi sur le son de la ville, les éboueurs, le vent, les trains, la pluie, une barrière qui s’ouvre. J’ai veillé sur les veilleurs, les mouettes, qui me narguaient un peu de leur liberté.
Je retiens une tâche orange sur le toit tout vert juste sous l’objet-abri, un élagueur venu tailler les arbres.
Accompagner le réveil de mes ami•es en les imaginant grâce aux repères dans le paysage, ou les accompagner au travail, m’a apporté beaucoup de paix. Je me suis attaché aux structures qui signalent leur présence en clignotant, grues ou pharmacie.



Veille pour le lever du jour. Instants précieux, sensations étranges - plénitude. Je veille sur Paris et le lever du jour. Le soleil se lève doucement, des couleurs somptueuses. Je suis là. De l’autre côté de l’abri, le jour se lève petit à petit, la pleine lune me fait face et va s’estomper peu à peu. Sensation étrange l’infiniment petit face à ces nombreuses habitations et monuments. Quelle est ma place dans ce vaste monde ? La vie prend doucement place, tous les sens sont à l’affût : la vue, le bruit, la sensation de chaleur.
Bref une expérience enrichissante avec beaucoup de ressentis et un retour au calme. La plénitude absolue.

J’ai habité le 12ème. Je suis en France depuis 3 ans.
À Paris, tu cours. Les gens marchent, prennent une cigarette dans leur fenêtre, courent dans la rue.
Ce fut magique. Je suis venue sans savoir ce que cela va donner. La magie des hauteurs. Le soleil qui est là, les toits gris, les Velib, la Tour Eiffel, et les oiseaux. Je dis putain, quelle vie pour ces oiseaux, ouvrant leurs ailes sans soucier des métros, des loyers, de la vie. Volant Paris.
Ce soir, j’ai volé aussi.
Merci pour ce moment qui marque à vie.
Merci pour cette pause thérapeutique. Un retour au repère.
Amour.

Une heure à profiter du spectacle de Paris qui s’éveille. Ce matin c’est dimanche, Paris n’est pas pressée. Malgré le froid un homme a ouvert grand toutes les fenêtres de son appartement. Rituel matinal. C’est ce que m’a inspirée cette veille. Un vent de fraicheur, un nouveau souffle, un nouveau regard sur une ville que j’ai pu rencontrer dans toute sa splendeur hivernale. Je repartirai très apaisée, réconcilier avec Paris.
Apparemment, j’étais la première à avoir l’occasion de voir le lever du soleil depuis un long moment. Pourtant, je ne l’ai pas vu. Je regardais du mauvais côté. D’un coup, je me suis aperçue que la lune pourtant bien pleine avait disparue et que dans mon dos le soleil battait son plein, cela n’enlève rien à cette veille.
Merci pour cette expérience émouvante.



Merci pour ce doux réveil ! Tout Paris était rose, puis orange, puis blanc. Tout est plus lent et plus calme le matin vu d’en haut, c’était très apaisant. Ça m’a donné envie d’aller marcher dans Paris, d’aller voir d’autres endroits de la ville au lever du soleil et de découvrir d’autres points de vue. J’aurais aussi l’impression d’être un enfant, face à des fourmis, des playmobiles ou un livre "Où est Charlie ?"... C’est rare d’avoir des moments contemplatifs en milieu urbain, cette expérience crée plein de tendresse pour la ville et ses habitant•es.

La performance participative de Joanne Leighton est entrée dans Paris. Où les citoyens prennent de la hauteur !
On les croyait disparus, et voilà qu’ils renaissent, de façon contemporaine. Autrefois, les veilleurs avaient la fonction que leur nom indique. Une armée ennemie se pointe à l’horizon ? Un incendie qui se déclare ? Le veilleur fera retentir les cloches de la ville. Avec Joanne Leighton, la veille prend une tournure poétique, voire intimiste. Chaque jour, au lever du soleil comme à son coucher, une personne, à chaque fois nouvelle, s’installe au-dessus des immeubles d’une ville, dans un abri cubique conçu par le scénographe Benjamin Tovo, qui l’abrite des éléments comme du bruit de la ville.

Paris ne m’a jamais paru si grand. Un sentiment d’immensité m’a frappé entièrement à mon arrivée dans l’abri. J’étais petite face à tout ça et pourtant si haute. J’ai été surprise par le changement de rythme, de temps, des passants me semblaient parfois aller au ralenti. Tandis que les oiseaux, joyeux, m’emmenaient voir autre chose. Tout bouge et moi je regarde. Mais difficile de rester immobile. J’ai adoré faire des petits mouvements simples qui paraissaient immense eux aussi.
Merci pour ce moment hors du temps.

Observation du matin.
"Paris est si petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour". Des passants, des agents de propreté, des runners, des travailleurs, des parents, des enfants, des personnes qui se lèvent, des cyclistes, des voitures, une personne qui lève la tête, personne au balcon, peu d’appartements éclairés, beaucoup de mouvements dans la rue. Quelle chance d’observer les Parisiens et les Parisiennes, d’avoir ce temps pour observer le cœur de Paris, profiter de Paris et de sa vie !

Expérience sensorielle contradictoire ; seul et connecté au monde. À la fois fragile et puissant. En surplomb, on a envie de protéger et diriger. Impuissant, on se soumet à la force implacable du paysage. Expérience démiurgique Urbi et Orbi !
Je passe le relais. Veillez sur nous vous qui venez ici !

J’ai vu le soleil se lever petit à petit, et toute la ville s’est réveillée, même si Paris ne dort jamais. J’ai vu comment des ombres bougent, comment des oiseaux volent... C’était tellement, beau, silencieux et majestueux.

J’ai découvert la petit salle "en bois", j’ai pensé "Hammam" ou "sauna". Ça me rend le sourire que c’est calme, très silencieux, je vois partout la Tour Eiffel, l’église Montmartre...
Je me sens "voler", légère, une petite danse et yoga... C’est très agréable d’être là !
Je ne pense à rien, ça m’a soulagé de mon corps !
Ça passe très vitre une heure ! Je ne sens pas être restée très longtemps debout !
Bravo...
Paris, la ville est magique pour moi. Avec le temps agréable, le soleil est là 😊
(Je crois que je suis la 1ère femme sourde ?)

Ma veille fut pour moi un moment durant lequel je suis passé par une succession de différents états sensoriels et psychiques.
Tout d’abord, mon premier réflexe, comme beaucoup de monde je pense, fut de m’émerveiller du fabuleux panorama qui se dressait face à moi. Il m’avait déjà été donné de voir Paris d’un angle sur-élevé, mais jamais de celui-ci. Tour Eiffel, Sacré-Cœur, Tour Saint-Jacques, Notre Dame, Bercy, Le Panthéon... tout y est.
Cet état de contemplation passe assez vite. On se retrouve, en un peu moins de 5 minutes, à se dire "et maintenant ?". Se créée alors une forme d’inquiétude face à cette intimidante cloisonnée qu’il nous reste à vivre. On regarde alors la ville d’un œil plus aguerri.
Tout d’abord, les sallicitations lumineuses nombreuses viennent capter notre attention : lumières de la gare, panneau de la pharmacie, feux de signalement, panneaux publicitaires...nombreux sont les dispositifs de la ville conçus pour captiver notre rétine. On baisse ensemble les yeux et on regarde avec plus d’attention tous ces humains qui grouillent. La ville fourmille littéralement : des ouvrier sur les toits, les cyclistes, des piétons, des conducteurs, des mamans, des employés, des joggers...notre champ visuel contient en permanence une vingtaine de personnes qui vaquent à leur occupation, chacun avec style, leur dimanche. On se met alors à s’intéresser à eux, s’attacher à eux. Au loin, les activités humaines sont également visibles, les lumières des bureaux s’allument progressivement, les trains passant à une cadence de plus en plus élevée. Face à ce bouillonnement, on se rend alors compte qu’on est plus dans un état de contemplation, mais bien de veille. On s’intéresse à la ville, surveille ses habitants, vérifie que tout se déroule bien.
L’action de veiller est alors très prenante et on en vient à s’oublier en tant que veilleur. Le spectacle étant bien plus actif que ce que je m’imaginais, je me suis senti comme un être omniscient surplombant la ville, rendant ainsi l’expérience extracorporelle. Mais petit à petit, je vois mes collègues entrer dans les bureaux où l’on travaille, sonnant ainsi l’approche de l’heure fatidique : 9h30, la fin de la veille.
La ville nous rappelle alors en son sein, et on se souvent, après avoir veillé pendant une heure.

Le soleil passe sous l’horizon pour illuminer la matière de l’intérieur. La ville brille.

Merci pour ce beau moment, merci Paris, tu es belle ! Toutes ces fenêtres, carrées, rectangles, tes rues qui se croisent et tous ces parisiens qui courent, se parlent, dont du vélo, courent ! On était d’après mes calculs 8 sur les toits ce matin !

Avant de se coucher et à travers les nuages gris clairs, le soleil a mis ses rayons sur la butte Montmartre. D’en haut, Paris ressemble beaucoup (trop) à son image. On n’a pas encore fini, il nous faut plus de temps ensemble.

Merci Paris. Tes couleurs changent chaque seconde, l’impression d’être privilégié. L’espace d’une heure être hors du temps. Avec tous ces petits êtres qui eux continuent leur vie, ne pouvant ni interagir avec eux ni leur parler. L’impression d’être déjà un peu mort sont comme si la haut tout aller ressembler à cela. Le temps distordu quand mon accompagnant est venu je pensais que je venais tout juste de faire les 30 minutes. J’ai pris du temps, pris mon temps et n’ai pas pris de leur temps. J’aime la vie et toutes ses péripéties qui viennent avec.

J’ai vraiment aimé regarder la coucher de soleil et me sentir comme un véritable gardien qui surveillait le soleil. Une heure entière seul avec moi et Paris. Une méditation très agréable. J’ai également réalisé que je devais regarder autour de moi plus souvent pour ne rien manquer d’intéressant autour de moi.

La ville est petite, réellement petite, on la traverse d’un seul regard d’est à ouest pour qui est parisien on atteint immédiatement la périphérie. Ce qui frappe aussi c’est qu’à cette saison, il n’y a pas de végétation hormis quelques tâches vertes de toitures végétalisées. L’idée de veiller, c’est aussi peut être la continuité, on attend quelqu’un qui va prendre le relais et continuer ce regard sur la ville. En marin, on parlerais de quart. Prendre un quart. Le plus paisible mais aussi le plus magique était de 0 à 4 heures.
Claude a justement dit que c’était l’action d’un phare ou d’un gardien de phare. Pourquoi ne pas étendre cette ville à une péniche et un relais...
Pleins de choses
Merci à Claude et aux autres acteurs pour ce partage essentiellement émotionnel.
PS : J’ai pensé au texte de Saint John Perse "Exil IV" "Ce qui..."

Sensation de vertige en arrivant, petit à petit je vais vers la grande vitre pour m’installer... J’observe la ville, les couleurs de gris neutre et les gris colorés nombreux. Le ciel est chargé de nuances, c’est beau ! Les mouettes viennent planer devant moi, elles viennent et repartent, jouent ensemble.
Le bruit de la ville ; les sirènes, les trains qui arrivent en cette fin de weekend, les roues qui grincent, le vent qui souffle. Je veille sur la ville. Peu de voitures, les personnes se promènent tranquillement, certaines regardent, lèvent la tête jusqu’à l’abri... Les lumières scintillent et peu à peu les appartements commencent à s’allumer. C’est passé vite !
Merci pour ce projet, une grande sensation pendant une heure.

D’abord : la rue. Qui hape, celle qu’on vient de quitter. Et puis : c’est l’étage des oiseaux. Ceux-là on les voit dessous. Ensuite les autres bonhommes, sur d’autres toits qui font autre chose mais on dirait qu’ils/elles veillent un peu aussi. Ce serait chouette comme métier, veilleur•se de ville. Les sons qui arrivent, les sens qui réveillent. Qui est entre la rue et le ciel en fait. Y’en a 2 en vélo qui ont levé le visage. La vitre dans mon dos on dirait qu’elle m’appartient un peu plus que celle en face de moi. Comme s’il y avait celle du dedans et celle du dehors.

Le vertige dompté et apprivoisé, bien plus doux que ce que j’avais projeté. Le temps en suspension - dissolution, comme un mystère seulement résolu à la toute fin.
Quelques échanges de regards, depuis tout en haut avec le tout en bas.
Un rapace qui passe et m’offre la joie d’une observation toute intime et inattendue dans l’urbain, plumage moucheté. Avec le soleil qui se couche, drôle de disparition de la ville derrière le reflet jaune-orangé, mon reflet.

Impression d’être le seul qui ne fait rien (le seul qui ne fasse rien ? le seul a ne rien faire ?). Voir des gens qui marchent, qui courent, qui roulent, qui vont quelque part, qui font des choses, qui montent sur des toits, qui montent sur des échafaudages et moi je ne fais rien je regarde la ville. Très beau moment de vacances et de contemplation. Merci pour le moment.

Paris enseveli sous son manteau d’hiver. La grisaille protège de son voile épais et rassurant, car que serait Paris sans son voile gris. La nature s’est estompée, les arbres disparus sans leurs feuilles vertes et les collines comme envolées. Cette vue de Paris qui rassure qui n’a guère changée depuis la folie d’Hausman. HA si on repère quelques nouvelles additions, le tribunal de la porte de Clichy, la Défense qui nous rappelle la place de notre capitale dans le monde capitaliste, et sans oublier le rocher du bois de Vincennes, emblème de cette nature appropriée de l’Homme. Et puis, Montmartre, ma jeunesse, toujours là, fière et narguant le reste de Paris. Oui, là-bas tout est plus beau et plus jolie, mais cet îlot de bonheur qui peut encore en profiter ? On se concentre tout naturellement sur la plaine devant nos yeux, un espace urbain apaisé, occupé par les piétons et les vélos. On dirait que les voitures ont enfin fuit Paris ! Merci, il a fallu des femmes maires pour enfin redonner une âme piétonne à nos rues si polluées. Le paysage d’en haut rassure à voir les habitantes se déambuler à leur rythme. Le son de l’école reprend le dessus, ces trains de Gare de Lyon nous invitent au voyage. Peut-être Grenoble avec ses montages. Paris je t’aime mais il est temps que je te quitte. Merci pour cette belle soirée.

On arrive dans le noir - ou presque - sans rien voir - ou presque - Puis tu te dévoiles, par petites touches avec tranquillité, et assurance. Plusieurs lumières, plusieurs vues, plusieurs villes, presque. D’un bout à l’autre de l’abri, tu es là, tu nous enserres. Entre nous, l’abri, et le bruit du vent, aussi. Pas de soleil, pas besoin. Toi toute entière avec tes rides. Tu es fatiguée, le jour se lève. Petit à petit, on reconnait des parties de ton corps, les monuments.
Il nous a fallu un peu de temps pour le comprendre. Que tu nous regardais aussi, dans notre cube, avec un petit sourire au coin de celle à qui on ne la fait plus - il faut dire que tu en as vu d’autres. Qu’on croit te veiller, la ville, mais non, la vérité : c’est toi qui nous veille, qui nous berce.
Paris, la mère veilleuse !

Deux ans après avoir veillé à Montreuil/Bagnolet, me revoici seul dans l’objet-abri.
Agréable sensation de participer à quelque chose à la fois lien individuel et collectif.
Après la pluie, je regarde les gouttes descendre le long de la vitre.
En bas, le quartier est paisible, comme rassuré qu’il y ait chaque jour, chaque matin et chaque soir un veilleur sur la ville.
Cette heure, hors du temps, est trop vite passée, il me faut rejoindre la vie habituelle.

Seul à veiller sur Paris dans l’objet-abri.
La sensation est saisissante, avec l’agréable surprise et impression de faire partie de quelque chose, un groupe, la famille des veilleurs...
La montée dans l’abri fut remplie de curiosité, la descente ou retour au normal se fera avec un autre regard sur la ville...
Merci...

Veille par Monique, 63 ans aujourd’hui !
Météo maussade...pluie.

L’odeur du bois, le bruit du vent et le reflet du cadre lumineux sur la vitre devant moi, je regarde les lumières des fenêtre et imagine les histoire vécues en dessous.
Je suis témoin de l’impermanence des choses, la scène de Paris sur laquelle je veille comme étant le reflet de mes pensées.
Petit à petit, la luminosité a fait son chemin, le jour s’est levé.

Première impression : la ville palpite.
La rue, les immeubles, les toits.
La Défense, les lumières clignotent, se manifestent.
Les nuages défilent, sombres et épais. Toi mouvant et émouvant.
La pluie apparait et effleure la vitre, voile éphémère qui disparait bientôt.
Je vais vers l’est, côté est et suis éblouie par un arc-en-ciel dans un ciel autrement bleu. Un deuxième arc-en-ciel plus discret le seconde.
Retour à l’ouest. Les nuages gris se sont teintés d’azur.
La ville palpite. Les trains arrivent et partent. Longues lumières effilées. Les passants passent sans se soucier de qui les regarde. Le ciel se dégage et le bleu sombre apparait. La ville est palpitante. Mon cœur palpite avec elle.

Drôle de sensation d’éphémère ancré dans le temps. Découvrir une nouvelle histoire à chaque fois que mon regard se déplace. Zoomer, dézoomer, les camions de poubelle, la Tour Eiffel qui s’éteint. Zoomer, dézoomer, une voiture qui manque de renverser un cycliste, mon reflet disparait dans la vitre. Zoomer, dézoomer, une personne boit un café à sa fenêtre, des lumières brillent sur des bâtiments. Un insecte se pose sur la vitre, qui du veilleur ou de la ville est veillé ? Éveillée, mon corps, lourd de fatigue, articulations encombrées, attendre les dernières minutes pour enfin enlever le pli de cette écharpe qui me gêne. Un beau paysage dont on ne peut se lasser, une hauteur, un point de vue dont les médias raffolent, je ne peux m’empêcher de penser qu’en Palestine les bombes résonnent alors qu’elles/eux aussi avaient une architecture qui semblait gravée, exister pour toujours. Un paysage dont je ne peux me passer mais où est ma verdure adorée ? Là un jardin sur un toit, ici un bout de chemin vert, là un arbre qui respire la pollution. Un train part, un autre arrive dans la ville, à quand notre prochain voyage ? À quand notre prochaine utopie ? À quand ... ?

Tu as une surprise quand c’est fini. Une heure de rendez-vous avec Paris. Il pleuvait, le vent soufflait. Tu écoutes les sons de la ville : des voitures, des oiseaux, la police. Les gens se dépêchent avec des parapluies de toutes les couleurs.
Tu commences par un côté où tu vois la Tour Eiffel. C’est caché par le brouillard de la pluie. Puis les yeux cherchent les autres monuments symboliques : Notre Dame, les Invalides, le Sacré Coeur... même La Défense !
La vitrine était couverte par l’eau de la pluie. Donc tu fais constamment attention à ça et regardes les gouttes courir. Mais ! Tu regardes tout ça avec plein ... PLEIN de pensées dans ta tête. Comment se déconnecter d’elles ?
Est-ce que c’est possible ? Comme un philosophe connu disait : "Je pense donc j’existe."
Спасибо за это свидание с городом. Лучшее свидание в моей жизни.
Из России с любовью к Парижу ❤️

J’ai pris mon tour, je veille. Quelqu’un a veillé sur moi. Il y a la tour, les portes, les serrures, la grille. On me mène vers où ?
Vers quoi ?
Suis-je condamnée, prisonnière, suis-je libre ?
Où suis-je sur cette terre, un point aérien au-dessus de la ville.
Suis-je un ange, suis-je au-delà ?
Il y a le vide, au-dessous de la densité, il y a mon corps là et la possibilité du vide.
Il ya le temps, je tarde à le voir. Chrono sur l’horloge, sur l’autre tour. Ah, j’ai gagné, je cours me raccrocher à la mesure... mais je ne veux pas, enfin je ne sais pas.
Enfin. Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas et c’est bien ainsi. J’ai veillé.
Merci

Le soleil s’éteint et les lumières s’allument.
Mon cerveau bouillonne puis s’apaise.
Mes pieds s’agitent et se calment.
La vie continue et je l’observe.
Cette veille aura été un peu à mon image,
en mouvement mais à l’arrêt.

Peu de mots, de sensations dans le corps qui témoigneront de manière plus juste de l’expérience ressentie que des phrases.
2 toutefois pourraient accompagner ce lever du jour : en équilibre.

La rencontre des 180 Veilleuses et Veilleurs qui se sont succédé·es du 9 décembre 2023 au 8 mars 2024 se déroulera le lundi 11 mars de 19h à 22h au Regard du Cygne, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleur·euses.
Cet événement est réservé aux Veilleurs et Veilleuses. Pour toute question vous pouvez contacter Léonie Baudry, coordinatrice du Cycle des Veilleurs.

La ville prend la lumière et travaille les sons...



L’arrivée dans la cabane m’a beaucoup plu avec le rectangle lumineux dans la vue.
Plus le temps passait, plus j’avais envie que cela continue, l’impression de calme, de distorsion du temps. Avec un peu de vertige aussi. Très intéressante expérience.

Du bleu au gris
La lumière par palier devient forte
Je me demande combien de temps passe
Des personnes passent sur les toits, dans les rues,
quelques oiseaux ; au loin la Tour Eiffel à peine se dévoile ; des trains
Toute cette masse ! de matériaux, de bâtiments
et que de bruits !
Je me surprends à réaliser ça : à quel point nous passons, nous accumulons jusqu’à d’autres dispersions
Expérience intime et collective !
Merci.

Merci pour ce moment suspendu et en suspens.
Une expérience du regard, de l’écoute, du pouls de la ville, de l’immeuble, de la fenêtre, du passant, mais aussi de soi.
Alors merci à ce Cycle des Veilleurs.

Je suis venu.
J’ai vu.
...
J’ai vécu !

On était deux à rentrer dans l’abri, moi et mon terrible vertige. J’ai essayé de le calmer avec 3 gouttes d’huile de CBD, et ça plutôt bien marché. Il s’est fait oublier tant que je n’ai pas dépassé la barre de leds. Et c’est une autre aspiration qui m’a emporté sur Paris, ma ville chérie. Ni l’est ni l’ouest n’auront à se plaindre, je les ai veillés avec autant de bienveillance et d’intérêt. Je suis tellement contente d’être venue !

C’est mon anniversaire.
J’avais choisi cette date pour honorer ma naissance.
Naissance de la vie.
Dans ce petit et magnifique cabanon, j’ai vu de la vie, la vie en mouvement.
Ces hommes et femmes et enfants qui vont et viennent.
Ce camion de la Brinks à la société générale. C’est bien la première fois que je les veillais.
Dans ce cabanon, j’ai pensé aux vigiles, qui durant de nombreuses heures sont debout et doivent sur-veiller.
Je les encourage.
Merci pour ce temps que je ne me serais jamais donné, à observer et à veiller.

Thank you very much for such experience ! The time went really fast !! The view is unbelievable and unforgettable ! I tried to remember every minute of my "guardian time". I thought about all things that have happenned in my life, how I appreciate life and everything that I have. Especially I am in love with sunsets, every day try to catch this moment. And here I saw amazing colors, that fall on this beautiful city.
Wish you all the best and thank you again for such experience.
With love

Comme une suspension du temps, une perte du temps mais pas une perte de temps. Un regard en hauteur qui permet de prendre un recul unique. Pour 1 heure, on échappe à cette pression du temps, du prochain rendez-vous, du métro à prendre, de l’appel à passer. Pour 1 heure, on échappe à la notification qui nous apprend les émeutes au Sénégal suit au report des élections, les combats qui s’intensifient en Ukraine, la situation qui s’aggrave à Gaza. Pour 1 heure, on s’autorise un pas de côté en s’immobilisant, en s’ancrant dans le sol pour simplement voir et regarder.
Cette veille m’a beaucoup ému.
Hâte du lancement des Veilleurs à Caen et dans d’autres lieux. J’aurais adoré veiller en haut d’une montagne en pleine nature.

J’ai mis un temps certain à apprivoiser la position de l’abri, très en hauteur et en surplomb par rapport à la rue.
Puis j’ai été saisie par des sentiments contradictoires : exposée et invisible, solitaire et enserrée dans un réseau d’immeubles aux toits gris, à l’écoute et ignorée par la ville industrieuse et indifférente.
Fétu de paille dans l’immensité du ciel avec les oiseaux plus haut encore.

Une expérience unique où on peut se sentir unie avec la ville, voir les premières lumières allumées, les voisins qui commencent leur routine et observer des choses auxquelles on ne fait pas attention souvent.

Ciel bas, tout en bas : journée maussade. On se hisse jusqu’à l’abri et les couleurs pour cette dernière heure, se dévoilent : blanc, bleu ciel, gris bleu, gris clair, gris souris, un rayon jaune, doré, aveuglant, puis gris de nouveau, gris perle, gris assombri. La ville s’assoupit.

Eveil et veille !
Quel plaisir d’assister à l’éveil de Paris ce matin !
Un ballet du quotidien qu’on balaie du regard : une livraison, un joggeur, un pigeon, une femme sur son balcon...
Du sol au ciel, tout se meut doucement mais surement.
Paris s’anime entre les rayons de soleil et un ciel gris.
Encore une journée où des personnes se croisent au carrefour de leurs vies sans soupçonner que là-haut, cachée dans un abri, je les observe sans bruit.

En arrivant dans l’objet-abri, aux premières minutes d’observation de Paris, ville de souvenirs, que j’aime autant que je fuis, j’ai pensé "quelle chance d’être ici, quelle chance d’être en vie". Puis est venu le temps de repérer tous les monuments connus. Les identifier comme pour reprendre quelques repères, et transformer l’expérience, la performance, en jeu. Par intermittence, le cerveau cartésien s’est éteint pour parcourir le panorama les yeux "dans le vide". Littéralement. Quelques bruits de la ville ramènent à la réalité : les cris d’un groupe d’adolescents, qui ont accompagné presque toute mon aventure, sur la place juste en bas de l’abri. Mon regard aléatoire s’est à un miment posé sur un car, en partance de la gare de Lyon. C’est rigolo et étrange de se sentir omnisciente, sans savoir la destination de ce car. Juste être la témoin attentive du début (de la fin ?) de son déplacement / voyage. Résister à regarder l’heure sur la croix de la pharmacie (sans difficulté), et se faire surprendre par les six coups de clocher d’une église non loin. Les 17 dernières minutes ont été les plus longues, et se sont écoulée si rapidement. Le vent et l’eau de pluie sont les éléments qui m’ont connectée à la nature de l’expérience, malgré la vue urbaine. les lumières s’allument tard, à Paris.

Une succession d’apparitions. Des gens qui se connaissent qui discutent entre eux. L’heure des poubelles vertes et le moment où elles sont enlevées. L’heure des sorties de parking, deux vélos puis une voiture. L’heure d’arrivée des trains, et le long défilé des voyageurs le long de la grille blanche. L’heure où la lumière du du 5ème étage s’est allumée, et l’heure où elle s’est éteinte, mince, je n’ai vu personne sortir. L’heure où un homme a marché sur le toit sans aucune précaution, s’accrochant à mains nues, pour vidanger une canalisation. L’heure où j’ai pensé aux sables et aux autres veilleurs, veilleuses. L’heure du 1er oiseau dans le ciel. L’heure où la lumière du 3ème s’est allumée, puis une personne avec un aspirateur, un·e résidente, un·e employée. L’heure où les travaux ont repris, dans l’immeuble d’en face, les allers-retours de la corde verticale. L’heure où les zingueurs sont arrivés sur les toits en chantier. L’heure où j’ai vu un homme sur le terrain vague derrière la gare de Lyon. L’heure du premier enfant, puis peu de temps après la première poussette. L’heure où les quelques passants discontinus sont devenus un flot ininterrompu de monde. J’ai vu les fûts de bière du Barracuda, le bar d’en face, arriver. Un groupe d’hommes sortis des années 70, 5, sacoches à la main, marchant en meute. L’heure du 1er employé, et puis l’heure de la première discussion des bureaux d’en face. L’heure des premiers reflets quand la lumière fut assez intense, pour que les vitres la reflètent. L’heure des bruits, quand les quelques sons de mon arrivée se sont transformés en freins, sirènes, travaux, comme les plaintes d’un chien métallique venues d’il y a des siècles. L’heure où les pigeons se sont accouplés, celle où les corneilles se sont envolées. Celle où j’ai vu un bras, une jambe. Celle où j’ai réalisé que j’avais manqué un évènement, une porte ouverte, une lumière éteinte. Et au loin, plus lent, les bâtiments insoupçonnés apparaissent, la BNF, des statues. Et le ciel, tranquillement, se mue en des nuées couleur essence.

Autour c’est mon quartier mais il a changé d’allure. La tour de la gare de Lyon semble enchâssée dans une tour coiffée par le Panthéon.
Il y a du monde sur la promenade plantée et les trains filent vers la gare.
Au loin une œuvre de street art sur un immeuble du 13ème.
De l’abri, on voit le ciel, les nuages, pas vraiment le soleil aujourd’hui.
De rares oiseaux…
Un moment entre le jour et la nuit en plein ciel.

Perspective, apparition, disparition
La ville est là.

Une très belle vue mais pas de coucher de soleil en raison d’un temps pluvieux.
Merci pour cette initiative.

La ville est une montagne et on l’observe depuis cet abri perché. Les gens paraissent petits, les immeubles pas si grands mais dans l’ensemble elle est immense.
Un moment où on peut se permettre de ne pas être absorbé par la ville mais juste être présent et l’observer.
Merci pour cette expérience.

Bien que dans " l’annexe " pour cause de vents violents, le spectacle fut magnifique. Tous les dieux du ciel se sont réunis pour offrir un ciel tempétueux, déchiré et déchirant, avec une petite bande son digne d’une maison hantée. Petitesse et solitude peuplé sur la ville.

J’ai posé mon regard sur la ville immense et immobile. Elle s’est réveillée peu à peu avec une petite lumière, puis un franc soleil. Puis avec le bruit incessant des trains, ceux qui convoient les travailleurs vers la ville, presque seul et en bas le mouvement des hommes et des femmes s’accélère. Certains courent, d’autres promènent leur chien ou se font promener, d’autres tentent de marcher d’un pas pressé avec leur enfant. Il y a tant à ressentir. Le quotidien, l’ordinaire, perçu d’une façon insolite et fascinante, le mouvement des petits hommes dans l’immensité immobile.
Merci

L’impression d’être un ange déchu, comme dans Les Ailes du Désir. Le monde fourmille sous nos yeux, sans nous. Les vivants semblent si petits, pourtant ce qui les met en mouvement parait si important pour eux, à en juger de leur empressement. L’euphorie d’un vendredi soir, sans doute.
Après la sidération provoquée par une telle vue, l’œil veut capter chaque détail. Les façades où rien ne dépasse, cet enfant en draisienne, le camion poubelle et ses sauts de puce, le va-et-vient de la barrière du parking… Puis on lève le regard, on avait presque oublié le ciel ! Le repos qu’il nous offre nous surprend. Tout oppose Paris et le ciel, dans les volumes, les formes, les couleurs, les textures.
Puis la lumière s’amenuise, le lumifil qui ceinture l’intérieur de l’abri commence à se refléter sur la vitre. On a envie de jouer aux trapézistes, suspendus sur cette lumière qui s’imprime sur la ville. Les veilleurs comprendront…
C’est aussi une expérience de la captivité. Seule face à soi et au monde. Tel un hamster en cage, on joue avec son environnement. Faire de la buée sur la vitre. Chanter comme sous la douche… Qu’inventerait on si l’on restait encore quelques heure de plus ?

This was a very beautiful experience for me of connecting to myself, to my body, mind and also to the city of Paris. I always thought of cities as separate characters who have their charms and flaws. Watching the city proved it. I chose the morning watch because it’s an interesting time of the day, when everything and everyone seem more raw, more real, more vulnerable. In the mornings at sunrise to me it always feels like hope. Paris was slowly waking up to life and was elegant and mesmerising. The sky on the other side was so dramatic and dynamic, I felt like watching a performance, a play in a theater.
I have moved to this city just 2 months ago and have been busy doing things. This one hour with myself was a good way to stop, to feel present, to acknowledge life and observe my moods, desires, fears.
It was a meditative therapy in some sense.
I felt touched and grateful.
Merci beaucoup !

Ce fut une très belle découverte, j’ai pu trouver le temps et l’énergie pour me connecter avec mon corps et mon esprit.
Le calme, le bruit de la pluie qui tombe, la vue, la rencontre avec soi-même, tout y était. Un grand merci à vous tous !
Paris a toujours été dans mon cœur, je l’aime avec tout ce qu’elle peut m’apporter, et ces moments, ce rdv avec elle, dans cette bulle, me fait encore plus aimer cette ville ! Encore une fois merci à tous ceux et celles qui ont contribué à ce projet.

Très joli projet de Joanne Leighton, merci à vous.
Rentrer dans cet objet-abri surplombant le XIIème arrondissement et le tout-Paris est à la fois une expérience, un privilège, un moment et un souvenir.
Il s’agit d’une pause un dimanche matin nuageux durant laquelle sans objet, individu, appareil, nous nous retrouvons dans une solitude perché au-dessus d’une ville qui se réveille peu à peu en étant à la fois passif et actif de cette situation peu habituelle. Comme une méditation et introspection en pleine ville.
Merci à vous pour cette performance, j’ai envie de revenir !

Un pomeriggio Freddo e uggioso.Parigi coperta dalle nuvole e dalla pioggia.
Davanti a me un rettangolo Di Luce traccia un corridoio d’osservazione su tutta la città.Al centro Del rettangolo luminoso ,riflessa sul vetro, intravedo la mia sagoma in transparenza...cammino verso il vetro,mi avvicino al punto di osservazione e la mia sagoma viene attraversata dal paesaggio per sparire completamente difronte all’immensità urbana.
La pioggia detta il ritmo cardiaco,il vento diventa respiro, il canto degli uccelli il suono dei miei pensieri.
Ecco che le nuvole viaggiano veloci sui tetti Di Parigi, sul movimento sottostante e su tutte le persone.
Regna un’apparente calma su una Parigi al crepuscolo quasi addormentata.
Mi ritrovo Guradiano per un attimo, inglobata dal paesaggio e sospesa nel tempo.

Être au monde, face au monde, hors du monde, hors du temps, ne rien faire être là, juste là ; observer, regarder, oublier, réfléchir.
Veiller sur le monde à ce moment là, respirer.
Merci pour cela.



À l’aube de ma 27ème année, j’ai eu la chance de veiller sur l’aube de cette 27ème journée de février. Cela m’a permis de remarquer l’importance des dualités. entre ciel et terre ; vide et plein ; calme et agité ; statique et en mouvement ; seul et ensemble ; conscient et dissipé ; ici et là-bas ; intérieur et extérieur ; présent et absent ; allumé et éteint ; personnel et collectif ; horizontal et vertical… Faudrait il trouer la ligne d’horizon ?

Le veilleur s’éveille
et
La vi[e] / [lle]
émerveille.
Merci aux goëlands qui m’ont accompagnés sur le chemin.



Paris qui attire, Paris qui repousse. Au début de la veille, la ville me repousse. Je ne vois que du béton à perte de vue… et pourtant j’aime cette ville depuis plus de 20 ans ! Je reconnais tellement d’endroits depuis cet abri en hauteur. Mais le vert manque tellement !!! Paris semble inhumaine. Et puis finalement, à mesure que les lampes du soir s’allument, Paris arrive à m’illuminer et me fasciner, encore et toujours.

C’était beau de voir Paris se lever dans le brouillard.
Merci. ♡

Quelle expérience ! Malgré la grisaille, j’ai assisté à un merveilleux spectacle. Des rues animées à la danse des nuages, en passant par un ballet d’oiseaux et par l’observation / la reconnaissance des monuments parisiens. Je n’ai pas pu observer le soleil se coucher, mais finalement j’ai vu mieux que ça ♡
Merci pour ce moment à moi, pour moi, pour cette parenthèse coupée du temps (enfin preque... cf la gare de Lyon).

Une très belle expérience. J’ai eu la chance de voir un magnifique lever de soleil. La boîte était dorée et le ciel rosé. J’ai aimé la marche des nuages et voir Paris s’éveiller. Ce moment de tranquillité et d’observation a été très agréable. Merci.

Dès que la porte se ferme, la rumeur de la ville diminue et je me retrouve dans la bulle de l’objet abri. Impressionnant ! Un cadre lumineux se reflète sur la ville ; on dirait une œuvre d’art contemporain. Une découpe lumineuse sur la ville.
Petit à petit, je prends possession de mon lieu de veille : l’intérieur et l’extérieur. Je me sens petite face au ciel et immense face à la ville. À gauche, le ciel est noir, menaçant ; à droite, une belle percée de lumière. C’est presque manichéen. Je tente d’encourager la percée et j’entre dans la lutte. Le vent gronde et fait trembler le sol sous mes pieds. Est-ce que les veilleurs de Phare aussi sentaient les vibrations du vent ou des vagues ?
Les mouettes entrent dans le jeu. Il se met à pleuvoir au loin et le vent se transforme en vagues. On n’est plus très loin de la mer. La ville est une immense mer que j’essaye de protéger, de surveiller. Un vélo manque de se faire écraser. Il faut que j’accepte d’être impuissante à aider. Je me réconforte en me concentrant de nouveau sur la percée lumineuse qui s’est déjà décalée bien à droite. Il y a tellement de vent que je peux imaginer, comme quand j’étais petite que c’est l’objet abri qui bouge et non les nuages. Ça y est, je navigue !
Je continue de veiller sur la ville en toute discrétion. Ah, un passant me remarque ; je ne suis pas si invisible que ça finalement ! Les mouettes tourbillonnent avec le vent ; la pluie se déchaine vers la défense mais mon petit coin de ciel résiste. L’autre côté de l’objet abri est mouillé. Incroyable, mon côté est sec. Je dois être à la proue du navire. Je prends confiance en moi, je me laisse aller et porter par le vent et soudain, un nuage rose perce le ciel noir et toute la ville se retourne vers lui. C’est fou ! Les lumières s’allument, les gens rentrent chez eux, la ville se calme.
Je crois que j’ai veillé. Est-ce que les veilleurs de phare s’ennuyaient ? Je ne sais pas mais en tout cas, j’avais presque trop à faire !
Merci pour ce voyage hors du temps,

Soudain, la page blanche...
Il y aurait beaucoup à dire. Une partie a été partagée avec mon veilleur.
Ce qu’il me reste, après cette heure, c’est une grande sérénité. Une sensation d’alignement.
Après des premiers instants dans le mouvement, c’est l’immobilité qui est venue m’habiter.
Cette veille a eu l’effet sur moi d’un tamis pour ne laisser que l’essentiel, le calme. Une respiration lente et profonde, les sens en r-éveil.

Veille d’Anne, un bal pour les yeux.
Ma première sensation lors de cette veille, le vertige : la hauteur, l’enchevêtrement des constructions, la ville à l’infini. Un vertige néanmoins agréable, avec toute cette vie à observer, cette foule de détails.
Peu à peu, à mesure que la nuit arrivait, je me suis sentie absorbée par cette obscurité pénétrante.
Mon côté cartésien fait que j’aurais aimé avoir un plan de Paris dans les mains, pour identifier (du moins tenter) certains immeubles.
La compagnie furtive de quelques oiseaux... Je me suis dit qu’ils volaient très haut, presque au dessus du ciel.
Merci pour cette expérience et l’accueil chaleureux de mon accompagnatrice.
Rideau.

C’était très agréable de regarder la ville sans avoir à lire tout ce qui est écrit dessus quand on la voit au niveau du sol. . Ça me scie la tête parfois tout le sens qu’on a sous les yeux en permanence, entre la publicité, les enseignes, les informations, l’art. Parfois quand je suis dans la rue j’ai besoin de regarder le ciel et le haut des immeubles pour m’y soustraire. Pendant ce temps d’observation en hauteur j’ai pu regarder pleinement mon environnement, sans craindre de croiser du sens.
Je vais essayer de garder ça pour la suite.

Par cette semaine pluvieuse, Aurore avait rendez-vous avec le soleil… et le soleil est venu 😊
Cette veille tant attendue est passée si vite, comme le temps qui file, la vie qui défile depuis cet abri qui semble tenir sur un fil. L’excitation, le trac de l’acteur… le rythme cardiaque se calme peu à peu, le défilé des gens et des voitures s’apaise, mais l’expérience reste intimidante : je me sens si petite face à cette ville, face à cette vie, face à notre Terre. J’observe autour de moi, au loin, puis plus près, puis à l’intérieur de moi… et qui m’observe ? Je croise le regard de certains, ici ou là… mais d’autres m’observent surement ailleurs. Puis finalement je fredonne l’Hymne à l’Amour, j’écoute mon souffle, je regarde les oiseaux passer et les reflets du soleil qui illuminent notre belle ville Lumière… ville de l’Amour…
Merci de cette incroyable expérience, une veille de toute beauté, et cet incroyable sentiment de grandeur et de paix intérieure. C’est magnifique de veiller sur Paris ♡

De l’entrée de la cabane, j’ai eu l’impression d’avancer dans un couloir au bout duquel j’allais tomber dans la ville. Arrivée contre la vitre, j’ai découvert toutes ces rues et ces bâtiments sur lesquels j’ai trop usé mes pas et mes yeux. À la hauteur d’oiseau les façades ont l’air de maquettes et les passants de lilliputiens qui en remontant les rues finissent par se faire avaler par la nappe de bâtiments gris.
Le clocher de la gare de Lyon, la Tour Eiffel, le Sacré Coeur, tout y est.
Mais est-ce beau que cela ? Où est le vert ? Où sont les gens ?
Finalement, j’ai tourné le dos au "beau" Paris, j’ai fermé les yeux face au soleil qui montait, en me disant que peut être enfin l’hiver gris prenait fin.

Cabane de bois protectrice sur ce vaste champ de béton plongé dans le gris.
Triangle d’immeubles avec au milieu des immeubles ; on aurait pu avoir un arbre, un jardin ?
Circulez, il n’y a rien à voir... Lumière qui reflète dans ma bulle protectrice me donnant l’illusion d’une carte postale : Montparnasse, Gare de Lyon, début du cinéma, et je me penche à gauche Gare de Lyon, Tour Eiffel - Périodes et brides historiques de la belle dame de fer, début du cinéma, monde de l’horlogerie qui me viennent à l’esprit - Actualités obligent, Résistances, Manoukian, communisme, incendie... le vaste incendie de cette ville sans arbres, avec de belles personnes et parfois, sans âme, personnes pressées sur les trottoirs envahis de nos poubelles, symbole de notre consommation outrancière.
Quelques vélos, plaisir, vitesse ? Poursuivis sans entrave par très peu de voitures - Merci Madame la Maire - Bruits étouffés par ma cabane protectrice qui ne laissent passer que les sirènes des voitures de police et quelques bruits sourds des véhicules expulsés vers les périphériques environnants. Une maman marchant doucement avec un petit enfant. Je danse, je chante, je crée sur les brumes de la ville qui remplissent l’atmosphère, trains chargés de voitures, s’en allant dans la nuit pour de vastes contrées, illusions de balcons boisés, d’une promenade plantée, sensation de rues vides et au dessus de moi, des avions et leurs trainées de fumées. Grand écart (à moitié), tête à gauche, tête à droite, j’avance dans ma carte postale. BNF plus affreuse encore de par son mur de silence et de vie et tellement belle pourtant. Et Montmartre envahie de forêt plus sombre, un bois dirai je et que sais je encore. "Et sur toutes ces pierres, je bâtirai une église"... l’évangile selon Ludovic - Moderne, vivante. Merci Léonie, très chère accompagnatrice qui m’a permis de me protéger dans cette cabane ouverte sur le monde : Et hop, hip hop, Blanca li, Viguedi guedi, Et Viguedi guedang ! Nuages, écartez vous, industrie, immeubles, construction, et vive la musique, le théâtre et la danse.

Un super moment pour prendre le temps et admirer Paris.

Le Cycle des Veilleurs
Emmène son passager pour une heure
Comment voyage-t-il ?
Y fait-il des rencontres ?
Combien de lieux visite-t-il ?
Les connaît il ? Les découvre-t-il ?
Émerveillement ou
Déception
Éblouissement ou
Surprise incessante
Voilà donc une ville sous nos yeux
Écarquillés pour recevoir
Illuminés pour mémoriser
Là, si près, si loin
La ville bouge, s’arrête, continue sans cesse
Et pourtant, tout semble presque immobile
Un rectangle lumineux ouvre une porte
Rien ne vient perturber ce
Silence, dans cette boite, qui n’en est pas un.

J’ai le sentiment d’être détendue.
Je n’ai pas vu le soleil se réveiller, mais à contrario j’y ai vu toute une vie.
Des machines qui se mirent à fonctionner, des passants qui marchaient sans se regarder.
Petit à petit, j’ai vu des enfants et des ados courir avec leurs cartables sur le dos, le temps que moi je ne bougeais pas. Le temps était figé, une heure est passée vite.
J’ai observé les fenêtres des immeubles s’allumer progressivement, des cyclistes passer sur leurs vélos. Le ciel brumeux me faisant ressentir un froid, mais cette chaleur de vie nuançait à point. Des magasins se mirent à ouvrir. Je regardais des passants dans la même condition aller au travail, ils avaient cette chose en commun mais ne se parlaient pas dans la rue car ils ne se regardaient pas avec la possibilité de se parler, car ce n’est, entre guillemet, "normal" de faire cela dans notre société. Je voyais donc des travailleurs. Au loin, j’en voyais d’autres dans le froid, sur des grues, et je me disais : Waouh, ils travaillent tôt le matin, de plus, celà à l’air dur, j’espère qu’ils ont une bonne condition de vie et qu’ils sont bine payés. Je voyais ces multiples routes découvertes s’ouvrir à moi, ces multiples magasins existants, de beaux immeubles typiques. On se serait cru dans un film d’époque sur les fortifications, le changement de Paris.
Lumières des immeubles. Les oiseaux chantent. Il y a dans la rue des baladeurs de chiens. J’ai observé des trains, des RER arriver, peut-être des personnes revenant d’un voyage, ou allant au travail puis repartir. Tous ces passagers, les marcheurs, arrivant, repartant, comme des trains.

L’impression d’entrer chez des inconnues au bel appart "avec vue"
Ici, dehors = dedans, parenthèse d’introspection à l’intérieur de soi, seule face à la ville, au milieu des oiseaux qu’on entend enfin chanter comme jamais.
Pas de rayon vert sur Paris mais la force tranquille se déploie pleinement sur la capitale bouillonnante.
Odeur boisée et chants des mouettes parachèvent l’heure d’ailleurs.
Seul bémol, la magnifique horloge de la Gare de Lyon qui nous raccroche aux trépidations citadines.
Excellente expérience !
"Merci pour ce moment"
Sophie, Parisienne heureuse d’avoir contemplé divers endroits où elle a vécu. 🦩

La veille se termine, je laisse au jour clair le soin de prendre le relai.
Les oiseaux pour seuls compagnons puis la ville qui fourmille, s’agite, pédale, communique, fume, rêve peut-être, entre dans son cycle, mange, court, se promène, travaille, dort, veille (?),...
L’horloge de la gare me rappelle au temps, au monde...
Veilleur family forever !
Merci
Jérôme, veilleur récidiviste et heureux

I’m really grateful I had this experience, it means a lot to me. I arrived to Paris few weeks ago, and I want to build a life here. After a lot of difficulties that happened to me lately, this one hour on the rooftop meant a new period of my life. I’m glad I spent it without anything, just me. I thought a lot, I analysed my body and I’m feeling ready for my new life here, in Paris. I connected with this city, and also connected to myself. It’s incredible, what I felt there. It’s hard to find a moment like this in our everyday life and I’m feeling so lucky and grateful !!!
Thank you so much ♡



Woman’s Day !
One of my friends wrote to me about the experience. Despite being in Paris for 8 months already, I still felt the desire to open up and dive in a deeper sense of belonging. Which she did as well. We connected in this feeling and shared our intentions for this meditative hour with the city.
This morning, I did a slow preparation. Music and journaling. My friend from Mexico was arriving today to visit, two strong women guiding me in the process. We went for a walk to Luxembourg garden and talked about Der Himmel über Berlin, a movie that shares a story about Berlin angels taking care of the city. While we talked about this, a big white seagull stopped right in front of us. Eye to eye, like she was listening to the conversation.
I got back home to get ready and quickly came to the location. While I was there, two seagulls started flying over the city, making a circle around the box, then flying slowly right in front of my eyes. They knew I would go up to their territory since the morning. I pictured myself being a seagull. Flying above Paris, free and aware of everything around me.

Commencer par admirer le paysage et finir avec le regard tourné en dedans.
Espérer voir la ville s’éveiller et la découvrir finalement immuable.
La vie qui se déroule dans les interstices,
L’envie de soulever les toits d’ardoise comme des couvercles de boites.
Trois éclairs verts qui traversent le ciel.
Sentir la pièce se réchauffer au gré du soleil qui se répand,
Ignorer le temps qui passe, face à l’horloge.
La cadre lumineux nous empêche de nous dissoudre dans la contemplation.
C’est le reflet qui nous ancre dans le réel.
J’ai les pieds engourdis et la tête qui frise.
Je réduis cette petite bulle suspendue au toit jusqu’à pouvoir l’emmener partout avec moi.
Merci à ceux d’avant, merci à ceux d’après.
Merci à ceux qui rendent ça possible.
Paris-Marseille et bientôt, le printemps.

J’ai d’abord vu un cadre dessiné par un ruban lumineux. Je suis rentré dans le cadre et j’ai eu peur alors je suis ressorti. J’ai commencé à contempler le tableau qui s’offrait à moi et c’est là que je l’ai vu. Juste à côté de ma tête dans le reflet. Il me fixait avec ses grands yeux. Ses pupilles noires étaient longues et fines. Elles roulaient lentement sur la ville.
Nous étions tous les deux à nous fixer et un instant je me suis demandé si je n’étais pas moi aussi un hibou perché sur mon toit immobile.
Hasard ou pas, demain à la même heure, je serai au pied du hibou et je lèverai surement la tête pour le saluer une dernière fois avant de moi aussi prendre un train qui me ramènera chez moi à Marseille.
Mon hibou a les yeux qui brillent à cette heure. Je me demande si les miens ne le sont pas tout autant.

Ce matin j’ai veillé
J’ai entendu les oiseaux. Nous étions seuls la pénombre de la ville à attendre le réveil.
Puis j’ai vu des vélos, des voitures, des camions
rouler, s’arrêter, se croiser
Puis j’ai vu des gens
marcher, courir, s’arrêter, se croiser.
Puis j’ai vu des lumières
En ce dimanche matin, tout est au ralenti
C’est doux, c’est lent.
Je me suis entendu respirer et j’ai laissé filer mes pensées.
Les nuages gris n’ont pas bougé, ils se juste éclaircis
Ce matin j’ai veillé.

Expérience très forte !
Au début tu te demandes qu’est-ce que tu fais là, est-ce que Paris appréciera ta veille ?
La réponse vient toute seule, aux nuages très foncés si sostituisce un cielo lieve, un sole che riscalda e illumina.
Sono sola in questa città, quando vedo i treni passare o gli aerei in cielo provo sempre delle emozioni miste… l’adrenalina di una partenza per un nuovo viaggio e la nostalgia della mia famiglia in Italia.
Ma PARIS, la belle et magnifique PARIS mi dona tanto, ogni giorno mi arricchisce ed oramai anche le giornate grigie e piovose le accolgo con amore.
Da questo box ho ammirato la bellezza della vita, la città in movimento, gli uccelli che passano davanti, l’arte creata dall’uomo e baciata dal magnifico tramonto.
L’emozione è stata boulversante, profonda, intensa, ho vissuto l’attimo presente ed assaporato i rumori, i movimenti, la mia “immobilità”, i colori… gli sguardi curiosi di chi aveva la testa all’insù e si domandava chi fossi, cosa stessi facendo…
GRAZIE di cuore Paris, grazie di cuore ai suoi cittadini, GRAZIE di cuore a VOI per questa touchante epérience !
Baci.

Regarder d’abord le ciel, le soleil, puis chercher à reconnaitre les bâtiments. Au bout d’un moment, s’arrêter plus proche : quelqu’un qui fait le ménage dans une pièce encore éclairée aux néons, des dos à cartables courent, un vélo pousse de sa roue le portail sous nos yeux. Être rejoint sur l’antenne relai par un geais et guetter sa course jusqu’à l’immeuble d’en face. Dériver aussi en fin de veille, se dire que le trajet retour se fera peut être sous la pluie, amorcer le boulot en pensées.

J’ai toujours aimé regarder les villes d’en haut.
À Boulogne, plusieurs tours servent à cet effet, et les collines autour de la ville offrent des points de vue extraordinaires.
À Lisbonne, les miradores se cachent derrière de nombreuses rues, et offrent des images incroyables, un contraste de couleur entre le rouge des toits et le bleu de la mer.
À Paris, les belles vues d’en haut existent, mais parfois elles sont réservées à des rooftops trop chics et trop chers pour moi.
Chaque fois que je regarde la ville d’en haut, j’ai l’impression qu’elle m’appartient. Mais est-ce vrai ? Avec Paris, j’ai toujours l’impression de vivre un amour à sens unique : moi je l’aime, elle s’en fiche.
La texture des perles de pluie sur la vitre me fait penser aux coulemants des larmes. C’est dur de distinguer les couleurs dans la grisaille ; je note des volets oranges brillant, beaucoup de briques et des toits rouges, comme à Boulogne.
J’essaue de ne pas dessiner la forme des îlots dans ma tête. Finalement les bâtiments sont beaucoup plus organiques que ce qu’on pense.
Ce qu’il y a des très beau, c’est de regarder la multitude des vies toutes petites. On se sent très détachés de tout.

Lorsque le temps s’arrête,
et que la vie continue sous nos pieds...
Chant des oiseaux et sirènes de police,
Instant d’apesanteur tourné vers l’avenir !

I’m not sure where the dance was, whether it was in my body, suspended in time, sheltered by the wooden structure we all share, … Or perhaps the dance was in the city, the breath-taking view extending out before me, the people, the birds swooping high and low, the magnificent sun bursting through the clouds … but perhaps it was all around us, soft and light, individual and collective. It was, after all, a magnificent dance …
Thank you Thomas, trusty companion, and thank you to all the wonderful partners who made this project possible, and thank you too to Anne, thank you for believing.

Une expérience vertigineuse !

Il s’agit d’un projet très étonnant qui m’a procuré un plaisir incroyable en observant la ville, les gens et la façon dont le soleil se couche lentement...
Un sentiment de paix et de tranquillité.
"Enjoy the silence"

Très beau moment. Ravi d’avoir vu Paris sous cette lumière exceptionnelle. Merci Jeanne.

Nous nous sommes croisés quelque fois au cours des 10 dernières années.
Ton accueil a été froid, pluvieux, gris. Je vivais loin sous un chaud soleil.
Tu m’as été hostile, bruyante, trop rapide, surpeuplé. Je vivais face à l’océan.
Je suis venue apprêtée te veiller.
Tu es sous mes yeux et je sais pourquoi je t’ai choisie.
Tu es ma ville, maintenant tu flamboies, Paris.

Celui qui apprivoise sa solitude ne se sent jamais seul.

Cette veille m’a happée dès les premiers instants, dans une carte postale en format portrait, d’un genre un peu particulier, où l’on peut zoomer et où le monde vit à nos pieds. C’est une cartographie de l’intime qui s’est projetée devant moi, déployant une multitude de souvenirs vécus dans cette ville, cette balade plantée que j’avais découverte il y a 18 ans, enceinte de mes filles, mes différentes maisons, éparpillées dans le panorama, l’immeuble avec les David, le va et vient des trains. Une veille enfermée dans une bulle ouverte sur l’horizon, qui peu à peu s’assombrit, révélant dans le cadre ma silhouette qui observe, encadrée de lumière, prête à redescendre.

Le samedi matin, de 7h à 8h, est un moment propice à prendre de la hauteur. Déjà avant de venir, et de rentrer dans cette grande boîte, je me disais que ce moment de veille serait propice à réfléchir à ces deux vers de Lamartine que j’adore depuis des années (les seuls dont je me souvienne avec cœur à vrai dire) :
"Les Hommes n’ont point de port, le temps point de rive ;
Il coule et nous passons"
Le samedi matin, matin propice pour beaucoup à rester vissé à son lit, est un moment propice à regarder les choses passer et à s’émerveiller. Là quelques travailleurs du week-end, là quelques camions, là quelques coureur déjà en mouvement... Là quelques pigeons sur des immeubles comme sur des falaises, là quelques corneilles et mouettes venant danser à notre hauteur sur le vent, qui lui aussi passe... Là aussi les nuages passent, et les couleurs qui habillent la ville... Là aussi, au sein de cette boite, les veilleurs comme une chaîne se font le relai de notre humanité, qui elle aussi passe...
Merci

Si la veille physique n’a pas été compliqué, c’est la veille psychique qui a été difficile à atteindre ! Comment ne pas se faire distraire par un ballon d’hélium qui s’élève devant nos yeux, surement lâché par un enfant. Comment ne pas être en contemplation devant la beauté de Paris, des grands monuments aux petits détails des toits. Difficile aussi de ne pas faire attention à la vie fourmillante à nos pieds et qui contraste tant avec l’immobilisme des bâtiments.
C’est un moment hors du temps, littéralement, comme l’on en fait rarement de nos jours. Le temps passe, le soleil se couche, l’obscurité arrive et je veille.
Merci !

3600 secondes. Ciel gris foncé virant lentement au blanc. Pluie intermittente. Respirer, vite, d’abord, comme celui qui attend un évènement important, de plus en plus doucement, doucement, doucement, pour mieux se dissoudre dans l’instant. Deux femmes passent dans la rue de Charenton, elles ont la tête levée. Elles guettent le veilleur. Malgré la distance, je les vois qui me voient. Elles me font un signe de la main. Je les salue en retour. Ce sera mon seul geste d’ampleur. J’ai souhaité ardemment qu’un oiseau vienne à l’abri. Il est venu. C’est un corbeau. Pour se poser, il projette ses pattes vers l’avant et referme ses rémiges. Il lui manque une plume à la queue. Quand il est reparti, il m’a regardé, la tête penchée. Je lui ai souri.

J’ai 50 ans aujourd’hui. Je viens de faire un pacte avec ma Ville. Je démissionne de mes longues veilles nocturnes, terminé. Je continue de prendre soin de ma Ville en échange de son énergie. On continue toutes les deux.

Une heure dans ma vie, une heure sur les toits de Paris.
Est-ce long ? Intérieur - Extérieur ; Observation -Introspection.
Livreurs, éboueurs, joggeurs, promeneurs et voitures, vélos et trottinettes.
Lignes horizontales, lignes verticales, rues tortueuses, amoncellement de constructions, complexité de la ville.
Une pause dans le tumulte du monde, dans le rythme effréné de ma vie.
Poutine, Gaza, Macron, Inflation, Précarité, Climat et Biodiversité.
Le vent chasse les nuages, le soleil apparait.
Riches et Pauvres, monuments et barres d’immeubles, la ville fait société.
Ballet de trains qui arrivent et qui partent. Où en suis-je ?
Au milieu du gué de ma vie, mes enfants, ma femme, mes parents, une étape professionnelle ce jeudi, puis un weekend en amoureux ensuite, le premier depuis longtemps.
Le bonheur ? Des regrets ? Des envies, des projets ?
J’aime ce moment, j’ai le printemps.
La parade nuptiale des pigeons en contrebas, le chant des passereaux qui recouvre les bruits de la ville ; l’homme et la nature.
Un rayon de soleil sur un arbre en fleur : serait-ce l’aube d’un espoir ?

Une parenthèse comme on en fait trop rarement. Incroyable coucher de soleil, horizon ouvert et si bouché en même temps, vie de quartier en mode fourmilière, seuls quelques passants qui ont levé les yeux et découvert le veilleur que j’ai incarné. À seulement quelques centimètres du vide, ça aurait pu être une épreuve mais les pensées sont telles que leur flot continu efface toute peur ou appréhension du vide, au contraire. J’ai aimé veillé sur la ville.

Dernier soleil d’hiver.
Un moment d’introspection et d’ouverture au monde, au vivant.
Une lumière éclatante. Des couleurs chatoyantes. Et puis, elle s’adoucit. Elle dégage derrière les nuages et je peux la regarder en face.
J’écoute le calme. Je déconnecte. Paris s’éveille. Je me connecte.
Demain, une nouvelle saison.

Un moment hors du temps mais ancré dans l’espace et dans le moment. Une pause, dans les remous de la vie. C’est ma fin d’une journée, pleine de vie, de rires, de difficultés aussi. Paris ne s’endort pas, mais change de couleur et de rythme. ce soir, c’est la fin de l’hiver, et le début du printemps. Le premier chapitre de l’année se termine, la journée aussi, en attente de la suite, pleine de promesse.

Premier jour du printemps.
À l’entrée dans l’abri, petite appréhension du vide, avec le liseré lumineux qui crée une prolongation de l’espace dans le vide. Puis je m’habitue et m’approche de la vitre.
Le soleil est voilé par des nuages. Le ciel est rose, je vois la lueur entre les cheminées mais le disque n’apparaît pas clairement.
Perspective sur la ville dont je n’ai pas l’habitude. premiers temps à chercher l’orientation. L’axe Est-Ouest est donné par le soleil, je redispose les monuments de Paris sur le panorama.
Très peu de corps humains. Ils sont tous dans leur petite boîte. Tout le monde dans son objet-abri.
Peu de circulation aussi. C’est calme. les encombrants enlèvent des meubles. Un long camion Leroy-Merlin se gare en face de moi. Pourquoi ?
Pas beaucoup d’oiseaux : des corneilles, pies, merles (qui jouent), des pigeons. Des moucherons viennent eux aussi veiller sur la ville. Ils se collent sur la vitre.
Le rocher des singes et le Tribunal de Grande Instance sont deux formes jumelles à l’opposé l’une de l’autre.
Un balayeur consciencieux.
Un nuage de pollution foudroie au-dessus de l’horizon vers la Défense.
Un premier train fait son entrée, traverse le panorama.
La vie commence à prendre un peu plus la rue.
Il y a un contrôle aujourd’hui, une collégienne révise en marchant. Un type s’y prend à trois fois pour trouver sa place de parking au milieu de l’emplacement livraison en face de moi. Il sort de son véhicule pour évaluer l’espace derrière son véhicule et pourtant il reste au beau milieu.
Au bout d’un temps on se rend compte que la tour de la gare de Lyon nous donne l’heure ! (A partir de ce moment-là, on est moins tranquille !)
Les passants sont de plus en plus nombreux. Vélos. Chiens. Joggers.
Tiens les encombrants ont laissé un matelas contre le mur.
C’est l’heure. Tout va bien. Pas d’accident. J’ai veillé.

Suspendue entre ciel et terre et accompagner le coucher de soleil...Magique ! Une belle échappée pour ouvrir ma 38ème année !
Merci pour ce moment incroyable.

lever de soleil - état d’esprit
rumeurs de la ville - humeur du matin
se décentrer - se recentrer.

Sweet Veilleur...
Doux rêveur
Intrigué j’étais ?
Informé je suis ?
Debout je serais
À veiller sur Paris
Tel un ange gardien
Sur ma ville chérie
Tel un ange parisien
Dans mon abri...
En ligne de mire
Les cimes des bâtiments
Les toits en zinc
Le Sacré Coeur
La BNF
Montparnasse
La Tour Eiffel
Notre Dame
Et j’en passe...
Couchant est le soleil
À l’horizon
Tout Paname
Océan de béton
Méditation
hors du temps
Entre
Marche et étirements
Rien de tel
Pour célébrer
mes 45 printemps
Je veille sur les gens
Les monuments
J’observe
Le ciel rougeoyant
Le soleil se couchant
En pleine conscience
Je me dis
Quel beau présent !!
La Ville est belle !
Merci pour ce projet...

toujours veiller à prendre un peu de hauteur

Whaaaaaa !
Ciel
Lune
Terre
Soleil
Mouettes
des milliers d’yeux qui ne voient pas
les yeux ouverts attentifs d’une qui regarde
La veille, ça me dit quelque chose
je suis soignante
une de celles qui veillent
parfois malgré l’autre, la personne recevant les soins invisibles

Hoje o tempo voa. Escorre pelas mãos. Mesmo sem se sentir. E não há tempo que volte, amor. Vamos viver tudo que há pra viver. Vamos nos permitir !

Veilleur, veilleuse en compagnie du vent
Souffle aigu qui enveloppe
Veilleur, veilleuse d’une lune rousse qui s’efface à l’ouest pour laisser place à une boule de feu qui réchauffe à l’est
Veilleur, veilleuse de battements d’ailes, Pigeons Biset, Corneilles noires, Merle Noir, Pie, Pouillot, Mouettes qui planent et jouent avec les Corneilles et le vent
Veilleur, veilleuse de passants, d’un quatre pattes qui promène un deux jambes
Veilleur, veilleuse de Nicolas qui a 54 ans ce matin, de Jérôme et Garance qui rêvent et des pas d’Odile bienveillants
Veilleur, veilleuse d’un rayon de soleil qui me raccroche au dehors et oscille avec le vent sur les planches du bois, fantômes d’une forêt de Sapins ou d’Epicéas peut-être

In pochi lo sanno ma oggi eravamo in 2. Non ho ancora realizzato il percorso che ci attende e che attende questa nuova famiglia.
Vorrei solo che andasse tutto bene e che come oggi io possa avere il tempo di mettere la vita in pausa, anche solo per un istante, prendere fiato e vedere un po’ più lontano proprio come oggi.

Très embrumée de sommeil dans la tête, mais super beau au dehors sur tous les lieux que je commence à connaître au fond - un nouveau regard sur la gare de Lyon et ses trains que je chéris tout aussi !

Habituée des hauts points de vue parisiens, je retombe sur ce même constat : Paris, ça n’est pas si grand que ça !
Ce moment suspendu, cette parenthèse hors du temps m’a permis de me rendre compte d’autre chose : la grandeur et la petitesse de l’Homme, sa complexité et sa simplicité. L’Homme capable de concevoir des avions, des monuments, des villes et l’Homme capable de se contenter de son vélo, sa baguette, son chien. L’homme est fait de contrastes, qu’il sait équilibrer au quotidien !

I was expecting a perfect sunrise with sun blinding me and the city bathing in its rays. But this gray morning was just as perfect because it reminded me of home – my hometown is always labeled as rainy and cloudy but I love it. It makes it unique. I felt calm and collected as I watched over the city, and I really needed this slow and lazy morning in Paris, itw as beautiful. Big thanks for this great project ! <3

Ce soir à l’aube du printemps Paris était plongé dans une brume baudelairienne - le ciel bas et lourd comme un couvercle - et la pluie ne cessait de tomber. Je fus surprise par ce face à face avec la Tour Eiffel, la bergère d’Apollinaire, veilleuse éternelle de Paris. En la regardant me regarder je me demandée ce que je veillais, moi, contemplant les piétons pressés par le mauvais temps. J’ai pensé comme j’était minuscule sur mon promontoire, infime partie du grand tout. Aspirée par le ciel et mes rêveries, projetée vers la terre par mon vertige, ce fut, pendant une heure, entre mégalomanie et humilité, un condensé de l’expérience d’être humain au sein du vivant.

Une Médiation debout, vivante. Il se passe beaucoup de choses. Je suis là, présente. Je me réveille avec la ville. Connectée avec mon corps, mes ressentis, et ce qui se présente devant moi. Paris, son histoire aussi, les couleurs qui s’éclaircissent de plus en plus, les nuages qui passent, les oiseaux, la ville qui se réveille ensemble avec moi. Une responsabilité aussi, devant ce Monde, d’agir avec le cœur et d’être lumière - comme là, entourée dans la ‘Box’. Des pensées qui passent, des envies de bouger… tout passe. Et une constante qui reste dans ce non-mouvement : La vie qui continue. Perpétuellement là, devant nous. De l’individuel au collectif, à l’Universel. Se connecter. Je suis reconnaissante de ce moment si précieux, quelle belle idée, il faudrait commencer chaque jour ainsi, au fait. Maintenant j’ai envie d’attaquer la journée ! C’est mon 32ème anniversaire.

Veiller ou observer ?
Peur ou plutôt angoisse de se retrouver seule avec soi même pendant une heure.
Regarder les nuages. Voir cette pointe de nuage qui avance vite et doucement à la fois.
Écouter le vent très présent, les bourrasques.
Sentir bizarrement la nature très présente. Surprenant en ville. Se sentir en pleine conscience.
Observer un temps les passants et leur imaginer une vie.
Se rendre compte que la pointe du nuage est déjà au-dessus de Montmartre.
Voir le gris des nuages se mêler aux toits de Paris. Le ciel s’éclaircit.
Se rendre compte que le temps est passé si vite et qu’il ne reste que 20 minutes.
Se dire que pendant cette heure seule avec moi-même, je n’ai jamais été vraiment seule.
Observer la vie sans y participer, mais être là, présent.
Se tenir debout et observer la ville en mouvement.
Scanner une dernière fois l’horizon pour tenter de capturer cette vue et cette ligne d’horizon.
Vouloir tout garder en mémoire y compris les sons, les bruits, les mouvements, les pensées et les sensations.
Savoir que c’est vain...

Dans la cabine du veilleur, j’ai vécu l’expérience de changement doux et perpétuel.
Ce moment poétique et philosophique offre pour moi la grande opportunité de rencontre avec soi-même et ce qui m’entoure.
La lumière et le temps changeaient, les oiseaux passaient et puis le vent s’est levé en créant une petite touche de sensation du danger, mais le soleil était déjà là et j’étais sortie de la cabine peu de temps après.
J’ai ressenti la richesse de vie et la diversité des états, merci pour cette expérience !
Je me suis fait un super cadeau d’anniversaire de mes 33 ans.

Malgré la déception initiale de ne pas vivre cette expérience dans l’abri originel, j’ai aimé ce moment de veille en hauteur. J’ai découvert la ville sous un autre angle, observé les oiseaux et le ciel s’assombrir peu à peu, écouté le bruit du vent et des sirènes, imaginé la vie des passants.

Une expérience inattendue, vertigineuse, magique, au-delà de tout ce qui était possible d’imaginer. Un regard sur la ville, sur la vie et sur soi. Je suis encore sous l’émotion de ce je viens de traverser, les mots me manquent...
Merci, merci, merci pour ce doux moment hors du temps !

À l’aube, le soir, de mes 59 ans, tant de contradictions, de sentiments contradictoires, de ressentis ambivalents : angoisse, paix, plénitude, impatience, curiosité, ennui, idées noires, plus d’idées du tout, envie, fatigue. C’est condensé de vie. Merci
Lent et rapide aussi.

Montreuil, Capdenac le Haut et maintenant Paris.
Ce matin pluvieux n’empêche pas de ressentir côté ouest une impression à la fois de toute puissance et le sentiment de vulnérabilité que provoque le vide et le vertige.
Côté est, on ressent de l’empathie pour les gens des immeubles et cette proximité qui appelle à la bienveillance et au partage.
Cette troisième expérience n’exclut pas l’introspection, le retour sur soi-même, les êtres qui vous entourent et que vous aimez.
C’est la magie de ce moment où la routine n’a pas sa place.
Merci à Philippe, mon accompagnateur très attentif et chaleureux ainsi qu’à Léonie organisatrice de ce bel événement sur Paris.
Mes amitiés à Joanne Leighton instigatrice du projet.

Une expérience Urbaine
Nuageuse
Inoubliable
Quelle hauteur !
Un joli coucher de soleil
Exceptionnelle
Merci pour ce moment de veille
Hors du temps et magnifique.

Voir le monde à vue d’oiseau.
Ville comme figée.
Attention porté au mouvement.
Celui de la lumière, du soleil qui se dresse, des nuages,
des oiseaux, des quelques fumées
et lumières artificielles
qui clignotent puis s’éteindront,
aux allées et venues des oiseaux et des avions. et de rares congénères.
Ampleur des cieux - respiration retrouvée.
Relativité suspendue dans l’espace et le temps.
J’aurais pu rester là.
Jusqu’au coucher.
Des heures, des semaines.
Merci.

Un instant hors du temps et hors de toute obligation, dédié à la contemplation et à l’observation... À l’abri dans un cocon.
Mille histoires qui se racontent en même temps, mille questions qui se posent.
Un ciel chargé, épais d’un côté, plus léger de l’autre.
Un ciel changeant, des percées lumineuses, des rais de lumières à travers les nuages.
On se sent protégé et invincible dans cet abri où finalement tout est possible.
Merci.

J’avais ma montre, mais je n’ai pas pensé à la regarder. La notion de temps était déformée, certes. Mais, ce qui m’a touché, c’est la clarté de la vue. En effet, la hauteur permet d’en prendre, tout en gardant une proximité avec ce que l’on observe. Aussi, j’ai eu le temps de poser mes yeux sur tant de choses. Tout d’abord les premiers trains. Je m’imaginai leur destination : Marseille, Nîmes, Montpellier, ou encore Lyon. Puis, j’ai tenté de me situer en identifiant les bâtiments et les artères qui m’étaient familiers. Plus près de moi, les passants étaient peu nombreux : le 1er avril doit y être pour quelque chose. J’avais d’autant plus de temps pour les suivre du regard. Prendre de la hauteur, c’est aussi se mettre au niveau des oiseaux. Les pigeons se faisaient la cour, les corneilles volaient à ma hauteur. Soudain, le soleil perça les quelques nuages qui étaient présents dans mon dos. Cela m’a perturbé, car j’ai vraiment ressenti que le temps passait. Alors, j’ai à nouveau balayé la vue de mon regard, voyant de nouvelles choses à chaque fois. Rien ne s’écrasait. Merci !

I was a ‘‘veilleur de Paris’’ for the sunset over Paris on April Fool’s. The experience was peaceful, with a warm sun, wispy clouds, birds flying by and now and again, a strong gust of wind. The experience was intriguing, I felt like James Stewart in Rear Window, but higher up in the sky, the players in this evening’s Parisian theatre were small grey figures, bike riding along rue de Charenton or walking two by two on la Coulée Verte. The experience was technicolor, the sun bright at first, the sky smurf-blue, the Hausmannian buildings white, their roof bright grey. The the deep sunset colors set in, and all the red chimneys popped into view, with their silvery covers glinting in the evening light, like hundreds of little metallic-capped mushrooms. The city became a mass of dark blue, blending with the sky, just barely any lights on inside the thousands of homes below me. The church domes, Eiffel, Sacré Cœur and the gare de Lyon bell tower dot on the horizon.
Bonsoir Paris ♡
Merci

Habitants de la Terre des Jeux,
J’ai veillé sur vous,
de tout mon coeur,
de toute mon âme.
J’ai écouté votre danse, en silence.
Là-haut, j’ai vibré immobile,
au chaud,
dans ce ballet douillet,
de fraternité et d’humanité.
Rien de ce qui nous unit ne s’éteindra
jamais. Je le sais.
Puissiez vous, aussi, en être assurés.

D’abord reconnaître les monuments,
ensuite constater tout ce béton,
et enfin veiller !
Je veille sur le piéton, je veille sur la voiture qui fait son créneau, je veille sur l’horloge de la gare, sur les rayons de soleil, je veille sur la ville, le quartier.
Qui veille sur moi ?

Un jour de pluie, balloté par les vents.
Vous n’avez qu’à bien vous tenir,
Debout.
La vélorue mène-t-elle à la vélorution ?
Regarder à nouveau les gouttes faire la course sur la vitre.
Cette boutique éphémère, comme nous tous.
Revoir le ciel et les parapluies sur pattes.
Veiller sur ceux qui veillent à ne pas oublier leurs affaires.
Le soleil brille à l’intérieur des êtres de lumière.
Au nom du beau et de la poésie.
Vous avez l’heure s’il vous plait ?

L’heure passe très vite. Paris était là derrière la vitre.

Flip Flap petite pluie d’Avril. La ville se lève engloutie dans les nuages de pluie. Quelques sirènes résonnent ponctuées de klaxon. Les gouttes glissent sur la vitre absorbant d’autres, filant jusqu’au sol et laissant derrière elles des traces de leur passage bientôt essuyées. L’horloge de la gare de Lyon posée sur l’épaule, j’observe le trafic des trains. Six grues clignotent au loin. Quelques volatiles passent le bonjour en glissant dans le cadre de lumières puis filent. Le tout est dans le tout.

Enfin la pluie a cessé !
Veilleur, guetteur, voyeur...
Le brouhaha de la ville, les oiseaux qui passent, les lumières s’allument ou s’éteignent, les gens sortent ou rentrent. Le temps est doux et file...
Un arrêt dans la journée, une pause bienvenue.

Mon expérience a été multiple. Sans autre distraction que moi même et une ville, un panorama réduit à l’observation, bien difficile d’être soi-même une distraction pour l’autre. Alors j’ai quitté mes rôles et les ai quasiment tuer à tuer, l’un après l’autre. Mes devoirs-faire aussi : mettre le temps à profit, utiliser le corps... tout est devenu si vide sens. Rien à faire là-haut. Je me suis ennuyé et j’ai ri. J’ai failli pleurer en croyant un vélib par terre. J’ai observé les éboueurs et les cartables des enfants après avoir compté de différentes façon les fenêtres d’immeuble.
J’ai eu l’impression en regardant à l’Ouest que c’était l’Est, et en me retournant et voyant le soleil, je me suis dit " tiens, bizarre, il y a deux soleil..." J’ai interrogé ma vie et le vide de l’expérience qui laisse place à : c’est quoi, mon choix ? Ma détermination ? Où ai-je envie, qu’ai-je envie de faire de cette vie ? Tout ça en filigrane.
J’ai pensé "Merci à tout ce que je n’ai pas vu ou pas perçu", et à la fin, Sophie m’a demandé si j’avais pu voir l’heure sur la Tour de la gare de Lyon... C’est intéressant tout ça.
Merci au gardien de nuit qui veille mon accompagnatrice pendant que je veille la ville...
Bonne expérience de l’interdépendance et de l’absence d’en-soi.

Très belle expérience, méditative, de détente absolue, le temps s’est arrêté, dans un ciel magnifique très doux tantôt dans les jaunes, les roses, bleuté aussi bien sûr. Les insectes, moucherons, coccinelles venus me visiter, les oiseaux aussi. Les regards des passants interpellés, les amis du quartier.
Merci d’offrir ce beau moment.

Formidable expérience.
J’avais l’impression d’observer un tableau avec de multiples détails et animé. Mon regard essayait de s’approprier chaque détail et de balayer également l’ensemble de ce qui s’offrait à ma vue.
Au départ, j’avais l’impression d’être seule à voir mais je me suis aperçue que j’étais également observée par des personnes se trouvant sur la promenade plantée ou à un balcon de l’immeuble d’en face. J’ai été surprise mais cela a été une bonne expérience avec de grands signes de reconnaissance partagés !
Cela a été une communion avec la ville, l’architecture, la nature, et avec des gens certainement inconnus mais cela a été un très bon moment.
Le temps n’existait plus, je faisais partie d’un tout, des rouages de la ville. J’aurais pu rester des heures à observer, à contempler ce qui s’offrait à ma vue.
C’est une excellente expérience, observer l’extérieur et s’observer soi-même.
Il y a eu également les bruits : le train qui passe, les oiseaux, quelques voix.
J’ai assisté à un formidable tableau vivant.
J’ai également été observée mais cela ne m’a pas dérangée et je dois dire que j’en ai tiré une certaine fierté après la surprise d’être vue.
Voilà, j’ai veillé sur la ville et la ville a veillé sur moi.

Un temps suspendu, alors que la ville se réveille. Un calme malgré les ronrons des trains et des pigeons. Les lueurs du soleil qui viennent peu à peu caresser les bâtiments familiers et ceux qui le sont moins. La sensation que cette ville est immense et toute petite à la fois. Et ce cadre de lumière suspendu dans le vide... Des images et des souvenirs magnifiques en moi, pour longtemps. Merci ❤



Un joli moment suspendu ; une belle parenthèse en dehors du temps ; le choix de prendre un temps pour soi, face au monde. Une manière d’entamer la semaine d’une manière la plus poétique qui soit. Douce lumière de l’aurore venant balayer la ville. L’expérience fut aussi ludique, à essayer de reconnaître tel bâtiment remarquable, à voir le quartier s’éveiller, les coureurs faire leur tour ou les oiseaux arpenter le ciel.
Merci !

Le veilleur du soir est un berger tranquille qui compte les moutons que lui ont laissés en garde les veilleurs des autres jours. Bibliothèque, Montparnasse, Gare de Lyon, Panthéon, Jussieu, Val-de-Grâce, Saint-Sulpice, Invalides, Tour Eiffel, Note Dame, Louvre, Beaubourg, tribunal, Sacré Cœur : ils sont tous là, comme hier et sans doute demain. Le lent projectile du soleil, qui devait finir sa course au pied de la Tour Eiffel ce soir, a été englouti par une ceinture de nuages un degré à peine au-dessus de l’horizon. C’est jour d’éclipse, il est parti jouer un nouveau tour et promener le cône d’ombre de la lune des Grands Lacs au Mexique. Over and out.

Je remercie d’abord Marc pour s’être trompé et ne pas s’être réveillé, ce qui m’a donné l’occasion de faire une veille le matin ce dont je rêvais.
Très différente de la veille couché de soleil en octobre, on imagine bien, au printemps le levé du soleil de multiples tâches de verdures fraiches avec le soleil qui les magnifient, les rend lumineuse, joyeuse. Du coup la ville que j’ai dure, solide, oppressante est devenue une ville apaisée, fraiche avec des couleurs vertes d’un panel bien large.
Je veille, je veille sur mes voisins, mes ami•es, les inconnu•es, je veille sur leur songe de la fin de la nuit, songe, songe, songe, jolie mot mais pourquoi vient tout suite "mensonge" dans ma tête ? Quelle est leur relation ? Songe mot magique et mensonge mot maléfique !!!?
Le soleil se lève, je me dis que c’est un des dénominateur commun de l’humanité, toute être humain voit normalement le levé de soleil même toute être vivant, quel magie.
Je me sens beaucoup libre, même heureuse, peut-être liée à des conditions et des circonstances actuelles de ma vie qui devaient me rendre triste mais au contraire. Au fait notre reçu dans la cabine est aussi un reflet de notre état d’âme du moment comme tout ce que l’on vit. J’ai beaucoup plus adoré ce matin que l’autre soir en octobre.
Merci

Temps interrompu. Temps infini.
Respirer le souffle de la ville.
Observer l’immense. Jouer avec le minuscule.
S’envelopper dans les couleurs flamboyantes.
Sentir son corps. Penser à l’autre.
Passé. Présent. Futur.
Aspirer à de nouveaux HORIZONS.

J’ai veillé de toutes mes forces, la joie montant en moi en parfaite coordination avec le soleil.
Je me suis sentie toute petite à son lever. Puis immense, irradiée par cette douce chaleur. Une telle lumière qu’il a fallu faire acte de belle présence en fermant les yeux, 08h08. J’aimerais y rester la journée. Merci Joanne Leighton. Une des plus belles matinées de l’année. ♡

Ville
Espoir
Intérieur
Lumière
Larme
Éblouissement
Union
Silence
Expérience
Merci à Sarah de veiller sur moi depuis 35 ans. ♡

La ville s’est soudainement transformée en liquide, les quartiers formaient des ondes grisonnantes. Des îles, des dunes apparaissaient. La Défense devenait une côte abrupte et piquante. Le soleil a percé a intermittence entre les nuages duveteux et des détails sont apparus, les sirènes du commissariat et les couleurs des océans.

Je fais souvent des rêves récurrents où je plane au-dessus de divers paysages. Ce soir j’ai expérimenté les mêmes sensations mais éveillé. J’ai pu gouter un peu à la liberté des oiseaux et redécouvrir mon quartier de haut. Merci.

Un petit moment de magie à regarder Paris s’éveiller, un beau matin d’avril. Pas si facile de laisser de côté ses soucis et sa to-do liste interminable, mais le ballet des trains de la gare de Lyon et les va-et-vient des passants qui se met en place petit à petit m’a absorbée très vite. Une vue splendide et des rayons de soleil qui sont venus progressivement me réchauffer dans la plus grande douceur. C’était un plaisir et un honneur de prendre ma place dans cette chaine de veille !

Impressionnée et émue au début, puis de plus en plus imprégnée par ce "spectacle urban" magnifique, je me sens à la fois lourde et légère... Le soleil a brillé intensément et j’ai suivi sa "descente" jusqu’au bout ; il semblait être partagé en 2 au pied de la Tour Eiffel !
Merci pour cette expérience que je n’oublierai pas !

Vivre avec une vue sur l’horizon, est ce que ça change notre façon de voir les choses ?
J’aimerais pouvoir scruter la ville qui se réveille chaque matin.

Et soudain une grande joie.
Rester debout sans se mouvoir, ne pas lâcher du regard lui qui se meut.
Lui qui se meut.
Me bercer de lui.
Soudainement partagé par l’Eiffel.
Et soudain ne pas avoir envie de le voir se coucher.
Et tout autour résidences, oiseaux, chemins
Vacuité

Très agréable expérience de voir Paris qui se réveille. Les premiers rayons dorés qui caressent les immeubles de la ville, les oiseaux qui volent devant l’objet abri. Contempler l’horizon au moment du lever du soleil, moment éphémère, mais qui se renouvelle chaque jour. merci pour l’opportunité de vivre cette expérience.

Un temps suspendu, une pause, un arrêt, une trêve presque, un répit, une respiration...
Un lieu où on se sent bien, à l’abri, on se sent privilégié, tellement privilégié de vivre cette expérience.
Un Paris calme, très calme même, mais pas immobile.
Une immensité de cette ville et puis au bout d’un moment plein de détails apparaissent comme par magie.
À oui la magie a opérée !
Alors, il est question de veiller mais finalement qui veille sur qui dans l’histoire.
Je me sens bien.
Il y a encore demain, des demains, je l’espère.

Au cœur du 12ème arrondissement, nichée dans cette structure singulière faite de bois et de verre, je me trouve.
A 6h55, au lever du soleil, un timing soigneusement choisi, le temps d’un réveil, d’une nouvelle vie, d’un nouvel espoir, d’un regard renouvelé, d’une lueur émergente dans le ciel bleu scintillant …
Un regard porté vers Paris, la ville lumière, comme on l’appelle.
Un regard s’enfuit vers la dame de fer, si majestueuse.
A cette heure-ci, en cet endroit précis, je suis seule, détachée.
Entre un esprit brumeux et un ciel limpide, je vagabonde.
Une pensée traverse mon horizon, légère comme un papillon.
Elle survole, elle murmure "هبة اراحي جاي، نعطيك خبيزا".
Son visage irradie de beauté, elle respire le bleu du ciel.
Sa peau contre la mienne, je m’en souviens.
Son parfum de jasmin, un élixir qui me transporte dans mes souvenirs lointains …
En cet endroit, à cette heure, toi et moi fusionnons.
Transportées par la douceur de cette ville, nous sommes en paix.
Je pense à toi Mima Aïcha, ta voix berce sans cesse mon (âme - روحي)
A toi je dédie ces mots, en cet endroit précis.
Tu vis en moi, je respire grâce à toi !
Je chante matin et soir Fairouz, " حبيتك"
A la vie mima ♡

The symetric lines of Paris are like its veins, through which small people and big ideas flow.
Houses and their windows are like pixels in a painting about loneliness.
Paris is like a teenager studying himself in the mirror of the sky.
Thank you very much !



Paris, mon amour ;
entassés - Lumière magnifique.
Merci

Vite, vite, vite, il faut que je monte, il ne viendra pas !
Merci Gaspard de m’avoir donné de faire encore une fois la veille ! C’est la 3ème fois ! Ca commence à devenir familier et moins solennelle pour moi.
À chaque fois c’est différent, aujourd’hui c’est une veille médiative, il y a de l’espace temps qui jaillit : Sacré Cœur vieille de 154 ans domine le reste de la ville et je veille sur lui, alors qui veillera sur lui dans 154 ans : c’est mon côté penseur qui se réveille, les sens des poèmes de Khayan.
Puis la dualité, nuage et soleil, je préfère plutôt parler d’enjeu que d’une concurrence, et oui, il se cherchent, ils jouent ensemble, un jeu créatif, ça fait pleins de figures dans le ciel, c’est magnifique.
Et les bâtiments qui répondent à l’un et l’autre, certains réfléchissent la lumière du soleil et d’autre reste dans l’ombre des nuages, toujours cette dualité.
Et enfin quand j’ai quitté l’abri, Paris était entouré par un lit de nuage claire et lumineux, promesse d’une journée ensoleillée et le nuage laisse place au soleil.
Cette fois ci c’est une veille médiative, la première fois, j’étais impatiente, il fallait que je bouge, il fallait que je sorte, la 2ème fois, j’ai veillé sur les gens, voisins, amis, inconnus... ça s’est bien passé. Et cette fois-ci, la 3ème je suis bien, je n’ai pas trop envie que ça se termine.
Ce jeu nuage et soleil, pluie et vent, me laisse penser qu’il faut accepter les choses telles qu’elles sont, que la vie continue et qu’elle est belle !
Merci pour ce moment
PS : La prochaine veille est le 29 avril, le matin, est-ce encore qui le fait, il y a des risques/chances car ça commence plus tôt !

Un temps suspendu, au sens propre et au sens figuré.
D’abord identifier parmi les plus beaux monuments de Paris : Panthéon, Tour Eiffel, BNF... et les autres : Tour Montparnasse, Sacré Coeur, Gare de Lyon. Puis admirer le tracé des rues et des avenues, si parfait.
Ensuite, calculer rapidement le nombre d’année que Paris est "ma" ville... soit 28 ans, soit une large majorité de ma vie. Se sentir totalement "parisienne" par admiration pour la beauté de Paris et malgré la dureté de la vie quotidienne parfois. Et puis, se retrouver face au combat Soleil/Nuages avec l’arrière plan le ciel blanc-bleu puis jaune, doré et l’orangé flamboyant.
Être éblouie au sens propre et figuré.
Se dire que c’est une chance de veiller sur cette ville aimée ai monde entier.
Bravo et Merci !

Je ne suis pas une super-héroïne, quoi qu’avec mon grand plaid noir je devais avoir une allure de Batman, et pourtant c’était une véritable mission que cette veille. J’ai vu la vie et c’était beau, merveilleux. Une vie minérale, une vie animale, une vie végétale, et une vie humaine.
Je ne peux pas la protéger, la préserver, seule mais je l’ai veillée, et c’était un honneur et un bonheur.
J’espère que ce petit bout d’univers que j’ai vu dans son insouciance continuera de vivre tel qu’il est encore longtemps et que nous, habitant·es de cette planète, ferons en sorte qu’il perdure.

Comme si le vent avait soufflé fort
Comme si elle avait ressenti ma présence
Comme si j’avais ressenti sa présence
Comme s’ils pouvaient changer le cours des choses
Comme si tout allait au bon rythme
Comme si le soleil s’était couché deux fois
Comme si on recommençait demain

Une cabane où le temps s’arrête pour voir le temps s’écouler et le soleil se lever. Un cabane où l’on est immobile face à une ville qui se met en mouvement. Je suis heureuse et fière d’avoir participé à ce cycle et cette chaine de veilleur·euses. Merci !

Rester en place
Tenir une place
Sentir le bois de l’abri
Sentir son corps
Rester en place
Tenir une place
Prendre le temps de la hauteur
Sentir le rythme des pas ralentir
Rester en place
Tenir une place
Observer la lumière disparaitre
Accueillir des lumières apparaitre
Rester en place
Tenir une place
Rester en place
Être à sa place

Reconnaissante d’être là, joie de voir Paris s’ensoleiller progressivement. Etonnement de retrouver une odeur de mon enfance, celle du chalet de Kawaguchiko. 6ème d’abord de me voir autant, dédoublée, silhouettée dans le reflet mais la forme de Paris change aussi vite, tant mieux, que les variations de lumière. Une heure ce n’est pas très long, c’est à peine un cours. Un peu plus de nuit la prochaine fois car il y aura une prochaine fois ! Merci !

Quelle belle carte postale
Avril de lumière
Quelle jolie capitale
Ville dont je suis fier
Printemps capricieux
Je lève mes yeux
Sur un ciel nuageux
50 nuances de gris
Ce soir sur Paris
Les rayons du Soleil
Traversent les nuages
Tels de grands cils
Sur ce beau paysage
Au fur et à mesure
De ma veille
Le soleil scintille,
Le soleil brille…
Je veille
Sur la ville
Aux mille
Et une merveilles.

On se sent si petit du haut de la cabane et à la fois à la plus jolie place. Un passant est en retard. Une terrasse au soleil. La coulée verte qu’on remarque soudain, cet immeuble qu’on aime regarder depuis la coulée verte. Celui avec les torses sculptés. Une fenêtre s’ouvre. On secoue les draps. Les Mercuriales dont je connais si bien la vue du 25ème étage. Le Centre Pompidou (je crois). Un coup de fil depuis un balcon. L’arrivée et le départ d’un train, puis d’un autre, depuis la gare de Lyon. Le rocher du zoo de Vincennes dans l’ombre, puis dans la lumière, puis dans l’ombre. Les nuages se teintent de rose. Oh, la tour Montparnasse. Elle était là depuis le début pourtant. J’observe un cycliste aux baskets très blanches, ça aurait pu en être un autre mais surprise il s’arrête, et lève son téléphone dans ma direction. J’imagine que l’on se regarde. Je souris (pour la photo). Il est rejoint par deux passants qui m’ont remarquée à cause de lui, ils se mettent à me faire de grands coucous. J’en ai fait de timides en retour. Je souris. On méprise beaucoup les pigeons mais ils ont la belle vie. Les fenêtres commencent à s’éclairer., les intimités se dévoilent. C’est l’heure de faire à manger. Au loin une fête foraine apparait, un manège à sensation. J’imagine les hurlements. La lune, presque pleine. Un morceau de périphérique. Le soleil ardent, très rouge, ça doit être la fin bientôt. J’ouvre grand les yeux. On ne voit qu’une infime partie de ce que nos yeux regardent (ou l’inverse). On vient me chercher. C’était merveilleux. Merci !

Quelle facilité que le
soleil a pour se lever.
Comme c’est sans effort
pour lui d’aller chercher
sa lumière, sa puissance.
Quelle ponctualité !
Est-ce qu’on peut être
inondé d’ombres quand
on est en plein lumière ?
C’est ça l’aveuglement ?



La réflexion des rayons sur certains toits était absolument fascinante.
L’arrivée et la course du soleil dessinaient d’autres lignes mouvantes.
Quel joli voyage dans cette quasi immobilité.



Le temps
– Pris pour passer un moment hors du temps justement
– D’une parenthèse perchée dans un abri niché sur les toits de Paris
– De voir le soleil se lever et vraiment regarder le ciel pour ne se sentir qu’un avec les nuages
– De voir et d’entendre tout plein d’oiseaux. Même une mouette
– De faire mille et un voyages intérieurs en se reconnectant à ses souvenirs et ses sensations
– D’écouter la ville s’éveiller et de sentir son pouls s’agiter
– De prendre de la hauteur et d’appréhender la ville / vie sous un autre angle, avec d’autres perspectives
– De respirer et juste être là debout sur mes pieds
Et réaliser que pendant tout ce temps, il y avait une grosse horloge que je n’ai vue que très tardivement
Merci

Je me suis presque endormie.
J’aurais pu y passer la nuit.
De là-haut, tout semble si lent.
Même les TGV prennent leur temps.
J’ai assisté à une arrestation.
Tous les trois menottés près du fourgon.
Même cela était paisible.
Je me suis longtemps demandée si la Tour Eiffel était plus haute que le Sacré Cœur. Il faudra que je vérifie.
Et puis, au dernier moment, un soleil de braise a tenté de faire fondre la flèche de Notre-Dame.
Mais, cette fois-ci, elle a résisté...
Paris, ma ville, mon privilège !

Paris se réveille, le ciel sombre s’éclaircit passant du vermeil au bleu. Là-haut le temps passe vite et tout semble au ralenti.
Du silence vient le bruit de la vie. Merci de m’avoir laissé veiller sur Paris. J’ai beaucoup aimé cet instant seul et avec tout le monde.

Une ville dominée
Multitude humanité
Multitude de livres estampillés
Multitude de cheminées
Les gens dans leurs foyers
Rubempré devant la télé
Des enfants salués
Des passants pressés
Des trains réguliers
Puis la fée électricité
Remplace les rayons dardés
Le bar d’en bas éclairé
Le soleil rouge sur Notre Dame placé
La coulée verte désertée
Patrice (de Vendée)



Les lumières se sont allumées tout doucement...

Le vent du Sud poussait les nuages, les bleus retentissaient de toutes nuances, les oiseaux célébraient le lever du jour, l’heure s’est écoulée.

Isolée sur les toits de Paris, je n’étais finalement pas seule. Hirondelles, mouettes, pigeons et corneilles sont passés me saluer. Les grues ont même été de la partie. Et le bouquet final de la tour d’acier qui scintille de mille feux a comblé ce moment magique hors du temps.
Merci pour ce spectacle.



Au final nous ne sommes que des poussières dans un monde bien plus grand que nous.
Arrêtons de vivre dans le futur, vivons un peu plus dans le présent. ♡

J’imaginais le veilleur comme figure d’autorité, il n’en a rien été... je me suis laissée attendrir par la ville, j’ai été éblouie, j’ai joué avec elle, j’ai dérivé et j’ai aimé. J’ai pensé :
Oh le soleil est cadré
Bercy s’est plissé ici
Une maman donne le biberon
Eux s’habillent
Comment s’est-il garé celui-ci
Oh mais j’avais pas vu Pompidou
Celle-là est courageuse de courir
Il fiat un peu froid finalement
Quelle heure est-il ?
Oh Deje ?
Je ne sais pas ce qui a été le plus vertigineux : Dominer la ville ou être seule face à mes pensées ?

Mon Paris, ville d’enfance où j’ai vécu mes plus beaux souvenirs.
Merci à toi d’être si belle, si créative, si intense.
Pendant ce temps, je pensais à la fois à la dynamique de la ville et à la lenteur de ses mouvements.
Une pensée à mon père qui est parti trop tôt. Je penserai toujours, toujours à toi.
Merci Joanne pour ce beau projet, je ne l’oublierai pas. Un moment de réflexion et de détente, c’était juste magique.

Le chant des oiseaux, le cru des mouettes, le brouhaha de la ville qui reprend petit à petit, un ronronnement qui gronde de plus en plus, quelques piétons, des livraisons, une joggeuse, des cyclistes, les lumières des signalement s’allument, un camion poubelle passe, des promeneurs de chiens, un taxi, d’autres camions et voitures au loin, le ballet des trains qui rentrent et qui sortent de la Gare de Lyon, les corbeaux qui passent de toit en toit, une mer de nuages comme une couche d’ouate au dessus de la ville, les monuments - repères tels des marqueurs immuables...
Une tentative d’épuisement de la ville à partir d’un observatoire perché, Pérée en altitude, l’espace de la ville est si petit et infini...

Le soleil s’est bel et bien couché sur Paris.
Je m’incline devant toutes celles et ceux qui lèvent la tête vers moi d’en bas ; Eux aussi, ils veillent.
J’ai vu un père bercer son enfant près de la fenêtre face à moi.
Je suis sa veilleuse.
Je suis la vôtre.
Bonne Nuit Paris,
Bonne Nuit Soleil.

Veiller sur la ville. Me sentir pièce vivante d’une oeuvre d’art. Me sentir participante d’une performance. Me sentir intégrer une chaîne humaine ininterrompue de veilleurs et tiens, disons le, d’humanité. Humble. présente. À ma place.
Vous voyez des bâtiment ? Je vois des personnes.
Veiller. Me sentir. Voir. Aimer.

Ciel gris, les lumières qui s’éveillent. Tout est calme. Le silence sera un beau souvenir.

Un beau cadeau ce matin
Merci !

La rencontre des 180 Veilleuses et Veilleurs qui se sont succédé·es du 9 mars au 8 juin 2024 se déroulera le samedi 8 juin de 19h30 à 22h à micadanses-Paris, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleur·euses.
Cet événement est réservé aux Veilleurs et Veilleuses. Pour toute question vous pouvez contacter Léonie Baudry, coordinatrice du Cycle des Veilleurs.

ciel gris, murmure de la pluie.
le soleil ? pas vu !
étrange tour de guet.
s’observer observant le monde.
tous les sens en éveil
caisse de résonance
brouillages des repères
cohabitation des contraires
détails minuscules
vision panoramique
silence, brouhaha, chants
devenir oiseau

Un tête-à-tête avec le soleil du matin et d’étranges nuages
et la ville qui se réveille
le vide
mais également beaucoup d’histoires !
Expérience intéressante :)

D’abord les monuments font la parade
Vint ensuite le temps des repères familiers
le quotidien
Les lignes horizontales à l’infini et ça et là quelques appérités
Les touches vertes une à une trop rares
une mouette nage vertigineusement
Et là boum
Explosion d’énergie, chaleur éblouissante,
Douceur d’énergie
Pieds ancrés, stabilité, calme, plénitude
L’odeur du bois, souvenirs de montagne et ce petit goût fumée dans l’air
Le spectacle commence doucement
Plénitude
Symphonie de traine qui nous ramène au nid
Les nuages battent les rappels du bleu
Bleus de toutes les couleurs
Final en braises vives. Explosions d’orange et le concert des oiseaux quand le jour disparait
Merci !

Se focaliser sur les détails pour finir par ne voir plus que l’immensité du ciel. Les lumières se répandent, la ville s’éveille. Ne plus tourner la tête mais développer sa vision périphérique. Prendre conscience du déplacement lent des nuages. Sourire car c’est la vie, ne pas bouger en se disant que le mouvement en sera ensuite encore meilleur.
Merci pour cette expérience.

Une des plus belles vues de Paris !!! Quel plaisir sue d’avoir un horizon et de mieux voir et comprendre l’organisation urbaine de la ville ! Quel plaisir aussi d’assister à un soleil couchant à Paris ! Croire le soleil immobile puis le voir bouger petit à petit, se fixer entre l’ordre de La Défense, puis disparaitre sous la côte de l’horizon.
Observer la vie de la ville, la lumière extérieur de l’épicerie qui s’allume, les grands gestes de la personne attablée au bar qui raconte surement sa journée à l’ami retrouvé, le moucheron qui se pose sur la vitre, les oiseaux qui passent...
Fixer son regard sur la vie de la Gare de Lyon : les trains, les RER, les ouigo... Puis sur les avions.
S’amuser des passants à vélo et en voiture qui se pressent pour rentrer chez eux. Et regarder encore et encore cette vue sublime qui en deux coups d’oeil nous dévoile tout Paris. Seuls ces monuments sont immobiles dans cette ville qui bouge, et moi-même je deviens immobile.

Veiller. Réveiller. Se réveiller. Surveiller.
Vue sur la ville et quelle vue ! Prendre enfin le temps de voir, de regarder, de scanner. D’abord loin, large, à 360°, côté sud puis côté nord. Disséquer, être là et seulement là. Les lignes, les couleurs, les arbres, les trains, mais aussi les oiseaux. Le rapace à quelques mètres de haut nous invite à le suivre, goelands, corneilles, pigeons, moineaux, c’est un véritable défilés à cette heure ci. La ville se réveille, personne dans les rues. Au loin, le stylisme de la tour Duo, la RNF, les Olympiades, le Panthéon, la Flèche de ND, le Sacré Coeur... Les points singuliers nous captivent... Et puis progressivement on s’attache à son corps dans ce cocon de bois, la chaleur l’odeur nous ramène à soi.
Le contour lumineux encadre le monument, et recadre notre reflet sur la ville.
Ville décor, me sublime pour mieux nous inviter à se poser. Veiller sur la ville pour mieux se réveiller. Et quel ciel ! Un ciel gris qui s’épaissit pour progressivement grignoter l’horizon et, chaque monument disparait peu à peu, se voile.

Première impression ou plutôt impulsion : envie de franchir le rectangle de lumière suspendue. joie de marcher dans le vide. Ai-je fait le vide pendant cette heure de veille où tous mes sens étaient en éveil ? Pas vraiment ! Cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce moment. Des battements empressés des hirondelles, aux crissements des trains, en passant par le chant des oiseaux, mes pensées ont vagabondé. Il n’est pas si évident de les coucher sur le papier. C’est amusant je prends trains suivent le train à la Gare de Lyon. désormais, je sais que les images de ma veille me reviendront à l’esprit lorsque je prendrai le train. Ah que j’aimerais marcher sur les toits, sauter d’un immeuble à l’autre. Folie que certains s’autorisent ? Récemment je me suis demandé ce qui faisait que l’on ne ressent pas le mouvement de rotation de la Terre. J’ai imaginé l’abri suspendu, immobile, pendant que la Terre poursuivait son mouvement éternel.
M’élever non pas pour dominer, mais pour embrasser le monde et y trouver ma place. Telle est peut-être la raison pour laquelle j’aime tant avoir un point de vue en hauteur. Je suis pleine de gratitude pour cette expérience suspendue.

Une sensation fugace et enivrante de planer au-dessus des toits, tel un ange à l’écoute des habitants, de leurs peurs, leurs doutes, leurs désirs. La ville semble paisible mais on entend vos murmures. Je vais déposer mes ailes à présent et retrouver ma condition humaine. Veillez sur moi comme j’ai veillé sur vous.

Pendant une heure, j’ai veillé sur vous. Comme une gardienne de phare, à hauteur de vol de pigeon, j’ai été le témoin immobile de Paris en 2024. J’ai vu le défilement des trains Ouigo en partance de Gare de Lyon, les délivery sur le palier des immeubles, les checks de coin de rue entre deux voisins du quartier... D’autres veilleurs semblaient affairer depuis un balcon ou un coin de rue. Étaient ils plus assidus que moi ? La ville nous happe comme La Défense mange le soleil. Déjà un autre phare se réveille au loin, le signe que la ville aussi veille.

Une installation nécessaire sur la ville qui m’a permis de reprendre conscience de sa beauté. L’impression d’être dans un sauna, un sauna posé sur le toit de ce 159 rue de Charenton. L’envie de pouvoir y revenir, c’est certain. L’envie, déjà, de revoir le soleil se lever et Paris se réveiller. Un grand merci pour cette expérience.

Moment suspendu. Au-dessus de al ville, rien n’effraye. Distorsion du temps, de l’espace, du monde. Les nuages sont mes pensées. Je dessine ma réalité. Quel moment apaisé. Les oiseaux rythment le couché. Ils sont nombreux à virevolter. Sentiment d’éternité.
Merci d’exister.

Les oiseaux qui volent à hauteur de mes yeux. Un vélo qui passe. Une lumière s’éteint. Se rallume. Prendre de la hauteur. Regarder la ville d’un peu plus haut, le monde avec un peu plus de distance. Se rapprocher de l’oiseau, du planeur, du rêve. Se tenir debout, faire le pont. Vouloir à tout prix monter plus haut et redescendre plus vite. Respirer. Sentir. regarder la ville endormie se réveiller. Bailler. Remercier. Merci :)

Une expérience pleine de dualité : exposé aux yeux de tous et pourtant invisible pour la plupart. Extraite du monde tout en ressentant un sentiment très fort d’appartenance.
Veiller... observer sans prendre part, sans intervenir, sans juger. En regardant la lumière disparaitre, c’est un profond élan de tendresse que j’ai ressenti.
Une heure loin de tout et pourtant au plus près de l’essentiel.
Merci

Un petit défis personnel ce matin : se réveiller, arriver, discuter, monter, dompter son vertige, suspendre, écouter, apprécier.
Je ne savais pas à quoi m’attendre...
J’ai trouvé le silence, la quiétude, la ville qui s’éveille...
Un temps couvert, un horizon de fumée, mais la sensation de m’être trouvée, d’avoir trouvé...
Quoi ? À suivre...

Dans l’abri chaud comme une tasse de thé, à l’odeur de vanille, le silence d’abord puis les sons de la ville, lointains, atténués, un vol d’oiseau, et tout près, un vol d’insecte. La ville en miniature, ses monuments : transparence de la Tour Eiffel, silhouettes fantastique de La Défense, le volume des immeubles, le tracé des rues : de si haut, il y a tout ce que l’on voit et tout ce qui reste caché, la trajectoire d’un passant, la vie d’un appartement qui s’allume, le côté ouest et le cote est alternativement. L’abri allumé se prolonge dans le vide, dans l’espace tout devant : un reflet imprévus détache au-dessus du précise une jetée, un promontoire fantomatique. La ville aussi s’y reflète, et comme un mirage merveilleux telle tour apparait à un endroit insolite. Temps de la ville, temps cosmique : avec le cycle du soleil s’achève le temps du jour, rentrer chez soin passer à la boulangerie, tandis que l’attention s’éveille, s’évader, devant les couleurs du couchant.

Après des mois à m’interroger sur cette étrange structure qui surplombe la ville, j’ai enfin compris quel était le sens de cette présence. Habitante du quartier depuis quelques années, je suis ravie et reconnaissante d’avoir eu la chance de découvrir sous un autre angle mon lieu de vie.
C’est une expérience unique que je recommande de vivre une fois dans sa vie !

Un moment suspendu, dans tous les sens du terme.
L’alliance des contraintes =
Ne faire rien, mais être tout, en communion avec la cité.
L’immobilité du corps, la mobilité urbaine.
Expérience de l’atemporalité
Le temps est l’essence dont nous sommes faits



Dans ma boîte perchée au dessus des toits de Paris, l’esprit vague et divague.
Ode à la voix, j’ai chanté... & le corps me diriez-vous ? J’ai bougé, senti de moi qui respire & transpire. Besoin de se mouvoir pour occuper l’espace de ce lieu clôt. Regard sur la ville sur ce soleil qui descend, bien trop lentement car la vie va trop vite.
Qui sommes-nous ? Où sommes-nous ?
J’ai et maintenant dans ce temps présent à regarder vers l’avenir et ...
le soleil se couche.

La ville est éclairée petit à petit, au début avec une lumière orange, puis jaune, puis blanc... Des pensées qui arrivent, qui repartent... Au début, très peu de passage, mais petit à petit la ville se réveille. Très belle expérience. Je suis contente d’avoir participé !
Merci

Quelle expérience incroyable ! Une première pour moi, coupée du monde.
Paris est toujours aussi magique.
J’ai veillé sur les immeubles haussmanniens et leurs innombrables cheminées, j’ai veillé sur les cyclistes, j’ai veillé sur Montmartre, les Invalides, la BNF, le "Barracuda", la gare de Lyon et ses Ouigo, Beaubourg, la Tour Montparnasse. Mais celle qui a veillé sur moi c’est la majestueuse Dame de Fer.
Un grand merci à Léonie et Juliette pour ce moment hors du temps.

A peine rentré dans la boite, pris d’une sensation de déjà-vu. Bien qu’il ne s’agisse que d’un temps court, cette sensation disparait pour laisser place à un état plus méditatif. Et durant l’heure coupé du reste du monde, du temps, c’est la ville qui s’éveille lentement, les lumières s’allument, les passant font leur bout de chemin, les nuages défilent.
Merci pour ce moment.



Merci pour ces respirations haut perchée, + proche des oiseaux.
Une douce parenthèse qui me donne envie d’en prendre d’autres, de saisir mieux le temps et d’arroser mes plantes le matin.
Merci - que les prochain•es veilleur•euses apprécient cette expérience

Un perchoir au dessus de Paris. Une chambre avec vu. Le soleil n’est pas venu, mais les nuages défilent lentement, s’effilochent, s’épaississent et s’en vont à l’horizon. Je fais une drôle d’expérience d’infini alors que mon corps est bloqué dans une cabine en bois de pin. Mes sens, plus en éveil que d’habitude, se laissent happer par le crissement des rails à Gare de Lyon, le pépiement des hirondelles qui se chamaillent. Mais surtout mon corps se laisse griser par ce couloir étroit qui me propulse littéralement en plein Paris. Un corps à la fois contraint par l’espace exigu et pourtant libéré de celle de la pesanteur. Une heure parmi les plus riches depuis longtemps. Et les plus inspirantes.
Merci !

Un grand plaisir d’avoir senti la ville s’’activer. Pas de lueurs du soleil car ciel trop nuageux. Un mini regret : la très faible perception
Merci pour cette expérience

Un observatoire qui nous met pour un moment hors du quotidien, de son temps, de son échelle, de son espace.
Merci 😊

Descente du refuge sur le toit. Merveilleuse expérience, visuelle, tactile, esthétique et sensible.
La beauté du monde, la beauté d’une ville se révèle et se reflète dans les lumières du ciel et de la terre.
"Veiller la nuit c’est veiller l’amour des autres" disait l’écrivain David Foenkinos.
J’ai veillé un matin sur cet amour.
Félicitations à toutes les équipes du Cycle des Veilleurs.

Velouté de ciel, nuages duveteux, envolées d’oiseaux, merci pour cette belle veillée parisienne. Super accueil aussi. Projet insolite de rencontres de veilleurs.

Haussman est un maniaque fou pour ranger une ville aussi tordue que Paris.
Au début c’est le silence, avec la lumière est arrivée le bruit.
Une sous couette de périphériques, une base de trains, quelques touches de camions et voitures et pour finir le croassement des corbeaux.
Un avion est passé près de moi, il a coupé le ciel en deux. Je me demande ou j’irais si j’étais un avion. Pour l’instant dans un boite en bois tout en haut d’un immeuble.
Et puis, il y a eu les autres. Les oiseaux qui ressemblent à ceux de souvenirs. Souvent en failler de pastel. Ils ont danser pour moi, m’ont montré le sens du vent.
Merci à eux.
PS : la vélo-rue n’est respectée par les voitures.

Le principe
Vous avez entre 6 et 16 ans ? Vous souhaitez vous aussi veiller votre ville et sa région depuis un objet-abri en bois installé sur le toit du 159 rue de Charenton ?
Nous vous proposons de participer au projet Le Cycle des Veilleurs de la chorégraphe Joanne Leighton avec deux journées spécialement dédiée aux jeunes veilleur·euses.
Le temps de veille est réduit entre vingt et trente minutes.
Inscriptions
Gratuit sur inscription : https://my.weezevent.com/le-cycle-des-veilleurs-ouvert-pour-la-jeunesse
Les jeunes participant·es se relaient de 9h à 20h le samedi 22 juin et de 14h à 20h le mercredi 3 juillet.
Les heures affichées dans le calendrier correspondent aux heures de début de veille. Nous vous demandons d’arriver 15 minutes avant. Après la veille, les jeunes sont invité·es à écrire ou dessiner dans le grand livre des Veilleurs ! En tout, cette expérience prend environ une heure.
Préparation
Les jeunes participant·es et un·e responsable légal·e s’engagent à participer avant leur veille à l’atelier préparatoire qui aura lieu le mercredi 12 juin de 18h à 19h (lieu à confirmer). Cet atelier est la première étape de la participation au projet. Il permettra aux jeunes d’entrer dans la performance et de transmettre aux parents toutes les informations sur ce projet singulier.

Temps suspendu dans la « quiétude de Paris ». Loin de tout et si près en même temps. Beau moment …

Merci pour cette veillée. Je pense que j’ai trouvé mon angle et mon point de vue sur Paris depuis lequel je peux vraiment me sentir en connexion avec l’âme de la ville.

Le 18 mai dernier, plusieurs femmes ont participé à une journée de pratique corporelle avec Joanne Leighton et Marie Tassin afin de se plonger dans l’univers chorégraphique de la compagnie WLDN. La journée avait lieu dans le grand studio de l’Atelier de Paris / CDCN à la Cartoucherie. Un déjeuner partagé a été organisé le midi.
Avec le soutien de Paris Habitat.



La beauté de voir Paris se réveiller ensemble à laquelle valeur dans le ciel.

Confusion des sens _ Collision des émotions _ Vertige de sensations.
Difficile de coucher sur le papier toutes les visions qui vous traversent pendant cette heure suspendue.
Comme lorsque la vision d’adapte à l’obscurité pour en deviner le contours des immeubles, le regard s’adapte, l pour deviner, cheminer, reconnaître Paris.
Les émotions cous assaillent et les souvenirs vous inondent : ici les larmes de joie, là en avoir oublié, là-bas une fête... Paris s’offre à nouveau.
Et ces mots de Marco Solo qui reviennent : "Paris, le monde entier (appartient, partout tu tiens au creux de ta main".
Le soleil, bulle incandescente, s’est éteinte derrière La Défense
Il s’éveillera à nouveau demain.
Ce soir, je n’ai pas veillé, je me suis éveillé.
merci

La promesse de l’aube
Une expérience incroyable ! Je me rappelle mon lever de soleil avec mon cousin, c’était beau, mais ce n’était pas à la hauteur. J’ai vu plusieurs fois le coucher de soleil à la mer, mais voir le soleil se lever sur la ville, ça c’est ma première fois. La couleur du soleil est juste magnifique. J’aime le soleil comme la source de la chaleur, mais là je l’admirais juste avec mes yeux. Paris du 14ème étage est beau aussi, mais la nature (soleil) est mille fois mieux. Je me suis sentie comblée, plein de joie. Une très belle expérience. Enfin j’ai vu le soleil à Paris (hehe).

Il est plus facile d’accélérer que de s’arrêter. Une heure de veille sur les gens que je connais et que pense aux personnes que je ne connais pas.
Cette ville où j’ai toujours vécu. Je ressens ces quartiers où j’ai habité ! Plusieurs vies m’ont amené là et je vois d’ici le XVIII ème arrondissement vers lequel je vais me rendre.
Il se passe à la fois peu de choses et énormément d’événements, en une heure.
Je me suis arrêté et tout à continuer.

Une expérience unique pleine de sensations. Douces, nostalgiques, car j’étais au pied de cette tour dans mon enfance chez mes grands-parents.
Troublante lorsque je m’approchais de la vitre et me sentais aspirée par le vide. Légère lorsque je regardais au loin et avais l’impression de voler avec les oiseaux. Je me sens maintenant comme apaisée. Merci pour cette expérience, merci pour ces couleurs et merci pour ses sensations.

Première veille, premier tour de garde.
Jamais je n’avais fait partie d’une ronde,
sur un bateau, un château.
Auprès d’un malade ou d’un troupeau.
Veiller à quoi, ici ? Dans une boite format
carte postale qui sent la gaufre de liège, debout.
(Ouvrez un petit sachet acheté dans un distributeur
de gare et vous verrez)
Le soleil s’est bien couché, merci.
Les nuages ont filé droit dans la diagonale
entre ce dernier et la lune.
Un prodige de la veille, le faucon crécerelle,
est venu faire un tour au début, puis à la
fin de cette heure, une délicate attention.
Allons nous coucher maintenant.
Merci.

Le jour a mis autant de temps que moi à se lever.
D’abord l’obscurité ouateuse des rêves a perduré, traînant les pieds, paresseuse mais d’une douceur toute bleuté.
La clarté brouillonne a pris le pas, froide jusqu’à révéler très tardivement quelques rayons. Il était temps que je m’étire. Et presque déjà que je quitte l’abri.
Et pendant tout ce temps, mes yeux, comme des outils de menuisier, ont scruté et sculpté le paysage.

Des oiseaux. 7 trains entrés à la gare de Lyon. Rouge beige vert gris. J’espère ressentir pour l’apaisement que j’ai en ce moment même quand je serai les pieds sur terre.
Chaque habitant de Paris a fini sa journée, il y avait une boule rose dans le ciel pour veiller sur eux avec moi.
Merci
J’emporte tout ça avec moi

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas réveillée avant le soleil. Mais me voilà, assistant à ce spectacle du haut de cet abri, ce matin. Au début, je voulais tout voir, chaque changement de luminosité, sur chaque bâtiment. Le soleil s’est levé et a vite disparu dans les nuages. Le calme de cette ville endormie s’est emparé de moi. De temps en temps, un passant, le bruit des trains qui arrivent et repartent de la gare de Lyon. Et toujours, ce ballet aérien des petits oiseaux noirs qui me rappellent de regarder vers le haut, vers le ciel. Un ciel qui s’éclaircit au fur et à mesure que les instants se succèdent et que la ville se réveille. De plus en plus de gens sont dans la rue, pas encore pressés comme ils le seront probablement plus tard dans la journée. Un couple m’aperçoit et me regarde. Oui, je veille sur vous, sur la ville. Ca y est, j’en suis sûre, il fait vraiment jour. Des mouettes passent devant moi et il est temps de laisser la ville vivre. Ca va être une belle journée !
Paris, veille sur moi, comme je l’ai fait.
Merci pour cet instant de calme, de sérénité pendant lequel j’ai pu me rappeler de ce qui compte vraiment.

J’ai vu les 7 nageuses synchronisées, enfin toujours une qui ne veut pas faire comme les autres en même temps c’est pour être la metteuse en scène ! C’est long et c’est court à la fois. On voit ce qui bouge mais c’est vdur de voir ce qui est immobile. Et plus le soleil se couche plus on peut être vu, plus on a le sentiment qu’il faudrait bouger apparait. D’observer on devient observée, de veilleur devient-on veillé ?
Merci pour ce moment un vrai régale et une belle cause que de nous créer une condition merveilleuse.

Une très belle expérience de solitude, et introspection.
La beauté de la lumière du soleil qui illumine Paris est la chose qui m’a le plus touchée durant cette veille.
Merci

Merci beaucoup pour cette expérience à la fois médiative et contemplative !
Quelle belle fin de semaine ! Rien est mieux que de se poser tranquillement, loin des gadgets et des pensées, tout en restant au-dessus de la ville qui bouge et vit sa vie ! Au coucher du soleil, au-dessus de Paris, et en même temps hors du temps et espace !
Moment unique et intime !
Merci infiniment !

Moment paisible avec Paris qui fait encore sa grasse matinée. Le moment présent, un moment de contemplation !
Les nuages cèdent la place à ces rayons de soleil qui se dévoilent petit à petit et te mettent en lumière Paris !
Que cette belle journée commence !
Merci :)

Merci pour cette possibilité de rester hors ligne pendant une heure et de vivre le moment. Pour moi, accro aux gadgets c’est une vraie méditation et un vrai défi de rester seule avec mes pensées.
Merci Léonie :)
♡♡♡

Ma veille s’achève... Revenir sur terre va me sembler si étrange !
Merci infiniment de m’avoir abrité.

Un moment suspendu, où le temps s’arrête et où la contemplation prend toute la place. Un tête-à-tête unique avec les plus beaux chef d’oeuvres parisiens. Et la vie qui fourmille, se hâte, se presse dans les rues. Bercée par les sifflements du vent dans l’objet-abri, les grincements des trains, les bruits de la vie citadine sont présents. Un moment unique, magique et à vivre. Merci.

Envie de recommencer, de revenir, de revivre ce temps singulier. J’avais peur de ne pas réussir à rester debout durant une heure et cela n’a même pas été un problème durant ma veille. Je n’ai senti que du mouvement en moi et autour de moi. Un mouvement doux, souvent imperceptible m’a bercée et fait lâcher tout ce qui était crispé. Je ressors légère avec la sensation de faire partie d’un grand tout organique, comme une respiration globale, en résonnance avec le monde, la terre, les nuages.
Un grand merci pour cette expérience.

Ce moment de repli et de recueil au-dessus de l’immensité et de la frénésie de la ville permet de se reconnecter à soi et aux autres.
J’ai pu pensé à ceux que j’ai aimé, à ceux que j’aimerai toujours, à ceux que je continue d’aimer. J’ai eu envie de leur dire.
Cette introspection personnelle et cette réflexion m’a permis de saisir l’essentiel de l’existence humaine afin de laisser apparaître mes émotions. Free Palestine
Merci pour cette belle expérience qui nous amène loin de l’aliénation de la ville. Cela permet de se connecter avec soi-même et de se déconnecter de la ville.

Merci de cette expérience incroyable, la chance unique de regarder la ville, de découvrir son corps.
Je suis sortie de l’abri souriante et très contente. J’ai réussi à rester toute seule avec mes pensées et découvrir les émotions qui ont été cachées.

Très reconnaissant d’avoir eu la chance de veiller sur Paris.
Découvrir la ville sous un nouvel angle, admirer les bâtiments, les couleurs, les toits, les avions et les hirondelles dans cette bulle est incroyable.
On part loin dans son "moi intérieur" et c’est un moment hors du temps où l’on pense à tout, à rien et on ressort de cet instant avec énormément de gratitude, d’émotions positives et l’envie de passer chaque lever / coucher de soleil ici !
Merci pour cette expérience incroyable !

Merci ! C’était merveilleux et pas aussi facile que je m’y attendais. Mais j’ai aimé !
J’ai découvert un nouveau.
Je reviendrai, voir l’aube.

Le ciel pleure.
Des milliers de larmes accompagnement le sol qui ondule.
Le ciel rit.
Dans un éblouissement la ville se pare de son bel écrin doré.
Veilleur de jour, veilleur de nuit, conserve en toi ce spectacle splendide.

Veille du matin, sur la ville dense et encore endormie, observation, méditation, je passe le relai au prochain veilleur du soir.
Merci pour ce moment comme dirait l’autre.

En mai et juin 2024, une classe de CE2/CM1 de l’école Michel Bizot (Paris 12e) a suivi un parcours autour du Cycle des Veilleurs afin de faire découvrir aux élèves les différents aspects de ce projet hors du commun.
Ils et elles ont ainsi suivi en classe deux ateliers d’architecture avec Benjamin Tovo. Lors de ces sessions, les élèves ont pu découvrir le processus de création de l’objet-abri et construire leur propre maquette. La classe est ensuite venue à l’Atelier de Paris / CDCN pour une journée de pratique chorégraphique menée par Flore Khoury, artiste de la compagnie WLDN / Joanne Leighton. Ces temps de pratique visaient à faire entrer les élèves dans l’univers chorégraphique de l’artiste Joanne Leighton.

Au terme de ces ateliers, les élèves volontaires ont pu s’inscrire pour les journées de veilles à destination de la jeunesse organisées les 22 juin et 3 juillet.

Avec le soutien de l’Onda - Office national de diffusion artistique.

Ciel tourmenté à la manière de Claude Monet. Des averses, du vent. On se serait cru sur un bateau. Un très bel arc en ciel et un ciel changeant passant du rose au mauve puis du bleu au noir. Merci pour ce moment si particulier.

Une belle initiative émouvante. ♡

1 heure en apesanteur au-dessus de Paris
La ville est sereine, calme. Pourtant, la vie est partout :
Les trains de la gare de Lyon, la pulsation de la tour Montparnasse, les vélib qui clignotent ...
Le ciel est gris, le temps pluvieux. Heureusement le phare de la tour Eiffel nous guide. Paris est MAGIQUE !

J’ai vécu cette veille comme un moment de déconnection, à la fois sociale (pas de téléphone, solitude dans l’objet-abri), et à la fois spatiale ( très haut au dessus de Paris).
Quelle joie d’avoir participer à cette chorégraphie immobile !
Merci pour cette chance. J’espère avoir veillé avec bienveillance sur la ville et ses habitants pendant cette heure...

Un rendez-vous pris il y a six mois. Y penser souvent, imaginer ce qui se passera, se réjouir. Et puis, le jour arrive. Un jour gris souris. On monte tout là-haut, être émerveillée immédiatement. On s’extrait de la ville, on a rendez-vous avec les hirondelles et les mouettes qui nous montrent comment danser dans le ciel. On peut regarder le plus loin possible. Voir l’horizon. Et aussi tout en bas à nos pieds. Être hors de la ville, mais aussi dans la ville, plus qu’on ne l’a jamais été. Et aussi ne rien faire pendant une heure, juste observer, quel luxe ! Voir Paris différemment pour l’aimer un peu plus et finalement avoir envie d’y redescendre.
Un grand merci pour ce voyage !

Paris, la tête dans les nuages, la ville se réveille le temps passe, très lentement puis de plus en plus vite. J’observe le 1er plan, le 2ème puis chaque détails se met à avoir de l’importance et enfin je regarde le ciel, l’objet-abris puis à nouveau le ciel, la ville.
Mes pensées divaguent, flottant entre les éléments extérieurs et mes pensées intérieurs. Le bruit est sourd puis les sirènes se font entendre, signe qu’il est l’heure. La tête dans les nuages, je me réveille doucement.

Première veille. Le Soleil si timide et si brumeux ces dernières semaines a offert une belle promesse.
De la lumière !
A son rythme, tout m’a semblé s’arrêter sauf les passants dans la rue et les trains à l’arrivée de la Gare de Lyon.
De la lumière !
Du blanc à l’orangé, de l’éclatante ou doux. Je me suis sentie bercée par les rayons et sa chaleur.
Une expérience unique.
Merci !

Le soleil s’est levé, je croyais le veiller mais c’est surtout la ville qui m’a accaparé. L’éveil du mouvement, les oiseaux. On voit rarement le vol des oiseaux d’en haut. Puis les piétons, les cyclistes, les livreurs. La lumière qui monte sur les bâtiments. Difficile de faire le vide dans son esprit. Un début de crampe au mollet gauche, bouger un peu que se passe-t-il de l’autre côté ?
L’heure est passée. Il faut redescendre.

Formidable expérience que cette veille !
Dans cet abri, entre ciel et terre, entre le jour finissant et le crépuscule naissant...
Une belle invitation à l’introspection.
Un autre regard sur la ville aux couleurs changeantes et aux bruits feutrés.
Merci !

Regarder l’horizon et se questionner sur ses choix de vie. Ceux qui nous ont amené ici et maintenant.

Un moment étonnant et privilégié. Changement d’échelle bienvenu. Au milieu d’une performance encadrée par des consignes, prendre conscience qu’il n’y en a aucune. Se sentir connectée, aux siens et aux autres. Se sentir parisienne. Faire signe aux gens qui agitent la main en bas dans la rue. Cartographier la ville.



Il faisait chaud dans l’abri. J’ai dû me cacher dans l’ombre les premières 20 (?) minutes. Ensuite, je me suis habituée au temps qu’il faisait et je pouvais me concentrer sur d’autres choses. Mon but, c’était d’être là, seule en rendez-vous avec la ville. Pourtant, j’ai eu un million de pensées dans ma tête. Et cela m’a fait du bien. Parce que pendant cette heure il n’y avait pas de distraction. Il y avait moi, la ville et mes pensées...
...et les hirondelles...

Une heure. J’ai senti chaque moment et en même temps je n’ai senti le temps passer... À chaque instant quand j’ai pris conscience de tout ce qui se passe, j’ai eu la même pensée : "ça ne se répète jamais, ça ne se répétera jamais !". Tellement éphémère comme moment et tellement inoubliable !

Observer cette boule de feu parfaite bouger, passer de jaune au orange puis au rouge avant de disparaître...
Écouter les trains arriver et partir, les oiseaux chanter et les bruits de cette belle boîte...
Sentir la chaleur et l’odeur réconfortante de ce magnifique cocon de bois...
Ressentir mon corps, mes respirations...
Perdre la notion du temps...
Un moment suspendu, à moi, dont je me souviendrai.
Un énorme merci à l’artiste et à toutes les petites (et grandes) mains qui font avancer le projet.

L’heure déconnectée la plus contemplative.
Quel émerveillement que d’observer Paris se réveiller, changer minute après minute.
Merci pour ce moment suspense, hors du temps.

D’abord s’avancer jusuqu’à nla vitre et plonger dans le vide du bas. Puis lever les yeux et plonger dans l’infini du ciel. Entre les deux, la danse des martinets, des avions, la course du soleil.
Et juste être lié, être.

Tel le furoncle sous le pied de Thomas Pesquet, je me suis levé et ai contemplé le monde.
Et il m’a semblé tout petit …
… avec ses tous petits problèmes
Il est 7h00 aujourd’hui, éveillez-vous bonnes gens, tout va bien.

Arrivée avec beaucoup d’expériences du voyage qui m’amène jusqu’ici
obsession du moment, contrariétés …
quelques mots, puis un signe,
j’ai vu du plein rafraichissant, du vide chaleureux, des lignes et envols, couleurs stellares, reflets, tracés, superpositions, des racines et des envolées de nouveau
juste élément existant
Mon cœur a battu fort au rythme du vent.
Rester en hauteur une heure, et si j’essayais de le faire demain

Les oiseaux me transportent et emportent mon regard. Je passe beaucoup de temps à les observer et à tenter de comprendre leurs trajets.
Paris est calme ce matin. Les couleurs changent, les sons aussi et je savoure ces douces transformations. Je ne connais pas l’ennui, il y a tant à voir, à sentir, à écouter et à penser …

La veille qui sent bon la nature : veiller sur la ville dans cette bonne odeur de pin grâce à la chaleur accumulée au long de la journée … quelle bonne surprise !

Merci pour cette expérience méditative matinale. Amoureux du 12e et habitant proche de l’abri depuis 10 ans mais bientôt sur le départ pour d’autres contrées, cette veille m’a permis de faire mes adieux à cette ville et ce quartier que j’aime. J’y ai vu mon quartier sous un autre angle, avec beaucoup de hauteur, et c’était très agréable …
Merci

Superbe coucher de soleil sur l’horizon
Belle vue d’ensemble sur tout Paris
Magnifique
A refaire

lumière texturée sur les façades
veiller sur l’été en approche
et sur nous qui tangons

L’Expérience magique !
Dans le ciel loin de tous les problèmes et devoirs, aide à relativiser les pensées et émotions.
Méditation parfaite ...
Merci

Merveilleuse heure de liberté, au-dessus de la mêlée…
Liberté pour l’emploi du temps, pour la pensée, pour le regard. Mais la liberté est toujours partielle, et celle du regard est entravée par le gigantisme de Paris et de l’urbanisation. Cruel exemple pour mes yeux gourmands et curieux : impossible de voir la Seine ; pourtant je sais où elle passe… Ce fut une heure de prise de conscience, aussi, de l’étalement urbain et de l’artificialisation, au détriment de la nature, qui disparait. Heureusement que les hirondelles sont là.
Liberté entravée aussi de ma pensée, par ce contexte politique qui se ramène à moi, et de ma déconnexion du temps, mon ventre ne pensant finalement plus qu’à manger. Mais l’admiration de la vue chasse ces pensées, et fait le vide.
Merci, pour ce moment hors du temps et hors du monde.

J’ai veillé sur la ville ce soir.
Le soleil a veillé sur moi. Il a pris toute la place, je n’avais d’yeux que pour lui, oubliant Paris l’espace d’une heure.

Je me suis sentie …
Phare et gardienne de phare, ce matin plutôt celui de la Pointe du Raz que celui de Cullera. Je te scrute, je t’observe, je te contemple…
Espionne d’un film, j’attends je guette je cours dans ces rues désertes. Je te regarde
Oiseau… J’aurais voulu briser la vitre, avoir des ailes et rejoindre ma copine la mouette venue me faire un petit coucou. On t’aurait survolé ensemble
Cheffe d’orchestre immeubles et monuments mes musiciens mes instruments pour la symphonie des nuages qui passent
Ta maitresse… mais ça c’est une autre histoire
Il s’est 7h Paris s’éveille, désolée Jacques à deux heures près.
En mouvement, toujours en mouvement.

Je suis entre deux mondes.
Le monde du bas, quotidien, connu, prévisible, et le monde du haut, changeant, temporaire, imprévisible…
Je suis attirée par les deux mais c’est au milieu que je me sens le mieux.

Magnifique expérience de quiétude et de douceur.
J’ai adoré mon quartier et Paris vus sous cet angle.
Un pur moment de plaisir. J’ai adoré !

J’ai beaucoup aimé cette expérience, même malgré le temps. Mon observation a eu lieu à 5h45, il faisait nuageux, puis il a commencé à pleuvoir. C’était intéressant de regarder la ville à travers les gouttes de pluie sur la fenêtre et sous le bruit du vent et de la pluie.
Merci pour cette magnifique opportunité.

Super expérience ! Un spectacle magnifique dont on ne se lasse pas. J’ai eu la chance de voir un arc-en-ciel incroyable pendant très longtemps. Je garderai un très bon souvenir de cette expérience et me souviendrai de ces images incroyables.
A refaire …

Dans l’abri de bois, je veille seule
Le silence m’entoure, le calme me berce
La nuit s’étire, l’aube s’inverse
Les premières lueurs percent l’horizon
Le soleil se lève, majestueux et lent
Je suis seule, mais remplie d’une paix infinie …

Je me suis laissée submerger par cette mer de gris, laissée aspirer par le cadre doré, ai laissé mon esprit naviguer de dedans à dehors. Un moment incroyable où plus rien n’existe que la ville, palimpseste de maints souvenirs. Merci.

Je suis énormément reconnaissante à un petit bout de nuage derrière le Sacré-Cœur qui avait parfaitement imité les contours de la cathédrale et emporté mon attention tout en laissant place à l’expérience du vide. (Sinon la chanson de Dutronc ‘‘Il est 5 heures, Paris s’éveille’’ aurait joué dans ma tête jusqu’à la fin de l’heure).

Un rendez-vous merveilleux avec la ville et les sons de sa vie,
avec le ciel et ses plus belles couleurs du soir,
avec moi-même et mes réflexions, souvenirs et espoirs.
Merci pour ce cadeau précieux !

Il s’en passe des choses !
Les couleurs qui se distinguent peu à peu, les mouvements qui singularisent les lignes… regarder, regarder vraiment, prend du temps.
Des conversations s’instillent ; tout d’abord entre soi et son double, sorte de Commandeur qui n’est autre que soi-même, puis entre la Ville et la Box. Dialogue entre les autres et le Je, qui n’est autre que Nous. (Message politique).

Ce soir, je me suis donné rendez-vous avec Paris !
Un moment pour moi, pour ma ville de cœur. L’observer d’ici en compagnie des oiseaux qui tournaient autour. Et ces couleurs magnifiques, on aurait dit une peinture, le ciel était si beau, une aquarelle d’un côté, une huile sur toile de l’autre. Arrêter de penser un instant en observant les oiseaux voler, quel bonheur. Merci pour cette belle expérience. A bientôt Paris.

Je me suis réveillé tôt pour venir veiller sur la ville, ses habitants. J’ai le temps d’une heure fait l’expérience d’observer l’espace, l’architecture, le ciel, les trains qui allaient et venaient. Un seul homme m’a remarqué, nous nous sommes salués. Être présent au monde, debout, seul, être veilleur m’a apaisé, raisonné, transporté.
Je repars changé, éveillé.

Natalya n’est pas venue ….
J’étais pas sûre d’avoir envie…
Finalement le soleil à déchiré le ciel
Magnifique …

L’été est là, même si le ciel n’y est pas tout à fait…
Contempler la ville qui se réveille, un beau privilège hors du temps et du tumulte de la vie quotidienne.
Prendre le temps aussi de se rendre compte que l’on est qu’une petite fourmi dans cette immense et magnifique fourmilière… Bref, un très bon moment pour soi !

Heure pleine, la Dame de fer scintille au loin.
Au 8ème ciel, la tête dans les nuages, au-dessus des toits de Paris.
L’œil observe, l’œil veille. 10 000 scenaris traversent l’esprit en ce jour de la fête de la musique et du second match de l’équipe de France à l’Euro.
Une pensée, puis deux, puis trois, puis… on s’arrête de réfléchir
On saisit l’instant présent et on contemple le paysage magnifique.
Au crépuscule, le soleil, petit à petit se dérobe tel un petit filou au-dessus de l’arche de La Défense. Le jour laisse place à la nuit qui prend la relève pour adoucir la capitale de l’Amour.

GEANTE et minuscule dans les sensations
Je suis la ville (être)
Je suis la ville (suivre)
Au-dessus des oiseaux au vol frénétique
A travers les gouttes de pluie qui filent

Une heure pour réfléchir à tout ce qui nous passe par la tête. On fait aussi attention à son propre corps, et au temps qui passe.
Le soleil est le seul guide, les passants commencent vite à se ressembler comme si c’était les mêmes personnes qui faisaient des tours. On se sent familier de ces architectures, très différentes ici des deux côtés du pavillon de veille. Magnifiées à l’ouest et banalisées, brutales à l’est où seule la montagne du zoo et l’église de Daumesnil dépassent entre les barres noires, blanches et vertes. Le soleil et les nuages donnent les teintes très parisiennes côté ouest : gris, bleu, jaune, orangé et même rose. Les TGV passent et reviennent. Quelle destinée nous attends parmi tous ces habitants de Paris ? Quel est mon chemin à parcourir ?
Une heure est certainement trop courte pour trouver les réponses.

Au lever du soleil t’étais tellement vulnérable, Paris, comme un homme avec qui tu passes la meilleure nuit ; le matin il est pur, presque vierge.
Je sais que t’as pleins de péchés, Paris, cependant, tu restes toujours à la hauteur.
Ma ville adoptive, j’ai jamais eu de soucis avec toi.
Après plusieurs mois d’absence, je t’avais retrouvé comme avant et j’ai pleuré. Comment est-ce que j’ai pu te laisser, te tromper ? Pas de culpabilité, plutôt de la frustration. J’ai eu énormément de pensées durant ce temps, j’ai pas de réponses à tout ; néanmoins, c’était une expérience enrichissante. J’absorbais ta lumière, tes bruits, tes habitants, tes magasins qui s’ouvraient vers la fin. Je vivais le moment le plus intime avec toi, Paris.
PS : j’avais aussi cette question durant la veille : si les prisonniers étaient placés dans des cellules comme cela, avec la même vue qui venait droit au cœur, est-ce que leur vie serait meilleure ? Est-ce qu’ils auraient plus de chance de retrouver leur place dans la société après ?

Une expérience unique et incroyable. Quel privilège d’être au-dessus de la ville, au niveau du ballet des martinets et de leurs cris enfantins. Un soir tranquille et doux dehors. Très chaud dedans. Comme une sensation d’oppression peu à peu avec la chaleur de la boîte, ou un vertige puis poser plus le regard, accepter la sensation d’une sorte d’inversion de la situation = ce n’est plus moi qui veille sur la ville mais la ville qui doit veiller sur moi pour finir ma veille.
L’offrande de quelques toits qui reflètent le soleil qui tombe, comme des cadeaux scintillants. Et tout à coup le cadre lumineux dehors, reflet du cœur de la boîte, qui m’invite à me centrer en lui, face à lui et m’accompagne pour la fin de cette veille, veillant sur moi. Et me revoilà, apaisée.
La magie du timing final qui accentue la fierté d’avoir réussi et ressenti pleinement cette si belle mission de veille. Wahou ! Merci pour cette expérience !
Elodie qui en a eu plein les yeux et des papillons dans le ventre

J’avais peur que ce soit long, 1 heure debout, et bien ça n’a été qu’enchainements de 1000 moments fugaces pendants lesquels le soleil est passé au-dessus du nuage, les hirondelles ont attiré mon œil, le camion a commencé sa livraison, Paris s’est éveillée !
Merci pour ce moment plein de fugacité.

Оказывается, если старательно всматриваться, можно рассмотреть даже солнце и его бег. Но надо ли ?

Ce temps est passé si vite, même debout
Au bout de quelques allers-retours, est-ouest, est-ouest, l’alarme sonne. Déjà ?!
J’ai demandé où était mon intuition
Puis je n’y ai plus pensé
Apparemment il faut que je quitte Paris
Merci

Merci pour cette expérience magnifique. J’ai été complètement captivée par la ville, ces courants, les va-et-vient.
J’avais peur que le temps me paraisse très long mais finalement mon ressenti était bien.
Au milieu de l’expérience j’ai remarqué que le cadre lumineux au milieu de l’abri se reflète dans la vitre et cela crée comme un cadre dans l’air, cadre lumineux. Un cadre pour encore mieux présenter l’image de Paris qu’on a devant nous.
Merci

Depuis mon poste d’observation, ma cabane sur les toits, une ville aux architectures multiples, plutôt belles d’ici, de là-haut.
Quelques oiseaux – trop ou un peu d’hirondelles, un ciel radieux mais désespérément vide, la nature n’est quasiment plus dans la ville qui dort. Quelques arbres, la coulée verte. Densité des habitations.
Une ville qui dort – on sent que c’est une ville riche, les gens se lèvent tard. Personne aux fenêtres au lever du soleil – sorte de feu qui a irradié l’aurore.
Les couleurs ont changé, très peu de façades se sont colorées.
Quelque joggeur, quelque propriétaire de chiens, des voyageurs tirent leur valise
Peu de bruits, si ce n’est les crissements des trains de la gare de Lyon et les sirènes des flics ou des ambulances.
A la fois, c’était beau
A la fois, c’était triste
Dû sans doute à la disparation des hommes de la ville.
Et au contexte politique affreux. Que sommes-nous devenus – coupés ? détachés. Cette cabane renoue avec quelques choses du rituel de la cérémonie.
On se sent vulnérable et disponible.
Merci pour cette exploration, cette expérience poétique et solitaire.

Merci pour cette belle expérience.
Une vue inhabituelle sur ma ville, mon environnement !
Beaucoup de mouvements : les oiseaux proches, la patrouille de France au loin derrière la tour Montparnasse, les humains en bas.
La magnifique boule rouge qui descend, son reflet dans l’arche de la Défense qui s’amenuise jusqu’à disparaître.
Longue vie au Cycle des Veilleurs

Un moment suspendu, unique, perché au-dessus des toits de Paris.
Un moment d’ancrage, d’où on se connecte à son corps et à rien d’autre
Un moment de silence, rare et précieux, qui nous transporte et nous donne envie de recommencer. De contempler ce qui est !
Merci de nous offrir cet espace de vie.

Le soleil se déferle progressivement sur la ville comme une vague qui recouvre les hauteurs, puis se casse, et se déverse dans toutes les rues, tous les quartiers, tant de ramifications qui n’attendaient que le lever du soleil pour... se lever
Quel spectacle !
Merci pour ce joli cadeau.

Merci pour cette incroyable opportunité, de pouvoir s’offrir, pour une heure, l’endormissement de Paris. Les immeubles édentés de petites fenêtres, derrière lesquelles le quotidien s’active.
Les toits plongeants, les passants au début pressés, puis qui ralentissent le rythme avec le soleil passant. Et celui qui règne en maître, rouge flamboyant et roi : le soleil.
Merci pour ce si beau soir d’été.

Que dire… un moment magique, où l’introspection laisse vite la place à la pure contemplation…. Voir apparaître ce disque mordoré à l’aplomb d’un grand immeuble vertical au loin, tel le dieu Ra au sommet de ces statuettes égyptiennes, est tout simplement sublime. Quand Paris-la-toujours-pressée, joue la belle endormie un samedi matin, on se prend à envier les oiseaux qui la contemplent ainsi d’en haut tous les jours… quel privilège !

En cette semaine étrange commencée avec les anges et sans mensonges, j’ai fait Anne, ma sœur Anne et je n’ai vu venir aucune étoile, mais un nuage en pantalon juste au-dessus de mon soleil de nacre qui brûle comme l’or du ciel, et c’est tout ce que je voulais.

Dernier jour du mois de juin. Fut accueillie par de belles gouttes d’eau et un petit vent rafraîchissant qui m’ont donné le sentiment d’être dans une vigie, un phare.
Moment magique où le jour s’est levé sans soleil mais où le paysage était bien dégagé au final. Belle expérience.
Paris au calme c’est très apaisant. Le temps est vite passé. A refaire !

Superbe moment, où j’ai pu découvrir mon quartier différemment. Beaucoup de souvenirs qui reviennent, mais un sentiment de sérénité malgré tout. Merci

Un flash rouge, très fort, et après l’attente, sereine. Les nuages s’opposent, se recouvrent et filent. On est un peu Janus avec ce double regard sur la ville.

Et voilà, j’ai trop rêvé et je suis toute perdue au point de me tromper sur l’année et l’heure.
Finalement cette heure dont j’avais un peu peur est passé si vite ! J’ai pu découvrir ma ville tant aimée et un peu détestée parfois, je dois le dire. Mais cette lumière d’été !!! J’ai adoré (re)découvrir ces vues, deviner où était le petit génie de la Bastille un peu caché mais finalement là, revoir les endroits où j’ai été adolescente ; deviner les rues …
Et voir les avions s’envoler vers d’autres lendemains me faisant rêver de plages ensoleillées ou encore de forêts denses aux antipodes.
Bref un merveilleux moment passé un peu vite. Merci pour cette initiative !

Un bout d’humanité s’offre à nos pieds
Vertigineux !

Choc de l’enlaidissement architectural de la ville.
Un besoin vital de toucher de la matière vivante, mes mains glissent sur le bois de l’abri, mes narines se dilatent pour sentir l’odeur qui se dégage du bois. Ça me rassure un peu, j’ai du mal à calmer cette sensation d’étouffement que je ressens à la vue de tout ce béton.
La coulée verte, c’est bien une coulée, un crachat d’arbres, qui survivent bloqués entre des tours de béton.
J’ai besoin de toucher du vivant, de la chair, de la terre, des matières qui bougent, s’adaptent.
Quand est-ce que Joanne va venir ? Sensation étrange à laquelle je ne m’attendais pas, de regarder mais de ne pas être vue, ni regardée en retour.
Merci les oiseaux de voler au-dessous de nous, il reste si peu d’espaces pour vous. Je suis vos trajectoires.
La joie d’être saluée par les personnes qui rentrent chez eux au 159 rue de Charenton.

Le premier scooter, le premier piéton, la première voiture.
La première lumière, le premier bus, le premier joggeur.
Il est six heures. Paris s’éveille.
Et moi, sur le toit, je veille.
Je veille ce Paris sans bruit.
Dans ce cadre lumineux, ce moment – suspendu·e – est précieux
Totalement unique. Assez magique.
Bonjour Paris !
Et à vous : MERCI !

Ressentir la fin d’un cycle, contempler la vie incessante, imaginer celui qui (re)commencera demain.

Il faut savoir apprécier cette ville, la solitude, la compagnie du vent et celle, inaccessible, des mouettes et des corbeaux.
En ce jour, premier de ma 39ème année – oui, je viens fêter mon anniversaire dans une cabane perchée – je devais vérifier, surveiller que le jour se lève. J’ai d’abord vu Paris se faire engloutir par un épais nuage. Il a envahi la ville depuis l’ouest, écrasant ses toits et ses monuments. Paris a disparu sous mes yeux. Les gouttes de pluie qui dévalent les vitres de la cabane. Le vent qui fait vibrer. Le vide qui appelle mon regard.
Je pensais que cette tempête matinale serait le sort de ma veille.
Ça me plaisait, c’était beau.
Puis finalement, le jour s’est levé.
D’abord une fine ligne de lumière, toujours à l’ouest. Elle a grandi, s’est mise à baigner la ville. Et le soleil, de l’autre côté, timide mais oui, c’était vraiment lui.
C’est bon, le jour s’est bien levé, en ce jeudi 4 juillet 2024, je confie au veilleur de ce soir d’assurer qu’il se couche.

J’ai ressenti des sentiments ambivalents pendant cette veille unique et exceptionnelle : un moment privilégié et un moment de frustration extrême, et même de l’apaisement et un grand stress. Je m’explique. Au tout début de ma veille, un incendie s’est déclaré rue de Chaligny avec beaucoup de fumée noire… que faire en tant que veilleur ? sonner ? appeler les pompiers ? rien de cela.
J’ai été simplement inquiète pour les personnes inconnues en train de vivre cet incendie tout en m’en remettant à la rapidité des pompiers et des policiers.
Quelques minutes d’angoisse puis une retour au sentiment d’apaisement immense ressenti dès que la porte de la “boite” a été refermée par ma gentille accompagnatrice. Quelles 60 minutes précieuses ! Avec moi-même et cette ville, Paris, où je suis née et où j’habite depuis 47 ans. Que les toits semblent presque statiques, immuables, alors que les gens s’affairent et courent dans les rues en bas comme des fourmis. Être si haut, à hauteur de nuage et d’oiseau, quel bonheur unique !
Je me sens particulièrement privilégiée d’avoir pu participer et vivre cette expérience. Mille mercis !

En bas, la ville continue de battre son rythme
Comme hier et comme demain.
Ici et maintenant, elle semble s’adapter au mieux.
Tout va bien, en empathie de bas en haut.

Un très grand moment de contemplation et de méditation !
En fait, j’ai eu trois lever de soleil, à chaque fois que l’astre surmontait la barrière des bâtiments, puis deux lignes de nuages !
Plaisir renouvelé de voir « s’allumer » la Défense, le Mont Valérien, la coupole des Invalides, la tour Eiffel… On est surpris au départ, au bord du vide. Attention au vertige ! Mais c’est totalement sécurisé. On suit l’arrivée langoureuse des trains de banlieue, sans les entendre : c’est comme un film muet ! On découvre des terrasses insoupçonnées, pas assez verte à mon goût.
Une impression de grand silence sur la ville endormie, une agréable odeur de pin : on est vraiment celui qui veille sur la ville. Bien-sûr, on suit les oiseaux, leur batifolage aérien. On se pose des questions : comment les grues sont-elles montées. On voit au loin les deux « collines » des tours de la place et de la porte d’Italie. C’est effectivement une expérience inoubliable et vertigineuse.
Merci de ce grand moment ! C’est farfelu et superbe !!

Je monte. La première impression lorsque je rentre, c’est l’odeur ! L’odeur du bois, comme au sauna. Puis évidemment la vue, des 2 côtés, incroyable. Je vais d’un côté à l’autre, j’essaie de tout embrasser du regard. De repérer tel bâtiment, monument, forêt ou jardin… Je repère la position du soleil, pour bien suivre son mouvement pendant l’heure à venir. Et puis soudain surgit un ballon d’enfant qu’il aura mal tenu, il est à ma hauteur… Je le suis du regard jusqu’à ce qu’il devienne minuscule, puis impossible à repérer…
Et les oiseaux (martinets ?) qui volent à ma hauteur. Je me déchausse pour sentir le bois frais sous mes pieds. Je veux tout imprimer pour tout retenir. C’est un moment suspendu !
Je regarde le même paysage depuis tout à l’heure, mais toujours, de nouvelles choses m’apparaissent.
Et puis des voisins se mettent à leur balcon. J’espère à chaque fois qu’ils me verront, et me salueront. Mais non… Au fond on a absolument envie de partager le moment.
Le soleil irradie de chaleur, j’oscille d’un côté à l’autre de l’espace pour me rafraichir.
Je crois découvrir une 2ème porte, qui s’ouvre ! C’est par là que je suis rentrée ! J’ai réussi à me désorienter, dans ce si petit espace !
En bas, les petites fourmis ! Et puis le soleil descend. Il recouvre d’or une partie des bâtiments. C’est tellement beau. Du jaune au orange-rouge, puis il irradie le ciel. Les mouettes arrivent alors et crient … TOC TOC TOC … c’est terminé. Je n’ai pas envie de sortir, c’est encore tellement beau. J’ai longtemps attendu ce moment … Je l’ai savouré. M’en souviendrai-je longtemps ?
Là-haut, j’ai rêvé d’avoir des jumelles … et imaginé des lunettes connectées, qui m’indiqueraient ce que je vois en permanence avec des petites flèches.
Je pars bientôt vivre dans les Pyrénées, pour n’embrasser que du VERT lorsque je regarde dehors. Là j’ai embrassé du gris, de la ville, de l’urbain, mais c’était beau. C’était une magnifique façon de dire au revoir à Paris.
En partant… je me souviens, aussi… Avec les reflets, je vois mes pieds posés sur le plancher au-dessus du vide ! Et une mise en abime, avec le reflet derrière qui se superpose devant. C’est dingue ! Cette image dans laquelle je flotte au-dessus de Paris, avec mes pieds nus et mes ongles couverts de rouge.
Bref j’ai adoré !

Le soleil se lève… Jour si particulier.
Compter les grues… Suivre les oiseaux… Retrouver ses repères.
Moments suspendu … Nous sommes si petits.

Quelle date pas banale… législative 2nd tour
Veille sereine, face à un beau coucher de soleil !
Belle idée que ce « Cycle des Veilleurs » et de faire partie de cette belle route.
Je n’avais pas pensé jusqu’à très récemment que j’étais fortement sujette au vestige : côté ouest, j’ai plutôt présenté mon dos à la vitre
Oh… Oh… Oh…
C’était beau de le chanter, là-haut.
Merci à Joanne pour ce beau moment qui a passé si vite. Et merci à l’équipe…
Et quelle belle vue en sortant !!

Ce matin
Face à Paris
Après cette soirée électorale
J’ai eu très peur et j’ai moins mal
A ce petit nuage, que je vois
Envie de dire Bartoid’la
Loin de moi
Et reste là-bas
Face à Paris
J’ai veillé
Vu des gens se réveiller,
Des chiens gambader
De trains partir et arriver
Des vélos se dépasser
Des ouvriers se lever
Des oiseaux voler
Entendu le vent souffler, la lumière changer
Continuer d’espérer
A la fraternité
A la diversité
A l’égalité
A la mixité
A la curiosité…

Les trains et la Défense
Les martinets et les pigeons
Les vélos et les cigarettes
Beaubourg que je n’ai pas vu tout de suite
Le Sacré-cœur et les nuages
J’ai cherché ma maison

Soir de coupe d’Europe de foot et de coucher de soleil exceptionnel. En bas, l’activité, la densité. En haut, le ciel grand, large, infini. Les hirondelles y dansent. Au loin, le bruit nonchalant des essieux des trains qui vont et viennent, de plus en plus rares alors que le soleil descend, lentement.
J’ai un choc en voyant, d’un coup, « vitre arrière », la lumière jaune du soir illuminer les façades, toutes en même temps. Lumineuse, brillante et douce. Elle illumine en paillettes les façades de « devant ».
Quand la nuit tombe, avec les nuages, le ciel est toujours contrasté de nuages, des couleurs pop rose, bleu, orange. En « bas », tout entre dans un bleu de pénombre.
J’ai veillé la ville et le monde, l’univers m’a envoyé un spectacle extraordinaire en retour. Merci pour cette expérience inoubliable.

Rêve éveillé. La douceur de la ville qui s’éveille.
Le soleil dessine des tâches de lumière sur Paris. Certains ont été choisis. Ce sera bref, telle une caresse de soleil.
Immensité de la vue, quelle sensation de pouvoir en être la veilleuse !
Les minuscules détaillent, embellissent encore l’expérience.
Coup de cœur pour l’homme matinal sur son monocycle et les cris des mouettes, qui tel des coqs tentent de réveiller les Parisiens endormis.

Lâché prise et émerveillement

Merci pour cette expérience incroyable et ce moment inoubliable. Une autre façon de voir et d’entendre la ville, ses habitant.es et ses oiseaux. Un privilège de pouvoir veiller en toute quiétude au-dessus de ses semblables sans les réveiller.
Au programme :
Soleil et douceur pour cette journée débutée de la plus belle façon qui soit !

Un moment suspendu dans le temps, un moment juste pour soi à observer la vie d’en bas et le ciel se modifier minute après minute ; et d’un coup tourner la tête et voir la lune apparaître, MAGIQUE !
Merci pour cette belle expérience.

C’est une retrouvaille avec l’objet, puisqu’en juillet 2022 j’ai déjà veillé à Capdenac dans le Lot, avec une vue sur l’Aveyron. Puis j’ai fait pas mal d’accompagnements.
La veille ici a été beaucoup plus rapide car il y a plein de choses à voir ou à comparer avec le milieu rural.
Première chose, les gens se lèvent plus tard, je n’ai pas vu les lumières de logement s’allumer. Seuls les agents de propreté travaillent à la même heure. Peu de voitures dans les rues, tout dort, on dirait une « ville morte », alors que dans la ruralité ça bouge beaucoup plus tôt.
Je suis retourné sur mes traces, puisque je suis né dans cet arrondissement, il y a exactement 71 ans, ce jour.
J’ai aussi vu les trains arriver gare de Lyon, mais ils semblaient vides car les lumières étaient éteintes, ils venaient chercher les voyageurs sans doute.
Ça a été encore un bon moment de recherche de repères. Cette fois-ci je cherchais à me repérer sur le territoire alors qu’a Capdenac c’était dans le temps, la cloche du village donnant un indice, ici j’ai cherché les lieux emblématiques de Paris. J’ai pu remarquer que le lieu où il y avait le plus d’activité était Notre Dame, le toit était très éclairé dès mon arrivée, ça devait travailler là-haut.
Deux temps différents, deux lieux différents, deux expériences différentes.
Merci à mon accompagnatrice qui a dû aussi se lever tôt ce matin. Par contre, pas de soleil ce matin.

Une heure suspendue, le pas des passants ralenti, leur démarche s’allonge, les voitures roulent au pas et les vélos semblent flotter. Une expérience extraordinaire qui nous rappelle qu’il ne tient qu’à nous de ralentir, observer, prendre le temps et s’émerveiller de voir les nuages filer, la lumière descendre, le ciel rose et surtout ne jamais se lasser d’admirer Paris, ses toits et ses perspectives uniques.

La ville est comme un labyrinthe. Il est étrange et merveilleux de pouvoir observer sous un autre angle ce gigantesque dédale. Les rues qui la parcourent sont comme de longs corridors ; les bâtiments, comme des murs irréguliers. D’un regard, j’embrasse tous les mouvements qui servent de points de repère pour m’y retrouver dans cette grande cité.
Aux premiers abords, la ville est froide. Des bâtisses et des blocs de béton à perte de vue. Sa beauté et sa personnalité se cachent dans ses détails. Ce sont les volets orange vif d’un immeuble qui sort du lot. La table du jardin posée sur une terrasse, attendant qu’on vienne y prendre l’apéro. C’est la gigantesque fresque colorée qui détonne dans la monotonie du gris à l’horizon. C’est cette fenêtre, illuminée mais solitaire, dans la dernière heure de la nuit. C’est cette personne et sa cigarette, dans la première heure du jour.
Nos histoires sont écrites dans la ville. Elle paraît impersonnelle, mais nous y laissons tous une marque. Alors qu’on essaye d’y trouver notre place d’y faire notre nid, nous la façonnons à notre image. Je ne suis qu’un petit individu, et l’impact que je peux avoir sur la ville et sur le monde paraît parfois tout aussi minuscule. Mais alors que je regarde les toits et leurs histoires être nimbés d’une aura dorée, je ne pense qu’à une chose. Je veux protéger tout ça. Je veux nous protéger, nous. Nous affrontons des épreuves hors du commun. Seul, je me sens perdu.
Mais peut-être qu’ensemble, si l’on se cherche, se trouve, et qu’on écoute les belles histoires écrites dans les pierres de la ville… Alors peut être que nous pourrons protéger tout ça.

Solidement ancrée dans mes deux pieds, les épaules droites et les mains dans le dos, je sens comme un veilleur de musée. Qui pourrait bien voler Paris sous mes yeux ?
Mes yeux sont grand ouverts et pourtant je me sens aveugle.
Comment tout voir ? Comment ne pas se sentir tout petit et invisible ?
Le silence au cœur du vacarme, la solitude au milieu de la foule : Paris est méconnaissable.
Le gris du zinc et celui des nuages sont suspendus à ce point d’orgue rose derrière la Défense. Nous attendons tous. Les martinets d’abord, les étourneaux ensuite : la nature va se cacher. Le temps s’accélère, le couchant allume de petits incendies partout dans la ville, mon cœur s’emballe, dans la hâte de tout. J’ai le sentiment d’assister au dernier coucher de soleil sur Paris.
Incrédule, bouleversée, je laisse mes yeux couler.
Quelles beautés… Veillons encore, toujours, gardons nos yeux ouverts, émerveillés, embués.

Mon Veilleur est absent. Pour la deuxième fois, je suis là-haut.
Les rues sont tranquilles : danseurs de bals, fêtards sont couchés ; aucune voiture, à peine un vélo-livreur.
C’est un jour triplement spécial :
dimanche
14 juillet
la flamme Olympique à Paris !
Des bruits de trains de la gare proche remontent, parfois un oiseau zigzague et disparaît. Le temps est désespérément beau. Un ciel lisse.
Soudain des jets d’avions lointains, de petits vrombissements, des traces blanches pointillées. Mon regard va vers l’Arc de Triomphe, devant les tours de la Défense au loin. Les militaires doivent y être déjà apprêtés, rasés, cirés… armes au poing.
Je suis bien dans l’Abri. Ça sent le pin.
Petite, j’ai vécu dans un pays en guerre. Quand on disait « Tous aux abris ! », mon frère et moi, on filait sous la table. Parents, voisins criaient, les fenêtres éclataient, des bombes explosaient dans la rue. Nous, les petits, on jouait ! On répétait en boucle une chanson de marche :
« Le matin, tout resplendit, tout chante La terre rit, le ciel flamboie... »
QUI veillait sur QUI ?
Ici, j’ai confiance, seule dans l’épaisseur du silence.
Les oiseaux ont pris le dessus dans le ciel, la danse peut recommencer...
Merci !

En arrivant devant l’immeuble, je lève la tête et aperçois ce qui va être mon refuge le temps d’un coucher de soleil. Sur le toit, je suis subjuguée : ce petit habitat en bois, la hauteur, la vue. J’ai l’impression d’être un oiseau.
L’heure passe en douceur, c’est un moment hors du temps. Deux coccinelles posées sur l’extérieur de la vitre profitent du spectacle avec moi. On est trois dans ce petit paradis.
Merci pour cette magnifique expérience.

Très belle expérience de voir le jour se lever sur la ville, d’entendre le bruissement poindre, et de regarder miroiter la lumière sur les surfaces.
Merci pour tout ça.

Masoandro mody efa leon’ ny tontolo
Raha goaika mody ho’aho leon’ ny tanim-boanjo »
Une très belle soirée d’observation d’un coucher de soleil illuminant un ciel bleu traversé par quelques nuages.
Cette chanson de mon île natale -Madagascar- m’a bercée pendant cette pause bénéfique.

Tsunami de couleurs
Vagues de sensations

Enfin ! Enfin j’ai pu vivre avec mon corps, avec mes sens, ce moment suspendu dont j’avais tant rêvé en t’écoutant Joanne. Merci à toi et toute ton équipe de nous autoriser à connaitre cet instant hors du temps.
« And you were so busy lately,
That you haven’t found the time
To open up your mind
And watch the world spinning
Gently out of time »

Ce matin, j’avais rendez-vous avec l’aurore… Je l’ai attendue et autour de moi j’ai vu de mille façons différentes. De l’obscur au clair, du proche au lointain, du nord au sud, du familier à l’inconnu.
J’ai aussi vu le temps, qui bougeait autour de moi : c’est si rare de le voir, lui d’ordinaire si furtif.
J’ai aussi vu la vie qui s’éveille, tantôt bleu, rose, blanc mais aussi verte, ocre, terre. J’ai enfin regardé beaucoup à l’intérieur, l’intérieur de l’abri, l’intérieur de soi, des pensées qui fusent, des idées qui restent, un horizon toujours présent et pourtant dans l’immobilité le mouvement.
Seul et si entouré, fixe et si déplacé. Une expérience à savourer et à embrasser.

Un moment inoubliable posé au-dessus de Paris, en compagnie des hirondelles et des martinets.

Both exposed and hidden, I tried to ‘domesticate’ this surreal experience as if everything was normal : I observed, explored the movement within the limited space, sang, tried to find the right rythm to coordinate it with what I see. Tried to guess the speed of the time by the light and thoughts constantly changing.
Thank you

La rencontre des 180 Veilleuses et Veilleurs qui se sont succédé·es du 9 juin au 8 septembre 2024 se déroulera le mercredi 4 septembre de 19h30 à 22h à L’étoile du nord, en présence de la chorégraphe Joanne Leighton et des danseuses de la compagnie WLDN.
Au programme : lecture des témoignages, performances dansées et plongée visuelle et sonore dans l’univers des Veilleur·ses.
Cet événement est réservé aux Veilleurs et Veilleuses. Pour toute question vous pouvez contacter Léonie Baudry, coordinatrice du Cycle des Veilleurs.

Paix et amour sur la ville !
Paris, cette ville qui m’a construit, qui m’a émancipé.
Je suis l’antenne qui a capté les rayons du soleil et qui les restitue à la ville, à ma ville.
Que leur chaleur inonde les cœurs.

Quel moment inoubliable de pouvoir prendre le temps de contempler la ville endormie qui se réveille. Le bal des oiseaux avant le lever du soleil, alors que tous les humains sont encore couchés. Puis le bruit des trains qui démarrent, les corps au loin distingués aux fenêtres ou dans la rue proche. Le ciel qui change de couleur, les nuages de formes.
Merci de permettre ce temps de ralentissement et de contemplation.

What a beautiful evening to contemplate the immense sky ! Such peace and quiet way up high ! It’s funny how the thoughts drift in the changing lights. So random but again not so much… just those inner thoughts that never get the time to surface… Thank you for this unique experience.

Les mots me manquent, et pourtant je suis professeur de lettres !!!, pour dire l’émotion que j’ai ressentie en voyant ce petit cercle rouge se lever lentement dans le ciel. C’est sur je savais bien que c’était le soleil. Mais on oublie comment il se présente quand il se lève. On a l’habitude de la boule dorée qui chauffe et illumine durant l’été. Un petit point rouge qui monte et qui grossit.
Moments magiques que j’aimerais revivre tant ils sont courts.
Ils nous rappellent aussi notre petitesse sur la terre.
Et oui il y a un Créateur au-dessus de tant de beauté. Je me suis mise à prier, à louer sans gène devant quelque chose qui me dépassait et que je croyais pourtant connaitre. Des levers de soleil j’en ai déjà vu mais jamais sur Paris. Qui n’a jamais autant mérité son nom de ville lumière !
Je suis hyper heureuse d’avoir pu participer à ce projet.
MERCI à toute l’équipe.

Très joli coucher du soleil, une expérience inoubliable…
L’impression d’être un super héro qui veille sur sa ville.
Beaucoup d’émotions durant cette heure ; nostalgie, joie, sourire et un peu de tristesse.
J’aurais aimé y rester plus longtemps…
Très heureux d’avoir participé à ce super projet.
Bravo à toute l’équipe, à bientôt !

Merveilleuse expérience en tant qu’habitante du 12e !
La chanson « il est 5h, Paris s’éveille » de Dutronc en tête … pendant ma veille avec une belle découverte des détails de mon quartier.
Magnifique vue et observation, ressentis très agréables.
A refaire au coucher du soleil : ailleurs ?
Merci de m’avoir fait vivre ces beaux moments :)

Moment magnifique au-dessus de Paris à regarder le soleil jouer avec les nuages et les nuages jouer avec les couleurs. On ne prend jamais le temps de regarder Paris comme ça, ses monuments, ses immeubles et penser à toutes ces vies dans la rue, derrière chaque fenêtre…

J’ai vécu une très belle expérience.
Le lever du soleil était magnifique, rapide puis il a illuminé les monuments de Paris.
Ce beau moment me donne envie de renouveler l’expérience dans une autre ville.
Merci

Il y a des levers de soleil plus beaux que d’autres, le mien était nuageux et gris. Puisque le ciel ne m’était pas favorable, j’ai baissé les yeux pour profiter d’une autre magie, celle de Paris.
Sous le ciel humide et cotonneux, j’ai vu les toutes petites fenêtres, qui abritent tant de vies. J’ai vu les minuscules voitures qui dessinent des voyages, j’ai regardé les rues, leurs formes, leurs chemins, puis les toits, leurs insoupçonnés jardins posés sur leur tête.
La magie n’était pas dans le ciel mais sous mes yeux. Paris m’a appartenu, un instant.
Merci.

Super expérience, magnifique panorama, me retrouver sur ce toit m’a fait un bien fou, en-dessous des nuages, au-dessus de tout le monde, génial…
Le temps est passé si vite.
Très belles expérience, merci pour ce moment et que les veilleurs continuent ce cycle.

Très content d’avoir participé à cette expérience unique de voir le soleil se lever et voir Paris s’éclairer. Grand temps d’observation de la ville, sensations vers l’extérieur (vue, lumière, vertige, être vu ?) et sensations intérieures (déplacement, danse, marche sur un fil, percussion sur le bois, odeur du bois ...)
L’écriture de ces sensations se poursuivra dans les heures qui suivent.
Merci encore et à bientôt pour d’autres sensations.

Un moment hors du temps, ne rien avoir avec soi pendant 1 heure, juste un tête-à-tête avec moi-même et mes pensées. C’est une expérience à vivre que je recommande. Je suis ravie d’avoir contribué à ce projet et d’avoir vécu ce moment.

Que le temps passe vite lorsqu’on surplombe le monde et qu’on tente de percevoir, sentir et imaginer toutes les vies qui s’éveillent sous nos yeux, sous nos pieds, abritées au coeur de Paris... Après cet instant, je passe la main et confie mon sort aux veilleurs et veilleuses qui suivront et qui poseront leur regard à leur tour sur cette multitude dont nous faisons partie.

Sous le vaste ciel du soir déjà les nuages dorment
Les toits gris de Paris, à l’infini
Passages, rues et avenues tracent la ville au gré des passants qui passent, petits
Et dans la nuit qui approche, une lueur, puis une autre
C’est tout un peuple qui veille
Merci

Ciel gris. Lumières éteintes. Bruits de valise. Grands vols d’oiseaux.
Paris se réveille lentement dans une légère brume.
Le gris domine, quelques gammes de vert rappellent que la nature nous échappe.
Le train part et la journée commence...

"Merde, c’est haut !" Première réaction, ça promet. Puis finalement, l’espace nous apprivoise. On finit par en connaître les contours, et à réaliser que c’est enfermé à l’intérieur qu’on prend le temps de détailler l’extérieur.
En ce soir d’ouverture des JO, on sent de là-haut cette atmosphère électrique !
La clameur de la rue qui émerge de cette ville iconique nous connecte aux autres, tout en étant exclu. Et finalement, gorgé de la beauté du monde, on en ressort avec une volonté plus grande de le retrouver !

Is this even real ? The same question is in my head for one hour. Dark cloudy sky, giving up, letting the city go. Total dark academia. One hour didn’t feel like it at all, it felt like a few minutes, not more. It makes you realize how fast life is. How fast you will live it. But we have to make time to remember these moments : an enchanted city coming out of the fog, rain drops like music, like a soundtrack, familiar shapes approaching out of nowhere, the city coming to life. I will remember.

Expérience vertigineuse !
1 seul mot : Epoustouflant !
Voyage intérieur assuré.
Coucher de soleil hypnotisant…

Une date qui avait jusqu’alors un gout d’inachevé.
Cette heure de veille, ce moment hors du temps a permis le passage à, ce que j’espère, une ère nouvelle.
Le soleil s’est levé, Paris s’est éveillée, doucement, calmement. Apaisée je poursuis ce chemin, avec ce rapport au temps changé à jamais.
Merci


Il est 6h21, Paris s’éveille…
Mais la ville est plus calme que ne le chantait Jacques Dutronc !
Le soleil surgit si vite que j’en suis surpris…
Et maintenant ?
Une douce lumière dorée touche bâtiment après bâtiment mais les Parisiens dorment encore !
Que retenir ? Paris est belle, calme (mais le ronron des machines / climatisations / que sais-je nous rappelle que nous sommes des citadins), bétonnée (vive le couchant, beurk le levant) … Je cherche quand même le vert et je me dis qu’après deux ans d’exil, je l’aime cette ville Lumière, cette ville olympique, cette ville magique !
Merci pour l’expérience (et à l’horloge de la gare de Lyon :))

Loin de la clameur des Jeux, ça fait du bien de prendre de la hauteur, et être perché – comme un oiseau tout là-haut. On devient poète et moins “terre à terre”.
Expérience unique et magique, ça donne envie de revoir plus de couchers de soleil sur Paris…
Merci pour cette expérience.

Dès que le soleil se lève, je suis émue. Je reste sans mot pendant plusieurs minutes admirer les couleurs du ciel, des nuages, des rayons du soleil qui sortent. C’est magnifique. Normalement je suis une fille du coucher de soleil. Maintenant je suis team lever de soleil aussi. Regarder le quartier se réveiller, entendre les oiseaux et les bruits venant des trains de la gare de Lyon, identifier les monuments à l’horizon, penser à tout et à n’importe quoi. Le tout pendant une heure ! Merci pour l’expérience. C’est beau !

Mes parents m’ont punie lorsque j’avais 7 ans. Je devais m’ennuyer. Cela m’a appris je pense la patience. J’ai toujours eu le vertige mais aujourd’hui était un défi. La patience m’a permis de faire des allers et venues dans cette cabane de Paris. Mon nez collé à la vitre. J’étais détendue.
Merci pour cette expérience inédite. C’est fou de voir comme les hirondelles volent au-dessus de nos têtes même de si haut.

Je crois que le soleil s’est levé ; je ne suis pas sûr à cause des nuages.
J’ai beaucoup aimé me retrouver seul, avec et parmi les autres.
Merci !

Entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, une découverte de Paris. Une impression de calme étonnante, troublée par les clameurs olympiques. Et pour couronner cela un coucher de soleil magique, grandiose, poétique.
Une très belle expérience. Merci

1. To love, and to be loved. It is all there is.
2. Have no fear.
3. L’amour triomphe de tout
4. Regarde autour de toi : ne vois-tu pas que tout est parfait ?
TRUST
L’encombrement d’une vie
Dans quelque réduit.
Chacun fait de son mieux.
Essayer de voir la tour Eiffel comme un
Tas de ferraille – un assemblage de matériaux.
La course du soleil qui passe
Nous renseigne sur l’instant où le jour trépasse
Joshua face à la vie.
Tout est bien et plus rien n’a d’importance
(All is well. And nothing matters anymore.)
J’ai tant peiné de vos peines
1581-1660
La Terre, elle, s’en fiche.
(la même eau, la même terre, la même mer)
5 puis 10 puis 20 puis 30 puis 40 puis 50 puis 60 puis 70 puis 80 puis.

Seul au-dessus de la ville, je l’observe et la découvre
Le soleil se cache derrière les nuages, il définit leurs contours
Des contours en forme d’éclairs
Peu à peu le soleil disparaît, derrière les nuages épais et menaçants
Puis le tonnerre gronde au loin, avant que le ciel ne se calme
Pour que le soleil aille se coucher

Je veille pour la première fois le matin, à 6h26
J’espérais que mon esprit dormirait, mais il est toujours bavard, à toute heure.
Paris grouille sans grouiller. Pas grand monde dans les rues. On court un peu, on part au travail, on promène son chien. On bouge, on dort.
Mon corps debout, face à tout ça, n’est que bonheur, esprit bavard et corps douceur.
Il faut prendre soin de soi, apprendre à prendre du recul, à se reposer.

C’est chouette cette mer de bateaux calmes, c’est très précieux de nous offrir ce paysage. Merci !

J’ai traversé Paris à pied, la nuit, puis suis montée sur le promontoire abri comme pour prolonger la promenade. Méditation profonde face à la multitude.
Regarder est infini.

Une belle parenthèse hors du temps, à contempler la vie qui bat son plein malgré la torpeur de l’été olympique. Petit plaisir égoïste : avoir Paris pour soi.

Il y a la gare de Lyon après la fureur du Stade de France. Sur mon vélo je pensais que j’allais “appréhender la prison”. Ce n’est pas tout à fait ça. C’est aussi la liberté de penser, de rêver.

La cabane. La fameuse ! Tant attendue ! Enfin, j’y suis !
Etroite comme un cocon, odeur de pin, chaleur douce, je m’avance vers la vitre.
Reflet de la lumière. Impression de rentrer dans un cadre, d’être le cadre.
Bruit extérieur diffus, feutré. Il devient plus pénétrant au fur et à mesure. Les trains, surtout ! Un son de chemin de fer continu. Les voyageurs qui partent et qui viennent… Trains bleus, parasols rouges, volets oranges et arbres verts. Puis les toits gris. Ces beaux toits classés !
Impression de dominer, en bienveillance. Mais celle qui nous domine tous, c’est la tour Eiffel. Rassurante. C’est elle qui veille sur nous.
Un hélicoptère, des avions, des grues qui s’habillent de guirlandes au coucher du soleil. Ce soleil flamboyant qui reflète dans les vitres de la BNF. Le génie de la Bastille qui semble être juste à côté du Centre Pompidou. La montgolfière du parc Citroën au loin. Je traverse, pour changer de décor, attirée par le rocher des singes du zoo de Vincennes. Nos twin towers parisiennes à gauche… Je traverse de nouveau. Sensation de défiler. Je suis bien. Je vois ma famille qui me salue. Je me balance à droite, à gauche. Je danse avec ma fille cadette. Je suis bien. Très bien. Envie que ça dure. Mais l’heure est passée. Je suis contente. Je ne me suis pas assise !

Ça passe si vite ! Double mouvement
Embrasser le monde puis ce monde qui vous embrasse. Beaucoup de douceurs, de tendresses
Merci c’est unique et sans aucun doute inoubliable

Très belle expérience, c’est assez drôle de voir les gens défiler en bas et tous les monuments parisiens en haut. C’était éblouissant (dans tous les sens du terme)

Vol de perruches à 1m de la vitre, moment de grâce ultime.

J’ai passé un moment magique lors de la veille de Paris au coucher du soleil. C’est un vrai plaisir de rester avec soi, ses pensées et une vue magique sur Paris, une sorte de méditation. Je remercie les initiateurs de ce beau projet.

Voir Paris se réveiller a toujours été un moment particulier pour moi. Voir Paris se réveiller est si inoubliable. Le moment que j’ai passé ce matin si difficilement explicable !
MERCI ! Mon esprit s’est peu à peu réveillé pour passer d’un endroit très individuel à l’ouverture vers l’autre, les autres, la ville. De soi au collectif avec cette respiration qui se fait plus ample. Des détails qui apparaissent peu à peu et un émerveillement incroyable.
BRAVO pour ce merveilleux projet et merci pour ce moment !

C’est la fin d’une heure de veille, je pensais perdre le fil du temps.
Raté ! Dans un cadre de lumière, reflet de l’éclairage de la cabine, la voilà qui apparait, pile en face, la tour de l’horloge, comme le nez au milieu de la figure.
« On ne voit que toi, là, où veux-tu que je regarde ? »
Ou plutôt, qui veux-tu que je regarde, ou quoi ? Là aussi, inutile de chercher midi à quatorze heures, ils s’étalent comme des gros chats et s’illuminent dans le noir, les trains de la gare de Lyon. De l’art de regarder les trains qui passent, comme dans ce film écossais.
Quoi encore ? Une croisée des chemins, juste en bas. A gauche ? A droite ? Jamais la rue de Charenton ne m’était apparue comme un choix. Si je continue vers Bastille, je rentre dans Paris. Si je prends la rue Crozatier, je file vers le faubourg et si je longe tout droit, me voilà à Montmartre.
Je n’avais jamais réalisé qu’en tirant une bordée comme sur un bateau à voile, je me retrouverais au Sacré-Cœur, par cette drôle de tranchée verte, sur la droite, bon sang, mais quelle est cette avenue ?
Me voilà passé des trains aux bateaux. Pourtant, pas de traces de la Seine, elle est cachée tout du long. Mais à veiller depuis là-haut, les cartes sont brouillées et il faut se repérer comme un marin avec les côtes ou un nomade avec les collines. Tracer des bords.
Donc je regarde mes pieds et je les place sur les planches du parquet.
Tout droit, la tour de l’horloge, je l’ai déjà dit, et puis le Panthéon qui surnage derrière les buildings de la rue de Bercy, et la tour Montparnasse, et le ballon du parc Citroën.
Et puis la perspective de la Défense à l’Arc de Triomphe, qui nous amène la patrouille de France au beaux jours dans notre faubourg.
Et derrière, à l’Est, pas grand-chose de nouveau, la Montagne des Singes et c’est déjà beaucoup, elle était déjà là avant la création de Lutèce.
Et puis dessous, qui voilà à veiller ? Ma famille qui me fait des grands signes, et qui rencontre des amis, ah bon ? Il est là-haut et qui parlent et rigolent pendant que je veille. C’est-à-dire que je ne m’endors pas, en fait, rien de plus, je regarde pour ne pas que mes paupières tombent, tout ce qui me tient éveillé.
Le temps s’écoule, l’heure est passée, la nuit arrive et la tour Eiffel est la première à s’allumer. C’est elle qui prend son quart.
On vient me chercher…

Un moment spécial de contemplation pour te dire au-revoir Paris. Pour te dire merci. Pour saluer tes bruits et tes formes et tes esprits. Le soleil se lève chaque jour sur tes toits, sur tes clochers, sur tes églises, bâtiments, rues. Merci Paris. Ton charme s’impose depuis les premières lumières du jour, même quand tu es enveloppée de quelques nuages. Merci Paris. Les bras ouverts tu salues le matin qui se lève. Merci Paris. Quelle force tu as ! Quelle énergie tu émanes ! Quelle joie de vivre tu portes en toi… et aussi quelle rigueur, quel style, quelle liberté ! Tout ça en même temps. Oui il faut du temps pour te connaitre, pour t’explorer, pour se laisser accueillir de tes bras ouverts. Il faut du temps et puis… ton élégance, ton esprit unique, ton histoire s’imposent et on tombe amoureux de toi. Pour y rester, pour y vivre, pour y retourner parce que… parce que… on se retrouve chez soi ici. Merci Paris. J’ai trouvé ma maison. A bientôt ma Paris <3

En ce moment, Paris accueille le monde et Paris est belle comme jamais. Elle brûle d’une flamme nouvelle, mais temporaire. On voudrait que son irradiation ne cesse jamais.
Ce soir au coucher du soleil, j’ai pris une flamme en pleine figure. Qu’il est réconfortant de se dire que celle-ci se renouvelle chaque jour.
Mais n’est-ce pas la même flamme ?
J’ai vu aussi les contours d’un monolithe suspendu dans le vide…

C’est en contemplant la globalité de Paris et en s’y ouvrant qu’on parvient à retrouver ses émotions intérieures comme dans un repli sur soi. On se sent une partie d’une aventure immense et intemporelle où tant de destins sont façonnés par le moindre fait de vivre dans le moment.
C’est Paris qui donne la force de continuer les entreprises qui nous tiennent à cœur pour conserver ce moment unique et pour que les autres puissent saisir les opportunités que la ville leur offre.

Mon plus bel arc-en-ciel au-dessus du 12e …
Brillant demi-cercle plus de couleurs que dans mes souvenirs
Reflets roses, nuages gris ardoise, pluie à la bibliothèque
Scintillement de la tour Eiffel parce que… ?
Une luminosité intense faisant fermer les rideaux, stores… à la chaine
Hélicoptères, hirondelles…
Grincement des métros, ronronnement des voitures, des avions
Tout est beau vu d’en haut

Plus de 2 ans. Montreuil -> Paris 12, en passant par Capdenac City
2 -> 1 // 3 -> 4 Tisser, prendre soin, avancer
Très émue de voir apparaitre cette boule de fer derrière l’immeuble. La ville est calme, première quinzaine du mois d’août, une bulle pour la vie de Paris.
Quand j’ai accompagné Titi pour sa veille, j’ai remarqué en face une maman qui faisait les 100 pas dans son appartement avec son bébé sur elle. Je suis contente de l’avoir revue aujourd’hui. Allaiter son enfant (je crois), rester près de lui/elle, veiller sur elle/lui. J’ai hâte rentrer à la maison pour me glisser dans le lit. Je l’aime tant.
Et j’aime aussi me retrouver dans le même cahier de souvenirs que mon Titi… comme un fil, encore un, un fil d’or, qui nous relie et nous accompagne, un fil d’or qui veille sur nous, avec attention, un peu invisible mais là.

Объект "Le Cycle" - как инкубатор энергии, которая проходит прямо сквозь человека в нем. И я не справилась. Этот закат как маленькая смерть, которая забирала меня вместе с собой.
Сильнейший опыт, который мне ещё предстоит осмыслять. Я пустила в своё сердце Париж и он поглотил меня. Но будет и рассвет.



Cette expérience a été un challenge pour moi car j’ai beaucoup d’anxiété et d’hypervigilance. Je n’ai pas pu demeurer dans l’objet-abri car il faisait trop chaud (33°C) mais à l’ombre à l’extérieur, il y avait un délicieux petit vent rafraichissant. Parisienne de naissance, j’ai pu contempler cette ville dont je suis toujours amoureuse et qui accueille mes amis sans-papiers. J’ai pensé à eux et à tous les gens qui souffrent.
Magnifique coucher de soleil ! Merci pour l’expérience.

Waouw ! Magique ! J’ai eu l’impression d’être le trait d’union entre le soleil et la tour Eiffel, rien que ça !!!
Quel joli moment à vivre, ce moment où le soleil sort d’on ne sait où, caché entre 2 immeubles, accompagné d’un décor coloré allant du jaune au rouge en passant par de nombreuses nuances d’orange. Il monte, il monte, il monte à son rythme ainsi il éclaire petit à petit notre tour Eiffel si bien célébrée lors des JO qui viennent de se terminer hier soir. La ville s’éveille, un oiseau passe par ci par là, une guêpe se heurte à la vitre et s’échappe au loin, les TGV passent à leur maximum de vitesse minimum. Pour moi ; c’était tout simplement un rêve éveillé.

Ravissement
D’avoir été, le temps de cette épopée,
Observateur de celui qui, du haut de ses 37 degrés,
A contemplé toute la journée l’humanité.
PS : à celui qui fait de l’ombre aux nuages. Qui porte en lui toutes les couleurs. A celui que les gens prient depuis l’aube des temps. Celui que je regarde se coucher comme un grand frère affectueux mais dont je crains le courroux plus que la mort. A lui je dis merci aujourd’hui.

Ce fût un beau moment suspendu... au-dessus des toits de Paris, à observer la ville qui se réveille et se met en mouvement. Les trains qui partent de gare de Lyon, l’horloge. De l’autre côté, le soleil qui s’élève doucement, faisant passer le ciel d’une couleur pâle et rosée, à un feu orangé, pour s’estomper ensuite dans les nuages. Les cris des mouettes et, progressivement, le bruit des klaxons, des voitures… Paris s’éveille !
Cette impression d’être spectateur du monde, de pouvoir observer sans réellement être vue…
Pouvoir contempler chaque ombre, chaque silhouette qui se met en marche pour cette journée qui commence.
Regarder de chaque côté et chercher à se repérer, à repérer ceux qu’on aime, là où ils s’éveillent ce matin…
Ce fût un beau moment de contemplation et de méditation, les yeux et le cœur grand ouverts !

Au Mexique nous avons un mot, c’est l’un de mes préférés :
“APAPACHO”
C’est un mot qui vient du náhuall et cela veut dire : « caresser l’âme ».
Et aujourd’hui, cette expérience fut justement ça, un “apapacho”, à mon cœur, à ma vie, à cette ville.
Pendant que je surveillais le soleil, je regardais Paris, ses monuments, ses bâtiments et je ne peux que penser à tous ces moments de ma vie et les expériences que j’ai vécues dans chacun de ces endroits, à mes joies, mes tristesses, mes batailles, mes victoires, et mes faiblesses. J’ai pensé à la première fois que j’ai vu Notre-Dame, à la fois où j’ai bu ma première bière vers Bastille, à mes années d’étudiante à la Sorbonne, à mes amis, à ceux qui sont toujours dans ma vie et ceux qui ne le sont plus, ceux qui sont là, en train de marcher et que je n’ai pas encore rencontrés.
Merci pour cette expérience <3

Je me disais que c’était peut-être la mer derrière la colline d’horizon. Les lumières de la Défense qui scintillaient dans l’eau. Le phare de Montparnasse. Les grues des docks. Les mouettes ont confirmé. Sur la plage, on lave le Paris de la veille. Toujours les marcheurs quand l’étendue est d’huile, traversant la coulée bleue.
Derrière il y a un deuxième Montparnasse mais le jour ne se lève pas. On est bien sur la Dune, à regarder devant.
Merci pour l’évasion

Rares sont les jours, et surtout les matins, où je ne prends pas le temps d’observer le ciel ne serait-ce que quelques minutes… Cette heure contemplative, du soleil qui se lève sur Paris un 15 août encore bien endormi, était incroyable. 1h c’est court au final. On parle de “course du soleil”, et c’était bien cela. J’ai été surprise par la vitesse de son déplacement, ou plutôt du notre. Rapide certes, mais au sein d’un moment suspendu, entre parenthèses, sans autre notion du temps qui passe que les jeux de lumière sur la ville et les nuages. J’ai eu la sensation, bien éveillée, d’assister au réveil paresseux d’un jour férié, où les plus actifs et démonstratifs demeuraient les oiseaux et promeneurs de chiens. J’ai adoré ce spectacle évolutif de l’éveil. Et j’ai pu également découvrir ma ville et mon quartier que je connais si bien depuis un autre angle. Le ciel, la lumière, Paris, le matin, … tout était réuni pour un instant d’émerveillement.



Entre apaisant et bouleversant, calme et agité, expérience où l’on se retrouve face aux millions de parisiens mais au final où on n’est que face à soi-même !
J’ai redécouvert la beauté des nuages :)

Veiller sur une fracture
A l’ouest le Paris Haussmannien des toits de zinc, le Paris des monuments : Sacré-Cœur, Beaubourg, Notre-Dame, la tour Eiffel. Le Paris du mouvement : les trains, les voitures, les vélos, les piétons qui vous interpellent.
A l’est les barres de béton où la vie semble renfermée sur elle-même. Cette “ville” pourrait être en banlieue ou en province, une ville sans âme visible.
Avec Nightcall de Kavinsky dans la tête, j’ai adoré cette sorte de veilleur voyeur que je suis devenu une heure durant.

Trop court !
D’abord, la vue, explorer, reconnaître, identifier les monuments. Trouver les repères. Franchir la ligne, aller au plus près de la vitre.
Reculer, se retourner, ne rien vouloir perdre de la lumière qui pointe.
Les couleurs émergent : le bleu d’un échafaudage, les verts des arbres, les maisons recouvertes de tuiles (sont-ce bien des tuiles ?) près de la Gare de Lyon.
Les premiers trains arrivent. Des lampes, des enseignes s’allument, des devantures de café, sans doute.
Quelques ombres noires en bas. Puis moins noires. Un parapluie rouge.
Bien avant le parapluie, j’ai vu la pluie arriver, la nuée sur l’Ouest gagner toute la ville.
Une voiture noire se gare juste en bas, en face dans la rue de Charenton. Est-ce un infirmier qui en descend ? Il va d’un pas sûr vers un petit immeuble, s’y engouffre. Je guette dans l’immeuble une fenêtre qui s’éclairerait, indiquant son passage. Il ressort avec des paquets quelques minutes plus tard, qu’il dépose dans le coffre de sa voiture. Sans doute cela a-t-il duré plus longtemps. Je ne voulais pas le rater. Je me racontais une histoire. Pourquoi restait-il si longtemps auprès de sa voiture ? Pourquoi en lavait-il le pare-brise ? Qui attendait-il ?
Un enfant est sorti, en courant, puis un peu plus tard, un autre, courant lui aussi, tous deux se sont engouffrés à l’arrière de la voiture. Leur mère, enfin. Les voilà qui partaient en week-end…
Observer cette famille, lire des signes, décrypter des énigmes, c’était étonnant.
Je me sentais proche, comme l’ange gardien du film de Wim Wenders.
J’ai aussi fait des petits mouvements de qi-kong pour ne pas avoir trop mal au dos. Mais peut-être trop. J’aurais voulu être plus concentrée. J’aurais voulu que le temps s’étire encore davantage.
J’aurais voulu tout voir, et on ne peut pas tout voir.
Même si en apparence, par un matin comme celui-ci, il ne se passe pas grand-chose. Le manège du balayeur entre les deux trottoirs, qui s’éternise, qui va et revient sans cesse, soulevant une plaque sombre, tout cela m’intrigue.
Les couleurs plus loin, plus haut, se sont fondues dans le gris uniforme de la pluie. On ne distingue plus ni Notre-Dame ni le Sacré-Cœur.
Revenir au petit, au proche, à ce que l’on peut goûter.
Merci pour cette expérience !

Je veille sur Paris, ma ville, celle de ma naissance, celle de mon foyer, celle où j’ai tout construit.
Malheureusement, mon homme, le père de mes deux filles y est décédé l’an dernier.
C’est une ville de joie et de chagrin.
C’est la ville de ma vie.
PS : un grand merci pour avoir pu veiller sur elle.

Un moment suspendu où Paris devient une pièce de théâtre. Difficile de savoir si ces passants rentrent ou sortent de chez eux, si ce coureur finit ou commence sa course, ... Paris, la ville qui ne dort jamais. Merci pour cette heure ressourçante.

Se retrouver en hauteur, au-dessus de la ville à contempler pendant 1 heure le ciel, les immeubles, l’horizon, les rues est un moment rare, un privilège émouvant. Je me suis sentie aspirée par la lumière du soleil couchant, remplie de gratitude pour les minutes qui se sont écoulées suffisamment lentement pour suivre la course du soleil. Un moment en apesanteur, en douceur, au-dessus de ma ville. Merci.

Paris s’éveille et s’anime sous mes yeux : ce fut un spectacle fascinant à l’abri dans ce cocon.
Merci pour ce moment !

Temps suspendu, temps rien qu’à toi, du temps pour regarder vraiment, regarder la ville, la vie, ... Et cet astre rouge magnifique, magnétique, incroyable.
Quel moment !
Vertige non de hauteur mais de bonheur.
Merci <3

Appuntamento con la luce a perdita d’occhio e la città a perdita d’occhio, oggi.
L’alba è dapprima un paesaggio in toni bianco-azzurrino-indaco, e una calotta rosa pallido che prende incandescenza e forma e quota.
La traiettoria di un uccello solitario, poi, che fonde nel ritmo geometrico delle facciate.
Appare un sottile filo d’oro sul profilo di un immobile, che si cancella, per riapparire più in alto, a sottolineare il bordo di una nuvola.
La massa di edifici incorpora colore, dettagli, profondità e il sole continua la sua ascesa lenta e costante, dietro un velo d’aloni semitrasparenti.
Si assesta sul cielo sgombro, lontano, nel suo solido statuto di corpo radiante.
E’ un martedì d’estate, a Parigi. Siamo nell’agosto del 2024.

Peu de mots à écrire, je voudrais garder le plus longtemps ces belles impressions, sensations d’images qui me restent encore à flotter faire la fête en calme pagaille dans le fond de mes yeux. Je voudrais aussi garder ces petites sensations d’air frais, de grand air qui me chatouillent les épaules !
Merci
Et il fait toujours beau au-dessus des nuages !

Un voyage immobile. La démarche d’un passant sur le pavé, une scène intime dans un appartement, la lune qui doucement s’efface. Mes pensées qui tirent mon regard, et mon regard qui tire mes pensées, tout près, vers l’horizon.

Tableau vivant, fenêtre sur cour, échange avec les passants, moment de vie, la beauté du soleil couchant a été occultée par la vie, les oiseaux, la paix.
Découverte du temps autrement, cette expérience est aussi paisible qu’haletante.

Un voyage immobile
En compagnie du ciel
Pour voir le soleil
Se lever sur la ville

Pour ce jour tellement important, c’est mon anniversaire :)
Je voulais vivre une nouvelle expérience…
Et quelle expérience j’ai vécu cette année !
Un véritable moment suspendu, hors du temps, hypnotisant !
On découvre de tout au sens propre comme au figuré. Plus de montre, plus de téléphone et même plus de corps ni de cerveau pour ma part.
Je me suis laissée complètement happée par l’incroyable vue dont on se lasse pas alors qu’on a la même pendant une heure mais les jeux de lumière aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la cabane donnent chaque instant une magie différente.
Merci pour ce beau cadeau d’anniversaire !

Le soleil a joué à cache-cache avec les vagues de nuages. Les quelques rayons apparents ont redessiné Paris sous mes yeux méduses ! J’ai découvert des reliefs, des formes, des distances au fil de l’heure de veille. Je vis l’abri-objet comme un puits d’énergie, encore plus lors de cette 2e expérience, après Montreuil 2021-22.
Un grand merci au Cycle des Veilleurs !

Une découverte de Paris, nouvelle et merveilleuse. Une nouvelle vue, une nouvelle idée.
Merci pour cet instant, ce moment en tête à tête avec ma ville, avec ma maison. Je lui ai chanté, je lui ai déclamé ce que j’aimais chez elle et la vie qu’elle m’offrait. Une beauté sans pareil… Paris est belle.
Merci pour ce moment hors du temps en espérant me remémorer cette heure douce et heureuse, pour le restant de ma vie.

Que le temps passe vite ! Quel beau moment de contemplation. Merci pour cela. On se plaît à (re)découvrir Paris sous un nouveau jour. À l’observer de près, de loin, à découvrir sans cesse de nouveaux détails, à voir le ciel s’éclairer, les nuages se mouvoir, la ville se réveille petit à petit. Tantôt attentif au moindre mouvement, au moindre son, tantôt dans nos pensées, parfois somnolent. Que le temps passe vite et pourtant on ne saurait trop dire ce que l’on en a fait !

Quelles beautés réunies : la ville, ses monuments, le ciel, ses couches de nuages, et bien-sûr le soleil, qui emporte tout sur son passage. Une chance inouïe d’arrêter le temps, et de le laisser s’exprimer à travers les mouvements des nuages, des reflets de la lumière sur certaines tours chanceuses du 13e arrondissement, mais aussi des piétons, cyclistes, chiens qui parfois vous saluent, et plus souvent, rentrant chez eux ou en partant, avec leurs secrets.
Merci à Mikael pour son accompagnement sympathique ! Bravo à toute l’équipe.

Le temps a passé très vite, comme un éclair
Envie de bouger, de danser, de prier…
Le soleil était bien là
Comme il se souche on pourra voir son lever, accroché au pic de la Tour Eiffel : « je descends ou pas ? » J’hésite et revient… Le soleil vibre et sautille.
Envie de me grandir, de prendre la place dans cet objet-abri, de prendre ma place dans la ville…
Petites fouines qui courent et ne s’occupent pas de mon regard. Pas de lune.
J’aurais aimé presque plus de temps, et voir le petit soleil intérieur, des maisons, s’allumer avec eux…

Très belle expérience. Aller-retour dans la boîte en bois et en verre, du soleil levant et de Paris à contrejour, au panorama sud-ouest surtout blanc et bleu. Espace restreint de solitude volontaire, avec reflets et prolongations. Voir apparaître la boule de feu, orange, m’ai plu ainsi que de la voir se détacher de l’horizon, décoller, puis progressivement changer de couleur, passer au jaune et au blanc, et qu’il ne soit plus possible de le regarder, en face, ce soleil. Entendre les trains lents pousser comme des souffles, à l’arrivée et au départ. J’ai pu embrasser la ville, la contempler avec cet angle inhabituel. Merci pour ce petit voyage sur place dans le présent.

Soleil puissant et éblouissant qui vous fait sentir vraiment vulnérable. C’est la ville construite par la main de l’homme, mais c’est la nature et son astre qui reste les maîtres du lieu. La skyline de la Défense est en fait remplacer par les collines et les forêts de la petite et moyenne couronne.
La lumière baisse dans la rue, le contraste me rends de plus en plus visible pour les passants, et je me sens aspiré par le reflet de la LED dans la vitre. Cette fenêtre, si vertigineux au départ, est devenu le point de chaleur de ma maison. Je déambule devant cette fenêtre. Le soleil disparaît derrière une vague de nuages, et j’apparais comme un phénix sur la ville.
Je me positionne les bras vers le ciel, comme pour accueillir le bonheur et la splendeur du moment. C’est pur, éternel et puissant comme un premier baiser, une musique ou une peinture. Merci, simplement merci.

Quelle drôle d’idée de me réveiller à 5h du matin à moins d’une semaine de la rentrée. Mais que le soleil est beau et chaud lorsqu’il se lève. J’ai pu complètement perdre mes repères temporels, libre de vagabonder dans mon esprit et de me projeter dans les rues et les monuments de Paris.

Ce projet reste magnifique mais un vertige prononcé ne m’a pas fait goûter à cette expérience.

Chaque lever de soleil est unique. Celui que cette veille m’a offert m’a tout simplement émerveillée.
Cette lumière orangée qui illumine l’abri et ne baigne d’abord la BNF que par touches de paillettes.
Puis le temps s’illumine d’une lumière qui blanchit la ville, immense, par spots. D’abord le Sacré-Coeur puis la tour Eiffel, etc.
Le mouvement d’abord ralenti de la vie qui se manifeste dans les immeubles, dans les rues.
J’ai adoré cette expérience unique.

J’ai passé un moment inoubliable en ce mercredi 28 août. Le coucher était époustouflant. Je me suis sentie si petite dans un aussi grand cadre, très impressionnant. En plus j’ai eu la chance de voir en live les couleurs du drapeau de la France, comme on assistait au début des Paralympiques. C’est une très belle expérience, pour se retrouver avec soi, c’est spirituel et en même temps romantique. Je referai cette belle expérience avec grand plaisir.
Merci à vous

Collioure à peu près à la même heure, les églises et maintenant ici, juste aujourd’hui. Les poches pleine de mini sauvetages, tous inutiles, juste aujourd’hui. J’avais oublié que pour être réchauffée par le soleil, il me fallait moins me couvrir, juste aujourd’hui.
Prenez tous soin de vous, vous que j’ai veillés, juste aujourd’hui.
Merci

Cette sensation déroutante de redécouvrir le connu en guettant et veillant de bien haut sur tous ces inconnus. Un moment hors du temps, seulement rythmé par le va-et-vient de la rue. Observer les lumières et le ciel changer, prendre le temps pour soir de respirer. Quel bonheur de prendre de la hauteur, souffler et s’étirer. À peine eu le temps de penser. Bonne fin d’été.

Prendre le temps, prendre de la hauteur, mesurer les perspectives, comprendre les cavités, entre végétal et minéral, pour voir autrement, sentir différemment, tracer du doit le ciel et ses nuages, s’étonner du passage d’une mouette et apercevoir le rayon de soleil, pour entendre ou surprendre les bruits de la ville imperceptiblement.
Rester déterminer à transformer notre ville pour mieux la préparer aux conséquences du dérèglement climatique, la façonner à hauteur d’enfant, et là où l’œil se pose pour l’ouvrir et la servir au plus grand monde.
Paris est belle, cette ville de l’amour et de l’accueil où il y fait bon de rêver et de s’aimer.

C’était pour moi un moment de calme, de curiosité, de connexion – avec la ville, les gens qui passent, et moi-même. C’était émouvant de voir la vie d’au-dessus, cela paraissait loin et près à la fois. Je me suis sentie hors du temps, hors du contexte – comme si ma vie a été mise en pause pendant cette heure qui aurait pu être 30 minutes ou 3 heures – j’ai perdu la notion du temps. J’étais contente de voir les gens qui passent et qui me regardent – comme si après tout c’était vital d’être vue, même par les inconnu·es. Merci.

Tout d’abord, ce n’est pas moi qui suis censé écrire mes impressions sur cette singulière expérience, mais plutôt ma femme qui a eu une panne de réveil. J’ai donc profité de cet incident malencontreux pour prendre sa place en faisant la promesse au « Cycle des Veilleurs » d’être sur place en moins de 15 minutes.
Me voici donc en train de vous écrire et en forçant un peu le destin qui avait cru m’empêcher de participer à cette expérience en juillet…
Je suis effectivement venu mais le message qui devait être envoyé à l’accompagnateur a aussi eu une panne de réveil :)
Bref, tout ça pour dire que je suis très heureux d’avoir pu voir Paris se lever !
PS : j’ai adoré surtout les différents points de vue macro et micro de mon regard !
Merci

Entre ciel et terre, je veille
Entre ciel et terre j’ai été veilleuse ce soir
Sur la ville lumière…
J’ai repérér les monuments les plus connus
J’ai vue des hommes et des femmes, des enfants, des couples, des amis…
Il/Elle décide de prendre cette route plutôt qu’une autre
Un vélo traverse la rue à vive allure
Mais alors, oublie-t-on aussi ce qui peut se passer de l’autre côté de cet immeuble à ce même moment ?
Soudain, un groupe d’oiseaux passe et entame une chorégraphie
La vie, c’est du soleil, des nuages, des oiseaux
Et quand le jour s’éteint, le soleil est toujours là, derrière, pas très loin et il se redécouvre après un cumulus,
Resplendissant de sa couleur orange flamboyant
J’aime ma ville
Je vais à présent redescendre
Pour redevenir habitante des lieux
Et continuer mon chemin
Chacun·e peut être rassuré·e car il y a toujours quelqu’un·e qui veille sur nous :)

Ultime veille sur la ville endormie et suffisamment éclairée. Quelle chance !
Merci !
Paris est décidément magnifique…

Ce poème de Robert Desnos m’accompagne :
« Je me lèverai demain matin
Plus tôt qu’aujourd’hui
Le soleil demain matin
sera plus chaud qu’aujourd’hui
Je serai plus fort demain matin
Plus fort qu’aujourd’hui
Je serai gai demain matin
Plus gai qu’aujourd’hui
J’aurai demain matin
Plus d’amis qu’aujourd’hui
Et bien que demain matin
La mort soit plus proche qu’aujourd’hui
Je serai demain matin
Plus vivant plus vivant qu’aujourd’hui »

Here comes the sun,
Here comes the beauty
Knocking at the rooftops
Shining at your feet
Life is flowing
Pink, orange, yellow
Painting your dreams
And the people of the streets
Quand on voit Paris d’en haut

Quand je rentre dans l’abri, ça sent bon et c’est chaleureux ! J’aime bien cette fenêtre lumineuse qui se dessine de chaque côté, qui flotte. Au départ on voit seulement des pieds en reflets puis au fur et à mesure que la nuit tombe, l’abri apparaît dans la ville.
Un groupe de personnes regarde dans ma direction, je suis démasquée ! J’ai vu deux feuilles danser, c’est beau les mouvements des passants vus du dessus. Les nuages sont épais mais apparaissent quelques lignes rouges, il est déjà l’heure de redescendre, rejoindre la danse des citadins ! Merci !

Le soleil a failli se lever. Il a pointé derrière un immeuble. On devinait son éclat doré. Des traces roses se tenaient dans le ciel comme une promesse. Et puis rien. L’éclat s’est terne. Le rose s’est effacé. Alors j’ai regardé l’ouest qui devenait toujours plus afumeto. Un gris toujours plus épais, diffus. J’ai veillé sur le gris. En bas les gens n’étaient ni plus ni moins nombreux. Ni plus ni moins rapides. Les joggeurs aux habits orange et fuscia ont disparu. J’ai cherché les arbres. De loin le vert disparaît. Que du gris. J’ai mis mes idées en ordre. Je me suis racontée une histoire : je suis une veilleuse. J’ai pensé (senti) que c’était la position que j’avais préféré occuper dans mon existence. Un grand merci à toute l’équipe pour cette expérience et en particulier à Mojdeh mon accompagnatrice pour son accueil !

Drôle expérience qui aurait pu me donner le vertige ou le sentiment de claustrophobie mais au contraire j’ai adoré cette sensation d’être entre ciel et terre. Plus près du ciel que de la terre. Plongée dans la couleur de ce tableau perpétuel que nous avons au-dessus de notre tête et qui change tout le temps sans que l’on s’en aperçoive, sans qu’on puisse dire comment.
J’ai mis mes pieds contre la paroi vitrée, toucher le vide, l’espace. Le bois sent bon, il sent le bois qu’on a fraichement coupé. J’ai regardé ces piétons, ces vélos, ces autos (peu), ces buildings rectangulaires, je ne pensais pas que le « vieux Paris » était à ce point enchâssé dans les constructions modernes. J’ai vu que quelqu’un de totalement immobilisé à tel point que je pensais que c’était un robot ou une pancarte… et soudain le bras de cette personne a bougé, un portable avait cet effet sur le corps entier. Suspension et mise en mouvement…
Voilà j’ai adoré et me suis même endormi quelques secondes, les yeux fermés.
Merci !

Est = je suis face à la banlieue, au-dessus et face à la ville. Tous ces immeubles, ces barres. Ces gens partout à veiller. Le paysage ne me plaît pas trop, mais c’est ce qui m’est donné à voir.
Ouest = je suis au-dessus et dans la ville. Tant de détails, d’activité. Plus organique, fascinant. La ville s’éveille, les gens aussi. Les chantiers démarrent, les trains passent.
La lumière change, ça y est le jour nouveau est vraiment là. Il est arrivé, inexorablement.
On va en faire quelque chose de cette journée ! De cette année ! De cette vie.
J’avais peur d’avoir froid, d’avoir soif, d’être fatiguée… Franchement, pourquoi s’encombrer de tout ça ? Tout est beaucoup plus simple qu’on ne pense !
Je suis heureuse d’avoir veillé sur tous ces gens, mes voisins. D’avoir été un petit maillon de la chaîne. Et d’avoir veillé sur les JO au sein des Olympiades Culturelles ; tout s’est bien passé.
Quelle joie d’avoir été seule ce matin, et quelle joie de retrouver les veilleur·ses et les accompagnateurs ce soir ! On n’est jamais seul…
Merci.

Une très belle expérience, qui passe trop vite. Prendre le temps d’observer, de laisser le regard flâner, de voir sans chercher à voir.

Merci pour cette expérience matinale, qui est passée très vite : ciel très sombre, sous la pluie battante, pas ce à quoi je m’attendais mais très belle expérience inattendue visuelle et sonore (avec toutes ces petites gouttes !) Merci pour ce temps ralenti (hors du temps !)

Voilà, j’ai veillé ! Enfin !
Superbe moment. Une heure pleine, une heure de plénitude. Quelques dizaines d’interactions avec des espèces vivantes non-humaines, oiseaux et bourdon. Un flamboiement final. J’ai eu beaucoup de chance car la matinée était pluvieuse. Un grand merci à l’équipe WLDN, à Joanne, à Mikael pour son accueil chaleureux et une pensée émue pour Claude Guinard qui a invité les Veilleurs à Rennes.

Et la lumière fut ! La brume se dissipe, les toits deviennent plus nets, le Grand Palais apparaît, les rues se réveillent, les Parisiens aussi. Le va et vient des trains n’a pas cessé. Tout paraît si loin de là-haut ; une heure suspendue entre ciel et terre, une heure pour contempler Paris, une heure encore avant de s’y replonger. Merci à Odile pour son accueil ! Merci à Sylvaine pour cette découverte !

Cher Paris,
Je suis étourdie.
Ce soir, j’ai veillé sur toi.
Et pour la première fois,
Je t’ai regardé.
Quand ton immensité
M’a enfermée, les nuages
M’ont libérée

Pour reprendre V. Hugo :
« Les premières lueurs du jour éclairent vaguement cette vaste mer de toits, encore toute pleine d’ombre. Paris s’éveille peu à peu. Un immense brouillard se lève à l’horizon, laissant paraître au-dessus de cette brume la pointe des clochers, les cheminées et les maisons, comme des îles dans un océan trouble… »

Impressions de veille

Cet instant hors du temps entre la ville de l’amour et soi-même m’a permis de découvrir Paris sous un autre angle, lors de son réveil. En surplombant Paris, j’ai vu la ville s’animer peu à peu, accompagné du lever du soleil et de ses nuages teintés d’orange. Je suis honoré d’avoir pu faire la dernière veille de ce cycle.
Merci beaucoup pour cette expérience enrichissante !

En une année, 732 personnes se sont succédées dans l’objet-abri installé rue de Charenton, formant ainsi une longue chaine ininterrompue de veilleur·ses. Le dimanche 8 septembre marquera la fin de ce projet exceptionnel mais aussi la clôture des Jeux Paralympiques. L’Atelier de Paris / CDCN, le Paris Réseau Danse et la compagnie WLDN vous invitent à venir célébrer ensemble la fin de cette année de veille.
Déroulé :
Cette journée est gratuite et destinée aux veilleur·ses qui ont participé au Cycle des Veilleurs entre septembre 2023 et septembre 2024 et à leurs proches. L’inscription est obligatoire. Merci de confirmer votre présence en vous inscrivant ici.

Le Cycle des Veilleurs #3 revient pour une troisième et dernière édition dès novembre 2024 ! Le lancement du Cycle des Veilleurs #3 a eu lieu ce samedi 07 septembre 2024 avec une représentation de la pièce chorégraphique de la compagnie Les Modulables au Parc des Jeux, dans le Parc Georges Valbon de la Courneuve.

Les inscriptions pour l’année #3 sont ouvertes !
Ce dernier cycle débutera le dimanche 15 décembre à 15h54 et se clôturera le dimanche 14 décembre à 15h54.
>> Découvrez le calendrier des veilles et inscrivez vous !

Je me suis sentie très bien.
Une heure ça passe vite
et j’ai été très heureuse !

L’ouverture de la troisième et dernière édition du Cycle des Veilleurs #3 s’est déroulée dans le Grand Parc de Saint-Ouen ce dimanche 15 décembre 2024. La compagnie WLDN / Joanne Leighton, la ville de Saint-Ouen accompagnées d’ancien·nes veilleur·ses ont accueilli la première veilleuse, Nadia, audonienne depuis 40 ans.
Nadia a veillé sur Saint-Ouen et au-delà à 15h54, durant 1 heure, alors que les artistes chorégraphiques de la compagnie WLDN, Maureen Nass et Sabine Rivière, invitaient le public à les suivre à travers une marche, ponctuée de temps dansés, suspendus, reliant le parvis de l’Hôtel de Ville et le Château de Saint-Ouen.
Un grand merci à tous les partenaires et toutes les personnes présentes !
Si vous souhaitez veiller à Saint-Ouen, nous vous invitons à consulter le calendrier de la performance participative.

En cette année qui se termine bientôt, mon attention se porte sur les endroits où je place de l’intensité.
A des endroits parfois trop d’intensité et à d’autres peut-être pas assez.
Les jardins endormis du Grand Parc de Saint-Ouen m’invitent à retrouver de l’équilibre.
Mais alors quel équilibre redessiner ?
L’année 2025 me le dira !

J’inspire, j’expire... Une douce odeur de bois chaud. Je sens que je vais passer un bon moment. Mes différents sens sont alertes, après l’odorat, je fais quelques pas et m’approprie l’espace. Le toucher et la proprioception sont satisfaits. Je laisse sortir un son de ma bouche pour tester la résonance, mais elle restera ensuite fermée. Mes yeux se posent enfin sur cette fenêtre ouverte sur ce parc que je découvre sous un autre angle. Longtemps je regarde, assez pour observer les différents jardins, les baladeurs, les jardiniers, mais aussi la faune plus sauvage qui est tout aussi chez elle. Mes pensées se focalisent sur cette biodiversité. La biodiversité, sauvage et citadine. Le contraste des éléments naturels et de la faune sauvage avec les structures urbaines et les habitants de la ville. Ce contraste qui auparavant me semblait si marqué, aujourd’hui m’apparaît plutôt comme un tout. Une preuve d’une cohabitation possible. Ma vision évolue et ce moment de veille m’aide à le voir.
Quand je me concentre sur ce que j’entends, je souris. Le chant des oiseaux (et oui ! un peu cliché, je sais...) et le son des voitures se mêlent, et ce n’est pas désagréable. L’un ne prend pas le dessus sur l’autre, quand l’on se concentre on peut séparer les différents éléments, mais le tout forme une bande son qui est bel et bien unie, et pour ma part agréable.
Mes pensées vont et viennent, je prends mon temps, ou bien le temps me prend peut-être. En tout cas, je savoure cette veille, où parfois j’ai la sensation que les rôles s’échangent et que c’est la ville qui veille sur moi.
Des yeux se posent sur moi, j’entends des voix de dehors qui se questionnent... Malgré cette sensation étonnante d’être l’arroseur arrosé, je savoure car ce temps offert m’aide à faire le vide.
Un temps méditatif entre rétrospective, analyse et juste calme.
Il est temps de conclure, merci pour ce moment suspendu.
Si je pouvais, je le referais !

Le ciel est bas et la lumière peine à percer. La rumeur de la ville ne couvre pas le pépiement des oiseaux. J’observe une poule, une pie, un geai et replonge en enfance lorsque ces observations pouvaient durer des heures.
Au pied d’un arbre, une silhouette : une femme joue du tambour et se met à chanter. Chacune aide le jour à se lever comme elle le peut.
Je pense aux miens, à la chance immense de les avoir dans ma vie.
La lumière branche de l’hiver s’installe, il fait jour à présent. C’était très beau. Merci !

Je quitte ma Serre pour venir veiller mes jardins. Les jardins ne me remarquent pas pendant un long moment, je les observe, et je sens entrer la veille en moi. Une forme de protection dans l’observation. Ils relèvent alors la tête et m’aperçoivent, leurs gestes de reconnaissance me touchent. Je leur souris et fais le geste de Bouddha, un doigt sur la bouche puis la main en visière. Ils comprennent et s’éloignent, confiants.
La lumière du jour décline, les jardins entrent en sommeil hivernal, doux et froid, lentement.
Les premières étoiles s’accrochent aux fenêtres.
Tout ce temps de veille me faisait peur, mais quelques mouvements d’étirements et une attention accrue par la solennité de l’objet-abri m’ont fait passer l’heure en un éclair.

Oublier le temps. Découvrir autrement la ville où je suis née. Voir la ville se mettre en mouvement. Le temps était suspendu, le sentiment d’être dans une bulle hors du temps. Une expérience à vivre, un merveilleux moment passé presque trop vite tellement on se sent "protégé" comme dans un cocon dans ce bel objet-abri.

Face à la campagne, ce petit jardin est agréable à regarder contrairement aux bâtiments qui l’entourent (il faut bien loger les gens). Un peu de mouvements, peu de visiteurs, peu d’oiseaux mais de belles couleurs. Telles les religieuses de Montmartre, nous nous relayons pour faire une chaine de vie, de calme et d’humanité. Une très belle odeur de sauna a rendu ce moment très agréable. Les couleurs et les mouvements de la lumière et des nuages ont changé en l’espace d’une heure la vue de ce parc. Merci pour cette expérience fédératrice.

Il est, finalement, rare d’avoir des moments comme celui-ci... à soi. Du temps à consacrer à soi, à ses réflexions, à l’observation du paysage, de la vie qui se déroule sous nos yeux. Cet abri/observatoire est un espace hors du temps qui permet un luxe que l’on ne s’accorde plus, celui du silence et de la contemplation. Un merci aux équipes qui permettent de vivre le temps d’une autre manière, plus apaisée, moins urgente.
Cette expérience me donne l’envie de m’isoler une fois par semaine.

« Le ciel avance et moi, j’attends. Que passe, le temps » = Je chante
Perchée, comme dans une cabane à oiseaux.
J’observe la ville, je suis au chaud.
Je chante ce qui me vient, je fais du bruit, je cherche un rythme avec mes pieds, je cherche des sons différents, chaussures talons, cuir contre bois. Comme pour habiter l’espace, mais aussi en quête du temps. C’est avec le rythme que je peux le sentir passer, le rendre quelque peu palpable. Le temps devient une musique intérieure.
Et pendant ce temps, le tableau prend vie, se transforme et le ciel s’emplit de merveilleuses couleurs.

Holding watch seems like watching time rolling over, life moving on with each breath. A moment of reflexion and contemplation connected to each other...
For me it is the 15th Vigils/Veilleurs in 15 years. We started in Belfort on Vauban’s citadelle in 2011, then came Laval - Rennes - Haguenau - Freiburg - Evreux - Dordrecht - Grarz - Munich - Hull - Capdenac and Caen, with the "Cycle des Veilleurs" 1-2-3. Together we stand, over 2000 vigils holding watch over each other. Time suspended, connected to the surroundings and our environment.
A heart felt thanks to each "veilleur" and to the accompagnateur.ices ! Thank you Zoé (my accompagnatrice) and long life to "Les Veilleurs" !

Pour moi, cette veille m’a apporté beaucoup de choses positives : pouvoir se ressourcer et se retrouver avec soi-même dans un instant suspendu, regarder et prendre le temps de revoir le ciel, les nuages changer à une vitesse surprenante, ce coucher de soleil qui change le ciel dans des nuances de clarté très agréables, une traînée laissée par le passage d’un avion qui au départ n’a rien de spécial, mais en fin de compte cette traînée change et fait apparaître des nuances très jolies dans ce ciel qu’il faut réapprendre à regarder d’un autre œil. Cette expérience m’a beaucoup apporté, m’a ressourcé, et j’invite à ce que cette veille puisse être partagée et qu’elle ne cesse jamais.
Merci beaucoup à toute l’équipe qui a fait naître ce projet qui, pour ma part, est super génial. Retrouver et ressentir certaines choses oubliées avec la vie actuelle, ce fut un immense plaisir et que je veux pouvoir partager avec mon entourage.
Merci encore pour cette expérience.

Joie…
Je ne pensais pas éprouver autant de joie pendant cette heure à être spectatrice de la vue extraordinaire de ces jardins. Un voyage sensoriel : le chant des oiseaux sur fond des bruits de la ville, l’odeur du bois, la lumière or de l’abri, les bleus/roses/gris du ciel, la lune qui pâlit…
Et la vie des hommes…
Un voyage tourné vers l’extérieur pendant qu’à l’intérieur, le bilan de cette année fait émerger une immense gratitude.
Je ne m’attendais pas à cela et ma peur de « ne pas être à la hauteur » de la tâche que je devais volontairement remplir, voir la peur de « passer à côté » me paraissent à présent risibles.
Merci pour cette heure de veille.
Merci pour ce cadeau.

Veiller dans le 12ème ,
Veiller à Saint-Ouen,
Veiller sur les gens qu’on aime,
Veiller à ne rien oublier,
Veiller tard,
E-veiller ses sens,
Ré-veiller la vie,
S’émer-veiller,
Veiller…
J’ai cherché le soleil, les avions
Je n’ai rien trouvé, mais j’ai veillé
Veillons…

Temps suspendu, posé
Les gouttes de pluie rendent la vitre présente. Pourquoi certaines, soudain, s’écoulent. Pourquoi celles-là ? Veiller, comme on veille un malade, un mort ? Veiller sur, protéger ? Surement pas surveiller. Être en éveil, sur ses appuis. Les veillées, avant la télé, on s’occupait les mains et on racontait des histoires.
J’entends des corbeaux, mais je vois des mouettes. Puis des pigeons, et j’entends la mésange. Ça me va, entendre ce que je ne vois pas, voir ce que je n’entends pas. Finalement, pourquoi toujours se tourner pour regarder ce qu’on a entendu ? Ici, devant, dans les jardins, presque pas d’autre vie que celle donnée par le vent aux branches, au plastique, au moulin. Derrière, la ville, la circulation, le rythme des joggeurs. Tout à coup, le soleil claque sur les triangles blancs de l’immeuble en face. Je souris. De l’autre côté aussi les immeubles s’illuminent.
Début du jour le plus court. Après, ça repousse.

Déjà 1 heure ! Encore une fois, je n’en reviens pas.
Il y a tout à voir et à penser, tant de mouvement.
J’avais une référence, j’avais veillé en hauteur, à Paris. Ici, c’est si près de la terre. Je me sens surtout observée. J’entends des voix derrière moi qui s’exclament, qui s’étonnent : Serieux !
Je reçois des coucous, devant moi, de parfaits inconnus qui se promènent dans le parc.
Sensation d’être exposée. Pas confortable. Joyeux parfois. Revenir si possible pour accepter d’être si près de la terre, face à des immeubles qui me cachent la beauté du coucher de soleil !
1 heure m’a paru si court !! Si court !!
Et pourtant, c’est déjà ça !
Un grand merci pour cette possibilité offerte que j’ai grand peine à m’offrir, encore.
A tiens,… si, cela m’a donnée envie de découvrir le quartier ! Merci aussi pour cela !

L’objet-abris brille au milieu du parc qui s’éveille.
Les oiseaux s’activent dans les premières lueurs du jour.
Bientôt les rayons du soleil jouent avec les branches des arbres nus.
Comme une petite luciole qui veille sur le jardin, l’objet-abris va bientôt s’éteindre et se coucher pour la journée… jusqu’à la veille de ce soir !

L’obsession du cadre, être au centre, jambe, bras, épaule, tête, être dans le cadre pour mieux observer le hors cadre. Je suis encore actif, j’appréhende le regard des autres, je n’assume pas encore l’objet et le sens de ma veille. Gris, béton, urbain, arbres dénudés de leurs feuilles, tours trop hautes, sacs poubelles telle des corbeaux m’accompagnent en ce début de veille. Puis j’aperçois les passerelles de potagers, elles m’en disent beaucoup sur ses habitants : ordre ou désordre, vert ou ver de terre, pauvre ou riche, soigneux ou virevoltant … ça y est je veille, mon esprit se dresse devant j’en deviens le gardien des potagers ou comme l’animal en cage que les habitants observent et photographient .. ça y est je suis plus là, mon esprit est sortit du cadre, je voyage, j’ai déjà fait un tour du monde, une traversée montagneuse…
A bientôt habitant Saint-Ouen, citoyen du monde.

C’était un instant très intéressant, je n’ai pas vu le temps passer. J’ai beaucoup apprécié de me retrouver avec moi-même durant cette heure. J’ai beaucoup aimé voir la luminosité évoluer sur ce joli jardin. Encore merci d’avoir pu permettre cette belle expérience.

« Ah mais il y a quelqu’un ? »
Et oui je pouvais être vue et je pouvais voir. C’était la surprise.
Cette fois-ci, j’ai dansé, j’ai essayé des trucs, inutiles, comme enlever ses chaussures au ralenti. Si des gens approchaient je m’arrêtais, je contemplais le paysage ou je m’immobilisais. J’ai vu deux personnes travailler le 24 au soir. Je les ai veillés.
J’étais surpris qu’on vienne me chercher , je n’avais pas fini de ne rien faire ou je venais juste de commencer.
Merci pour ce Noël inédit.

Petit gazon encerclé de béton
Immenses tours jaillissant tout autour
fumées grises des cheminées des immeubles gris dans un ciel gris
Un bus circule au loin
Des oiseaux chantent tout près
Un jardinier jardine
La veilleuse veille
La ville qui s’éveille

J’étais prisonnier de moi-même,
car la porte s’ouvrait lorsque
je m’en approchais trop.
Je ne suis pas sortie. Pourquoi ?
Parce que j’étais, je crois,
dans un quartier de haute sérénité.
Pas un QHS, quartier de haute sécurité où l’enfermement vous éteint.
Là, je crois être sorti
« rallumé » alors que l’obscurité tombe sur Saint-Ouen,
en ce Noël très gris.

Redonner de l’épaisseur au temps.
S’autoriser, une heure durant, ce que parfois on fait depuis une fenêtre de chambre ou de bureau : laisser errer son regard et s’aventurer son esprit au dehors. Consacrer chaque minute à la contemplation de choses menues et absolument non sensationnelles, un rayon de soleil sur une tour, un couple de cygnes, des cyclistes ou des joggers, le bruit de la ville, lointaine et proche, le bleu timide du ciel…

Séquence 0 : Tout le corps reçoit l’émotion de l’objet-abris, le cerveau décrypte et rationalise, le cœur s’enthousiasme
Séquence 1 : La vue tente de résister au soleil couchant éblouissant
Séquence 2 : L’odorat captera le pin
Séquence 3 : L’ouïe se met en route et sera le métronome de la séquence. Les oiseaux cessent de piailler, les enfants pleurent et rentrent de fatigue. Le trafic s’intensifie, voitures, bus, scooters, vélos ou piétons…
Séquence 4 : La vue reprend le dessus et profite du couchant
Séquence 5 : Tout le corps se reconnecte ensemble au reste du monde
Séquence 6 : Myriam frappe à la porte
Finalement seul le goût relève de l’imaginaire dans l’objet-abris.
Merci pour cette traversée multisensorielle.

C’est un jour particulier pour moi aujourd’hui : 14 ans dans la même entreprise, toujours dans la même direction. La perte du sens. Le débordement. Le temps colmaté. Faire la veille ce jour-là avait d’autant plus de sens pour moi. Bizarrement, je ne me suis pas perdue. Dans cet abri, avec cette lumière qui double puis triple les cadres, sans notion du temps, c’était très étrange et intéressant.
On se reflète et s’observe en miroir dans un espace que l’on ne connaît pas et qui s’éveille.
Merci.

Très bel objet dans la ville. Expérience intéressante.

« En entrant dans l’installation, je doutais de mon existence. En ressortant, la douleur aux pieds provoquée par leur état de congélation m’apparaît comme une preuve que j’existe. Enfin, je crois. »
Antonio. Rentré depuis 5 jours d’un voyage spirituel au Japon. Sa quête continue.

C’est un privilège de se poster en observateur dans le cadre formé des reflets de l’abri et de ses lumières, son propre reflet se projette sur l’extérieur, le parc d’un côté, le square de l’autre avec les immeubles en fond…Ce toit, ciel laiteux, temps sec et froid, seulement quelques passants, promeneurs, joggers, oiseaux assez rares, c’est l’hiver, le vent rabat les fumées des deux grandes cheminées vers l’abri, lesquelles assurent leur rôle historique au service de la capitale, sentiment d’insécurité que ces fumées...arbres nus, seuls les axes routiers sont pleins de vie, les lumières aux fenêtres s’allument progressivement et bon nombre restent non éclairées c’est les vacances de fin d‘année, beaucoup ont quitté la ville pour la province pour les fêtes.

Une expérience contemplative et méditative comme on n’a pas l’habitude de vivre dans le tumulte du quotidien, c’était reposant et nouveau à la fois. Je sentais l’odeur du bois et j’entendais le bruit de mes pas. La fumée qui se dégageait au loin s’envolait en volutes depuis la cheminée Alstom. Mon corps donnait des signes de fatigue mais c’était supportable.
Merci !

Seule mais entourée
Sourires timides échangés, pouce levé, salut militaire
Lumière blanche paisible
Nature morte animée par les pies

Des pensées en vrac...
Cet objet-pont entre deux mondes : le monde ouvrier et le "nouveau" monde qui dort. Un jeu de transparence, avec des couches de profondeur... et moi au milieu de tout ça.
Un temps qui ne se compte pas...
Un corps qui se fait sentir et demande à bouger.
Et la voix qui se demande quoi faire...
Rien à faire...
Juste voir.
Joli moment (même si le ciel bleu m’a manqué).
Merci.

J’ai bien fait de mettre trois couches !
Deux points de vue : je me suis plus penchée du côté des jardins et des nouvelles habitations que de celui plus "ancien".
Peut-être pour la promesse faite lors de l’atelier préparatoire à une veilleuse : surveiller les potagers ?
Ou peut-être apercevoir un bâtiment clichois ?
Une oie dans le ciel, seule...
Espérons qu’elle sort connectée à ses congénères comme moi à la communauté des veilleurs !
Merci pour ce moment de conscience de soi qui me permet de penser, panser, danser le monde.

Sans autre attente que l’émerveillement, ma veille du matin du dernier jour de l’année a commencé dans le gris.
Progressivement, en passant par un camaïeu, j’ai discerné les immeubles des Docks comme les touches d’un piano, puis vu apparaître des couleurs de façades, et le grand paysage. Les oiseaux, remplacés ensuite par les voitures, constituaient un paysage sonore évolutif.
Constamment les jardins ouvriers et leurs épouvantails se précisaient.
Le temps perceptible initialement, devenait fluide à la fin, à mesure que mon heureux ravissement des couleurs et des sons se faisait, à mesure que la lumière rendait ce paysage immuable, vivant et changeant.
Finalement se tenir (Presque !) toujours droit est facile !
Ma veille m’a procuré un profond sentiment de bonheur et d’alacrité.

J’ai choisi cette date pour finir cette année comme ça. Avec une veille.
Parce que je n’aime pas les 31 décembre. L’injonction à la fête, aux embrassades, aux bilans.
Cette veille était l’occasion d’en faire autre chose. De regarder le vent. C’était étrange : parfois le vent bougeait les branches des arbres, mais le moulin à vent ne tournait pas. Parfois l’inverse. Le moulin à vent tournait mais les branches étaient immobiles. Bizarre. C’est peut-être lié à l’orientation du vent.
Tout d’un coup, les lumières se sont éteintes au 3eme étage des bureaux d’Alstom. Fin de la journée, plus tôt que d’habitude, pour aller faire la fête, s’embrasser, faire un bilan.

Un nouveau jour se lève, une année est passée, nous voilà en 2025.
Hier encore c’était la fête, les amis, les embrassades, la musique, le bruit.
Me voilà ce matin ici, seule, au calme, avec le temps.
Le jour se lève sur 2025 ! Le premier jour... juste un nouveau jour. En une heure la lumière change, le vert des jardins fait contraste avec le gris du ciel. Pour seul spectacle, les oiseaux qui virevoltent et qui dansent . Le héron se lance avec ses grandes ailes et entame une ronde dans le ciel.
Une expérience unique vient d’être accomplie et je suis contemplative face à ce tableau vivant. Les premiers joggers arrivent, juste un nouveau jour !
Je suis fière et heureuse d’avoir veillé ce jour, dans l’espoir que le meilleur reste à venir.
Bonne et heureuse année 2025.
Un grand merci à toute l’équipe, ce jour restera gravé dans ma mémoire à jamais.

L’année débute, je suis allée veiller après avoir fait la fête, pour commencer l’année en beauté.
C’est drôle de pouvoir observer tant de choses dans un espace délimité : les rats, les oiseaux dans le ciel, le vent semble parfois plus fort qu’eux. Les ados qui jouent au skatepark, je pense à mon frère, je pense à ma mère, et les potagers avec de petites cabanes, je pense à mon père.
Il y a plein de choses à voir, mais ce que je préfère, c’est le rapport à la lumière.
On arrive dans l’objet-abri et on voit tout ce qu’il se passe dehors, peu importe où nous sommes placés dans cette petite boîte.
Puis l’heure tourne, le ciel s’assombrit, on commence à distinguer les appartements avec des lumières allumées mais surtout, l’objet abri se reflète dans la vitre. Alors, si on n’est pas presque collés à cette vitre, on ne voit plus le paysage, seulement notre reflet. Ça veut aussi dire qu’on ne passe vraiment pas inaperçu pour les passants dans le parc, c’est rigolo de se savoir observé sans particulièrement le ressentir.
Merci !

Je vois et j’entends la pluie qui tombe sur l’objet-abris et dans le parc, c’est doux. En cette nouvelle année qui commence je sens mon corps rouillé. Je pense qu’il a besoin de mouvement. Alors c’est parti, je vais l’activer pour me dérouiller !

It was a special experience for me. In this life, we are lost in our everyday tastes, our ego, problems etc.. we can forget to live. This is what happens to me really often. It’s really hard to come to the feeling of presence, awakening, because stuff around can disturb a lot. It’s a treasure to have this kind of moment, what I experienced. I felt connected to this park, to the nature. I felt like a tree in the middle of a big city. It’s a nice reminder to pay attention to nature and be present in life. I recharged and refreshed my mind. Thank you so much for this experience.

Deux jours après la naissance de mon premier enfant il y a un an déjà et 2 jours, avant l’anniversaire de mon épouse qui m’accompagne dans cette aventure.
La veille de ce jour a été brumeuse et froide. Un brouillard épais enveloppait la ville de Saint-Ouen et le givre recouvrait jusqu’à la moindre petite brindille du parc. Avec les premiers rayons du soleil tout s’est mis à scintiller, c’était magnifique. Les jardins ouvriers et les immeubles des Docks, les cheminées des incinérateurs sont progressivement apparus au travers de la vitre embuée et givrée elle-aussi.
Avec cette méditation débout, l’année 2025 commence très bien !
Bonne continuation aux futurs veilleurs et aux futures veilleuses qui sont de plus en plus nombreux·ses je crois !

Meilleure façon d’accueillir l’année nouvelle : back to basics !
J’avais hâte de découvrir ce nouvel espace partagé et l’expérience a été au-delà de mes attentes car ce jardin rencncilie époques et populations, même au coeur de l’hiver. J’ai vu plus d’enfants en une heure ici qu’en une semaine à Paris.
Les oiseaux, les rires, quelques coucou de promeneuses intriguées par notre expérience... L’heure de solitude bien accompagnée.
La perspective sur La Défense m’a surprise, ce quartier de bureaux, comme le ballet des avions, renforcent l’aspect "cocon" du lieu.
Un refuge au coeur de l’avenir du Grand Paris que je suis heureuse d’avoir savouré dans le cadre de cette mission.

Des rires tout d’abord, en voyant ou plutôt en ne voyant pas l’extérieur, le givre ayant recouvert pour la première fois de l’année la totalité des vitres. Puis le silence d’un parc qui se réveille entrecoupé de vols d’oiseaux plus ou moins furtifs. Alors comme l’extérieur ne se dévoile pas encore, je me soucie des détails infiniment petits.
(...)
Vers la fin de ma veille, c’est l’ocre et l’orangé qui apparaissent par touches : les murs, les façades, les combinaisons fluo des coureurs... même si le gel prédominait toujours. En dernier ce fut le vert, presque fluo, des herbes et plantations. En moins d’une heure, le givre enveloppant avait révélé quelques pointes de couleurs, comme quoi le beau est observable en tout temps. Il suffit d’attendre.
J’imagine que comme chaque flocon tombé au sol est unique, l’expérience de chaque veilleur l’est aussi.

Cette veille fut étonnante. J’ai mis du temps pour décomposer les différents plans devant moi. J’ai été surpris d’en découvrir de nouveaux au fil de cette veille. J’ai mis un moment pour découvrir le jardin avec les cultures potagères puis je me suis concentré sur les activités humaines et les réalisations architecturales.
(...)
L’objet-abri suscite la curiosité et il est amusant d’entendre les commentaires des passants qui le découvrent. Un père explique la démarche à son enfant en insistant sur la durée et l’enfant lui répond "Oh le pauvre !". Cette réflexion m’a fait sourire. Je me dis qu’au contraire, j’ai de la chance de pouvoir faire une pause de et dans la ville pendant une heure.

Premier dimanche de l’année. Pluie et vent, le parc est fermé. Bien protégée dans mon abri, j’ai veillé. Le jour est venu et m’a progressivement révélé les détails du jardin et des immeubles. Tant de choses à voir. J’en ai découvert jusqu’à la dernière minute. Un flamant bleu m’a accompagnée durant cette heure de calme.

Bruits, bruits omniprésents dont je ne prend conscience que par moment. La circulation est là tout le temps mais je ne l’entends que rarement quand vombrissent les avions qui pourtant ne montent pas sur la voie ni ne passent au dessus de ma tête. A la tombée du jour les oiseaux se déchainent. Ils coassent parmi d’autres bruits que je ne sais pas nommer.
(...)
Je suis calme. Je n’étais pas énervé mais je suis plus calme. C’est passé vite.

Aujourd’hui le parc est fermé, je suis accueilli par Elise et par l’abri illuminé. Je ne me suis préparée à rien. Mais j’ai reparlé hier de ma veille. J’ai d’ailleurs vu le ou la veilleur·se de dimanche soir du 8e étage d’un immeuble autour du Grand Parc.
Ce matin, j’ai la sensation de reprendre le flambeau et de rajouter une maille au tricot . C’est beau déjà ! La vie qui avance , la lumière , le temps, les bruits... Je m’en sens à l’abri. Je regarde sans trop observer et je trouve la façon de quitter ce lieu par la pensée et de "m’envoler" vers le reste de ma ville et plus loin.
Je me mets à chantonner et à danser légèrement et à me mettre en veille. J’envoie mes pensées bienveillantes autour de loi, je pense aux autres. Je me sens bien.
Bienvenue au prochain ou à la prochaine,
Merci !

Je suis entrée, en cette fin d’après-midi pluvieuse et venteuse, pour la seconde fois dans ce cocon que représente l’abri, après un baptème à Montreuil. Mais aucune répétition ni lassitude dans cette nouvelle expérience. Au contraire, ce sont de nouvelles sensations que j’ai découvertes.
(...)
Chaque detail observé est devenu important, la fumée dégager de deux toits d’usine (?), les rayons du soleil qui jouent à cache-cache avec les nuages, cette immense pieuvre bleue/grise dessinée par des nuages de fin de journée. Tous ces petits détails sont un régal a observer me fait sentir plus que jamais vivante.

L’esprit et le corps encore ankylosés de la nuit se réveillent au rythme de la ville dans le confort de l’objet-abri. Le regard s’habitue vite et détecte les nuances de lumières, les mouvements des feuilles et des oiseaux. Mouvements si souvent dilués dans la hâte quotidienne.
Les sens se réveillent et l’esprit s’accoutume à cette immobilité.
Merci pour cette parenthèse hors du temps.

非常感谢

Une toute nouvelle expérience que cet abri, posé à hauteur de la ville. Jeux de reflets dans le jardin et la rue, des ombres dont on ne sait d’où elles sont... et peu à peu la bulle de l’abri se fond dans la ville...
Merci pour ce moment.


Le ciel est laiteux. Deux grandes cheminées crachent un ruban blanc qui rend ce ciel encore maussade plus blanc que gris.
Les tâches vertes devant moi tranchent le paysage. C’est tout ce vert dans la ville. Il fait déjà jour. J’aurais bien aimé voir la nuit disparaître vraiment et les lumières s’allumer. Comme je ne connais rien à ce paysage, j’ai tout à découvrir. D’abord le vent fait virevolter un leurre pour les oiseaux mais ils ne sont pas très intéressés par les arbres sans fruits... Ils volent plus haut et disparaissent de mon champ de vision...
Aucun bruit de ce côté de l’objet-abri.
Des arbres petits, jeunes, un moulin coloré qui tourne, tourne...
Quelques humains, beaucoup poussant des poussettes à cette heure matinale, d’autres sous la capuche scrutent des écrans lumineux. Un ou deux vélos passent. De l’autre côté de l’objet, la vie urbaine, plein d’autobus, quelques dames se sont donné rendez-vous, l’une encapuchonnée dans un k-way. Personne ne regarde vraiment l’objet. Les arbres de ce côté-là sont majestueux bien que tout aussi dénudés que les jeunes arbrisseaux des jardins partagés.
Les contrastes deviennent plus marqués. À gauche de l’objet, un genre de sapin planté dans un pot me rappelle que Noël s’est éloigné. Lui n’a sûrement jamais porté aucune guirlande !
J’ai adoré voir ce paysage tranquille et silencieux évoluer.

Apprécier les jeux de coïncidences et de symbolique des moments.
Heureuse de veiller en ce début d’année qui ouvre un cycle de réflexions et pensées sur soi-même et ses projets.
Année charnière dans les choix d’ancrages et d’aventures.
À mon arrivée, lumière incroyable.
Impossible de faire redescendre l’excitation et la joie face à cette lumière.
Sensation d’apaisement explosif de joie en dedans.
Attente d’un "on ne sait quoi".
Se concentrer sur veiller et ce que ça peut représenter.
Veiller, c’est justement aussi apprendre à lâcher prise et à faire confiance.
Croire en la lumière loin de toute temporalité.
Regarder les gens en alternance avec le ciel, penser aux défunts et aux vivants, aux proches lointains et voisins, aux autres aussi autour de soi.
Penser aussi à son lien à cette ville et sentir la gratitude liée.
Le temps est passé beaucoup plus vite que je ne l’anticipais. Faire les cent pas et jouer les sentinelles en pensant au Désert des Tartares.
Fin inattendue.
Sensation d’atterrissage à maîtriser alors qu’on a pas vu assez d’avions passer.

Le jour se lève, sur Saint-Ouen
Je vois le soleil qui s’éveille
Cher Audoniens je m’émerveille
De tous les trésors que je vois au loin
Ce matin de Janvier,
Les jardiniers ne sont pas encore levés,
Les oisillons piaillent
Au dessus du tas de paille
Que la nature est belle,
Et cette vue qui m’interpelle,
Ces couleurs, ces paysages
Tout au fond de soi resteront gravés en image
Merci de nous faire prendre conscience
De la beauté, de la liberté
De ce qu’on vit au présent
Enfermé dans cet étrange cabane inhabitée
Une heure si vite passée,
Si nécessaire pour continuer à avancer,
Loin de la maladie, loin de nos soucis
Merci pour le souvenir

Il était grand temps que je prenne du temps pour moi, que je puisse me retrouver avec moi-même loin de mon train-train quotidien.
J’ai été tout d’abord marqué par le silence, le fait de me couper de tout dans cette boîte et de pouvoir méditer et observer.
Surtout veiller, scruter l’horizon, il y avait de gros nuages et pendant ma veille j’ai été attirée par une petite souris qui sans doute allait se chercher à manger.
Et j’ai été surprise par un magnifique coucher de soleil. Je suis satisfaite d’avoir pu faire cette veille aujourd’hui car je voulais la faire depuis longtemps.
Très enrichissante expérience à reproduire, pourquoi pas en tant qu’accompagnatrice.

– bouteille cachée derrière les buissons
– tourniquet qui tourne et puis qui tourne plus
– CD qui tourne et puis qui tourne plus
– faux oiseaux
– plastique
– coucou des jardins partagés
– lumières colorées
– immeubles cachés dans la brume
– immeuble beige, blanc, gris, marron, noir, rouge, vert clair
– panier de basket aux couleurs des JOP
– nuages qui se confondent avec la lumière de la cheminée
– défilé de mode dans l’abri
– concert dans l’abri
– réflexion dans l’abri

J’avais, il y a six mois, fait la veille un soir en plein été, en haut d’un bâtiment du 12ᵉ arrondissement. Six mois plus tard, l’expérience est tellement différente !
Cette fois-ci, je suis au cœur de la ville, au milieu de l’activité – relative certes, car il fait un froid de canard – et ne suis séparée des gens que par l’abri. Alors je vais certes observer la lumière qui s’obscurcit, des appartements qui s’allument, la fumée des usines et le ciel qui passent du gris au blanc, mais c’est surtout le regard des passants que je vais croiser, mi-surpris, mi-curieux.
Et puis le cri des ados qui jouent au basket d’un côté, celui des enfants d’un père au foot de l’autre, le vélo à pédales d’un bébé, des pétards allumés par un groupe d’enfants, le vrombissement des voitures en fond : c’est moins méditatif, et assez agréable d’être à ce poste de veille, et en même temps proche des gens.

Quel beau moment de contemplation.
D’un côté, la ville et de l’autre le jardin.
Je contemple, j’entends les bruits de la ville, le chant des oiseaux, les pas des jaugeurs...
Parmi tous ces éléments de la ville et du jardin partagé il y a l’abri-cube dans lequel je m’accorde une heure de calme, une heure pour moi, une heure de méditation.
Merci pour ce projet qui nous permet d’en apprendre plus sur la ville qui nous accueille, sur les veilleurs et l’équipe qui nous accompagne, sur la nature mais aussi sur nous.
AMOUR
pour nous
vous

Expérience aussi étonnante qu’enrichissante. Je ne saurais dire quand était la dernière fois que le temps s’est passé aussi calmement, paisiblement. La vision sur la ville qui se couche, la semaine qui se termine permet de s’endormir avec elle. Ce doux paysage que l’on peut contempler dans un calme presque parfait marque l’esprit qui lui peut se détendre. Expérience remarquable, merci pour l’organisation et bravo.

非常感谢

C’est pas pour nous flatter, nous la grande famille des veilleurs, mais le soleil qu’est devenu un ami, m’a avoué, que si il ne se savait pas observé tant au lever qu’au couchant, il y a des jours où il serait bien resté couché un peu plus longtemps ou il veillerait bien un peu.
Peur de se faire dénoncer, de décevoir les gentils veilleurs et aussi la crainte de se faire réprimander voire éteindre par le grand ordonnateur.
Mais ne le répétez pas, je lui ai promis que ca resterait entre veilleurs ?
Il m’a chargé de vous embrasser.

Au début, j’étais angoissée, je ne sais pas pourquoi. La solitude, le froid ou rester sans contact avec mon monde !
L’angoisse a duré quelques minutes, je me suis habituée à ma cabane, j’ai commencé à compter mes pas.
18 pas le long
8 pas de largeur
Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas à la place d’une prisonnière en isolement.
A ce moment, j’ai senti une tristesse.
J’ai décidé d’oublier, regarder le ciel, les lumières autour.
Au début les bruits de moi me fatiguaient.
Je préférais un vrai silence.
Après je me suis laissée aller dans mes pensées.
Le temps m’a paru court. C’est bizarre je ne m’y attendais pas ;
Expérience interessante !

C’était ma deuxième veille, qui n’avait rien à voir avec la première. Au début je voulais comparer tout. Certes, cette fois-ci le panorama n’était pas aussi spectaculaire comme à la Porte Dorée avec Paris que pour moi. En revanche, j’étais dans la communauté, entourée des habitants du quartier, on ne se sent pas seule.e à l’abri des regards. Tous les sens de la rue, je les entendais parfaitement, ce qui m’a distrait un peu. Durant cette heure, j’avais ce que les psychologues appellent le mind-wondering, le vagabondage de l’esprit. Les pensées qui traversent et qui me percent. Je réfléchissais de tout - de mes exams qui approchent, de l’italien récemment commencé, du mec avec qui j’aimerais passer des nuits, de mes potes...
Et en même temps j’ai senti et j’ai vu la vie vibrante autour de moi. Les deux mondes, ceux des pensées intrinsèques et des impressions extérieures, se mêlent dans un cocktail particulier. Je ne pouvais pas vraiment me détendre, en partie car il y avait une dame qui prenait des photos de moi un peu à toutes les sauces, mais c’était quand même sympa comme expérience. Cela nous permet de ralentir, de vivre l’instant présent et de mesurer réellement ce qu’une heure vaut dans le temps de l’univers.
Imaginez, quand vos ancêtres n’avaient que le soleil comme horloge, ils regardaient attentivement sa position. EN 2025, cela ne se fait presque plus. Alors je vous invite à retrouver cette pratique ancestrale !
Merci !

Cette expérience nous invite à prendre le temps et à se concentrer sur tous les détails : environnement, son propre corps etc...
Comme il y avait de la brume quand je suis arrivée, j’ai d’abord commencé à essayer de voir tout ce qui était déjà possible de voir et ensuite de comparer ce que je voyais ensuite à ce que je croyais voir au tout départ :
– couleurs des bâtiments et du parc
– forme des bâtiments
– plantes dans le parc
– mobilier du parc
Ensuite après cette comparaison, pour changer et ne pas tomber dans l’ennui, je me suis concentrée sur tout ce qui était mobile :
– oiseaux
– piétons / cyclistes
– voitures
J’ai ainsi essayé de deviner de quelles espèces étaient les oiseaux, ainsi que l’âge, la fonction et la trajectoire des personnes.
J’ai fait très peu gaffe à l’espace dans lequel je me trouvais, ainsi que des mouvements de mon corps, je bougeais uniquement quand il n’y avait rien qui bougeait.

C’est particulier pour moi.
La tolérance de la ville et de la nature me touche.
J’ai été attentive à la nature, les nuages, le vent, les rats, les oiseaux, la couleur verte devant moi. En regardant les nuages, le temps passe vite.

Gratitudes.
Ce fut une expérience unique avec une dimension très spirituelle.
J’ai ressenti de la paix, une connexion avec des ennemies qui me transcendent.
Il y avait comme une sensation d’être au bon endroit, au bon moment, à regarder la nature, la végétation, le ciel et à entendre le calme, une sorte de symphonie douce à peine audible, qui donnait un rythme parfait à mon corps et à mes gestes, il y avait un alignement parfait.
Cette expérience agréable a dépassé mes attentes d’être dans une bulle bienveillante, j’ai senti que la vie m’a souri. Merci, merci, merci pour ceci !!!

Cette veille a été un moment pour moi, pour prendre le temps. Je n’avais pas d’attente particulière, j’avais hâte de tester.
Ce qui m’a touchée, c’est sûrement le temps, ça m’a paru long à un moment, puis quand on m’a ouvert la porte, je me suis dit : "Déjà !", c’est comme si le temps s’était arrêté.
Je crois que ce qui a le plus attiré mon attention, c’est la nature : le paysage, les jardins, les animaux...
J’attendais avec impatience de découvrir les différentes couleurs et nuances du ciel. Je pense qu’au printemps ou en été cette expérience de la nature pourrait être encore plus belle. J’ai aussi, malgré moi, été attentive au temps...

Suite (et fin ?) de mon expérience de veilleur puisque j’ai veillé sur les trois sites du cycle en Île-de-France.
Chaque Veille aura été différente (saisons différentes, horaires différents et bien sûr sites différents) mais toujours avec une continuité, performance individuelle et performance collective de se relayer ainsi.
Ce soir la veille était dans les tonalités de gris, la nuit tombait dans le brouillard. Quelques tâches de couleur : le vert des jardins, le roux des cabanons et les lumières de la ville qui passaient à travers le tamis de la vitrophanie collée sur la vitre. Celle-ci donnait un aspect fantomatique à ce qui se passait dans la ville.
Je me suis réfugiée côté jardin ;)
Et là encore je n’ai pas vu le temps passer.
Que ça fait du bien !

Les oiseaux s’agitent, c’est un jour comme les autres ou tout recommence. Les humains dorment encore, c’est samedi.
Je vois l’objet-abri qui suspend son rectangle de lumière dans l’obscurité du matin. Je vois aussi ma silhouette se refléter, comme improbable. Toute cette géométrie construite par l’Homme, ces lignes, ces rectangles, ces triangles, les répétitions régulières… Et au milieu, libre, la nature qui se laisse aller en courbes, en errances fouillis, sans règle.
La luminosité a fait basculer la vie : c’est désormais la journée, les humains sortent. Et moi je quitte mon poste, tout est en ordre.

Un moment hors du temps, c’est un luxe. Se soustraire de l’action et passer à l’observation et un peu à l’ennui apaise. On prend le temps d’observer les enfants jouer, les gens se balader, les oiseaux voler de branche en branche. Saisir le temps par l’observation du ciel, des couleurs changeantes, des nuages qui défilent est bien plus poétique que sur une montre. Le reflet des lumières, de l’objet abri, de ma silhouette apparaît peu à peu et hop c’est déjà fini..

L’objet-abri. Le reflet de la bande lumineuse découpe un cadre dans la vitre, sur le parc.
Des oiseaux : 2 oies sauvages, des pigeons, des mouettes, un rouge gorge, une pie… . 4/5 coureurs. L’employé de la mairie qui ramasse les déchets. Des arbres, des buissons, des doux, du laurier, de l’herbe, des plantes, des branches sans feuilles. Des immeubles, des fenêtres, des balcons, des terrasses, des cheminées, 5/6 grues (pas les oiseaux), les serres, une passerelle à droite au fond avec son jeu de lumière : bleu, rose, violet, jaune, vert. Des bruits : le chant des oiseaux, des bruits de pas, des klaxons, du silence. La lune, le ciel gris, où s’est levé le soleil ? En arrivant, la fumée de deux cheminées. L’odeur du bois, de l’objet abri. Le calme, des petits mouvements. La première minute, j’ai compté jusqu’à 60 puis j’ai arrêté. Une heure, ça passe vite.

En l’absence du veilleur, frappé par le deuil, j’ai pris sa veille. L’image de la fin de journée se nuance doucement dans l’heure, les lumières partent doucement.
L’objet abri avec ses leds apparaît comme un lieu confortable, une balise.
J’ai beaucoup aimé, même si cette veille était impromptue !

Aujourd’hui, j’ai veillé. Ce n’était pas prévu mais ça m’a fait du bien.
Merci <3

Magnifique ! Quelle chorégraphie !
Le mouvement du soleil, son passage entre les deux immeubles dans toute la puissance de sa lumière, et avant cela, tel un disque, légèrement voilé par les nuages. La lumière qui bouge, les nuages qui deviennent roses, mais aussi les fumées des deux incinérateurs, qui se meuvent et se transforment : j’ai vu un dragon, une cigogne… de fumée rose et grise. La fumée se meut étrangement. J’entends le cri des oiseaux, le bruit des voitures et les cris d’un enfant dans mon dos, je vois circuler les humains entre les jardins partagés, emmitouflés. Le soleil et ces deux cheminées structurent un tableau, on voit très loin à l’horizon, quelle surprise ! Les fantômes des tours de la Défense.
Quel apaisement !

1. La veille, où l’observation, l’attente, font sens pour moi car elles réveillent mon côté contemplatif, malheureusement trop souvent mis de côté.
2. Rien de particulier, ou plutôt tout et rien finalement.
3. L’espace de la boite, la distance et la perspective qu’elle offre. Le sens aussi. Ma veille s’est faite par temps brumeux. Pas de changement de lumière du tout. C’est ainsi. Cela a recentré mon attention sur le rapport à la ville.
4. Je n’imaginais rien de particulier, mais j’imaginais tout de même quelque chose de plus "fort", mais c’est de ma faute !

Le temps était suspendu et a filé si vite. On remarque des détails, "je". Je me rends compte de la richesse de ce monde et de mon monde intérieur. Si reconnaissante pour ce soleil radieux d’hiver. Pendant ce moment, étrangement, il m’était plus accessible d’avoir des pensées positives, de gratitude, d’enchantement, d’espoir. Comme si, justement, la vie nous rappellait que l’espoir est partout, tout le temps, si on décide de le trouver. Un moment qui tombe à pic, un changement de dernière minute qui m’a permis d’avancer mon jour de veille. Je me rappelle m’être dit la semaine dernière que je voulais du temps pour moi sans avoir à compter mon temps. C’était en plein dans le mille et j’en suis très reconnaissante.
Une expérience que je renouvellerai volontiers et pourquoi pas en mode solo, dans ma vie du quotidien. Une belle expérience qui me renoue avec mon for intérieur trop souvent laissé de côté.

Une expérience dont j’étais curieuse de constater ses effets physiques et intellectuels.
29 idées me sont passées par l’esprit en caressant mon cerveau. Le besoin de compter pour passer le temps, j’ai tout observé, nature, ville, bruits, humain, animal,chaleur, froid, couleurs, respiration, souvenirs, le beau, le moins beau, le cadre, les 4 lignes lumineuses et leur reflet. J’ai cherché pour ne pas m’ennuyer. Je me suis posée des questions. Je me suis revue à différents endroits du parc, à différents moments, différentes saisons, différentes raisons. Comme des séquences. Physiquement, je n’ai rien ressenti de particulier, j’ai l’habitude de la solitude, de la contemplation et de l’observation, mon corps a suivi ce que je lui imposais.
Merci.

J’ai apprécié venir pour veiller, cela m’a encouragée à être présente à moi-même.
Le sens particulier que j’attribue à cette veille :
Accepter ce qui m’entoure sans émettre de jugements (concernant l’environnement, le temps, le bruit, la pluie).
J’ai été le plus attentive à ma respiration, à l’énergie subtile sous mes pieds et autour de mes mains, aux oiseaux qui eux aussi vivent leurs vies peu importe le temps.
Également attentive à la verdure en face, ainsi qu’aux bureaux.
J’imaginais être un peu plus en hauteur et dans un abri sans vitre ! J’étais prête à braver le froid mais cela ne change rien.
J’ai fait mon expérience et j’ai apprécié y participer.
GRATITUDE
PS : Mais où est le soleil ?

Je n’imaginais rien...
Mais je crois aux signes de la vie. Mon horoscope 2025 que je lis actuellement dit : "2025 vous invite à un voyage à la découverte de vous-même".
Je ne devais pas veiller mais juste accompagner. La veilleuse n’est pas venu. Alors je rentre dans l’objet-abris à sa place.
Je la connais la ville, le quartier, le parc depuis 52 ans... Alors je regarde pratiquement le ciel qui devient de plus en plus bleu. Ce sera une belle journée. J’ai regardé un CD tourner aux bons vouloirs du vent. Mon jukebox intérieur s’est mis en route. J’ai chanté pendant 1h à voix haute de veilles chansons d’enfance, de mon adolescence et celles que je chanterai bientôt.
Bizarre mais la dernière qui a traversé mon esprit et ma voix c’est celle de Jean-Jacques Goldman "Il suffira d’un signe".
Merci au réveil de la veilleuse de ne pas avoir sonné.
<3

Une fois seul dans ce truc, je me suis dit "dans quoi je me suis embarqué". Me voici seul avec mes pensées pendant une heure. Je n’arrive pas à structurer mes pensées. J’ai pleins de choses qui me passent par la tête. Puis vite je me laisse aller et j’entre dans une phase d’observation. Je m’intéresse à l’architecture des bâtiments côtés Docks. Je remarque des choses auxquelles je n’avais jamais prêté attention. L’heure est passée vite finalement. Je me dis en sortant "il est important de s’arrêter et juste ’observer’".
Merci pour cette expérience.

Ma première pensée, elle est pour le temps qui passe. Durant l’expérience ma perception du temps a été très variable. Sans repères, je n’ai pas pu m’empêcher d’estimer le temps. Le début a été le plus long, puis la fin est arrivée alors que je m’y attendais pas. Comme si je m’étais habitué,en l’espace de quelques dizaines de minutes, à embrasser ce sentiment de ne pas savoir.
Dans l’objet-abri, mon attention et mon observation se posait souvent sur les humains en mouvement. A cette heure là, il y en avait peu : des coureurs bravent le froid, des employés sur le chemin du travail, quelques bus dans lesquels j’imaginais quelques personnes. Tous ces gens mènent une vie si proche de moi, ont une complexité, une histoire, un quotidien, un entourage, et tant cela m’est pourtant parfaitement inconnu.
Dans l’objet abris, je me suis aussi ennuyé. Cela fait longtemps que je ne m’ennuie plus au quotidien. J’ai toujours un téléphone à dégainer pour combler les moments creux du quotidien. En m’ennuyant à nouveau, je me suis rendu compte de ce que mon cerveau pouvait faire de plus beau : divaguer, imaginer, être créatif, fantasmer, résoudre des problèmes. Je pense que l’on devrait tous s’ennuyer un peu plus au quotidien, et particulièrement nos enfants. C’est aussi, je pense, un très bon moyen d’apprécier de se retrouver avec soi-même.

Merci pour ce moment hors du temps !
Une fois passées les premières minutes où tout se bouscule dans la tête au rythme du mauvais temps dehors, tout s’apaise et laisse la place au calme intérieur. Je regarde devant moi, les moulins à vent qui tournent dans le jardin, les quelques promeneurs qui bravent la pluie et le vent, les lumières qui s’allument petit à petit dans les immeubles en face. Mais je prends conscience que je peux et je veux regarder devant rien à présent. Merci infiniment à mon fils, Samuel, qui m’a offert ce moment. Lui qui sait me pousser à sortir de ma zone de confort et me faire prendre conscience que je peux le faire !
Merci !

Le Parisien parle de nous !
Dimanche 19 janvier, Aniko veille Saint-Ouen et au-delà à 8h34 pour le lever du soleil. Elle nous livre ses impressions dans un article du Parisien rédigé par la journaliste Claire Guédon.
Retrouvez l’article ici : Le Parisien

Une aventure intérieure plus qu’extérieure.

Du gris, du vert, mais surtout du gris ! Une tour de la Défense se profile au loin, entre deux immeubles. Un jeune basketteur, s’essaye aux tirs, quelques silhouettes, quelques oiseaux. Le bruit, presque assourdissant, des voitures dans mon dos. Le bruit a-t-il une couleur ?
Peut-être...La pluie arrive, son doux bruit couvre celui des voitures, la tour de la Défense a disparu dans un nuage, comme si elle n’avait jamais existé. Le jeune basketteur continue de s’entrainer...

En équilibre,
Veille sur une jambe, comme un guerrier dans la savane d’Afrique ;
Veille sur l’autre jambe pour change de continent, traverser l’espace ;
Veille sur les talons, pour prendre du recul ;
Veille sur les pointes de pied pour aller de l’avant vers un avenir meilleur.

Un moment de calme, ou on observe la vie qui suit son cours dehors sans y prendre vraiment part.
C’est surtout une observation de nous-même que du monde extérieur.

Se lever plus tôt que d’habitude pour venir ici !
Faire ce chemin habituel avec cette intention particulière...
Avoir rendez-vous avec notre accompagnatrice puis être accueillie par l’odeur du bois.
Et puis rester là !
Voir passer les nuages... et le temps.
En perdre la notion, avant de reprendre son fil.

L’expérience inédite offerte par une amie.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais j’étais intriguée par ce qui allait bien pouvoir se passer.
Au début, je n’ai pas trop su où me placer, comment me positionner, et puis tout à coup la vue m’a figé.
Un rayon de soleil immense a traversé les nuages, laissant apparaitre la lumière, les ombres et les couleurs.
Et le temps s’est arrêté, mon corps et mes pensées aussi.
Un moment rien qu’à moi, face à la beauté du monde actuel.
Peut-être que ce genre de bulle devrait exister pourtant, pour s’arrêter un moment de courir et prendre le temps de ne rien faire.
Merci pour ce moment hors du temps.

Voir le jour se lever sur une nouvelle année !
Le rendez-vous était pris avec moi-même depuis longtemps ;)
Mais, être là, vraiment avec la réalité de cette journée, c’est tout autre chose.
Je pensais être tout en haut , j’étais en bas.
Je pensais voir un beau soleil, j’ai eu un peu froid.
Que d’attentes !!
Revenir à ce qui est vraiment ici et maintenant. Si l’on ne trouve pas forcément une accroche à l’exterieur, revenir à l’interieur.
Puis lâcher ce qui tourne à l’interieur pour se ré ouvrir à l’extérieur tout simplement.
Une très belle leçon. Merci pour ça !
Et tant de gratitude, pour tout ce que j’ai en ce monde, pour le monde tel qu’il est, pour le projet et toutes les personnes qui le font vivre, jour après jour.
Merci et très bonne et heureuse continuation au Cycle des Veilleurs, si nécessaire !

Un temps et un espace suspendus.
Veiller... c’est prendre soin de ... d’autrui, du vivant.
C’est observer ce qui bouge, ce qui est statique.
C’est comprendre. Etre spectateur de la vie réelle, c’est rare. On est acteur, ou spectateur d’une création : mais rarement de la vie qui nous entoure.
C’est aussi apprendre, et prendre conscience de la vie humaine, animale (bien que trop restrainte) et végétale. Du béton.
Un moment a priori long mais en fait très court.
On se questionne : Pourquoi suis-je là ? Pourquoi le monde sous mes yeux est ce qu’il est ? Doit-il changer ? Pourquoi changerait-il ?
Veiller c’est un début de solidarité.
Et c’est beau la solidarité.
Merci pour ce moment <3

C’est étonnant... Après quelques minutes où on pense avoir tout vu, on se met à regarder, à détailler. Ce n’est plus un jardin, mais une multitude d’objets étonnants parmi des végétaux qui deviennent remarquables, comme cet arbre aux doigts crochus.
J’ai aimé ce moment, ce contraste entre le bruit de la rue Dhalenne et le calme de ce que j’avais devant moi. J’ai aimé voir le reflet du soleil sur les vitres et tours au loin.
Pas vraiment une pause en fait, mais un moment pour tout redécouvrir.

C’est une heure la plus longue de ma vie jusqu’à maintenant...
C’est aussi le Nouvel An chinois aujourd’hui.
Il fait gris et il pleut. À un moment donné, je croyais que le temps n’avançait plus, comme le changement de lumière est peu visible...
Non claustrophobe, l’angoisse m’a quand même surmonté au début, j’avais de la pitié pour tous ceux qui sont emprisonnés quelque part dans le monde.
Après avoir observé le jardin partagé et les buildings, je m’ennuie tellement et commence à lire les indices sur les extincteurs.
Méditation, exercices traditionnels, j’ai tout fait pour "tuer" le temps qui semblait extra long...
L’arrivée du bénévole est une libération, une belle surprise.
C’est une expérience enrichissante et qui m’a fait beaucoup réfléchir.

J’observais sans observer, ou plutôt
J’observais mais je n’observais pas...

Il m’est venu tout de suite cette parole : "Prends soin de toi !"
Est ce que pour la graver à tout jamais dans ma mémoire ?
Est-ce une façon de se dire au revoir ?
Ou est-ce parce que j’ai toujours un peu cette envie d’y croire ?
Coeur - Esprit
Passion - Raison
Pourquoi tout cela persévère à ne pas s’aligner ?
Pourquoi faut-il souffrir au lieu d’embrasser ?
Je sais qu’au fond de moi il restera toujours un bout de toi.
Seul l’avenir sait ce qui in fine adviendra.
Quoi qu’il en soit, prends soin de toi.

Une très belle expérience, propice à la réflexion et au regard porté sur notre monde.
Je retiendrai l’image de cet îlot de nature encerclé par l’urbanisation, tentant de résister à l’emprise de la main de l’Homme... en vain ?
Continuons le combat pour sauver notre terre... qui est si belle.

Deux salles, deux ambiances entre le bruit de la ville derrière soi et le calme des jardins (et de la ville aussi bizarrement) devant soi. Je ne saurais dire si je suis de bonne ou de mauvaise compagnie, en tout cas je n’ai pas vu l’heure passer. On perd complètement la notion du temps…

Dans mon imaginaire, veiller c’est rester éveillé, être à l’affut d’une chose, d’un fait ou bien d’un évènement qui doit advenir, ou ne pas advenir. Le regard est donc porté vers l’extérieur. Avec cette expérience, paradoxalement, plus mon attention cherchait à observer, plus mon attention se tournait sur moi-même. Les conditions ont joué, avec le froid, de la condensation, peu de visibilité au loin. Néanmoins, c’est sûrement ce que l’on peut retenir en étant veilleur, de pouvoir se donner le temps d’observer le quotidien, et par effet de se donner de l’attention, de veiller sur ses pensées. Un peu comme l’ennui stimule l’imagination, veiller m’a amené à me poser, à réfléchir, à interpréter mon flux de pensées qui se mélangeait avec mon regard sur le paysage.
Un super projet, merci !

Éblouie. J’étais éblouie par ce magnifique coucher de soleil.
Au début, j’ai eu le temps où j’ai dû m’adapter dans cette cabane.
Il faisait chaud, "effet de serre" dû au beau temps de la journée. C’est en enlevant mon manteau, en ancrant mes pieds sur le sol en bois, en respirant lentement et régulièrement que j’ai enfin pu apprécier. J’étais partagé entre réalité et imagination. Je voyais au loin des joggeurs, des enfants jouer, des familles se promener, que font-ils, vers où vont-ils ? Qui sont-ils ?
Je ne peux au début regarder droit devant moi car le soleil trône dans le ciel et m’éblouit les yeux. Petit à petit, je vois que le paysage s’obscurcit légèrement et m’aperçois que le soleil commence à se cacher derrière l’immeuble. Je mets mes mains au niveau de mon visage, laisse un tout petit creux et observe en admirant la beauté d’un coucher de soleil, j’ai quelques éclats, quelques rayons qui m’illuminent mais je résiste pour voir ce magnifique spectacle jusqu’à la fin. Je rabaisse mes mains et me rends compte que le paysage a bien changé et que tout est plus sombre. Peu après, j’aperçois la lune pointer son nez.
Quel magnifique spectacle ! Quelle vue !
La beauté de la création, le cycle de la vie et nous, tout petits.

Précieux temps accordé à soi-même par ce magnifique temps ensoleillé que nous avons aujourd’hui. Cette coupure, parenthèse, bulle m’a permis de trouver des réponses à mes questions. Des questions que je me posais déjà sans jamais prendre le temps de vraiment y trouver des réponses. Le temps passe à une allure folle et le rythme du quotidien souvent intense, trop intense pour se poser. Merci pour cette expérience, merci pour ce précieux temps. J’ai aimé me retrouver ici, à faire et découvrir cette enrichissante expérience et je pense que tout le monde devrait le faire pour soi, que ça soit dans cette cabane ou ailleurs, mais se déconnecter complètement pour mieux repartir ensuite. Merci à mon accompagnatrice, Elise, d’avoir été présente tout du long, plus agréable. Je ne retiendrai que du positif. Merci encore !

J’ai été fascinée par le ballet des oiseaux dans le ciel et captivée par les couleurs incroyables laissées par le soleil. J’ai eu la chance de commencer l’expérience avec un superbe soleil bien franc dans le ciel. Puis, petit à petit, j’ai pu l’observer descendre en colorant le ciel à travers les immeubles. Il s’est caché puis est réapparu à ma grande surprise. J’ai été impressionné par la vitesse à laquelle il a disparu. Et c’est à ce moment que j’ai découvert la lune en croissant qui prenait le relai. Ce moment suspendu était très intéressant car il m’a permis de faire abstraction de la notion de temps. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était, ni depuis combien de temps j’étais dans l’objet. C’était déstabilisant et à la fois c’était une sensation nouvelle. Je me suis rendu compte qu’il y a peu de moments dans la vie où nous n’avons pas d’idée du temps qui passe. Cette sensation est rare et pourtant elle permet l’introspection profonde. Elle laisse se dégager un regard nouveau sur les choses. Une vision plus détaillée, plus précise. Cela permet d’observer les choses avec beaucoup d’attention. Plus le soleil baissait, plus de nouvelles choses m’apparaissaient. Je changeais également d’angles de vue régulièrement et ça changeait toute la dynamique. J’ai apprécié cette expérience hors du commun et hors du temps qui m’a permis de me rendre compte qu’il serait bénéfique de temps à autre de se couper complètement du temps.

Ce fut une belle expérience de concentration sur la ville de Saint-Ouen par une belle matinée d’hiver où le ciel était très clair et la lumière très nette. Avec le froid de la nuit, la partie vitrée était légèrement recouverte de givre, ce qui mettait un voile légèrement opaque sur le parc des Docks. Les oiseaux m’ont accompagné par leurs chants et leurs vols dans ce voyage méditatif et contemplatif sur un parc urbain entouré d’immeubles modernes qui se sont progressivement éclairés au fur et à mesure sous le soleil pointant le bout de son nez.
Quelques promeneurs et quelques joggers ont également fait leur apparition dans ce paysage, attirant mon attention dans cette matinée hivernale, avec au loin les fumées roses puis blanches des cheminées SYCTOM et de la CPCV sur le ciel bleu azur.
Merci pour ce beau moment de paix.

Quel contraste ! D’un côté la civilisation qui s’active : le paysage des voitures à forte allure - parallèlement les joggers de toutes les couleurs, surtout fluo, beaucoup de couleurs et la pollution INCOLORE.
Côté sud, j’admire les jardins partagés, je me suis fait un copain : un épouvantail-marionnette. Il est beau, bien coloré lui aussi. Il fait son animation dans ce lieu calme et tranquille.
Je me demande : j’espère que mes petits-enfants connaîtront ces lieux de partage écologique ?
C’est insolite de se retrouver au milieu de ce grand contraste.
Je me suis sentie très à mon aise dans l’abri-objet.

Un vol d’oies m’accueille pour cette nouvelle veille et ce début de journée... Petit à petit, le gris devient moins gris et le bleu tente de percer, mais.. les cheminées gardent le gris et le brouillard dans le ciel de Saint-Ouen. Devant, le paysage est apaisant, la nature est là, derrière le brouhaha de la ville et des voitures. Mais les oiseaux eux, ne sont pas perturbés, leur vie continue, et ils m’inspirent en ce beau matin d’hiver. Chaque espèce a son heure, et un couple m’es inconnu, je ferai ma recherche après !
Merci pour cette parenthèse silencieuse.

Ça y est, j’ai veillé dans l’abri qui fait 20 pieds sur 5 (ce sont mes pieds, je fais du 36...). C’était chouette malgré le froid. La lumière est belle, gris bleu en ce jour d’hiver, et une teinte rosée m’accompagne en fin de veille. J’observe intensément, les bâtiments, les gens, les animaux, les plantes. Trois jeunes basketteurs n’ont pas cessé de jouer. Je les vois courir et sauter, je n’entends pas leurs pas mais je devine le "cling" du ballon sur le panier. Une jeune joyeuse tourne dans le parc. Elle ne m’a pas vue tout de suite dans l’abri. Un homme en anorak longe les jardins ouvriers et me fait face à un moment, mais il n’a pas osé me faire signe...
Au loin, je remarque plein sud, entre deux bâtiments des Docks, un très grand immeuble. Je cherche ce que c’est : le Défense ? Non, c’est trop loin. Le Palais de Justice, ah oui peut-être.
Et ce bâtiment à l’ouest, façon "boule à facettes". Des lumières sur sa façade changent en continu de teinte. J’entends le bruit assourdi, incessant des véhicules sur l’avenue. Et je pense à la folie des humains. Et je pense à la folie des humains. Un ragondin a longuement brouté de l’herbe puis est reparti. La meule de foin fauché, en plein milieu du champ à l’ouest, me rappelle un tabou connu. Une petite mésange, curieuse, a volé au dessus des buissons en faisant plusieurs allers-retours. J’ai perçu son "titi - titi - titi". De l’autre côté, des familles entrent et sortent du conservatoire. Et je me dis : "Prenez le temps d’admirer le parc, sa vie, le ciel".
Merci pour cette veille, moment de curiosité et de bien-être.

En entrant dans l’abri, je suis frappée par la vue. Je découvre le jardin que je n’avais jamais vu, comme l’impression qu’il n’y a rien entre nous et l’air, et le jardin. Dans mon dos, la ville, le bruit, les hommes, la circulation bruyante et pourtant embouteillée. L’activité humaine. Face à moi, le calme. La terre. Le vert. La brume. On dirait qu’il ne se passe rien. Pourtant ça doit regorger d’activité invisible. Je suis frappée par le contraste. D’un côté, tout le monde se déplace pour aller travailler, loin de chez soi. De l’autre, c’est la terre qui attache celle ou celui qui la travaille. Être lié à la terre, à un espace précis, avec lequel on entretient un dialogue, on fait alliance. Dans les voitures, iels sont détaché·es de tout. Coupé·e·s du monde dans leur habitude.
Le rectangle de jardin est cerné de brume, de béton, d’immeubles. Pas d’horizon ou presque. Je me demande si la vue sur le jardin est un argument commercial pour construire / louer / vendre ces immeubles...
Quelques habitant·es : pies, merles, pigeons, mouettes, étourneaux, et ces petits oiseaux dont je suis frustrée de ne pas connaître le nom, choux, salades, blettes, arbres (qui sont-iels ?), quelques rares humain·es, calmes, ralenti·e·s, promeneur·ses, veilleur·ses.
Et si le béton s’écroulait, combien de temps faudrait-il aux saxifrages pour s’infiltrer dans les fissures ?

Je m’installe dans l’abri, Pascal ferme la porte, je m’approche de la vitre. Mon regard est frappé par l’extérieur, la nature endormie de l’hiver, le ciel couvert mais lumineux. Camaïeu de gris et de vert. Vue dégagée malgré les immeubles. Ils sont l’horizon mais mon regard se faufile au-delà, et même au-dessus d’eux. La vue est silencieuse et immobile. Je sens l’abri autour de moi, comme un cocon. À l’extérieur, et derrière moi, j’entends en fond le bruit des voitures, comme les vagues de l’océan ; les passants qui parlent, les enfants qui jouent, les oiseaux qui chantent.
Je ne prête pas attention à leurs paroles, en revanche cet univers sonore m’enveloppe d’une douceur infime. Mes oreilles et mon dos sont en éveil, c’est par eux que la vie extérieure entre en moi, contraste avec mes yeux qui sont fixés sur l’extérieur immobile.
J’ai l’impression de percevoir à 360 degrés, d’avoir des yeux dans le dos. C’est très agréable, je me sens légère. Un ou deux promeneurs s’égare(nt) dans le jardin devant moi. Leur mouvement est dense et silencieux. J’aperçois des oiseaux voler, mais je ne ressens pas la légèreté de leur vol. Je préfère écouter les oiseaux qui se parlent autour de l’abri. Leur chant me fait voyager. Ce sera la connexion avec la nature pendant toute cette veille. Le chant des oiseaux et leurs conversations et au soir ils avaient beaucoup de choses à dire. Et puis ce cadeau, la petite éolienne colorée posée dans le jardin devant soi n’avait pas envie de bouger, et d’un coup ça y est, je la vois tourner. Légère, j’ai brisé l’immobilité silencieuse du paysage.
Cadeau ?
Merci pour cette proposition, pour ce moment, ces observations. Je repars légère, avec mon éolienne et le chant des oiseaux.

De la lumière du jour vers la fin du jour.
Le silence, presque silence, les bruits de la ville, ponctués par les bruits des chants des oiseaux. Je choisis de regarder le paysage, de regarder les masses de plantes définies par des couleurs d’hiver, des roux, des bruns, quelques couches de vert. Les barrières des jardins, les abris des jardiniers. Des haies censées accueillir la biodiversité, je ne vois qu’une forme qui passe très rapidement et que je n’ai pas le temps d’identifier, un oiseau ? Un rongeur ?
Respiration, apaisement, le froid est une sensation pas si désagréable que cela, je retire même mon manteau pour sentir cette fraicheur. Je respire lentement et j’essaye de me concentrer sur cette respiration, je balance mon corps d’un pied à l’autre, entre ses pieds ancrés, son dos et sa nuque et sa tête qui s’élance, se ressentir dans le laps de temps, s’apaiser, ne pas être pressé d’écourter ce temps imparfait, mais tâcher d’en savourer les secondes et les minutes. Ne pas chercher à mesurer le temps. Pourtant, lorsque je serai "délivré", je l’aurai bien estimé.
L’odeur de la cabane m’enveloppe. J’aurais aimé sentir l’odeur des plantes, de la terre, du jardin, pourtant ce sera l’odeur du bois qui m’enveloppera, et mon propre parfum.
Doucement la lumière décroît, lentement. Cette lenteur si précieuse s’égare, ce temps immobile est rare, si précieux.

8h11. Premiers cris d’oiseaux. Ciel gris laiteux. Une nouvelle perspective sur la vi(ll)e. La fin du calme et le début de l’agitation.
Regarder chaque détail pour essayer de les contenir dans sa mémoire. Les pas des passants au loin qui foulent le sol du Grand Parc. Les poussettes. Les éventails colorés qui bougent dans les jardins partagés. On s’éveille ensemble. La notion de temps disparait peu à peu avec pourtant la sensation de ne jamais avoir autant été ancrée dans le présent.
9h11. Les oiseaux s’envolent. Fumée blanche au loin. Tout est passé en un instant. Dans une semaine ma fille aura 3 ans.
Merci pour cette prise de recul et cette merveilleuse perspective.

Au tout départ, les yeux se fixent sur les objets de la serre qui bougent : les disques dans les arbres qui virevoltent, le moulin à vent qui tourne puis plus puis qui repart dans l’autre sens. Puis le regard se dézoome puisqu’il se pose sur les immeubles aux alentours qui ressemblent à des monstres aux mille yeux, comme une bataille de regards. Et puis, on fait attention à l’agitation de la ville autour, dont on ne fait plus partie : les bus qui passent entre les arbres, les jaugeurs, et les bruits ; les bruits d’enfants, de la circulation. Et c’est à ce moment-là qu’on réalise qu’on est "dehors" même si on est à l’intérieur de l’objet-abri. La découverte du début s’estompe jusqu’à ce qu’on s’imagine des choses : les formes des nuages des colonnes prennent vie puis disparaissent à mesure que le ciel s’assombrit.
Merci pour ce moment rare d’ennui !

Ciel gris, triste mais contente d’être là. J’ai aimé ce moment de pause, hors du temps, de l’habitude. Seule mais reliée aussi aux autres, aux autres veilleurs. Immobile mais pas vraiment, pas toujours. À l’écoute de soi, les pensées qui vont et viennent. Et le regard qui englobe le tout puis s’affine sur les détails, l’horizon ; j’ai vu les tours de La Défense, jamais vu avant, comme une découverte. Merci pour ce beau moment. Je me surprends depuis mon inscription à penser certains soirs ou matins à celui ou celle qui veille ou va veiller.
Amitiés à tous.

Quel plaisir de pouvoir simplement être, observer, écouter, sentir, sans objectif de productivité. Être connectée au moment présent, observer les oiseaux voler dans le ciel ou gratter la terre, entre les paroles des passant·es qui se demandent ce qu’est cet étrange objet-abri. Sentir l’odeur du bois apaisante.
Voir la vie des joggers et sportifs ou simples promeneurs dans le jardin partagé ou l’aire de sport et les bâtiments qui semblent vides. Puis, avec la lumière déclinant, vois s’éveiller au gré des minutes ces tours qui prennent vie.
Merci d’avoir rendu possible ce temps de pause et de veille sur la ville.

Encore une superbe expérience !

Merci à Liesbeth qui m’a aiguillé vers cette belle expérience, d’être veilleuse sur ma ville de Saint-Ouen-sur-Seine. Merci à Zoé et Anne d’être là pour m’accueillir et m’accompagner dans cette expérience inoubliable. Pendant une heure de veille, je me suis posée. (moi qui bougeais beaucoup, beaucoup.) J’ai prié pour ma ville de Saint-Ouen, pour ses habitants. Qu’ils vivent bien l’entraide, la compréhension et la paix ! J’ai pensé aussi à ma famille, au Cambodge, un petit pays au loin. Je vous aime, ma belle ville Saint-Ouen-sur-Seine.

J’ai pris mon temps, penser, observer, voir la ville se réveiller.
J’ai perdu la notion du temps, j’ai adoré.

J’ai vu beaucoup de choses, 4 bonnets blancs, 218 fenêtres, deux joggeurs, mon amoureux en balade, une photographe, 7 enfants, plusieurs lumières. La seule chose que je n’ai pas vue c’est le temps.

Une heure qui a filé comme une minute ! Pleine de gratitude d’avoir vécu cette expérience. La vie, dans sa forme la plus pure et simple, a tellement à nous montrer. J’étais même très émue à la fin, presque déjà nostalgique de laisser ce paysage. Vive la simplicité, vive le temps long et vrai, vive la vie !

Ce soir, cette veille a été pour moi plus un exercice d’ouverture de soi que d’introspection. Le recueil et le silence me sont finalement plus familiers, plutôt même naturels, que l’exploration d’une nouvelle aventure. Le concept de cette communauté, cet échange, même lointain, donne une toute nouvelle définition à la solitude et au calme dont j’ai pu faire l’expérience cette heure passée.

Le jour se lève, et depuis cet objet abri, j’ai la chance de veiller. Je ne suis pas seule. Le guetteur de Saint-Ouen est là, face à moi, son regard perché et immobile, deux yeux rouges qui finalement m’enveloppent d’une certaine douceur. Le ciel est nuageux et dépose un filtre blanc sur le paysage. Petit à petit, les couleurs apparaissent. Tous mes sens sont en éveil pour vivre ce réveil extraordinaire. Le calme rencontre l’agitation. Je m’amuse à voir apparaître des formes dans les fumées d’usine. Le temps est suspendu. C’est long, c’est lent. J’entends déjà des pas. Je crois qu’on vient me chercher. En fait, c’est passé très vite. J’ai aimé ce temps de veille. La sensation de faire partie d’un tout et de profiter d’une pause, à l’abri, pour s’ouvrir, se reconnecter à une grande richesse, dans la simplicité.
Merci pour cette expérience hors du temps.
Je passe le relai.

La nuit commence a tomber, après il fera nuit. Je suis seul dans cette baraque, mais dehors il y a de l’animation. Les gens passent dans tous les sens.
Des enfants jouent. Un moment une femme est venue juste devant la baraque et me regardait, juste après elle a souri. Est-ce qu’elle m’a vu, je n’en sais rien.
Enfin, on dirait qu’on est suspendu entre ciel et terre. Je me suis dit comme c’est dur d’être seul.
Enfin, merci pour cette veillée, un peu hors du temps.
A bientôt pour d’autres expériences.

Ce matin, j’ai vu la lune s’estomper, puis disparaître. La lune n’existe plus tant que je ne la vois pas. Le ciel est immense, face à moi.
Est-il bleu ? Est-il gris ? Est-il rose ?
Dans le jardin, en bas, un vieux monsieur ramasse des ballons en forme de lettres que je devine avoir formé "HAPPY BIRTHDAY". J’essuie la buée sur la vitre. D’abord juste au niveau de mon regard. Puis avec le dos de mon gant, je fais un cercle plus grand. Le ciel s’éclaircit. Derrière moi, j’entends les gravillons qui crissent sous les roues d’une poussette et le flot incessant du trafic. J’essuie la buée, encore. Je ne sais pas si c’est pire d’y toucher ou s’il vaut mieux la laisser et elle va disparaitre toute seule, comme la lune. Je perçois le vent parce qu’il joue doucement avec des morceaux de plastique coincés dans un arbre. Un figuier, peut-être. Mais je ne suis pas sûre, il n’y a pas de feuilles. Le soleil commence à accrocher le haut des immeubles en face. Il les enveloppe d’une couverture dorée. On dirait presque une lumière de soir d’été. En bas de la cabane, une dame seule passe entre les carrés de potager. Puis deux personnes qui courent ensemble. Je ne sais plus comment passe le temps. J’essuie de nouveau la buée. Je n’ai pas envie de m’asseoir, ni de m’appuyer. Je regarde une pie et un vol de pigeons. Quand on dit un vol, on parle du groupe ou de l’action ? Je pense à des choses triviales. Tiens, il faudrait que je nettoie mes chaussures. Ça serait bien que j’appelle Léo ou Sarah. Le soleil dépasse enfin le haut de l’immeuble de gauche et atteint la pelouse. C’est un ciel sans nuage. Je n’arrive toujours pas à dire s’il est bleu ou rose. Il est doux. J’entends les petits pas sur les planches de la personne qui vient me chercher. Ça fait une heure, vraiment ? Elle toque. Le bruit de la ville s’engouffre dans la cabane quand elle ouvre la porte. J’ai de la chance, le jour s’est bien levé et c’est une très belle journée qui commence.

Une heure de pause dans la ville, 1 heure en suspens dans la vie. Veille ensoleillée sur un parc animé.
Le printemps s’annonce timidement mais sûrement.
Des allers et venues détendus.
Des aplats de couleurs, des lignes, des formes qui se dessinent sous un regard impressionniste.
Un magnifique ciel dégagé traversé par un vol d’oiseaux qui invite à la liberté !

Une expérience ou l’on se retrouve avec soi même et la nature. Quelle chance d’avoir assisté au magnifique coucher du soleil avec un temps sublime. Un temps, un instant que pour soi pour justement se retrouver avec soi.
Merci pour cette expérience.

Que dire de cette magnifique expérience !
Un temps suspendu ! Où l’on se reconnecte avec son moi intérieur.
Un moment qui nous rappelle combien il est important de s’écouter, d’écouter son âme, à cette époque où 90% de la population mondiale est attachée (addicte) au portable, où le temps défile sous nos yeux à force de ne plus lâcher nos écrans, cette expérience est juste un besoin pendant un temps où l’on redevient soi !
Merci xxx

Très heureuse d’avoir pu participer à ce moment de contemplation unique !
Une heure qui passe à la fois lentement mais où on ne s’ennuie à aucun moment : le soleil était très présent et presque aveuglant, ce qui ne me permettait pas de voir ce qui se passait dans le parc. J’ai alors contemplé les oiseaux qui profitaient des derniers rayons du soleil de la journée dans des ballets hypnotiques.
Finalement, lorsque la lumière s’est faite plus douce, j’ai découvert les jardins potagers à mes pieds, presque endormis, mais déjà prêts à éclore.
Une magnifique expérience d’ancrage ici et maintenant, je sors de ce moment suspendu apaisée et heureuse.

J’ai apprécié ce moment d’isolement, les premières minutes m’ont paru longues car j’ai eu l’impression d’avoir été enfermé puis peu à peu j’ai observé le paysage alentour, la végétation et la faune. Puis j’ai été dans une introspection et me suis laissée aller à mes pensées.
Je remercie le Cycle des Veilleurs pour cette belle expérience.

J’ai décidé d’entrer dans l’œuvre de Joanne Leighton, à la date de mon choix.
Je suis cachée et vue à la fois.
Je vois et j’observe.
Un instant d’une heure de méditation dans l’œuvre close posée dans le parc de Saint-Ouen.
J’ai capté les rayons du soleil, un instant de chaleur et de bien-être, seule face à moi-même. J’observe ma respiration et le soleil qui se couche.
Du bruit tout autour et un calme absolu à l’intérieur de ce couloir.
Des passants anonymes passent sans se retourner comme si nous faisions partie du paysage.
Cette date est la date d’anniversaire de mon papa. C’était 1 heure pour nous deux, tu me manques.
Merci pour cet agréable recueillement.
Au plaisir de vous rencontrer.
Belle continuation.

Je suis venu aux Veilleurs sur les conseils d’un ami ayant participé à l’édition précédente, enchanté de l’expérience. J’ai d’abord découvert l’objet, sa forme, son orientation et son intégration dans l’espace. Avant de prendre part à l’expérience, je me réchauffe un peu au sous-sol du Conservatoire dans une belle salle voûtée. Puis le moment de la veille arrive et je me rends vers ce qui sera mon cocon pendant une heure.
7h53 c’est parti !
Les premières minutes permettent de sentir le lieu, de découvrir l’espace dans lequel les soixante minutes suivantes permettent de vivre ce moment de l’intérieur. Il fait jour et j’ai la chance d’avoir une météo clémente, un ciel dégagé et une température proche de zéro. J’ai la chance d’avoir la lune comme compagnon d’aventure, pile en face de moi. J’écoute et je regarde, la nature, du moins ce qu’il en reste, s’active devant moi. J’entends des canards et des mouettes qui passent dans le ciel...avant d’être peu à peu remplacés par les avions. L’objet devient alors une fenêtre sur notre anthropocentrisme : un bout de Nature qui existe par la main de l’homme où subsiste une faune éparse. Tout est coincé par le béton, les cheminées industrielles et le bruit du trafic aérien. La Défense en toile de fond comme pour mieux rappeler que l’argent dicte sa loi au Monde et à la Nature. Pendant ce temps, la Lune disparaît petit à petit pour me laisser seul dans mon aventure. L’heure est passée vite malgré le froid. Et j’ai aimé pouvoir me déconnecter pendant un moment dans un espace en suspens. Merci

J’ai été surprise de ma perception du temps. Il m’a paru s’étirer lentement au début et s’accélérer à la fin. Quand Pascal a toqué je pensais qu’il me restait encore une bonne dizaine de minutes. Je n’ai pas eu l’impression de rentrer en méditation ou quelque chose qui s’y apparente et me suis même un peu ennuyée pour être honnête. Néanmoins, je suis contente de l’expérience et d’avoir pris part à ce beau projet.
Merci pour cette petite parenthèse.
PS : Il faisait beau et froid, un temps d’hiver parfait.

Au milieu d’une semaine bien chargée, cette pause matinale dans une petite bulle en bois m’a été indispensable. J’avais l’impression d’être suspendue dans le temps et dans l’espace tout en étant entourée par la verdure du parc, les oiseaux et d’autres audonien.nes motivé.es.
Merci à WLDN pour cette expérience unique et inoubliable !

Rectiligne. Vertical, horizontal... 1er plan, 2ème plan, 3ème plan.
Ho ! Étonnant... Entre deux bâtiments, dans la brume, dans le voile lointain se cachent ces tours. Une d’elles était plus grande que les autres, était-ce une tour ? Une grue ? Une antenne ? Quoiqu’il en soit, ce lieu visible à travers une fenêtre industrielle évoque un imaginaire futuriste. Ces différentes échelles, perspectives et profondeurs, c’était hypnotisant. Le soleil tombe, des couleurs changent. Sur un des bâtiments, les derniers rayons enflamment les fenêtres. Quel beau spectacle... Cette cheminée et son bâtiment juste devant se retrouvent sublimés par une aura divine. Leurs contours s’illuminent d’une couleur dorée. Je suis observé par cette nouvelle fenêtre, évolue avec le temps. Rapide et éphémère, ces derniers instants colorés accompagnent la veillée jusqu’à la tombée de la nuit. Les lucioles de la nuit se sont éclairées, je m’en suis allé...

C’est la première fois que je regarde le jour se lever sur ma ville. Quand je rentre dans l’abri, l’odeur du bois me rappelle celle d’un sauna. Ce matin n’est pas flamboyant, n’imaginez pas "impression soleil levant" c’est un ciel gris-blanc, animé seulement par la fumée qui sort de cet énorme conduit de cheminée. Certains oiseaux volent très haut, je reconnais le chant d’une pie et d’un corbeau, qui se mêlent aux sirènes des pompiers, leur lumière bleue se reflète dans les vitres de la Serre du Grand Parc. J’ai le temps de compter le nombre d’étages des immeubles en face. Un merle vient se poser face à moi, j’ai l’impression que lui aussi m’observe, avec son bec orange.
Finalement, la couleur n’est pas dans le ciel ce matin. Il y a aussi les tenues fluo des joggeurs, la veste orange des jardiniers du parc, un moulin multicolore qui décore un potager. Cela me rappelle ceux que l’on trouve en bord de mer. Je mets du temps à remarquer des traces de mains sur la vitre, je vois distinctement les empreintes. Est-ce un hasard, ou bien cette personne a-t-elle volontairement laissé une marque pour me donner un détail de plus à voir ?

Une cabane à soi !
Quelle chance de pouvoir y être.
J’ai découvert cette installation au cours d’une insomnie. Dans une recherche Marabout bout de ficelle. Ces recherches qui nous débordent et qui nous amènent vers les hasards heureux. J’ai reçu un message à 10h43. Une place vient de se libérer. J’ai écouté chaque seconde passée dans cette petite boîte. La ville était tout d’abord très bruyante, bruissante, ruisselante. Et puis une petite mésange bavarde a pris le temps de chanter. D’abord doucement puis de plus en plus fort. Les klaxons ont disparu et la nature a repris le dessus. Elle a été accompagnée dans sa lutte pour exister par les gouttes d’eau, les branches de l’arbre qui lui a offert un espace de jeux et quelques merles scintillants. La nuit est apparue timidement, couvrant les bruits de la ville comme le ferait un manteau de neige. Les nuages se sont dispersés lentement dans une danse symétrique. Et puis les lumières se sont allumées une à une pour conjurer le sort. Entre chien et loup, voir une cabane à soi offre le plaisir de l’ennui !

C’est ma fille qui m’a inscrite à cette performance qu’elle a découverte elle aussi. De suite, j’ai adhéré au concept d’être enfermée une heure dans un lieu sans téléphone, sans heure, seule. Je me suis demandé si j’allais m’ennuyer n’ayant plus l’habitude de rester sans consulter mon téléphone ou sans regarder l’heure. Cette heure est passée bien vite et j’étais étonnée que la personne vienne déjà me chercher. J’ai écouté les oiseaux, observé les coureur·ses, regardé les jardins. Le bruit des voitures m’a un peu dérangé, j’aurais préféré un lieu un peu plus isolé. J’étais apaisé, j’ai laissé mes pensées un peu divaguer.
Merci pour cette performance et je voudrais bien rencontrer les autres veilleurs·ses pour confronter nos impressions.

Sur le chemin, je me questionnais sur la mission de cette expérience de Veilleur sur la ville. Allais-je être observatrice, guetteuse ? Fabuleuse ? Sur ce parc ? Je fus surprise de constater que mon devoir serait peut-être d’être bien Veilleuse, car des jeunes gens craignaient que leur espace soit envahi et la présence de cet abri devait les déranger. Bref, Sophie m’a bien accompagnée dans ce dispositif en bois dont l’atmosphère est plutôt rassurante, et bien odorante.
J’étais finalement impatiente de voir la nuit tomber. Ce soir-là, la température n’était pas hivernale et le ciel une fois de plus très gris, seule une petite lumière prouvait encore qu’il faisait jour. Rapidement, le ciel a pris la couleur d’un bleu irisé, plus lumineux, à la manière d’un lagon qui se serait implanté dans cet immense espace. Puis quelques lumières électriques ont averti de la tombée de la nuit. La nature est restée immobile, pas de vent, parfois le passage d’un oiseau solitaire traversait les jardins partagés. Les habitants occupaient ce terrain selon leurs habitudes ; la promenade des enfants, le jeu des balançoires pour les petits et les plus grands, les promeneurs ; j’ai été remarquée par un couple plutôt souriant. Quand Sophie est revenue me chercher, je lui ai dit : "Déjà !" Je pensais rester dans cette jolie petite cabane, et attendre La Nuit, le Noir, les bruits de la nature ; Je compare certainement cette expérience avec une autre où j’ai passé une nuit complète, dans une "bulle" accrochée dans un arbre. Mais je crois que mon esprit rêveur ne correspond pas avec celui de Guetteur…

Un matin pluvieux et maussade qui ne rendit la veille que plus belle. Vue panoramique face à moi, où je découvre la ville endormie, statique, et les jardins à mes pieds. Puis la vie s’immisce peu à peu dans les détails, la végétation s’anime, le vol d’un oiseau fend le ciel, je commence à suivre le moindre tressautement et à rentrer dans une sorte d’hypervigilance. Une lumière blanche monte à l’arrière des immeubles, commence à éclaircir le ciel et révèle les couleurs du jardin. Le temps n’est pas linéaire, les minutes défilent et rendent le spectacle encore plus serein. À la fin, une sensation d’ordre et de plénitude, tout est à sa place, la journée peut démarrer. Ce matin j’étais la gardienne de ma ville, merci pour cette merveilleuse expérience.

La fin de journée a finalement été ensoleillée, me permettant de veiller sur un parc assez fréquenté par les petits comme par les grands enfants. J’ai observé le soleil briller, je l’ai senti me réchauffer, avant de, tout doucement, le regarder se coucher. Je me suis demandé où allaient tous ces avions, ce que faisaient ces Audoniens une fois chez eux les lumières allumées, d’où venaient les ragondins que j’ai vu courir dans le parc.
Je me suis sentie tout à la fois invisible et très observée, seule et privilégiée de l’être, coupée du reste et en même temps extrêmement présente et dans l’instant.
Je me suis aussi sentie forte de m’accorder cette heure loin de tout, au milieu de tout.
Merci d’avoir rendu ce moment hors du temps possible, merci à Hiba pour son accompagnement.
Merci pour cette opportunité : j’ai pu observer Saint-Ouen et les alentours d’un point de vue unique. Il est important de temps en temps de se prendre du temps pour soi et pour penser aussi. L’aube m’a inspiré beaucoup de jolies réflexions. Néanmoins, il faisait très très froid dans le petit chalet. Il m’était donc impossible de me concentrer sur m’écouter, car j’ai marché beaucoup et fait les squats pour éviter de geler. J’ai donc surtout entendu le craquement du bois sous mes pas.

Plein de bruit, temps modéré : je décris cette expérience comme intéressante et anxiogène. Entre le temps que j’ai mis pour penser à moi-même, mes automatismes quotidiens, si mon quotidien me rend heureux. Puis un autre où je me suis amusée à fermer un œil pour placer une tâche sur la vitre, sur les bâtiments. L’horloge est passée vite et je repars apaisée mais pleine de questions. Prendre du temps sans distraction à écouter et regarder ce qui nous entoure est un mélange entre sérénité et anxiété.

J’ai toujours aimé les levers du soleil... traverser la ville quand d’autres dorment, regarder le ciel changer de couleurs. Des moments de privilège. Ce matin, un petit moulin à vent tout en couleurs tournait en face de moi. Il avait des choses colorées sur son bras. Il tournait souvent, au gré du vent. On aurait dit qu’il voulait m’amuser. Avec le lever du soleil, il y avait de plus en plus de vie dans le Grand Parc, des jeunes et des coureurs le traversaient. Des animaux défilaient devant mes yeux. La vie du quotidien démarrait. Puis j’ai rencontré plein de gens dans mes pensées. Mais ça, je ne vous le raconterai pas ! Une parenthèse géniale, hors du temps... Une heure qui passe à toute vitesse !

Cycle des Veilleurs #3 à Saint-Ouen
// Ouverture des inscriptions de la deuxième session //
Dès le lundi 24 février à 10h, vous pourrez réserver une date pour veiller au lever ou au coucher du soleil sur la ville et au-delà.
Pour rappel avant de veiller vous devez participer à son atelier préparatoire, il s’agit d’une première étape à cette performance singulière. Cet atelier est obligatoire avant de faire sa veille. Dans la mesure possible, inscrivez-vous à l’atelier préparatoire le plus proche de votre date de veille.
Créneaux ouverts du 15/03/25 au 14/06/25.
Inscriptions : https://lecycledesveilleurs.com/?-calendrier-
Crédits photo : Fabrice Gaboriau

Quand j’étais dans l’abri, les passants me voyaient comme un singe dans son enclos. Une bonne expérience je suppose.

Être un corps vivant qui n’a pas à mériter le droit d’exister, mais qui le reçoit comme un don. Aujourd’hui, je fête mes trente ans. Et si la vie était une île déserte sur laquelle je ne pourrais emmener qu’une seule chose, mon choix se porterait sur ce bagage léger et pourtant essentiel. Je m’y accrocherai tout en courant pour voir s’il est bien vrai qu’il n’y a personne d’autre sur cette île. Puis, j’en distribuerais des morceaux à tout le monde pour qu’ensemble nous puissions toujours nous sentir ainsi : accueillis, aimés, vus.
Merci à WLDN pour ce précieux cadeau d’anniversaire et à Saint-Ouen, qui a été une maison chaleureuse dès le premier instant.

Merci beaucoup pour cette belle expérience, des moments de méditation, de calme et de paix.
Le chant des oiseaux est magnifique.
Des moments loin du stress de la vie, j’ai sentie comme si j’étais une reine dans un château.

Sur le chemin, j’assiste au repos des cygnes. Puis j’arrive devant ce cube, cet étrange objet qui m’intrigue dans le parc. Je le vois tous les jours et la nuit aussi, éclairé, depuis mon balcon. Aujourd’hui, une heure dans ce couloir (je l’imaginais plus large) ! Sur le verre, la buée brouille la vue...Ah ! une petite ligne le long du mur sans buée. Je regarde, devine le parc à travers l’entrebâillement de la porte, comme une petite fille. Tien ! lui aussi il est intrigué. Il s’arrête tourne autour de l’objet cube ! et repart. Il fait froid. Je me mets à chanter puis à danser. Et puis Zoé arrive !

Le temps, cette veille m’a permis d’observer une pie qui mangeait un gâteau. J’ai trouvé une recette de banane plantain flambée, je vais l’essayer ce soir, il y aura du muscovado, du piment et du citron vert. Je n’ai pas encore choisi l’alcool. Elles seront accompagnées d’un poisson à la crème de coco, de pâtes de cacahuètes et de citronnelle. J’ai aimé voir la buée remplir la vitre, progressivement due à mon souffle. J’ai surement laissé ma trace. Cette expérience m’a détendu, c’est rare de se retrouver sans portable de nos jours et de réfléchir par nous-mêmes sans aucune aide extérieure. J’ai pu ressentir le bois contre ma joue et être plus attentif au moment présent. Respirer et être en paix dans une boîte est rassurant, pour moi qui étais : un peu claustrophobe. J’aurais préféré en hauteur, mais le calme et l’odeur du bois m’ont fait passer cette veille en toute sérénité.

Calme, Paix et Sérénité en face de moi. Les petits cris, puis les chants et les vols d’oiseaux.
La litanie comme un arbre dans la ville m’a accompagné, eux tout au long, m’aidant à me tenir droite et à m’ancrer. Mon corps a doucement bougé, s’est balancé doucement avec le bruit de l’infini à un moment. Des visages de lumière sont apparus entre les deux tours en face. J’ai accompagné ma veille avec un mantra : que tous les êtres soient heureux.

Je viens de finir ma "veille" sur la ville ce matin. Si la pollution sonore est atténuée, le bruit des oiseaux au lever du soleil est lui bien perceptible. Outre les moineaux, merles, mésanges, pies, j’ai pu voir des oies et des grues !!
Si de prime abord ce petit carré de verdure semble perdu au milieu des bâtiments qui l’entourent, voir le jour se lever permet de lever aussi les yeux et d’être en harmonie avec la nature. Les différentes couleurs du ciel, les nuages posent un doux visage sur ce paysage urbain où l’homme se réveille à la lumière artificielle qui scintille puis s’éteint petit à petit, laissant place aux rayons du soleil qui se reflètent dans certains recoins. Expérience de sérénité sur le réveil de la ville endormie.

J’étais au départ déçue par la présence de nuages mais observer le soleil jouer à cache-cache a été au final divertissant.
Me retrouver seule face à moi-même, et mes pensées comme compagnie a été une sensation étrange, là où je peux avoir l’habitude de ne jamais m’arrêter.
C’est une expérience très enrichissante, que je recommande très fortement !!! Merci à l’accompagnatrice pour ce voyage hors du temps.

J’étais à l’abri, sans corps initialement, j’essayais de distinguer le paysage derrière l’opacité de la vitre glacée par le froid, il y avait des petites coulures, puis des battements d’ailes furtifs, un oiseau que j’ai distingué plus tard... Les volutes des deux cheminées en haut indiquaient le mouvement perpétuel et évanescent comme les nuages qui se dispersaient, au centre, le cœur des bâtiments et l’impression, avec les cheminées actives, d’être à bord d’un paquebot dans une croisière sereine et élancée. Et puis j’ai senti mes pieds, mes épaules et mon début d’ancrage dans le sol de l’abri, la serrure travaillait, la porte s’ouvrit, l’heure était passée…
Ô temps, suspends ton vol...
Merci à Hui pour son accueil et pour l’expérience inachevée !

Regarder, écouter, contempler.
Le bruit de la ville témoin du mouvement des gens persiste dans cet espace clos.

Des oiseaux présents en nombre ce matin lors de ma veille. Je me suis intéressée à leurs chants et leurs vols. Six joggeurs, six piétons dont un bébé et un photographe. Pas encore grand monde dans le parc ce dimanche matin. J’aurais aimé que les fumées de l’incinérateur et de la CPCU se rejoignent mais ce n’est pas arrivé...
Un bel endroit pour rêver !

Cette heure pour moi, cette heure pour la ville, pour les oiseaux et le silence. Si savoureuse, rare, que lorsqu’elle réapparaît, un matin ensoleillé et gelé, une multitude de sentiments, de pensées, de tout et de rien bondissent et rebondissent.
Merci pour cette heure, pour la préparation avec les autres veilleur.ses.
C’est bon de voir s’unir des personnes ensemble sur un si beau projet plein de poésie.

Comment expliquer ce moment hors du temps, comment décrire la beauté de ce moment qui tombe en même temps que l’anniversaire de mon père et en même temps en plein mois de jeûne ! C’était comme un jour d’été, il faisait beau et chaud, les gens jardinaient au jardin partagé collectif avec toutes générations confondues tandis que d’autres jouaient au basket. Je veillais sur les habitants et en même temps je me connectais au divin, à mon père, à mes enfants, à moi...
Gratitude pour cet instant d’une heure aussi magique !

Cette heure pour moi m’a permis d’avoir un regard différent sur la ville et le monde qui nous entoure. Avoir cette expérience en milieu urbain au sein d’un parc communal m’a donné la sensation à la fois d’être en pleine nature et dans une jungle urbaine.
Voir l’agitation de la ville et la quiétude du parc sont deux contrastes saisissants.
Voir et ne pas être vu à la fois est le ressenti que m’a procuré l’objet abri.
Cet objet m’a rappelé le confinement mais les baies vitrées donnent cette impression d’évasion. J’ai voulu me plonger dans cet espace de quiétude côté Grand Parc.
Énorme merci pour cette expérience unique et longue vie au Cycle des Veilleurs !

En termes personnels, une contemplation et un bien-être. Pas véritablement une pause, mais une vigilance accrue du temps qui passe. Une accentuation de l’immensité et du rien.
En termes communautaires, une empathie et une bien(veillance). Cette focalisation sur le dehors et le dedans m’a plus qu’éveillé. Comme la sensation d’avoir énormément vécu en 1 heure.
Une inspiration.
Puis un souffle.

Ne plus cesser de veiller serait le message, au sortir de la cabane, quand les mots de savent plus très bien à quoi ils peuvent servir, là.
Un jour de plus, je passe le témoin. Dialogue muet avec le jardin "ouvrier". Engourdi dans l’hiver. Givre. Deux hautes cheminées s’essayent à dessiner des nuages sur le ciel bleu qui lentement s’installe.
Aux pieds de ces immeubles on habite. En oiseaux, les humains semblent avoir délaissé ces quartiers neufs.
Étourneaux, rouge gorge, corneilles, une pie qui vient me saluer "C’est l’heure !". Quand rien ne permet de compter ce temps qui nous est compté.
Le sentiment de veiller dans la maquette d’un apprenti architecte à qui l’on aurait donné pour règles : pas de lignes arrondies, de courbes mais des cubes et des balcons aux formes étranges. Veiller, se laisser traverser, réchauffer des premiers rayons, emporter dans le sillage de la pie, bercer par le vrombissement encore doux des autos, méditer, somnoler, dessiner...
Être là simplement sur un confetti de monde dans l’apesanteur d’un temps suspendu.
Merci.
Merci.

Livre d’or, livre de condoléances ?
L’impression d’être n cobaye d’une expérience ou d’entrer dans mon cachot.
Je me plante face à la vitre, à quoi ? 1m ?
J’essaierai plus tard de m’approcher mais non, ça ne va pas.
Un peu artificielle cette posture. Je regarde donc, un peu désobéissante de l’autre côté puis inspecte mon objet abri, ma cabane pour 60 minutes.
Je m’accoterai finalement plutôt à droite pour ne pas rôtir au soleil couchant.
Passants, amoureux, skaters, papa et sa fille, fumeur au soleil couchant, badauds, enfants qui jouent... quelques oiseaux, 2 avions et 2-3 insectes, Leroy Merlin...
Puis, les coups de sifflet retentissent et bientôt les gardiens ferment le parc.
Bientôt l’heure de rentrer chez soi.
Je vais me faire une bonne soupe et prendre du temps pour moi.
Merci pour ce temps, hors du temps, ce temps cadeau, gratuit, improductif, individuel, collectif tangible et symbolique. PAIX

Il est 7h22 du matin et me voila dans le parc des Docks.
Moi, d’habitude peu matinal, je vais pouvoir découvrir ce monde des lèves tôt, enfin c’est ce que je pensais.
En effet, à cette heure, seuls quelques joggeurs animent le parc, loin de la frénésie habituelle. La nature reprend sa place le temps que le monde se réveille. Les oiseaux chantent et on les entend ! Les quelques épouvantails des jardins partagés ne les effraient pas, pas même l’épouvantail moulin à vent à bras rotatif. Comme si, à cette heure, rien ne pouvait empêcher la nature de retrouver son territoire.
Il est 8h22 du matin et voilà ma veille finie.

J’entre dans l’abri, il fait chaud. Le soleil me fait face, il m’éblouit. J’enlève une à une mes couches de vêtement, je suis maintenant prête à veiller sur Saint-Ouen. L’odeur du bois est douce mais forte, je m’approche de la vitre, devant moi c’est vert, les potagers sont rangés, délimités par des petites clôtures. Il y a toutes sortes d’objets : des chaises en plastique, des sacs de terre, des épouvantails. Dans mon dos, des passants curieux se demandent qui je suis, je me sens comme un oiseau perché, silencieuse, intouchable, observant ce qui s’agite. Moi aussi je suis agitée, au début je cherche différents points de vue, j’ajuste la posture de ma colonne puis j’enlève mes chaussures. Au fil du temps, auquel je ne pense pas, mon corps est envahi par une lenteur agréable qui me permet d’observer chaque détail. À ma gauche, un match de basket. L’adolescent en t-shirt rouge semble être le leader. Leurs ombres les suivent de près. En face, deux enfants jouent. Un homme arrive, me regarde puis me photographie. On se voit. Trois autres curieux m’observent, ils me déconcentrent. Je retourne à mon match. 3-0 pour t-shirt rouge, il ne se cache pas d’être le meilleur, célébrant chacun de ses paniers par une danse bondissante. Les quatre indiscrets sont partis. Un sac poubelle découpé en lamelles donne à cette branche des airs de princesse, imperturbable alors que le vent agite ses cheveux. Au ciel, un avion doublé par deux oiseaux. L’un des deux bambins est encore là. Il est occupé, son action semble la plus importante pour nos quatre yeux. Il me regarde, ou peut-être est-ce le tournesol multicolore qui attire son attention. J’ai chaud, mes extrémités sont moites, mon souffle profond. Le soleil est passé de l’autre côté de la colonne qui surplombe l’immeuble. Les basketteurs ne sont plus éclairés, leurs ombres ont pris la fuite. L’enfant est parti, le soleil se couche. Il est temps pour moi de quitter mon abri.
En face, la princesse s’est endormie.
Je salue le bois, l’herbe, le verre, le métal et les couleurs qui ont veillé sur moi.

Avant de rentrer dans l’abri, j’étais un peu angoissée à l’idée de ce que je pourrais ressentir de cette expérience. Au début, j’étais presque intimidée et avec une impression d’être mal à l’aise : mal à l’aise de bouger mon corps, mal à l’aise de marcher seule dans cet abri, d’entendre le bruit de mes pas. J’ai tenté d’entendre ma voix, mais j’étais gênée. J’ai donc beaucoup observé le paysage des jardins (beaucoup moins le côté du parvis et de la rue), regardé la lumière changeante du ciel (le temps était particulièrement dégagé et magnifique), regardé les immeubles, leurs détails (comptant quasi le nombre de fenêtres mais à force mes pensées divaguaient et je perdais le compte). Puis, je me suis détendue et comme naturellement mon corps bougeait : mes bras, ma tête, mon bassin...je me suis mise à marcher, à faire des ’pas de danse", des mouvements tout en écoutant les bruits autour : finalement j’entendais davantage les oiseaux que les bruits citadins qui pourtant s’amplifiaient.
Curieusement, je pensais que mon esprit allait s’occuper à des choses concrètes pour "faire passer le temps : liste de courses, quoi faire ce weekend, quels plats faire... Et finalement, je me posais des questions "métaphysiques" : peut-on penser à rien ? Pourquoi je perds la notion du temps ? La vie commence avec le soleil qui se lève ! (oui je suis allée un peu loin...).
Le temps ne m’a pas du tout paru long, à part au début. Quand Elise est venue me chercher, je ne m’y attendais pas. Je suis ressortie ravie (non pas d’être libérée !) d’avoir vécu ce moment avec moi-même, tout en observant la nature, en l’écoutant et en réalisant qu’on peut faire abstraction de la vie quotidienne, des actualités et des éléments concrets.

Le soleil règne en maître, le monde s’y expose en extase. Reflets d’or et d’argent sur chaque chose, chaque être et chaque plante, la nature illuminée et vigoureuse, fleurs de courges, de pyrus, de jonquilles, autant de splendeurs qui s’offrent à nous. La lumière s’adoucit et vient le soir, l’ombre prend la place, géante, le ciel s’immisce à l’horizon et prend de la profondeur au zénith. Et tout cela en rien qu’une heure, alors que dire d’une vie...

Une veille pleine de surprise et d’inattendu.
Commencer à côté puis à l’intérieur.
Mais le paysage est gravé, c’est l’important

Je m’estime chanceuse d’avoir veillé en ce samedi ensoleillé, en cette fin de journée qui avait un avant-goût de printemps.
2 impressions majeures :
– Celle bizarre et inattendue de "voir sans être vue". Peu de gens s’intéressent finalement (encore) à l’objet, donc peu de gens s’arrêtent et font attention, alors que j’ai assisté à une chute d’enfant, un premier baiser, au travail minutieux d’un jardinier...
– Celle aussi que, dès l’instant où le soleil s’est caché derrière l’immeuble, tout le monde est parti (il ne faisait pas nuit !) et à ce moment j’ai davantage entendu (ou fait attention) aux bruits de la circulation, des avions, etc...
Très belle expérience qui a passé le temps d’un éclair et à laquelle je repenserai avec plaisir !

L’orientation de la structure me surprend, je ne suis pas face à l’est. Je regrette de ne pas sentir l’air sur ma peau davantage. Une mouche est entrée dans la boite. Le reflet du soleil arrive comme une coulée de verre fondu sur la verticalité d’un building au loin. J’aime perdre ce temps contemplatif. J’aime les jardin, la Serre Wangari et les nuées d’oiseaux qui passent dans le cadre ça et là. J’écoute leur chant printanier.
Je me dis que l’Art questionne l’inutile, et que cet abri est bien fermé à clé. La clé fait beaucoup de bruit. L’expérience de la verticalité m’est reposante. Parfois le corps s’ajuste, je pense à Marina Abramovic.
Je me demande si Saint-Ouen sait qu’on a veillé sur elle et si son champs s’en trouve modifié.
Beauté.

Un tableau vivant : des touches de couleur, qui changent, qui apparaissent, qui s’intensifient. Des formes, des textures. Une partition visuelle , des rythmes qui se mettent en place, des lignes de bus, des personnages que l’on s’amuse à suivre, à perdre, à retrouver, telles des notes de musique avec des accélérations, des soupirs des ralentis.
Quelques interactions.
Une impression de grandeur, de bienveillance.
Un temps suspendu à donner et à recevoir.

J’ai commencé, par observer, les bâtiments, l’architecture, puis les oiseaux, il y en a eu 2 qui sont venus juste en face, ils s’approchaient lentement, et picoraient, mais à distance l’un de l’autre. Il est parti en se perchant sur l’autre et a nettoyé son bec.
C’était une belle expérience, de me retrouver dans ce cadre.
J’en ai besoin, peut-être pas tous les jours car j’aime ressentir l’air, la nature et le toucher.
Au début j’avais le cœur qui battait, et s’accélérait. Petit à petit, je respirais lentement, et j’ai eu une petite douleur à l’épaule gauche, qui n’a pas duré. J’ai vu des jardins du jardin. Des sportifs. Des envolées de canards, et d’oiseaux, c’était mon grand plaisir.
Du côté rue, il n’y avait pas encore d’animation, que les voitures.
Il y a eu un peu de vent, car les petits moulins d’en face se sont mis à tourner. J’ai eu la gorge moins nouée et je ressentais mieux ma respiration. J’aime le calme, cette expérience m’a plu, vu mon âge, j’ai voulu le faire, car je ne le ferai qu’une fois.
Merci, pour ce moment, qui, j’espère est gravé pour le reste de ma vie.

Une expérience très différente. J’étais dans le 12ème, il y a un peu moins d’un an. Un horizon tout en brouillard cette fois là. Aujourd’hui l’ouverture, la nature, le printemps qui s’installe progressivement. J’ai aimé me laisser aller. Penser, perdre le fil. Revenir et repartir. C’est incroyable, pas une pensée pour le quotidien bien trop présent d’habitude.
La sensation d’avoir voyagé, médité.
Un sentiment d’apaisement.
Du moins, de couleur, l’écoute, le vide.
Merci !

Je suis rentrée dans cette cabane et la première chose que je me suis dite c’est : "Ça sent le sapin"...
Certes, j’avais une heure "à tuer". Je suis restée au départ debout, sans bouger, à essayer de voir à travers cette vitre pleine de buée et j’ai eu du mal à me relâcher. Et petit à petit, j’ai commencé à me détendre, à écouter et surtout à entendre et à m’entendre aussi.
À me remémorer des souvenirs… À penser à demain. Aux projets que je n’avais pas eu le courage de lancer. À ma famille, mes parents qui se moqueraient de moi en me voyant enfermée "dans cette boite". "Y a vraiment que toi qui peut s’embarquer dans ces délires !", ils me diraient.
En toute honnêteté, au départ j’étais sceptique, voire moqueuse, mais curieuse...
Et j’en sors étonnée ! Et même épatée ! Je dirais maintenant que ce n’était pas une heure à tuer, mais une à vivre pour se retrouver...
Merci Myriam, Merci au Cycle des Veilleurs et Veilleuses !

J’ai été accueilli par Pascal, accompagnateur, qui a été très sympathique et jovial. Je le remercie d’avoir veillé sur moi !
La météo ne m’a pas permis d’assister à un magnifique coucher de soleil. Les nuages ont cédé la place à la grisaille. Malgré cela, c’est magique de voir la météo changer, là sous mes yeux. Cette expérience de veilleur m’a permis d’en faire une expérience sensorielle. D’abord, ce qui m’a frappé est de retrouver l’odeur exquise du bois. Ensuite, j’ai entendu un mélange de chants d’oiseaux, de bruits de voiture et les passants parler. Par ailleurs, ce qui m’a frappé a été le changement de luminosité : la lumière naturelle a laissé place à la lumière des immeubles et des réverbères. Ce changement logique, je ne l’avais jamais vu. Finalement, je ne me suis jamais senti seul, jamais ennuyé. Le rapport au temps est très relatif. La contemplation de la nature, penser, réfléchir, m’a rempli.
Merci à toute l’équipe de m’avoir offert du temps pour me (re)centrer un jour en particulier : je vais retrouver ma fille Juliette pour son anniversaire. Elle fête ses 11ans !

Quel bel écrin de bois, comme une ouverture vers l’ailleurs, pour regarder un paysage qui m’est pourtant si familier. Quelle belle expérience de veiller parmi d’autres, en étant seule mais pas du tout.
L’hyperactive contemplative que je suis a pu rester immobile -ou presque- une heure. Et j’ai aimé voir les couleurs changer, voir les nuages se modifier, s’épaissir, se strier, s’éparpiller, se colorer, avec les oiseaux et leurs chants pour les accompagner.
C’est beau de regarder sa ville autrement, d’y poser un œil curieux, disponible, attentif.
Merci pour la poésie, le courage, la force collective, l’accueil. Merci pour cette lumière et ce temps.

Il s’agit de la première fois que je veille. J’ai trouvé ça agréable de rester dans une boîte avec vue sur le parc. De temps en temps je fermais les yeux pour entendre les bruits. Il y avait le même coureur qui faisait des allers-retours, un enfant qui pleurait ou encore le bruit des oiseaux. Après ces bruits, ne cachent malheureusement pas le bruit de la circulation. J’ai également regardé. J’ai regardé les nuages, l’usine qui expulsait de la fumée ou encore des jeunes qui jouaient au basket. J’ai pris le temps de fermer les yeux et d’écouter ma respiration. C’était un moment très agréable.

Quand le soleil se pointe à l’horizon il inonde peu à peu ma veille de ses rayons

Une expérience spirituelle et unique.
Je suis arrivée avec plein de questions dans ma tête et foncièrement pas mal d’appréhension. J’ai été agréablement surpris de voir comme le lâcher prise est aussi simple que de regarder l’horizon, voir le paysage évoluer au fil des minutes...
Finalement sans repères la vie semble comme ralentie, plus douce et je me retrouve simplement à profiter de ce merveilleux coucher de soleil qui apaise l’âme.
Merci pour ce moment dont j’avais besoin sans le savoir encore.

Emprunter un chemin
Trouver refuge
Poser son regard
Le monde se dévoile
Gardien des girouettes
Ballet des grues
Danse des étourneaux
Expression de la lumière
Être un témoin
Observer le temps passer
L’espace s’agrandit

Beau soleil, grand froid,
Beaux jardins, belle vue.
Beau temps.

Mes premières impressions de solitude face à cet horizon obstrué par les immeubles s’atténuent par la chaleur qui m’enveloppe. Le vent souffle sur le jardin qui s’anime alors. Des oiseaux nous rejoignent. Leur ramage est rapidement suivi par le son des sirènes, des camions-poubelles et des klaxons. La ville s’éveille.
Les volets s’ouvrent lentement et le soleil pénètre les appartements. Les premiers joggers pointent le bout des pieds, quelques veilleurs me rejoignent dans cette contemplation silencieuse.

Ma permanence de faire de ce jour était très importante pour moi.
Elle m’a permit de me concentrer sur le jardin, les oiseaux et le calme.
Moralement, je peux dire qu’elle était bénéfique pour moi.

Inspiration, expiration.
Introspection, extériorisation.
Inspiration de l’esprit qui se ballade dans les pensées.
Extériorisation du corps immobile qui se met en mouvement avec le dehors.

Où comment le vide peut remplir le temps.
Où s’en rendre compte !

Côté rue, le bâti berne la vue.
Pourtant c’est de là que la clarté se répand.
Côté jardin, ciel dégagé qui doucement se pastelise en bleu tandis que la lune encore presque pleine pâlit, s’estompe, disparaît.
Lignes et angles droits dominent l’horizon, sauf à l’extrême droite une façade courbe au lointain derrière les arbres. Pas de passage à cette heure. Les oiseaux mènent le bal tandis qu’à gauche toujours recommence un nuage de vapeur qui anime l’horizon.
Il y a à voir, à entendre, à vivre l’attention et à défaire la tension qui pointe dans les cervicales.

Je n’attendais rien de cette expérience, pourtant je pense qu’elle m’a considérablement apporté.
J’ai pu observer pour la première fois un coucher de soleil francilien. Coucher de soleil plus beau que ceux de Finlande (et gratuit).
Merci pour cette opportunité. J’ai pu rassembler mes pensées. Je suis calmée et ai une vision limpide.

Je suis anxieux et j’ai des soucis de pensées ruminantes. Donc c’est difficile pour moi de ne pas me distraire de ces pensées. J’ai eu du mal ce matin. Ce n’est pas pour moi une expérience agréable.

Tout était fait pour que je passe un bon moment. Sur le papier. Le ciel est complétement dégagé, il fait beau, une première journée chaude du printemps. J’adore me perdre dans un paysage, passer des heures à contempler, à méditer. Je regarde régulièrement ce parc depuis un an que j’habite à Saint-Ouen.
Et pourtant.
J’ai passé une expérience désagréable.
Je me suis sentie en insécurité tout du long pour différentes raisons. Tout d’abord confier mon téléphone et mes clefs à un inconnu dans une cave sans que personne de mon entourage ne sache ou je suis.
Entrer dans une boite qui n’est pas fermée et qui n’a qu’une seule issue de sortie.
Un homme se place en face de moi et imite tous mes gestes pendant plusieurs minutes. Pourquoi veut-il que je lui réponde ? Pourquoi ne se contente-t-il pas de mon silence ? Pourquoi cette ignorance l’excite ?
Mes yeux sont tournés vers le parc mais mes oreilles sont tournées vers le fond de la boite. J’écoute les bruits de la rue, les remarques des passants, les cris des enfants, les pas des curieux sur les premières planches de la structure.
Je me tourne, l’homme est là, il essaye de me parler, il me fait des signes, il insiste.
Mon hyper vigilance se transforme en peur. Et s’il rentrait ? Et s’il me suivait jusqu’à chez moi ?
Une femme finit par lui dire de me laisser tranquille, il met encore un moment avant de partir. Je suis en colère. Je suis en colère de me sentir aussi vulnérable. Je pensais que la posture de veilleur me donnerait une position de force. C’était tout le contraire. Je suis en colère de ce sentiment d’insécurité auquel les femmes sont confrontées. Je regarde ce parc, ces jardins cette ville et ce soir je les hais. Je suis reconnaissante envers cette femme qui m’a veillée.

J’ai de la chance.
Le soleil s’est levé très tranquillement, d’abord sur un bâtiment miroir, puis sur les quelques avions présents.
Rapidement, à mesure que le ciel prend couleurs, la danse libre de tous les oiseaux commence.
J’ai de la chance que le ciel soit si clair, les rues si calmes, que j’aie pu entendre le son du retour des oies sauvages. Elles firent le tour de l’abri et j’ai pu voir ces sept créatures s’installer au bord du jardin potager.
Puis ce fut le tour d’un lapin de faire son entrée matinale, il cède sa place à un couple de perruches, qui elles-mêmes cèdent la leur à un couple de pies.
Je pensais veiller sur la ville que je ne connais pas mais finalement, après avoir observé les bâtiments inertes, les transports vrombissant, il restait le plus important :
La nature existe encore et j’ai eu la chance d’observer, de veiller, d’écarter son éveil vers les minuscules humains.
Merci la vie, merci Saint-Ouen !

Un pied dans l’objet-abri et la tempête s’arrête. C’est court et long à la fois, j’ai cru que ce serait introspectif mais j’ai été aspirée par les gens, les animaux, les arbres et les immeubles autour de moi. Je me suis tant attachée à eux que je leur imaginais mille vies merveilleuses, du groupe d’adolescents basketteurs au couple de pies dans le jardin en passant par la petite fille qui titube sur les marches. C’était toujours une petite surprise triste d’aller d’une vitre à l’autre et de constater un départ. Ça fait un bien fou ! Merci

Je le reconnais, je ne suis pas habituée à être sans mon portable.
Arrivée dans l’objet-abri, une fois la porte refermée, c’est peut-être ça la première chose qui m’a déconcertée...c’est moi, le jardin, les oiseaux, le ciel, le soleil...pas de moyen de "fuir".
Je ne sais pas si j’ai veillé sur la ville, j’ai tenté d’être avec elle, et surtout avec la nature, là sous mes yeux. Être avec les arbres, les oiseaux. Suivre leur ballet dans le ciel. Le ballet du soleil qui se lève aussi. Je ne me sens jamais seule quand je prends le temps d’être avec.
Merci pour cet espace tranquille au cœur du tumulte <3

Juste avant d’entrer dans l’abri, j’ai entendu un enfant chanter "Au clair de la lune". Au moment où la porte s’est fermée, mes lèvres se sont mises à murmurer cette mélodie. J’ai senti que mon corps voulait bouger, suivre cette chanson et surtout occuper cet espace vide qui m’entourait. Au fil des minutes, j’ai pris conscience que mon esprit se posait et que, sans même m’en rendre compte, ma mélodie avait disparu de ma tête. Le temps passait et je m’ancrais dans le moment présent, laissant les inconnus du jardin m’être de moins en moins inconnus. Et surtout, laissant mon corps et mon esprit accepter le vide autour de moi, qui était en fait rempli de vie et non de vide.

Premier spectacle sur le chemin, les prémices de cette veille.
Jour de printemps, luminosité grandissante, ciel se lissant.
Je prends part à cette boîte objet puis plus loin jusqu’où mon regard peut se porter. Je fais des allers-retours entre cette boîte, ce corps qui est mien, mes pieds ici, ma respiration, nos respirations, celle de la ville, des végétaux face à moi, des oiseaux me visitant. L’agitation dans mon dos, indicateur du temps qui passe, de cette turbulence 2x par jour.
Nombre de passants humains sur cette heure : 5
Pourtant sa trace est partout, dans ce potager, dans ces immeubles, jusqu’à ce ciel parsemé d’avions.
Nombre d’animaux : probablement plus d’une centaine, moustiques, moucherons, moineaux, pigeons, mulots, pies et oies.
J’ouvre la journée, la saison plantée là, ici et partout.

Pas de couleurs flamboyantes en ce jour mais des nuances de gris. Une première partie de veille comme pour comprendre l’environnement autour : analyse, observation. Tel un peintre, j’ai scruté chaque détail du paysage : le parc, les immeubles. Puis le son : celui de la nature, celui de l’homme. Une deuxième partie de veille à contempler le paysage, s’émerveiller à la découverte de chaque recoin puis la chance d’observer attentivement une multitude d’animaux : oies, canards, pies, pigeons, ragondins, poules d’eau, merles, rouge-gorges, rossignols, hérons. J’ai été éblouie par cette découverte, je me sens chanceuse et reconnaissante. J’ai aussi pris conscience de mon corps, des douleurs, des sensations. Je me sens plus libre et je me sens appartenir un peu à ce territoire.
Puis, je me rappelle que même si la nature n’est pas ici à l’état sauvage, il n’y a rien de plus beau et surprenant qu’elle. J’ai gagné une heure de ma journée en veillant. Merci pour l’expérience, merci beaucoup à Myriam, ma veilleuse finalement pour sa gentillesse, sa bienveillance et son sourire.

Interrogation existentielle : les gouttelettes
= les gouttelettes viennent finir leur course sur la paroi de l’abri. Elles suivent une ligne rapide, parfois secouée par le vent.
Est-ce que la vie dure le temps d’une gouttelette sur la paroi ?
Interrogation animalière : les oiseaux
Sous la pluie battante et le vent, est-ce que les oiseaux s’épuisent à circuler ? Est-ce qu’un oiseau qui vole sous la pluie a l’impression de nager ?
Interrogation linguistique : ce truc dont j’ai oublié le nom
Comment on appelle déjà ces espèces de tournesols en plastique colorés qui tournent avec le vent ? Et pourquoi aujourd’hui ils me semblaient un peu prétentieux ? Je les aime bien quand même. (Je ne veux rentrer en conflit avec aucun être ni objet).
Interrogation dramatique : Acte I. Scène 1
Est-ce que je veille comme les soldats sur la ville avant que le fantôme de Hamlet père leur apparaisse ? Est-ce que comme eux je ne suis pas sûre d’avoir dormi ?
Interrogation météorologique : l’orage
Pourquoi les orages font-ils frissonner de plaisir ?
Bilan : Quand je m’arrête, tout bouge, et j’ai vu clignoter la ville.

Quelle merveilleuse performance, d’une infinie douceur. Se sentir pleinement dans une nature urbaine que je découvre pour la première fois, perdre ses repères, être pleinement au monde et dans le présent. C’est une expérience apaisante et tellement plaisante. Je n’ai pas vu le temps passer, je me sentais presque appartenir au paysage, être un élément infime de cette nature, une branche, peut-être une feuille. La beauté de ce point de vue m’a surprise. Ce sont les nuages, les nuances de gris, la lumière du soleil qui ont attiré mon regard, un détail parfois. Mon corps est resté droit, les pieds ancrés dans l’abri. Je me suis tournée dans la cabane pour découvrir d’autres perspectives. J’ai envie de recommencer ailleurs, de veiller la fin du jour, d’accompagner la descente du soleil sans raison, juste pour la beauté de l’instant. Merci pour cette expérience si simple et poétique. Je repars légère et pleine de lumière !

Quelle belle façon de commencer la semaine. J’ai observé les différents éléments s’illuminer à l’arrivée du soleil. Le bruit de la nature se mélangeait au son de la route derrière moi. La buée sur la vitre m’a obligé à me rapprocher très près pour observer les détails et en dessiner les contours. La première chose à laquelle j’ai pensé quand j’ai regardé les jardins partagés, c’est à mon grand-père. Je me suis imaginée le voir retourner la terre, s’occuper de son jardin. Quelle personne il serait s’il avait grandi en ville. Le temps, surtout la perte de ce temps n’a pas été un problème, j’ai trouvé que c’était passé vite. J’observais le passage des avions, quand sera mon prochain voyage ? J’étais présente dans la ville, mon corps était ancré dans ce paysage urbain mais mon esprit, ma tête s’est concentrée sur les éléments que je connais, la nature, les animaux. Si j’avais eu mon appareil photo, ma carte SD serait remplie de tas de détails, d’objets des jardins partagés. J’en garderai un bon souvenir. Merci pour l’expérience qui m’a ramenée à qui je suis, à là où je suis née.

Un deuxième essai. Une deuxième chance.
La journée se termine, la pression se relâche. Les pensées restent, un peu, avant l’observation.
D’abord plein cadre, le paysage à 360°. Le ciel est un peu bouché, quelques rayons percent. Parfois un bout de disque doré apparait. On pourrait ne rester que sur le ciel, et ses nuances de gris-jaunes.
Puis des détails, le blanc d’un arbre, les basketteurs, la lumière changeante d’une façade au loin. Au pied, la canette de Fanta, dernier vestige du week-end. Des oiseaux font rase-motte sur l’abri.
Et puis des sons, beaucoup de sons. Quelques cris, le trafic en continu, routier voire aérien. Le pas élégant des joggeurs, son propre souffle qui trouve son rythme autour de tout ça. La lumière baisse, les sifflets du parc qui sonnent la fermeture. La porte qui s’ouvre, une heure déjà.
Alors, on regarde une dernière fois, pour se souvenir de ce qu’on voit, de ce qu’on est.

Seul, perché dans ma maison en bois, mes pensées fusent, rythmées par le chant des oiseaux et le passage des voitures. J’observe le paysage, la Serre, le quartier des Docks qui n’existait pas dans ma jeunesse...
Et oui, j’ai grandi, tout comme ma ville de cœur qui a évolué ! Quelques battements de cils et la nuit a laissé sa place au jour. Que le temps passe vite !
Mon accompagnatrice vient me chercher...
En toquant à la porte, j’ai repris mes esprits, qui s’étaient évadés le temps de la veillée.

Je suis arrivée d’Ivry un petit peu en retard. Mon GPS et les lampadaires avaient changé d’éclairage et je me suis dit que j’avais loupé la vraie transition du soleil.
Elise m’accueille et je découvre l’objet abri. Je ne pense même pas à me mettre debout, il est trop tôt, il fait trop froid et je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire de mon corps (j’avais déjà quitté l’atelier préparatoire car j’ai été surprise de devoir le mettre en mouvement).
Je suis assise bien droite, roulée en boule, bras croisés, serrés. Le paysage me déçoit un peu : il y a une tache sur la vitre et un sac noir en plastique vole au vent. Le ciel me déçoit aussi : il est blanc et le devient de plus en plus. Je me dis que c’est une métaphore, que les choses ne sont pas vouées à changer, s’éclaircir, s’illuminer d’un seul coup. Je suis super triste (je suis sous antidépresseurs). Je pleure un tout petit peu, j’essaye de m’accrocher aux "belles choses" : les oiseaux qui passent, l’énergie qui circule dans les arbres, dans leurs ailes, les branches qui strient le ciel blanc,...mais je suis rattrapée très vite par des détails que je trouve laids, et l’ocytocine ne monte pas. Je me suis mise contre le mur, puis je finis même par m’allonger sur le côté, les yeux toujours devant la vitre, pour "tenir ma mission". Quand Elise ouvre, je suis dans un demi sommeil. Je ne sais plus à quoi je pensais, j’ai l’impression d’avoir failli à ma tâche...

Il fait très beau cet après-midi. Surprise inattendue car ce matin le ciel était gris et une bruine légère mouillait mon visage.
Dans l’objet-abri ça sent bon, ça sent l’odeur du bois comme dans un sauna.
Il y a tellement de choses qui se passent que j’ai du mal à me concentrer sur un objet, un mouvement ou un son.
Puis une abeille vient m’observer à la hauteur de mon nez. Je vois ensuite une perruche (!), qui se pose sur l’arbre juste à côté et picore des fleurs (?) ou des graines (?). J’arrive pas à savoir. C’est surprenant à quel point je pense à rien, ni à ce que je devrais faire, ni à ce que je suis censée faire après ma veille.
Parfois je corrige ma posture, parfois je me colle à la vitre. Je baille beaucoup ! J’ai envie de faire une sieste !
Le soleil est prêt pour se coucher, là je vois un oiseau se poser sur une branche fleurie . Il m’accompagne jusqu’à la fin de ma veille. Je me demande qui est en réalité le vrai veilleur.

"Plus que le veilleur ne guette l’aurore, oui plus que le veilleur ne guette l’aurore."
Veiller sur la ville à son réveil. Au début la fumée des cheminées a capté toute mon attention, puis les oiseaux jouant dans les arbres et enfin les coureurs du matin.
C’est un spectacle incroyable de voir le soleil envahir et transformer le paysage. Les reflets sur les vitres, les ombres, les changements de couleurs ; si rapides et si lents en même temps.
Veiller sur la ville à son réveil.
Un privilège.

D’abord, l’excitation. D’y être, enfin. Dans cette boîte de conserve, bloqué sans eau ni papier pour une heure. Quelle drôle d’idée...
L’excitation passe étouffée par une chaleur que même le mois de mars n’effraie plus de nos jours. Il faut dire que la boîte est un complice tout trouvé. Ensemble, le bois et le soleil me rappellent les heures torrides de mon enfance passées dans la cabane au fond du jardin. L’odeur surtout : c’est la même. Cette odeur de bois chaud. Comme si c’était hier. Et puis la lumière. Pas un nuage, rien qu’un éclat pernicieux déterminé à me fermer les yeux. J’obtempère. Ne suis-je pourtant pas là pour regarder le soleil se faire sa toilette quotidienne ? Voyons ce qu’il me reste une fois aveugle.
La chaleur.
Elle m’enveloppe tout entier, je la sens contre ma peau, je la sens dans mes narines quand je respire et sur ma langue quand je m’humecte les lèvres. Une chaleur qui donne envie de partir, mais je n’ai pas le droit : j’ai promis au soleil de lui conter une histoire pour l’endormir. Alors j’apprends à aimer la caresse asphyxiante de la chaleur.
Le crépuscule arrive. L’éclat du jour décline, je peux ouvrir les yeux et nourrir des idées sauvages : et s’il était possible de deviner l’humeur de notre étoile rien qu’à la voir ? Je l’ai trouvée pernicieuse, je l’ai dit. En le regardant, c’est le premier mot qui me soit venu. Un mot que je n’utilise jamais.
Une heure. Je pense à mon accompagnatrice, que fait-elle ? Sûrement qu’elle a une heure à tuer. Une heure qui doit lui sembler plus courte qu’à moi ! Mon heure est plus longue que la sienne : c’est parce que je ne tue pas le temps. Je le laisse vivre. Et si l’oisiveté était le meilleur moyen de ne pas perdre son temps ? A condition de le dilapider en pleine conscience.
Là bas, le soleil s’est lassé de mes drôleries, il s’éclipse. J’allais parler de repos, quel ingrat ! Il s’en va en éclairer d’autres.
Alors ne me reste plus que la muraille urbaine en forme de château fort. Le soleil aurait duré quelques minutes de plus si une façade ne l’avait pas avalé : la ville n’a pas seulement mangé l’horizon, elle a aussi raccourci le jour. Que de temps perdu ?

La première Rencontre du Cycle #3 s’est déroulée jeudi 27 mars à la Serre Wangari, Maison de l’Ecologie de Saint-Ouen. Les veilleurs et les veilleuses de la première session (15/12/24 au 14/03/25) étaient invité·es à cet évènement pour échanger et partager leur expérience. Ce moment chaleureux et convivial a réuni 45 personnes. Ils et elles ont assisté à des performances dansées par deux artistes chorégraphiques de WLDN, accompagnées d’une plongée visuelle et sonore dans l’univers du Cycle des Veilleurs, et de lectures de témoignages, lus par cinq accompagnateur·ices.
La soirée s’est terminée par un temps d’échange entre les veilleurs et les veilleuses afin que chacun·e puisse réfléchir à la présence de cette performance dans la ville.
Nous remercions la Serre Wangari et toute son équipe pour l’accueil qu’iels nous ont réservé, ainsi que la Ville de Saint-Ouen pour son soutien.
La prochaine rencontre aura lieu le jeudi 19 juin, toujours à la Serre Wangari !

Rien à faire, rien à attendre.
Seulement être là.
Présente.
Pour contempler.
La vie qui reprend, dans un éternel recommencement.
Le printemps qui s’installe, malgré le ciel gris.
L’activité des oiseaux, merveilleuse.
Le temps qui passe.
Merci pour cette expérience à la fois unique et d’une simplicité absolue.
Merci à mon accompagnatrice.

Fue hermoso encontrarme en un lugar aislado en medio de todo el caos de una ciudad en movimiento y a la vez rodeada del parque, al inicio viendo los pajaritos y las hojas de los árboles hacerse pesados con la lluvia. Sintiendo el olor de madera mojada.
La paz de no tener que escuchar ni hablar con nadie. Sentir mi respiración, el calor de mi cuerpo, de mis manos. Ver las gotas de lluvia reflejar el paisaje lluvioso y gris tornarse en colores hermosos.
Igual que el pasaje, mi mente fue encontrando claridad y armonía.
Sobre todo esa conexión con todo, que a pesar que no hablo con nadie, ni nadie me ve. Todos estamos aquí existiendo a la vez. Al mismo tiempo y bajo el mismo cielo.
Gracias ! Me han regalado una experiencia hermosa que siempre recordaré.

S’attarder sur le vol des oiseaux, fluide ou rapide ou effréné.
Les nuages avancent dans un ralenti synchronisé, laissant place au ciel et à ses variétés de bleus,
La lumière dorée arrose les immeubles et les ombres apparaissent et viennent les caresser doucement.
Depuis mon abri, la sensation de l’air frais sur mon visage contraste avec la chaleur de la bouillotte sur mon ventre.
Derrière moi, le bruit de la ville s’intensifie et rivalise avec le chant puissant des oiseaux. La veille s’achève, le jour est bel et bien là.
Je pars retrouver M, N et B, même si tout le long de cette veille je vous avais pris avec moi.

Encapsulé dans ce référentiel organique immobile, je me retrouve au milieu d’un monde qui ne m’appartient plus. Derrière, le crissement des poussettes dans le gravier. À gauche, les acrobaties presque nuptiales des adolescents qui jouent au basket. Devant moi, des parcelles de potager dans lesquelles grouillent des enfants et leurs parents, comme une promesse de cultiver un avenir meilleur. En arrière-plan, une escouade de tours solides et silencieuses surveillent la scène. Sur la droite, le soleil commence déjà sa course vers le sol. La bleuté intense du ciel met une pression supplémentaire à l’astre.
Cette course change lentement la palette de couleurs de la ville pour montrer un camaïeu de jaune dans le ciel. Soudain, un énorme feu de camp jaillit et crache d’épaisses nuées de fumée blanche. Ces volutes se transforment en de menaçants dragons violets-carmins en filigrane qui laissent les tours monochromes sans voix.
De nombreux autres événements banals se produisent durant la descente du soleil : des hirondelles fendent l’air d’un air assuré, une femme fait des arts martiaux, un homme soulage discrètement sa vessie, les basketteurs amateurs se retirent du stade, je recule, je sors de ce cocon et le cycle de ma vie reprend son cours.

Qu’est-ce que je vais faire ici pendant une heure ? C’est la première pensée que j’ai eue en entendant la clé tourner dans la serrure. Le ciel est gris ce matin et je n’aurai pas de lever de soleil de rêve. Il va falloir trouver autre chose à contempler. D’abord les oiseaux, car je les entends aussi. Quelques moucherons qui passent juste devant la vitre. Une libellule vient aussi me dire bonjour. Le ciel ne bouge toujours pas. Je me demande à quoi servent les sacs poubelles.
Je regarde le nombre de fenêtres dont les lumières sont allumées. Une seule. Il y a aussi ce bâtiment en fond à droite dont les lumières clignotent. Bleu, puis rose, puis bleu encore.
Un bus passe au loin, puis deux, puis trois. Quelle est la fréquence de ce bus ? Cela me donnerait un indice sur le temps passé ici. Un joggeur fait un tour du parc, puis deux, puis trois et il s’arrête sur le côté pour faire des exercices de musculation. Puis plus rien. Pourquoi il ne fait plus rien ? J’ai besoin qu’il fasse quelque chose pour m’occuper.
Je me demande combien d’objets je pourrai citer après avoir quitté l’abri. J’apprends par cœur : 2 CD anti-pigeons, 3 moulins à vent, 4 arbres en fleur, 4 tours de La Défense, 15 immeubles d’habitation, 1 chaise longue, 1 poubelle bleue, 1 robinet jaune, 1 canette en bois... etc
Finalement le temps passe vite dans cet abri. Jean-François ouvre la porte et je lui dis : "déjà ?". Je serais presque restée un peu plus longtemps.

Dans ma vie, tout commence par une rencontre. Ce matin, je reçois un sms de Jean-François, "Je vais avoir 5 min de retard".
C’était le bénévole qui accueille les veilleurs. Je ne savais pas.
Je rejoignais mon amie Caro qui venait de perdre son papa, Jean-François et j’étais en retard. Je lui ai transmis ce SMS comme un signe de son papa pour son anniversaire. Elle lui a répondu. Cet abri, pour moi, c’est un moment pour conscientiser tous ces signes de la vie, extérieurs comme intérieurs. Cet abri protège et ouvre sur l’extérieur, un moment de grande conscientisation. J’ai eu besoin de le toucher, de le sentir, il est fait de bois de sapin je pense, de l’occuper, monde d’un côté, mes pieds de l’autre côté de la paroi, de contempler ce jardin partagé, ce ciel, cette architecture moderne, ces avions, ce ciel, d’entendre les cris d’enfants, les passants sans que ça me perturbe. J’y ai ressenti une immense gratitude pour ma vie, pour les personnes que je rencontre, les expériences que je vis. Tout a un sens et cet abri le révèle.
Tous mes remerciements, et mes amitiés aux veilleurs et aux organisateurs, qui font ce pas de côté.

L’abri se ferme, je suis seule face au Grand Parc, qui a paré les arbres de mille fleurs. Les lumières de la ville s’éteignent aussitôt. Suit un vol d’outardes qui font un petit tour avant de regagner le sol. Les oiseaux posent devant la vitre, un peu comme des augures antiques qui annoncent les bonnes et les mauvaises nouvelles. Ici, pas de prêtre pour interpréter les signes. Juste moi, engoncée dans une doudoune pour ne pas m’engourdir. Le silence du parc, livré aux oiseaux, contraste avec les bruits de la ville. Seul le gardien trouble le calme des allées lors de sa ronde. Le soleil monte, éclairant les immeubles qui ressemblent à des calendriers de l’Avent, une fenêtre s’ouvre de temps à autre, histoire de humer le temps qu’il fait dehors. Un homme circule au loin avec deux immenses arrosoirs. L’heure du jardinage a sonné. Un autre retourne la terre de sa parcelle tandis qu’un voisin le rejoint. Les rituels et ritournelles du matin ne sont pas réservés aux oiseaux. Le soleil chatouille enfin le dessus des arbres. Les fleurs éclatent de lumière. La Défense au loin a déjà perdu sa flamboyance du matin pour redevenir gris-bleu.
Je suis apaisée. Il faut cultiver notre jardin.
C’est le printemps et j’ai un an de plus aujourd’hui .

La chaleur est inattendue, la lumière éblouissante et l’odeur du sapin m’entravent.
Le vagabondage de la pensée peut commencer. Ce qui est visible, c’est d’abord la nuée de moucherons qui se collent à la vitre, forment des nuages.
Comment on tient pendant une heure debout ?
Quelle est la position du corps ?
Comment est ma respiration ?
Quelles sont les couleurs des arbres ?
La forme du bâtiment en face est bizarre.
Des allers et venues entre le très proche et le très loin, le tas au loin, les avions dans le ciel. Ce va-et-vient de la pensée est agréable. Le temps paraît à la fois long et étrange. On a rarement une heure de libre. Le temps devient long et puis je regarde plus en détail ce buisson, pas tout à fait vert mais avec des nuances de violet. Et ces disques dans les arbres, je viens de m’en apercevoir. Ce temps permet de voir, de rentrer dans le détail et la nuance. J’ai envie de bouger, des fourmis commencent à arriver dans mes pieds. Au loin, un bâtiment avec des couleurs, qu’est-ce que c’est ?
Le soleil décline, quelle heure est-il ? Toujours cette question au fond de moi ! Et puis je me retourne et c’est bientôt la fin. La lumière déclinante se reflète dans les bâtiments, je me verrais bien dans ce jardin plus tard.

J’ai embrassé l’aube d’été, disait Rimbaud…
Ce matin j’ai embrassé l’aube de printemps.
D’abord le rose, les contours flous, doux, le vert du jardin qui sort de la nuit, les premières fleurs des fruitiers...
Mon premier visiteur est un rouge-gorge qui colle son bec à la fenêtre. Les oiseaux vont et viennent, volent par deux, parades matinales ou en petites bandes. Leurs chants envahissent l’espace. Ce matin est très beau et serein, la lumière monte et seules les mélodies des oiseaux m’entourent. Face à moi les verts, toutes nuances, les feuillages, les arbres, et la vie qui grouille de plus en plus. Dans mon dos, la ville bruisse légèrement, puis ronronne, puis s’agite, les sons montent... Je les oublie, m’abandonne à la nature qui vibre à mes pieds, je suis dans cet espace. Une mésange vient chanter, je suis la pie qui bâtit son nid, peu à peu les hommes et femmes s’immiscent, la lumière devient dorée, les contours se précisent, le jour est bien là... 1h déjà et les derniers visiteurs sont deux perruches vertes totalement exotiques !
Merci pour cette douce parenthèse.

Tout au fond, à l’horizon, les tours de la Défense. Devant, des immeubles hyper modernes. Et entre eux et l’abri, une végétation dense et fleurie, vu la saison. Malgré la chaleur difficilement supportable au début, l’heure est passée bien plus vite que je ne l’aurais cru. J’ai été divertie par la faune, essentiellement volatile, et la flore, dont la renaissance est toujours extrêmement plaisante à contempler. Cette expérience m’a fait réaliser à quel point je manque de vocabulaire et de connaissances du monde naturel francilien. Trois hirondelles (à moins que ce fussent des pies) m’ont particulièrement divertie, à sautiller et à jouer dans une allée du potager.
Le soleil se couchant, la chaleur est devenue plus supportable. Mais, horreur ! Ce sont les moustiques qui l’ont remplacée. Bien protégée dans l’abri, je n’ai pas eu à m’inquiéter d’être piquée, mais leur présence chaque minute plus nombreuse ne me rend pas optimiste sur les soirées à venir que je comptais passer dehors.
Ce soir, la ville m’a ouvert une petite partie de son cœur, et je me suis honorée d’avoir pu veiller sur elle. Je me suis imprégnée du paysage et l’ai imprimé dans ma rétine, comme s’il allait disparaître demain.

Contre toute attente (du moins, contre la sienne), la veilleuse ne s’est pas endormie.
Cette journée déjouera peut-être d’autres pronostics.
La veilleuse témoigne en tout cas qu’elle a démarré avec l’inexorable lever du soleil, capté par les façades en verre des immeubles, le métal des compact discs protégeant les potagers, les fenêtres nues et les volets encore clos.
Spectacle inédit pour une entrée en douceur dans cette nouvelle journée.

Après avoir enlevé mes pulls car il y faisait très chaud. Soleil en face éblouissant mais nuage de fumée incessant provenant de l’incinérateur. Et puis le soleil descend et illumine un immeuble de façon très agréable jusqu’à sa disparition (le soleil, pas l’immeuble !).
Côté rue Dhalenne, j’ai eu l’impression d’être derrière un moucharabieh et de pouvoir m’identifier à certaines femmes qui, dans certains pays, ne peuvent profiter de la rue qu’à travers ce genre d’ouverture...
Pas très réjouissant.
Et le parc se calme. Et la rue aussi.

Debout, immobile, je laisse mon corps s’ancrer dans le sol de l’objet abri. Débute alors une écoute attentive du monde qui me fait face.
C’est une ode à l’instant présent où le temps semble s’étirer.
Jérôme (+ le pigeon)

Choses que j’ai vécues / dont j’ai été témoin sans les voir :
– le lever du soleil auquel j’ai assisté indirectement à travers son reflet dans les vitres et les ombres projetées sur les bâtiments.
– quelques embrouilles de circulation, dont les coups de klaxon m’ont indiqués le déroulement
– la construction d’un nid, qu’une pie fière de sa trouvaille s’est empressée de continuer
– la construction d’un bâtiment, que les mouvements lointains d’une grue ont trahi
– une querelle entre chiens, dont j’ai entendu les aboiements
– la présence de beaucoup d’oiseaux dans le parc, grâce à leur chant
– l’absence de soleil sur l’abri, par le froid qui m’a doucement engourdie.
– la vie qui bat son plein tout autour de moi.

Coupée du temps, déconnectée. 1H qui passe si vite dans le quotidien, mais qui se vit dans cette boite.
1H avec soi-même. Belle expérience.

Au début de cette expérience, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire pendant 1 heure. Et puis le soleil a commencé à pointer le bout de son rayon !
Les immeubles ont commencé à s’illuminer comme embrasés par cette lumière. On aurait dit qu’ils sortaient de terre !
Passé cette performance lumineuse, mon regard s’est posé tout autour de l’espace devant moi et un ballet d’oiseaux s’est déployé devant mes yeux.
Très beau moment suspendu à veiller sur la ville et sur moi.
Merci.

"Poésie, fantaisie
COULOIR DE LUMIERE
HALO TROCIPAL
Pensées abstraites"
Inspirant, une heure au dessus du quotidien, suspendue. Quelle heure est-il ?
Est-ce que je viens d’arriver ou est ce que c’est la fin. La porte seule sonne le gong à son ouverture et à sa fermeture. Très heureux d’avoir participé à cette expérience.

Merci pour cet instant suspendu durant lequel se sont invités des moments d’introspection, des temps d’observation intense. La nature était là et semblait me dire "détends-toi" ; jeux de lumière et de contrastes sur les immeubles tels des Rubikscube.
Très vite le temps s’est envolé, mon imagination avec... J’observais et me sentais observée mais avec bienveillance. Un vrai bonheur le jour de mon anniversaire.
Merci encore pour cette belle expérience.

J’ai anticipé pendant plusieurs jours avec une certaine angoisse, la perspective de me retrouver seule sans d’autre distraction que le paysage. Cette idée d’être seule avec moi-même était terrifiante, et ça a été mon obsession toute la nuit précédant la veille.
Pourtant, une fois sur place, je n’ai absolument pas eu le sentiment d’être seule, et l’introspection que j’anticipais n’a pas été au rendez-vous.
J’ai été très occupée par l’écoute et l’observation des oiseaux qui semblaient danser sous mes yeux.
J’avais délibérément choisi un matin car je souhaitais repartir le jour, dans une optique de renouveau/de commencement. Je savais cependant que je faisais le choix de ne pas assister à un lever de soleil puisque l’orientation ne s’y prête pas. Quelle ne fut pas ma surprise de voir de magnifiques dégradés de couleurs dans le ciel, du violet au rose pour terminer par un bleu presque blanc. C’était des couleurs comme je ne les avais jamais vues.
Je suis aussi reconnaissante de la nature pleine de bourgeons qui avait l’air de pousser à vue d’œil.
Les fumées de cheminée, les oiseaux, les lumières du soleil et la serre perdue dans la verdure, et surtout, surtout les bruits d’une ville qui se réveille.

J’ai imaginé plein de choses avant de venir le soir et au final mes sensations étaient totalement autres.
C’est un voyage à rebours dans le temps :
J’étais dans le ventre d’une mère nourricière, bien au chaud et protégé de tout ce qui se passait à l’extérieur... Les bruits ouatés de la ville, les voitures, des cris d’enfants, puis le chant des oiseaux, pendant un court moment, le rythme saccadé d’un djembé...Et plein de gens qui courent pour faire du sport ou derrière leurs vies, et moi là, dans ma capsule, immobile et dans le silence, qui les observais sans qu’ils puissent même l’imaginer...
Et puis, les couleurs : le bleu du ciel qui devient orange et puis gris, noir, obscuré par un épais nuage de fumée d’un incendie éclaté pas très loin...
Et moi là dans mon bocal, en train d’observer à l’abri de tout ça, les sentiments et les problèmes de tous qui, le temps d’un instant, devenaient un peu les miens...

Je rentre dans l’objet-abri sans savoir qui, ni ce qui m’attend. L’odeur du bois me rassure alors que je n’ai pas encore atteint le bout de la pièce. Le soleil se reflète sur les fenêtres et je distingue que à chaque instant, je peux l’observer, lui qui se lève dans mon dos.
La mélodie des chants d’oiseaux en inspire d’autres dans ma tête et je compose sans guitare, papier, ni magnéto.
Devant moi le parc se réveille.
Derrière moi la ville s’affole.
Je sens le soleil réchauffer mon corps. La température n’a pas bougé.
Le pic vert bat la mesure et j’esquisse un sourire.
J’essaie de faire sortir "Pink pony Club", invité non désiré.
Tous les autres passagers sont bienvenus dans mon esprit.
Soleil tu es là, soleil tu es roi.

Superbe expérience à vivre. Je ne me suis pas énormément documentée avant de venir pour avoir l’occasion de découvrir au fur et à mesure. J’ai quand même eu une certaine appréhension quand on m’a dit que je devais laisser mon téléphone et ma montre et que je n’avais droit à aucune "distraction". Mais au final, je n’ai pas ressenti le manque de mon téléphone ! :)
Par contre la sensation de ne pas avoir la notion du temps est assez particulière.
J’ai particulièrement apprécié observer les gens, la nature (animaux, insectes) à l’abri des regards.
A bientôt dans une autre ville, qui sait !

Surprise du cadre porte lumineux que je découvre en m’installant dans le refuge des veilleurs !
Je me sens comme dans une cathédrale. On entendait bien mieux les oiseaux avant d’entrer. Les cloisons en bois (dont les essences ne laissent pas indifférent !) atténuent les chants, et le bruit sourd de la circulation se fait tapis sonore. Merci oiseaux qui avez charmé cette heure par des piaillements, des roucoulements si variés, et vos trajets en tous sens dans le ciel et d’arbre en arbre, parfois en couple, en groupe...et puis en voilà un solitaire.
Le marron des carrés ou rectangles de terre c’est ce qui a le plus attiré mon regard pour commencer ! Je ne peux m’empêcher de penser aux jardinier.es citadin.es qui font de notre grand parc une pépite de Saint-Ouen.
J’essaie d’arrêter de penser ! Ciel bleu (ciel !) pas un nuage ? Si ! La fumée de cette installation de chauffage urbain en dessine un, qui se meut, change de forme, cache la haute cheminée et finit par la dissiper.
Au loin, j’observe avec curiosité le mouvement très très très lent d’une grue de chantier rouge et blanche, un gros bloc pend au bout d’un fil. Et je pense à toi l’ouvrier qui t’es levé avant tous.
Les reflets sur la Défense au loin, magnifiques à mon arrivée, on vite disparu. Le soleil est plus généreux pour les arbres qui déjà colorés sont de plus en plus lumineux. Petites touches de couleurs vives d’épouvantails créatifs, un tourniquet aux ailes jaunes, bleues, vertes... il y a peu de vent mais il suffit à animer les sacs poubelles noirs qui sont comme de drôles de drapeaux. L’heure se termine !

Sortie de l’étuve, de "l’objet".
Difficulté les premiers moments avec la chaleur. Quelques suées et puis s’habituer. Laisser trainer son regard.
D’abord sur les gens, les jardiniers, un couple de personnes âgées très touchant, deux jeunes en trottinette qui font le tour des jardins.
Le soleil d’abord perçant, la pollution très présente, nuage.
Comme un nuage au dessus des la Défense qu’on aperçoit au loin.
Puis "rentre" dans les bruits les oiseaux, beaucoup d’oiseaux
Les cris des enfants qui jouent , qui s’interpellent. Tout un petit monde qu’on devine à l’arrière.
Derrière nous.
Le printemps est là et quelle joie d’apercevoir la végétation, les premiers bourgeons. Les arbres sont encore, à mon goût, trop petits. Je préfère les parcs de la Légion d’Honneur à St Denis, par exemple. Là, trop d’horribles constructions.
Je préfère regarder le sol, les premiers jardins ouvriers et les deux très beaux arbres qui restent à l’arrière.
Un moustique perturbe mon attention dans l’habitacle.
Et une autre surprise est coincée entre deux immeubles sur la droite, un jeu de lumière sur un immeuble ou je ne sais quoi.
Très intriguant.
A un moment la fumée de la TIRU s’élève très légèrement.
Petit à petit le soleil descend, le cors s’habitue à la position debout. Pieds nus bien ancrés dans le sol et chasser, comme on le fait au yoga, les mauvaises pesées, les soucis de la journée, le stress, la course pour arriver à l’heure, la fatigue accumulée. Je suis contente de ce moment car j’ai vraiment réussi à m’extraire du quotidien. Observer tout ce monde, je ne pensais pas qu’il y avait autant de monde à cette heure là. Cela donne envie de revenir veiller...
Merci pour ce projet très original.

Je m’enferme dans cette structure à 7h du matin en pleine semaine.
Première réaction, je ris ! Je ris d’excitation, de là où je suis, de l’expérience, de plaisir. Je suis comme un enfant tout joyeux d’une nouvelle expérience.
Après avoir découvert la structure de l’intérieur, je me mets au défi de deviner le temps passé, comme pour en garder la trace et le contrôle.
Je vois les premiers rayons sur les immeubles, le jardin, les oiseaux mais je ne les regarde pas. Finalement après avoir tapé du pied, je me fais une chorale. Ça doit faire dix minutes.
Puis je chante en faisant de la batterie avec mon pied ; du AC/DC, du Black Sabbah, "Culte of personnality", "How deep is your love". Je tape sur les murs, un vrai concert ! J’ai passé vingt minutes pour le moment en tant que veilleur.
Je me suis demandé si je ne fuyais pas le silence. Alors j’ai arrêté. J’ai vu le paysage, puis je l’ai vraiment regardé. Un volet d’une tour s’ouvrait, puis un autre. J’ai observé méticuleusement les bâtiments, les gens qui se réveillent. Puis les rayons du soleil sur les bâtiments, j’arrive à les voir se déplacer, je voyais le temps, ça devait faire quarante minutes. Un bâtiment m’a intrigué tout du long, ses volets d’un étage "dansaient" toutes les cinq minutes. C’était le mouvement toujours en périphérie de ma vision. Je regardais comment les oiseaux volaient, comment ils battaient des ailes, comment ils planaient. C’est eux qui détachaient mes yeux des bâtiments. Le parc n’a pas attiré mon attention. Je n’ai pas été sensible à lui. J’ai terminé mon observation par le ciel, bleu, pur, avec si peu de nuages, il m’a apaisé, ça devait faire cinquante minutes. Enfin j’ai regardé la structure, les traces de pas témoins des autres veilleurs.
J’ai pensé à mon temps futur, à moi. Et l’expérience s’est terminée. Je fus assez fier d’avoir réussi à suivre le temps. Une expérience fantastique qui m’a appris à regarder !

Une parenthèse d’1h...
C’est finalement bien peu, faut décrocher du bus qui n’arrive pas, du stress de ne pas trouver une place en terrasse, des préoccupations à deux balles... et l’entrée dans la boîte, le sauna sans la vapeur et la lumière qui tape à l’œil. Il y a deux espaces intérieurs délimités par le cordon lumineux : au soleil le grand ciel, les arbres aux feuilles timides, les immeubles cubes géométriques et l’ombre, les 2 marronniers déjà majestueux, un petit banc et un horizon fermé. Je n’irai que très peu vers la "ville".
Je préfère le vol des oiseaux, une buse peut-être survolant très haut la Serre, un groupe d’étourneaux, les traces blanches des avions dans le ciel, les jeux de basket, les paniers ratés :), les visiteurs de jardin, la jardinière qui fait ses allers-retours avec son arrosoir débordant...
Les chants d’oiseaux sont loin derrière, la circulation au conservatoire où jouent de la batterie les gamins du parc sont bien curieux et le crient bien fort ...
On est dedans/dehors, un peu en soi aussi, mais on a tant à voir et à écouter.

Un matin se lève sur la ville.
Des souvenirs passent comme les oiseaux .
La lumière encadre mon regard.
Le temps file.
J’écoute, j’observe, je dialogue, je rêve :
Je suis bien ici.

Il y avait beaucoup de gouttes d’eau su la vitre. Je suis restée, regardant tout droit pendant un long moment. Face à moi, les jolis potagers. J’ai eu mal au dos à un moment, surtout la fin. Mais j’ai laissé mes yeux se balader sur ce qu’il y avait en face de moi, les immeubles, les fenêtres, un garçon qui jouait au basket, seul, (je ne l’ai pas vu mettre le ballon dans la corde), des insectes se faufilant à travers la vitre, des personnes qui faisaient le tour du potager. Je reculais lorsque je les voyais. Puis j’ai laissé mes pensés défiler et au fil du temps je me disais ah il est, ou ça fait 10 minutes, puis 20 minutes, peut-être 45 minutes. J’étais debout face à cette vue. Dans une boîte. Je me sentais bien. J’ai beaucoup aimé cette expérience. J’ai prié aussi pour mes proches et pour moi. C’est à la fin de la prière que la veilleuse est arrivée. Quel timing parfait ! Merci beaucoup, je garde cette heure seule mais entourée, si précieusement.
<3

Quelle drôle d’idée de se lever à 6h, après une nuit beaucoup trop courte et de partir veiller. Mais j’aime cette idée d’observation . J’allais écrire du "rien" alors que tout est vie dans cette expérience.
Au départ, j’ai été gênée par la lumière de la cabane, du cadre lumineux qui apparaît sur la vitre. Je me suis collée à la vitre pour le faire disparaître. Et puis, j’ai un peu joué avec, en m’incrustant dedans et dans le paysage. J’ai vraiment eu une sensation d’observateur. Et j’ai essayé d’éprouver mes sens. Ressentir le corps. Mais la tête était toujours là. A analyser ce que je voyais, entendais, sentais. Bizarrement, il n’y a pas eu de véritable moment méditatif. A un moment, je me suis dit que ça y est, le jour était levé, que la journée avait commencé. Cela s’est fait en quelques secondes. Cette sensation, je ne l’ai expliquée qu’aux bruits que je percevais. Avant, c’était le bruit de la nature, beaucoup de chants d’oiseaux. Et puis après, il y a eu un fond sonore plus sourd, qui prenait le pas sur les gazouillis, cela m’a questionnée. Plus que la lumière (le ciel est gris ce matin), c’est le bruit qui semblait rythmer le jour.
Et moi j’aime le silence

Entrer dans ce rectangle tout de bois vêtu.
D’abord, laisser le rythme du cœur descendre lentement, celui de la journée.
Très rapidement, se sentir un peu gênée par le rectangle lumineux fait de LED.
Intérieurement, je me questionne :
Pourquoi doubler cette fenêtre verticale sur le paysage par une seconde lumineuse, électrique.
Je me surprends ainsi à voir que mon intention se pose sur ce détail, et que cela n’a pourtant aucune importance si je parviens à en faire abstraction.
Alors je veux tout regarder, tout voir.
D’abord je balaye lentement la portion de territoire devant moi ;
Elle est faite de ce qu’il y a de plus urbain, mais aussi de tous les artéfacts de la nature.
Skyline, vrombissement permanent des voitures, grue de chantier au loin.
Merles, pigeons, tourterelles à collier, rouge-gorge, corbeaux, ils découpent en lignes obliques le ciel gris et bleu. Tiens, cette femme, presque aussi immobile que moi, que fait-elle ici ?
Cet homme droit comme un piquet, est-ce qu’il me regarde ? Cette petite fille a le cri le plus strident qui soit. Je ferme les yeux pour veiller cette fois par l’ouïe. Mes oreilles se remplissent de ce que j’ai vu. La femme se lève, ajuste son manteau, referme consciencieusement la petite barrière de bois. S’en va. Je m’assois. Comme l’on sent son corps quand il est immobile. Je vois toute cette nature. Et cette canette de coca, juste sous mes yeux, bringuebalée par le vent. Et tout au long de cette heure qui n’en était pas une, c’est la voix de Shou Hui que j’ai entendue se mêler aux bruits de la ville.
Merci pour cette expérience nécessaire.

J’ai voulu participer à ce projet artistique pour me dire que je suis capable de rester 1 heure dans une cabine sans rien faire, pas de livre, pas de smartphone, pas d’ordinateur, pas de cigarette...
J’ai voulu me concentrer sur la végétation du parc puis admirer les oiseaux qui viennent s’alimenter en graines de ces jardins partagés d’ouvriers, je me souviens à l’époque, ils avaient été attribués assez rapidement puis sur liste d’attente. Je trouve que cette végétation a bien grandi, cette vue est belle avec des fleurs, le coucher de soleil s’est fait rapidement. J’entendais les oiseaux, les enfants qui jouent, les joggeurs qui courent. Je me suis éloignée alors des paysages pour voir les immeubles des Docks puis la Défense.
C’est fait et je suis content d’avoir fait partie de ce projet.

Une fois à l’intérieur, on se croit observé. À l’extérieur, il fait sombre alors que nous sommes éclairés. Cette sensation va changer à mesure que l’expérience progresse. D’observateur on devient témoin, l’extérieur défile et ne semble pas prêter attention. Notre position devient alors privilégiée, en toute discrétion on observe le parc et certains de ses habitants.
Je pensais me connecter au territoire, à la ville, par là j’imaginais que j’allais observer les habitants vivre à travers les immeubles qui nous font face. Les appartements au loin ne s’éclairent pas et quand bien même, ils sont loin. Par un jeu de perspective, la connexion se perd devant entre les bâtiments, par le jeu des grues qui relient les immeubles entre eux.

C’est après une journée bien remplie que je réalise cette veille par une journée de printemps entre nuages et éclaircies. Une fois dans l’objet, il est temps de ralentir. L’isolement de l’abri provoque un apaisement, un peu comme une méditation où l’on "observe" différents paysages, on retient sa respiration et on entend plus les sons.
Au fur et à mesure que le temps passe, le paysage change et l’agitation du parc laisse place à la sérénité du soir. Les chants des oiseaux se font mieux entendre. Le flot des pensées est aussi apaisé.
Ce temps suspendu restera une expérience remarquable pour moi et je suis fière d’avoir fait partie de ce projet.
Merci de l’avoir créé

Les premières minutes dans l’abri sont particulières, on a comme la sensation d’être seul au monde, et c’est comme un temps de préparation et d’anticipation de tout ce qu’il y a à observer. J’ai comme fonctionné par étapes. D’abord, mon attention s’est portée vers les habitations et les bureaux, comme si j’étais à la recherche de vie humaine. D’autres personnes qui seraient là aussi, à cette heure matinale, peut-être pour me sentir moins seule dans la cabane. Ensuite, j’ai décidé d’observer la nature, les arbres bouger, les oiseaux voler et se poser... cela a duré un moment. Ensuite, j’ai remarqué les sons : des chants d’oiseaux, des foulées de joggers, le moteur des bus. Un nouveau champ d’observation s’ouvre à moi par d’autres sens. C’est ensuite l’odeur qui capte mon attention, l’odeur du bois. Comme dans une méditation de pleine conscience, j’ai aussi porté attention à mon corps, mes sensations, et ai laissé mon sprint vagabonder, penser, imaginer, s’ennuyer. À un moment donné, j’ai eu le sentiment d’avoir terminé : j’avais tout vu, entendu, senti. C’est alors que s’ouvre la porte de l’abri.

Je n’ai pas la présomption de tout comprendre, de scientifiser chaque action ou moment. Alors je vais écrire un poème :
Suspendu à tes lèvres comme un murmure évanescent
la descente de l’aube fit son chemin
A la genèse, il y eut un frétillement
brulons et brulons
éclairaient notre chemin.
Au dernier quart d’heure
Il reste dans nos cœurs
Nous savourons toutes ces saveurs
Pensant devenir penseur.
Quand il perd de son éclat
La nuit prend place
A l’obscurité
Nous brillâmes comme des veilleurs éveillés.

Avant la veille, je me suis réveillée avec cette responsabilité, celle de veiller sur ma ville. J’ai pris conscience que ça parlait de moi et des missions que je pouvais endosser sur mes épaules.
Une fois dans l’objet abri, je me suis sentie chanceuse d’avoir cette responsabilité. Une vague d’amour m’a parcourue, celle du lien avec tous les hommes et les femmes habitants de la ville encore endormis. Face à ce magnifique panorama, seule est la présence, j’ai pu admirer la danse de la lune avec son jeu d’ombre et de lumière, une fois cachée, une fois présente ainsi par les mouvements des oiseaux, rapides, surs et décidés. La fumée sortant de la cheminée m’a ramenée à mon enfance, quand la petite fille en moi y voyait une usine à produire des nuages... une larme monte. Je l’accueille avec douceur. Cette même douceur qui vient caresser les arbres dans la lumière du matin puis s’installe paisiblement. Les nuages disparaissent pour laisser place à ce ciel bleu, vide. J’aperçois des avions, toujours dans la même direction, celle de ceux qui ont déjà décidé de leur destination. Soudain, dans le concert des oiseaux, j’entends un bruit, celui d’une sirène, et je m’interroge : dans nos vies à 1000 à l’heure, entendons-nous l’appel de notre cœur ? Sommes-nous présents à nous-mêmes, à ce qui compte, ou courons-nous après nos vies ?
Mon heure de présence est déjà finie et elle a fait naître en moi une grande curiosité envers moi-même et le monde qui m’entoure, c’est un cadeau que j’ai envie de vous OFFRIR !

J’étais très curieuse de cette expérience et en même temps, un peu angoissée à l’idée de passer une heure entière dans un si petit espace. Un mélange d’enthousiasme et d’appréhension mais avec l’envie de découvrir, faire quelque chose de nouveau. Cette heure s’est déroulée au final assez vite, en plusieurs phases. D’abord le vert des feuilles -apparemment la couleur dont on perçoit le plus de nuances- une observation silencieuse et respectueuse de tout le vivant : les nuées de moucherons comme les étincelles d’un feu qui frétille. Les merles avec leurs becs si jaunes. Ensuite, les odeurs, celle du bois chaud qui m’a rappelé le grenier d’une maison de famille dans les montagnes. Et puis tous ces sons qui me parvenaient de l’extérieur, un peu comme si j’épiais. La concentration permise par l’isolement, le repli sur soi vers une plus grande ouverture à l’autre. Enfin, ressentir la gravité du corps, agréable et apaisante. Une joie :)
MERCI !

Here come the sun
(doudou dou dou...)

D’avance, excusez-moi pour l’orthographe, merci.
Je ne m’attendais à rien et surtout à rentrer dans un moule pour ne pas voir le roi nu...
Je pensais aussi faire un bilan car je suis en résidence de création à la Serre Wangari depuis 6 mois et pour 6 mois encore... Rien de tout ça...
J’étais fatigué j’ai donc baillé au début, énormément, j’ai presque commencé une méditation puis des rythmes sont venus et enfin j’ai lâché prise... Deux débuts de chanson sont arrivés.
Le romantisme est LE criminel
Impossible à laisser en route
Il faut souffrir pour être beau !
Voilà ce qu’il nous fait croire...
Libérez les portables
Ils nous tuent !!
Je suis donc heureux, c’est le début d’une création et c’est une belle surprise.
J’ai du coup passé la fin de la veille à essayer de garder en mémoire les deux idées de chanson. Il me tardait qu’elle se termine pour ne pas les oublier...
Merci !
"Je ne suis rien, je ne peux vouloir être rien ; à part ça j’ai en moi tous les rêves du monde"
Fernando Pessoa

De l’obscurité à la lumière...
J’ai eu l’habitude de veiller en ce jour pendant plusieurs années. Mais cette fois-ci à Saint-Ouen ! J’ai regardé l’effet de la lumière su soleil au leu de regarder le soleil même...Quelle expérience ! Le monde qui attend la lumière, les arbres, le ciel, les immeubles, les animaux, et moi...
Debout, j’ai pensé à ce jour, ce samedi qu’on attend, le samedi de la lumière, ce paysage de l’obscurité à cette lumière qui nait.
J’ai entendu les oiseaux, les battements de mon cour, des gens qui passent à côté, les voitures et j’ai également entendu la voix de Fayrouz dans ma mémoire. J’ai presque senti l’odeur de l’essence et le jasmin de mon père. Que la lumière soit toujours attendue, et qu’elle me retrouve à chaque fois présente en oreille.

Quelle fulgurance ! Déjà ? C’est le cri du cœur et de l’âme lorsque la clé réouvre la porte après la veille. Quel paysage ! Les jardins partagés avec le détail des arbres et des récoltes qui poussaient timidement ou plus cela. Le jeune figuier à droite, les cerisiers d’eau de vie de chaque côté. Le vol des étourneaux, la pie qui se balade sur la cabane. Cet espace vert garant de la vie naturelle alentour et ces immeubles au loin, la vie humaine qui a vu / vit sur cet espace naturel. La lumière du soleil couchant passe entre les barres de nuages et se reflète sur les vitres de l’immeuble de gauche. Époustouflant ! Je retiens mon souffle, micro-mouvements, pieds bien ancrés dans le sol, la tête qui s’élève vers le ciel. Et l’odeur... le pin... la sensation d’être dans une forêt de senteurs.
Pour finir, à la pénombre qui s’installe... le champ visuel qui rétrécit, la lumière de la boîte en réverbération, un temps suspendu, un espace, une bulle en l’air...
Belle veille, paix qui descend et propage aux alentours… aussi loin que possible.

Je ne sais tout d’abord plus par quoi commencer, comme si l’expérience s’était évaporée dans l’abri. L’observation vaguant du plus petit au plus grand, de la goutte laissée par la pluie de la nuit à la rotation de la planète permettant la venue de cette lumière éclairant
Je n’ai a priori aucune croyance divine, mais ce que produit l’observation d’un paysage aussi riche produit un effet de détachement de l’environnement. Je veille, je me vois veiller et la nature veille autant qu’elle veille sur moi. Pour décrire et accentuer la richesse de ce paysage, on y voit une histoire entière qui, bien que récente, ne peut être qu’imaginée. Des liens se font entre l’actuel et le passé. Ce parc central, dans ma vision, a l’air d’être né d’une friche industrielle tandis qu’en arrière, la Défense est bel et bien actuelle.
Paysage paradoxal et poétique, j’y vois la vie et la mort, la résistance et l’abdication. Si mon champ de vision s’est réduit à celui de l’activité humaine, les couches n’ont à mes yeux pas la même valeur. Sur la gauche, les bureaux d’Alstom, je crois, observant la vie du parc et n’attendant que l’extension de lui-même ou de l’un de ses voisins. Face à moi, le travail humain dans une forme vitalisée, les potagers. Ces différentes couches visuelles se mêlent pour créer une expérience de réel. N’ayant pas la possibilité de finir cette page, j’ai une pensée pour le ragondin avec qui nous nous sommes observés.

Je me suis intéressée au cycle des veilleurs pour expérimenter.
Je voulais sentir, essayer, comprendre...
J’ai préparé ma veille, choisi la date.
Mais la vie a choisi ce moment pour se faire compliquée.
Je suis arrivée ce matin avec le cœur un peu lourd et l’esprit embrumé.
Et je me suis posée là, debout devant un petit bout de monde.
Découvrant un peu sur le tard, que la frontière entre seule face au monde et seule face à soi-même n’était que trop fine ;
– Oh un oiseau, il est mignon ce moulin à vent
– Il faut que je trouve du temps pour peindre aujourd’hui
– C’est quoi ce truc par terre ? On dirait du tissu
– C’est une antenne ça ? C’est dommage, le bâtiment serait mieux sans, mais bon je suppose qu’elle est là pour quelque chose
– Ah un peu de soleil, enfin... ah bah non il est reparti.
– Est-ce que je donne trop aux autres ? Pourquoi je m’investis autant, si vite, et est-ce que ça leur fait peur ? On me prend pour acquise ou suis-je juste excessive ?
– Est-ce que je vais réussir à rester sur Paris l’année prochaine ? Et si j’y arrivais pas ?
– Une perruche ? Soit je rêve, soit je n’y connais vraiment rien en oiseaux, soit je suis en train de regarder quelque chose qui ressemble à une perruche.
– Est-ce que je suis bonne dans ce que je fais ?
– C’est un radiateur ça ? On dirait que quelqu’un a ramené un giga radiateur dans son jardin
– On peut vraiment être heureux ? Ou c’est le fait d’essayer de l’être qui nous fait délirer ?
– Pourquoi je me pose autant de questions ? Arrrrhg encore une question
– Eh, ils font leur nid ! Je ne suis pas sûre de savoir ce que c’est comme espèce...
– Elle est belle cette dame, je me demande quelle musique elle écoute
– Je veux arrêter de penser à lui, il faut que je pense à moi
– Elle a l’air heureuse la dame là-bas avec son parapluie, on dirait mon accompagnatrice, après j’ai besoin de lunettes.
J’entends des pas, c’est pas déjà fini là ? Ça doit faire 20 minutes peut-être, 30 max
TOC TOC Ah bah si ça fait 1h
Une heure de transe qui s’achève en un battement de cil, j’aurais voulu rester là
Et pourtant, je repars avec l’esprit apaisé et le cœur un peu plus

Un moment de calme, un moment de reconnexion à moi, un moment de connexion avec les oiseaux, un moment de perception du flot des pensées, un moment qui me permet de plus voir en moi, un moment de respiration et de calme.

Le soleil a disparu derrière les arbres, prenant le temps.
Le ciel encombré de nuages.
Puis s’est éclairci, laissant apparaître du bleu.
Il était blanc, le soleil puis rougeoyant.
Les nuages blancs, gris sont devenus roses dans le gris.
Quelques oiseaux volaient à ras des plantes.
Les maisons, gros blocs carrés au fond. Pas de lumière aux fenêtres.
Je voulais leur envoyer douceur et paix et joie, aux habitants de ces immeubles.
La couleur, c’est de la lumière.

Avant de commencer la veillée, j’hésitais à savoir si je préférais l’atelier préparatoire ou la veille, les deux sont indispensables afin de nourrir tous mes sens, je n’ai pas hésité à participer à cette expérience artistique dans les poumons de ma ville que j’aime car elle correspond aux cinq mondes dans lesquels je vis : le matériel, le sensible, l’invisible, l’universel et l’Amour. J’ai adoré l’expérience et j’ai pu apprendre qu’une goutte d’eau en cache plusieurs.
Merci pour cette expérience

Tout d’abord, j’ai entendu Elise, les pas s’éloigner puis l’odeur du bois. Ensuite, j’ai entendu les bruits de la ville, les cris des enfants et les chants des oiseaux. Quand les chants des oiseaux s’entendent, les cris des enfants s’éloignent. J’ai également ressenti la symétrie : celle du cadre de lumière que je traverse en me déplaçant, celles des cheminées de la ville et celle du soleil qui m’éblouit, le vrai et son reflet dans les bâtiments de verre. Je n’ai eu de notion du temps qui passe que du soleil qui décline, des verts des jardins qui s’assombrissent, des voix des enfants qui disparaissent, des chants des oiseaux qui s’approprient l’espace. Tout ça m’a envahie sans laisser de place à autre chose. C’est passé vite.

Expérience méditative :
reproduction photo
Perspectivement équilibre en mouvement. Le premier plan les fleurs, deuxième les arbres, troisième le ciel nous donne l’impression d’être dans la nature avec les oiseaux qui bataillent pour leur place ; sensation de gratitude à l’heure du matin, les gens dorment encore et le ciel se révèle. Saint-Ouen m’a accueilli il y a 8 ans et à Saint-Ouen je me sens chez moi. Si on trouve le cadre l’expérience est encore plus pratique et devient plus pesant " nous déesse émergée dans la nature"

D’abord, j’ai laissé mon regard se concentrer sur les oiseaux. Les belles pies noires et blanches me rappelaient les élégants tuis de Nouvelle-Zélande. Je regardais les branches ployer sous leur poids. Ensuite, j’ai regardé les passants, les jeunes jouer au basket. J’ai très vite renoncé à rester immobile. J’ai fait quelques pas dans l’abri, je me balançais d’une jambe sur l’autre, m’étirais, je me suis adossé quelques fois au mur. J’ai suivi ensuite la course du soleil, d’abord lente, presque imperceptible, puis de plus en plus rapide à mesure qu’il prenait une teinte chaude et orangée. Et soudain, je l’ai perdu. Dans le ciel, dans les reflets des bâtiments vitrés. Mais les nuages rosés ont prolongé sa présence. Quel privilège de pouvoir passer une si précieuse heure de son temps à ne rien faire que regarder les formes, les couleurs, les mouvements, les lumières. Je préfère les paysages naturels, montagneux, mais c’était un exercice agréable de chercher le beau dans un paysage urbain végétalisé. Expérience intrigante mais plaisante.
Merci à France pour son accueil.

Je ne sais plus quel peintre de la Renaissance avait dit : "La peinture est une fenêtre ouverte sur le monde". Rentrer dans cet abri, à l’aube, c’est remarquer directement le cadre lumineux qui se reflète dans ses vitres et transforme ce paysage en tableau, tantôt mobile, tantôt figé, parfois doux et parfois assourdissant. Le cadre bougeait avec moi quand je me déplaçais, quand je m’appuyais contre le mur, quand je m’approchais ou reculais de la vitre. Mon ombre s’y reflétait un peu, presque évanescente. Je me suis sentie un peu actrice de ce tableau que mes yeux guidaient. Mais c’est un tout nouveau rôle que j’ai endossé ce matin, celui de contemplatrice. J’ai pu découvrir une ville dans laquelle j’ai récemment emménagé sans objectif, sans exploration, sans personne. Une expérience du sensible qu’il m’est rare d’éprouver et que j’espère avoir le courage de reproduire (peut-être de moi-même ?) dans ces temps où ne rien faire peut être angoissant. Au final, il y a tellement de nuances de blanc dans un ciel voilé, et je l’ai découvert ce matin dans ce doux tableau de paysage.

J’ai vu la nature s’endormir,
et la ville s’arrêter.
J’ai vu le soleil s’évanouir,
et les couleurs changer.
J’ai vu la luminosité baisser
et les oiseaux s’activer.
J’ai vu ce qu’on ne voit pas
lorsque l’on vit pressé.e.

Je ne sais plus comment j’ai découvert ce projet.
Je ne savais pas si cela allait me plaire.
Mais je sais que j’aime passer des moments seule, regarder la course du soleil et m’immerger en pleine nature.
Je ne suis pas du matin. J’aime marcher la nuit dans les rues quand le monde dort.
La ville vidée, presque silencieuse, pour moi.
J’ai pourtant choisi de veiller le matin, pour découvrir cet autre moment de calme, où le monde rêve, ou parfois s’éveille.
J’ai toujours veillé sur les autres. Petite c’était d’abord les animaux de tout type, puis ma petite soeur, mes premiers et premières ami.e.s, mon petit frère, mes parents, d’autres amis, et enfin un premier long amour <3.
L’espace où l’on veille est étroit et long.
Il est divisé en son milieu par une ligne de petites lampes.
Je l’ai interprété comme le contenant de mon temps, mon énergie, mon amour.
Si l’on avance ou recule de cette ligne, notre reflet s’efface jusqu’à disparaître.
Quand mes mains s’approchent des lumières, c’est comme si une chaleur se diffusait sur les parois.
Cette chaleur se donne aux autres, mais à soi aussi.
L’équilibre se trouve au milieu, sur cette ligne solaire.
Moitié pour vous, moitié pour moi.
J’ai vu beaucoup de coucher de soleil depuis 28 ans.
Aujourd’hui j’ai vu un lever, c’était un beau cadeau.
Aujourd’hui, comme souvent, j’ai veillé sur les autres.
Aujourd’hui, j’ai veillé enfin sur moi.
Merci pour cela <3

Je rentre, je suis surprise par l’odeur du bois puis par le ruban de LED lumineux qui se reflète dans la vitre. J’ai eu une longue heure pour observer ce qui se passe du point de vue de la cabane. Dans le bois qui forme le cadre et dans le cadre du ruban lumineux.
J’ai observé les variations de couleur.
J’ai aussi observé mon corps s’ankyloser.
A 45 ans, j’ai une arthrite précoce de la nuque et j’ai laissé faire. Je me suis dépassée dans l’instant et ai accueilli l’inconfort des doigts, des coudes, des épaules, des pieds.
J’ai observé le disque du soleil devenir orange puis rouge puis disparaître. Et c’était bien.

Une expérience riche que j’ai pleinement vécue.
La course effrénée des oiseaux, la presque non-course des nuages qui eux aussi semblent s’éveiller.
Les premières lumières d’appartements qui s’allument puis s’éteignent à mesure que le jour se lève. Une cacophonie qui témoigne de la vie, la douce mélodie des oiseaux, cette conversation audible et imperceptible à la fois, la rumeur de la circulation.
Ce matin mon petit moi a veillé sur ce grand tout, ce grand nous auquel j’appartiens. Isolée dans cet abri, je crois que je ne me suis jamais sentie aussi proche de ce monde auquel j’ai donné toute mon attention et mon amour pendant cette heure.
Ce fut un moment suspendu, presque hors du temps et qui, je l’espère, restera longtemps ancré dans ma mémoire. Merci.

C’est étrange. Passer une heure sans rien faire n’est plus habituel. C’est quelque chose qui m’est peu familier. Et pourtant la veille nous l’impose, nous pose ou nous dépose ?
Les premiers instants ont été forts d’une angoisse de ce temps long. L’émotion est passée, puis c’est au tour des oiseaux d’entrer en scène.
Les premiers : noir au bec jaune, volent. On se prend à compter les battements d’ailes. On se prend à s’imaginer voler, quelle liberté.
Puis le temps revient, cette notion du temps qui ne passe pas et qui pourtant file.
Des pigeons se poursuivent.
Le soleil pointe le bout de son nez.
Des pensées circulent. Des joyeuses, des douloureuses.
Un homme s’installe sur le balcon.
Une perruche seule.
C’est l’éveil. Chacun leur tour, ils défilent. J’ai de la chance, il fait beau. Qu’est-ce que l’ennui finalement ? Existe-t-il vraiment ? Ou est-ce un espace où l’on fait face à ces mouvements intérieurs ?
C’est au tour des canards de passer. Puis le retour de la perruche. On ouvre un volet.
Le rien n’existe pas, mais que c’est dur de rester neutre. Les émotions passent. Que la nature est belle, 1 heure sur une vie. Un temps à ne "rien" faire.
À méditer.

Une fois que vous avez participé au Cycle des Veilleurs en tant que Veilleur ou Veilleuse, vous pouvez, si vous le souhaitez, devenir Accompagnateur ou Accompagnatrice. L’Accompagnateur·ice est la personne qui veille sur le Veilleur ou la Veilleuse. Il s’agit d’accompagner bénévolement sur une certaine période, les veilles du matin ou du soir, un Veilleur ou une Veilleuse. L’Accompagnateur·ice aura en charge d’accueillir le·la veilleur·se. A l’issue de la veille, Il.elle prendra une photo et l’invitera à écrire quelques lignes sur son expérience dans le livre des Veilleurs.

Cette journée n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices, comment allait-elle se terminer ? Il aura fallu que je vive cette expérience pour y répondre !
Une appréhension de me retrouver enfermée sans mon téléphone. Contrairement à l’idée, j’ai immédiatement lâché prise. Mon enveloppe corporelle s’est détachée de mon esprit et s’est mise à voyager dans le temps sans crainte ni peur. Un sentiment de liberté malgré les murs de la cabane. Seule et pourtant entourée de tout. Avec le temps, les cris des enfants se sont atténués, me laissant encore plus songeuse et libre de m’évader à nouveau. La beauté du coucher du soleil me rappelait combien le temps passait. Une expérience à vivre sans retenue. Mes problèmes ont quitté mon esprit le temps de ce moment... une parenthèse agréable que je recommande à toutes celles et ceux qui pensent ne pas y parvenir. L’impossible devient possible face à cette nature riche et belle. La vie se dévore à chaque instant. Merci !
Myriam Talon
Florence Petit
Laurette Planquois
Jean-François Clerc
Hiba Ben Romdhane
Pascal Pastel
Patricia Marconnet
Ynes El Janati
Shou Hui
Sophie Pons
Florence Desnouveaux
Virginie Fioux
Elodie Cuccarolo
Annabelle Hubert
France Lepleigné
Guillaume Ruffat
Catherine Baudin
Salman Kei Lanur
Lucette Bellechasse
Claudia-Marie Abbes
Cindy Yesli
Sylvie Boulinguez
Marion Chopin
Juliette Delbreuve
Djamila Benhadda
Jeanne Marie Monpeurt
Manon Fafin
Véronique Chateau
Thibault Croué
Sounantha Poirier
Louis-Michel Aymard
Hervé Giffard
Celine Magny
Mariam Touré
Laure Mourgue d’Algue
Aurélie Poirrier
Loic Fournerat
L’équipe WLDN :
Anna Erbibou - Administratice
Lola Bizeau - Chargée de production et de communication
Zoé Calvat - Coordinatrice Cycle des Veilleurs
Ombeline Bellec - Stagiaire
L’équipe de la Mairie de Saint-Ouen :
Ariane Tricaud - Directrice des Affaires Culturelles
Elise Bernard - Chargée de médiation et de mobilisation des publics
Myriam Talon - Chargée du suivi des actions d’éducation artistiques et culturelles
Ynes El Janati - Chargée des évènements artistiques et culturels

C’est le jour de ma veille, je l’ai attendu.
J’ai veillé sur la ville, j’ai veillé pour moi, je veille sur eux.
Je ne suis pas seule pour veiller, il y a les oiseaux et une petite coccinelle qui attirent mon regard.
Les moulins à vent tournant, le vent est tombé, les moulins se sont arrêtés.
Je ne suis pas seule, la musique du conservatoire m’accompagne. Une voix très familière vient même me rejoindre dans l’objet abri. Elle chante.
Je ne suis pas seule car aujourd’hui est une date particulière dans ma vie. Il est parti il y a 8 ans déjà. Il a veillé sur moi pendant 44 ans.
Aujourd’hui, j’ai veillé pour lui et avec lui.
A mon père.
<3
Merci à Patricia de m’avoir accompagnée.

Avec la lenteur, on accepte la méditation.
Avec la méditation, on accepte le rêve.
Avec le rêve, on accepte le surnaturel.
Le temps s’impose à nous au fur et à mesure que la terre tourne.
Nous, sapiens, avons réussi à décorer ce temps grâce à la musique, elle contient en elle la méditation, le rêve et le surnaturel.
Quand la terre tournera pour une autre espèce que la nôtre, que le temps et la musique appartiendront à d’autres, alors nous retrouverons la lenteur des premiers humains.

Une très belle heure passée dans l’objet abri avec un coucher de soleil magnifique en cette soirée quasi estivale. J’avais rarement vu la ville de Saint-Ouen aussi belle et vivante, ça a été l’occasion de poser un nouveau regard dessus.
Le temps s’est écoulé, à la fois lentement et rapidement, rythmé par la lumière du soleil, le seul repère restant.
Merci pour ce moment de calme et d’introspection, comme il est rare d’en avoir dans notre société. C’est une expérience unique et très apaisante, j’en ressors avec davantage de conscience de la vie de ma ville et de ses habitants.

Ici je veille, j’ai veillé, c’était la première fois. Ne pas se déplacer alors que tout bouge, alors seuls le regard sur le soleil et les oiseaux. Et l’onde parcourut mon corps, mes instants, mes pensées sont ici et là, à l’écoute.
Ici je veille, j’ai veillé, nous veillons :
nous sommes 700 à St Ouen.

L’année 2025 rime pour moi avec une overdose de travail, peu de césure, peu de temps pour couper et se reposer.
Alors quel beau cadeau en ce 1er mai que cette heure passée à observer et écouter !
Sur le chemin vers cette veille, j’ai pensé : quand ai-je, pour la dernière fois, pris une heure ? une heure pour moi ? une heure à observer ? une heure à profiter de l’environnement qui m’entoure ? Je ne sais plus mais certainement il y a trop longtemps que cette heure est passée vite... et quel beau spectacle !
Être immobile alors que tout bouge : les oiseaux, les arbres, la réfection du soleil sur l’immeuble qui lui fait face, les joueurs de basket, les avions, les promeneurs dans le parc, les moulins à vent des jardins partagés, le ragondin en train de dévorer les feuillages qui l’encerclent, le ruban lumineux qui se reflète dans la vitre ... Un magnifique moment à veille sur cette ville que j’aime tant.
Merci !

J’ai souhaité participer au Cycle des Veilleurs pour ancrer dans ma vie un moment de transition : la clôture d’un chapitre professionnel, le début d’un nouveau.
Ça n’était pas un temps d’introspection, mais un temps de bilan pour tourner le dos au passé et embrasser mon futur.
C’était aussi un temps pour me rappeler de l’essentiel pour moi : Vivre et profiter de ma famille.
Bien à vous tous,

Gratitude.
C’est le mot qui, pour moi, résume cette expérience.
D’abord, parce que par l’existence de cette performance j’ai pu consacrer mon temps à "rien".
Puis, parce que cette expérience a permis à ce moment d’exister.
Le temps s’est arrêté pendant une heure dans ma tête. J’étais face au monde mais aussi et surtout face à une partie de moi-même.
Et en quelque sorte face à rien, et à tout.
Merci à Joanne Leighton qui m’a permis de mesurer l’importance de ce moment qui n’existe pas dans mon monde. Je réalise que depuis un moment j’essayais de profiter de ce "rien" ; ce silence qui, parfois, n’existe plus dans mon quotidien. Et par cet instant d’une heure, tout a pris sens.

Regarder au loin et observer quelques lumières aux fenêtres. Mais très peu.
Pas de vent, le ciel est nuageux.
Les oiseaux passent et repassent comme pour me signifier que les arbres leur appartiennent.
Les pies n’apprécient pas que le merle vienne sur les arbres qu’elles se sont octroyés. Elles le pourchassent, le merle ne se risque pas. 2 contre 1.
Il s’en va.
Le ciel laisse passer du bleu. Il va faire beau. Drôle de contraste entre le calme des jardins partagés et le bruit de la rue.
Une ou plusieurs personnes courent. Drôle d’impression d’entendre les bruits de pas dans mon dos.
Mais je suis à l’abri.
J’ai pris ce temps et j’en suis heureuse...
Merci Claudia de m’avoir accompagnée.
Belle journée.

Une heure debout : court et long
Court dans ma perte de repère du temps qui passait.
Et long avec les petits maux de mon corps : la bride de la chaussure qui blesse le pied, une tension au niveau des omoplates.
Parfois en moi déconnectée de mon environnement, parfois dans l’observation des vols d’oiseaux, des moulins colorés qui tournent, des lumières qui s’allument.
Au tout début, j’ai été saisie par une émotion, comme si l’on venait de me faire un cadeau inattendu : je voyais devant moi le reflet de ma silhouette et du rectangle lumineux de l’éclairage. J’étais encadrée comme une star, comme un encadrement que je m’offrais -puisque j’étais la seule à pouvoir le voir- et qui m’était offert dans le cadre du Cycle.
Quelle gratitude que de me percevoir ainsi !
L’abri avait été aéré après ces heures de soleil, non refroidi par l’orage de l’après-midi et cependant la chaleur des pas de bois irradiaient de chaleur, qui petit à petit s’est mis à diminuer en intensité.
Le soleil n’était pas visible, ou juste dans l’éclairage d’un nuage blanc qui est passé parmi les nuages plus foncés, dessinant une silhouette de jeune enfant -mon cœur s’est serré près à battre fort. Un signe de mon bébé parti trop tôt ? Que je peux maintenant laisser partir. Je pourrais écrire encore bien des lignes de ce qui m’a traversé. Je finirai juste avec cette sensation de proximité avec les personnes présentes dans le parc et celles dans les tours malgré la distance : comment je peux être en moi, à l’écoute de mes sensations et de mes émotions et en même temps proche de mon environnement.
Très bon à vivre. Un grand merci pour cette expérience !

Je suis dans le cadre
6h25 les fenêtres s’éclairent
les fenêtres s’illuminent
les fenêtres s’embrasent
Le temps passe à la lueur des rayons du soleil projetés sur les fenêtres.
Je vois mon image, projetée.
Est-ce moi ?
Je suis en apesanteur
Et je regarde au delà du tableau.
J’observe les variations de couleur et les pensées passent, vont et viennent.
Quelle idée de rester debout à scruter ?
Quelle idée géniale de nous faire vivre une expérience extra et pas ordinaire.
Merci

Expérience clairement différente de l’année dernière dans le 12ème.
Du mouvement humain au début puis peu à peu la nature reprend ses droits. Le calme revient et la veille se déroule sur les jardins partagés et les nouveaux quartiers avec les habitants qui peut-être s’endorment jusqu’au lendemain.
Merci !

S’extraire. Prendre ce temps, le temps, une heure, loin du tumulte, loin des écrans, loin de la surstimulation. S’extraire, redéfinir les contours de la ville, les contours de soi même. Regarder. Regarder. Qu’est ce que le regard ? Chasser les pensées, ne pas se dire "mince qu’est ce que je vais écrire après", chasser l’insignifiant. Regarder les couleurs changer. La terre tourner. Là immobile face au monde, face à soi. L’immobilité n’existe pas. Tout bouge, tout est flux. Tout est mouvement. La lumière change et petit à petit apparaissent dans ce cadre de lumière, droite face au monde, droite sur mes deux jambes, regard vers l’horizon. Trouver de la poésie dans tout, ne plus se souvenir de la phrase de Bobin sur le regard... Mais être là, une heure volée, une heure précieuse, l’instant poésie...
Merci

Une heure à redéfinir le familier, à écouter les oiseaux qui ne s’activent pas tous à la même heure, comme les humains d’ailleurs.
Merci pour cette pause matinale.

20h13, tic tac
C’est parti pour une heure
Grande inspiration, grande expiration
L’odeur du bois de l’objet abri
Une pie qui fait du jardinage
La danse des fleurs au vent
Quelle heure est-il ?
La peinture de la trajectoire des avions
Le soleil qui se reflète dans les vitres
Un ballet d’hirondelles
7 bâillements de relaxation
Quelle heure est-il ?
Essayer de compter les secondes
Perdre le compte
Le bruit des coureurs sur le gravier
Le ciel qui se teinte de rose et d’orange
Quelle heure est-il ?
Le rire de deux amies
Un arbre secoué par le vent
Les voitures qui démarrent au feu voisin
Le soleil continue sa descente
Quelle heure est-il ?
Des visages familiers
Trois coups sur la porte
Il est 21H13

06h20
Expérience étrange. Observer ce paysage à travers cette vitre. Perdre la notion du temps. J’avais imaginé autre chose je crois. J’essayais d’observer consciencieusement les immeubles et les jardins. J’étais à l’affut d’une lumière qui s’allume dans un appartement, je suivais une pie, le vent dans les arbres et tout d’un coup un coquelicot. Est-ce qu’il était là déjà avant au début ma veille ?
J’ai démarré sous les nuages, il y avait du vent, les roues en plastique multicolores tournaient dans les jardins. Et puis tout d’un coup le ciel s’est ouvert ; la lumière du soleil est apparue dans les nuages. J’ai vu le bleu du ciel et les roues se sont arrêtées.
C’est étonnant comme l’esprit peut être concentré sur ce que l’on a sous les yeux puis décrocher. Et quand on revient au moment présent, on a perdu toute notion du temps, d’espace.
Merci de créer des projets comme ça, de nous faire vivre ça et de le partager.
07h20

A mesure que j’entre dans l’objet-abri, le temps commence déjà à s’écouler différemment. Vague impression d’abord, puis peu à peu une certitude. Le soleil termine sa course, tranquillement.
Le vent souffle, doucement.
Le regard s’habitue à cette lenteur.
Il prend le temps de se poser, sur chaque individualité qui évolue là, de la plus grande à la plus petite.
Des arbres aux fleurs, des oiseaux aux insectes. Des humains aux rongeurs. Chacune suit son cours, sans trop interférer avec celui des autres.
Petit à petit, ce grand bac prend sens.
Il forme un tout qui s’ignore.
Mais j’entends des pas qui s’approchent, il est temps pour moi d’y retourner.

S’il n’y avait ni guerre, ni religion, le nombre de jours fériés serait réduit. On garderait les meilleurs, le 1ᵉʳ mai la fête des travailleurs·euses et le 14 juillet le début de la révolution contre les privilèges (ou la concorde).
Aucun bien lien, j’y pense simplement en écrivant la date.
Je ne comprends pas ceux ou celles qui aiment ne rien faire (celui ou celle qui a inventé le mot "chill" aurait eu la tête coupée pendant la révolution). Je ne fais jamais rien je crois. Hier on m’a dit : "Tu ne peux pas tout faire, tu dois renoncer à certaines choses". Mais la maladie, la décision d’un·e supérieur·e hiérarchique nous empêchent déjà de le faire. Je veux donc toujours avoir un truc à faire. NDLR : Dormir n’est pas faire un truc, c’est la nature qui nous l’impose comme la cire d’oreille.
Dans cette boîte, c’est la 1ʳᵉ chose que je me suis dit : "Mais tu ne vas rien faire". Et en fait si, cela m’a permis de faire un truc sans rien faire.
C’est drôle, j’ai adoré parler de boîte, de ce cycle, de cette idée, de cette chaîne de solidarité alors que c’est un moment seul. Mais à la sortie, j’ai la sensation que je ne veux pas en parler, je veux garder cette heure pour moi. Ce que j’ai pu y penser. Ces pensées d’abord réfléchies, puis troublées, mi-conscientes, mi-inconscientes, quand le sommeil vient (oui il est venu, mais je ne l’ai laissé me cueillir que lorsque j’avais assez veillé).
J’ai trouvé ça court. J’aurais voulu commencer dans la nuit noire, pour me rappeler un lever de soleil sur la montagne dans le Jura, des fêtes en Suède où la nuit est si courte qu’on voit le lever et le coucher du soleil.
J’aurais voulu être assis là avec mes deux filles, je crois qu’on se serait dit d’autres choses. J’aurais voulu être assis dans cette boîte avec mes parents, je me demande ce qu’on aurait à se dire.
J’aurais voulu poser ma tête sur son épaule.
C’est mieux d’écrire que beaucoup de choses, comme dormir.
À bientôt

– ralenti pour saisir l’instant qui fuit -
J’ai eu la chance d’observer le festin d’un ragondin devant l’objet-abri, ma présence ne semblait pas le perturber même s’il me regardait de temps en temps. Il a tracé un joli cercle puis s’en est allé vers de nouvelles aires de jeux et d’herbes vertes... Puis la fumée blanche de l’immeuble en face...
Puis les couleurs dans le ciel !

A croire qu’il me fallait regarder longuement dans le vide, pour me sentir remplie.

Un moment suspendu dans le temps ! Un temps de réflexion, d’introspection et de regard vers soi-même.
Ça permet de ralentir nos vies un peu trop rythmées et de se déconnecter de la temporalité.
Merci pour cette expérience pas comme les autres.

Une tape sur l’épaule me réveilla. "C’est ton tour de garde", dit la veilleuse qui finissait la sienne. Mon esprit endormi se rappela de l’engagement pris pour veiller sur la ville et ses habitant·es. Manteau sur les épaules, je pris mon tour de veille pour perpétuer le cycle.
Ce rêve, je l’ai fait la nuit après l’atelier de préparation.
Le réel a été différent dans le réveil, pas de tape sur l’épaule, mais l’accompagnement, le sentiment de faire perpétuer un cycle, et l’engagement, les mêmes qu’en rêve. J’ai rencontré d’autres habitant·es que des humain·es, ceux·celles qui peuplent les arbres, les jardins, le ciel, les poubelles... de la vie partout à bien y regarder. J’ai rencontré le temps également : je l’ai vu s’écouler aux façades qui se réchauffaient au fur et à mesure que le soleil s’éveillait. Pourtant, le temps m’a complètement échappé.
C’est une tape, cette fois, sur la porte qui me sortit de ce moment, mi-rêve, mi-réel.
Merci

Concept intéressant mais les conditions n’étaient pas toutes au rendez-vous (porte qui s’ouvre par des enfants, chaleur à l’intérieur de la boîte, pas d’assise).
De préférence, proposer une durée plus courte pour ceux et celles qui souhaitent écourter. L’heure du soir est sujette aux bruits, ce qui est peu propice à la méditation, à refaire éventuellement, en matinée.
Merci pour l’idée.

Point rouge sur La Défense
1 puis 2 puis 3
Pleins Feux Calem
Oiseaux qui planent
CD brille dans l’arbre
La pie chasse le merle
La ville s’éveille
Tout est calme
La lumière s’étire du haut
Vers le bas
Pas vu le temps passer
Réveil paisible

Très belle expérience de contempler ce petit bout de campagne préservé au milieu des barres d’immeubles.
J’ai commencé debout, en essayant de concentrer pour me souvenir des sons et des images.
Puis au bout d’un certain temps, peut-être 10 minutes ou bien une demi-heure, j’ai fini par enlever mes chaussures et m’assoir sur le sol.
Avec le cadrage plus vertical je me suis vraiment senti dans le paysage et je pense que c’est ma position naturelle de veille.
C’est comme ça que je me pose et que je peux observer longtemps en laissant mes pensées vagabonder...

En arrivant, j’ai eu un peu "peur" : est-ce que j’allais apprécier l’expérience ? Me sentir claustrophobe dans la "boîte" ? Réussir à me déconnecter ?
La porte s’est refermée, et je me suis dirigée vers la fenêtre donnant sur le parc. Il avait plu la nuit d’avant, des gouttes parsemaient la vitre. Le parc et la ville apparaissaient derrière. Une lumière orange se reflétait sur l’un des immeubles, des oiseaux chantaient, les nuages gris-blanc se mouvaient doucement. L’odeur du bois m’a presque enveloppée, et en un instant mes craintes se sont envolées. J’étais là, face à ma ville tout simplement. Dans ce cocon, j’ai contemplé le spectacle du matin et me suis rappelée la chance incroyable de pouvoir être là.
Merci

En arrivant, j’étais super inquiète car je ne savais pas de quoi il s’agissait et où rentrer dans la boîte. D’abord j’ai eu la sensation d’être en cellule, mais petit à petit j’ai commencé à me déconnecter du monde extérieur vers une autre dimension.
Cette expérience m’a fait plonger dans mon passé, réparer quelques erreurs et aller vers mon avenir avec ma famille, mes enfants et se rendre compte que Dieu nous a créés pour profiter de tout ce qui est bien dans notre courte vie. Et savoir que la paix et l’amour envers les uns et les autres nous fait revivre, chaque jour, une nouvelle expérience et je vous dis que l’amour c’est la sonnette, qui réveille l’être humain à l’existence unique de la vie. Je suis heureuse d’avoir vu ce spectacle du soir qui m’a réveillée pour la vie. Merci infiniment.

Ce matin, j’ai pu observer les jeux de lumière sur les vitres des immeubles, ainsi que différents types d’oiseaux comme les merles et les hirondelles.

Veiller. S’éveiller à cette heure du jour. Regarder la ville dans l’écrin de nature. Le ciel et les nuages emportent mes pensées. Vol des oiseaux en grandes traversées. Oh ! Quelques ados curieux viennent pourfendre l’abri. Puis repartir. Je suis là. Dans l’immobilité et le vivant. Je parcours les villes et les océans. Je suis animale, écureuil et louve.
Veiller le vaste monde et ses habitants si petits dans l’univers a chargé sa palette de couleurs.
Veiller comme on aime. Au coucher du soleil du jour.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu la brume le matin.
Avec le son des oiseaux (qu’on ne voit pas) et celui que j’imagine être celui des grenouilles (que je n’ai pas vues non plus). La vue sur les grandes cheminées qui ne fument pas : celle de la CPCU (où mon père a travaillé ses dernières années avant sa retraite en 1989) et celle de la TRU qui brûle les ordures ménagères.
Le reflet du soleil de feu au loin sur les tours de La Défense. La lumière au milieu de l’abri m’a donné l’impression d’un rayon de soleil qui y pénétrait et que l’abri était en train de s’ouvrir en deux par le milieu...
J’en ai profité pour essayer d’adopter une posture plus droite qu’à l’ordinaire.
Puis le son de la ville : le bruit des voitures à essence.
Puis quelques personnes : des joggeuses et des joggeurs, des gens qui marchent, mais très peu. Bref, un réveil en douceur.

Ce soir, j’ai pu observer les feuilles, les branches danser au rythme du vent sous le chant des oiseaux. Beau moment pour admirer les différents jeux de lumière instaurés par le soleil couchant. Une superbe expérience d’exploration de la ville, de contemplation extérieure aussi intérieure. Un retour au moment présent, un pur moment de méditation. Je suis heureuse d’avoir eu la chance de vivre cette belle expérience : de retour au présent, synonyme de cadeau et de retour à soi. Merci pour ce beau cadeau.

Ce
fut à la fois long et rapide. Ça fut calme. Quel bonheur de sentir le soleil se lever. Le bruit des oiseaux et de la ville en fond. Quoi de mieux pour commencer une journée d’anniversaire que de prendre une heure pour observer le monde par la fenêtre.
Un grand merci à Zoé et toute l’équipe. Et la compagnie bien sur !

Le jardin se vide. Les oiseaux chantent, les panneaux des bâtiments dansent sur le même rythme que les arbres qui se déhanchent. Les oiseaux suivent de leur plus belle parade. Je veille sur la ville pendant qu’elle m’offre son spectacle.
Les gens passent et repassent, offrant à leur tour une part au spectacle.
Puis je me retrouve face à moi-même. La vie m’offre sa parade mais qui veille sur moi ? Alors je me souris, m’offre ma confiance et me voilà à mon tour protégée. Protégée par mon reflet mais aussi protégée par cette pie, cette vie qui à son tour m’accorde son attention. Je crois bien que c’est à mon tour de danser.

J’ai assisté au coucher de la lune qui m’émeut plus que le soleil.
J’ai vu des pies, des tourterelles et puis d’autres très petits qui battaient des ailes très fort pour compenser la taille.
J’ai cru reconnaître La Défense.
J’ai perdu toute notion du temps, j’aurais pu rester plus longtemps d’ailleurs.
Mon corps était très agité, il a dansé, marché et s’est tordu dans tous les sens pour trouver un appui qui ne soit pas douloureux.
J’ai soufflé de la buée contre la vitre, j’ai eu envie de dessiner un cœur avec mon doigt.
Ensuite la buée a coulé et j’ai essuyé les gouttes avec mon mouchoir.
J’ai été souvent triste parce que les oiseaux riaient de bon matin débarrassés de nous.
Peu à peu le bruit des voitures a remplacé celui des oiseaux. Ça m’a rendue très triste.
Quand je suis sortie au bout d’une heure, je me suis dit que l’abri allait me manquer et j’ai encore été triste.

Il y a ces deux femmes qui discutent sur un banc. Il y a ces enfants qui font de la trottinette. Il y a ces 14 petits moulins à hélices répartis dans le parc qui tournoient au rythme du vent. Il y a Agnes, petite fille trop curieuse qui s’est frayé un chemin jusqu’à la vitre de l’abri pour y coller son nez et m’observer l’observer. Il y a ce couple qui se dispute en hors-champ que je ne fais qu’entendre, les cris de l’homme qui insulte la femme résonnent dans l’habitacle.
J’ai peur qu’il devienne violent et de devenir l’observateur impuissant d’une agression. Est-ce que finalement, si je voulais vraiment veiller sur la ville, le mieux ne serait pas de sortir ? d’intervenir ?
Les cris cessent.
Il y a cet homme qui jette son mégot de cigarette par terre. Je me promet d’aller le ramasser quand ce sera fini. Il y a ces ados sur le terrain de basket. Lui essaie d’impressionner elle en frimant mais il rate chacun des paniers qu’il tente.
Il y a le soleil que l’on ne voit désormais plus, caché derrière un immeuble. Et puis il y a le banc désormais vide, les femmes en sont parties. J’espère avoir été un bien veillant.

1 heure = 60 minutes seule ou pas ?
– Impressions parler non ! Ressentir / Pressentir
– Vision(s) matin aurore : non
– Sensations
– Silence vol du frelon asiatique, ballet des pies
Nature si petite, si contraintes par les jardins versus ville à l’infini
rouge rouge bleu
vert vert vert rouge bleu
bleu bleu vert rouge
bruits voitures camions
faire le vide et laisser l’esprit rebondir d’idée en sensation, d’impression en soucis, d’attention en concentration, solitude physique contrainte par l’espace.
Et/mais liberté de l’esprit de PENSER de PENSÉES
Faire le vide
Se recentrer
Sensation/ Repos/ Agitation/ Tension
Réflexion : sensations. concentration. détente. attente.
Qu’est ce qu’une heure dans le fil de sa vie ?
Une heure est une plénitude

Aujourd’hui, ou plutôt ce soir, j’ai veillé sur Saint-Ouen.
Après un peu d’attente, le ciel a commencé à changer.
D’abord les nuages, jaunes sur bleus, puis roses sur jaunes.
En regardant de l’autre côté, on voyait le reflet sur les façades vitrées des immeubles. C’était magnifique.
Les fumées blanches des avions, des oiseaux virevoltant, des avions dans le ciel : un tableau magique. Autour, des arbres, des plantes, de la verdure, la flore nous coupe de tout.
Les images sont gravées dans ma tête. Un des plus beaux couchers de soleil que j’ai vu/
Une déconnexion totale qui fait du bien.
C’est en quelque sorte ne reconnexion avec la nature ; avec nous même.
Je me suis sentie apaisée. Ces 60 minutes toute seule m’ont permis de me détendre et de me recentrer sur ce qui était et devait être important. J’ai pris conscience de la chance que j’avais de veiller sur cette vile qui me connait.

Malgré une très courte nuit de 3 heures et un dos en pleine récupération, me voilà éveillé ce tôt matin du dimanche 18 mai.
Se retrouver avec soi-même face à soi, faire le vide et contempler l’horizon, les détails des immeubles, les plantes, puis les oiseaux, seuls accompagnants vivants sur mon champ de vision. Et surtout, ce terrain de basket flambant neuf à ma gauche, surprenant et qui me donne une autre raison de revenir.
Les 5O minutes suivantes passent encore plus vite que ce que je ne pensais. Voilà que le jour se lève de toute part et que je me plonge plus profondément dans mes pensées. Je pense à ma rencontre de la veille et je ne peux arrêter de sourire. J’ai l’impression qu’elle est là avec moi, et ça fait de mon expérience un moment encore plus unique…

Le 18 mai n’est pas une date choisie au hasard. Elle marque le début d’un compte à rebours important pour moi. Dans un mois tout pile, c’est mon anniversaire et je change de dizaine.
J’ai apprécié me retrouver seule avec moi-même. Ce temps est rare et précieux quand on a des enfants et une vie bien pleine. Je me sentais bien dans cette boite, comme dans un cocon. Au début, la luminosité encore bien vive ne me laissait voir que l’extérieur. La nature qui s’agite après le départ des gens, le chant des oiseaux, la Défense au loin, les immeubles. Puis au fur et à mesure que le soleil se couchait, c’est mon reflet que j’apercevais. Avec le cadre de leds, c’était presque comme une mise en abîme. Je pensais que j’allais utiliser cette heure pour faire une introspection et me détendre. Mais au final, j’ai surtout fait deux choses :
1. Observer d’abord et m’amuser de voir que les gens encore dans le parc ne me voyaient pas.
2. Chanter. Comme sous la douche, fort et parfois juste, parfois faux. Personne ne semblait m’entendre mais j’ai chanté mes berceuses préférées pour endormir mes enfants non loin, de là et la ville.
Cette heure est passée à toute vitesse...

Pas évident de coucher quelques mots, sitôt la porte rouverte.
Quelques images, les lignes d’oiseaux au loin, les traînées blanches dans le ciel, un merle venu se poser tout près, les volutes de fumée. Et puis sentir au bout d’un moment que quelque chose à l’intérieur lâche un peu.

Au début, l’enthousiasme, l’impatience, l’excitation. Puis l’observation, de haut en bas, de gauche à droite et le regard qui s’arrête sur tout et rien.
Que d’activité en haut ! Les avions, les corneilles qui attaquent les pies qui s’envolent avec leurs gants blancs et noirs, les hélicoptères dont un s’arrête à Beaujon, le pollen et les insectes qui volent selon des logiques qu’on cherche encore...
La couleur : vert pomme au début, puis vert forêt, vert bouteille, et vert de plus en plus foncé, le parc a toutes les nuances de vert en cette saison.
Tout au fond la grande Défense avec une grue et tout autour les immeubles : du monde au balcon, ou surtout des balcons vides, qui attendent ...
Les sons multiples : la route, beaucoup trop la route, mais aussi les oiseaux (même une mésange !), et la batterie au conservatoire, qui doucement ralentit, après, elle aussi son enthousiasme du début.
Et enfin les odeurs, le bois de l’objet-abri qui embaume comme dans un sauna qu’il est !
Une grande envie de rentrer dans le parc et d’aller s’asseoir contre le figuier des jardins...

I feel quiet distracted (for both good and not so good).
Ressons in my personal life. With these distractions you are never sure how to adress and process these into tangible feelings as these internal musings are douded by the external environment. Here however

C’était une expérience intéressante, très introspective et en même temps en communion avec l’extérieur.
J’avais l’impression parfois d’une certaine dualité entre le côté jardin partagé, très calme où je pouvais observer les oiseaux et les insectes ; et le côté parc, où les gens passent avec ce mouvement de dynamisme. Entre calme et action. Mais qui toutefois s’entremêlent à travers des oiseaux volant un peu plus vite d’un côté et des femmes assises de l’autre.
Tout en ayant une certaine distance, et d’avoir l’impression d’avoir disparu ou d’être invisible aux yeux de ces deux mondes.
Une façon de renouer avec soi-même tout en ayant cette notion des autres et de la nature.
Ce fut enrichissant et une chose à refaire. Mentions spéciales pour le ciel et ses couleurs et aux 13 avions qui sont passés au-dessus de ma tête, et enfin à la petite araignée qui a élu domicile dans l’abri.

Etonnnant le temps, la lumière, les sons.
Entendre les oiseaux ouvrir le matin, et puis petit à petit, les bruits de la ville les recouvrir. Il y a les grenouilles aussi.
Fenêtre, pas sur cour, mais fenêtre sur Saint-Ouen, fenêtre sur jardin, fenêtre sur immeubles en blanc.
Voir aussi les lumières changer, les fenêtres s’allumer, s’éteindre, les façades s’illuminer un très court instant (le ciel est nuageux).
Pas de vent, pas de mouvement. Mais si en regardant : les oiseaux qui piquent, une fenêtre qui s’ouvre, un habitant qui sort et fait quelques mouvements de bras et génuflexions, un bosquet qui s’agite tout à coup, sans doute abri d’une bagarre de bêtes.
Le bruit des pensées. Elles sont si nombreuses. Merci de leur laisser cet espace, ce temps, cette place.

Le soleil ne s’est pas montré, ni la lune...
Le ciel est resté opaque et la pluie présente...
Il faut un peu de temps pour explorer le paysage, devant nous, derrière, dans ce lieu étrange qu’est l’abri, qui sent bon le pin et qui peu à peu s’éclaire joliment grâce à cette lumière qui produit des lignes "reflets" sur l’extérieur, prolongeant son volume et nous projetant dans les jardins.
Il y a aussi quelques éclairages de fenêtres au loin qu’il faudrait encourager à s’accroître pour illuminer les arbres. L’impression d’un paysage équilibré entre nature et construction ne vient pas tout de suite mais au bout d’un peu de temps. J’ai aimé les oiseaux qui foncent droit sur l’abri puis remontent vers le ciel et les paillettes de pluie sur la vitre qui s’accrochent à la lumière. Expérience agréable, merci.

C’était un bel abandon, surprenant, dans un paysage bien familier qui s’est révélé à moi, réveillé avec moi. J’ai été très surprise des différentes phases par lesquelles on peut passer en seulement une heure. Et comme une heure c’est si court et à la fois l’éternité. Peu à peu, la lumière semblait s’intensifier, le parc était plus contrasté, une certaine poésie disparaissait avec la ville réveillée. Mais aussi un apaisement, comme une préparation pour se sentir pleinement soi, ancrée dans le présent, une journée qui prend un tout autre goût. C’est une belle expérience, exigeante mais douce aussi, envers la nature, la ville, ce qui nous entoure, et douce avec soi et pour soi. Merci !

D’abord un moulin à vent coloré,
Une pie, un pigeon, puis un autre.
Le chant des oiseaux qui va et vient.
Puis mon regard suit une corneille jusqu’au bout d’un immeuble et reste un temps là-haut.
Avant d’observer les nuages qui défilent...lentement.
Une fenêtre s’allume, puis une autre, là un téléviseur.
une autre ville s’anime, celle du chez soi. J’imagine les habitants de cet immeuble, de cet appartement, préparant leur dîner.
Et puis toujours, inlassablement, les moutons de fumée qui s’échappent et courent les uns après les autres sans jamais se rattraper. S’endorment-ils la nuit venue ?
Merci.

Quelle belle idée de vivre cette expérience de temps suspendu dans cette petite cabane posée dans le parc. Le moment unique où l’on se retrouve avec soi-même loin de toute distraction, on a juste à contempler le spectacle qui s’offre à nous. Le jour se lève, on a l’impression que cet instant n’appartient qu’à nous. Le parc s’éveille et on est attentif aux moindres détails. Les vols-au-vent colorés, le ballet des oiseaux, le soleil qui grignote petit à petit la surface des bâtiments, les petits insectes, le chant des oiseaux qu’on parvient à distinguer sans pour autant les identifier.
J’ai repensé au film Les ailes du désir, où les anges vont observer les gens vivre leur vie. J’ai eu cette même sensation d’avoir ce point de vue unique, campée dans mon poste d’observation sans interagir.
Prendre conscience de mon corps, de mes sensations et esquisser quelques mouvements pour briser l’immobilité.
Merci pour cette parenthèse qui nous reconnecte à nous-mêmes et nous fait apprécier l’instant présent.

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Le dedans. Le dehors. De l’objet-abri. De moi. Je suis dans l’objet abri.
Sitôt la porte refermée, je viens, comme appelé, m’inscrire en Homme de Vitruve dans l’encadrement lumineux et quadrangulaire. Bien plus tard, l’expérience sera renouvelée, dos au moucharabieh, générant l’une des émotions de cette veille : la peur, ou plus raisonnablement, la surprise car la pression de ma main droite sur la porte fit s’ouvrir celle-ci violemment. Porte refermée, je rajuste mon mouvement.
Les couleurs ? Le vert. Les Verts. De l’ocre et du brun. Le blanc du bleu et les touches de jaune. Merci le jaune.
La frustration. Réelle. Profonde. De tout ce que je ressens, pense et imagine, que me restera-t-il à coucher sur le papier ? Le plus beau ne se sera-t-il pas dissipé ?
Orgueil, je te reconnais bien là !
Tiens, où est France, que fait-elle ? Pense-t-elle à moi, à l’expérience que je vis ? Diantre, elle est là avec moi ! "Protect France Incendie" affiche fièrement l’étiquette de chacun des deux extincteurs d’incendie !
Six parois dont une avec vue et une autre avec semi-vue. S’il y a mouvement vif, on voit mieux. Mouvement vif de moi d’ailleurs, ou de l’autre, dehors. Le sujet ou l’objet.
Un homme de cuivre pixélisé promène son enfant par la main. Au demi-tour, le petit tend les bras. Le père le hisse et le flanque sur son épaule, en sac de pommes de terre.
Mes soleils, je ne vous en ai pas encore parlé... Naturellement, le déclin du véritable, à l’Ouest.
Mais un regard à l’opposé m’en expose deux autres, sur les façades vitrées d’Alstom, à l’Est donc.
Régulièrement, je reviens les voir, les accompagner. Des deux soleils orientaux, ô stupeur, c’est le plus septentrional qui l’emporte, résistant plus longtemps que celui du Sud. Et au final, il supplante même le véritable, l’occidental !
Ah, outre la peur et la frustration, j’allais oublier la joie ! Celle procurée par deux passantes, dont l’une me gratifie d’un chaleureux coucou de la main. Une véritable joie, vraiment ! J’attendais un contact avec les humains du dehors, il est arrivé.
Je n’ai plus le temps d’évoquer les deux bancs (cinq femmes et deux hommes puis deux femmes), le jeune homme cycliste et son double-soubresaut sur l’alimentation électrique jaune et noire de l’objet abri.
Demain, à l’évaporation de la nuit, le soleil de mon veilleur se multipliera-t-il ? Ressentira-t-il joie, frustration et peur ? Quatre de ses cinq sens seront-ils sollicités ? Puisse-t-il aimer ce si beau cabinet de réflexion !
Trois soleils sont morts ce soir.

À l’heure de la saturation, trop d’images, trop de sons, trop de haines, trop de phobies, trop de trop,
Voilà que moi, Mariam, je me suis offert une heure de RIEN, de PAUSE, de STOP.
Je me suis offert le luxe du RIEN et du vivre avec moi-même durant une heure.
Sensation corporelle : engourdissement, fourmillement, début de nausée même.
À vrai dire, je n’étais pas si seule, mon "SINGE MENTAL" était là aussi. Au début, il sautait de branche en branche, de pensée en pensée. Puis il a compris que la dame entendait vivre pleinement ce moment, alors mon "singe mental" est revenu calmement à sa place et ensemble on a regardé devant nous. Le jardin avec les roses, les herbes sauvages, les oiseaux qui picorent, les immeubles qui empêchent de voir au-delà, la tour qui permet de regarder tout là-haut pour voir un ciel tout gris, mais qu’importe. Je me suis offert en ce jour le luxe du rien en beauté. Une expérience unique. Merci beaucoup.

Une heure.
Je dis une heure parce que je sais que c’est une heure de veille. Mais en même temps, si je n’avais pas su, je n’aurais pas su dire le temps ayant passé à veiller.
La notion du temps. Étrange question ! À laquelle je n’ai aucune réponse particulière.
C’est un temps suspendu, un temps de contemplation, d’écoute et d’attente. Qu’est-ce qu’on attend ? Qu’est-ce qu’on entend ? Qu’est-ce qu’on voit ?
Beaucoup et rien de spécial à la fois.
Et c’est justement ce qui est chouette.
Les pensées qui nous traversent. Les moments d’attention et les moments d’inattention.
Les choses futiles et les pensées plus profondes ou plus personnelles.
Le temps consacré à écouter et à regarder le temps.
Ce temps pour tout et pour rien à la fois.
Je ne dirai pas d’autre chose.
Juste ça.
Que prendre son temps, prendre le temps de... pour rien, comme ça, pour soi ou pas, ça fait du bien.
Merci.

Et voilà !
En entrant, cette odeur de bois, cette sensation d’arriver dans un lieu où je vais habiter un court moment mais y vivre quelque chose.
Cette vitre devant, qui me donne presque le vertige, en m’avançant vers le vide. Ce vide emplit de jardins et de verdure.
Ces petits moulins à vent, sans cesse en action, attirent mon œil par intermittence.
Les nuages, le ciel et ces oiseaux, ces avions silencieux aux trainées blanches.
Quelques bruits côté rue que je n’entends pas vraiment et ces horribles tours que je décide de ne pas voir.
Comme par enchantement, le soleil fait son apparition en boule scintillante et joue à cache-cache derrière les feuilles d’un arbre en mouvement. Je ne vais plus le quitter du regard. Or qui clignote et éclaire un tableau de nuages beaux comme des dunes, comme la mer ou les volutes d’un volcan.
Le soleil se glisse derrière ce paysage toujours changeant pour filer vers le sol et ne laisser que ces dernières lueurs.
Nuages sombres mêlés de couleurs feu, presque violets, bruns, ocres.
Les jardins s’assombrissent et se mettent en veille.
Quelques lumières dans les tours.
Une heure en contact avec la nature urbaine.
Une heure en pensée avec quelques personnes, mais le présent me ramenait à l’instant.
Une heure comme un jeu
Une heure de parenthèse, dans une bulle
Une heure pour moi et le monde
Merci de cette expérience

Une heure de veille pour découvrir un petit coin de nature au milieu des immeubles. La vie sans humains, le chant des oiseaux qui vaquent à leurs occupations. Un moment à soi où on peut réfléchir à des choses profondes. Ou pas.
Pour moi, ces chants de merles, mouettes et moineaux m’enchantent. Ils disparaissent de plus en plus donc profitons-en. Ils ont fait place à la voix des visiteurs matinaux qui ont eu le mérite de rappeler qu’on est en ville, dans une ville dense, et de plus en plus dense. Petit moment de déception.
En tous cas, cette heure avec moi-même était agréable et j’ai eu le privilège de voir que la vie animale est plus matinale que la vie humaine.
Une expérience qui me rappelle que le calme est important pour moi et aussi l’importance de la biodiversité et de la nature pour que la vie humaine soit vivable et agréable.

La porte se ferme. Seul avec moi-même et la nature pendant une heure. Les oiseaux, le vent qui souffle dans les arbres, les éoliennes colorées des jardins partagés et la frustration qui monte d’être séparé de la nature par une vitre. Très vite je me concentre sur les immeubles qui bordent le parc. J’imagine un couple à un des balcons qui observe le veilleur ou la veilleuse tous les matins et tous les soirs. Ils imaginent qui peut bien être là ce lundi soir. Je reviens à la réalité et je retourne à l’observation des oiseaux. J’envie leur liberté. Cette liberté, il faut la protéger à tout prix. Le soleil se couche. La lumière dans la boîte est de plus en plus présente. J’imagine / je me raconte des histoires. Ça toque, déjà une heure. J’en ai vécu des aventures dans cette boîte, perché au dessus de ce parc. Un grand merci pour ce moment hors du temps.

Ma veille aura été pleine de contradictions. L’urbanisme me semblait si présent et en même temps, j’étais hypnotisée par cet espace vert qui s’ouvrait devant moi. Les bruits des oiseaux, de la nature venaient se superposer aux klaxons et aux bruits d’un camion poubelle. Le ciel, si sombre et couvert à mon arrivée, a laissé place à un bleu si doux avec de petites pointes de rose. Puis, la cheminée a craché sa fumée noire... Le bâtiment le moins intéressant à mon goût s’est illuminé aux premiers rayons du soleil et est devenu le plus beau. Quant au temps, je suis restée cinq minutes et deux heures à la fois. Il a été dédoublé. Finalement, dans cet abri, tout est en perpétuel mouvement. Moi y compris !

Étrange de prendre un stylo à nouveau, l’écriture comme la pensée seront peut-être un peu maladroites, confuses. Difficile également de ne pas réfléchir en amont, lors de la veille, à ce qu’on va écrire.
J’attendais cette veille avec impatience, voire avec des attentes - même si je n’aime ni ça, ni me l’avouer car je trouve que ça implique un rapport productiviste à la chose.
J’avais hâte d’avoir un moment plein et long pour réfléchir, hors de ma course habituelle. Je me pose beaucoup de questions en ce moment sur mon mode de vie, mes engagements, mes choix, ou plutôt mes non-choix. Je romantise beaucoup le déclic. Déclic qui est permis par la réflexion et la contemplation, et mène à l’action.
Le point de bascule où tout peut changer.
Le moment où l’on arrête et on comprend.
J’ai compris quelques choses ce soir, discrètes mais intéressantes. Je me suis beaucoup parlé, puis mon agitation réflexive du début passée, j’ai trouvé ma respiration, mon rythme et de la sérénité. En regardant les belles couleurs du ciel.
Merci pour tout ça, bonne veille à le.la suivant.e

En ce jour de pluie, le parc est arrosé par le ciel. L’espace, sa géométrie m’enveloppe et le son ténu et virevoltant d’un crépitement pluvieux me suit sur les premières minutes, après qu’Anna m’ait accueilli.
Je suis plein de vent des instants d’avant, d’être venu en voiture, car les transports dorment aussi la nuit, à cette heure-ci. Je cherche ma place dans les portes du rectangle de l’espace.
Pour accueillir ma présence en lien avec celle du lieu, milieu d’ici, le Grand Parc. Mon attention, mes attentes retombent pour laisser place aux flux vivants de la ville-forêt. Les buildings semblent veiller eux aussi. J’ai la petite danse qui cherche sa voie. Le corps, mon corps se dépose et se re-dépose. Je l’accompagne pour être dans une veille équilibrée, rieuse, un passage entre mon être et celui de l’espace conçu ici. Les gouttes retournent à la terre et la vitre veille avec nous.

Mon regard coupe,
A vu sans regarder.
Je me suis sentie être,
Des araignées pour compagnes.

Merci aux oiseaux de m’avoir tenu compagnie. Je me rends d’ailleurs compte que je ne connais pas toutes les espèces présentes, alors qu’il y en a si peu : tourterelles, pies, pigeons,...
Merci à l’araignée à l’intérieur de l’objet-abri. J’ai pu observer le parcours matinal : tissage, petit déjeuner, balade digestive.
Merci au soleil d’avoir éclairé cette nouvelle journée. Il était un peu timide derrière les nuages, mais son apparition sur la fin de ma veille fut très importante. L’apparition d’ombres directes, faisant l’effet d’un cadran solaire, m’a peu à peu remis dans un rapport au temps, via l’observation.
Le matin d’été, c’est le moment où tout prend vie devant nous, c’était ce que je venais chercher.

Il faut d’abord arrêter de penser. Ce n’est pas chose facile. Oublier la journée qui vient de s’achever, se défaire de l’angoisse quotidienne, de la colère, de la tristesse. Cela fait déjà une demi-heure de veille. Le soleil a éclairé le parc pendant de longues minutes, et commence à se coucher. Ce n’est pas le soleil qui se couche d’ailleurs, c’est nous qui lui tournons le dos, pendant que quelque part, quelqu’un lui fait de nouveau face. Il est assez méditatif de penser que je suis la seule à faire ce que je fais, à l’instant où je le fais, à l’endroit où je le fais. C’est le cas tous les jours, toutes les heures. Mais on ne prend pas le temps d’y penser constamment. Faut-il une bonne raison pour participer à ce projet ? Pourquoi le fait-on ? Et pourquoi pas ? Est-ce plus absurde que n’importe quelle autre action ? L’araignée qui est née dans cette boite et qui y finira probablement ses jours mène-t-elle une existence absurde ?

Merci pour cette expérience hors du temps. C’est une déconnexion totale ; le temps prend tout son sens. On observe la nature, on écoute ses chants et on perd la notion du temps.
Je me suis réapproprié l’espace, le temps, et j’ai laissé libre cours à bouger mon corps, méditer, danser, faire des étirements.
Je me suis accordé du temps pour moi et du temps pour observer autour de moi. L’ouïe, le toucher et la vue ont été mis à profit pour apprécier cette belle expérience. Je recommande chaudement car c’est magnifique.

C’était une expérience très particulière, et je pense que c’est la première fois depuis très longtemps que je me suis retrouvé autant de temps sans aucune distraction et aucune autre activité précise. Le temps défile très bizarrement. À la fois au début cela me paraissait très long et à la fois quand Zoé est venue me chercher, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi tôt. Le plus dur était de faire taire ses pensées. Mais en se concentrant sur tout ce qui se trouve autour de nous, on se perd. J’ai beaucoup aimé observer les oiseaux. En tant que citadin, je n’ai pas souvent l’occasion de le faire. Enfin, j’ai pris conscience de mon corps dans l’espace, même si, de par l’espace clos (et ma taille peut être), je n’ai pas eu le sentiment de le libérer.
Expérience en tout cas très intéressante et plaisante (malgré la chaleur, hehe)

Une expérience toujours aussi singulière pour ma troisième participation. Une parenthèse entre la nature et la ville. Un moment suspendu favorisant l’introspection. Ce fut un beau moment malgré la chaleur et les bruits extérieurs (soir de match...). Un grand merci aux accompagnateur.ices et à Hiba mon accompagnatrice pour le chaleureux accueil. Hâte de participer à la quatrième édition et de continuer à profiter de ce beau moment enchanté en accompagnant le coucher du soleil. A l’année prochaine et belle veille aux prochains participants.

Je n’aurais jamais cru vivre un aussi long moment de contemplation... en ville ! Merveilleux moment saisi et vécu dans sa pureté. La pureté du matin, avec la ville que je découvrais se réveiller... et ceci faisant partie du tout.
Merci pour cette belle expérience.
PS : c’était un moment inespéré dans une semaine qui était plus que chargée.

Moment de calme accompagné des oiseaux du parc. Merci pour cette découverte.

Très bonne expérience audiovisuelle !
Les trois quarts du temps, j’étais focus sur la vie des oiseaux. Par rapport à leurs chants "pigeon pélerin, merle, pie et perruche." Mais vers la fin de l’expérience, le bruit de la ville a remplacé le bruit de la nature et ma concentration a changé et j’ai commencé à penser à d’autres choses ! En tant que photographe, j’ai eu certains clichés que j’aurais voulu faire !
Mais il est bon de se couper de la vie actuelle et de prendre le temps de regarder la nature et de l’écouter pour comprendre ce qui est essentiel.

Immersion totale dans le parc de Saint-Ouen avec une vue sur le coucher du soleil à droite, la nature en face-à-face, derrière moi la ville et son côté obscur. Bonnes sensations dans cette capsule élégante ! Sensation visuelle, beaucoup de verdure rassurante. Sensation auditive, je voyais et j’écoutais les oiseaux, agréable sensation de bien-être globalement en effectuant quelques mouvements de danse en souvenir de mon passé.
Je n’ai pas vu le temps passer.
Je ne suis pas restée statique, j’ai essayé différentes postures puis je me suis recadrée dans les jeux de cadres. Plus la lumière du jour baissait, plus je me voyais danser.
Une sorte de face-à-face, corps-à-corps.
J’ai bien aimé participer à cette performance sans réel but, juste curiosité expérimentale.
Je garde en mémoire le vol des oiseaux car j’ai pris le temps de les observer.
Merci pour cette courte aventure !

Ce matin, j’étais l’accompagnatrice et la veilleuse. J’ai d’abord entendu la pluie tambouriner doucement sur l’abri, puis vu le vent agiter les arbres devant moi et les oiseaux s’élever et se retrouver...
Pas un passant, une promeneuse, un coureur, juste quelques animaux, et la nature qui s’éveille.
Soudain, j’ai su que le soleil arrivait : un point rouge, puis une fenêtre, puis deux puis le haut d’un immeuble flamboyait du reflet de l’aube. Alors les lumières sont devenues plus douces, dorées, des volets se sont levés, la ville a commencé à bruisser dans mon dos... et l’alarme a sonné une heure !

J’accroche mon regard aux battements d’ailes des oiseaux, aux roues des petits moulins, aux froissements des feuilles d’arbre sous le vent.
Longtemps, éblouie par la diversité de jardins partagés, j’oublie la course folle pour arriver dans le parc, les corps enchevêtrés des passants de la ligne 13, leurs oreilles-casque vissées, le regard baissé. Le bruit des conversations s’évanouit dans les chants d’oiseaux.
Au loin, les immeubles ferment l’horizon. Pas de fleurs apparentes sur les balcons.
Chacun dans son alvéole ou son tiroir, impossible de communiquer avec le voisin ! Et pourquoi tout de couleurs sinistres : beige, blanc, gris ? À ras-de-sol, sous le ciel nuageux, l’espace me semble bien géométrique.
Il faut se rapprocher très près pour apercevoir le coucher du soleil qui colore profondément de rose, d’orange, les formes alentour.
Malgré la nuit qui approche, il me manque le silence qui rassure...
Je me demande qui a veillé : les immeubles vides, les oiseaux, les arbres torturés par le vent ou moi ?

J’ai aimé voir le vent chatouiller les branches.
J’ai aimé entendre les premiers chants des oiseaux se dessiner dans le ciel.
J’ai aimé voir le ciel s’éclaircir et ainsi laisser le parc se dévoiler.
J’ai aimé voir disparaître mon reflet dans la vitre au fur et à mesure que la lumière augmentait.
J’ai aimé regarder les premières silhouettes humaines apparaître.
J’ai aimé entendre les sons s’ajouter les uns aux autres.
J’ai aimé voir ce lieu se réveiller.
J’ai aimé y veiller.

Je suis venue observer le coucher de soleil et à la place j’ai regardé le jour s’éclipser derrière un rideau de pluie.
Face à moi, des jardins ouvriers avec leurs petits moulins à vent, secoués par la bourrasque. Hypnotique.
Sous le manteau nuageux au loin, on aperçoit les tours de la Défense. J’ai envie de souffler sur les nuages pour les faire déguerpir. Tout ce que j’arrive à faire, c’est de la buée sur la vitre sous mon nez. J’ai presque envie d’écrire "Jess was here". Mais je m’abstiens.
Le gris crée comme un filtre, nous rappelle que la réalité est une question de filtre, d’angle de vue.
Demain, avec un grand soleil et un ciel dégagé, la réalité sera à la fois identique et complètement différente. L’ennui, forcément, surgit. Je fais les cent pas, observe ce qui se passe côté parc. Je guette les éventuels passants qui me divertiraient. Soudain, il y en a un qui surgit, un peu loin, le téléphone vissé à l’oreille. Déçue, il ne m’a pas vue. Quelques instants plus tard, il repasse, plus près, téléphone toujours scotché à l’oreille. Trop près, je n’aime pas. Et s’il m’avait vue ?
Finalement, je me dis que je dois accepter cet ennui, vivre l’instant présent car quand cette heure sera finie, elle sera définitivement finie, comme cette journée qui touche à sa fin et ne reviendra jamais. Je décide de baisser la garde, rendre les armes, occulter cette idée d’ennui, ou au contraire, l’embrasser. Au loin, les nuages se sont épaissis, les tours de la Défense ont, elles, été englouties.

Saint-Ouen recto, Paris verso.
Montreuil Berceau...
1,2,3 merveille(s)
Ciel gris, temps pluvieux, puis ciel gris-bleu, c’est merveilleux.
Je ne connaissais pas le lieu, je ne m’y attendais pas, ça aussi c’est merveilleux. J’inspire et j’expire très fort, c’est probablement l’effet poumon vert du parc.
Se réveiller, j’inspire.
S’émerveiller, j’expire.
Peut-être que c’est une façon de danser !
Les oiseaux, d’un côté, n’auront cessé de gargouiller, de l’autre, les bus de la ville auront déroulé, la Défense se sera réveillée.
Saint-Ouen en Seine, Saint-Ouen donne le "LA", en son beau jardin forteresse.
Ravie de cette veille en banlieue.
PS : Merci à Catherine pour son accompagnement.

Observer la ville et le parc au lever du jour, seul mais porté d’un élan collectif des veilleurs invisibles, m’a profondément rassuré. J’ai ressenti le privilège rare d’une habitude, un moment suspendu, intime avec les habitants (leurs silhouettes), les animaux et les éléments. Un rituel silencieux comme un lien tissé entre veilleurs.

Cette performance est ouverte aux adultes de plus de 16 ans, mais nous proposons également aux enfants de participer sur des temps adaptés à leur âge en journée.
Si vous avez des enfants ou bien connaissez des enfants qui auraient envie de vivre l’expérience à leur tour !
Vous pouvez les inscrire via ce lien : https://my.weezevent.com/veilles-pour-les-enfants-cycle-des-veilleurs-3
Les Veilles Enfants durent 20 minutes et auront lieu, le samedi 7 juin entre 10h à 18h, et le mercredi 11 juin entre 14h et 18h !
L’enfant doit être accompagné·e par un·e adulte même si l’équipe du projet sera présente pour l’accueillir et lui expliquer les mises en condition de veille.
Les horaires indiqués dans le calendrier correspondent aux heures de début de veille. Nous vous demandons d’arriver 15 minutes avant. Après la veille, les enfants sont invité·es à écrire ou dessiner dans le Livre des Veilleurs ! Cette expérience durera environ une heure.
L’enfant veille seul·e. Si vous souhaitez inscrire plusieurs enfants merci de choisir un créneau par personne.

Devant moi il y avait les jardins du grand parc de Saint Ouen. Des enfants jouaient, des hommes jardinaient et couraient. J’entendais des cris d’oiseaux et j’ai aussi vu des pigeons, des pies, des merles et un corbeau. Toutes les fleurs étaient en floraison.

Là où j’étais, c’était très silencieux, à part le bruit des oiseaux. Je voyais des arbres, de l’herbe et une dame qui cultivait le potager. J’ai aussi vu des pies. J’ai vu des hommes qui faisaient du sport.

La veillée sur le parc était quelque chose de nouveau pour moi, et j’ai trouvé ça super. J’ai vu beaucoup d’oiseaux : des pies, des pigeons, des perruches, des merles, et même une guêpe qui s’est cognée contre la fenêtre. C’était assez chouette car j’ai vraiment perdu la notion du temps : c’est passé beaucoup plus rapidement que je ne le pensais. Bref, c’était vraiment super chouette et aussi, ce que j’ai bien aimé, c’est qu’il y avait avec le chant des oiseaux, il y avait aussi l’odeur du bois. J’avais aussi une grande impression de liberté et je me sentais super bien.

Bonjour,
J’ai vu un jardinier qui travaillait la terre. Après un long travail de longue haleine, il se reposa sur un banc qui était à l’intérieur du carré de terre qu’il travaillait. Les oiseaux chantaient durant toute la veille. Ils dialoguaient entre eux, c’était de très beaux sons mélodieux. Un ingénieux système servait de girouette : trois bouteilles en verre étaient ficelées entre elles. Je ne sais plus comment ça s’appelle mais bref passons.
Il y avait des gens qui faisaient du basket sur le terrain non loin de la cabane.
Enfin, je dirai que la cabane est faite de chêne, simple supposition.
Merci, c’était TROP CHOUETTE.
Cordialement

J’ai commencé en premier, j’observais un jardinier qui plantait des choses puis il a arrêté et il regardait le jardin en étant fier. Les immeubles autour du parc avaient l’air d’être comme une muraille autour du parc. J’ai beaucoup aimé !


La porte se ferme, je me retrouve face à tout ce qui m’avait échappé. Ces enfants qui jouent, les oiseaux qui dansent, les nuages essayant de faire place au soleil - tout ce qu’un premier regard aurait balayé.
C’était une expérience riche et forte en prise de conscience. À travers ce paysage audonien, on s’identifie à l’environnement, on l’analyse, on le comprend, tout comme on essaye de se (re)connaître.

Veiller, réveiller, bienveillant, la veille, la vieille Terre...
Terre à terre pour veiller...
Dans le cadre des Veilleurs, Veilleuses, je me suis retrouvé enfermé pour veiller, veiller quoi ?
Au fond devant moi, des bâtiments, gris, carrés, immobiles.
Le mouvement qui donne vie au lever du jour, c’était le vol, vol des oiseaux, pigeons, hirondelles, moineaux, perroquets d’une couleur vert clair, les pies,... le vol des nuages, vol des avions et le vent constant, les feuilles des arbres, qui volent aussi. Et ce carré de lumière devant moi, le reflet de ce rectangle, pourquoi ce rectangle ?
La seule personne que j’ai aperçue au balcon d’un bâtiment fumait et faisait quelques pas, quelques minutes.
Les couleurs du ciel ont changé.
ENFERMEMENT

La veille du lever du soleil m’a donné à voir un ciel cotonneux, dont les interstices laissaient percer un oeu de bleu plus clair. Au fur et à mesure de l’heure, les nuages se sont parés de nuances rose-orangées.
Des pigeons ramiers se sont prétés à une parade amoureuse dans les cimes des arbres. Les branchages poyaient un peu sous leur poids.
J’ai de la chance d’avoir vu et entendu l’éveil du parc de Saint-Ouen en cette saison : la nature est toute gonflée de vie. Opulente dans le déploiement de ses feuilles, fleurs et désir de vie.
Merci

Je découvre la ville de Saint-Ouen dans cette cabine où j’ai veillé pour la première fois. Cette expérience de veille m’a plongée dans un état de plénitude très agréable, où le quotidien rapide et bruyant s’est pendant quelque temps arrêté. Sur de jolies couleurs aux reflet orangés, j’ai pu observer les oiseaux chanter, les feuilles frémir et petit à petit, les lumières s’allumer.
Un très beau moment et beau projet !

The swallows were with me for twenty minutes. What would the sky be like if they, like the planes bisecting on the skies above, left vapour trails behind them ? But no, the only imprit they left was in my mind, invisible ribbons spooling through me for an instant, then gone, only to be replaced by another, appearing from the left, disappearing to the right. The sun catches one of the apartment building, the one with the diagonal balconies that lean in different directions, and all its windows are rose gold. And I am reminded that this feeling could be available at any moment - if we make ourselves open to it and take the time and space to let it in - where the world - and all the magic within it - is focused in and through and around us.
With many thanks

(La veille de mes 44 ans, je suis née le 11 juin 1981 à 6h27)
J’ai voulu avec ce projet faire partie d’un tout, être avec des gens dans l’envie de voir du beau, de ressentir des émotions simples. Ne pas être contre mais être avec.
Je ne suis pas déçue, j’ai été tout d’abord avec moi (alors que je peux me fuir parfois), j’ai été avec la lumière, j’ai joué avec les arbres. J’ai reproduit des ailes des oiseaux que j’ai vus à travers la fenêtre. J’ai été avec les perruches qui volaient en groupe, avec ce mâle qui faisait une parade amoureuse, avec cette pie qui cherchait quoi voler, avec ces avions qui traversaient le ciel, avec cet enfant qui a ouvert grand la bouche en me voyant. Avec mon corps pour faire des pas de danse, avec mon reflet que j’évite beaucoup en ce moment, avec mes proches vivants ou morts, avec celles et ceux qui souffrent. J’ai eu la chance d’être dans un moment suspendu, au calme, sans le tracas du monde avec le chant des oiseaux, la musique qui venait du conservatoire. Je me remercie de m’avoir accordé ce temps, je remercie la compagnie de m’avoir offert cette expérience. Je finirai par cet adage "La danse c’est la vie".

Une drôle d’expérience, avec les perruches, les pies et les autres.
Les sons de la ville qui s’éveille progressivement et moi seule, corps suspendu à cet endroit.
Une belle expérience !

Tellement d’oiseaux ! Et surtout des perruches, enfin, au début. Après, plutôt des pigeons. Et c’était un peu difficile de laisser place à l’introspection (mais pas du tout désagréable), tant il y avait de choses à regarder. De petites XX, des arbres, des jardins, des immeubles, des grues au loin, et puis des bruits, à la fois très proches et un peu ailleurs.
La chaleur et l’odeur du bois m’ont fait penser à un sauna, même s’il n’y faisait pas si chaud : Mais c’était très agréable d’évoluer avec le soleil, de voir les lumières changer très lentement, d’entendre des bruits différents quand le soir avançait. En fait, cette immobilité n’en est pas du tout une. C’est juste un ralentissement.
La vue est splendide, et je ne m’en suis pas du tout lassé. Les bruits de pas dans le gravier, derrière, donnaient l’impression d’être là et de ne pas y être en même temps. La chaleur et la sueur donnent l’impression de ressentir cette veille dans tout son corps. L’air frais de la sortie n’est que plus agréable, et donne une sensation très spécifique à la veille. Merci pour cette expérience hors du commun et très agréable !

Quand je suis arrivée tout à l’heure devant l’abri, avant le lever du soleil, deux personnes formaient au sol, sur la passerelle en bois menant à l’abri. J’ai été gênée de devoir les réveiller pour participer à ce projet artistique. Le sommeil est précieux. Je me suis dit que c’était eux les vrais veilleurs, ceux qui restent debout toute la nuit. Je me suis sentie un peu inutile. Première introspection.
Puis, je suis entrée dans l’abri, j’ai senti le bois, observé la différence acoustique avec l’extérieur. Les sons des oiseaux étaient toujours présents bien que atténués.
J’ai observé deux pies voler avec une corneille, trois perruches, une coccinelle qui est restée tout le temps de la veille sur la vitre, en regardant dans le jardin.
J’ai entendu un pouillot véloce, quelques coureurs, un à plusieurs camions poubelles ; et je me suis sentie, à nouveau, bien inutile.
Merci pour cette expérience qui interroge sur le sens de la vie. Je me demande : "à quoi bon ?". Mais que ce n’est pas la bonne question. Cet abri m’a permis d’expérimenter et d’apprivoiser ce sentiment d’inutilité, et peut-être de l’apprécier, un peu, car ce vide permet en fait de découvrir l’invisible, ce et surtout ceux que l’on ne voit pas. Les veilleurs, ceux qui veillent sur nos villes car ils n’ont pas d’autre choix.

Mes réactions à fleur de peau, oui car j’en ai embarqué quelques unes de ces splendides jardins... Quelle expérience hors norme, une altération du temps, de mon état mental, juste dans l’émotion, dans le mouvement, mes pieds nus caressant le bois qui a cette odeur de forêt. Les oiseaux dansaient de l’autre côté de la vitre. Cette guirlande lumineuse encadrée par ce cube doré, très chic au reflet doré, a été une invitation à me plonger au vert de cette nature si généreuse. Les reflets des nuages sur les vitres des bâtiments étaient multiples ! Merci à vous Joanne, ta voix si douce, généreuse et posée et Zoé pour ta gentillesse et ta bienveillance. Quelle belle expérience.
LA VIE EST BELLE
Véronique alias "La fille à vélo"

Je m’attendais, ou espérais !, une expérience mystique, il n’en fut rien. Ce sont mes sens qui ont été convoqués : la vue d’abord, avec le ballet d’oiseaux et la palette de verts de la végétation sur les immeubles, l’ouïe ensuite, avec la symphonie continu et d’habitude inaudible du monde animal, puis l’odorat avec la douce odeur de bois de la cabane ; enfin le toucher du bois, du verre de la vitre puis nous aspire comme le vide en haut d’un rempart. Le gout ne fut pas en reste : sensation de faim, ventre qui gargouille et eau à la bouche. Je pense à mon café-croissant qui m’attend ! Et se tenir debout sans bouger, quelle difficulté !
Bref : expérience physique et poétique d’être présent à soi et au monde, de ralentir son mental, ou tout du moins, de prendre conscience de son omniprésence et de sa dictature. Merci pour cette magnifique parenthèse offerte et pour le geste artistique créateur de sublime.

THANK YOU SO MUCH JOANNE FOR THIS UNIQUE AND AMAZING EXPERIENCE !
Beaucoup de suspicions autour des "vendredi 13" ? C’est justement pour faire une pichenette au temps que j’ai choisi cette date et advienne que pourra :) !
Ce fut un doux moment comblés de facettes différentes, que l’on regarde le vieux St-Ouen ou l’infini du Parc paysager...
Mais la chose la plus unique pour moi ce soir, c’est que grâce à vous, j’ai parcouru, immobile, plus de 16000 km en une heure pour rejoindre ma fille Alisson qui séjourne aujourd’hui à Melbourne, Australie...
Vous ne pouviez le deviner,
Je ne pouvais espérer mieux.
Merci pour cela ! Belle continuation !

Un portail ouvert vers une forme de quiétude, de liberté et de vie auquel je ne m’attendais pas.
C’est juste brillamment pensé et conçu <3 Merci pour ce moment suspendu que j’aurai du mal à raconter mais dont je me souviendrai longtemps.

Sure, I was in a shelter, and yet I felt very exposed. With no watch or phone, no sense of time or the reassurance of being a few clicks away from security or convenience, this experience was a funny metaphore for life, I looked for connection, for a point of reference. The place of the sun, the aunties on the bench. Like in life, they left and I found new ones. Sense of calm, broken when my bases moved. But like in life, the hour passed, another experience over, and I was grateful for it.

"De toutes les passions, la seule vraiment respectable me paraît être la gourmandise." Guy de Maupassant

Il y a bien longtemps que je n’avais pas observé sans distraction pendant tout une heure !
Tantôt le regard actif, tantôt le regard perdu au loin, j’ai adoré le moment de recueillement et de contemplation. Je ne sais pas si j’ai accompli ma tâche de veilleur de manière assidue car mon esprit avait tendance à se déconnecter du réel qui m’entourait, mais j’ai certainement essayé ! Je n’ai pas repéré de personnes ouvrant leurs volets ou prenant le petit déjeuner sur leur terrasse (je pense qu’il était un peu tôt pour ça), mais les oiseaux, eux, sont matinaux ! Des pies, des perruches, des pigeons...j’ai été surprise de voir la diversité d’espèces réunies dans ce petit hameau au cœur de Saint-Ouen. Ils semblaient à l’apogée de leur journée, contrairement à nous : ils dansaient, ils chantaient, se sociabilisaient... un beau spectacle !
J’en ai aussi profité pour faire quelques étirements face à cette jolie vue.
Je n’ai pas passé beaucoup de temps de l’autre côté de l’objet car moins de choses à voir et la vitre n’est pas aussi claire/propre.
En somme, une belle expérience de connexion, déconnexion et introspection.

Beaucoup d’oiseaux, je pense que j’ai jamais pris le temps d’autant les observer vivre, voler, manger, jouer. Un ciel qui change, qui s’assombrit en passant par les couleurs du coucher du soleil. Des insectes qui prennent quelques minutes (ou dizaines de minutes qui sait ?) sur la vitre et qui nous laisse les observer in vitro. Un rat agile qui détourne la rambarde créée pour Le Cycle des Veilleurs. Un seul mammifère étonnement. Des voisins sur leurs terrasses. La notion du temps disparait, et quand on à l’intuition que c’est bientôt la fin on aimerait avoir tort parce qu’on aimerait veiller sur le parc jusqu’à la nuit tombée, quand surement d’autres êtres vivants se permettent de se montrer. Avec le soleil toute la journée j’ai eu un hammam pas désagréable. J’ai fait de la musique avec mon corps, je me suis étirée, détendue et je vais bien dormir. J’ai beaucoup réfléchis aussi, avec la même qualité que dans ma douche ou sur mon vélo mais avec 100% de concentration pour ces pensées. Merci.

C’est une expérience unique que je conseillerais de faire à tout le monde.
J’ai trouvé cela émouvant de me retrouver aussi seule dans cette bulle, face à moi-même, mais aussi dans un rapport privilégié avec la ville et la nature.
C’était particulièrement intéressant et beau de faire cette veille le matin. Partir en pleine nuit, la ville endormie puis arriver et entendre la nature (oiseaux, grenouilles) et la ville s’éveiller, voir les immeubles au loin changer de couleur. J’ai également suivi le parcours de la Lune et veillé en compagnie de 1 ou 2 insectes.
Je me suis sentie comme dans une faille spatiotemporelle, hors du temps, d’ailleurs c’est passé à toute vitesse.
La structure de la boîte avec la lumière LED se réfléchissant dans la vitre renforce cette impression d’être hors du temps.
On en oublie qu’on est en ville, comme dans un cocon où je serais bien restée plus longtemps.

Contempler le coucher du soleil durant une heure entière est une expérience que je n’avais jamais faite.
Bercée par la musique du conservatoire et les bruits de la vie humaine et de la nature, j’ai souvent perdu le fil de mes pensées. Ne pas se soucier du temps qui passe et du stress d’une vie à 1000 à l’heure m’a permis d’observer des moments banals, mais chargés de sens.
Merci !

Qui veille sur qui ? Qui veille sur moi ? Qui veille sur celleux qui veillent sur moi ? Moi ? Nous ? Vous ? Veillez-vous sur quelqu’un ? Au moins sur vous ? Un peu sur nous, un peu sur tout ...
... même si l’on en a pas toujours conscience on veille toujours un peu sur quelqu’un, sur soi, sur quelque chose
... même si l’on en a pas toujours conscience il y a toujours quelqu’un qui veille sur nous : un.e ami.e, un.e voisin.e ; un.e passant.e, un.e médecin généraliste, un.e pompier.e, un arbre, une nuée de pigeons ramiers.
... même si l’on est pas toujours d’accord il y a toujours quelque chose qui veille sur nous dans nos vi(ll)es agitées et hyper(DE)-connectées : un GPS, une recherche sur le net, un payement par carte, une caméra de vidéo surVEILLancE à l’entrée du carrefour MARKET, un satellite pseudo-gouvernemental/
... même si l’on en est souvent inconscient, il y a quasiment tout le temps un SUR-MOI qui veille sur ÇA, sur ces pulsions qui nous animent, nous réchauffent et nous consument : un complexe tissage d’interdits collectifs, une structure plus ou moins co-construite et consentie.
Est-ce la VI(LL)E qui a VEILLÉ sur moi OU moi sur la VI(LL)E ?
Gratitude à Claudia...

Calme, tout est calme.
Un ciel d’un bleu clair, un soleil boule d’or qui descend tranquillement pendant que je veille sur les jardins et les immeubles aux alentours.
Le temps qui s’est arrêté dans l’abri jardin est passé vite en dehors.
Très bon accueil de Pascal. Lorsqu’il est revenu ouvrir l’abri jardin et m’indique que le soleil était couché, je lui ai dit "Déjà ?!"
Le soleil a accéléré sa course et a du accélérer le temps du dehors car le mien n’était plus le même.
Merci à Pascal, à Zoé, à Joanne de m’avoir permis de vivre cette expérience.

La deuxième Rencontre du Cycle #3 s’est déroulée ce jeudi 19 juin à la Serre Wangari, Maison de l’Ecologie de Saint-Ouen. Les veilleurs et les veilleuses de la deuxième session (15/03/25 au 14/06/25) étaient invité·es à cet évènement pour échanger et partager leur expérience. Ce moment chaleureux et convivial a réuni 33 personnes. Ils et elles ont assisté à des performances dansées par deux artistes chorégraphiques de WLDN, accompagnées d’une plongée visuelle et sonore dans l’univers du Cycle des Veilleurs, et de lectures de témoignages, lus par cinq accompagnateur·ices.
La soirée s’est terminée par un temps d’échange entre les veilleurs et les veilleuses afin que chacun·e puisse réfléchir à la présence de cette performance dans la ville.
Nous remercions la Serre Wangari et toute son équipe pour l’accueil qu’iels nous ont réservé, ainsi que la Ville de Saint-Ouen pour son soutien.
La prochaine rencontre aura lieu le mardi 23 septembre, toujours à la Serre Wangari !


Le renard disait au Petit Prince qu’il faut s’habiller le coeur avant un évènement, une rencontre, un échange.
Dans cette boîte, je pensais préalablement à l’orientation qu’allaient prendre mes pensées.
Mais rien n’en a été dans cette matinée à l’aube de l’été. Dans cette heure où le temps se fige à l’intérieur, le paysage évolue à l’extérieur. Il s’éclaire et les bâtiments, les animaux, les végétaux dansent avec la lumière.
Rentrer dans cette boîte, c’est rentrer dans son cerveau. On est là, d’abord figés sans vraiment avoir la notion que nous nous retrouvons avec nous-mêmes. C’est laisser divaguer nos pensées, nos mouvements où l’on porte son regard.
Ce regard, je l’ai porté tout d’abord vers ma famille. Ma famille de sang, la famille de coeur et puis il y a aussi l’immense famille que cette boîte agrandit de l’aube au crépuscule de chaque jour. Cette famille dont je suis l’infime maille parmi cette chaine. Et c’est sur les autres pages de ce livre que s’agrandira cette famille qui tente de se retrouver dans cette boîte un peu plus humaine.
Joanne Leighton propose la performance Les Veilleurs pour 730 participant·e·s : une personne chaque matin et chaque soir veille sur la Cité et la région pendant une heure, au lever et au coucher du soleil, installée à l’intérieur de l’abri dessiné par le designer-scénographe Benjamin Tovo, et ainsi de suite, pendant 365 jours.

Cette veille convoque en moi un dilemme. Observer ou se perdre dans ses pensées. L’instant est contemplatif, et invite rapidement l’esprit à vagabonder. Mais je me rends compte que je vois plus les choses de la même manière, avec la même intensité. Le spectacle de mes pensées, lui, je le connais par coeur. Celui que m’offre le paysage devant moi, pas encore.
Je préfère parcourir les infinis détails et ne pas perdre une miette des 3600 secondes que je vis actuellement. Voir le couple de perruches qui fait sa vie, l’horizon au loin, les lumières qui s’adoucissent lentement...
Durant une heure les jardins n’ont appartenu qu’à moi ou presque.

Une date qui sonne l’Été
qui convoque les sens,
le changement...
Vigie sur mon perchoir, je me fonds dans l’écran face au Grand Parc des Docks, je fais mon cinéma intérieur et extérieur.
Depuis dix ans j’habite face au parc, en face.
Face à face avec cet écrin, je le vis, je l’arpente.
Ici et maintenant, dans le chalet suspendu je fais le bilan et perspectives de ces années les arbres imposent leur maturité, les ragondins ragondinent gaiement, les perruches vestes fluo virevoltent, le soleil reflète l’Eté dans les immeubles. Je suis là, j’affine mon regard, j’introspecte, je goute l’instant. Content d’être veilleur parmi les veilleurs. La vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie.

La troisième session d’inscription du 15 juin au 21 septembre 2025 est ouverte, il reste des créneaux pour veiller au lever ou au coucher du soleil pendant la période de l’été !
Pour s’inscrire à une veille : https://my.weezevent.com/le-cycle-des-veilleurs-annee-3 ?

– Concentrationnaire
– Accompagnatrice extraordinaire
– La lumière c’est beau
– Belle ambiance autour
– Les grillons !
– SCH

Suite de nuit. Après avoir traversé la métropole, vu ses changements et ses strates, se tenir debout. Les jambes fortes des mouvements, de la nuit. Le jour est arrivé avant le soleil, la nature est déjà saisie du réveil des braves. Une trainée de nuages rougeoie, serait-ce cela, mon regard, cette attente de voir, après les reflets des tours de La Défense et le sentiment d’un seul avion, s’enflammer les cimes des arbres ? Attente subtile, projection de fer qui viendra... La trainée de nuage s’est dirigée. Je ne t’ai pas vu.
L’activité n’est que de faune et de flore, est-ce qu’une ville qui s’éveille
Un seul, en face à face de quelques minutes, sera mon témoin ce matin. J’ai existé. J’irai dormir repu.

La contemplative que je suis a été gâtée !
Le nez vers le ciel je me suis laissée transporter au rythme "Buto" du défilement des différentes couches de nuages. S’étirant dans des formes variées et se colorant au fur et à mesure que le soleil se couchait derrière l’horizon.
Puis j’ai aimé ces trois bandes qui rayonnaient le cadre sous mes yeux : le végétal, le bâti habitant les Audoniens des docks, et enfin le ciel. Le bâti se découpant en ombres chinoises quand la lumière du jour faiblit. Et j’ai aimé le parfum de l’essence du bois et l’atmosphère cocon de l’objet...
Je repars chez moi flottant tel un nuage je sens que je vais dormir comme un bébé ! Merci pour cette belle expérience !

Très heureux d’avoir pu participer à ce projet, c’est un vrai cadeau à soi-même que de pouvoir s’accorder ce moment hors du temps, du bruit et de la foule.
Prendre conscience de soi, de son corps, entendre sans écouter, voir sans regarder, perdre la notion du temps, la chercher puis arrêter...
S’égarer dans ses pensées sans essayer de retrouver un chemin, accepter les souvenirs inattendus, recroiser des personnes disparues, revivre des épisodes de vies oubliées..
Merci pour cette opportunité : à Joanne Leighton, à mon accompagnatrice, à l’équipe qui prépare les veilleurs, à tous ceux qui ont participé et rendu ce projet possible. Un fil invisible relie tous les veilleurs.

Merci de nous éveiller au monde qui nous entoure tout en nous plongeant en soi-même.
Belle expérience de vie.
Je suis contente d’avoir participé et reconnaissante du temps que cela vous prend de nous permettre ce retour à la simplicité.
Bravo !

Même si le réveil a été dur et que je rêve d’un café, j’ai adoré ce moment de contemplation. Il est de plus en plus rare que je prenne autant le temps d’admirer, de rêver, de deviner, d’écouter. J’avais l’impression d’être un matin d’été avant un départ en vacances ou à la fin (très tardive) d’une soirée estivale trop arrosée.
Les animaux ont bien occupé ma veille, le ragondin, les rats/mulot, les perruches vertes, les pigeons et les insectes. J’ai même vu joli couple tourterelles.
Je me suis quand même assise deux fois mais être débout autant de temps était plutôt agréable. J’ai appris à aimer passer du temps seule cette discussion avec moi-même m’a fait beaucoup de bien, j’ai failli verser des larmes.
Merci pour cette veille !

Une opportunité de ralentir le rythme...
Encore cette douce odeur sucrée réconfortante.
Une chaleur étouffante.
Qui malgré tout apaise l’esprit et le corps.

C’est l’aube, je suis dans une boîte fermée, la seule vitre donne sur un jardin.
Je voulais être là, je voulais marcher jusqu’ici avant de commencer toute chose, avant que la journée m’apporte son fardeau de distraction.
La lumière est encore faible, j’observe l’extérieur dans un cadre et un deuxième encadrement de lumière.
Ma silhouette est très présente dans le reflet, ma posture me surprend. Lentement le soleil se lève de plus en plus, le reflet de ma silhouette devient à peine perceptible, les traits de mon visage s’effacent, je suis anonyme, transparent, perdu.
Le jour s’est levé, je me suis dissous dans l’horizon, une normale journée commence, je ne prête plus attention à moi.

Découverte de l’intérieur de l’objet-abri, son espace et son galon de lumière. Le jardin est comme entier dans un autre espace. Devant loi, une "nature morte" (j’aime mieux le terme anglais de "Still Life" : les jardins, dont le calme n’est troublé que par le rare passage d’oiseaux ou de musaraignes, le mouvement des roses des colorées. Une forêt d’immeubles semble veiller sur ces jardins, les protéger. Au lointain, des tours font penser à des cheminées de grands paquebots, invitation à se laisser partir encore plus loin, vers de nouveaux horizons.
La pénombre vient, de rares lumières s’allument, la veille s’installe.

Est-ce passe temps d’écrire ?
Est-ce passe temps de veiller ?
Des bruits, ceux des oiseaux, ceux des voitures, qui s’amplifient petit à petit.
Un chien, une joyeuse, le gardien du parc.
Et là-bas au fond, oh, c’est La Défense !
Dans cet abris, je pourrais me sentir enfermée, mais mon esprit vagabonde, se sentir libre en observant le vol des oiseaux, la parade des pigeons, ces barres d’immeubles atypiques que j’ai pourtant vu des centaines de fois.
Quelques petits mouvements de corps, étirements, bâillements, les pieds nus, ancrés dans le bois du sol. Le temps s’égraine, j’en perds la notion et hop, voilà qu’on toque à la porte !

Veille du matin.
C’est l’aube, je rentre dans l’objet-abri.
Et immédiatement, je repense à ces centaines de levers de soleil "traqués" depuis des années maintenant par moi. Ici, je vois au loin La Défense, c’est l’été, les tours crépitent sous le soleil levant.
Les immeubles en face de moi se réveillent, certaines parties encore à l’ombre des autres immeubles. Petit à petit, cette fenêtre sur le monde deviendra presque un tableau.

Le parc était là. Comme je l’ai quitté il y a trois ans presque. Je ne pensais pas le retrouver sous cette forme. Il avait à peine changé, la verdure a pris plus de place. Une danse de mouches au début, la roue du vent qui tournait à mine je voyais la Serre où nous avons présenté We the people. Un lieu entre avant et aujourd’hui.
Retrouver le parc et de le voir de l’extérieur comme lorsque je dansais autour en 2020 lors du confinement. Voir un parc - est ce qu’il nous voit ? L’abri objet, espace entre ville et végétations, transition extérieure-intérieure, passer de l’un à l’autre, faire des allers-retours, poser le regard, le temps qui devient tout, mati !re, espace soudain s’est accéléré lors du couché du soleil, les voix se sont dissipées, les odeurs des fleurs ont embaumé l’abri, le passage dans le parc qu’est là.

Voir le temps qui passe, observer le vivant et chercher. La trace du soleil disparait de plus en plus vite. Un peu comme le temps qu’il nous reste ?

Comme un tableau vivant : d’un côté, un décor immuable, le ciel rose, les immeubles de logements neufs des Docks et les tours de la Défense au loin ; d’un autre côté, des touches éparses de vie, des oiseaux en solo, en duo et en groupe, un énorme ragondin qui fait sa vie dans les jardins partagés, le bruit croissant de la circulation, le scintillement du soleil et les volets qui s’ouvrent par ci par là.
En même temps que le jour se lève, les pensées et préoccupations du moment refont leur apparition. Chassez le naturel, il revient au galop.
Pas trop de notion du temps qui passe, moi qui ai habituellement une horloge interne plutôt bien réglée.
La fatigue, le calme et le décor reposant de cette boîte qu’est l’objet-abri me semblent avoir un effet hypnotisant.
Retour des sensations physiques, fatigue, faim, mal au dos...
Alors c’est ça veiller ?

"Belle amie, ainsi est de nous : ni vous sans moi, ni moi sans vous !"

Mes yeux trouvent la beauté avant même que j’ai l’idée de la chercher. Ils s’y plongent entièrement, comme si on pouvait y trouver une paix infinie. La qualité d’un reflet lumineux coloré, la façon toujours nouvelle dont les volutes de fumée disparaissent dans l’air, le vol plané des oiseaux ...
Que viennent faire ces sons dans ce paysage si paisible ? Comme 2 facettes du monde opposées qui m’arrivent sur 2 canaux différents.
J’entends des pas. De quoi ai-je peur ? ...
J’ai peur d’oublier. Alors je me répète les choses dans ma tête.
Mon corps rentre en résonance avec le rythme des sons, même de façon subtile et involontaire.
Quelle est ma place dans ce monde qui n’a besoin ni de moi ni de personne ?

Parfois les mots sont peu de choses face à ce que l’on ressent. Juste : Merci.

D’abord happé par le ciel puis très vite par la masse végétale du parc.
L’objet coupe des sensations extérieures et en apporte d’autres. L’odeur du bois qui disparait au bout d’un moment, la présence des parois, le silence de l’habitacle qui met en évidence les bruits de l’extérieur. Le bruit des voitures est omniprésent, s’en rendre compte est assez effrayant. Pareil pour les avions même s’ils sont beaucoup moins présents. On entend à peine les humains, tout juste des pas sur le gravier, quelques rires. Finalement il m’a semblé que bien plus que moi ce sont les arbres du parc qui veillent sur la ville. Leur présence est caressante, les immeubles autour du parc, semble apprécier. Les arbres apportent aussi du mouvement avec les oiseaux (que l’on entend si peu). J’ai eu envie de bouger avec eux. J’ai enlevé mes lunettes et tout était flou. Ressortir de l’objet et retrouver le contact avec l’extérieur a été agréable. Envie de retourner dans la ville.

Lorsque je me lève tôt le matin c’est toujours pour faire quelque chose de précis, aller au travail, prendre un train ... Ce sont des moments chronométrés et millimétrés où la contemplation n’a pas sa place. Pourtant j’aime beaucoup regarder la ville s’éveiller. Le cycle des veilleurs m’a permis de prendre le temps au moins une fois dans ma vie.

Alors voilà, je suis entrée dans la boîte qui veille, bien chaude. D’une chaleur enveloppante qui donne envie de se bercer dans un hamac.
Mais il n’y en a pas. Je veille.
La skyline, ligne d’horizon, me fait des clins de vitres très dorés.
Les oiseaux fusent, deux mouettes se croisent au-dessus, loin. C’est l’heure où le monde se teinte d’or. Quand la demi-lune se tient en équilibre au-dessus de la cheminée de l’incinérateur, Saint-Ouen se stabilise. C’est le moment parfait. Un ragondin vient faire des emplettes de plantes fraiches juste devant moi. Au sud, 6 femmes discutent sur un banc, puis 5, puis 4, puis 2. Le soleil est parti bricoler derrière l’horizon. J’ai envie d’écarter les immeubles lisses, bien posés devant moi pour fendre vers l’ailleurs…

Dans ma cabane j’ai vu passer :
des pies et des pigeons pressés,
des corbeaux des corneilles des moineaux,
et d’autres piafs non identifiés,
un petit rat plutôt mignon,
sur la vitre une trace de doigt,
devant moi des immeubles dressés,
au loin La Défense qui scintille.
deux cheminées et de la fumée,
sur les balcons quelques silhouettes,
un jardin pour moi tout seul
Mais le temps
Je ne l’ai pas vu passer !
M E R CI P O U R C E M O M E N T

Des pigeons, des pies, des perruches.
Des nuages, des silhouettes, des hommes âgés.
Des plus jeunes, des pressés, solos ou accompagnés
De ce moment, rien je ne regrette.
Un veilleur, de sa fenêtre.

Dans la boite en bois vitrée de Johanne, le jour se lève, bruit de la voirie derrière, quelques coureurs à pieds, en face des figuiers, les immeubles, les reflets du soleil, de beaux nuages, des grenouilles, des oiseaux, 2, 3 avions et pour finir les perruches.
La nouvelle conception du paysage avec des barrières en bois autour de la nature, les noues... J’ai du mal à comprendre, comme si la nature était faite que pour voir mais surtout pas y mettre le pied et pas se mélanger. (Je ne parle pas du parc et de la lutte héroïque des jardiniers de l’Alstom pour continuer à exister bravo !) Je parle de ce qui se fait à l’heure actuelle dans la ville en matière de végétalisation. Vive les friches ( de vreesh-frais). Et l’agrandissement du fordèn de l’impasse juif à Saint-Ouen. Quand est-ce que la ville arrête de faire semblant ? Moins de réunion ; Plus d’action. Sinon à part ça, c’est bien de veiller sur le monde et de songer à celles et ceux qui sont dans la guerre. Rassemblement à JAULNES à 12h aujourd’hui pour un pique-nique contre l’industrialisation de la Seine.
Merci à Shou Hui pour l’accueil

Ce soir je suis un peu une autre, Sarah.
Sur ma gauche au-dessus du bâtiment d’Alstom, la lune.
Sur ma droite, jouant à cache-cache avec les nuages, le soleil.
Face à moi la végétation plus luxuriante qu’en décembre.
Et tout au fond les tours de la Défense, je ne les avais pas vues en décembre, il faut dire que le temps était très nuageux.
Cette fois, j’ai vu les avions, je les ai comptés, 24, mais je ne les ai pas vraiment entendus. J’ai entendu des voix, le chant des oiseaux, le bruit de la circulation.
J’ai vu mon reflet dans la vitre. Je n’aime pas trop mon image mais j’adore mon reflet dans le rectangle lumineux.
Les nuages commencent à rosir, bientôt la fin de la veille, je redeviens moi, Virginie.

"La vie nous donne à chaque instant la possibilité de commencer ou recommencer."

Petit imprévu ce matin, ma veille ne prendra pas place dans l’abri mais devant l’abri. Les portes de la cabane resteront fermées ce matin, ce qui ne m’empêchera pas de voir le soleil se lever sur le parc.
Le vent est très frais, il fait tournoyer les fleurs en plastique colorées des jardins partagés. Je sautille sur place, je frissonne, je bouge, me détends. Le froid est là, c’est la fin de la veille.

Tout d’abord l’agitation du parc, les cris des enfants, le crissement du gravier sous les pas des coureurs, les conversations des promeneurs et surtout les chants des oiseaux. Les perruches, toujours les plus bruyantes qui se courent après. Les pies qui jouent dans les jardins partagés entre les girouettes. Les pigeons qui foncent vers la vitre et détournent leur vol au dernier moment. Les merles, les corneilles, les pinsons qui volent en tous sens.
Puis progressivement avec le soleil qui descend et dont je sens la course dans le reflet des vitres des immeubles, le calme et le silence qui s’installent. L’obscurité naissante rend le rectangle lumineux plus visible, comme une porte, un passage vers un ailleurs.
Dans les derniers rayons rosés du soleil se déploie le ballet des hirondelles, fines fusées qui me renvoient aux soirées d’été de mon enfance.
La veille s’achève et j’ai voyagé sur place dans mes souvenirs et mon avenir.
Merci.

1 heure pour veiller et se retrouver.
Enfin retrouver un peu ces sons oubliés.
Le tout dans un cycle, son propre cycle.
Le vent, les oiseaux, les toits ... l’ombre !
C’est l’ombre et la lumière qui m’ont permis de tenir, tenir cet engagement.
A bientôt.

1 heure pour contempler cette ville que j’aime tant.
Se rendre compte de choses que je n’avais jamais vues alors que je passe tous les jours devant.
Arrêter le temps, pour faire une pause dans un endroit féérique. Je ne verrai plus pareil ces jardins partagés.
Merci

"Le désert est la seule chose qui ne peut être détruite que par construction." Boris Vian

Une boîte de 18 pas de longueur, 4 pas et demi de largeur et 8 pas et demi de hauteur.
Une veilleuse dans cette boite.
Une posture à trouver, ou plutôt plusieurs à la fois : je peux veiller, tout simplement, de manière intransitive, être dans un état de garde constant de la ville et de moi-même. Je peux aussi veiller sur quelque chose, sur l’urbain et ses habitants, sur le lézard qui s’attarde dans les derniers rayons du soleil, sur les hirondelles qui remplacent les pigeons à une heure donnée, ou sur les rats qui remplacent les humains à la même heure donnée.
Je peux enfin veiller à ce que ce moment soit celui d’une pleine présence à ce qui m’entoure et à moi-même.
Veillée funèbre (mais heureuse, flamboyante) du jour qui renaitra. Toujours.

La chambre où j’habite, mon abri où je passe mes nuitées est face à l’objet abri. Le parc des Docks et moi, on se réveille ensemble tous les matins, je regarde les ragondins et les portées d’oies du canada grandir. Ce matin, comme une inversion de perspective. J’ai pu observer le soleil progressivement se répandre sur les bâtiments, inonder de scintillements les fenêtres de toutes ces personnes endormies et la lumière s’est adoucie progressivement.
Je ne me suis pas du tout ennuyé comme je le craignais (un petit peu), j’ai dénoué les noeuds dans ma tête, j’ai regardé les oiseaux gambader, un papillon de nuit dalmatien me toisait à travers la vitre, une pie faire sa toilette. Et les pigeons volaient vers le Nord, pour aller où ? Cette question m’a bien occupé.
Merci d’offrir une expérience comme celle-ci, une expérience de rêverie si caressante dans un monde pressé. Je me suis sentie enveloppée par la ville, le ronron des voitures et le roucoulement des pigeons, je me suis souvenue ce que c’est d’être en vie.

Courir pour être à l’heure
puis rester immobile
l’heure
est un leurre.
Le temps qui passe
ce sont des gens
en moins
sur les bancs.
Puis des conversations
debout
et puis des enfants
qui courent.
Les immeubles immobiles
la nature mobile
entre deux
les gens.
Dans la vitre
le reflet du cadre lumineux
la ville en tableau
accroché sur le ciel.
Côté clair
côté sombre
pour le prochain Veilleur
l’inverse.
Veiller
c’est à temps complet.
La Terre tourne
dit-on
mais la ville
est immobile.
Le sommeil
oubliera
pas le Veilleur.
Le soleil se couche
vient la crainte de l’inexorable
dans les jardins
les éoliennes colorées se figent.
21h53

La plus vieille ampoule du monde brûle depuis 1901.

D’abord les immeubles criaient au loin stoïques, solides mais scintillants de lumière.
Ensuite les jardins, tout aussi figés que les monstres de béton.
Enfin moi : Dans cette cabane en bois.
Seules instabilités, les fenêtres, les nuages de moucherons et mon regard.
Il met du temps à savoir quoi percevoir.
Après une petite demi-heure (estimée) je me sens bien.
Mes mains se mettent à danser.
Elles se frottent.
Je me balance lentement de gauche à droite.
Je fais souvent ça, sans m’en rendre compte ...
Peut-être pour m’ancrer ?
Ma présence a attiré la curiosité d’un groupe, plusieurs jeunes filles parlent de moi.
Cela me destabilise.
Je n’aime pas être vue.
Lorsque le temps m’a paru trop long j’ai ouvert la porte. Il était 21h52.

Restent le soleil sur les facades d’immeubles au-delà des jardins, la lune toute ronde qui devenait presque invisible au fur et à mesure de sa descente, les cris et le chant des oiseaux, l’immobilité des feuilles.
En moi une tranquillité douce, rythmée par ma respiration. Une chaleur, de la fraicheur aussi par intermittence. Des vagues de pensées lentes, souvenir de la soirée de la veille, souvenirs des personnes, de leurs mots, des miens.
Rester debout caressé par des pensées tranquilles.
En sortant de l’objet abri je me suis étonnée de l’ombre du parc.

C’est un peu fou d’être dans une boîte
Je pense qu’il ne faut pas être claustro
Ni avoir peur d’être seul.e
C’est fou les oiseaux qui volent
Et qui sont tous différents
Et c’est fou toute cette architecture !?
Ce quartier est bien vivant !
Par contre j’aurais jamais dit qu’être debout 1 heure
Ca m’aurait fait aussi mal aux pieds !
Merci pour l’accueil
Merci pour l’expérience !

Trouver sa place dans la structure.
Se placer devant la lumière, que son reflet ne s’imprime sur le paysage.
Noter le lever du soleil par les touches de couleur - rouge - qu’il dépose - d’abord au plus loin du paysage.
Devant les oiseaux.
Derrière les bruits de la rue qui s’intensifie.
Le soleil distribue ses éclats sur les immeubles.
Ceux-ci apparaissent dans leur structure, changent de couleurs. Les nuances se perdent avec la clarté ; des détails apparaissent. La lune se fait transparente. Des habitants des immeubles. Certains se font-ils veilleurs ?
Veillent-ils les veilleurs ?

Une veille bien particulière en cette fête du 14 juillet (que je n’avais pas anticipée). La musique est assourdissante, mon coeur bat très fort prêt à exploser, je réagis corporellement en me déplaçant dans ce long couloir comme un animal enfermé, les index pourtant fortement appuyés sur les lobes de mes oreilles. Miracle, la musique s’arrête, les oiseaux qui volaient en tous sens sans que leurs chants me parviennent se calment également. Je me retrouve face au paysage et à moi-même, le soleil s’estompe peu à peu et je veille enfin sur les jardins ouvriers et les immeubles comme un ange protecteur et bienveillant.
Les 2 rectangles lumineux à l’extérieur de l’habitacle me fascinent, je me vois avancer et reculer dans le paysage et le cadre qu’ils ont créé, (l’idée est magnifique !).
Malheureusement, la musique reprend et le supplice qui va avec. Je ne supporte plus cet enfermement et attends mon guide à l’extérieur.

S’installer. Se calmer. Se concentrer. Entendre ce qu’on ne voit pas, les voitures, les motos ... puis oublier. Etudier les reliefs bien visibles de la lune. Penser. Observer un vol de canards. Se dire qu’il faudrait vraiment, apprendre à reconnaître d’autres oiseaux. Un avion. Voir les petites éoliennes multicolores se mettre à tourner sous l’effet du vent. Remarquer l’unique tournesol des jardins partagés. Sentir son corps s’enfoncer dans le sol. Deux avions. Trois avions. S’étirer. S’étonner d’un vol de perruches. Les voir passer d’un arbre à un autre. Sourire. Marcher. Se repositionner. Distinguer un ragondin au milieu des branches. Remarquer que la position de la lune a changé et qu’elle brille moins. Admirer le lever du soleil qui illumine les façades des immeubles. S’inquiéter de la fumée noire qui apparait derrière elles, puis disparait. Quatre avions. S’étirer, encore. Apprécier l’odeur et les craquements du bois. S’interroger sur la question du temps qui passe. Méditer. Veiller.

Après l’intrigue d’une expérience racontée par une amie, vient le moment de participer moi-même à celle-ci. D’abord peu sûre de réussir à profiter pleinement du moment, je me retrouve très vite plongée dans la beauté de l’instant. Un instant que j’ai d’abord vécu comme un face à face avec soi-même. Un moment pour réfléchir, pour faire le point. Pour penser à chaque détail de sa vie. Puis un état second m’a surpris, proche de la méditation.
Ce moment s’est alors transformé en un moment de calme, de vide, sans aucune pensée parasite...
Parfois perdue dans mes pensées, parfois perdue dans la nature, l’odeur du bois, le chant des oiseaux et des enfants qui jouent.
Je repars apaisée, heureuse de cette parenthèse loin de tout et en même temps en centre.
Un moment pour soi, tout en veillant sur le monde.

Il m’a fallu un certain temps pour m’acclimater mais quelle chance de pouvoir s’extraire de ce monde en mouvement permanent autour de soi et de pouvoir l’observer, tout en étant invisible et immobile...
Nous n’avons pas (ou plutôt nous ne prenons pas !) ce temps dans nos quotidiens, qui nous poussent à toujours aller plus vite - or qu’il est bon de faire une pause et de faire attention aux détails qui nous entourent et nous échappent habituellement ! Merci de nous offrir cette parenthèse enchantée, qui nous "ouvre les yeux" et l’esprit car en effet, il ne tient qu’a nous de lever le pied et d’apprécier.
(Je rêve maintenant d’une tiny house en forêt)

Le ciel est gris. Très nuageux.
Je ne peux pas voir le soleil se lever. Est-ce qu’il va faire nuit toute la journée ?
Par moments, des fenêtres s’ouvrent dans la couverture nuageuse, laissant passer la lumière et me rassurant sur le fait que non, le soleil ne s’est pas éteint.

Très bonne expérience, simple et très humaine à la fois, qui nous reconnecte à nos sens et à notre environnement.
À refaire !

Je ne savais pas trop quoi attendre de cette expérience, peut-être trouver une petite parenthèse gratuite, "pour rien" dans une vie où tout est calculé, où le temps est toujours trop court ...
Je me suis installée, debout face à la végétation et aux immeubles qui petit à petit se sont réveillés. Je n’ai pas d’animaux, j’ai vu les couleurs évoluer, les fleurs prendre leur éclat, le soleil se refléter dans les vitres et c’était très beau.

Saint-Ouen, ce soir je t’ai veillé, j’ai veillé sur tes habitants, sur tes jardins, sur tes arbres, sur ton ciel et j’ai adoré ça.
Debout, seule, face à cette porte de lumière ouverte vers l’invisible, j’ai regardé droit dans le soleil - un soleil blanc argenté, rose et bleu.
Ce soir, debout les pieds bien ancrés dans la terre et le cœur ouvert à tous les possibles, j’ai accompagné ton soleil vers sa nuit.
Merci pour cette expérience, au-dessus de la surface des bruits de la ville.

météo :
1. je suis fatiguée
2. mais je suis heureuse !
il s’est passé TELLEMENT de choses ce matin
1. j’ai ramené mon sommeil dans la cabane, mais je l’ai endormi
2. le temps est passé si vite ! j’ai à peine eu le temps de me faire chier et de me demander pourquoi j’avais ainsi perturbé ma nuit
il y a TELLEMENT D’OISEAUX :
un héron que j’ai vu 2 fois (ou 2 hérons que j’ai vu une fois)
des perruches (au moins 5)
des pigeons
une pie ou plus
des hirondelles
un moineau
un monsieur en slip sur son balcon (il faisait des allers-retours sur son balcon, peut-être qu’il veille lui aussi ! son caleçon était noir d’ailleurs !)
IL Y A TELLEMENT DE FENÊTRES (et une au conservatoire qu’une dame maladroitement arrive à ouvrir)
EN REVANCHE, moment de grande tristesse quand je me suis rendu compte la 2ème fois que j’allais au fond de l’objet-abri que je n’avais même pas remarqué le monsieur sdf. Qui veille sur lui ? Ma veille paraissait bien vaine de ne pouvoir l’extirper de son lit en béton armé
heureusement qu’il y a eu la douceur du vent qui de manière jamais vraiment pénible, faisait tourner les pales des moulins à vent, mais jamais tous au même moment !
j’ai oublié de dire aussi le soleil et sa course dansent avec les tours de la Défense, que je n’avais pas encore remarqué que l’on voyait depuis les docks.
EN TOUS CAS, merci Élise de t’être levée !

Pour cette veille, j’ai choisi le soir, moi plutôt adepte des levés de soleil…
L’ambiance est bien particulière en cette soirée d’été. Il y a du monde dans le parc, je ne m’y attendais pas. J’entends les cris des enfants qui peuvent encore courir à cette heure tardive, c’est agréable, ce petit vent de liberté.
Sur le terrain de basket, un jeune homme s’entraîne encore et encore à mettre des paniers. Il fait chaud, parfois en passant côté parc et non plus jardin, je sens un petit filet d’air passer par la porte.
La nuit arrive, d’un seul coup on voit plus les lumières. Une heure est déjà passée, envolée avec mes pensées !

Derrière l’odeur de la ville, le fracas des automobiles.
Devant, dans le cadre de lumière en reflet sur la vitre, Dame Nature dans toute sa splendeur. Je passerai la majorité de mon temps de ce côté. Je ferme les yeux, entends chanter les oiseaux, les paroles sourdes de certains passants.
Les oiseaux volent au-dessus du parc, m’offrent un spectacle de haute voltige.
Le vent dans les arbres nous rappelle que nous ne sommes pas grand-chose devant sa force.
Je prends le temps d’observer les terrasses vides des immeubles en face, un homme sort, allume une cigarette, c’est bien le matin, doucement la ville s’éveille.
La lumière sur les façades rend l’ensemble doré, le soleil monte dans le ciel, le doré descend sur les façades.
C’est simplement beau.
Je remarque tout au fond le quartier de la Défense, quel drôle de nom pour ce quartier des affaires.
Me vient enfin cette réflexion :
Je suis le veilleur de ce matin, mais ne serait-ce pas les oiseaux, la nature qui veillaient sur nous ?
J’ai adoré cette expérience

Il fait très chaud dans l’objet-abri, alors le temps passe lentement.
Malgré les nombreux balcons devant moi, je ne vois pas d’humains.
C’est derrière moi que j’entends les gens. Si je me retourne, je les vois, souvent de dos.
Personne ne me regarde vraiment.

Je devais accompagner une veilleuse mais elle n’a pas pu venir. Je ne l’ai su que 10 min avant (message non reçu la veille).
Je me suis donc préparée à veiller "à sa place". Ce cas rare m’arrive donc. J’avais prévu de faire des trucs pendant la veille. Me voilà donc "condamnée" à ne rien faire pendant 1h. Tiens, ça t’apprendra.
Je suis étrangement contente, j’ai une nouvelle mission, remplacer la veilleuse pour ne pas que la chaîne soit rompue. On compte sur moi.
Je me sens beaucoup plus libre que la dernière fois. Comme je remplace, je ferai bien ce que je veux.
Il fait chaud, je laisse ouvert. À part quelques perroquets vert pétant, le parc est désert. Il ne se passe pour ainsi dire rien.
Passé un moment, je commence à réviser mes chansons.
Je chante, je tape le rythme. Je répète encore car je dois mémoriser.
Plus j’avance, plus je chante fort et me déhanche.
Puis je m’arrête et me demande ce que je vais faire du temps restant. Je pousse avec mes bras sur les côtés de l’abri.
Puis, quand je commence à lâcher prise, mon alarme sonne, il est 21h44.
Je me dis "c’est trop court".
Je me sens détendue.
Mission accomplie.
On rentre à la base. Avec le sentiment du devoir accompli. En toute autonomie.

Le ciel est gris et le vent souffle sur les moulins du jardin, c’est l’été et je me sens bien d’être levée si tôt pour veiller sur ma ville adoptive, depuis 21 ans, l’âge de mon cher enfant.
Au loin, entre les bâtiments, j’entraperçois la Défense, dont le nom du quartier me pose des soucis quand moi la Veilleuse, Veilleur, c’est mon métier, j’effectue des recherches sur les industries de la Défense, le secteur militaire, pas le quartier. Puis j’entends le coq chanter et je contemple la nature à mes pieds, les fameux jardins ouvriers, où un tas d’oiseaux viennent nicher. Le son de la ville commence à bruisser de plus en plus, je suis bien dans cette bulle. Et je me mets à prier pour une personne qui a perdu sa maman récemment et pour elle afin qu’elle vive en PAIX et je prie pour chaque habitant, pour l’éveil des consciences. Je veille sur eux comme je veille dans mon métier, c’est ma joke au bureau : je suis veilleur, donc je veille sur vous.
Veilleur documentaliste : je suis curieuse par nature de tout. Je me souviens, en contemplant la cheminée de l’incinérateur, que c’est le premier, historiquement parlant, en Île-de-France. J’ai lu cela dans une expo au musée Archea à Louvres (95), et je repense aussi à l’événement historique du château de Saint-Ouen où fut signée la déclaration de Saint-Ouen en 1914 (ou 1815 ?) soit le retour du roi… Et là, je repense à faire mes exercices de gym que j’ai trop négligés, cet endroit s’y prête bien. Je fais des squats que j’ai tant de mal à faire chez moi. Le long de la paroi, enfin j’y arrive sans efforts. Du temps pour moi ! Quel bonheur !

60 minutes, c’est peu et beaucoup à la fois.
Le temps de veiller sur le parc, les jeux de ballons, la danse des passants, le trafic incessant de voitures. Et soudain les phares s’allument, sans crier gare.
C’est aussi le temps de veiller sur les jardins, les moulins à vent, les mouvements des arbres. Les bals d’oiseaux (et ceux des rats).
Puis vient l’heure des lueurs orange et rose du coucher de soleil, visibles au loin, mais aussi tout près dans le reflet des vitres des bâtiments.
60 minutes, c’est beaucoup et peu à la fois.

Une veille qui n’aurait pas dû être. Et on se prend au jeu…
La végétation est impressionnante vue d’ici, comme une mer de verdure. Et la lumière du matin vient ouvrir le paysage. La faune surprend. Beaucoup d’oiseaux, d’insectes captivés par cette grande vitre. Et un rat de ville qui passe et repasse…
Pas d’humains, ils arrivent plus tard sûrement…
Une heure, ça passe vite !

Des oiseaux, des humains, des basketteurs, des rats...
Grâce à l’abri, on redécouvre notre aptitude à observer, à contempler, à attendre, à ressentir le monde et nous-mêmes.
C’est à la fois extrêmement simple et extrêmement précieux.
Merci de nous offrir l’opportunité de ces veilles.

Le jour se lève
Les yeux s’ouvrent
La vue s’éclaircit

Un démarrage avec de jeunes curieux qui ont fini par s’en aller.
La "veilleuse veillée" par son accompagnateur, moment de 60 minutes à faire confiance, confiance à soi d’avoir été curieuse et traversé tout Paris pour cette expérience collective sur 365 jours ; confiance au Cycle des Veilleurs pour une heure d’inconnu et de présence.
Je n’ai jamais autant regardé les oiseaux : ils avaient des façons très différentes de voler, de grands battements espacés, ou des battements très rapides, seuls ou en duo, ou encore en groupe.
Le ciel a changé de couleur par zone : plus chaud à droite, plus froid à gauche, et face à moi, la transition.
Ma transition aussi.
Parfois seulement dans l’observation, d’autres dans mes pensées. Le plaisir olfactif à l’entrée de l’objet-abri avec le parfum du bois, qui m’a rappelé les saunas, mais sans la chaleur !
C’est une expérience à vivre, difficile de tout décrire sur une feuille. Alors que mes yeux étaient ouverts, mon ouïe me permettait avant ma vue de prêter attention à mon environnement, perception que je n’ai pas remarquée dans mon quotidien.
Merci pour ce moment unique et original qui procure calme et sérénité.

Le temps fut longtemps figé, seuls les oiseaux se faisaient entendre et occupaient le ciel. Puis tout s’est éveillé, comme d’un coup d’un seul. Les nuages ont pris place et la lumière a enveloppé la ville.
Belle expérience que celle du temps qui passe sans savoir l’heure qu’il est.

Quoi dire ?
Spectatrice de la vie qui m’entoure, une impression de temps figé pour moi et pour l’extérieur, un temps au ralenti.
La vie était en harmonie, les éléments dansaient entre eux sans se connaitre.
Tout vivait ensemble avec amour dans l’instant présent.
Je suis devenue une superhéroïne car mes sens étaient décuplés : ma vue, mon ouïe, mon odorat. Le seul qui ne s’est pas développé, c’est le goût. :)
Cette expérience se vit debout, assis, accroupi pour percevoir tous les mouvements de l’extérieur.
Finalement je dansais avec l’extérieur.

Le sentiment d’une situation rare, d’être comme une sentinelle du Moyen Âge, si ce n’est que les dangers sont limités : pluie fine, cris d’oiseaux, une lumière qui s’allume au loin (lève-tôt contraint ou choisi ?). La sentinelle s’ennuie assez vite, passant de la vigilance extrême (observation du moindre mouvement, feuilles au vent etc...) à des pensées intérieures : association progressive d’idées qui font penser à une chanson, à un proche disparu ou à un sentiment récent. Cette stimulation par l’ennui est un très bon accompagnant ; cette veille : pourquoi tenter de chasser l’ennui au quotidien ?
Cette veille, c’est aussi la redécouverte d’un lieu arpenté des centaines de fois, moins focalisé sur le mouvement incessible (arbre rendu vivant par la brise) et sensible (dizaines d’oiseaux qui se déplacent on ne sait où, et sans que je les reconnaisse). Peut-être qu’un autre veilleur a vu mon ombre fugace courir entre chien et loup, lui perturbant ses pensées fugitives.
Instant de dernière minute, je n’attendais rien, ce qui rend bienvenu tout ce que j’en ai reçu.

Merci pour cette heure de contemplation. C’est exactement ce qui me manque en ce moment. Le temps pour contempler, divaguer, sans se soucier de l’écoulement des minutes. Face à ce tableau de nature au cœur d’une jungle urbaine. J’aurai vécu un an dans cette ville. C’est une très belle façon de dire au revoir. En posant son regard, en imprimant sa présence.
Merci Saint-Ouen, merci le cycle des veilleurs.
Que cette belle chaîne continue d’exister me remplit de joie.
Bonne journée et bonne semaine !

Étudier le reflet du soleil sur le bâtiment à ma gauche et le soleil lui-même à ma droite, entre le nuage le plus haut et la brindille la plus basse, entre la tache sur la vitre et le point le plus loin entre les immeubles, entre le bruit des voitures et le silence des fleurs, entre l’odeur du bois et le parfum imaginé des baies, j’ai tenté un instant de m’imprégner des courbes et lignes de l’horizon, de la danse des oiseaux et des arabesques du vent.
Merci pour cette parenthèse et de permettre à chacun.e de devenir un maillon.
Bonne veille aux prochaines et prochains.

Je n’avais pas remarqué que le ciel était si vert, et les arbres si bleus. Merci.

J’ai eu l’impression d’être démuni car je n’avais pas accès physiquement à l’immensité que m’offrait l’horizon, seul mon regard pouvait se balader jusqu’à là où la lumière me permettait de voir.
Ce fut un doux mélange entre l’observation des mouvements furtifs des êtres vivants de l’extérieur et l’exploration poussée de mes pensées personnelles.

J’ai vraiment apprécié faire cette expérience de veille.
Je l’ai découverte par ma famille qui est de Saint-Ouen et ai décidé de la faire.
Ne pas savoir l’heure qu’il est, c’est plutôt bien. On est moins stressé et on peut prendre le temps d’admirer ce qu’il y a autour de nous.
On peut aussi réfléchir à ce que l’on a fait ou à ce que l’on fera et se remémorer des souvenirs.
Magnifique expérience !

J’ai passé un agréable moment pendant cette expérience. L’effet de l’Ile-de-France, avec son mouvement inarrêtable et son bruit perpétuel, pesait beaucoup dans mon quotidien.
Cette expérience m’a permis de me rendre compte à quel point me couper du monde, du stress et du temps, m’a permis, le temps d’une heure, de vraiment me reconnecter au présent, et de passer du temps avec moi-même.
De s’apprécier dans la tranquillité du moment. Merci aux créateurs, à toute l’équipe et aux bénévoles, de nous permettre de créer ce moment privilégié si rare dans notre quotidien.
J’espère que les prochains veilleurs arriveront à en profiter tout autant !

Août nous accueille sous la pluie, plutôt un torrent de pluie.
Merci la pluie d’être si hypnotisante quand on te regarde à travers cette vitre et de permettre de se concentrer encore un peu plus sur nos sensations.
Merci la pluie de couvrir les bruits de l’incessante circulation et de me rappeler pendant une heure ce que représente le luxe d’être au calme.
Et merci la pluie d’avoir rendu cette expérience un peu plus humide que prévu mais bien plus poétique qu’espérée.

Hier soir puis à l’aube la pluie est revenue, j’ai pensé que c’était un beau moment qui assurera du beau temps pour toute la journée.
Dans cet abri, promontoire, nid, j’ai découvert dès le bas de ponte la vision d’un paysage encadré. En m’approchant de la vitre, j’ai collé mon front, levé les yeux vers le ciel puis sur cette nature.
Il y avait des ronces remplies de mûres (miam), 2 cerisiers côte à côte, au moins 5 figuiers, des fleurs oranges, roses, jaunes et puis encore d’autres arbres, et des moulins à vent (c’est beau et il n’y en a pas tellement en ville, dommage). J’ai observé les immeubles à l’horizon, aperçu des tours de la Défense, aucune lumière aux fenêtres, il faisait encore jour. J’aime ce soleil, qui a fini sa tournée dans le ciel en se parant d’or, cet or qui a rosi les nuages, donné un éclat sur les vitres d’un grand bâtiment. J’ai aimé entendre, voir le vent chantant dans la nature de ce jardin partagé. Puis soudain la lune, ou plutôt la première lune est apparue, "le soleil avait rendez-vous avec la lune…".
J’ai remercié l’univers d’avoir protégé ma fille aînée, Emilie, pour son opération, j’ai remercié l’univers que ma cadette réalise son vœu de voyage. J’ai prié de protéger mes filles, j’ai souhaité être veilleur pour elles. J’ai remercié la vie d’être en vie jour après jour. J’ai prié pour les hommes, la nature, d’être en communion, que la Terre reste protégée, que les hommes connaissent le bonheur une fois au moins dans leur existence.
MERCI POUR CE CADEAU

6 h 25. La veille commence. Dans la voiture, en arrivant, j’ai commencé à observer la ville qui se réveillait doucement. Le corps planté au milieu de cet abri en bois, je me sens d’abord désorientée. Une heure à observer, une heure sans portable et sans montre, c’est un peu une anomalie dans un monde qui va très vite. J’aperçois dans mon champ de vision un oiseau, puis deux, puis cinq... À ma droite, une fumée s’échappe des toits. À gauche, le panier de basket semble bien seul. Puis, je me rends compte que très vite, le ciel parsemé de quelques nuages s’éclaircit. Devant moi, les immeubles semblent changer de couleur. Mon regard se porte plus loin, derrière les premiers immeubles, où d’autres tours reflètent le soleil. Je me retourne et, voyant ma silhouette dans ce carré de lumière, je suis fatiguée par le contraste entre la vue du jardin partagé, silencieux et immobile d’un côté, et le bruit de la ville et le paysage incessant des voitures de l’autre. Je pense aux autres veilleurs qui avant moi ont vu d’autres paysages, temps froid, sous la chaleur ou sous la pluie. Nous sommes le 2 août et alors que certains bouclent leurs valises pour affronter le chassé-croisé des départs en vacances, ma veille se termine. Il est 7h25.

20h 27 Le ciel est magnifique ce soir.
Le soleil y orchestre une fresque de nuages, qu’il teint à sa guise en poursuivant son coucher.
L’air qu’il cesse de chauffer se meut, et chorégraphie ce spectacle, délimité par les bords de l’ouverture de l’objet-abri.

"Et si c’était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l’instant."

La veille commence ! Je ne me suis pas demandée comment ce serait pour laisser toute la place à la découverte, au moment présent.
Pas d’appréhensions, j’ai l’habitude d’être patiente, d’attendre, d’être immobilisée, de laisser le temps s’écouler.
Pour autant, il y a un sas entre l’extérieur et l’abri. L’abri est lui-même un sas entre le parc, plein de vie en ce mois d’août, et le jardin, calme et endormi, à l’exception des oiseaux qui vont et viennent.
Le bruit me gêne, je voudrais être complètement isolée face à ce jardin, véritable tableau vivant. C’est assez incongru ce morceau de nature au milieu des immeubles et face au brouhaha de la ville.
Veilleur, je ne sais pas, en observation, c’est certain. Ce qui est certain, c’est que le jardin vit sa vie sans se soucier de l’agitation environnante.
Veilleuse des immeubles ? Peut-être. Avant le coucher du soleil, ils semblent éteints, inoccupés.
Après le coucher du soleil, l’équilibre bascule : le jardin semble s’éteindre et les immeubles revivre. Pas d’habitants, apparaissent furtivement. Comme un passage de relais, de souffle entre le jardin et les immeubles. Un nouvel équilibre.
C’est déjà l’heure, je m’en doutais…

Je suis sorti de mon abri après l’avoir habité une heure, lui qui m’habite depuis bientôt quinze années.
J’ai regardé pendant une heure le parc borné d’immeubles. Je n’ai pas vu un seul être humain malgré son omniprésence dans ce parc, nature de culture, dans ces habitations révélées par le soleil très tardivement, dans cette rumeur incessante : voitures, dans quelques pas et quelques voix derrière moi, dans cette grande ombre projetée par la ville. J’ai été veillé par un pigeon posé tranquillement sur une marche, il semblait bien, tranquille ; comme moi. Nous étions tranquilles tous les deux, apaisés.
Aujourd’hui je prends un an de plus, je débute une nouvelle année, heureux qu’elle ait commencé aux aurores dans "mon" petit abri.
Merci Joanne

""Bienvenue" est un mot puissant."

Étrange sensation de savoir s’il faut lutter contre la divagation de son esprit ou non. Puis finalement faire des va-et-vient entre les pensées de la vie qui se mêlent à un état de pleine conscience.
Observer la lumière du jour percer les nuages de pluie.
S’attarder sur les oiseaux et être triste de voir deux pies se battre pour un sac plastique.
Mais finalement éprouver la sensation du temps telle que j’ai longtemps voulu la ressentir après la lecture du sociologue Rosa Hartmut qui a théorisé sous de nombreuses facettes l’accélération de notre monde moderne.
Ce temps est une des réponses, très probablement, à savoir si c’est la seule.

D’abord, j’ai juste regardé et je n’ai pas vu grand chose. Des arbres, des immeubles, mon regard ensuite s’est affuté : des moulins à vent, un ballon de basket... Ensuite du dehors c’est passé au dedans. J’ai pensé, j’ai ri, j’ai marché, j’ai dansé et j’ai même chanté des mélopées venues dont ne sait où. Surement des chants de sorcières. Le temps n’était plus que présent. Et pendant que le soleil se couchait, les habitants s’endormaient au son de mes ouh long et harmonieux.
Merci à Mariam

Paris le matin c’est familier, ça a toujours un peu la même odeur.
Je me demande comment on sait que le soleil a fini de se lever. Est-ce qu’il fait une pause avant le reste de la journée ?
Je me demande comment on passe d’un réveil si tôt, dans le noir, à un parc où il fait jour si vite.
Je me demande combien de temps ça dure, une heure.
Je me demande quand dort le rat qui passe en bas.
Je me demande si Paris le matin aura toujours le goût d’un peu de nostalgie.

Quelle rencontre ! La nature comme toujours, m’a offert un spectacle qui m’a réjouie et donné la chair de poule à la fois. Quel bonheur, ces lumières, ces tons de vert au fil des minutes. Mon sens déborde d’émotion, les mots ont du mal à sortir. Les jardins et les immeubles, le végétal et le minéral à l’unisson au soleil couchant. Le vol des oiseaux, leurs chants, leurs cris, les insectes virevoltant dans les derniers rayons du soleil... j’étais à la fois dans l’observatoire et les jardins, l’heure est passée trop vite !
Quelle joie !

Quels mots pour ce moment ? J’avais tellement d’attentes...
J’avais préparé mon esprit à penser à ceci à faire cela. Mais une fois sur place, quelle beauté dans la contemplation simple.
Tant de vers me sont revenus, les mots que d’autres ont posés sur la nuit et sur l’aube.
Aragon de mémoire :
"Il y aura toujours un couple
Pour qui ce matin-là sera l’aube première
Il y aura toujours l’eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n’est le présent"
Un extrait de "Que cette vie fut belle"
Et comme il était beau le monde, dans ce parc, ce matin, pendant cette heure passée à observer la vie qui s’éveille, les nuages évoluer, les façades en face se métamorphoser, les oiseaux s’éveiller ...
J’ai pensé à mes aubes, celles que j’ai connues, des réveils anticipés et des couchers tardifs, et à celleux qui les ont partagées. Les réveils matinaux de mon aimé aux horaires décalés par le travail. La simple question émerveillée posée à ce presque inconnu une fin de soirée furtive : "C’est l’aube ?" presque incrédule devant l’évidence de ce qui revient chaque jour.
"N’ayant plus sur la bouche un seul mot que "merci" ... que cette expérience fut belle"

Une nouvelle veille, la troisième, et quelle veille !
Celle-ci ne me propose pas de surplomber la ville ou de surplomber un parc. Une nouvelle expérience du soleil couchant, du dedans-dehors, une nouvelle rencontre avec la nature, la vie, le silence et avec moi-même. Cette fois, cette veille, ma veille est chaude. Il fait chaud dedans et dehors le soleil se révèle dans les espaces des branches comme un spot, un véritable éclairage de cinéma ! Je l’ai vu glisser petit à petit vers la terre pour ne laisser que des lignes d’horizon roses et rouges.
Ne pas penser, me dis-je... regader, écouter.
Les bruits sont hors-champ, les enfants jouent, rient et crient !
Ils ne veulent pas se coucher, c’est bien normal d’en profiter, c’est les vacances ! Ils ne me voient pas, je suis tout proche mais personne pourtant ne me voit ou plutôt ne me regarde. Etrange et grisante sensation d’être invisible !
Devant moi, la nature défie les immeubles, tous forment un ensemble silencieux. Pas de guerre, de la place pour que les plantes poussent. Elles seront un jour peut-être aussi hautes que ces immeubles. Je vois la main de l’homme, celle qui crée, qui crée ce monde où cohabitent les fleurs et le béton. J’aime cette image. Malgré la chaleur de l’abri, elle m’apaise. C’est bizarre.
Des insectes viennent me dire bonne nuit. Tiens, un ragondin que j’aperçois dans le feuillage disparait dans un pas lourd vers le repos du brave, sans doute.
La nature est si proche de moi. Elle est là à me regarder ou alors non, elle-même reprend ses droits et détourne son regard du mien. Tellement de choses dans cette veille que j’en suis épuisée mais ravie ! Une nouvelle fois, cette expérience est unique. Repos. Merci !

Prendre le temps. Accepter de ne pas agir et juste observer. Regarder. Contempler. Faire partie du paysage. Oublier sa condition, son corps, son état. Etre le paysage et s’y confondre. Voir les lumières changer, les volumes apparaitre, les couleurs évoluer. Ne pas penser ni au temps, ni au lieu. Se retrouver seule parmi le paysage puis s’y confondre. S’oublier. Faire partie d’un tout. Se sentir libérée.
Merci <3

Merci pour cette agréable expérience qui m’a permis de me détendre en me retrouvant seule face à Saint-Ouen et également à la nature.
A bientôt pour la rencontre trimestrielle.

J’avais décidé de ne pas approcher cette expérience en me réfugiant dans des esprits poétiques ou évocatifs, car je sentais que je n’aurais pas compris pleinement son sens.
J’ai décidé de me focaliser sur les sensations, les images, l’instant présent, ici et maintenant.
Toutes ces sensations m’ont fait découvrir une union profonde entre mon corps, mes pensées et l’environnement autour.
Je me suis abandonné aux réflexions de la lumière qui graduellement modifiaient le paysage en face de moi ; les sensations alternées de merveilles, contemplations, envies, douleurs causées par ma position statique.
J’ai appris à donner de l’importance à chaque mouvement, chaque détail. J’ai senti une forte nostalgie en voyant l’atmosphère sombre qui s’éclairait petit à petit, mais aussi la stupeur pour les nouvelles couleurs générées par la lumière.
Cette expérience m’a présenté une nouvelle perspective dans la relation entre nous, la ville et la nature. Des points de vue qui me posent de nouvelles questions et un regard différent pour le futur.

D’abord de l’inconfort car il faisait très chaud, comme un sauna - avec l’odeur du bois d’ailleurs. Donc je me suis déshabillée. J’avais prévu un maillot de bain : ouf.
Après, ce n’est pas tant une veilleuse ou une vigie mais une personne qui regarde, observe, scrute des détails, essaie d’expliquer ce qu’elle voit ... ou pas, rigole quand un rat passe et repasse furtivement. Une personne qui donne dans l’introspection par moments : "Que fais-je là" ? A quoi ça rime une ville avec des grandes tours sombres où rien ne se passe de là où je suis, et ce jardin très vert, plein d’animations avec les oiseaux qui dansent, les moulins colorés qui tournent. Il y a aussi la lumière changeante, les sons (voix humaines ... ou de voitures au loin)
Bref, une expérience sensorielle.
Je craignais la durée ... je n’ai pas vu le temps passer.
Je craignais la posture debout ... bah, très supportable même si cela ne signifie pas immobilité.
Et, pour finir, je ne sais pas bien quel est le sens de cette expérience. Mais faut-il en chercher un ?

Une sensation de claustrophobie pour les premières minutes. On se retrouve seuls, dans cette boîte en bois, pendant que la ville dort. Un gros silence avec un léger bruit de voitures en fond, mais sinon, personne, seulement la lune qui disparait et la lumière du jour de plus en plus intense. Une fois les premières minutes passées, on se met à se parler à soi-même, à essayer de combler ce vide et ce silence. Le son de la voix résonne mais ça aide à créer une "présence".
J’ai commencé à compter 60 secondes pour essayer de calculer le temps passé. J’ai chanté pour calculer environ 3 minutes. Je me suis parlée de ma vie et le temps finit par passer sans que je m’en rende compte.
J’ai énormément bougé dans la boîte, pour m’étirer, pour marcher, pour ne pas simplement rester stoïque.
Ce fut une expérience étonnante, on n’est pas habitués à n’avoir aucune notion de temps pendant si longtemps, sans aucune autre distraction que nous-mêmes.
Ce fut une expérience apaisante, un moyen de se réveiller avec soi-même et ses pensées.
Ce fut une expérience enrichissante, permettant d’en savoir plus sur notre notion de combler le silence (ou de l’accepter) et d’occuper l’espace.
Merci d’avoir mis en place ce cycle des veilleurs et merci à mon accompagnateur.

"La simplicité est la clé de l’harmonie. Appréciez les petites joies de la joie de la vie."

J’ai vu des rats, des oiseaux, des insectes, des plantes, trois dames assises sur un banc puis cinq. J’aurais voulu voir un basketteur mettre un panier, un renard et le soleil en entier, pas juste son reflet dans une vitre ou sous les feuilles de l’arbre. J’ai vu le vent sans le sentir ni l’entendre, j’ai entendu des enfants parler sans les voir. J’ai senti la chaleur et l’odeur du bois. J’ai entendu "les veilleurs restent toute la nuit sans téléphone" et je me suis dit "heureusement ou malheureusement non".
J’ai beaucoup aimé laisser le fil de mes pensées vagabonder sans contrainte et ne pas voir passer le temps.

Je garde cette cabane dans ma tête pour quitter quand j’en aurai besoin.
J’y ai vécu des moments très personnels. Cette expérience m’a ouvert les yeux.
Un grand merci à toute l’équipe ! Cet événement est sublime, très bien organisé et très humain.

Une expérience intéressante quoique un peu difficile quand on vit dans une société où tout va vite et où l’on ne prend pas le "temps de". J’ai pu donc prendre le temps de regarder le paysage sans me soucier du temps qui passait, sans aucune distraction comme le téléphone, qui est un objet dont j’ai beaucoup de mal à me passer.
Ce moment m’a apaisé.

C’est un livre d’or rituel avec les pages courbées des jours à venir et des jours passés. Ça partira sur internet ou dans une publication.
C’est l’été et le soleil a mis l’heure pour se lever. Elle faisait son jogging, l’accompagnatrice. Moi j’étais dans la boite. J’attendais mes articulations craquer et ça résonnait. Un avion est passé, je me suis assise. On pense mieux à soi, assise. J’ai trituré mon doigt écorché et je me suis demandée ce que j’ai l’impression que la veille veut qu’on se demande : EST-CE QUE JE SUIS HEUREUSE ?
Avant de déménager pour Saint-Denis, j’avais fait le voeu d’être heureuse "à Paris". Je l’avais fait lorsque les câbles du pont SNCF de Lyon avaient étincelé.
Dans la boite de veille, la réponse à LA question était OUI !
Dans le sous-sol du château, sur le papier, y’a une ambiance de salle de classe. C’est calme et ça vrombit dans un bruit blanc de moteur.
Maintenant, il est l’heure d’aller sentir les roses du parc.
Bisous,

Une pause dans un monde en mouvement !
Moi qui ne peux que rarement tenir en place, j’ai vécu cette expérience plutôt sereinement. Un arrêt sur image, un temps à part, un moment où l’observation se mêle aux bruits ambiants et aux éléments.
Une température moite et chaude, avec un ciel gris et nuageux dans un 1er temps, la pluie, le ciel qui s’assombrit, le vent ... et malgré tout des cris d’enfants, des gens qui courent, des conversations ... les oiseaux ... beaucoup, j’ai essayé de les compter ... J’ai observé chaque bâtiment, les gouttes sur les vitres, les insectes et les arbres bien sûr.
Puis le ciel s’est éclairci, la luminosité a changé, les immeubles m’ont paru différents et le soleil est apparu à travers le feuillage. Puis plus de vent, presque plus de pluie et une nuit qui commence à "peindre".
Je n’ai que peu pensé au fond, moi qui n’arrête pas. J’ai juste observé en me déplaçant doucement d’une fenêtre une autre avec ce néon qui se reflétait et qui donnait l’impression d’un grand tunnel vers l’au-delà, ou plutôt vers Saint-Ouen que j’ai pris plaisir à veiller. Merci. A suivre ...

C’est une veille matinale après une nuit hachée, tout ce vert me pique les yeux. Le jour est déjà clair, une demi-lune est visible, demi-cercle dans les lignes droites des longs-courriers.
Je suis attirée par l’autre vitre, celle de l’autre côté de cette frontière lumineuse qui sépare l’intérieur de "l’objet-cabane" entre le concret - la porte, l’extincteur CO2 et l’extincteur à eau, le radiateur, et le concept - partie que seul le veilleur et ses pensées occupent face au paysage imposé. Mais cette ouverture, sur laquelle un film presque opaque dissimule (beaucoup) le veilleur et (un peu) le paysage, est-elle autorisée pour la veille ?
La quiétude me gagne, les yeux fermés pour quelques instants, je deviens la veilleuse sonore de l’éveil de la ville : grondements filants des véhicules, roucoulement d’une tourterelle, pas légers sur le gravier d’un jogger matinal, trilles d’oiseaux inconnus, craquements du bois qui se réchauffe.
Mes yeux, reposés, s’ouvrent de nouveau sur le parc et les façades qu’illuminent les premiers rayons du soleil. La journée va commencer, cette veille hors du temps touche à sa fin.

Cette expérience m’interpellait beaucoup car il y a peu de moments dans mon quotidien qui "obligent" à prendre le temps. J’ai voulu m’imposer cette pause pour voir ce que cela allait donner : beaucoup d’angoisses qui montent, des pensées que je distrais tout au long de la journée habituellement, avec des stimulis divers et variés. Puis, après l’angoisse ou plutôt ses pensées dénominatrices, vient le lâcher prise. C’est une expérience intéressante que recommanderai à tous.
PS : Je fais du 38 et il y a sur la longueur de l’abri, 21 fois et demi mon pied.
Merci

Le ciel bleu sombre se dégrade vers le clair à la frontière avec les tours d’habitation. Certaines fenêtres de ces tours s’allument en rose quelques minutes relayées ensuite par une corniche. Puis quelques arbres ont le vert qui jaunit.
Le parc ouvre et le ballet des arrosoirs commence.

Je veille sur le jardin et je veille sur moi. Je veille sur moi puis sur le jardin. Je suis clivée : une partie de moi, le devant, transpire alors que l’autre partie, le derrière respire. Le tableau qui s’offre à moi a 8 parties, 8 rangées : herbes basses, herbes plus hautes, réservoir, arbres, réservoir, les serres et enfin la rangée d’immeubles au loin. Tout est encore ensoleillé lorsque je pénètre dans l’abri, les arbres sont couverts de feuilles d’or. Peu à peu, les 8 rangées se confondent, une masse se forme et le paysage se compose avant tout de la rangée d’immeubles au loin et de la masse de verdure à ses pieds. Les exercices de respiration et de médiation m’ancrent dans l’ici et maintenant. J’éteins une à une toutes les radios allumées en permanence dans ma tête pour me concentrer sur mon activité de veille. Un sentiment de sérénité me traverse, c’est fugitif. Profitons-en pour regarder à nouveau le paysage, pour nous lever et nous approcher de la paroi. Un grand angle pour continuer à être dans l’ici et le maintenant, pour se connecter à l’humanité, un grand angle pour cesser d’être frappée par une seule actualité.

Lorsque je sors de la boite, je suis saisie, se peut-il que le monde soit si beau, des larmes me montent aux yeux, cœur authentique de tristesse.
Ouverture, beauté, trace, chemin dans le tunnel de la présence.
Ouverture progressive et puissante : passer de la pensée, je veux voir le soleil se lever, à reconnaître que je suis simplement là dans cette structure, enfermée volontaire et pourtant pleinement en contact avec le monde environnant.
Je suis d’abord frappée par ce jardin comme enfermé entre les immeubles qui sont comme des bornes massives et mortes. Je me demande si la mort n’est pas cette coupure entre la nature et ce qui l’entoure.
Beauté, vol incessant et subtil des oiseaux (pigeons, pies, corbeaux) qui dansent dans le ciel et y dessinent des figures de l’instant ... de derrière les immeubles jusqu’au loin dans les arbres.
Obligée d’être avec, de m’accompagner dans ce tunnel, le devant et le derrière, le sombre et le clair, la lumière symbolise ce passage de l’un à l’autre.
L’homme au T-shirt rouge, il est comme un repère du temps qui s’écoule. Il passe et parfois me regarde, puis s’en va et revient.
Jeu de regards.
Puis me vient l’idée de déambuler, de chanter et ma voix résonne, puissante. Elle doit s’entendre du dehors puisque j’entends le pas délicat et rythmé de la pie sur les graviers du dehors.
Parfois je guette mon "passeur" de veille, lasse de l’instant, puis je reviens au centre dans l’entre-deux sur la lumière, encadrée par elle, impermanence de l’instant, vide et plein du bruit des arbres, d’un coureur qui passe, d’une pie qui crie.
Je suis affectée, inséparabilité.
Ici maintenant, la trace de cela, de m’être accordée un moment au plus près du jour qui se lève, animé de temps, de tant de possibles.
Merci les oiseaux, le soleil rouge… Les oiseaux se posent sur les branches comme du sel tombant sur du persil !
Merci

A l’ère d’un temps où tout s’accélère, j’ai pu rester figée et voir le jour s’effacer pour laisser place à l’obscurité. Face à moi-même, j’ai redécouvert le murmure de mes pensées, que j’avais depuis longtemps oublié d’écouter.
Merci pour ce moment suspendu, offert par le silence et la grâce du coucher du soleil.

Il faut 50 secondes à un avion pour traverser le cadre de l’objet-abri, de droite à gauche. Il y a au moins 2 nuances de jaune, 3 de rose, 2 de rouge dans les jardins associatifs - pour les nuances de vert, j’ai perdu le compte à 9, traversée d’intranchables débats internes sur si tel arbre a la même couleur que tel arbuste, ou s’il est habillé d’un vert légèrement différent plus pâle. Je n’avais jamais compté auparavant, les nuances de couleur d’un jardin. Il y a des tournesols, des roses, des oeillets d’Inde, sans doute des capucines, des tomates, peut-être bien des courgettes, des choux et de la rhubarbe ; mes connaissances en horticulture sont décidément bien pauvres. Les jardiniers sont matinaux. Un monsieur en veste rayée grise style bomber et casquette "de pépé" taille un arbuste, sécateur en main. Clac, clac, clac. J’arrête de compter à 30 coups. Je n’avais jamais observé un jardinier en comptant le nombre de coups de sécateur. Dans un arbuste, un CD suspendu à un fil, censé repousser les oiseaux, danse sous l’effet du vent léger. J’entends les oiseaux, je vois une pie se poser sur une barrière du jardin et des nuées d’autres volatiles dans le ciel. Ils se déplacent en escadrille, en duo ou seuls. Des habitants semblent se lever dans l’immeuble de gauche, mais ce que je prends pour de la lumière électrique n’est peut-être que le reflet du soleil sur les vitres. Le ciel n’est plus rose désormais. Des bruits de klaxon, des pas de joggeurs, des femmes qui rient et discutent dans une langue que je n’identifie pas, le croassement des corbeaux, des bruits de moteur de moto et de camions. Mes pieds me font mal, mon dos aussi un peu, je me redresse. Une lumière s’éteint dans l’immeuble. Des bruits de pas, c’est Pascal qui vient me libérer. Dans l’arbuste, le CDROM se balance encore.

Un dernier moment à contempler la ville avant que le soleil ne s’efface et emporte avec lui la semaine passée.
Durant cette veillée, j’ai vu d’abord les enfants jouer, puis deux dames entretenir le potager. Puis c’est ensuite des personnes assises qui se sont installées sur un banc, peut-être pour elles aussi regarder le soleil se coucher.
Durant cette veillée, j’ai pensé et contemplé toute cette vie : les humains, les oiseaux, les insectes qui m’entouraient et circulaient sans savoir que quelqu’un était là pour les regarder. Les fenêtres qui entourent le parc m’ont fait penser que peut-être nous étions plusieurs à veiller ensemble. Et puis j’ai pensé à la vie sous nos pieds, que tous ces arbres se liaient par leurs racines, sans même qu’on ne les voie.
Puis, alors que le soleil commençait à se coucher, j’ai regardé le ciel et c’est là que j’ai vu la fumée voler au-dessus du parc. Je me suis demandé d’où elle venait et me suis aperçue qu’elle me ramenait au moment présent, après cette heure suspendue.

Aujourd’hui, c’est un des lundis les plus calmes de l’année. La vue sur le phare n’est pas haute, le cadre invite à se concentrer sur les bâtiments du fond, le passage des petits oiseaux noirs, le pouls du jour qui se lève. Veiller sur ce que je vois, ce que je sens, se laisser être dans ce moment suspendu, sans autre souci que l’observer, s’observer, et simplement être, faire partie, s’ouvrir à la journée avec la belle lumière de l’été.

Qu’on vous dise que le temps sera dé/finit et on voudrait que cela dure toujours.
Le coucher du soleil sur ce jardin m’a fait revivre d’autres émotions fortes d’un jardin sauvage bien connu de mon enfance.
Face à ces réminiscences mon esprit se vide pour me rappeler qu’on peut être pleinement disponible à l’instant présent, et accueillir tout ce qu’il y a à découvrir de la vie.
Tout d’un coup je me dis que tout est à sa place et que je peux partir demain à Madrid.
Le ciel change de couleur petit à petit. Du doré au bleu. Le vent s’arrête et le jardin s’immobilise. Les oiseaux font encore un peu frémir et s’émouvoir les arbres.
De voir pleinement le coucher du soleil et le calme qui s’en suit me fait penser au nombre de rotations de notre terre depuis sa création. Quelle habitude émouvante et protectrice elle a de nous faire profiter tous les jours d’une nuit.
Prenons soin d’elle aussi.

Espace
on rentre. on voit. on est étrangers. on est maladroits. on ne sait pas vraiment ce qu’on fait là. Cube. Carré, Rectangle.
– Qu’est-ce que je fais là ?
Vision
Puis on regarde vraiment. Est-ce que je vais m’apercevoir du temps ? Est-ce que je vais voir quelque chose ? On croit avoir tout vu mais petit à petit tout s’éclaircit. Non pas que avec la lumière mais avec la prise de temps de REGARDER.
VIE
Des oiseaux volent bas, des oiseaux volent haut. Des centaines d’oiseaux, d’autres animaux, des tonnes d’insectes. Personne ne me voit et je ne vois presque personne. J’ai capté : 5. CINQ. Et partout, l’humain est partout, la vie : les plantes, les fleurs ( ces tournesols, ce figuier), ce bâtiment construit, pensé, dessiné, emprunté, habité. Les jardins entretenus, les tomates. On se sent seul mais la présence de milliers d’êtres nous entoure.
OUÏE
On entend peu au début. Petit à petit on prend conscience des oiseaux, du vent, du flux incessant de voitures derrière nous, des bruits de pas dans le sol (on entend les petits cailloux). Puis notre souffle, notre coeur qui bat.
Temps
Le ciel. LE CIEL. Cette couleur, ces couleurs m’ont fait pleurer. Comment ai-je pu oublier de le regarder. Comment se fait-il que la palette soit aussi belle ? Rose, rosé, pâle, bleu foncé, blanc gris, jaune ...
je cligne de l’oeil et il change
TEMPS
Quel luxe de prendre le temps, de l’oublier, de remarquer qu’il existe et en même temps qu’il existe pas. INVENTION. Le privilège. Quelle douceur. C’est un poème ressenti de tout son être, émotion, sensations.
On ressort avec un plaisir infini.
Le temps.
Il faut être ici et maintenant.
Nous sommes si petits
Notre corps est si lourd.
Nous ne sommes rien.
Et nous sommes un tout.
Merci d’avoir sublimé la simplicité de la vie.
La richesse de celle-ci.

Cette petite bulle m’a d’abord paru très longue puis la vie extérieure a pris place et m’a offert des temps d’observations humaines, animales et architecturales qui m’ont fait sourire et fait oublier les nuages que je redoutais tant.
Merci pour ce cadeau

Le jour de mes 60 ans.
C’est un moment fort, cette heure passée dans le silence, la veille. Le silence - pas tout à fait car il y a les sons de la ville, les voitures qui passent dans la rue derrière moi, les éboueurs ... Peu de cris d’oiseaux, pourtant je les vois.
Dans la pénombre, je vois mieux certaines choses puis, avec le jour qui se lève, d’autres détails apparaissent : les signes sur la cheminée à gauche, des tomates dans un jardin ouvrier.
Je regarde. Je bouge, aux confins de cette boîte. Selon où je me positionne, je vois la réflexion du cadre lumineux, la double réflexion. Ou pas, car ma propre silhouette la bloque. Réflexion, positionnement, projection - de mon image et de ces cadres sur le paysage.
Un moment fort.
Merci !

Vieille "imprévue" à la suite de la préparation mais bienvenue. Malgré la fatigue initiale je ressors légère et détendue. Rien n’était vraiment comme je l’imaginais. Le lieu est simple, la vue est quasi stable, la température s’est faite oublier.
Mes pensées se sont emballées malgré cette sensation forte d’être ancrée par mes pieds. et je les ai accueillies telles quelles. Merci moi passée de t’être laissée tenter.
C’est un moment rien qu’à moi, j’ai senti mon monde intérieur s’étendre, curieux de l’avenir et bien là. Je me suis sentie les sens se réveiller et se poser tour à tour. Notamment avec l’odeur boisée de la cabine qui m’a étreinte à mon arrivée avant de s’effacer.
Merci de nous avoir appelés à participer à ce projet intime et pourtant plus grand que l’individu. Je me suis prise au jeu avec plaisir et je me suis sentie rayonner de cette expérience à priori si simple.
Mon affection traverse l’espace à tous mes ancrages.

Quelle chance, de voir ma ville mi-éveillée, mi-endormie.
Les humains se réveillent petit à petit, la nature est déjà bien vivante. Les oiseaux, avec leurs danses et leurs chants, les rats qui profitent du calme, et un ragondin venu me saluer.
Les plantes profitent de l’air frais, un figuier s’épanouit, des tournesols cherchent le soleil, les légumes attendent la cueillette.
Le vrombissement des voitures qui s’intensifie, quelques coureurs, un promeneur venant visiter le potager et petit à petit la ville se réveille.
Bonne journée Saint-Ouen !
J’ai adoré veiller sur toi !

J’avais un peu le trac avant. Ça m’arrive rarement. Et beaucoup de joie d’avoir pu embarquer au pied levé grâce à un désistement (merci à toi, l’amie qui n’est pas venue - rien de grave j’espère).
Émotion de rencontrer ce paysage familier autrement.
Timidité et humilité.
Le passage d’un oiseau, quel événement.
Et puis le ciel et l’obsession des nuages.
Tiens, un avion.
Tiens, encore un avion.
Tiens, beaucoup trop d’avions (jusqu’à six en même temps dans mon champ de vision).
Je ne sais pas pourquoi les souvenirs de Chypre se sont invités. Eléna, qui n’est plus, a veillé avec moi.
Je sais pourquoi les souvenirs de Londres se sont invités. Il y a plus de 25 ans, James a mis des ailes d’ange au 33e étage de l’Euston Tower pour veiller sur la ville.
Pensée pour tous les ados de la pièce "Je suis le contrepoids du monde" qui s’appelaient "les veilleurs".
Merci Pascal de m’avoir accompagnée.

J’ai déjà veillé mais jamais sur une ville. Expérience inédite donc. Mes attentes ? Aucune, à part être l’expérience d’une forme de solitude, dépouillée de toute distraction si ce n’est la vue, quelques mouvements et des paroles de chanson. Au final, j’ai vécu une expérience multisensorielle unique : l’odeur de panettone se dégageant du bois, la vue s’étendant du jardin aux bâtisses modernes des Docks, la lumière du soleil qui illumine et conquit progressivement la ville, les vols des oiseaux tantôt solitaires, tantôt en groupe, le cadre lumineux de la structure dessinant comme une page sur ce panorama. L’ennui aussi. Les pensées.
Je me suis comme perdue dans le temps.

Ravie d’avoir participé à l’expérience du Cycle des Veilleurs.
Un beau spot pour regarder le soleil par la vitre de l’habitacle se coucher sur St Ouen ou plutôt ce qu’on en voit à travers les branches du gigantesque arbre à droite. Depuis des lustres, il se lève le matin et se couche le soir au fil des saisons. De ce cocon protecteur, j’ai veillé en silence et dans le silence sur le jardin et les habitations avec empathie, gratitude et respect.
Le paysage est immobile, seule change la luminosité qui s’assombrit peu à peu, seuls bougent le moulin à vent dans le jardin, la fumée qui s’échappe de la cheminée d’un immeuble et les oiseaux.
Mais derrière les fenêtres, les habitants suivent à travers leur écran domestique les catastrophes quotidiennes diffusées au journal télévisé.
Un danger plane-t-il sur St Ouen ou ailleurs ! J’ai confiance en deux mille ans de civilisations, d’inventions prodigieuses et de génie humain. J’ai confiance en l’énergie bienveillante et protectrice du soleil et de la nature.
Je suis dans une douce torpeur.
Et les Veilleurs veillent ...

Quelle chance de contempler la ville encore endormie. L’intérêt pour les couleurs du ciel s’est vite estompé. Mon regard a été attiré par le mouvement des oiseaux dans le ciel. L’immobilité de la végétation m’a frustré. La lumière a progressivement éclairé, illuminé les immeubles en les rendant plus beaux. J’ai vécu une expérience intéressante, complètement différente de celle que j’avais imaginée. Cette heure avec moi-même fut riche, joyeuse et en mouvement. Le froid m’a surprise alors que nous sommes en août. J’ai eu besoin de bouger pour me mettre au diapason des oiseaux. Cette heure est passée très vite.
Merci

Quelle expérience à la fois sensorielle et humaine où se mêlent le dedans et le dehors.
Impression de plénitude, d’être protégée par le bois et en même temps grâce à la vitre d’être pleinement dehors. Peu à peu les rayons du soleil laissent place à une douce pénombre où se reflète sur une silhouette. Des bruits aussi s’estompent, la ville se joue un peu plus silencieuse pour ne percevoir que le vol et le chant des oiseaux.
Loin d’être enfermée, je suis vivante et bien dans ce monde qui me promet des lendemains aventureux, calmes et sereins.
Merci à l’auteure pour cette belle initiative et merci à moi d’avoir pu vivre cette belle expérience.

Qu’est-ce qu’un veilleur ? Partie dans un élan de veiller l’autre, veiller St Ouen, mes voisins, mes amis, ceux.celles qui partagent mon lieu de vie, je finis par me veiller moi-même, regardant passer mes pensées, mes émotions, le tangage dans mon corps entre l’immobilité et mouvement.
Est-ce que veiller est un verbe d’action au fond ? Est-ce que juste être là ne suffit pas ? Témoigner d’une présence humaine, juste humaine, aussi étroite, aussi ample, aussi mouvante, que l’expérience humaine. Ne pas être en lien avec l’autre, finalement non ; à peine en lien avec soi-même en fait ; juste faire acte de présence, parfois de conscience. Coupée du monde dans l’abri, mais témoin du monde. Témoin ... L’expérience la plus humble et la moins grandiloquente que j’aurais pu imaginer en m’inscrivant il y a quelques jours. La moins volontaire. Se laisser faire par le temps qui passe - comme on se laisse faire, porter, par l’océan. Et au bout de cette heure passée très vite, sans effort, sans projet, la joie arrive - être en vie, simplement, dans la vie, dans le monde.
Que l’on retrouve soudain à la sortie, bruits non assourdis, petit vent bien présent, la vue à 360 soudain.
Une réouverture.
C’est la forme intransitive du verbe que je préfère, finalement. Veiller, Je veille. Une nouvelle couleur dans mes sensations, un nouveau mouvement pour mon âme, une nouvelle possibilité.
Merci

Quelle immense peur de se retrouver seule avec soi-même, avec son propre silence.
Mais les cris des enfants viennent rappeler que tout est lieu de vie. Des amitiés se renforcent, des comme on voit dans les films sur les bancs.
Et les moucherons, eux, ils sont loin d’être seuls à danser dans les airs. Finalement moi non plus je ne suis pas seule, des regards intrigués, des sourires, des coucous, et les jolies perruches vertes, qui volent au-dessus de moi, comme pour me dire : on est là.
Quelle beauté de voir cet immense voile donné s’emparer des jardins, des immeubles, et venir s’écraser sur la ville.
Tout brille, et comme une pie près de potirons, ça m’attire le regard. Et les fleurs, quelles sont belles, quelles couleurs !
Alors petit à petit, les jeux d’enfants sont remplacés par les bruits urbains, et le parc accueille désormais ses sportifs adultes. C’est l’heure de rentrer.
Je sens une nouvelle fois l’odeur du bois, le touche, il y a une transition.
Et quand les humains s’en vont, les souris dansent, et beaucoup, Cendrillon doit avoir un sacré bal ce soir. Mais tout le monde garde son calme. Alors je m’assois un instant et cherche de l’autre côté toute la beauté du moment.
Un dégradé passant du jaune à l’orange pour finir sur du rosé vient s’éteindre avec un bleu qui s’assombrit petit à petit. Je cherche l’illustre parmi les feuillages, dans les trous, on joue à cache-cache.
Je me rends compte que l’éclairage, en tout cas son reflet, porte la même couleur que notre Roi, et en vois finalement une carte postale, avec au cœur, un arc-en-ciel naissant. Mais mon regard dévie, les tournesols baissent la tête, je me sens finalement proche de Van Gogh.
C’est finalement dans le plus grand silence, qui fut mon moment préféré. N’entendre aucun pas, et juste profiter de ce paysage coloré car bientôt, ce sera la nuit étoilée.

Modulation des couleurs. D’abord le ciel voilé de rose, violet, qui s’éclaire peu à peu en bleu lumineux. Le soleil vient allumer les toits de son étincelle. Enfin les arbres du parc, harmonie de verts. Au début tout est gris et puis les couleurs reviennent avec la vie. Des oiseaux, tourterelles, pies, perruches, pigeons et moineaux. Isolés ou en groupe, eux aussi. La dernière créature qui s’ajoute au tableau est l’humain jardinier.
Dans l’objet-abri, j’observe, je sens, j’entends. Tout ce qui m’est extérieur mais aussi cette boite dans laquelle je suis enfermée, pourtant totalement ouverte au monde pour cet arrêt dans le temps. Je prends conscience de mes sens : l’odeur si douce du pin qui rappelle l’enfance. La sensation du bois tendre sous mes pieds, que je caresse aussi des mains. Mon ouïe qui s’aiguise, et la vue enchantée par les couleurs du levant. La respiration qui ralentit, les muscles soudain existent, se relâchent. On est dans un tout. Conscience de ma place ici et maintenant dans un univers à la fois immobile et mouvant. Merci

Le lieu des paradoxes, quand on passe du jour à la nuit. Je suis seul dans cet abri, sans être isolé du monde. Mes yeux sont à l’affût du moindre mouvement, de la moindre variation de couleur, de lumière.
Immergé dans la nature domestiquée, je perçois le monde des hommes tout proche. C’est le bruit étouffé de la ville que j’ai laissé derrière moi. C’est l’architecture omniprésente et diverse autour du parc, jusqu’à un Stade (de France ?), jusqu’à la Défense qui miroite dans le couchant. La ville partout. Et puis, petit à petit la Nature se rappelle à moi : une petite souris tourne autour de l’abri, des pies virevoltent, des insectes dansent dans les derniers rayons du soleil.
Et moi dans tout ça ? Quelle importance ? C’est mon appartenance à un tout, à une chaine, à une oeuvre collective qui prend sens ici. Une très belle aventure !

Entré dans l’objet-abri, surpris par la forme rectangle de la boîte. De l’extérieur, rapidement, j’attendais une ouverture plus grande vers le parc. Passé cette première impression, le cadre lumineux et l’odeur de bois posent le cadre. Petit à petit, j’entends ma respiration, et je vois à l’horizon les premières lumières de soleil éclairer tout au fond la Défense et le sommet des immeubles de l’autre côté du parc. Je me dis : chouette, un repère temporel. Mais qui finalement me disait que le temps passait, mais aucune idée de à quel rythme. Mon attention n’est captée que par les quelques mouvements devant moi : les oiseaux et les moulins à vent du potager. Quelques coureurs arrivent ensuite, près d’un jardinier, que je pensais être un simple promeneur.
Je prends conscience que je bouge très peu, et que mes allers-retours entre l’Est et l’Ouest sont très peu nombreux. Quelques étirements, toucher le plafond du bout des doigts et je peux me remettre en position, mains dans les poches, mains dans le dos, bras croisés. Mon regard est naturellement à l’intérieur du cadre lumineux qui se reflète. Des arbres, des tournesols, les immeubles, la Défense, le ciel et les nuages qui avancent vers moi. Je me dis que faire des choses pour moi, différentes de ce que je fais, me feraient du bien. Je remarque qu’en m’avançant ou reculant d’un pas, une silhouette cache plus ou moins le cadre lumineux. Je trouve ça marrant.
Une bonne expérience à Saint-Ouen où j’ai étudié 3 ans. Depuis un bel endroit, qui me permet de voir la Défense où je travaille aujourd’hui, que j’ai rejoint depuis le sud de Paris avec la ligne 14.

Il fait chaud. Cela ressemble à un sauna. Tu respires l’odeur du bois. Tu enlèves tes chaussures pour demeurer pieds nus et sentir le contact des planches. Tu te postes côté jardin. Tu dresses ton petit inventaire : les ados sur le terrain de basket, les jardins partagés, un gars tout près, au pied de "ta" cabane, dans le ciel les nuages, les immeubles, la haute cheminée. Tu te postes et tu vois la lumière changer. Côté cour, les joggers, les couples, les groupes, les solitaires, les bancs, la rue en arrière-plan. Tu fermes les yeux. Tu veilles sur toi-même. Tu fais de petits mouvements. Tu inventes des petits jeux de respiration, de concentration, d’évasion. Tu penses aux prisonnier.e.s. Aux enfermements subis. A tes choix et à ta liberté. Tu penses aux gens qui épient. Toi tu préfères veiller. Tu te dis qu’il n’y a aucun intérêt à épier, que c’est malsain. Tandis que veiller te fait du bien. Tu as mis au point une petite astuce. Tu fermes les yeux. Tu t’abstrais. Et à chaque fois que tu ouvres les yeux, tu vois que quelque chose a changé. Des gens disparaissent, d’autres apparaissent. Il y a du visible et de l’invisible. Au bout d’une heure, tu fais un constat surprenant et délectable : le temps n’a pas eu de prise sur toi. Rien ni personne ne t’a volé ton expérience.

Entrée
Dépôt
Craquement
Le dinosaure ville lui aussi
Un ciel gonflé
il s’étale
se disperse
se répand
Moi aussi. Entassement, détachement.
Un petit tour. Un aller-retour.
Il arrive sans que j’y veille.
Percée de l’arc-en-ciel. Se dessine petit à petit. Ses contours se construisent.
Il s’impose.
Il disparait et les gouttes se rapprochent .
Sol humide, pieds enracinés.
Les semelles molles dans le bois souple.
Lumière aveugle.
Le soleil qui s’infiltre via son reflet de la fenêtre.
L’homme qui remplit son arrosoir.
Les oiseaux qui s’accompagnent.
L’airbus qui transperce le nuage gris.
La colonne qui s’enfonce dans le bassin.
Le disque qui tournoie dans le vent.
Les voix qui s’élèvent distinctement.
Le bruit des pas dans l’escalier.
La porte qui s’ouvre dans un fracas.

Des pensées qui tournent, tournent, tournent, tournent, tournent ...
et
puis on se détache
de son propre
nombril (brièvement)
Prendre le temps d’écouter la ville,
le bruit des voitures au loin,
les enfants qui jouent tout près.
Tenter - difficilement - de faire
le vide dans sa tête,
puis se laisse happer
par les perruches du parc
et les grosses feuilles de chou des jardins
partagés. Merci !

Expérience enrichissante qui invite à la simplicité de l’instant, simplicité du pas posé sur le sol. La sensation que l’espace est vaste et infini - nous sommes à la fois dans un tableau aux multiples lumières, une revue d’art et en même temps ramenés à ce que nous sommes dans la modestie de l’instant.

Cycle des Veilleurs #3 à Saint-Ouen
// Ouverture des inscriptions de la dernière session //
Le jeudi 28 août à 10h, vous pourrez réserver une date pour veiller au lever ou au coucher du soleil sur la ville et au-delà.
Pour rappel avant de veiller vous devez participer à son atelier préparatoire, il s’agit d’une première étape à cette performance singulière. Cet atelier est obligatoire avant de faire sa veille. Dans la mesure possible, inscrivez-vous à l’atelier préparatoire le plus proche de votre date de veille.
Cette dernière session de l’édition du Cycle des Veilleurs #3 comprends les veilles entre le 22 septembre et 14 décembre.
Inscriptions :
https://www.lecycledesveilleurs.fr/...
Crédit photo : Patrick Berger

J’ai l’impression de fuir dans le ciel.
Mais la journée est lourde dans mes pieds et me ramène au sol.
Il y a une bestiole dans l’objet-abri qui veille avec moi. Elle a pas dû faire l’atelier préparatoire avec Anne celle-là. Pour autant, il ne faudra pas oublier de l’inviter à la rencontre trimestrielle.

Le bal des oiseaux.
Un moment suspendu, hors du temps, que la compagnie WLDN de Joanne Leighton m’a permis de m’offrir ce vendredi matin de fin août. J’ai pu profiter d’un paysage varié composé de 3 couches : végétales, minérales et aériennes en perpétuelles variations grâce aux forces en présence, soleil et vent éventuellement. Et les oiseaux venaient danser dans ce tableau sous mes yeux, virevoltant, planant, fusant de toutes parts puis plus rien - le silence - la pause.
Le soleil prenait le relai pour illuminer telle ou telle fenêtre d’immeuble ou feuille d’arbre.
Le vent faisait ondoyer les feuillages, les nuages et mon corps suivait instinctivement ce bal des éléments et des oiseaux.
Merci pour ce bon moment.

la procession immobile
Une visite profane d’un monde construit magnifique et qui semble contenir une menace sourde.
cheminées fumantes, immeubles administratifs pesants et obscurs, résidences chacune isolée qui semblent déjà obsolètes et cette merveilleuse explosion des jardins sous la pluie fine et le chatoiement du couchant. Les perruches vertes ajoutant au fantastique des nuages à têtes de cockers.
Être au centre, respirer, entendre, observer et introspecter sur un temps suffisamment long est un luxe que vous nous proposez et donc je vous remercie.

Un lever aux aurores pour une veille bien mystérieuse.
J’en retire une sérénité incroyable, un ancrage très fort, en soi comme dans le monde. On oublie le temps, il se rappelle à nous par le vol de quelques oiseaux, la fumée au loin qui souffle d’un immeuble.
Le jour se lève, la lumière allume le paysage et alors la perspective s’offre à nous. De nouveaux éléments apparaissent, des serres, au loin, qui étaient jusqu’alors cachées, des tournesols ? dans un angle, et la présence humaine, peu à peu. Un flâneur qui vient observer la pousse de ses légumes, une petite dame pressée qui va, où ? On ne le saura pas.
Pendant une heure, trop courte, dans cette petite boîte, j’ai pu veiller, en moi, et sur ce petit monde.

Un moment suspendu unique où j’ai pu contempler, méditer, m’étirer et profiter de l’instant.
Il restera mémorable !

J’ai veillé sur le Grand Parc des Docks ce dimanche 31 août matin, et contrairement à ce que je pensais, je n’étais pas le seul. Dès mon arrivée, j’ai été accueilli (et scruté) par deux grandes tours de veille ; notre trio formant un triangle. L’une, à gauche, avait une petite houppette et des yeux très écartés lui donnant un aspect bienveillant, surtout en comparaison de sa jumelle, à droite, tout aussi longiligne mais dont les yeux rouges très rapprochés figuraient un regard réprobateur. La fumée à sa droite laissait imaginer un feu de camp à ses pieds pour l’aider à rester alerte pendant sa garde continue.
Tout autour, de nombreux autres bâtiments veillaient de tous leurs yeux (chacun recouvert de centaines d’entre eux) ; mais à ma gauche, l’un d’eux avait des yeux jaunes perçants, constamment éclairés, bien que la lumière du jour les estompe petit à petit.
Sur la vitre devant moi, des grosses gouttes de rosée veillaient également, subjuguées et immobiles, et formaient pour mes yeux des constellations sur le ciel nuageux, pour me laisser admirer les étoiles. La pluie, douce, a d’abord créé de nouvelles étoiles filantes sur le paysage de ma vitre, avant d’éparpiller de nouvelles constellations avec des milliers de minuscules étoiles.
D’autres veilleurs intermittents sondaient le parc, tout seuls ou en escadron, et même quand je ne les voyais pas, je savais leur présence par leurs légers gazouillis dans mon dos.
Dans le parc, les arbres endormis ondulaient légèrement, mimant mes propres mouvements, tandis que les fleurs éoliennes des jardins saluaient l’arrivée de chaque nouveau veilleur, en collaboration avec le vent.
Enfin, un autre veilleur humain s’est plusieurs fois présenté à ma droite, semblant veiller tant sur le parc que sur moi.
Cela amène justement à la question de qui veille sur le veilleur, et à vous présenter celui que j’ai surnommé "mon encadrant". Ce rectangle de lumière était en effet tant un cadre que je ne pouvais que cacher sans le dépasser ; qu’un guide pour me proposer des cadrages sur le paysage ; et ; si je m’oubliais dans la contemplation, je savais que je pouvais aller sous sa lumière pour me rappeler mon visage, grâce au reflet qu’il m’offrait.
Comme tout bon encadrant, malgré sa présence continue (et multiple), il savait s’effacer de mon regard lorsque je n’en avais plus besoin.
Ainsi, j’ai veillé sur le Grand Parc des Docks mais je n’étais pas seul.

Ce soir, on dirait que le soleil se lève.
Les nuages s’estompent et laissent entrer la lumière réchauffante de fin d’été.
Puis ils reviennent.
Roses au plafond. Ils coulent.
Sensation de paix.
Soyons doux avec les vivants et la nature.

Il est 7h07, Saint-Ouen s’éveille !!!
L’entrée dans la cabine de veille est assez solennelle et tout commence lorsque la porte se ferme. Le silence et la solitude restent. Quel contraste entre les immeubles de bureaux allumés mais vidés et les immeubles d’habitations, éteins mais pleins.
Que l’on observe du beton, du fer, du plastique, du verre, de l’acier, c’est toujours l’odeur du bois de la cabane que je sens.
Plus le temps passe, plus le bruit fluide des camions matinaux, laisse place aux bruits des voitures, des camions poubelles, des vélos, des Klaxons, des embouteillages.
La nature est mobile avec le vent dans les arbres, avec le vol des oiseaux.
Ces derniers sont plus matinaux que les runners qui investissent le parc.
Le soleil illumine les fenêtres, modifie les couleurs. On frappe à la porte, ma veille s’achève. Je n’ai pas sommeil. Merci pour cette expérience.

Peu d’habitants l’auront noté : ce soir Saint-Ouen est ensoleillé avec quelques nuages denses et moelleux. Ils se fondent à la cheminée qui crache elle aussi, une épaisse vapeur.
Je pensais veiller sur les habitants et je me suis finalement trouvée là : devant cet immense carré de verdure, encerclé par des immenses immeubles.
L’impression d’être convié à une grande réunion de gratte-ciels, curieux de découvrir la nouvelle arrivante. Plus petite, une seule place ici !
Je me hisse et bombe le torse pour paraître aussi grande que la tour longiligne qui me fixe de ses deux yeux rouges. On ne sait plus qui surveille qui. Je me sens "immeuble", apprentie tout du moins. Je les regarde plus que les arbres. Ils ont ma fascination toute entière. Eux qui habitent tant de monde. Des ventres bien remplis. Voilà que les nuages couvrent le ciel. Les habitants allument les petits carrés qui me font face. Je pourchasse la fenêtre qui s’allume comme on espère une étoile filante. Je vois le reflet de ma silhouette se détacher de la vitre. Je respire l’odeur du bois, du pin. J’ai à peine remarqué la musique orientale qui s’échappait d’un ampli au loin.
Je me suis souvenue d’une phrase qui prend alors tout son sens : "Le temps est plus important que l’heure."

VIVRE !
AIMER !

Entrée dans une autre dimension. Tout d’abord mes pensées qui se bousculent, puis je prête attention à cet espace doux et chaud qui sent bon le pin, la forêt. Je me sens à l’abri et je regarde devant la lumière intérieure qui se reflète dans la vitre renforce cette impression multi-dimensionnelle.
Je regarder tout prêt, juste derrière le vitre et observe le mouvement de l’herbe et des jardins, puis mon regard s’éloigne pour découvrir les arbres, distinguer chaque bouche, derrière le souffle du vent.
Et je regarde un peu plus loin, inaugurant presque les hectares derrière chaque fenêtre d’habitation des bâtiments lointains.
Puis mon regard se trouve vers le ciel, les nuages qui forment des images éphémères. Je ne pense plus à rien, je me sens légère et j’ai l’impression d’être bercée.
La porte s’ouvre déjà, je n’ai pas vu le temps passer. Expérience mémorable, hors du temps, merci...

Je ne m’attendais à rien mais j’ai quand même été surpris. Je ne croyais pas me retrouver dans une boîte aussi étroite. Le reflet lumineux qui se confond au loin avec l’arrière-plan côté parc m’a donné l’impression d’un certain flottement. De l’autre côté, la vitre noire, sans perspective lointaine, donne ce sentiment étrange que l’on regarde du mauvais côté. Au début, je me suis dit que ça allait être long, que j’aurais été bien au chaud sous ma couette. Il ne se passait pas grand-chose. Pas une lumière dans les habitations, juste un joggeur du "côté sombre" et des oiseaux. Alors, je me suis concentré d’abord sur les oiseaux, puis les arbres se sont mis à bouger. Je devinais le vert sans le sentir. Le ciel s’est largement désobscurci et, ayant fait le tour des "choses", je ne savais plus vraiment où poser mon regard. Alors, je me perds dans mes pensées, ferme un peu les yeux, les ré-ouvre. J’ai l’impression de voir moins clair qu’avant. Alors que le parc des Docks se réveille enfin - enfin une personne dans le potager - la porte s’ouvre. Je pensais qu’il me restait encore 30 min. Merci à Marion pour l’accompagnement.

Qu’est-ce qu’une heure ?
Un temps suspendu,
Un temps pour soi.

Cette impression première de jardin enclos, espace vert… par la route – bruit continu de circulation, voitures, ouverture/fermeture des portes de bus, camions, sirènes… une circulation qui enclos l’espace par le dessus (les avions – qu’on voit depuis l’objet-abri ou non). En face et sur les côtés, cette rangée d’immeubles. Les gens dorment (certains) se lèvent, travaillent. Le mouvement continu de la vie, la dynamique urbaine. Et face à moi/nous, ce jardin. Les végétaux qui seraient immobiles. Puis on réalise que cette immobilité n’est que mouvement, flux, transition. La faune (pigeons, tourterelles, pies, rats), bien sûr, mais aussi les feuilles qui s’agitent, portées par le vent. L’air, plus ou moins sonore, ne se sent pas mais se voit. Une heure à observer et retracer la continuité entre "ville" et "nature". Vers la fin, les premiers humains dans l’espace proche du jardin/parc. Surtout, les premières fenêtres d’immeubles qui s’ouvrent. L’air s’infiltre, les espaces se décloisonnent, le monde n’est qu’un. Une perruche survole l’objet-abri et vient se percher au sommet de cet éclatant bouquet de tournesols au milieu du jardin partagé, faisant résonner un nouveau cri (j’aurais aimé savoir nommer les bruits que font les oiseaux vus !).
Tant de choses aperçues, de couleurs et teintes imprégnées, d’évolutions en une petite heure, de changements dans la hiérarchie des sons.
Un temps suspendu, sans doute, mais un temps d’abord vécu. Un temps pas tant pour soi que pour le monde, notre monde. Back to Earth "Earthing", j’invente mais c’était peut-être ça, veiller. To Earth. S’ancrer et se libérer, revenir à notre monde au moins un instant – à durée déterminée mais que l’on peut réitérer chacun de son côté, à tout moment et partager.

Depuis mon refuge, je contemple...
2 mondes vivent côte à côte :
Face à moi, une nature, un écran paisible tout en douceur, tout en couleur, qui vit à son rythme, au rythme du vent et ce ciel...
Derrière moi je sens, j’entends une vie plus agitée, des cris, des gens qui jouent, des bruits de pas et surtout ce bruit incessant de la ville et mon esprit vagabonde pendant que mon corps s’apaise. Je passe d’un monde à l’autre mais tellement admirative de cette nature qui soulage, apaise... bienveillante au milieu de nous ces immeubles. Comme c’est beau tous ces reflets, ces couleurs, ces instants magiques où le temps semble s’écouler au ralenti...
Et mon esprit se laisse accaparer par un bruit, un avion qui passe, un enfant qui rit, une conversation et je me dis que la vie est belle.
J’ai maintenant envie de sauter à pieds joints et de concilier ces 2 facettes de ce monde qui nous fascine. Merci à tous les veilleurs d’être les témoins du temps qui passe, tout passe !

De 7h13 à 8h13 j’ai veillé sur des choses minuscules et sur des choses immenses.
Cela allait de l’insecte posé sur la vitre, à la vie intime d’un couple de pigeons posés sur la rambarde du parc, au moment où les habitants des immeubles ont ouvert leur vitre, à l’avion qui passait dans le ciel.
Tout me faisait signe dans le paysage : le jardin partagé, les immeubles d’habitation, La Défense au loin, les locaux de la Région, la fumée de cheminées, la réverbération du soleil sur la vitre ont guidé mon regard.

Fin d’une belle aventure. Formidable moment d’introspection.
Il est bon de se retrouver soi, avec soi et pour soi.
Moment extatique d’un soleil couchant sur un ciel rougeoyant.

Il est étonnant de se trouver dans une bulle rectangulaire.
Mais pas impossible, ai-je appris ce matin.
Merci.

La chaleur dans la bulle a eu raison de mon expérience... dommage
J’espère avoir la chance de revivre pleinement cette expérience

Qui veille, de ce ciel si bleu aujourd’hui ? Est-ce que je suis là par hasard, 7 ans après jour pour jour + 1 ? Sûrement, de là-haut, il veille sur moi ! Je souris.
Merci

Veille de fin de journée, petite parenthèse hors du temps, une heure qui paraît quelques minutes. Commencer avec le bruit alentour de gens qui parlent, la circulation pour s’apercevoir petit à petit que le parc se vide. S’émerveiller de la beauté du ciel qui, couvert au début, laisse entrevoir de beaux rayons dorés à travers les nuages qui s’éloignent petit à petit...
Regarder les jardins avec les beaux tournesols au loin, les oiseaux passer et la balade des lézards... Finir le week-end paisiblement et avoir envie un jour d’y commencer la journée.
Merci pour cette belle expérience.

Il fait déjà bien jour quand Pascal referme la porte de l’abri dans des bruits qui évoquent l’emprisonnement : porte qui se ferme, bruits de clés puis de pas qui s’éloignent. Mais ici pas de barreaux à la fenêtre : une vitre en plexiglas où se reflète un cadre lumineux que je cherche dans un premier temps à occulter avec mon corps. C’est peine perdue, je prends le parti de reculer et il me dérangera de moins en moins.
L’être humain est partout et invisible. J’ai compté 5 ou 6 personnes maximum, 3 ou 4 coureurs et 3 personnes qui marchaient au loin.
Je segmente l’espace, le temps, compte les oiseaux qui règnent en maître – beaucoup de pigeons, une dizaine de pies, 3 ou 4 merles, un petit oiseau bleu vif, un groupe d’oies, ou ce que j’ai imaginé en être…
L’esprit divague puis est ressaisi par un détail qui a changé, les nuages qui s’écartent et tout semble transfiguré, les arbres changent de couleurs, deviennent d’un vert vif.
Pascal toque à la porte. L’abri me semble être un sauna entre la chaleur et l’odeur du bois. C’est passé vite, il fait jour.

La première chose qui m’a frappé, c’est le cadre dans le cadre. La seconde, c’est le contraste entre la nature et les constructions. J’ai tout de suite posé mes deux mains sur les parois du rectangle, sentant bien cette délimitation imposée, cette limite, ce cadre. Je me suis sentie ancrée.
J’ai observé le jardin, une fois que le soleil ne l’inondait plus, j’ai beaucoup regardé le ciel. Je l’ai tellement regardé changer qu’il m’a presque étourdi, comme si j’étais sous le rouleau d’une vague. Le ciel s’est embrasé, c’était vraiment très beau.
J’ai senti le temps dans cette parenthèse.
Merci.

Après un trajet un peu mouvementé et stressant, me voici dans cette cabane pour veiller au lever du soleil.
À peine entrée, j’aperçois, qui se reflète dans cette grande baie vitrée, un cadre lumineux qui forme comme le fin liseré d’un cadre de tableau. Une sorte aussi de sas futuriste, nous invitant à la songerie et à une autre sphère temporelle.
Deux mondes s’opposent : celui des immeubles, assez hideux, surtout avec les gros nuages gris qui obscurcissent le ciel, et celui du poumon vert de ces tours grâce au jardin potager qui est au milieu. La lune est la plupart du temps cachée. Un jeune est sur le terrain de basket et s’amuse, avec persévérance, à tenter de marquer des paniers. Il manque souvent des essais mais lorsqu’il prend son temps, se concentre avant de viser, le point est marqué !
Après ces premières minutes, je ne sais combien. Je sens une détente envahir mon corps et me laisser bercer par la beauté de la lune ronde, les oiseaux survolant le jardin, s’élançant du cube comme des deltaplanes, déployant leurs ailes et faisant des piqués impressionnants. D’abord les pigeons, puis deux perruches, des hirondelles, des pies.
Les gros nuages noirs qui cachaient la lune s’étaient décalés et je perçois derrière eux une faible luminosité. Bonjour Monsieur Soleil, je vous attendais. Merci de chaque jour illuminer mes journées. Je vous cherche ne sachant pas d’où vous allez surgir. Le ciel plus bleu que bleu, des nuages blanchâtres devenus des barbes à papa, la lune radieuse et moi privilégiée de ressentir sans aucune obligation ni sollicitation. D’un coup ébloui, le soleil me sourit. Mon ventre gargouille, j’irais bien croquer dans une de ces belles tomates bien mûres. Les oiseaux sont comme des enfants en récréation. Les premiers joggeurs apparaissent et leurs pas résonnent plus vite mais moins longtemps que le ballon. Les couleurs s’illuminent. Les immeubles sont moins disgracieux. C’est fou ce qu’il y aurait à dire encore sur ce qu’on peut voir, entendre, imaginer quand on est ancré sur l’essentiel : le vivant ! Merci Saint-Ouen de me compter parmi tes veilleurs !

J’ai marché dans une crotte de chien avant d’arriver à l’abri (du pied gauche alors ça va). J’ai oublié ma gourde alors qu’il fait très chaud. J’ai observé les propriétaires du jardin partagé, ils n’avaient pas l’air surpris de me voir. J’ai regretté de ne pas pouvoir reconnaitre les arbres et les fruits et légumes. J’ai observé un homme avec un débardeur rouge jouer (plutôt bien) au basket et me suis dit que le sport permettait de lâcher son téléphone un moment, que c’était bien.
J’ai eu la visite d’une araignée et d’un moucheron à l’intérieur, de beaucoup d’oiseaux, 2 papillons et pas mal de guêpes à l’extérieur. J’ai aperçu 2 petits points qui dépassaient à droite et me suis demandée si c’était pour poser quelque chose, si oui, ça pourrait être un téléphone très fin et je me suis dit que j’étais vraiment atteinte.
J’ai vu un petit chat passer.
Un homme a dit à sa fille en roller qu’un orage arrivait mais je pense qu’il voulait juste rentrer.
Un autre homme a dit qu’il n’irait pas manifester demain.
L’homme au débardeur rouge a sorti son téléphone sur le terrain de basket.
Vers 20h (je dirais), j’ai eu l’impression d’avoir un tableau devant les yeux et j’aurais pu le mettre dans mon salon.
J’ai veillé Saint-Ouen.

Etrange de participer au projet des veilleurs un jour de grève, de mobilisation populaire. Est ce que veiller c’est résister ? Est ce que veiller c’est seulement me conformer à un engagement pris des semaines auparavant ? Dédier une heure de son temps à veiller. Ne pas être productive. Faire une pause, mettre en pause Participer à un projet collectif et solidaire. C’est difficile de "ne rien faire" et de penser à tout ce qu’on pourrait faire, tout ce qu’on voudrait faire, tout ce qu’on ne prend pas le temps de faire.

Il pleut, d’abord mon cerveau bouillonne puis avec la vue sur les arbres, les plantes et la ville au loin tout se calme. J’écoute les oiseaux, je les vois voler jusqu’aux immeubles. On dirait que le ciel ne bouge pas mais j’entends les gouttes sur la structure, c’est agréable. Puis c’est très calme, un peu ennuyant, et à nouveau il y a du mouvement, des amies ramassent des fruits sur un arbre. Je n’arrive pas à savoir quelle heure il peut être, mon corps commence à se faire sentir, m’a-t-on oublié là ? Puis à nouveau j’écoute l’eau couler et je regarde les oiseaux passer et d’un coup il fait sombre, je vois moins bien l’extérieur mais je peux observer les gouttes sur la vitre. Le temps est long, le calme est agréable. Il est temps de sortir, j’entends toquer, je me sens apaisée.

La ville s’éveille. La lune laisse place au soleil, qui transperce les nuages pour nous réchauffer. Les rayons se reflètent sur les fenêtres des bâtiments de la ville de Saint-Ouen. Dans cette boîte perchée dans un parc dans le centre-ville, je me sens si petite. Mes pensées divaguent entre le passé, le présent et ce qui permet d’avoir le calme avant la tempête de la journée. Un moment de calme avant l’agitation et la foule. Un moment de déconnexion devant la verdure pour se ressourcer, pour affronter le chaos de la ville.

Merci Paris, merci à la vie !
Hace un año llegué a esta ciudad con tres maletas llenas de miedos, sueños e ilusiones. Paris me ha dado tanto, me regaló diario una experiencia única. Me recuerda que no hay imposibles y que vale la pena vivir al máximo cada día. En esta vida parisina que va a mil por hora, regularse una hora para respirar es una belleza. Hoy agradezco a esta ciudad que me ha dado tanto, cuidando desde lo alto un instante. Estar aquí hoy recuerda que todo lo que buscas ya está dentro de ti.
Gracias, gracias, gracias

Être enfermée dans une boîte, à priori ce n’est pas ce qui me fait rêver ! La peur d’être "incarcérée" : étrange la punition de guetteur ! Mais finalement la crainte s’estompe devant ma ville qui s’éveille au rythme du soleil. Au fil des minutes, le paysage se modifie, au loin les immeubles semblent s’écarter pour donner à voir une autre architecture. Guetter au loin mais aussi de tout près : les insectes qui bourdonnent, les moulinets qui tournent. Tiens, une perruche vert fluo se pose sur une branche. Et ces dahlias oranges, je ne les avais pas vus au début. Peu à peu des détails se dévoilent. La lune abandonne peu à peu le ciel pour le laisser tout entier au soleil. Tout est en ordre, les tournesols du jardin sont tournés vers le soleil et moi ! Belle journée...

"In the boite"
Lorsque je rentre dans la boîte, une soudaine sérénité s’instaure autour de moi. Je m’émerveille doucement de cette atmosphère, si rare en ville. Quand tout à coup, une voix vient troubler ce calme fragile : " J’vais lui envoyer un snap" lance un adolescent. Alors, je commence à me perdre dans l’admiration de ce qui m’entoure. A gauche, de jeunes garçons jouent au basket. J’observe attentivement les passes, les tirs, les paniers, les ratés... Et cela me rappelle ma tendre jeunesse. Puis les buildings, imposants, immobiles qui détonnent du reste de mon paysage vert. Parlons-en tiens, de cette végétation au premier plan. Elle me fascine. Mon imagination se perd dans ce vert. A travers les mouvements des feuilles, je peux deviner le vert, ce même vert qui ne me caresse pas la peau à l’instant présent. Ce vert me rappelle aussi que l’été pourtant si proche est déjà bien loin, hélas. Nous en avons tous bien profité de cet été, pour "changer" et faire le plein de vitamines D. Le soleil, lui, semble m’observer, il m’épie. D’abord timidement, puis à plein phares. Alors, je me décale vers la droite, et observe à nouveau mes jeunes basketteurs. Ils semblent infatigables. N’y a-t-il pas école demain ? Non, on est vendredi alors profitons-en. Jouons jusqu’à perdre haleine. Profitons de cette jeunesse qui passe aussi promptement que ce coucher de soleil. En un rien de temps, le soleil s’est éclipsé, caché sous les nuages épais.
Merci, merci la vie. Merci pour cet été, et pour toutes les saisons à venir. Joyeuses, douloureuses, que peut-on faire, si ce n’est de la vivre pleinement...

Rien de bien construit ou réfléchi, un peu comme ce qui m’a conduit ici, entre impulsion, et envie de découvrir. D’ailleurs c’est peut-être ça que je retiens : la découverte.
– d’un lieu autrement que par les jeux des enfants, les courses à pied ou pique-nique
– d’un bout de ma ville ouverte sur d’autres avec cette perspective que je ne connaissais pas
– d’une artiste d’une compagnie et quelle joie cet atelier de préparation
– d’une performance avec l’impression d’être chanceuse de faire partie de cette communauté
– du temps et l’envie d’en découdre entre apaisement, impatience, sérénité et de nouveau envie de participer à ce qui se passe en dehors de a boîte
– de soi évidemment et retenir ce qui nous anime dans ce temps suspendu

Merci pour ce moment j’en avais besoin je crois. J’avais besoin d’un moment de solitude, un moment de déconnexion. Cette ultra connexion quotidienne m’épuise et me déprime. Merci, merci sincèrement pour heure.

Veiller c’est être réveillé.
Veiller c’est être éveillé, attentif.
Veiller c’est être à l’écoute, c’est prendre soin.
Veiller, veilleur, veillant...
Voir le monde autour de soi s’éveiller. Face à ce parc, à la nature mais aussi face à ces immeubles. On est immergé dans la ville.
La nature est très présente, les végétaux, les animaux. C’est ici leur moment. Pendant ce moment ce sont surtout eux qui m’accompagnent, je détaille les arbres, les plantes, des potagers, je vois le va-et-vient des oiseaux qui se régalent ici ou là. Deux perruches illuminent ce ballet de leur éclat.
J’entends de plus en plus le bruit de la ville, surtout de la circulation, des pas aussi, plus ou moins rapides. Et puis un premier humain dans mon champ de vision. Un éclair lumineux, en face, dans les immeubles, le reflet du soleil sur une fenêtre qu’on ouvre. Je prends conscience de toute cette vie autour que j’imagine, mais ne vois pas. Je vois ensuite quelques personnes, marchant ou courant dans cet espace, dans ce moment du début de journée où tout est possible.
Veiller ainsi, d’une façon qui peut apparaître inutile, m’a fait penser à tous ceux qui veillent aussi sur moi de façon directe ou indirecte, ma famille, mes amis, mais aussi tous deux qui font que je suis là, faisant ce que je fais, en bonne santé. J’ai aussi pensé à ceux sur qui j’ai veillé, je veille et je veillerai. Être un maillon d’une chaîne d’attention qui fait que chacun peut trouver sa place dans ce monde.
Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette présence de la nature qui occupe ce lieu et tout autour les humains qui sont là, très nombreux. Mais pendant cette heure, cet espace était pour la nature. Une expérience d’immersion, d’attention, de réflexion.

Tout d’abord, prendre possession de l’espace... le rectangle lumineux se reflétant dans la vitre, l’odeur du bois, puis regarder le paysage, les perspectives, les lumières... L’œil attiré par les mouvements, le vent dans les branches, un oiseau qui s’envole, les fumées se joignant aux nuages, une personne dans les jardins, les jeunes jouant au basket... Soudain la lumière échange, le soleil fait une percée, les reflets changent. Et c’est quoi ces 2 cheminées ? Cet immeuble qui change de couleurs, bleu, rouge, vert ?
J’attends, j’observe, je perds toute notion du temps. Le ciel s’assombrit, quelques lumières s’allument aux fenêtres, les oiseaux se sont tus, seuls les moulins à vent bougent encore. J’attends, j’observe, me demande un peu mais qu’est-ce que je fais là ? J’observe, j’attends ! (et c’était bien)

Je n’avais jamais vu le Parc comme ça. Était-ce de son fait ou bien était-ce moi ? Quelle joie de tendre l’oreille, d’écouter les bruits. D’abord espaces qui s’intensifient... Et que dire des lumières dont les subtiles variations teintent le temps qui passe, comme les émotions. Il y a aussi les nuages venus dire bonjour aux deux cheminées et à leurs sœurs les tours. Une ville qui s’éveille par une belle journée. Et puis moi qui veille pour l’accompagner. Mes derniers mots enfin sont pour ces oiseaux venus si nombreux, voler tout là-haut.
Merci à vous, mais j’ai une question qui m’a taraudé, là dans mon caisson :
Pourquoi donc taurtillonnez-vous ainsi, sans cesse... Est-ce pour la vue, ou bien pour l’ivresse ?
(Merci pour cette parenthèse)

À quand remonte la dernière fois que je n’ai eu rien à faire pendant une heure ? Ce n’est pas là un temps passé dans l’attente, dans un questionnement spécifique, ni dans le désarroi de n’avoir rien à soumettre à son attention. Une heure à être là, sans aucune attente. Et ce qui aurait pu être un moment de profond ennui se révèle devenir un tourbillon de pensées, souvenirs passés, anticipations proches ou lointaines, jeux de l’imagination autour des possibles et des impossibles, du pensable et de l’impensable, mais avec un impensé. Une forme d’activité inattendue car sans objectif, sinon de la vivre pour ce qu’elle est. Une veille sur soi-même peut-être ?

Qu’est ce qu’une heure ?
Il y a peu de temps, j’aurais répondu sans hésiter qu’une heure c’est exactement soixante minutes, trois mille soixante secondes. Qu’une heure c’est toujours ça et que ça ne changera jamais. Esprit cartésien.
Maintenant je n’en suis plus si certain. Je vois que pendant longtemps j’ai confondu la mesure du temps et l’expérience du temps. Je me suis rassuré avec le cadran d’une horloge. Ce matin j’ai fait l’expérience d’une heure d’oisiveté. Je me demande si ce mot vient de la même origine éthymologique que "oiseau". Si c’est le cas, ce terme est bien mal nommé. Ce matin je les ai observés, les oiseaux, ils sont tout sauf oisifs. Je les ai vus chanter, voler, danser, chasser. J’ai admiré le vol du héron majestueux. J’ai contemplé le faucon, chasser en vol stationnaire. Je me suis amusé de la pie faisant fuir deux rats de son territoire.
Finalement je ne crois pas avoir été oisif moi non plus.

Durant la veille, je me suis laissé transporter par un silence profond dans cet abri. Un moment où tout semble s’arrêter. Et pourtant au début et à la fin - tel un cycle - des oiseaux ont survolé l’abri. J’ai d’une certaine manière été accompagné par la présence des oiseaux tout au long et en particulier - dans un silence absolu - avec leur cri que dis-je, leur chant. Cette harmonie fut accompagnée par un voyage "céleste". Lors du coucher du soleil, les nuages ont pris une apparence de montagnes : comme si cela ressemblait à une porte du paradis. Mais durant toute cette veille, j’ai pu ressentir la présence des habitants, leurs inquiétudes et mon cœur m’a intimement incité à partager de l’amour et de la joie - même à travers cette vitre. La joie a su se traduire par des tournesols toujours plus beaux au fur et à mesure que le soleil se couchait. Ce moment fut une reconnexion aussi à la nature dans la ville. Prendre le temps d’observer, de respirer au rythme du mouvement des fleurs aux feuilles. Le temps est passé tout de même assez vite. Il y a tant à regarder, à partager. Et enfin, au coucher du soleil, la lumière de l’abri s’intensifie et apporte une chaleur dans cette solitude qui est agréable. C’est comme un cadeau rendu pour l’amour que j’ai pu partager. Bref. Ce moment est comme un cercle vertueux : prendre conscience de la vie et diffuser de l’amour.
Merci <3

Le ciel était extrêmement couvert, malgré quelques belles éclaircies au fur et à mesure que l’heure de veille tournait. On a vu le soleil se refléter légèrement sur le haut des immeubles derrière le parc, l’espace de dix brèves minutes, un brin gâché par la puissance des LEDs qui se reflètent bien trop sur la vitre, rendant difficile l’observation du paysage / ciel, surtout lorsqu’il fait encore un peu sombre. On entend de manière assez surprenante, assez bruyamment le son des cyclistes et des coureurs derrière dans le parc. Bravo pour ce beau projet !

J’ai veillé ce jour sur Saint-Ouen. Au début, on se demande quoi faire, penser ou ne pas penser, faire le point sur ce que l’on ressent ou non. Et puis au bout d’un moment le brouhaha dans ma tête se calme. La magie opère et je lâche prise sans autre distraction que l’horizon pendant une heure. Et ça fait beaucoup de bien. J’ai pu observer des gens qui cultivaient leurs jardins, les volutes de cheminée semblables à des personnages qui dansent, des jeunes qui jouent au basket. Pendant une heure, une parenthèse, le calme, la ville et moi.

Mais qu’il faisait chaud ! Des gens paient pour le sauna, alors je suppose que c’est bien, mais sur le moment, ce fut pénible. Jusqu’à l’arrêt du temps, au moins. Les perruches, les pies et les corneilles m’ont distraite. Les changements de lumière aussi, et puis d’un coup, les sons qui étaient un fond constant prenaient le devant.
Belle verdure dans un écrin de béton, il faut te protéger et on ne le fait pas assez, dans la ville et ailleurs.
C’est beau, vraiment, le monde dans lequel on vit, et on devrait prendre, tous, plus le temps de l’apprécier. Peut-être alors le protègerait-on mieux. Il était avec moi même s’il n’est plus là, et je crois que ce sera toujours comme ça.

J’ai emménagé à Saint-Ouen il y a six mois et cette expérience de veilleuse me fait me sentir encore plus audonienne !
J’ai aimé :
– les tournesols, qui m’ont servi de point de repère
– la bonne humeur de Zoé
– savoir que la personne que j’aime est passée dans cette "boîte" : avant moi et me demande ce qu’il a pensé, ce qui a traversé son esprit
– me demander quel est mon vert préféré
– me demander où vont les oiseaux et les coureurs
– la symphonie entre les voitures et les oiseaux
– me demander quel est mon immeuble préféré
– voir la Défense étinceler
– avoir l’impression de vivre le dernier matin d’été...
Merci pour cette expérience qui fait prendre conscience qu’on ne voit pas le temps passer, littéralement.

Vivant à Saint-Ouen depuis plus de 15 ans, je n’avais jamais vécu une expérience telle que celle que j’ai vécue ce soir. Ce n’est que depuis récemment que je m’intéresse à ce qu’il se passe dans une ville d’enfance et je ne regrette pas d’avoir été curieuse.
C’est une réelle expérience qui fait prendre conscience du fait que l’espace qui nous entoure regorge de vie, de mouvements, de sons, de lumière, de sens.
Une fois dedans, on se rend compte de l’importance du dehors, et à quel point la vie regorge de choses magnifiques, qu’il ne faut cesser d’observer.
Sans ce regard que nous portons sur ce qui nous entoure, la vie n’est pas ce qu’elle est. Continuons de la contempler.

"Elle, a fini au bord des larmes
L’autre, s’est sentie abandonnée
Elle, c’est la beauté qui fait son charme
L’autre, c’est tout c’qu’elle peut donner"

Quel joli moment suspendu dans le temps... expérience très agréable à vivre, merci.

Entrée dans cette capsule hors du temps,
Inconsciente puis saisissant le moment présent,
J’ai pu ressentir un environnement que je connais tant.
Les pieds chauffés par le plancher ensoleillé,
Aux jeux de cache-cache des oiseaux je me suis abandonnée
Aux bruits étrangers je me suis attachée.
J’espérais vivre une véritable expérience,
De celles qui ont le pouvoir de nous replonger en enfance,
Quel soulagement d’avoir vécu si fort ce silence.
Je suis reconnaissance et satisfaction.
Le temps m’a permis de prendre position,
Et de remettre le monde au centre de mon attention.

Depuis la mort de ma mère le 7 juin dernier, je dors moins, et je me lève très tôt, vers six heures, alors je ne risquais pas de manquer le réveil pour venir veiller, mais je me demandais comment allait passer cette heure vide : évidemment elle était pleine à craquer.
Il y a bien sûr toutes les sensations du corps, qui cherche sans cesse sa posture, un équilibre qui est en fait un déséquilibre constamment retenu, balancé, un léger travail constant.
Et puis il y a ce qu’on entend et ce qu’on voit.
On veille sur la ville et ses habitant·es, mais on en voit peu. Côté rue, quelques passant·es, et surtout la file ininterrompue des voitures qui passent, on se demande à quoi s’occupe l’humanité, qui veut vraiment ça.
Et côté jardin, personne : les immeubles, la fumée des cheminées, c’est tout. Mais les oiseaux.
La lumière de l’abri se reflète dans la vitre et derrière dans le ciel et dans les jardins en rectangle imaginaire tracé autrefois par les oracles antiques, et qu’ils appelaient le ’templum’, le temple, c’est-à-dire l’espace dans lequel le vol des oiseaux prend le sens d’une prophétie.
Ce matin, pigeons, ramiers, pies, merles, moineaux, corneilles, étourneaux, et ceux du fleuve, des mouettes, un cormoran, tous étaient là, aussi affairés que des humains. Je ne suis pas augure, je ne sais pas interpréter leurs vols dans le ’templum’ de l’abri, mais le sens général était évident ce matin : nous sommes de passage et il faut aimer.
Merci pour tout !

C’est aujourd’hui le début de l’automne.
Tout est encore vert.

Un merveilleux moment suspendu dans le temps !
L’automne commence à peine que l’on distingue ses premiers changements. La brise froide, mais incroyablement douce, qui berce chaque feuillage du jardin et du parc. Les oiseaux se lèvent avec nous et encouragent ceux qui tiennent leurs résolutions de janvier avec leurs gazouillis.
C’est aussi un moment d’introspection et de questionnement. On commence dans le flou de ce que la nature nous réserve, l’obscurité, pour découvrir un double jardin : urbain et végétal. Plus un bruit, nous et le silence de nos pensées font place aux rayons du Soleil qui démarrent la mélodie de la vie.
Le plus beau spectacle de France !

Je m’y suis inscrit sans rien attendre mais cette performance vient de conclure une semaine très importante pour moi. Énormément d’énergies cette semaine : la nouvelle lune, l’équinoxe, l’éclipse, à l’autre bout du monde et maintenant prendre le temps de veiller cette heure hors du temps. Je me rends bien compte que je peux veiller sur moi dorénavant. Hâte de rencontrer d’autres veilleurs pour partager cette expérience, j’ai plein de questions !

La troisième Rencontre du Cycle #3 s’est déroulée le mardi 23 septembre à la Serre Wangari, Maison de l’Ecologie de Saint-Ouen. Les veilleurs et les veilleuses de la troisième session (15/06/25 au 21/09/25) étaient invité·es à cet évènement pour échanger et partager leur expérience. Ce moment chaleureux et convivial a réuni 39 personnes. Ils et elles ont assisté à des performances dansées par deux artistes chorégraphiques de WLDN, accompagnées d’une plongée visuelle et sonore dans l’univers du Cycle des Veilleurs, et de lectures de témoignages, lus par cinq accompagnateur·ices.
La soirée s’est terminée par un temps d’échange entre les veilleurs et les veilleuses afin que chacun·e puisse réfléchir à la présence de cette performance dans la ville.
Nous remercions la Serre Wangari et toute son équipe pour l’accueil qu’iels nous ont réservé, ainsi que la Ville de Saint-Ouen pour son soutien.
La prochaine rencontre aura lieu le mardi 2 décembre, toujours à la Serre Wangari !

Le ciel très bouché me fait d’abord me concentrer sur les gouttelettes qui ornent la paroi. Différentes formes s’offrent à mes yeux.
Et puis l’esprit divague tout seul, au son du bruit continu d’une pluie diluvienne sur l’abri.
Peu de présence en cette aurore encombrée, quelques oiseaux intrépides volent tout de même en groupe, et en rase-motte.
De l’autre côté, quelques lumières de signalisation esquissent un petit bout de panorama urbain.
La lumière s’épaissit progressivement dans un ciel toujours maussade. Les pensées vont, viennent et reviennent. L’heure file à toute vitesse alors qu’on l’aurait pensée lente.
Le temps d’une respiration dans une zone de protection.
L’heure finie, il faut affronter la pluie.

Expérience. Veilleur. 1h. Temps gris, pluvieux. Idéal pour ce hors temps. Perruches, corbeaux, pies, moineaux, merles. La fumée suspendue à sa cheminée, comme moi avec le temps. Des passants, des coureurs, des enfants. Et moi veilleur. Expérience. MERCI

Chemin, cheminer, cheminées...
L’immobilité apparente est vivante, mouvante.
Vision d’ensemble et sens du détail, tout s’éveille :
La ville, mes sens, mon corps.
Merci pour cette expérience en dehors du temps.

Au début je me suis sentie très apaisée par le silence (quasi) de l’abri. J’ai trouvé le temps long, j’essayais de me concentrer sur des choses que je voyais. J’ai ressenti la même sensation d’ennui que j’avais enfant, comme si j’étais obligée d’attendre. J’ai pu penser à tous les sujets qui me préoccupent en ce moment, j’avais du mal à rester calme psychologiquement.
Je me sens apaisée et calme physiquement mais un petit peu sonnée mentalement.

Une expérience intense où l’on s’oblige à ralentir. Un moment difficile mais unique où je me rends compte que l’on s’arrête jamais vraiment, que je ne m’arrête jamais. Je n’ai jamais autant aimé le mouvement des oiseaux face à ma propre immobilité. J’avoue que je n’ai pas réussi à tenir une heure enfermée, pour moi c’était trop car je me rends compte que pour moi ralentir c’est comme mourir.
Merci pour cette expérience de ouf et merci Véronique de m’avoir accompagnée.

Dans cette cabane on est seulement accompagnée de ses pensées, du silence (ou presque) et d’un moucheron ! Et pour autant l’expérience est très agréable, on est coupé du monde mais en même temps nos sens sont stimulés avec le bruit, le paysage du parc qui nous entoure. C’est un beau moment pour mettre ses soucis en mode veille et apprécier la vie !

Génèse
Opportunité
Bénévole
Jeu
Expérience
Transmission
Paroles
Acceptation
Balayage
Réinterprétation
Inspiration

J’ai veillé sur la ville et ses citoyens.
J’ai vu des oiseaux, des jeunes jouer au basket, la lumière du soleil dans les feuilles des arbres. J’ai vu des trainées d’avion dans le ciel, la lune apparaitre derrière un nuage chassé par le vent. J’ai vu beaucoup de gens passer devant l’abri mais peu m’ont vue !
J’ai vu le soleil se coucher et les lumières s’allumer dans les habitations.
Je me suis sentie privilégiée de pouvoir assister à tout cela.

Je n’ai pas vu le loup, le renard et la belette
Mais j’ai entendu le héron, la poule d’eau et la corneille
A y voir, j’ai remarqué La Défense au loin
Au bout du compte, qui a tout d’une heure, et d’un café
Le jour s’est levé pour palier
Comme s’il enlevait une couche de nuit par couche de nuit
Pas de révélation poétique pour ma part mais un esprit clair et limpide
Comme la lumière du matin échappant à la photosynthèse du parc pour venir chatouiller les paupières-volets des géants de béton
Maintenant, un deuxième café.

Très beau coucher de soleil sur la ville, je ne l’avais jamais regardé.
J’ai remarqué que les arbres et les plantes se couchaient en même temps que le soleil sur un beau contraste avec les immeubles en face du jardin. Une bonne expérience.

Respiration
Regards
Le rectangle lumineux agrandit l’espace
J’ai commencé à compter les fenêtres des immeubles, les pigeons, les perruches, les feuilles de figuier et puis finalement...
J’ai respiré
J’ai médité
J’ai veillé

"Mmh, bébé, j’suis né un jour de pluie
Sous les étoiles, je brille comme un Beretta
J’aime bien ma vie mais j’m’ennuie
Des fois, j’rêve de m’enfuir, vers où ? J’sais pas
On m’a dit qu’l’herbe était plus verte ailleurs
Troum, toum, toum, toum, troum, toum, toum, toum
Mais, moi, ça fait longtemps que j’vois plus les couleurs
Troum, toum, toum, toum, troum, toum, toum, toum"

Ça fait du bien un peu de lenteur et en même temps on trépigne à l’idée de sortir rejoindre le K.O de la ville.
Très intéressant d’alterner entre la vitre côté ville et celle côté nature.

Chaleur agréable
Soleil éblouissant
et je n’étais pas seule. Une punaise arpente la vitre, je la suis. Je l’oublie.
Une deuxième fait son apparition. Je les regarde.
Curieuse de les voir interagir.
Une comptine me vient. "La petite bête qui monte..."
Et je pense à ma mère - surprise - émue
Je respire et rêvasse.
Les punaises se rappellent à moi en volant bruyamment, puis elles se calment.
Je rêvasse, je rêvasse, je rêvasse...
Sans pensée précise,
le temps, la possibilité de ce rien qui n’est pas rien...
debout, sans souci,
Ce n’est pas une attente, c’est juste ça.. et là.

Le temps n’avance pas lorsqu’on se concentre sur lui, mais il file une fois qu’on l’oubli !
D’un côté de la ville, sombre, froide, bruyante, mais qui vit de dizaines de voitures, bus, passants, se pressant pour rejoindre le boulot.
De l’autre côté du parc, les fleurs, le calme... Le bal des oiseaux qui s’envolent et piaffent d’un arbre à un autre.
Faire le vide, souffler, respirer, observer... Lister des prénoms, des chansons, des activités, s’impatienter, puis oublier et recommencer...
Toc, toc, toc !
C’est déjà la fin ?

Rien n’indique le temps, si ce n’est le soleil qui se couche.
Je suis arrivée en trombe et en rage après avoir traversé le chaos des quais. Le coeur qui bat vite, les joues qui chauffent. Derrière moi le tumulte de la ville, les Klaxons, les conversations, les enfants qui jouent et qui souhaitent me rejoindre, comme si la vue était différente d’ici.
A l’intérieur l’odeur du bois, semblable à un sauna, une douce lumière, et les punaises qui volent.
Devant le calme immobile.
Immobile avant que l’on ne remarque les détails. La diversité des insectes, des arbres, des nuages. On s’interroge sur la destination des oiseaux et des avions.
Les lumières commencent à s’allumer, les télés aussi...
Même sans bouger, sans parler, le temps passe si vite.
Les couleurs vives, le monde si beau.

Veiller sur la ville ou plutôt veiller sur soi.
Je suis venue pour voir un nouveau jour se lever et je me suis surprise à découvrir un autre moi, plus authentique, plus vrai, plus vivant.
Dans le calme de cette heure que l’on ne sent pas s’écouler, le tumulte habituel de l’esprit cesse d’un coup. La ville au loin, on la devine en ébullition, mais dans cette bulle en suspens, on prend le temps d’apprendre que notre silence intérieur peut faire taire le vacarme ambiant, et qu’il suffit parfois de lever les yeux au ciel pour s’échapper, quelques secondes, juste assez, pour se ressourcer. On s’écoute, on se sonde et, l’espace d’une heure, on se retrouve avec nous-mêmes, on se sent vivre et exister. J’ai respiré, j’ai pleuré, j’ai souri, j’ai dansé, j’ai aimé chaque seconde où j’étais avec moi, juste moi, et la ville qui s’étendait au loin et à perte de vue.
Un ravissement des sens, une ode à la paix intérieure, le tout dans le silence.

Que de mouvements ! Ici, là, encore là une feuille, une branche, un oiseau, au autre, un avion, un bourdon, un ragondin suivi d’un autre, une tige haute, des sacs en plastique noirs au bout de baton dans un petit jardin potager, une femme qui court, une autre...
Le plaisir est que ce mouvement est perceptible. Il semble se représenter d’un espace à l’autre. Facile de nommer car tout ne bouge pas en même temps. Je pense voir, regarder, préciser. Tiens tout un côté du jardin est en mouvement alors que l’autre est tranquille. Est ce qu’il attend ? Est ce qu’il vient de jouer sa partie. Là, d’où je suis j’admire la chorégraphie des évènements. Tiens ! Moi aussi je me laisse prendre. Comme un arbre, je me suis poser, j’ai pris racine et pourtant je sens le mouvement circuler en moi. Je me découvre oscillante, respirante, étirante, vibrante, comme si mes articulations avaient du champs enfin pour jouer de l’une à l’autre.
Tic Toc... le réveil m’apprend qu’une heure vient de passer. Oh non ! Pas déjà !
La journée ne fait que commencer.

Est-ce qu’on est pas en train de vivre un voyage transcendantal du domaine du jamais-vu ?

Je me suis sentie très isolée, et j’ai pensé que ça devait être ce que ressentaient les gardiens de phare : au milieu de la tempête, face aux rafales de vent de pluie qui balayent les jardins partagés, avec des bruits étranges, de petits clacs contre le toit de l’abri, sûrement causés par l’arbre tout proche.
J’ai vu trop d’oiseaux pour les compter comme j’en avais eu l’intention...
Par contre j’ai vu très peu de fenêtres s’allumer, sans doute qu’un samedi de pluie les habitants préfèrent rester couchés !
Le temps s’est complètement et rapidement estompé, j’ai aimé ne pas y penser du tout.
J’ai surtout regardé la vitre recouverte de gouttes de pluie, elle déformait le paysage.

Fascinante Dame Nature.
Les éléments sont au rendez-vous. Le vent balaie les nuages pour faire apparaitre à la suite soleil, pluie, et le nouveau le feu sacré.
Cet instant figé à observer un corbeau tenter de planer, le bruissement des feuilles d’un arbuste.
Le spectacle est gratuit et quotidien, il suffit juste de s’autoriser à s’arrêter de temps à autre.

Voir la ville se réveiller, s’animer et prendre vie.
Tout d’abord se sentir exclu de celle-ci, puis, soudain, réaliser que nous faisons partie intégrante de cette bulle.
Différentes vitesses, entre avions, fumées, oiseaux verts et piétons. Ancré dans le sol et tiré vers le haut, j’ai senti à travers cette position et la structure, une symbiose entre l’urbain et mon être, plus de murs.
Des ponts se sont formés entre ciels, immeubles et espaces verts.
Une expérience humaine, corporelle et urbaine à couper le souffle que je retiendrai et recommande fortement.
Merci au Cycle des Veilleurs !

Aujourd’hui j’ai participé au Cycle des Veilleurs à Saint-Ouen-sur-Seine.
Je suis entrée dans l’abri j’ai fait le tour, regardé tous les recoins, respiré l’odeur de bois coupé et je me suis positionnée derrière la vitre.
Je regarde, j’observe, je veille.
J’avance et je recule dans l’abri pour zoomer et dézoomer le regard. Comme de me focaliser sur un point précis un moment puis de reprendre une vision élargie. J’oscille doucement. L’abri m’isole de la ville, du monde mais ne m’en coupe pas. Toute la cacophonie m’entoure. Je me sens "mère protectrice" de la ville...
Merci beaucoup de m’avoir fait vivre cette expérience.

Frontière est le mot qui me vient pour décrire ce moment dans l’abri. Frontière entre deux mondes : l’un bruyant, celui de la ville, l’autre presque immobile du parc et des immeubles en face. Quelques oiseaux qui volent (dont deux perruches !), des fenêtres qui s’ouvrent et qui m’éblouissent brièvement, une boxeuse en train de faire du shadow à la fin, les gens qui se mettent à bouger, le soleil qui se reflète sur la vitrine de l’abri.
Et l’encadrement de la lumière de l’abri qui se reflète sur la vitrine de l’abri.
Sacré brouhaha dans ma tête. Des pensées, des monologues sans cesse. Un souhait de sollicitation, de stimulation également. Étrange moment que cette heure qui défile sans défiler (suis-je capable de deviner quel temps est passé ? C’est la question que je me suis posée plusieurs fois). Étrange moment, moment unique.

Expérience assez ambivalente : d’un côté, je trouve l’initiative très intéressante. Elle m’a permis de constater à quel point ma montre "me manquait" et donc que d’une certaine façon, le temps thanos a l’habitude de gérer mon quotidien.
J’ai réussi à me faire une idée approximative du temps écoulé, cela dit.
De l’autre côté, moi qui suis habituellement du genre rêveuse, "émerveilleuse", j’ai eu du mal à apprécier le moment. Le paysage face à l’abri me semblant laid avec son architecture de tours au loin et les parcelles de "jardins partagés". Les quelques perruches et animaux rongeurs en train de festoyer m’ont permis de défaire mon regard de ce "manque de beau".
Et ce, alors même que je suis pas fan d’architectures modernes. Les 3 cubes de la société paraissaient se fondre dans le décor naturel avec ses couleurs. Merci néanmoins pour ce long kaïros. Je choisirai mieux ma palette prochainement.

Merci de m’avoir permis de faire mon activité favorite qui est l’observation.
Cette pause, parenthèse plus qu’appréciable dans une vie aux sollicitations multiples. Merci de m’avoir permise de me rappeler que la nature est présente en nous et avec nous. Je suis ravie de faire partie de ce projet d’autant d’années, d’autant d’heures, d’avoir été un relais, une veilleuse du temps et d’avoir senti mon corps dans ce temps.
Merci

Dingue les différentes sensations qui traversent l’esprit... et ce corps. La dureté entre le soleil et l’ombre, entre le calme du verger et les fourmillements des passants. Intéressant de s’observer pour voir vers quel élément je me suis tournée...
J’ai aussi été surprise de m’observer en détresse lors de l’enfermement, une sorte de pression que j’ai ressentie, et comment ce cocon est finalement venu m’habiter petit à petit, la chaleur enveloppante, le bois réconfortant, l’agréable sensation de savoir pourquoi on est là et de l’interrogation sur les passants... La sortie m’a fait penser à toutes ces personnes de téléréalité. J’espère pour eux qu’ils avaient également un chouette veilleur comme nous.
Merci pour l’expérience et cette parenthèse enchantée, je pense qu’elle me fera réflexion.

La qualité d’une présence ! Le temps qui file et prendre le temps de : le temps de respirer, observer, se perdre, introspection.
Pour sa tête sur la vitre froide, de retirer en laissant de la buée. Le silence, coupé par des bruits externes et internes.
Pendant toute la prestation je me suis tournée vers les jardins et les habitants de Saint-Ouen qui viennent en prendre soin.
Merci pour ce doux début de journée.

Qui veille ?
Les géants en face (immeubles)
Les nuages au dessus avec les perruches
Le trafic incessant derrière moi ?

C’est d’abord le ciel qui m’absorbe. La lune domine, puis se fait avaler par une grappe de nuages.
Viennent ensuite les grues, en fond, lointaines dans un mouvement lent d’apparition et disparition derrière les immeubles tranquilles. Le jardin, les feuilles automnales, les oiseaux, rouge-gorges, corneilles, pigeons, moineaux, perruches.
La ville bourdonne.
C’est l’heure de partir.
Nouvelle journée nouvelle

Aujourd’hui j’ai expérimenté ma première heure de veille et c’était très apaisant je me sentais plus calme et des moments j’avais l’impression d’entendre des scènes dans ma tête comme des violons

Un moment hors du temps durant lequel l’esprit s’évade puis se recentre en continu.
Les sens et perceptions, se troublent puis se précisent et s’intensifient.
Et surtout une généralité qui se vérifie :
La nature est fascinante de beauté comme de simplicité.

Veilleuse, guetteuse sur ma ville de Saint-Ouen, je ne sonne pas le tocsin. Rien à signaler ou presque, une jeune femme qui téléphone sur la droite, une partie de basket ball sur la gauche. Les Epouvantails hoquètent au gré du vent dans les jardins partagés.
Je me sens Isolée du site de la ville dans ma capsule de bois et de verre, Libre de penser à ce que je veux, à me projeter dans un ailleurs Lumineux.
J’Entends ça et là la craquement des pas des visiteurs, des enfants du parc.
Uranus veille sur la course du Soleil, mon Rê, il passe derrière les immeubles, me nargue puis me fait un clin d’oeil derrière la cheminée et vient mourir entre deux bâtiments à ma droite.
Il s’agit ici d’une Expérience magique, quasi mystique, de l’ordre du divin. Merci Joanne, j’ai très soif !

Le cadre est trompeur
Le cadrage aussi...
Dans cet état de semi-hypnose imposée par la boite. Je me suis laissée aller à l’angoisse. Cadrée dans un écrin de bois, j’ai vu la nature qui s’offrait à moi étouffée par une muraille d’immeubles.
Ce n’est pas la nature qui nous entoure, c’est nous qui l’entourons.
Dans un sentiment de malaise j’ai tenté de porter mon regard le plus loin possible, au-delà de l’horizon du béton.
Dans une meurtrière de ce rempart d’habitations la Défense... pas plus de réjouissances.
Décidée à survivre à cette expérience sans ouvrir la porte, hurlant et suffoquant, je me suis assise en boule dans un coin de la de la boîte. Collée à la fenêtre, la main sur un oeil, créant ainsi un mini cadrage sur ce que la vue proposée offrait le moins : la nature.
Un instant j’ai voulu que tout s’écroule, moi y compris, pour lui laisser toute la place

Cela est passé vite ! J’ai retenu : l’entrée dans un sauna, le soleil dans les yeux.
Le soin apporté à leurs carrés de jardin par deux couples, le vol des oiseaux (et des avions qui laissent des traces), les traces sur la vitre de l’abri, le format A4 portrait de l’objectif, les cris des enfants et plein d’autres choses ! Merci pour cette expérience sensorielle ainsi qu’à l’accompagnateur dans cette aventure.

J’aimerais pouvoir sortir du cadre comme les oiseaux. Voir la vie cernée d’un halo lumineux, comme à travers la fenêtre. Une autre manière de regarder le monde en s’y sentant dedans et dehors.
J’ai voulu danser mais on devait résister à une envie de mouvement. Alors j’ai chanté pendant une heure du Boléro de Ravel à I will Survive !

Quand j’ai posé mon regard sur le paysage qui s’étendait face à moi, la première chose que j’ai vue est un oiseau qui picorait la terre.
La lumière, la fenêtre et les murs de bois de l’abri encadrent le paysage. Au premier plan, cet oiseau noir qui picore le sol. Au second plan des personnes parlent, peut-être pour échanger au sujet de leur jardin partagé. À gauche, des jeunes jouant au basket. À droite, un bouquet d’arbres. À l’arrière-plan derrière le feuillage, des immeubles, et sur le point de fuite, la Défense.
Un gros insecte heurte la vitre. Des feuilles font l’hélicoptère. Des oiseaux traversent le ciel. À mes oreilles parviennent les cris des enfants qui jouent. Puis le ciel s’assombrit, le soleil se couche derrière le rideau de nuages. Quelques oiseaux chantent encore, mais la plupart sont déjà partis se coucher. L’oiseau noir qui picorait a terminé son dîner. Un avion traverse le ciel, sa lumière devenue visible sur le ciel sombre. Les enfants sont rentrés chez eux. Les fenêtres des immeubles commencent à s’allumer.
La ville est prête à entrer dans la nuit.

Cette heure passée si vite... m’a quand même laissé le temps de me poser.. de veiller sur Saint-Ouen mais aussi sur mes proches, ma famille, celleux que j’aime, celleux qui nous ont quittés, qui nous manquent. Et aussi, pour moi, une veille pour envisager la bienveillance et de l’affection au monde. Ce moment m’a aussi permis de m’apaiser, de respirer et d’être prête à veiller sur les nouvelles vies qui vont croiser la mienne. Merci pour ce beau moment pour nous-mêmes et pour les autres.

Que c’est bon de s’arrêter. De ne plus bouger. Et de voir comment tout est en train de bouger autour de soi. Comment tout est si vivant. Les mésanges qui viennent et partent pour enfin se poser sur les branches souples des buissons portant des fruits de leurs petits-déjeuners. Les deux perruches qui se lèvent un peu plus tard, pour tout de suite se mettre à jouer. Le spectacle du ciel avec les nuages qui bougent avec le vent et qui changent leurs couleurs avec le soleil levant.
Et moi-même, être vivant, pesant dans ce cadre en bois. Mes pieds, libérés des chaussures, posés sur les lattes en bois. Un transfert de température se fait ressentir tout doucement, ma chaleur est transmise au bois, matière vivante, respiration qui met en mouvement mon corps qui balance tout doucement avant et arrière, à gauche, à droite. Une envie sous-jacente de sortir de cette boîte, de sortir du cadre ? Une nouvelle journée commence.. Pleine de surprises !!!

De la poésie dans son quotidien automnal, juste à côté de chez soi. Plus de notion de temps et pourtant cette heure est passée vite et j’ai été surprise quand la porte s’est ouverte (déjà pour signifier la fin de cette méditation. Surprise aussi de voir que plus le temps passait plus je découvrais des détails que je n’avais pas vus au premier regard, voire au second, revoire au troisième... comme les dessins sur la grande cheminée à ma gauche, les tags sur le mur du terrain de basket ou les pommes de pin sur l’ombre quasiment sous mes yeux à ma gauche. Avec le temps qui a passé, dans les nuages ou les guirlandes des balcons ou lumières des appartements qui ont fini par s’éteindre. Enfin, dans l’immobilisme apparent du parc, j’ai été surprise de voir à quel point en réalité il y avait du mouvement (et que mes yeux étaient attirés par ce mouvement)
: un basketteur solitaire matinal, quelques joggeurs (que j’ai plus entendus passer derrière moi que vus), le jardinier, les nuages et fumées des cheminées & des dizaines d’oiseaux qui avaient l’air de se réveiller en même temps que le parc.
Alors merci pour cette heure méditative et contemplative rappelle qu’il se passe toujours beaucoup de belles choses simples autour de nous.

1 heure...
1 heure de ma vie.
1 heure de mon temps.
Cela semble anodin et tellement long à la fois.
1h à contempler, à poser un regard curieux sur la ville, sur la nature, sur soi aussi.
Poser son regard sur l’extérieur, poser son regard sur l’intérieur, un regard doux, un regard bienveillant, un regard curieux.
Une heure qui énergise
Une heure qui émerveille
Une heure immobile, ici et ailleurs à la fois.

Je suis enfermée, je suis ouverte.
Je fais confiance. Je ne sais pas pourquoi mais j’y suis.
Je suis à la lumière qui change sans que je ne sache seulement et j’apporte un .... de ...
Je suis le.... l’oeuvre de fait. Je suis l’oeuvre.
Je passe mon paysage intérieur aux feuilles dorées, roses, orangées.
C’est beau, mes préoccupations et .... Je suis dans la cour mon école élémentaire. Je me sens bien. Le temps ralenti. Quoi ? C’est déjà fini ?

Curieux cheminement que cette heure dans l’abri. D’abord, ce sentiment un peu gauche, trop conscient de son corps, de ses pensées. Remuer les doigts, puis les poignets, les épaules, la nuque, les orteils. Puis l’observation, les cheminées, le ciel, l’automne qui s’est déposé sur les feuilles, la Défense qui se dessine au loin comme une lointaine cité. Tandis que la lumière décline, l’observation devient contemplation, rythmée par les allers-retours des perruches.
Puis un rectangle, lumineux, monopolise mon attention comme un monolithe. Je me retourne et en vois 2 autres derrière, figés, intemporels.
Enfin, un doux engourdissement s’empare de moi. Il ne me quittera plus jusqu’à l’ouverture de la porte.

Première pensée : ne pas oublier d’envoyer un sms à ma maman pour son anniversaire.
Enfin non. La première réflexion c’était : "c’était court en fait !"
La suivante, c’était joli la buée s’est s’est dissipée vers la fin de la veille, enfin je crois car je ne voyais plus le temps filer et ne faisais plus attention. Quelle grâce ce beau ciel bleu qui se pose paisiblement sur le parc des Docks, aka Le Central Park de Wish (oui, je lui ai donné ce petit surnom au fil de mes réflexions dans la boîte - l’objet-abri).
On dit que je veille sur la ville sinon, mais je pense que les agents municipaux qui ramassent les déchets le font vraiment (ma réflexion sociale de la matinée pour me dire que j’ai une conscience et le faire valoir en société).
D’ailleurs, j’ai veillé sur une ville qui bientôt ne sera plus. Combien de barres du Vieux Saint-Ouen vont-elles disparaître pour être remplacées par de beaux immeubles laids (subjectif) comme ceux de la ZAC des Docks ? Certains immeubles se la pêtent grave je trouve... ils ont le syndrome du personnage principal. Alors que les cheminées du SICTOM et surtout celle du CPCU... ce sont-elles les vraies protagonistes ! Elles crachent leurs fumées qui créent des nuages (peut-être que je n’y crois plus mais c’est marrant quand même). D’ailleurs ça chauffe aussi dans les bâtiments ? ou alors c’était bien encore le panache des centrales qui brûlent nos déchets et d’autres choses pour sauver les Parigots du froid.
En tour cas ça court bien à Saint-Ouen le matin... ce monde (nordique parfois), ça poussette, ça surveille le potager des Docks avant que le soleil ne s’y pose.
S’y pose et s’y superpose comme quand on regarde côté château depuis le milieu de la boîte. Le·la passant·es se retrouve posé·es devant les immeubles qui se la pêtent et qui sont pourtant pile de l’autre côté du parc. Deux scènes en même temps... avec le soleil levant en featuring.
Oh ! J’avais oublié. Bien ouej la petite incrustation de la Défense entre les bâtiments ! L’objet-abri a-t-il été planté là volontairement pour qu’on puisse le voir au bout d’un moment, quand on a été patient.
Je reste sur cette réflexion pour achever ma veille. Bisous la ville et bon vendredi !

Pas facile de coucher par écrit une heure de pensées. Quel luxe quand même que d’avoir une heure à soi sans perturbation et sans interférence. C’est un luxe économique déjà. Cette heure-là, je n’en ai pas besoin pour survivre à mes besoins et à ceux de mes proches. C’est également un luxe - en quelque sorte – de se défaire de son temps et de ses écrans, à l’heure de l’hyperconnexion et c’est peut-être un sentiment plus personnel, de l’impression imminente de voir le temps qui fuit, qui manque.
Un peu de structure et de pragmatisme puis cette introduction. Mon expérience a été celle des échelles depuis le micro vers le nano.
Depuis cette punaise prisonnière de l’objet-abri et qui a veillé, en quelque sorte, avec moi jusqu’au soleil, autour duquel tourne notre planète et qui a fait un très beau spectacle dans des "petits" couchers.
Depuis ce quartier et ses nombreux (trop nombreux) immeubles résidentiels et ses bureaux, dont j’ai renoncé à compter les fenêtres avant même d’avoir commencé, vers cette métropole où nous sommes 12 millions et dont le cœur ne s’arrête jamais de battre avec ses flux, se comptent par centaines de milliers. Et enfin, moi. Au-delà du caractère très égocentré de ce paragraphe, je dois plaider coupable de ma difficulté à tenir la position neutre tel un garde à Buckingham. Mes pensées "voguantes" n’ont peur de ne pas voir le temps passer. Là aussi gestion d’échelle : du très concret au début (mes lunettes, qu’est-ce que je vais écrire dans une heure ?). Un crescendo ensuite dans son fort intérieur (une faille, mon couple, mes choix de vie). Je parle de ça dans cette expérience, je ne suis seul. Ensemble, sans être physiquement dans le même temps et dans l’espace. Cette expérience avec la personne que j’aime de tout mon coeur : Manon.

Ce matin, j’ai été émue par le soleil. D’assister, silencieuse et impatiente, à son lever, de le voir progressivement baigner de lumière dorée ce paysage, mon paysage. Combien de temps cette fenêtre résistera-t-elle ?
J’ai été amusée par le ballet incessant d’oiseaux. Ce figuier, au centre de mon champ de vision, qui fait l’objet de toutes les convoitises, sans que je n’en comprenne vraiment la raison, je ne vois pas de figues. Mais les pies, perruches, pigeons, moineaux ne s’y trompent pas, c’est ici qu’il faut être.
J’ai été attendrie par cet arbre qui, une fois baigné de lumière, me révèle un pelage d’un rouge très profond. Quel contraste avec son voisin des feuilles orange presque flashy.
Enfin, ce matin, j’ai été rassurée. Difficile d’avoir des certitudes en ce moment, mais je savais, irrévocablement, que le soleil finirait par se lever.

Le temps est passé vite. Je me sens bien, apaisée. J’ai pu porter à Dieu comme jamais je ne l’avais fait.
Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. J’ai été surprise de constater que les passants ne faisaient pas attention à moi. J’avais aimé échanger un sourire, un salut de la main. J’aurais aimé voir la surprise sur leur visage.
Je me suis demandé qui étaient ces gens, debout et traversant le parc à 8h du matin un dimanche.
Je pensais passer le plus clair de mon temps devant la vitre côté jardin partagé. Mais le passage, le mouvement étaient de l’autre côté. Ainsi, cela m’a permis d’être moi aussi toujours en mouvement.
Ce qui me restera de cette expérience, c’est la lumière. Celle de la boîte déjà chaude, accueillante. Et surtout celle du jour qui se lève. Comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur. J’espère rester sur mon petit nuage tout le reste de la journée.
Merci Saint-Ouen de m’avoir permis de veiller sur toi.

AUJOURD’HUI, c’est ma fête !
Cette Saint-Luc fut l’occasion de cette belle expérience dont je me souviendrai.
Je la souhaite à toutes et tous au moins une fois. Ce fut à la fois un moment méditatif d’ancrage et aussi d’ouverture aux autres.
La ville, la vie sont belles.
Je souhaite juste qu’un jour ce ne soit plus les immeubles qui entourent la nature, mais bien que la nature nous entoure et que nous soyons avec elle en harmonie.
Une pensée pour celles et ceux qui ont comme l’enfermement, pas volontaire, dans une pièce ou au fond d’eux-mêmes. J’ai aussi pensé fort à vous, à votre difficulté.
Vive la liberté !
Vive la nature !

En entrant dans l’objet-abri, j’ai tout de suite aimé son odeur, la lumière dorée et la couleur miel des murs, du sol et du plafond. On s’y sent bien, comme dans une cabane rêvée d’enfant, version "adulte". Mon regard se pose sur la ville comme sur un livre, je la parcours de haut en bas, de gauche à droite. D’abord les toits, les terrasses, les deux immenses cheminées dressées sur la ville comme deux totems, tout d’abord car peu menaçants, puis plus familiers avec le temps.
Les arbres sont magnifiques, leur feuillage automnal paré de rouge, de vert citron, de brun.
On entend les sons de la ville, des enfants, le pas des coureurs, la pluie, une sirène au loin. Le jour décline, on distingue mal les couleurs à présent. Le cadre doré de lumière se resserre. Les fenêtres s’allument une à une. Je sors de l’objet pleine de questions sur ce que c’est de veiller, sur la ville, les autres, sur soi. J’en sors consciente de l’importance d’être "présente", "éveillée", et d’observer les petits changements. Merci pour cette parenthèse, rare et précieuse.

C’est tout de même un luxe de pouvoir s’accorder une heure hors du temps, rien qu’à soi, dans ce rythme effréné qui est celui de la vie parisienne ! Alors déjà, merci pour ça.
L’une des premières choses que j’ai vues en commençant ma veille, c’est une grosse fleur en plastique, à gauche du potager, dont les pétales tournaient avec le vent.
Je ne sais pas vraiment pourquoi mais cela m’a rendu nostalgique et m’a fait remonter tout plein d’émotions. J’ai associé ça à l’enfance, et ce potager à celui de mes grands-parents...et boom, il m’en fallait pas plus pour que les larmes montent...
Honnêtement, j’appréhendais un peu de ne pas avoir la notion du temps, mais au final, je n’ai pas vu le temps passer et ma perception de ce temps qui passe à été plutôt bonne !
J’ai commencé avec un ciel tout gris, des nuages denses, plein de gouttes de pluie sur la vitre, puis le silence, le bruit du vent et des oiseaux.
Au bout d’une heure, le ciel s’était éclairci, je voyais même un peu de bleu. Le soleil brillait sur la Défense au loin. J’ai commencé à entendre plus de bruits de pas derrière moi, de voix... et même mon ventre qui s’est mis à gargouiller ! Comme un signe pour m’indiquer que la "pause" était finie ! Et qu’il fallait reprendre "la vie" finalement !
Voir le monde évoluer de "l’ombre" à la "lumière" comme ça, ça me rappelle que finalement, tout est impermanent. Tout passe. Soyons conscients de notre chance. Reconnaissants. Patients.
Belle journée !

Quelle expérience singulière !
J’ai vu les pies jouer et se faire embêter par les merles, des feuilles, pour certains arbres, se balancer au gré du vent. Et puis ce ciel, qui nuageux et sombre m’a laissé découvrir le soleil couchant à travers les immeubles. Soleil éblouissant. Ainsi que la luminosité, qui m’a laissé transparaître dans ce cadre que les lumières du néon.
De l’autre côté, les enfants, les familles, les sportifs.. Et là, je me voyais dans cet encadrement lumineux, c’est plutôt mon quotidien. Nous, avec les autres, moi avec les autres, cette vie citadine, effrénée, timée. Du coup, mon focus s’est porté sur la partie végétalisée. Prendre le temps de regarder, de donner le temps au rythme de la saison. Au début, j’étais debout en faisant les 100 pas de part et d’autre. Après, assise et contemplative. Merci pour cette expérience. Si j’ai un bémol à noter (mais je ne connais peut être pas tout du projet !), dommage que ce ne soit pas accessible au tout jeune public ! Les roses des vents tournent s’arrêtent, fusent, il faut pour mieux repartir, au gré des facteurs extérieurs. Je me dis "faisons de même"

J’ai traversé Paris dans la nuit pour venir depuis Montreuil à vélo. En arrivant, j’ai été un peu déstabilisée par le néon, je crois que j’avais hâte de voir le soleil. Je n’ai fait que le deviner au loin sur les vitres de La Défense à à peu près la moitié de la veille, et apparaître sur les murs des immeubles en face. Mais le ciel était bleu. Pendant une heure, j’ai observé des oiseaux voler, quelqu’un arriver au dernier étage des bureaux à gauche, quelques personnes sur les passerelles du parc, deux gamins traverser le stade. J’ai entendu le souffle et les pas des coureurs et coureuses derrière moi. Et encore derrière j’ai deviné une file continue de voitures, de motos, de cyclistes, de piétons de la ville qui s’active. Je me suis demandé, en regardant les feuilles jaunes et rouges d’un arbre en contrebas, ce qu’ont vu les veilleurs et veilleuses des autres saisons. Je me suis demandé si les gens des immeubles en face regardaient eux aussi chaque matin la silhouette dans la cabane au bout du parc. Je me suis demandé combien de temps on met d’ici pour rejoindre La Défense à vélo. Je me suis demandé ce qu’était cette cheminée là-bas. Je me suis demandé plein de choses, mais c’était peut-être pas plus mal de pas avoir la réponse accessible via une recherche sur mon téléphone.
Merci

J’ai veillé sur mes proches. J’ai veillé sur la ville. J’ai veillé sur le monde. J’ai veillé avec mon cœur et mon âme sur ceux que j’aime et ceux que je ne connais pas. J’ai lâché mon corps pour essayer de partir loin en respirant, en souriant, en aspirant à de meilleurs jours pour notre bien-être. J’ai regardé le soleil descendre, se reposer, se refaire une santé en nous abandonnant le temps d’une nuit en lui demandant de revenir demain plus fort, plus chaud, plus doux sur nos peaux et dans nos cœurs. J’ai regardé à travers les fenêtres les buildings devant moi, imaginant la vie de chaque famille, de chaque être à l’intérieur. Je me suis demandé s’ils me voyaient, s’ils se sentaient sereins à l’idée que quelqu’un les observe et prenne soin d’eux. Je me demandais si mon regard leur semblait inquisiteur, curieux ou bienveillant. Les perruches sont venues jouer et rigoler devant moi, inconscientes de ma présence. J’ai entendu les enfants rire, les adolescents jouer au basket, les adultes discuter. M’ont-ils seulement vue ? Quel délice de tout entendre et d’observer sans être vue, regardée et entendue. Quel délice de veiller dans la plus pure des invisibilités. J’ai veillé. J’ai médité. J’ai adoré.

Qui regarde qui ? Qui veille sur qui ? D’un côté du module, passent les jaugeurs, les promeneurs, les nounous et le monsieur qui change les poubelles. Avec eux, un regard est possible, et les automobilistes sur l’arrière aperçoivent sans doute aussi une silhouette dans l’architecture - objet, éclairée. De l’autre côté, le veilleur semble veiller sur des arbres et sur le ciel dont le gris s’éclaircit avec le jour qui se lève. Bref, il ne veille (pourtant un long moment au moins) sur personne, mais constitue sans doute pour les habitantes et les habitants des immeubles de l’autre côté du parc un spectacle discret mais quotidien : en été, le module est allumé alors qu’ils ne sont peut-être pas encore levés, en hiver, la veille commencera alors que les enfants seront déjà en route pour l’école. Les immeubles de bureaux sur la gauche ont eux aussi des boîtes lumineuses, mais à 8h elles sont encore boîtes vides, aussi "sténographiques" que notre module de verre et de bois. Bientôt arrivant des retraités avec des outils de jardin et des bottes de caoutchouc : eux aussi prennent soin de quelque chose, au mois d’octobre il y a encore des légumes et la température est clémente. Dans les arbres tout autour, quelques perruches étonnantes grapillent des fruits (ou peut-être prennent-elles quelques insectes). Comment sont-elles arrivées ici, et comment y survivent-elles ? Au premier plan de ce paysage, une mésange s’affaire entre les montants du grillage qui entoure notre abri. Pour un instant, elle devient le sujet principal de la scène, mais n’a pas besoin que l’on veille sur elle.
Merci !

Un moment suspendu qui m’a été accordé pour me tourner vers moi ainsi que vers la ville, me connecter à cet instant présent qu’on s’autorise rarement. Merci !

Une expérience d’autant plus particulière qu’aujourd’hui c’est la tempête ! Cette performance fait perdre la notion du temps et c’est plutôt doux. J’ai l’impression de m’être offert une heure. Du temps rien que pour moi, pour mes sens, mais aussi pour offrir mon regard au parc et à ses habitants ailés et feuillus.
L’objet-abri malgré son épure, m’a paru accueillant. Je suis ravie de cette expérience. Une heure passée bien vite.

Soir de tempête.
Le ciel a le coeur gros,
il souffle, il pleure,
le soleil se retire,
le laissant à ses spasmes
mais lui offrant quelques iris
en ses percées comme un espoir
un espoir de paix
Vague à l’âme et joie de vivre
alternant toujours
l’un se nourrissant de l’autre
Comme le jour et la nuit
Comme le rêve et la vie

Ce n’est pas le cambriolage du Louvre mais un vol du temps. Petit cambriolage de la société où une heure est prise ?
Vol d’un temps suspendu
Survol d’un espace
Je me surprends à faire au moindre mouvement un évènement.
Une question : est-ce que la veille varie selon la température et la présence du radiateur ?
Il est si confortable d’observer proche du radiateur. Même dans ces moments, un certain confort a été recherché pour ma part.
Hâte de rencontrer les autres veilleur·ses pour partager avec eux. Très beau dispositif chorégraphique ! Bravo à toute l’équipe

Expérience intéressante, j’ai personnellement passé la majorité du temps à me questionner sur le dispositif. C’est intéressant de noter qu’on peut avoir deux expériences assez différentes selon où on se place dans l’espace qui nous est offert.
Quand j’étais placé très près de la vitre, j’étais concentré sur la vue : un carré de nature aménagé, entouré d’infrastructures, des immeubles, des bureaux, des logements, tout indique la présence des hommes mais je n’en ai aperçu aucun alors que j’avais une heure pour y arriver.
J’ai alors pris du recul, le dispositif de l’expérience m’était alors visible et j’ai davantage réfléchi à ce qu’on attendait de moi.
Est-ce que l’expérience a été conçue pour ressentir ce que j’ai décrit plus haut ? Pourquoi cette forme ? Est-ce que le rectangle de lumière est là pour me rappeler le téléphone dont on m’a privé ?

Je suis arrivée ce matin dans la nuit en découvrant Saint-Ouen.
Le froid de la nuit, le vent fort de la tempête Benjamin, et hop l’accompagnatrice est arrivée.
Les lumières de l’abri prenaient toute mon attention, tels des insectes devant une lampe.
On m’installe, ce bois qui m’entoure est très vite chaleureux.
Je me positionne au fond de la pièce, puis au milieu, puis collée à la vitre.
Le rectangle lumineux se reflète tel un cadre pour mettre en valeur le paysage.
Les minutes passent, mes yeux se perdent sur des détails, les feuilles qui s’envolent, les oiseaux qui volent.
De l’obscurité, progressivement à chaque battement de paupières, le jour s’installe et me donne de nouvelles choses à admirer.
Lorsque les premiers rayons de soleil viennent éclairer les bâtiments, je ressens une joie intérieure, quelle belle journée !
C’est l’automne, plus la lumière du jour s’installe, plus les 1001 couleurs des feuilles des arbres se donnent en spectacle.
Voilà, j’ai ouvert cette journée du 25 octobre 2025.
Je souhaite au prochain veilleur de clôturer magnifiquement cette belle journée sur terre.

J’ai veillé sur les perruches, une mésange, des enfants,
une petite mouche, les gouttes de pluie, la Défense, les nuages, les jardins ouvriers, les rayons de soleil…
Je suis passée de l’extérieur à l’intérieur.
J’ai navigué entre le passé, le présent et l’avenir.
J’ai ressenti des souvenirs, des sensations, des matières, convoqué des disparus.
Dans ma tête, j’ai révisé mes danses (hula).
Le temps fut élastique et confus.
J’ai réalisé que cette journée était unique, elle n’est déjà presque plus et pourtant existera pour toujours.

Gouttes qui gouttent.
Il y en avait des milliers sur la vitre.
Et puis, le regard s’adapte, les observe parfois ou les oublie tout à fait.
Lorsque je suis arrivée vers les Docks, il pleuvait.
J’avais peur de ne rien voir d’autre que des nuages gris. La nature m’a surprise : Jean-François m’avait prévenue, il y a toujours des couleurs.
D’abord, c’était un bleu sombre, un peu triste, surtout silencieux.
Puis le jour s’est éveillé.
J’ai veillé sur le jardin humide, sur les 3, 4... oiseaux qui dansaient dans le ciel, sur la Défense encore ensommeillée, sur l’homme au gilet orange qui veille à la propreté de la ville de Saint-Ouen, sur les passagers de l’avion faiblement éclairés par le soleil qui se levait, enfin (etc).
Tout était doux, paisible.
Le froid pouvait bien me geler les jambes, je n’en avais cure.
La Veilleuse ne cèderait pas
Alors j’ai commencé par chanter, puis à décrire par bribes à voix haute, tout ce que je percevais, puis le silence a peu à peu envahi le cube de bois.
J’en repars remplie, apaisée, éveillée et avec trois mots que je garderai sur la langue en repensant à cette heure de veille :
gouttes qui gouttent.

C’est passé tellement vite. J’avais l’impression que seules 30 minutes s’étaient passées lorsque mon accompagnateur a toqué à la porte. Ce n’était pas du tout comme je l’avais imaginé. J’avais tout d’abord pensé que nous serions sur un perchoir planté au sommet d’une falaise, dans une position de guetteur méditatif, au milieu de la nature, avant qu’on nous explique le projet. En réalité, nous sommes en plein milieu de la ville, de la Cité, à la fois dedans et dehors, car le cadre lumineux ferme et ouvre à la fois une porte, ou une fenêtre, sur le monde. Nous sommes à la fois exposés et protégés, dans un cocon chaud et cosy, mais en même temps, même si la plupart des passants ne prêtent aucune attention à nous, nous dans une position de vulnérabilité car eux peuvent s’échapper du cadre, pas nous. 3 petites filles dans le jardin partagé m’ont vue et se sont chuchoté quelque chose en m’observant, puis se sont éloignées. Au final, tant de choses se passent sous nos yeux en une heure de temps que je n’ai pas eu le temps de retenir tous les détails, ni même d’explorer tout le programme que je m’étais fixé pour occuper mon esprit pendant cette heure, que j’imaginais passer de manière douloureusement lente…
Mais tout de même, les 2 axes de ma réflexion ont été pour l’un tournés vers le dehors, pour l’autre, tournés vers mon fort intérieur (comme un fort, comme cette boite), en réfléchissant à un problème sentimentalement éthique, ou éthiquement sentimental. La veille, c’est à la fois sur les autres, la Ville, le monde, mais aussi sur soi-même. Prendre ce temps pour soi et s’extraire du monde, même si c’est impossible, et c’est tout le paradoxe de cette boite. Quelle expérience intéressante !

Veille de jour.
Peu d’histoires dans ce paysage venteux et coloré aux teintes de l’automne. Un petit chaperon rouge, les jacassements d’oies que j’ai cru ne jamais voir mais qui ont finalement traversé le ciel. Quatre oies, deux duos qui n’avaient pas l’air sures d’elles. Ou peut-être était-ce juste le vent indécis de sa propre migration.
La journée continue et à moi de migrer.

Que dire ?! Que d’émotions...
Je viens de vivre une expérience véritablement exceptionnelle. Comment retranscrire ce moment vécu au présent, dans cet après, encore plein d’émerveillement...
Je plane...
Je me sens riche d’une vie autre
Dans cette communion avec la nature
On renait.
A soi...
A ce cadeau qu’est la vie.
Merci
Merci
Merci

Je redescends doucement sur terre. Je ne sais plus trop où j’en étais. Le temps s’est écoulé, et je ne l’ai pas vu passer. Je me suis tellement perdue dans mes pensées. Des pensées pourtant peu poétiques, un peu trop polluées par mon quotidien qui file à vive allure. C’est assez impressionnant ce moment suspendu, et puis ce retour à la réalité. Maintenant j’ai envie de connaitre le nom des oiseaux que j’ai vu traverser le ciel, l’histoire des personnes qui font vivre ce jardin, la couleur des feuilles au mois d’avril. Merci pour cette fraction de temps hors de tout et au milieu de tout. On devrait toustes avoir droit à ces moments à soi

Je veille dans un endroit que j’ai un peu connu, mais le ciel est si bas, et puis je me sens ailleurs.
Déjà l’obscurité tombe, alors qu’on est encore tôt.
Un jour, on a décidé en haut lieu de changer l’heure, ce qui fait qu’on avance ou recule selon les saisons. Curieuse cette heure qui se balade. Et voilà qu’une heure m’est offerte, rien qu’à moi.
Immobile, je laisse mon esprit s’apaiser, face à la nature. Parfois, je sens mes épaules, mon dos gémir. Tout ce que j’ai transporté dans la journée a dû alimenter les fourmis qui me transpercent.
Mon sac déposé maintenant hors de l’abri, j’examine son contenu. Mes pensées zigzaguent entre les carnets, livres, trousses, clés, stylos, maquillage, téléphone. Avais-je vraiment besoin de toutes ces choses ?
Une heure seule, et voilà, que je m’égare dans une besace, à l’abri, hors de l’abri. Ça doit être le mauvais temps qui me renferme dans mes pensées.
Heureusement le soleil couchant fait une trouée flamboyante à travers les nuages. L’apothéose avant de se noyer et disparaitre.
L’abri est l’endroit idéal pour lâcher son sac.

La première chose qui m’a marquée dans cet abri, c’est la dualité à laquelle je faisais face.
D’un côté le parc, sa verdure, son calme, le chant des oiseaux.
De l’autre, la route avec son défilé de voitures, ses bruits de moteurs, ses sirènes.
Le contraste est saisissant d’un côté à l’autre.
1h. 1h, c’est long et à la fois, ça m’a paru court.
1h à observer le lever du soleil, à le voir monter au fur et à mesure sur les immeubles des Docks.
1h à observer le bal des oiseaux et à être spectatrice de la ville qui se réveille lentement, doucement.
J’ai réfléchi à ma journée, à ma soirée d’hier, mais dès que j’avais conscience de pensées qui me sortaient de l’expérience, je me recentrais sur le moment, sur la veille.
J’ai adoré vivre cette expérience et participer à cette performance.
Merci. Et merci à Marie de m’avoir accompagnée.

Le Cycle des Veilleurs a été pour moi une expérience exceptionnelle. Je n’ai pris connaissance de cette immense performance il n’y a que très peu de temps.
J’ai tout de suite été enthousiasmé par l’idée de veiller, par ma présence sur la ville, ses habitants, sa faune, sa flore. L’idée est extrêmement poétique. On n’a que rarement l’occasion, pour ne pas dire jamais, d’avoir une heure entière uniquement à soi, pour soi mais aussi pour tous les autres, réunis dans un ensemble indifférencié.
Une heure qui commence avec cette puissante odeur de pin naturel qui embaume la cabane et l’on est plongé dans une ambiance et un espace forestiers. Une heure assis, debout, à marcher et surtout à observer, scruter, décortiquer par le regard l’espace urbain comme l’espace naturel. Un bonheur ! Ce jour, pas de soleil mais des nuages et même un peu de pluie après le changement d’heure et les couleurs automnales pour décor. S’il m’est arrivé de penser à quelques-unes de mes activités créatives, je me suis surtout laissé aller, mon esprit et mon corps, à une communion avec l’environnement et tout cela m’a semblé durer seulement quelques minutes.
Merci WLDN, Joanne Leighton, Zoé, Elise, merci pour l’onirique et l’exceptionnelle aventure des veilleurs !

Au début, c’est un peu flou. Pas seulement à cause de la fine buée qui s’est déposée sur la paroi vitrée, mais parce qu’on ne sait plus vraiment si l’on est dans le décor ou en dehors. Est-ce que l’on veille sur la ville ou est-ce que la ville veille sur l’abri, qui veille sur nous ? Puis le jour se lève, les nuages passent et les ombres glissent, révélant chaque détail, chaque mouvement, chaque nouvel instant. On se demande ce qu’il se passe derrière chacune de ces fenêtres, on imagine les premiers rayons du soleil hivernal se poser sur ceux qui les habitent, ces fenêtres. Quand on ne sait plus compter le temps qui passe, c’est comme s’il n’existait plus : on ne sait plus compter le temps qui passe, c’est comme s’il n’existait plus : on le retrouve dans chaque mouvement, chaque couleur, chaque lumière. Puis c’est la fin de cette veille, chaque élément de paysage a pris sa place dans cette nouvelle journée : les bâtiments, les passants, le végétal et les oiseaux, le bruit des pas des habitants du parc.

Retraite spirituelle hors des objets virtuels. Observer les reliquats d’insectes et les alignements de vis dans les éléments des structures. Me viennent les sons des oiseaux, celui des pas derrière moi sur les gravillons et celui de mon propre corps lorsque l’extérieur se fait plus calme. Parenthèse embryonnaire ou chrysalide hors du tumulte, observateur et observeilleur des choux "cobdo verde" de la parcelle partagée en face. Un luxe calme et voluptueux, une rare occasion pour trouver une sensation assez rare sous nos latitudes. J’écris ces mots avec le son d’une fuite récoltée dans un récipient qui s’écoule lentement, histoire d’ajouter une touche zen à l’ambiance sonore.

感谢你让我拥有这一刻

Je rentre dans l’objet-abri, me sens enveloppée dans ce cocon boisé ouvrant sur un extérieur qui m’est familier. Les premières minutes me paraissent longues, très longues, mon corps est endolori et mon esprit cherche à se raccrocher / s’occuper. Une fois cette phase passée, je suis hors du temps, hors de moi-même. J’observe immobile et sans jugement tout ce qui vient à moi et je devine le bruit silencieux des mouvements du parc.
Le temps alors passe très vite, mon corps ne me fait pas souffrir et je ressens une forme d’apaisement. Je me satisfais de ce qui m’entoure. Je prends ce qui vient à moi sans chercher à interférer ou analyser.
C’est déjà la fin de ce voyage et je dois quitter l’objet. Mon regard sur ce qui m’entoure a définitivement changé !

Toussaint. Plaisir des passants dans les jardins partagés. Les vivants savent ils la marche du temps ? Les rails de la gare d’eau, les jardins ouvriers de l’usine Alstom, les tennis, mes petits enfants accrochés au grillage, je passerai un jour de l’autre côté, j’aurai moi aussi une jolie jupe blanche ?

Prendre le temps ou ne rien faire, observer, laisser ses pensées aller et venir au fil des stimulations visuelles et auditives est quelque chose de rare et précieux dans le monde d’aujourd’hui. Observer la ville prendre vie, les couleurs et les ombres bouger sur Saint-Ouen m’a beaucoup plu, et apaisé, un bon moyen pour commencer la journée ! Merci pour ce moment et bon courage pour la suite !

"De ma tour
J′ai observé
Tous tes contours depuis toujours
De mon toit
J’regrette un peu
Les jours pluvieux et les adieux
As-tu froid ?
Là où tu es
Y′a-t-il d’la brume ou est-ce l’écume ?
Cet endroit
Qu′on croit narquois
Y fait-il chaud ou fait-il froid ?
Un jour moi, je
Prendrai les voiles
Et m′en irai au pays du gasoil
J’attends plus
Que dans tes lettres
Tu parles d′énigmes et de poètes
Un jour moi, je
Prendrai le temps
D’écouter tous ces gens qui parlent au vent
Mon amour
Si chaque mur
Paraît et contre tes blessures
Mais au loin
Je vois l′aurore
Je sens ton corps s’envirer sans effort"
– Reymour

Une pause dans nos vies à 100 à l’heure, qui passe plus vite que l’on ne le croit. Un bon moyen de commencer la semaine et sa journée, après avoir médité et veillé sur la ville. Saint-Ouen est en sécurité jusqu’à ce soir ! Merci à Marie-Noëlle pour l’accompagnement !

Un temps qui passe beaucoup trop vite. C’est pas le manque de repères temporels qui m’a fait défaut, plutôt le manque de repères spectraux. Besoin de savoir où j’étais et ce que je voyais. Besoin de deviner les fonctions des bâtiments. J’ai dessiné l’esprit. Cette nature entourée par l’urbain, le béton hyper rectiligne me restera comme image. Expérience visuelle avant tout pour moi. Cela serait marrant de revenir à chaque saison. Une expérience luxueuse. Promenade du parc, promenade du soir, jogging du soir, vague de nuages, lucioles du soir.

Témoignage en vidéo.

J’ai passé un très bon moment en regardant le soleil se coucher ce soir. C’était apaisant et ressourçant.

En arrivant au début dans la cabane-abri, j’avais peur de ressentir ça comme un moment d’enfermement pendant une longue heure, comme si j’entrais dans une cellule (une cellule extrêmement belle et confortable certes, même celle de Nicolas Sarkozy doit faire moins envie).
Pourtant, le temps est passé vite, et surtout, il est passé "d’une manière marrante", comme me l’avait dit mon accompagnateur avant la veille sans que je comprenne bien ce qu’il voulait dire d’une façon large et courte à la fois.
J’ai regardé un bref moment le côté rue puis je n’ai plus détaché les yeux du jardin et du point de chute à l’horizon (peut-être La Défense, je suis pas sûre) : des grattes-ciel qui se laissaient entrevoir au loin sur lesquels se reflétait le lever du soleil. J’ai eu le temps de me focaliser sur des détails : cet étrange cadre qui flottait virtuellement sur le jardin, reflet de l’encadrement lumineux au fond de la cabane-abri mouvant avec mes pas, je me suis amusé un moment à le déplacer dans tous les sens, comme pour créer différents tableaux de l’espace (est-ce le contour qui fait le tableau ?), les oiseaux de toutes les tailles et couleurs (perruches, pigeons, moineaux et d’autres que je suis incapable de nommer), deux ragondins courant dans les fourrés, des promeneurs se baladent, une voix au loin. J’ai aussi passé un bon moment à chanter, comme pour être moins seul. Quand je me suis arrêté, je me suis senti d’un coup ré-émerger dans le paysage de mes pensées.
J’ai été moins attentif que ce que je pensais, dans ce temps et cet espace dilatés, je prenais le temps de me perdre, de penser à autre chose, de diluer mon regard dans le lointain. Mais je suppose que c’est aussi cela l’expérience. En tout cas, de mon côté, cette heure qui ne pouvait se décompter m’a apporté une grande joie.

Bras et jambes croisés. Un moment (tant) redouté est enfin clos !
Puis je me rends compte de ma posture et me délie.
Je commence à faire les 100 pas.
NON !
Alors je me mets à compter les vis de l’abri, puis les leds.
Toujours pas ! J’arrête tout.
Immobile, je laisse le vide m’assaillir.
Le vide pour laisser place à la vie.
Il y a peu de moments si féconds.
Merci !

Tant de chose à observer et j’en ai vu qu’une partie... Les oiseaux qui se promènent, volent, sautillent, et me gouttent le coeur. De lumières allumées au travers de quelques fenêtres. Imaginer le vie derrière ces fenêtres. Les couleurs des feuilles, changeantes. Une personne qui vient s’occuper de son jardin. Quels sont ses ressentis ? D’un côté la nature invitant l’humain. Je me tourne : l’humain, la pierre, les voitures, j’essaie de me connecter à tout ça mais c’est beaucoup. La pleine préférence est difficile, pour moi en tout cas. Des tensions dans le corps me ramènent à l’intérieur. Comment être en lien avec l’extérieur quand l’intérieur m’interpelle si souvent ? Un jour, peut être, la liberté intérieure sera mienne et alors peut-être, la pleine présence sera facile. J’observerai les détails, je me connecterai plus aisément à l’aube. Aux autres, espoir.
Une heure passée comme une minute.
Merci

Quel plaisir de veiller sur Saint-Ouen ! De voir le parc vivre, les nounous avec les petits, les gens assis sur les bancs, les sportifs ! De se laisser surprendre par les non humains : un moucheron, un héron, une punaise, un corbeau... De chanter et d’entrer dans sa bulle, d’oublier tout, de repenser à sa to do list et de s’attacher à regarder le ciel changer. En soi et en en dehors de soi, seule et entourée. Avec les souvenirs et le temps présent, j’ai aimé cette ville comme j’ai aimé cette veille, je reviendrai.

L’insomnie est une bonne amie.
Alors ce mot de "veiller" m’a plu.
Veiller sur le sommeil de la veille d’autres que moi, recevoir cette présence et pouvoir la donner, aussi. Dans les moments où le temps se dilatait et pesait sur mes épaules, cette intention, comme une mission secrète, m’a redonné pied.
J’ai continué à me demander pourquoi j’aime tant les cheminées d’usine et leurs fumées malgré la pollution.
Et j’ai enfin compris pourquoi les gens faisaient du bird watching.
Heureusement qu’il y a les pies.
Et les sanctuaires grands ouverts.

Beaucoup d’imagination. Rien que le paysage du parc de Saint-Ouen. Dépaysant ! Tout est calme et sage : le veilleur en est la preuve de la présence. Qui est le veilleur ? Le garde-champêtre ? De son corps, c’est relax. Beaucoup de concentration, sans oublier le contrôle de respiration. Un exercice de sophrologie dans cet exemple. Je pense que oui. Merci de votre proposition pour cet atelier.

Une fumée, une fumée, une fumée. Une oiseau, un oiseau. Les lumières électriques au loin à droite qui glissent. Deux oiseaux. En vol qui se perchent. Perchés. Pas un souffle. Immobilité des arbres, des plantes - sauf quand un oiseau - Georges Perec. La couleur orange. Un côté, et l’autre côté, plus sombre. Une personne, des personnes qui marchent, courent. Vision large. Détails. A quoi je pense. Le mental. Va-et-vient. J’aime bien ce temps. L’autre temps est gris. Ça passe doucement, tranquillement. Concentration, évasion, pensées, centrage, décentrage, merci !

Une expérience. Des minutes à observer. Dans ce jardin entouré d’immeubles, les gens passent, se promènent.
Un couple entre dans un petit carré où ils ont fait leur potager. Ils enlèvent les mauvaises herbes, s’activent avant que la nuit tombe. Monsieur ramasse les dernières tomates de la saison, Madame les glisse délicatement dans son sac à main. Au loin, des enfants jouent. Il fait doux, l’automne est bien là. Les arbres ont de belles couleurs.
Au loin, la fumée de l’usine s’élève dans le ciel et se mêle aux nuages.
Le soleil éblouit. Je ferme mes yeux quelques instants. J’écoute. Les bruits de la ville : les voitures klaxonnent, un enfant pleure, des passants bavardent. Le bruit des avions qui laissent de jolies traces dans le ciel, et de quelques oiseaux encore présents avant que le froid pointe le bout de son nez.
J’écoute. Je ressens. Je respire profondément. La lumière est si belle. Je me reconnecte tranquillement.
Les pensées envahissantes de mes prochains examens disparaissent doucement pour laisser place à l’instant présent.
Une belle expérience !

Me laisser tenter à une expérience, car nous en manquons trop souvent. Par peur, par ennui, par paresse.
Finalement, m’être simplement laissée exister, sans artifice et sans pensée.
Ce, pendant un temps que je n’ai pu ni compter, ni décompter.
À vous, mésanges.

Réservée il y a plusieurs mois, cette séance ne pouvait pas mieux tomber. Plus en activité depuis mardi, ce temps de pause face à la course au travail m’a apporté ce que je ne m’autorise jamais : ne rien faire et donner, être citoyenne et réfléchir à une position altruiste dans la société.
Quand courir après notre propre mise en sécurité financière devient notre self-hab à plein temps - que reste t’il de l’expérience humaine ? J’ai bien essayé de remettre cette question au centre, de changer de voie, de me réorienter, d’apporter de la créativité et des instants de vie dans ce nouveau travail. Cette réorientation n’est sans doute pas à jeter, mais cette entreprise qui m’a donné une chance et à la fois pas, elle, est à oublier. J’ai un entretien demain... un entretien très important pour un job incroyable, en parfait alignement avec mes ambitions, mes projets... et cette mise en sécurité qui pourra enfin arriver à grande vitesse. J’aimerais pouvoir clôturer ce chapitre, être à l’abri pour enfin avoir le temps de donner à autrui, tout en commençant à mon rythme aujourd’hui...
J’ai peur de ne pas avoir ce job... et perdre du temps... Je ne dois pas oublier de commencer à donner dès aujourd’hui... bien que je manque déjà de temps pour moi... il y a toujours de la place ! En regardant le ciel, tout paraissait plus simple...
– Le job est fait pour moi, il n’y a aucune raison que je l’ai pas
– Donner aux autres dépend simplement de l’espace qu’on est capable d’offrir, il n’y a pas de bon moment pour le faire. J’ai commencé avant-hier, je dois continuer !

Prendre un temps pour s’arrêter, respirer. Prendre conscience que tout est en mouvement. À commencer par moi. Même si, étant immobile, les battements de mon cœur, les micromouvements de ma cage thoracique, le léger balancement pour équilibrer le poids sur les pieds, presque imperceptibles. Les arbres non plus ne sont pas totalement immobiles. La sève circule, les feuilles tombent. Le plus beau spectacle de mouvement ce matin, c’était les oiseaux qui l’offraient. Perruches, moineaux, pies, merles, corneilles, pigeons, mésanges, iels m’ont fait de superbes danses. Observer en périphérie les quelques tâches de couleurs qui se déplacent en courant. Le jardinier qui attrape sa bêche pour retourner la terre et préparer l’hiver. Il m’aperçoit et me salue de la main. Je romps l’immobilité pour lui envoyer un large sourire. J’ai veillé sur le jardin, le sien mais aussi celui des oiseaux. Peut-être maintenant un peu le mien. Je laisse une feuille de ginkgo en souvenir du temps qui passe et nous rappelle que nous sommes vivant·es.

Deuxième veille inattendue suite à un abandon tardif pour raison de santé. Peut-être car je n’y étais pas du tout préparée, je n’ai pas trouvé la magie de ma première veille.
Le froid peut-être, même si je me suis emmitouflée dans le plaid.
Peu de bruit ce soir, très nuageux et venteux, une pie toute seule, quelques mésanges en haut de l’arbre sont venues dire bonjour, un cri ou chant d’oiseau au-dessus de l’abri, que je n’ai pas reconnu, un rat qui se hâtait.
De rares promeneurs et un courageux jardinier ont attiré mon attention un peu dispersée ce soir. Alors j’ai chanté pour ceux qui n’ont pas d’abri et mon corps a oscillé au son de ces doux chants... Je n’ai pas vu le soleil, absent ce soir, mais les nuages se sont parés de rose.

Une heure c’est à la fois long et rapide. C’est rapide dans l’évolution du ciel, des couleurs qui passent du gris au camaïeu automnal.
J’ai apprécié de redécouvrir le Grand Parc de Saint-Ouen que je côtoie au quotidien. J’ai pour habitude de venir y remédier. Être veilleuse était l’opportunité de redécouvrir/voir sous un autre jour cet endroit que j’apprécie.
Je suis reconnaissante de cette bulle de sérénité qui s’est offerte à moi ce matin. Un jour férié qui sort de l’ordinaire finalement.

Ce silence et ce beau crépuscule disent qu’aucune douleur n’est éternelle.
Garde espoir en demain, en l’aube qui se lèvera.
Et toute fin n’est qu’un commencement, comme tout commencement porte déjà sa fin !
En souvenir de ce coucher de soleil du 11 novembre.

J’ai été surprise par la compagnie j’ai eu, moi qui m’attendais à être seule à veiller.
Une perruche virevoltait et m’aidait à saisir l’espace qui nous entourait. Des familles de végétaux m’ont salué et des familles de canards m’ont accueilli durant un instant de leur quotidien.
Je ne m’attendais pas non plus à être moi-même surveillée, l’astre lunaire a pris soin de me guider dans cette veille.
C’était une expérience très riche dans un cadre exceptionnel, je remercie toute l’équipe de m’avoir permis de participer à cette oeuvre collective.

Fin de journée, je suis à l’arrêt, à l’abri.
Derrière moi, les bruits de circulation, les cris des enfants qui jouent.
Devant moi, le parc paisible, les carrés des jardins partagés, parfois un jardinier solitaire. Silence.
Un moment rien qu’à moi, sans confettis, sans fatigue, sans pensées.
Je contemple le ciel qui me regarde à mon tour, minuscule veilleuse. Le soleil couchant éblouit à travers les nuages. Il parait éblouir à travers les nuages. Il parait s’enfoncer dans un des immeubles gris, et puis il ressurgit plus bas entre les tours, en tirant une traîne mauve, rose sur lui, gros ballon orangé.
C’est fort doux, prenant.
J’ai envie de tomber aussi sur le sol, avec lui, lentement...
Mais je me redresse : je suis une veilleuse, un peu de dignité, que diable !
C’est presque la nuit.

J’ai toujours aimé me lever avant le jour. La sérénité et la lumière dorée qui baignent le calme de l’aube sont un ancrage qui me complète.
Ce matin j’ai longtemps suivi le ruban sombre de la Seine, en craignant, d’être en retard. Mais les rues et les feux ont été de mon côté. Je suis arrivée à l’heure.
La cabane de l’objet est une boîte à questions : à quel point l’environnement coopère avec le veilleur ? Pourquoi ce matin ne serait-il comme aucun autre ? À mesure que le jour, de rebond en rebond, se diffuse, je vois différemment : les dégradés des murs, les angles des balcons qui s’affûtent, l’immeuble criard qui murmure. Je me contemple dans le reflet de la vitre, je veille sur tous, y compris sur moi : étrange sensationnalisme de veiller sur ma silhouette imprimée dans le paysage. Je suis parmi tous et isolée de tous.
Ce qui m’a frappé en premier ? L’odeur du bois.
Ce que j’ai fait en premier ? Regarder bien sûr mais surtout regarder la boîte : le cadre de lumière qui dirige le regard, les planches, le bois, les nœuds, le sol et puis la lumière, la lune. On cherche les points de référence et ceux qui changent de temps en temps. Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui apparaît ? Disparait ? Réapparait ?
La fin a été trop rapide. Le temps a été trop court.
Cette cabane-objet est magnifique. J’ai choisi de vous donner mon temps, vous avez choisi mon regard. Immanence et permanence. Merci pour l’expérience !

I finally got to be a part of this today. Finally ? Well yes, it’s been months that I’ve been trying to do this but there was always something or the other. Un empêchement ou l’autre. Even today , I was anxious to do this, je ne sais même pas pourquoi ! But once I reached inside the box looking over Saint-Ouen, I felt a strange sens of calm take over me. From the color changing lights in the distance to the little birds that went from one plant or branch to another making the otherwise still landscape move. At first, the time felt like it had stopped, like it wasn’t moving and then suddenly it moved so fast. I feel strange but I feel good. It’s a weird sentiment to explain. As I was getting into the box, I tried to find a purpose to it, something I needed to accomplish but I guess the purpose was to simply let myself be.

L’odeur du bois est la première chose qui m’a frappée en entrant dans l’objet-abri. Puis sa chaleur, puis son acoustique, et enfin le cadre de lumière qui se reflète dans la vitre. En une heure, on a bien le temps d’observer chaque sensation, écouter tous les bruits, ressentir chaque partie du corps. Ce matin était plutôt calme dans les jardins potagers. Un ciel gris de novembre, pas de pluie ou de vent pour l’animer. Heureusement, une personne sur le terrain de basket a choisi cette heure-ci pour s’entrainer. Difficile de le rater avec son haut rouge, j’ai vécu avec lui, sans qu’il le sache, ses déceptions aux paniers ratés et ses victoires.
Un des aspects qui a été le plus dur pour moi dans cette veille aura été de ne pas bouger. Dans cet abri si grand, avec sa belle lumière, seule, on se croirait à la fois dans l’intimité de sa chambre et sur une scène face à un immense public. Là les exercices pour travailler sa présence furent utiles.
J’ai l’impression d’avoir appris à connaître cette ville différemment. Moi qui n’habite pas là, et qui n’y suis passée que quelques courtes fois, je serai maintenant liée à cette ville d’une certaine manière. Entre les trajets de métro et RER, les trottoirs foulés au pas de course, notre rapport aux enfants dans lesquels on évolue est particulier. On les traverse sans regarder, alors cette expérience aura su réancrer le corps dans l’espace et dans le présent.
Il est maintenant l’heure pour moi de commencer cette journée, après un moment qui m’a semblé long et contraignant au début (dans mon envie de bouger et de faire mille choses), mais qui fut finalement bien rapide à la fin.
Merci pour l’expérience, j’ai été ravie de participer à cette longue chaîne de veilleurs et de veilleuses. J’espère que ce projet continuera partout pour que tout le monde puisse se réapproprier sa ville.

Je ne savais pas à quoi m’attendre en veillant pendant une heure. Une révélation peut-être ? J’ai pensé à annuler plusieurs fois mais je reconnais que l’idée de veiller sur la ville m’évoquait quelque chose de poétique, d’intemporel, de magistral et de rassurant. En rentrant chez moi, je savais que d’autres veilleraient aussi.
J’ai observé les petits potagers au milieu de ces immeubles aux allures de cartons ! Alors que partout, souvent, les Parisiens (et alentours) énervent, moi, ils m’émeuvent. Je les trouve touchants et convaincus. C’est beau et nécessaire de mettre du vert au milieu du béton et je trouve génial que les gens emmènent leurs enfants faire du jardinage, il y avait beaucoup d’enfants ce soir.
Sur le côté, ils jouaient au basket et la NBA n’a qu’à bien se tenir.
Je me suis étirée, balancée, accroupie, relevée, j’ai chanté, fermé les yeux, rouvert les yeux et j’ai soudain réalisé comme j’avais mal d’être debout, comme tout le corps me tire, comme il est difficile de se porter.
Alors j’ai regardé les images qui défilaient, les couleurs du ciel qui changeaient presque d’une seconde à l’autre, dégradées, intenses et puis j’ai oublié que j’avais mal. Maintenant, c’est la ville qui veille sur moi.

J’ai particulièrement aimé cette expérience, que j’ai vécue comme un véritable moment d’apaisement. Je pense que j’avais d’autant plus besoin de ce moment de déconnexion et de calme, que je sortais de deux semaines de partiels particulièrement éprouvantes et sollicitantes. À travers ce moment où rien ne m’était demandé si ce n’est de profiter de l’instant présent, j’ai donc enfin eu l’opportunité de m’accorder du temps pour moi, ce qui m’a permis de laisser derrière moi le stress des jours précédents. J’ai adoré l’idée de savoir que pratiquement personne ne savait où j’étais ou ce que je faisais, ce qui a laissé place au silence et à l’inaction, leur préférant une stimulation constante qui en vient à m’empêcher de penser. Ici, rien ne pouvait perturber mon flot de pensées qui, étonnamment, en voyant qu’il avait la possibilité de s’exprimer, a paradoxalement ralenti son débit pour me laisser pleinement contempler le paysage. Paysage qui durant une heure a constitué la seule matérialisation du monde extérieur, qui pour une fois s’incarnait donc pleinement et non à toute vitesse dans l’élan d’une journée, ou par le biais d’un écran ou d’un livre. Durant une heure, le monde se résumait donc à un triptyque assez insolite : le paysage, l’objet-abri et ma personne. J’ai aussi remarqué dans le paysage des choses que je n’avais pas vues en temps normal. J’ai développé un lien concret avec le lieu de l’objet-abri, et là où d’habitude on habite, on habite le lieu où l’on se trouve. J’avais ici plutôt l’impression que cette relation était basée sur du donnant-donnant et que lui aussi m’habitait. Enfin, j’ai réussi à me recentrer sur moi et me suis rendu compte que le fait de ne pas avoir à interagir me donnait à découvrir d’autres moyens d’expression comme par exemple celui de la respiration.
Je suis donc ravie de cette expérience et à vrai dire assez fière d’avoir réussi à relever ce pari, car s’il m’excitait, il me faisait tout de même un peu peur puisque je savais qu’une fois dans l’objet-abri, je n’avais plus la main sur rien. Or, c’est justement ça que j’ai apprécié et que je retiendrai : le fait d’être "contrainte" à la non-contrainte.

Je viens de vivre une expérience assez unique, je pense, par sa rareté. Il est tellement rare que j’aie une heure devant moi, sans personne autour de moi, sans objets connectés, sans livres, sans pollution bruyante que cela en a fait un moment exceptionnel. J’essaierai de renouveler cette expérience de plus petites durées, peut-être, mais en m’imposant cette discipline, pour pouvoir me poser et réfléchir.
Ce moment a été un moment d’introspection, de bilan et de promesses à moi-même pour l’avenir. J’en sors toute positive en l’avenir et en ayant passé un moment de qualité avec moi-même.
Merci beaucoup pour cette jolie expérience.

Dans une société qui nous encourage à être des êtres d’action, veiller m’a permis de revenir à l’essentiel et de me contenter d’être un être conscient. Observer, entendre, sentir, ressentir ce qui se passe autour de moi sans avoir d’autre but que d’être là, m’a permis de réfléchir sur ma relation au monde, au vivant et à ce qui se déroule autour de moi. Nous passons souvent dans des lieux fascinants où nous sommes à côté d’êtres tout aussi fascinants sans y prêter attention car nous sommes pris par une course contre le temps et sommes conditionnés à rentabiliser la moindre seconde qui passe.
J’ai apprécié ce moment et suis reconnaissante d’avoir eu l’opportunité d’y contribuer. Merci !

Nichée, ancrée, Veiller
Sur toi, sur moi, sur nous
Inspirer, expirer, respirer
Le temps d’un souffle arrêter le temps
Veiller, s’éveiller, se réveiller !
Merci pour cet instant et merci à Claire pour son accompagnement.

Un temps de veille au lever du soleil. 3600 secondes j’ai tenté de compter.
Surprise du nombre d’oiseaux présents. Du bruit aussi.
Assister à l’ouverture du parc est aussi original.
Et penser aux personnes à l’origine du projet ou qui permettent qu’il se réalise dans de bonnes conditions (merci à elles). Je me suis par exemple demandé qui et à quelle fréquence nettoyait la vitre. (Je pense donner les noms et coordonnées d’une personne qui aime ça :) mais faudrait que je lui demande avant).
Bref, comme ce que je suis en train d’écrire, parfois ça part dans tous les sens pendant cette heure de veille, mais je reste en position de veilleur passif.
Bonne performance à tous

Tout de suite des questions existentielles résonnent. Qui alternent avec des observations : une petite fille jouait dans le jardin en face et me rappelle ma fille. Puis je reprends une pensée, le soleil qui s’abaisse. Les jeunes qui jouent au basket, les barres d’immeubles. Je chante des airs, je me rends compte que la résonance est belle, je me rends aussi compte qu’il faut expulser quelque chose. Le rectangle de lumière qui se dessine dans la profondeur est beau. Je trouve le lieu beau. Je trouve qu’il est l’espace idéal à l’introspection et la quiétude. J’ai l’impression que si je restais là des heures et des heures, je découvrirai enfin LA vérité... Mais c’est déjà l’heure de sortir et de retourner au monde en action et aux bruits.
Merci !

Merci pour cette parenthèse qui m’a permis de me rappeler qu’il est important de prendre du temps pour soi, pour se poser, réfléchir et observer, le monde s’activer pendant que nous nous mettons en retrait, à l’arrêt...
Cette bulle, cet "Espace-temps" m’a donné la possibilité de m’ancrer dans l’instant présent, de vivre ce moment pleinement, de laisser aller mon esprit là où il voulait m’emmener.
J’en ressors apaisée et ravie d’avoir pu vivre ce moment pour démarrer le 1ᵉʳ jour de mes 50 ans, cinquantième année que je me souhaite épanouissante et sereine.
Je suis d’autant plus touchée par cette expérience que la "veilleuse" est une personne chère à mon cœur, ce qui a contribué à me faire sentir entourée en ce jour spécial.

Un paysage sans oiseau, et pourtant un jardin en bas de l’abri. Les
jardiniers y arrivent quand le soleil commence à se coucher, sortent-ils
du travail comme aux temps passés ?
Enfermé dans une boîte avec un horizon limité, avec les bruits de la
ville, klaxons, sirènes de police, enfants et parents passant derrière
l’abri, fumée blanchâtre au loin dont on se demande d’où elle sort,
chauffage urbain, incinérateur, usine ?
Que peut-on récolter en cette mi-novembre : un ou une jardinière arrache
des grandes feuilles, épinards ? Le jardin sert aussi d’escale à une
joggeuse de noir vêtu cheveux compris : quoi est assorti à quoi ?
On ne remarque pas de signe de vie sur les balcons des immeubles de
logements. Il est vrai que la plupart des gens s’en servent de débarras,
on n’est pas dans le midi, on ne vit dehors que sur les terrasses de
bistrots et restaurants, ici.
Dans l’abri, je ne me sens ni isolé ni prisonnier. Simplement
observateur d’une heure de vie des centaines de personnes enfermées dans
les murs de l’immeuble de bureaux à gauche et de ceux de logements en
face.
Combien m’ont vu tenter de les observer, imaginer ce qu’ils font et
vivent ? Qui a observé qui ?

Le ciel est un tapis d’épais nuages blancs sales. De part et d’autre, deux cheminées invisibles, cachées derrière les immeubles, crachent en continu un immense nuage de vapeur blanche. On dirait que c’est elle qui alimente la couche nuageuse. Est-ce que le ciel va pouvoir apparaître à un moment ? Devant moi, la ville est lointaine, silencieuse, peu incarnée. Derrière, le grondement permanent de la circulation sur la grande avenue. C’est ce bruit qui domine tout, faussant le silence des jardins potagers déserts qui s’étalent sous mes yeux. La bande sonore ne coïncide pas avec l’image. Personne ne vient jardiner. Dommage. C’est trop tôt. Juste un chat. Sorti d’où ? Il n’y a pas grand monde qui passe. Des joggers. Une femme avec une poussette. Une silhouette auvent à capuche blanc, que je suis longuement des yeux. Trois ouvriers avec des chasubles fluos. On est en pleine ville, pourtant j’ai un fort sentiment de solitude. Cette vitre qui me sépare. Les immeubles trop loin pour y déceler une présence autre que les fenêtres qui s’allument et s’éteignent peu à peu. Qui sont ces gens ? Que font-ils ? Quelles sont leurs habitudes, leur routine ? À quelle heure a sonné leur réveil ? Que prennent-ils au petit-déjeuner ? En quelle classe sont les enfants ? Rien pour le deviner... J’espère que, quelque part, quelqu’un fait la grasse matinée !
L’espace de quelques secondes, une trouée s’ouvre dans les nuages et laisse passer quelques rayons d’un soleil à peine levé, qui colore de rose les nuages autour. Un peu plus tard, quelques gouttes de pluie viennent pailleter la vitre de minis giclés d’eau, puis le ciel vire en quelques minutes du gris nuageux au bleu profond, et enfin au bleu clair. Je n’aurais jamais cru que le ciel pouvait passer par toutes ces couleurs en si peu de temps.
La dernière lumière s’est éteinte dans l’immeuble noir en face. Tout le monde est parti.
Bientôt, moi aussi.

Aujourd’hui j’ai eu de la chance.
La personne que je devais accompagner a dû annuler et n’a pu être remplacée, j’ai donc pris sa place et eu le privilège de vivre un nouveau moment suspendu en veillant sur ma ville.
Mes sens en éveil, stimulés de plusieurs façons : l’odeur du bois est-elle différente, plus présente que lors de ma première veille, il y a 5 mois ? J’ai encore pu suivre des yeux le souffle du vent, écouter le bruit des feuilles qui bougent au loin, oublier celui des voitures derrière moi. Quelques changements, quelques nouveautés bienvenues, tout de même. En juin, j’avais le parc pour moi tout seul, de 5h à 6h du matin. J’étais venu en short et en marcel. Il faisait un temps magnifique depuis plusieurs semaines. J’avais beaucoup pensé au temps qui passe, m’étais souvent demandé depuis combien de temps je veillais, combien de temps restait-il. Aujourd’hui il fait froid à l’extérieur du lieu abri. Quelques gouttes de pluie sont venues se poser sur la vôtre devant mes yeux. Le ciel était nuageux, jusqu’à un cadeau inattendu, quand ils s’écartèrent pour faire apparaître les reflets orangés et dorés du soleil couchant. De la chance, effectivement.

Incendies sur les toits.
La fumée s’estompe.
Au lever du soleil.
Les deux cheminées étaient déjà en route. À droite, la fumée est sortie par en-dessus, comme si l’immeuble était en feu. Le soleil, en sortant, a ricoché sur les vitres et sur La Défense. Les lumières des appartements se sont éteintes une par une, remplacées par les chaussures néon des jaugeurs dans le parc. La brume a dansé avec les feuillages. Le ciel a basculé du rose au bleu tandis que je m’étirais. Tandis que les villes s’étiraient. Mes yeux ont fait une mise au point sur le rectangle doré. Le jour était levé. J’ai veillé.

Il ne se passe absolument rien dans le jardin. Le soleil est aveuglant, il complète le chauffage. Les bâtiments sont immobiles. Il y a des barrières. Ces barrières séparent les jardins et les délimitent. Les propriétés de chacun. Chacun a son jardin. Chacun a son appartement. Chacun a son balcon. Moi j’ai cet espace. Une boîte en bois. Une vitrine sur l’extérieur. Je suis délimitée par les contours de mon corps, pourtant je me sens présente partout. Partout dans cette boîte en bois. Juste moi. Juste moi et cet extérieur où rien ne se passe, si ce n’est l’écoulement du temps.
Un médecin en blouse blanche se déracine du paysage. Il marche rapidement dans l’herbe foncée et se dirige vers ma boîte. Il ne me voit pas. Deux oiseaux partagent un dîner près de la fontaine à eau. Un ballon de basket rebondit avant d’atterrir dans le panier. Un cheval déambule sur le pavé. Une personne veut avoir des conseils sur un appareil photo. Une pie atterrit sur le toit. Des sacs poubelles flottent dans le vent. Il ne se passe absolument rien dehors. Tout se passe dedans.

Nous ne serons pas nombreux à nous souvenir du lever du soleil du 21 novembre 2025. Helios est bien fatiguée ce temps-ci. Mais, il s’est bel et bien levé quand même. Je m’en souviendrai car j’ai eu le privilège suprême de le voir, et d’avoir comme consigne de ne rien faire d’autre.
Au début, il n’est qu’une fine ligne gris clair derrière les immeubles des docks. Avec les gouttes de pluie sur la vitre, je ne vois plus grand-chose d’autre. Ce matin, même les tours de La Défense n’arriveront pas à percer les nuages.
Demain, le 22 novembre, marque les seize ans de la mort de mon père et j’ai pris pour habitude de faire quelque chose de vivant ce jour-là. Demain je ne pourrai pas car les enfants demandent que je sois avec eux, mais aujourd’hui j’ai la possibilité de ne rien faire.
Dans une boîte vide avec un radiateur pour mon confort et deux extincteurs pour ma survie, je regarde les immeubles construits dans le même but. Lentement la lumière se lève sur les têtes de choux dans les jardins ouvriers, toujours dans le même but. Les jeux de lumières qui tentent de rendre les bouchons sur les quais un peu, rien qu’un peu, plus soutenables.
Tout cela pour notre survie et notre confort, voilà sur quoi nous veillons.

"Le Cycle des Veilleurs" était pour moi une formidable expérience dans le sens où je me suis connecté avec moi-même. Faire une pause d’une heure pour admirer les alentours, savourer le moment présent, regarder le soleil se coucher, c’était un moment incroyable !
Merci

Je sors de chez moi, il fait froid, nuit, et je parcours les quelques centaines de mètres qui me séparent de l’abri avec ce sentiment d’être privilégié de pouvoir vivre cette expérience de veilleur. J’arrive à l’abri, Aurélie m’installe et l’expérience commence... D’abord les yeux qui papillonnent un peu partout, je voulais tout regarder, puis à un moment la magie opère et la perspective du rectangle du bord de l’abri, du rectangle de la lumière qui se projette sur la vitre, les rectangles des immeubles...
Me voilà projetée dans le parc, en suspension dans une sensation proche de celle qu’on peut ressentir quand on va basculer dans le sommeil... puis un oiseau surgit de derrière l’abri et file vers le parc, puis plus d’oiseaux... je commence à avoir froid et Aurélie revient.
Expérience magique, merci !!

Dès l’entrée dans l’abri, la lumière chaude de cette fin d’après-midi m’envahit. Je me poste devant la vitre, telle une sentinelle, je commence à observer la nature devant moi, les jardins partagés, ces arbres, les jeunes qui jouent au basket. Au loin, deux silhouettes s’avancent... au ralenti. Le temps ne s’écoule pas de la même façon dans l’objet abri. La vitesse, l’espace, ne sont pas perçus comme dans notre vie quotidienne. Prendre une heure pour veiller sur la ville, c’est faire l’éloge de la lenteur. Arrêter sa vie à quelques instants pour communier avec l’extérieur. La fumée des usines surplombe le parc, les nuages défilent, ça donne un côté chaleureux et poétique. Les immeubles ont une belle architecture, les oiseaux viennent habiter les petites cabanes en bois des jardins, partout il y a la vie.
Même en hiver, à 0 degré, ce lieu fait chaud au cœur, on se sent incroyablement vivant ici. Le cadre lumineux se reflète à l’infini sur les vitres. D’où qu’on regarde, on se voit "au centre" de la ville, dans ce cadre, comme si on faisait partie d’un ensemble, qu’on était reliés à l’humanité. Je guette d’un bout à l’autre de l’abri, toujours entourée de ces "halos" lumineux, entourée d’un côté de la rue bruyante et de l’autre de l’aire du parc paisible. Le yin et le yang. De temps en temps des gens approchent, curieux, l’œuvre interroge. Peut-être de futurs veilleurs ! Je suis seule dans ma bulle, et pourtant je me sens infiniment reliée, plus besoin de réfléchir, de chercher un sens. Juste d’être et de se sentir exister.

Je rêvais d’un lever du soleil rose et orange. Ce matin, le ciel était gris, les immeubles aussi. Un vrai paysage d’automne avec une pointe de blanc. Le blanc de la neige tombée cette nuit qui adoucit ma vision. J’ai même observé des enfants faire une bataille de boules de neige. Le ruissellement de la neige fondue sur la fenêtre du bungalow rendait cela encore plus apaisant. J’y ai perdu la notion du temps...

Dans le tumulte du monde de brutes,
Vous avez ouvert une porte,
Derrière "le silence qui soigne",
Ce thé qui réchauffe l’âme,
Ces murs qui murmurent,
et des gens qui prennent le temps pour les autres,
Merci beaucoup

Du bruit assourdissant des voitures, des gouttes de pluie qui brouillent la vue... où suis-je ? Puis la lumière d’abord criarde.... ouvre une porte, .... deux portes des portes .... le rythme cardiaque s’apaise... L’odeur du bois m’appelle de l’autre côté... un cadre rectangulaire, les maisons de jardins rectangulaires, les immeubles rectangulaires, puis remonte vers les nuages le ciel, le vent sur les buissons, une pie voleuse qui n’a rien volé, le noir transforme en vert, en bleu, un rayon de soleil, les bruits des pas des joggeurs, la vie s’éveille, prendre le temps de sentir, bouger observer... qui veille sur qui ? Les uns sur les autres... la porte s’ouvre vers les autres.. on veille les uns sur les autres.. Un moment suspendu, un parenthèse.. la porte s’ouvre.. je rejoins le jour.

Pas de téléphone, pas d’ordinateur, une pièce en bois à peine chauffée, un silence, un vide, l’odeur des espaces, et une lumière.
L’oracle, le ciel, l’horizon et une déconnexion totale.
C’est un souffle neuf, seul face à la nature et à soi-même.
Les éclaircies des nuages, le soleil qui laisse une marge rouge sur ma vision, puis l’esprit se chauffe et se met à renaître.

Cheminée - errances - basket sans ballon - des gouttelettes de pluie et la vie - sac épouvanté - graines - jogger du matin - flamand rose mais gris - la terre - rester hors cadres - vélo - voitures - disco
Ce matin j’ai fait danser mes yeux sur la ville.

J’entre dans la maison que va temporairement habiter mon corps. Plusieurs minutes s’écoulent avant que le voile qui est posé devant mes yeux se lève - ce n’est pas exactement que je vois flou, mais comme embué, ou assourdi par ce qui se passe au-dehors de moi. Comme si mon corps pensait ne pas avoir le temps de prendre le temps et de le regarder passer. Et puis d’abord je vois le vent, seule marque que tout n’est pas figé comme ces tours au fond qui me sont hostiles. Je gigote comme les petits moulins des jardins et m’échappe sans y prendre garde comme la fumée de l’usine d’en face. Je me rends compte petit à petit que je vois peut-être autant que je suis vu depuis les fenêtres des appartements, je m’imagine me regarder derrière chacune d’entre elles en me sentant caché. Je me sens un peu bête de veiller sur une ville - une société - qui ne veille pas sur ses voisins et se recroqueville chez soi. J’ai l’impression de tenir de toutes mes forces sur des cordes ancrées dans le sol qui retiennent les tours debout par contrepoids. Et puis je vois le gros nuage violet qui domine ce paysage et soudainement le paysage se vide complètement pour devenir une plaine ou des marais sans rien d’autre ni personne à l’horizon que moi, les nuages au-dessus et le vent autour. Je pense toujours au refuge comme celui dans lequel je suis, chaud et à l’abri de la pluie. Je comprends le soulagement et le réconfort de l’homme qui se rassemble en troupeau et qui marche vers une petite maison au loin dont la fenêtre est allumée : pour ne pas être seul. Le soleil perce le nuage et tout minuscule avion brillant nous vole au-dessus de la tête. Depuis cette fenêtre-là, nous serions une petite maquette fragile sous le grand ciel. Je pense, enfin, que ce qui me chagrine dans la ville, ce n’est finalement pas les tours, mais les portes qui ne veulent pas être ouvertes.

Une heure cela va être long... Finalement pas tant que cela... Une boîte allongée, une vitre au Nord, une au Sud.
Finalement pas de grandes pensées. Non plutôt de fugitives impressions.
Côté Nord, la ville est là ! À peine filtrée par les arbres du parc de l’ancienne mairie. Le boulevard est encombré par tous types de véhicules, qui peinent à rouler.
Les joggeurs, les joggeuses passent. Silhouettes fines, ou empotées. Certaines courent, d’autres marchent. Des promeneurs, des mamans qui poussent leur landau. Personne ne me remarque dans ma boîte. Côté sud. Les jardins, le parc repoussent sur la ville. Immeubles tous différents entre deux, j’aperçois les tours de la Défense.
Dans le ciel des avions : haut pour Roissy, bas pour le Bourget, un hélicoptère passe en direction de l’hélistation de Paris. J’imagine tous ces gens installés confortablement. Tiens ! Deux oies asiatiques dans un arbre.
Les jardins font le bonheur des merles et des poules d’eau. Ils se régalent d’insectes. Un seul jardinier récolte (des navets ?).
Quatre copains jouent au basket. Le soleil joue à cache cache avec les nuages sur les façades des immeubles... Tiens, l’heure est déjà passée...

Un exercice pas si facile après un train de vie parisien rapide et la technologie à portée de main. La première partie du temps m’a permis de profiter du silence et du paysage tranquillement. La deuxième et dernière partie a été plus frustrante avec l’ennui qui s’installe, le froid et le corps qui ne veut plus rester debout, j’ai donc marché et essayé de me distraire en observant le jardin en face, la fumée de l’usine après que le soleil n’était plus visible.

C’est passé vite !
J’ai regardé l’air : les nuages formés en continu par deux cheminées, les herbes dorment, les installations des jardins pour éloigner les oiseaux qui tournent.
Je n’ai pas bougé.
Je pensais qu’il y avait plus de fenêtres allumées dans les immeubles, je me suis dit que les habitants étaient partis travailler ou à l’école. Mais il n’y avait personne non plus dans l’immeuble des bureaux.
Il y a eu un reflet de soleil sur une tour de la Défense, fugace et la petite brume.
Merci pour tout cela.

Un moment un peu suspendu, au-dessus des jardins potagers partagés, au-dessus du jour, à ne pas "surveiller" mais à veiller, observer. Observer les gens, qui ne regardent pas, en dehors d’enfants... Observer les fumées, si belles.
Observer les oiseaux, en nuée, des mouettes. Observer le ciel, gris, de part en part.
Et puis observer mon esprit vagabonder. Penser à la retraite, car les gens autour m’y m’ont fait penser. Et... et... et…

J’aurais pu rester dans mon cocon en bois vitré encore très longtemps. Je suis étonnée de la résistance de mon corps, de mes jambes surtout, dont j’ai peu senti la fatigue. De la résistance de mon cerveau aussi, absorbé dans ma chair, et qui a refusé de se déprendre de mes pensées.
Beauté émouvante de ce morceau banal du parc, coincé entre les immeubles sur les côtés et la grisaille au-dessus, qui peu à peu s’éclaircissait. Le chant des oiseaux, là tout près, j’ai senti très fort, dans un instant éphémère, le désir de me fondre dans la nature de l’autre côté de la fenêtre, ou plutôt la sensation d’en faire radicalement partie, malgré la vitre de la fenêtre.
Merci à toi Joanne et à mon accompagnatrice Florence, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué à ce projet, d’une manière ou d’une autre !

Après quelques minutes à me demander comment je réussirai à faire passer le temps, je me suis abandonné à la contemplation du paysage devant moi. Ces oiseaux volent par deux, ces feuilles frémissent ensemble, ces volutes de fumée s’évanouissent bien vite dans ce ciel gris...
À mi-chemin (d’après l’estimation de mon horloge interne) une constatation : à mesure que le temps passe, l’abri s’illumine, l’extérieur s’assombrit, un peu comme si c’est nous qui maintenons la lumière dans le parc.
À la fin, une impression : peu de mouvement humain sur la ville. On veille sur la terre, alors que le ciel veille sur nous...

Dès que je suis entrée dans la cabane, je me suis dit que j’avais une chance incroyable d’avoir pour moi cette heure complète où j’allais pouvoir choisir la façon de vivre chaque seconde, en pleine conscience. À quel moment a-t-on cette opportunité le reste du temps ? "Quand on veut", me direz-vous. Vraiment ? Cette cabane est une accompagnatrice et un facilitateur indéniable. Elle est belle, elle sent bon, elle est accueillante. J’y ai écouté et vu la vie humaine, animale, urbaine se déployer peu à peu autour d’elle. En plein cœur et un peu en retrait en même temps. Et moi avec. J’ai déambulé dans cette cabane, j’ai dansé, j’ai psalmodié, j’ai observé, j’ai écouté, j’ai souri, j’ai baillé, j’ai réfléchi, j’ai respiré, j’ai médité.
Merci pour cette expérience, pour cette cabane de veille, pour cette cabane d’é-veil. Je vous souhaite à toutes et tous de vivre cette expérience aussi.

J’ai veillé sur Saint-Ouen un jour gris, pluvieux et venteux. Les gouttes de pluie se sont petit à petit rassemblées sur la paroi en verre, faisant un filtre entre le dedans chaud et confortable (car j’avais une chaise) et l’extérieur de plus en plus sombre.
J’ai aimé regarder la disparition de la grande cheminée derrière les fumées qui se confondaient avec le ciel. J’ai aimé regarder le sens du vent à travers les installations des jardins partagés. J’ai aimé observer les quelques lumières qui se sont allumées dans les appartements au fur et à mesure que la nuit tombait. C’était bien !

Une veille douce.
J’ai envie de tout voir, de tout observer. Les lumières qui s’allument aux fenêtres des immeubles, les gouttes d’eau sur la vitre qui laissent des traces, les nuages qui s’en vont à mesure que l’heure passe.
L’abri a une odeur de cheesecake aux fruits rouges. Mais mon regard est attiré par tout ce qui bouge. Suivre les silhouettes qui émergent des arbres. Les oiseaux (une marmotte ?), les bouts de tissu qui sont censés les faire faire mais qui ne marchent pas très bien...
J’ai cru que j’allais avoir froid, mais le corps qui s’engourdit au fur et à mesure est une sensation agréable en fait...
Merci.

Pour mieux me souvenir de ce moment, j’ai envie de décrire ici ce qui a le plus attiré mon regard : une danseuse à tête de poulet, un jongleur, le rectangle lumineux à l’intérieur de l’abri, un match de basket, de la fumée noire, un nid apparemment déserté, une pie, les feuilles drôlement bizarres de l’arbre à droite, la lune, et bien sûr le soleil déclinant peu à peu. Merci bien pour cette heure.

Pour commencer le dernier mois de l’année 2025, je suis entrée dans le paysage. La lumière est entrée petit à petit et j’ai commencé à voir. La première chose, je crois, c’est la lumière du soleil rougeoyante, puis la lumière qui s’est reflétée dans les immeubles au loin de la Défense.
Les tourniquets noirs, gardiens du potager qui flottent avec le vent, tous dans le même sens tournés vers l’Est, ils veillent les salades. Les girouettes se sont mises à tourner à un moment comme des marionnettes, joli spectacle étonnant. Une autre girouette tournant elle assez régulièrement avec le vent depuis le début. Et puis les gens qui passent vers leurs destinations, chacun son chemin. Avancer dans le paysage, tomber dans le paysage, entrer dans le paysage. En sortant, j’ai admiré cette jolie construction.

Encore un moment rien qu’à moi, après avoir veillé dans le 12e, ce moment calme, cet horizon plein de surprises, ce jardin, ce potager, cette vue sur ces tours, ces cheminées, tous ces petits détails m’ont fait un bien fou, un moment unique, que l’on trouve que trop rarement dans notre quotidien. Je suis fière d’avoir veillé à Saint-Ouen, sensation très agréable !

Une heure de calme, de déconnexion, d’observation, de questionnement, c’est rare et précieux. J’ai aimé regarder le paysage encadré par la lumière de l’abri, observer les oiseaux sortir et entrer du cadre, écouter le vent et le voir faire tomber et glisser les feuilles devant moi. Une grue a joué à cache-cache derrière un immeuble. Les joggeurs ont défilé à leur rythme, fractionnés ou pas. L’abri offrant une douce odeur de bois, enveloppante.
Merci pour cette heure de sérénité !

Expérience paradoxale.
Une véritable pause dans un monde en plein mouvement.
Une connexion dans un moment de déconnexion.
Un constat de solitude dans un monde de proximité.
Un enfant jouant seul au basket.
Des bureaux vides allumés.
Un jardin potager partagé déserté.
Des appartements illuminés par des écrans.
Bref, un moment d’apaisement, parfois un peu triste.

La quatrième Rencontre du Cycle #3 s’est déroulée le mardi 2 décembre à la Serre Wangari, Maison de l’Ecologie de Saint-Ouen. Les veilleurs et les veilleuses de la quatrième session (21/09/25 au 14/12/25) étaient invité·es à cet évènement pour échanger et partager leur expérience. Ce moment chaleureux et convivial a réuni 25 personnes. Ils et elles ont assisté à des performances dansées par deux artistes chorégraphiques de WLDN, accompagnées d’une plongée visuelle et sonore dans l’univers du Cycle des Veilleurs, et de lectures de témoignages, lus par cinq accompagnateur·ices.
La soirée s’est terminée par un temps d’échange entre les veilleurs et les veilleuses afin que chacun·e puisse réfléchir à la présence de cette performance dans la ville.
Nous remercions la Serre Wangari et toute son équipe pour l’accueil qu’iels nous ont réservé, ainsi que la Ville de Saint-Ouen pour son soutien.

Rythmes de chaque élément du vivant qui s’entrecroisent, s’entremêlent, s’entrechoquent et cohabitent.
Rythme du sang qui pulse à l’intérieur. Et voilà que la lumière du soleil transperce à travers les immeubles et éclaire les façades et les vitres d’autres immeubles.
C’était ici. C’était aujourd’hui !

Une heure pour soi... juste pour soi. Me retrouver... moi et moi... un temps si difficile à s’octroyer alors merci, merci pour moi :)

This morning I guarded the city, the city that hosts me, the city I now call home. In such tumultuous times it felt important to do so, to look after my environment, to care for those that I know and those I’ll never know. As I perceived the golden rays on the reflection of La Defense and the silhouettes of the chimneys’ smoke, the wind lifted and all the windmills of the garden activated. Birds were not afraid of me. I had become part of the landscape, we were one.
As the light kept on increasing, the gardens of Saint-Ouen revealed themselves to me, we became one. I guarded the city this morning, and in return it guarded me. I was able to feel a deep connection and gain perspective on myself. My silhouette disappeared, fading into the landscape, and this me became one.
Thank you for facilitating this space and giving the opportunity to live a poetic moment in such hectic times.

L’hiver arrive. Les arbres sont dégarnis de leurs feuilles, les passants se font rares, la nature semble figée. Et pourtant, à y bien regarder tout est en mouvement : le soleil, les nuages, le vol des oiseaux, le vent. Mon oeil s’est d’abord posé sur cette grande fumée sortant d’une usine. Une fumée épaisse, virvoltante. C’est paradoxal de trouver de la beauté dans cette vision alors qu’elle représente la pollution de l’Homme. La cabane m’a aussi semblé représenter deux mondes, d’un côté le bruit, la foule, la noirceur, et de l’autre la lumière, la nature, la vie.
Les nuages se sont éclipsés d’un coup pour laisser place aux intenses rayons du soleil, quel spectacle ! Totalement éblouie, j’observe cet éventail en forme de fleur qui ne bouge pas. Moment de grâce qui me fera penser très fort à un être perdu récemment.
Merci pour ce cadeau lumineux et plein d’émotions !

Veiller, veiller sur soi. Veiller sur les autres.
Veiller, la nature veille sur nous.
Elle s’éveille, bleu comme le ciel. Pas un nuage ce matin. De quoi voir passer le vol des oiseaux, les joggeurs matinaux. Le temps qu’il faut pour voir la lune pleine s’éclipser, laisser place à son ami soleil.
Merci pour ce temps et cet espace qui nous accordent une parenthèse de lenteur et de douceur, un cadeau.

Veiller, observer, rendre présente la Nature, les oiseaux. Voir le vent dans les arbres, les feuilles murmurer, les rosaces des jardins tournoyer. Être présente pleinement face aux jardins partagés, face aux immeubles de Saint-Ouen depuis cette petite cabane en bois suspendue, éclairée, modeste, et pourtant enveloppante et chaleureuse. Un couloir encadré de petites lumières se reflètent en un cadre devant la Nature, encadrant les jardins. Sentir son corps, ses bras, ses doigts de pied au bout d’un moment. Bras, épaules, mains, pieds devenir lourds, s’affirmer, se manifester devant ce miroir ouvert sur des jardins partagés visités par des pies, des perruches vertes, des hommes et des femmes cherchant la quiétude, le calme, la sérénité. Derrière le bruit de la ville, les klaxons, les voitures. Devant la Nature, le pépiement des oiseaux.
Le ciel blanc au début finit bleuté à la tombée de la nuit. Mes paupières s’alourdissent le dernier quart d’heure. Je veille tant bien que mal, immobile, faisant parfois des allers-retours, toujours à l’affût des couleurs, des mouvements, des silhouettes et des formes étranges. Je reste face au paysage, comptant les immeubles de leurs formes écharpées. J’ai aimé ce moment tranquille, nu, sans finitures, sans écran. J’ai suivi parfois les lignes du sol, touché le bois rassurant de la cabane éclairée. Merci pour cette respiration enchantée dans un quotidien effervescent !

Rapidement une première vision, celle du reflet de la lumière dans la vitre, qui semble créer le contour d’une porte posée dans le vide, ouverte sur l’horizon. Puis la géométrie de la ville, les immeubles qui s’élèvent, et surtout ces deux tours, hautes, enfumées de ces vapeurs d’eau continues. A droite, la pleine lune est encore bien belle, avant de disparaître sous quelques nuages. La lumière peu à peu est plus vive, le jour apparaît, la ville s’éveille, sa nature, ses gens. Des oiseaux virevoltent, et on entend le cri des oies sauvages. Un individu , sur le terrain de basket, lance quelques paniers. Deux autres, mieux vêtus (le tee-shirt sans manche du joueur m’a donné froid). J’entends parfois des semelles appuyer lourdement sur le sable mouillé du parc, comme les pas d’un film d’espionnage. Au loin, au plus loin, des lumières violettes, puis bleues, puis multicolores, font songer à une rencontre d’un troisième type. Et continuellement, s’entend la circulation qui semble sans fin, comme un perpétuel mouvement qui tranche avec l’éveil de cette nouvelle journée. Une légère brise s’élève, fait virvolter, tournoyer les branches dénudées, les plastiques des potagers. Le vent se lève, il faut tenter de vivre, optimiste mélancolie. L’heure passe, sans que je m’en rende compte, la ville est maintenant bien vivante.

A 15h55, le temps s’est d’abord arrêté. Mon corps prenait l’espace : le cou, les genoux, les jambes et mes bras. Je ressentais les palpitations de mon cœur qui résonnaient dans ce caisson de bois. La veille pouvait commencer. Comme dans un film, le paysage et ses protagonistes vivaient sous mon regard. Un paysage de 3 décors : le terrain de basket, les jardins partagés et plus loin, les immeubles, sans oublier le soleil, maître de cette symphonie qui se jouait pour l’espace d’une heure. Les dernières feuilles de cette fin d’automne me surprenaient à s’abattre lourdement sur ma petite maison. Je me retournais à l’écoute de celles-ci, croyant croiser le regard de quelqu’un. Mais ce n’était qu’elles se disant bonjour. J’étais alors hypervigilante et m’attendrissais pour ces personnes, inconnues d’un présent éternel. C’était ce joueur de basket que j’avais croisé blessé dans les toilettes de la mairie, se fabriquant un pansement de fortune avec du scotch. Je veillais sur lui alors durant une heure, l’observant marquer des paniers encore et encore malgré la douleur. C’était aussi ce jardinier amateur et heureux de faire et d’être dans sa tâche. Entre deux grandes respirations conscientes, mon corps s’alourdissait mais mon cœur était comme apaisé, calme. Étais-je vu ? Ou comme un fantôme, uniquement par les plus sensibles d’entre nous ? Sensible et calme. Là est peut-être le secret que seuls les plus veilleurs d’entre nous sauront être. Ils nous disent : "Encore ! Veillez !"

Dans un monde où l’ennui n’est plus permis, on oublie que c’est pourtant dans celui-ci que l’esprit s’amuse, vagabonde, imagine, tourne et retourne pour voir les choses d’un œil neuf.
C’est aussi l’ennui qui peut laisser place à la contemplation, et qui nous redonne ce après quoi nous courons tous : le temps.
Merci pour ce moment d’observation, de contemplation.

Il y a tant de choses à voir dans l’immobilisme et la clair-obscur. Entre les promeneurs, les joggeurs et les basketteurs, on note une tendance à la flânerie dans le parc des Docks.
Particulièrement frappants, les immeubles et leurs lumières sur fond de lumières. Qui êtes-vous, audoniennes ? Sur vous, ces soir je veille. Oiseaux de chair sur créatures de verre et de terre, avec vous je plane, l’espace d’une petite heure.

Cette expérience constituait un vrai challenge pour l’adolescente que je suis ! Dans ce monde où chaque action doit être un gain de temps, accompagnée de toutes les nouvelles technologies, prendre une heure pour "s’ennuyer" fut magique.
J’appréhendais ces 60 minutes car jamais on nous offre ce temps libre à rien faire. Observer la vitre, les moindres mouvements de mon environnement ont été bénéfiques, je ressors de cet abri reposée.
Mes amis m’ont trouvée folle quand je leur ai annoncé que j’allais me réveiller le seul matin où je commence tard pour veiller sur ma ville. Et pourtant je leur conseille, et pas seulement à eux mais à toute personne ayant besoin de se retrouver seule, loin de la réalité, à partager.
Merci aux veilleurs et aux veilleuses, aux accompagnateurs et aux accompagnatrices et aux créatrices du projet pour ce moment enrichissant. Je suis fière d’avoir pu vivre cela !

C’est un équilibre délicat entre l’observation du monde extérieur et la connexion avec soi. Ce n’est pas évident de rester seul·e avec ça. De laisser son esprit se promener sans guide ni but. On se surprend de où il va chercher. C’est aussi rare de regarder, observer, veiller sur une même vue pendant une heure. Ça passe vite et en même temps doucement...
C’était une super expérience.

Je pensais me sentir comme une ermite dans sa grotte dans l’Himalaya, plongée dans l’introspection et la méditation et finalement heureuse de m’être laissé distraire par la vie et le lever du soleil.
Merci pour cette belle expérience !

La première sensation, en entrant dans l’abri est la bonne odeur du bois et de la chaleur du soleil encore haut, au-dessus des immeubles.
Ma veille ressemble et est une parenthèse au milieu de la ville : d’un côté le ciel à perte de vue au-dessus des jardins partagés avec en second plan des immeubles comme des sentinelles... et de l’autre, la vue sur la ville avec la circulation, les bruits affrénés des passants.
Le soleil a décliné lentement entre deux immeubles. Tout le long de sa descente, j’ai ressenti une douceur, une mélancolie. Le spectacle était magnifique et apaisant, hors du temps.
une pie est venue me saluer...
Petit à petit les lumières se sont allumées, les nuages blancs sont devenus gris, les enfants sortaient de l’école...
J’ai beaucoup apprécié cette heure de veille urbaine. J’étais bien dans cette "boîte" de bois et de verre.
Merci beaucoup à toute l’équipe de m’avoir permis cette immersion !

Bien que le soleil ne soit pas encore levé, quelle surprise de voir que Saint-Ouen baigne déjà dans la lumière. Cette veille a plutôt été pour moi l’occasion de voir s’éteindre des lumières, de voir ceux qui partent. J’ai pris goût à scruter les immeubles et à voir une par une les fenêtres s’éteindre. Laissant place à l’improvisation de mon imaginaire pour savoir où étaient partis ses habitants qui quittaient leurs cocons.
Voir ceux qui partent, ça aussi était pour moi, observer tous les oiseaux résidant dans nos villes bien bruyantes, restant la plupart du temps invisibles. Je les ai accompagnés pour leur petit déjeuner, car très animés au début de ma veille, les buissons de baies avaient été désertés à la fin de celle-ci !
Observer ceux qui partent, c’était aussi prêter un regard tendre sur tous les passants qui, à l’orée du jour, s’étaient déjà mis en mouvement, s’étaient déjà inscrits dans la ville. Au cœur de l’objet abri, j’étais la spectatrice de ce bal de vie où l’architecture, les oiseaux et les passants, ne le savaient pas, mais moi j’étais là pour eux.

Je suis arrivé avec plein de questions et repars avec 1000 autres, c’est incroyable !
Cette veillée, voir les oiseaux, les passants, les jaugeurs, les enfants, m’ont rappelé à quel point la vie est belle et précieuse. À force de courir, nous ne faisons plus attention à ce qui se passe autour, les détails, la beauté des choses simples telles qu’un sourire, des rires, des larmes, de la frustration...
Cette bulle m’a réouvert les yeux c’était magique de pouvoir faire partie juste une heure de la vie de ce beau monde (humains, végétal, oiseaux... la nature tout simplement)
Ce moment restera gravé dans ma mémoire et je compte bien le chérir pour très très longtemps !
Merci pour cette expérience et bravo pour le projet !

Quelle expérience ! Ce n’est pas souvent que nous pouvons prendre le temps de veiller sur notre ville et la voir s’éveiller !
J’ai pensé en arrivant que l’épais brouillard matinal gâcherait mon expérience. Au contraire ! À mesure que celui-ci se dissipait, je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle entre le brouillard et la vue d’une ville en éveil, se défaisant de son brouillard comme ses habitants se glissant hors de leur couverture pour démarrer la journée.
J’ai ainsi pu veiller sur une ville en éveil, avec ses habitants, s’éveillant à l’unisson comme pour ne former qu’un.
Merci pour cette expérience unique, originale et marquante.

Un grand merci pour cette expérience unique !
Nichée dans mon objet le temps s’est arrêté ! Quel cadeau de prendre ce moment pour voir le soleil se coucher et la nuit avancer... j’ai pu y observer les lumières du nouveau Saint-Ouen s’allumer, les habitants pressés de rentrer en cette fin de journée... au même moment quelques oiseaux picoraient dans le jardin partagé... aussi le mental frénétique a pu s’apaise, respirer...
Merci encore !

Ça passe vite 60 minutes.
J’avais la crainte de ruminer, de partir loin dans mes pensées. Mais j’ai finalement observé, veillé, et j’ai bien aimé.
– une odeur : celle du bois, vraiment comme au sauna.
– un bruit : le son incessant des voitures au loin, il se rapproche presque de celui des vagues.
– un contraste : la verdure vs le béton.
– un couple : les jolies pies, pas si bavardes.
– un passant : les nombreux coureurs du matin. C’est bien de prendre soin de soi.
– une couleur : bleu-gris. La couleur du ciel aujourd’hui.
– un réflexe : vouloir regarder l’heure, par simple curiosité.
– une sensation : celle d’un confinement, choisi. Les paupières lourdes aussi.
– un doute : ai-je vu des mouettes passer au loin ?
On est si petit face à la ville, comme on l’est face à la mer.

Rester une heure à ne rien faire, à observer. À observer quoi ? Ce que je connais déjà ? Je ne comprends pas l’intérêt de la situation. Donc, pour connaître, il me faut y aller.
J’ai choisi la veille de mon anniversaire, donc, de ma naissance. Comment était la lumière, la veille de ce 13 décembre ? Aujourd’hui le ciel est nuageux, des camaïeux de gris. Mais clair à mon arrivée, plus sombre à mon départ. Sans doute la même chose qu’en 1947 ? Me voici dans la cage ! Joli, ce ruban de lumière, mais bientôt je vais le trouver gênant. Il cadre mon champ visuel. Je veux m’en dégager, puis je vais m’y adapter.
Face au parc, je regarde une nature en sommeil. Quelques rares promeneurs, et quelques rares passants. Les corneilles et les pigeons ne sont pas effrayés par les moulins à vent. Finalement pas grand-chose à voir, ce qui m’encourage à un retour dans le passé. Les jardins de l’Alstom où ma mère a travaillé au secrétariat rue des Bateliers, la crèche, dont j’ai été le premier bébé, les jardins ouvriers où l’on allait aux beaux jours cueillir oseille et salade... Le terrain de sport où des décennies plus tard je pouvais faire courir mon chien.
Plus rien de tout cela, mais quand même mineur.
Côté rue, l’immeuble où j’ai eu mon premier enfant, un beau logement, lumineux, trop ensoleillé !
J’ai toujours regretté la jolie place ombragée qui se trouvait à cet endroit, rasée vers 1970. Le parc s’est modifié au fil des années. Vers 1960, à la fin du bail emphytéotique de l’Alstom, la ville a récupéré cet espace verdoyant et l’a ouvert au public avant travaux. Une jolie friche, des arbres, des buissons sauvages. En famille on s’est assis dans l’herbe ! Événement exceptionnel dans ce territoire urbain si dense et industriel ! L’heure se termine, les fenêtres autour s’éclairent. Un tout petit bébé dans sa poussette passe avec sa maman.

Ce fut un exercice étonnant. Beaucoup de sensations au départ qui s’estompent progressivement. Les jardins ouvriers regorgent de distractions et les oiseaux qui y volent remplissent l’espace sonore. Peu de présence humaine, ce qui permet la méditation. Le bruit des véhicules en fond sonore ne m’a pas empêchée de profiter de ces moments.
Avec le temps, on se retrouve un peu face à soi-même. Beaucoup de pensées me sont venues et les sons se sont effacés par moments.
Le lieu choisi comme le moment de la journée m’a permis de m’évader. J’ai pu me remémorer des souvenirs de ma jeunesse à la campagne, penser à ceux qui me sont chers et aux fêtes qui seront l’occasion d’en revoir certains. C’est vraiment agréable de se poser ainsi en veillant les paysages qui nous entourent. La ville a aussi été très présente dans mes pensées au travers des immeubles et des fenêtres qui s’illuminent.
Le temps file trop vite. C’est déjà la fin. Je garde en souvenir les images des jardins et des fenêtres où apparaissent les décorations de Noël.
Mille mercis pour cette expérience heureuse et inattendue !

Un samedi d’automne en milieu d’après-midi, paisible, les jeunes jouent au basket, ils/elles sont concentré·es, le ciel, les oiseaux et les passants, promeneurs du parc. Des volutes de fumée des cheminées (de chauffage), La Défense au loin, les immeubles d’habitation.
Veiller, bien-veiller, sur-veiller, contempler, prendre une pause dans cette vie, regarder les oiseaux, les nuages qui changent de forme, le soleil qui s’illumine puis s’éteint, joue à cache-cache avec les nuages, les avions minuscules.
Pendant ce temps j’ai observé et essayé de mémoriser cet instant, qui finalement repose l’esprit. Merci pour cette expérience !
J’oubliais : le silence, voir le vent sans l’entendre, et l’odeur du bois de la "cabane" aident à s’abandonner à cet instant, heure perdue/gagnée.

Dimanche, dernière veille sur Saint-Ouen dans les Docks.
Dans un espace en bois fermé, je regarde le soleil se lever avec comme compagnie une araignée qui, comme en écho, fait une danse improvisée sur la vitre. Plusieurs émotions me traversent dans cet espace, ce territoire qui ne m’est pas vraiment inconnu : sous le lieu où je me trouve, souvenir des anciens jardins ouvriers, souvenir du copain ouvrier chez Alstom qui chaque dimanche nous régalait de ses talents culinaires.
Souvenir du lieu où je suis en train d’écrire, qui était une cantine municipale et qui nous proposait des plats gouteux pour des prix raisonnables. Souvenir des anciens terrains de tennis où pendant la pause nous allions taper dans la balle.
Les strates de quelques tranches de ma vie sont là avec l’idée que le temps passe et que tout se transforme. Le vent se lève puis garde le silence. À l’esprit me vient une chanson que tout immigré qui se respecte se doit de connaître : "je ne suis pas d’ici, c’est juste le bateau qui m’a ramené là".
Moi je dis, je suis finalement d’ici et j’y ai toute ma place à l’aube de mes 63 ans.

Cette troisième et dernière édition du Cycle des Veilleurs s’est achevée dimanche 14 décembre 2025 ; 365 jours d’attentions silencieuses, de présences singulières et de gestes partagés.
Une centaine de veilleurs et de veilleuses étaient au rendez-vous pour accueillir Lamia, dernière veilleuse à la sortie de sa veille à 9h36. Une marche, ponctuée de temps dansés suspendus à travers le parc accompagnée de lectures de témoignages s’en sont suivi jusqu’à la Serre Wangari. Les festivités ont continué avec une dernière danse puis des prises de paroles pour finir avec la remise du carnet du Cycle des Veilleurs #3, et une exposition autour d’un petit-déjeuner convivial.
La compagnie WLDN remercie l’ensemble des participant·es, accompagnateur·ices et formatrices.
Merci d’avoir offert votre temps, votre regard, votre engagement ; merci d’avoir fait des Veilleurs une oeuvre vivante et profondément humaine.
Merci à la Ville de Saint-Ouen pour son soutien, à l’équipe du Conservatoire, de la Serre Wangari ainsi qu’aux gardiens du Grand Parc pour nous avoir accueilli tout au long du projet. Merci à L’Espace 1789 pour son soutien à la communication.
Merci également aux danseur·ses : Anthony Barreri, Lauren Bolze, Marie Fonte, Flore Khoury, Maureen Nass, Sabine Rivière et Antoine Roux-Briffaud.
Nous souhaitons également remercier nos partenaires : La DRAC, la DGCA, Le Département de la Seine-Saint-Denis, La Ville de Paris, Paris 2024 et Plaine Commune.